TROIS LIVRES POUR L'ETE
PERI COCHIN : « Péri, mode de vie, mode d’emploi » (Ed N°1)
J’adore les femmes qui ont du pep, de la classe, de l’humour.
J’adore donc Péri Cochin, l’une des seules supportables de l’émission insupportable de Ruquier car elle possède ces qualités avec en plus un incroyable culot, un humour décalé et une façon de dire les pires choses ou d’assumer des vérités avec un charme fou, un ton très XVIème (arrondissement, pas siècle !) et une classe incroyable.
Ce livre n’est pas une bio à proprement parler car elle y écrit comme elle parle, passant du coq à l’âne, parlant de tout et de rien, de son mari dont elle est très amoureuse, de ses enfants comme s’ils n’étaient pas à elle, de ces fameux dîners qu’elle tant organiser avec des personnes improbables et de plein de choses comme elles viennent, avec un ton irrésistible, une intelligence pleine d’acuité…
Elle possède son propre savoir-vivre et fait de l’anticonformisme son mode de vie… D’où son mode d’emploi !
Nous nous sommes téléphonés deux fois, aperçus à Paris au Moulin Rouge entre eux enregistrements et tout de suite nous avons été sur la même longueur d’onde… Je suis sûr qu’on va se revoir !
Par contre, le livre est vendu avec un CD Rom… que je n’ai pas pu ouvrir malgré trois essais sur trois appareils différents… Serait-ce encore un gag à elle ?!!
JULIEN CLERC : « Le pas discret du patineur » (Ed le Rocher)
C’est Philippe Crocq et Alain-Guy Aknin, qui nous ont déjà offert quelques jolies bios très fouillées, qui nous offrent ce portrait semé d’entretiens avec un Julien Clerc disert mais toujours aussi discret, pour ne pas dire secret.
Il leur parle à cœur entr’ouvert mais on découvre une infinité de petits détails qui font qu’on cerne un petit peu mieux ce personnage très particulier dans un paysage où il y a tant de mythomanes, de mégalomanes, de m’as-tu-vu.
40 ans de carrière et il semble avoir tracé sa route avec ce sourire charmeur, séducteur, juvénile sans étaler sa vie privée mais en travaillant beaucoup et avec passion. Il a su traverser les décennies, semble-t-il avec une belle sérénité et nos deux journalistes ont su mener une enquête minutieuse sur une carrière riche et belle.
Une belle ligne droite traversée de chemins qu’il a su prendre avec curiosité, avec aplomb mais aussi avec modération pour toujours se retrouver sur la route principale qui l’a toujours mené vers le succès.
Un bel artiste, un bel homme, une personnalité intéressante et un livre qui nous rend un tant soit peu plus proch, même s’il sait aussi doser ses propos et ses confidences.
On aimerait s’en faire un ami.
MAURANE : « La vie en rouge » (Ed Fertjaine)
Maurane ressemble à sa boisson préférée : le champagne.
Du moins en apparence car on la voit toujours lisse, drôle, sereine, toujours prête à faire un bon mot, avec cet œil qui frise à tout moment et ce sourire en coin qu’on adore.
Et pourtant, lisant cette bio qu’elle a écrite – avec l’aide de Gilles Verlant, qui sait si bien confesser les artistes et en connaît un bout sur la chanson française ! – on se rend compte qu’elle est plus complexe que cela : écorchée vive, complexée par son poids, doutant de tout et d’elle en particulier, ayant eu une enfance, sinon malheureuse du moins chaotique et hors du commun, avec, heureusement, une passion dévorante pour la musique et la chanson, ce qui l’a sans doute sauvée.
A 14 ans, elle chante dans les rues avec un pote qui a le double de son âge pendant que son père, parti de la maison, l’ignore et que la mère vaque à ses occupation… on imagine une telle situation aujourd’hui avec une ado de cet âge !
Lorsqu’on la rencontre – et Dieu sait si je l’ai rencontrée, toujours avec plaisir, toujours avec des bulles de champagne autour de nous ! – on ne peut pas imaginer que cette femme aimable et marrante, aux multiples talents, soit aussi fragile et à fleur de peau. Et l’on en aime encore plus d’autant qu’elle raconte tout avec un certain recul et cet humour qui est un peu sa carapace, cette vie qui n’a pas été un long fleuve tranquille.
Et pas évident de trouver un équilibre dans le pire métier qui soit pour le garder. Elle en parle d’ailleurs avec beaucoup de lucidité.
Mais elle aime son métier, elle s’y déploie et s’y dévoile en trouvant son bonheur.
Et c’est déjà pas mal. |