CÔTEAUX D'AIX-en-PROVENCE
LE MILLESIME 2OO8

Présenter le nouveau millésime en Coteaux d’Aix-en-Provence demande chaque année un examen particulier afin de tenir compte des conditions climatiques mais aussi des variations d’altitude liées au terroir de l’appellation qui s’étend de Berre à Rians.
Pour caractériser cette année 2008, une phrase : un millésime normal.
Ce millésime a cela d’exceptionnel qu’il a surpris les vignerons qui ont retrouvé un cycle végétatif et une période de maturation repositionné à des dates habituelles que nous n’avions plus connus depuis 2004 avec des vendanges qui se sont terminées à Rognes et à Rians le 28 octobre.
Les conditions climatiques qui ont accompagné le cycle végétatif de la vigne, ont, une fois de plus donné au millésime ses caractéristiques. Pour la 5 ème année consécutive, le cycle végétatif de la vigne a démarré très tôt. Après un hiver sans froid excessif et relativement humide, le débourrement s’est produit avec plus de deux semaines d’avance, avec un nombre de grappes inférieur à 2007. Un printemps frais, froid parfois et pluvieux a considérablement ralenti le rythme de la vigne qui a non seulement perdu son avance mais est arrivée à la période de floraison avec une semaine de retard sur une année normale et trois semaines sur 2007. Les pluies incessantes de mi-mai à mi-juin ont provoqué une pression des maladies phytosanitaires importante et perturbé le bon déroulement de la fleur (coulure sur certains cépages). Après quelques semaines d’inquiétude et de vigilance face au développement du mildiou, un été sec et venteux a stoppé les maladies.
Certains terroirs ont bénéficié d’orages d’été, les autres ont dû lutter contre la sécheresse qui est apparue tardivement au début du mois d’août mais qui a par endroits fait des dégâts. L’été chaud mais sans excès n’a pas permis de rattraper les retards accumulés au printemps.
Les vendanges 2008 ont démarré aux dates habituelles dans les zones précoces (Etang de Berre) vers le 25 août, mais avec des degrés inférieurs de 1 à 2 % sur l’an dernier. Les zones tardives ont démarré plus d’un mois plus tard fin septembre début octobre, retrouvant ainsi le rythme habituel des vendanges dans l’appellation. Les raisins sont parvenus à maturité optimale dans un état sanitaire correct.
Dans ces effets climatiques découlent trois conséquences :
1. La maturité physiologique (concentration en sucre) s’est déroulée dans des conditions acceptables, avec des degrés potentiels plus raisonnables en blancs et rosés et des acidités nettement plus élevées que l’an dernier, favorables aux blancs et rosés de qualité.
2. La maturité phénolique (perte d’astringence des tanins) a été difficile à obtenir. Il a fallu atteindre des degrés supérieurs à 14.5% vol pour voir les tanins fondus.
3. La quantité a été inférieure à 2007 sur les zones précoces qui ont souffert à la fois de la coulure, des maladies et de la sécheresse mais a été présente au rendez-vous dans les zones nord grâce aux pluies du mois de septembre. Le volume revendiqué résultant de ces deux situations devrait avoisiner les 200 000 hl, soit quasiment le même qu’en 2007, année record pour l’appellation.
Comme toujours, les vignerons de l’appellation ont dû s’adapter pour vinifier dans les meilleures conditions. Les températures des raisins rentrés en fin de nuit ou tôt le matin étant basse, cela a permis d’obtenir des blancs et des rosés complexes.
Les fermentations se sont déroulées dans de bonnes conditions. Les degrés moyens élevés ont demandé aux vignerons une parfaite maîtrise des fermentations alcooliques en matière d’apport d’azote ammoniacal et d’oxygène.
Dans l’ensemble, ce millésime 2008 restera gravé dans nos mémoires comme un millésime vif et aromatique en blanc et en rosé et fruité en rouge.
Les Blancs sont, globalement, à la fois fins et aromatiques, une bouche expressive et complexe avec une belle longueur.
Les Rosés ont des couleurs franches aux reflets vifs souvent bleutés. La tendance lourde, qui consiste à élaborer des rosés clairs, se confirme. Floraux plus que fruités mais toujours intenses, les nez sont expressifs avec des notes aromatiques allant des agrumes aux fruits rouges. Les bouches sont vives et auront besoin de l’hiver pour s’assagir. Complexes, ils démontreront qu’un rosé peut à la fois être un vin de plaisir et un vin de gastronomie, donnant tort à ceux qui les cantonnent dans un rôle subalterne de petits vins rafraîchissants sans plus. L’intensité des sensations perçues en bouche et leur persistance aromatique mettront nos papilles en émoi. A découvrir et à apprécier au printemps et à l’été prochain.
Les Rouges , avec des couleurs allant du pourpre au grenat sombre, des nez complexes caractérisés par des notes végétales ou animales suivant les cépages et une bouche d’un fruit marqué seront à consommer dans les deux ans qui viennent.
Pour conclure, le vin est et restera un produit vivant dont l’évolution, malgré tout le déploiement des techniques de vinifications, n’est pas programmable ou manipulable à l’envie et c’est tant mieux car, généreux et secret, il nous surprend chaque année et nous fait découvrir de nouvelles palettes de couleurs, d’arômes et de saveurs, pour notre plus grand plaisir.
Syndicat des Coteaux d’Aix-en-Provence
Photo :de gauche à droite
1er rang: Marie-Amal Bizalion (journaliste), Nathalie POUZALGUES ( Oenoloque au centre de recherche et d'expérimentation sur le vin rosé), Michèle NASLES, (Viticultrice), Jacques BREBAN (Président du CIVP), Gisèle MARGUIN (Présidente de l'Association des Sommeliers des Alpes Marseille Provence) et Thierry ICARD (Président du Comité des Coteaux d'Aix)
2ème Rang: François Roy (Sommelier du restaurant Le Moment), François TERRAT (directeur du domaine des Béates),Christian ERNST (Chef du restaurant) et François MILLO (Directeur du CIVP)
Des photos sont disponibles dans notre service de presse.
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