CLAUDE FRANCOIS FOR EVER
TOUT, TOUT, TOUT... OU PRESQUE, SUR CLOCLO
Trente ans que cet homme blond et bondissant nous a quittés en nous laissant dans les yeux paillettes et étoiles et dans les oreilles des tas de mélodies populaires qui défient le temps.
Pourquoi lui et pas un autre ? Il y a des tas d’autres idoles qui ont marqué notre époque dite « des sixties » et qui n’ont pas traversé les décennies malgré leur charisme, leur personnalité, leurs succès et leur charme.
Long débat mais pour résumer, disons que Claude vivait uniquement pour son métier et pour son public, qu’il était à la pointe des technologies, à l’affût de tout ce qui pouvait apporter un mieux à ses enregistrements, à son show. Il était professionnel jusqu’au bout des cheveux, sa maniaquerie et son perfectionnisme sont devenus des lieux communs et même si dans sa vie professionnelle il n’était pas toujours un cadeau pour son entourage, il dégageait un charme indéniable et savait toujours surprendre par ses chorégraphies, ses light shows, des habits de lumière, tout comme Dalida. Et c’est pour toutes ces raisons que, les années passant, de nouvelles générations viennent grossi le nombre de leurs fans et de leurs aficionados.
30 ans… Et voici que pleuvent livres, disques et émissions de télé qu’on nous annonce à grands renfort de pub, comme si le chanteur bien aimé était toujours là et nous offrait des nouveautés.
En fait, pas de nouveautés mais nouveaux emballages et surtout au niveau des livres puisqu’on en attend plus de 20… Chacun ayant un tant soit peu approché l’idole, vient mettre son grain de sel et ajouter son témoignage livresque dans une bibliothèque qui compte déjà, depuis sa disparition, une trentaine d’ouvrages ! Tous ne sont pas réussi ni même crédibles, loin de là, certains profitent de la situation et surtout du fait que l’artiste n’est pas là pour démentir des faits et des amitiés dont il n’était pourtant pas prodigue. Mais c’est la rançon de la gloire et les accrocs vont, cette année encore, se ruiner !
Parlons aujourd’hui donc de quelques livres qui nous sont parvenus.
« Dans l’intimité de Claude François »
par Christian MORISE (Ed Pascal Petiot)
Tout juste après le pauvre Ticky Holgado, Christian Morise devint de secrétaire – habilleur – assistant – souffre-douleur de l’idole.
Un livre remarquable car là, c’est vraiment du vécu 100% et si ce garçon, aujourd’hui d’un certain âge, est toujours resté dans l’ombre, il n’est pas moins le témoin des première années de cette « cloclo mania ». Et lorsqu’on on a, comme moi, un tant soit peu vécu dans le sillage de l’artiste, on ne peut qu’assurer que ce qu’il raconte est véridique. On peut simplement se demander pourquoi, alors qu’il était fans de Johnny, il est resté si longtemps avec un type qui ne l’a pas ménagé. Il est vrai – et j’en suis témoin – que Claude avait du charme, savait y faire avec les hommes comme avec les femmes et qu’une fois ses colères homériques passées, il avait le don de se faire pardonner !
Bref, Christian Morise, qui a aujourd’hui 60 an, nous relate une vie dans l’ombre de la star qui est fort intéressante car dénuée de fanatisme et représentant l’idole telle qu’en elle-même et c’est en cela que son récit est l’un des plus intéressant qui sort sorti en cette période anniversaire.
« Claude François, mon frère »
par Josette François (Ed Hors Collection).
Elle se nomme en fait Eschenlohr mais elle est tellement fusionnelle avec son frère que tous les fans ne l’ont toujours connue que sous le nom de François. Il faut dire aussi que c’est plus pratique, dans la mesure où elle a plusieurs fois changé de nom.
Josette, en 1988, nous avait déjà concocté un livre, « Claude François, l’histoire d’une revanche » où évidemment, elle racontait sensiblement la même histoire… Difficile de faire autrement ! Mais l’intérêt de ce livre et que, pour les générations nouvelles, on y retrouve, non seulement l’artiste qu’elle a connu – et pour cause ! – avec qui elle a travaillé mais aussi ce frère au caractère bien trempé, aimant mais pas toujours tendre, à qui elle trouve bien sûr beaucoup d’excuses, celles surtout qui ont fait de cet enfant, l’homme qu’il est devenu : le déracinement d’avec son pays natal, l’Egypte, le reniement par son père qui est mort sans lui adresser un seul mot durant des années, simplement parce qu’il voulait faire l’artiste, son épouse qui l’a lâchée dans la dèche pour aller vers l’idole du moment, Gilbert Bécaud… tous ces drames de sa vie ont forgé un caractère revanchard, voulant montrer à tous qui il était. Là encore, avec toutes ces circonstances atténuantes, comment, après cela, reprocher à l’artiste ce qu’il était ?
C’est un joli livre d’amour fraternel
« Une autre vie » de Stéphanie Lohr (Ed Bernard Pascuito)
C' est un livre un peu hybride pour la bonne raison que cette Stéphanie là n’est autre que… la nièce de Claude, donc la fille de Josette. Et qu’elle a en définitive, très peu connu Claude dans la mesure où elle était très jeune lorsqu’il a disparu. Elle a donc – et c’est tout l’intérêt du livre – des souvenirs du Moulin où elle habitait et vivait avec ses parents, sa grand mère, ses cousins Marco et Coco, les fils de Claude. Elle raconte plus ses jeux et ses souvenirs avec ses cousins, il y a de très jolies pages sur sa grand mère qu’elle a bien sûr connue plus longtemps. Mais après ça, il faut alimenter le livre et alors, elle raconte les souvenirs que sa mère lui a racontés et qu’elle-même a raconté dans son livre ! On se mord la queue et en définitive elles auraient mieux fait de faire un livre à deux voix plutôt que de réitérer les mêmes choses… C’est un peu ça le problème de ces livres à répétition car à force, on ne peut pas refaire l’histoire… surtout que on ne l’a pas, ou peu connue!
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« Un amour absolu » par Sylvie Mathurin (Oh éditions)
Après Ticky, Christian, Josette, Obélix et quelques autres, voici Sylvie Mathurin qui, en 74, entre dans la vie de Claude puis dans sa loge pour devenir, comme les autres, l’assistante-habilleuse-secrétaire-femme à tout faire et souffre-douleur de l’idole. Et c’est là peut-être le témoignage le plus poignant écrit sur cet artiste hors norme à qui Sylvie va consacrer sa vie, son âme, son temps et quelquefois son corps.
Toute petite, manquant d’amour à cause d’un père qui n’a jamais un regard pour elle et ne lui parle pas (Ca vous rappelle quelque chose ?) cette petite fille, avant-dernière d’une famille nombreuse, qui habite Pont l’Evêque, le quartier du Moulin, route du Moulin (Ca ne s’invente pas !) tombe amoureuse de l’idole.
A noter une troisième coïncidence avec Claude : le père de Sylvie est tenu prisonnier à Ploërmel et l’on sait que Claude, en Egypte, allait à l’école chez les frères de Ploërmel !
Bref, Sylvie a alors 8 ans, ce pourrait être une passade de petite fille qui cherche l’ombre d’un homme… Ce sera l’histoire de sa vie car si elle aime l’idole, elle va aimer l’homme d’un amour absolu et lui dédiera sa vie.
Ce pourrait être drôle o pathétique, c’est émouvant à l’extrême que la trajectoire de cette fille qui, contre vents et marées, aimera, protègera cet homme qui, égoïste, se laissera aimer sans trop chercher à savoir quelles conséquences peuvent avoir un tel amour envahissant une adolescente.
Toujours centré sur lui, sur son plaisir, sur sa peur d’être abandonné, il va la prendre avec lui et vont alors commencer les galères. Mais Sylvie la tendre traverse toutes les périodes, toutes les humeurs de l’homme, du patron, de l’idole, lui trouvant toujours des circonstances atténuantes (J’ai connu cet engouement avec Josette Martin à l’époque où celle-ci suivait déjà cette voie !), subissant colères, humiliations, fâcheries, chantages mais aussi tendresse, amour, sourires et affection de celui qui tient sa vie dans ses mains. En 90, elle nous avait offert « Le temps passe… le cœur reste… » (Ed Fixot), dans ce second livre, elle va beaucoup plus loin dans ses confidences et s’appuie beaucoup sur son enfance qui nous fait mieux comprendre son cheminement.
Elle ne se remettra jamais de la mort de cet unique amour et si elle est encore là aujourd’hui c’est pour pérenniser le souvenir de cet artiste hors du commun dont le charme était si fort qu’il a fait des milliers de malheureuses en disparaissant.
Sylvie a connu les amours « officielles » de Claude : Sofia, Kathleen… ce qui n’empêchait pas Claude de les tromper outrageusement, entre autre avec Sylvie qu’il reprenait de temps en temps… sans compter les aventures occasionnelles.
Par moments on se demande comment un amour aussi immense peut résister à cette vie de fou, d’un homme pour qui une fille était un pion qu’il déplaçait et utilisait au gré de sa fantaisie. On se demande comment une fille peut supporter ça, en vivre et même à vouloir en mourir.
C’est d’une abnégation sans limites et c’est peut être en cela que c’est poignant.
« Je, soussigné » par Fabien LECOEUVRE (Ed Albin Michel)
Mais jusqu’où ira Fabien Lecoeuvre, cet attaché de presse qui s’est transformé en porte parole du show biz ? Il sait tout, connaît tout, raconte tout sur les artistes qu’il a connus ou pas, il s’est fait une collection de photos incroyable et est même devenu de responsable du droit à l’image de Claude François ! Si, si, c’est un métier qui existe… qu’il a créé !
Aujourd’hui il ne se contente plus de raconter des anecdotes qu’il a glanées ici et là… il fait parler Claude FRANCOIS dans ce livre intitulé « Je soussigné… » (Ed Albin Michel). Voilà que 30 ans après sa mort, l’artiste nous offre son… autobiographie ! Fallait y penser… Il l’a fait !
Bien entendu, on ne découvre pas grand chose de plus que ce qui a été écrit dans des dizaines de livres consacrés à l’idole depuis ces 30 années, d’autant qu’il glane tout azimut les interviewes de Claude qu’il se contente de retranscrire, comme n’importe qui, qui a le temps, relit les magazines et pique à droite et à gauche tout ce qu’a pu dire Clo Clo en interview. C’est tout simplement du copié-collé !
J ’avoue que c’est un sacré boulot à part que cette fois, c’est Claude qui écrit ce livre…aidé par
Fabien ! C’est fort, très fort… Les fans apprécieront-ils ? A suivre
SES COMPAGNES
Impossible ici de faire la liste de ses femmes, de ses compagnes, de ses passades, de ses « fiancées » d’un soir. Les plus connues se résument à 5 : Janet Woollacoot, la seule femme qu’il épousa, France Gall, Isabelle Forêt, la mère de ses enfants, Sofia Kiukkonen, Kathalyn Jones-Man.
Toutes, à part France Gall, ont consacré un livre à leur amour : Janet en 98 « Les années oubliées » en 98, Isabelle en 79 « Nos enfants et moi », Kathalyn en 2004 « C’est comme ça que l’on s’est aimé3. Oublions France Gall la pudique qui, je le pense, n’écrira jamais ses mémoires et encore moins son aventure avec Claude, restait Sofia… et voilà qui est fait avec ce livre paru chez Pygmalion : « Ma vie avec Claude François ».
A noter, en lisant leur livre que toutes les ont quittées, épuisées par sa jalousie, son infidélité, sa vie de folie et ses exigences… Claude n’était pas un homme facile à vivre… Ca n’était pas un homme avec qui une femme pouvait vivre, dans l’ombre de la star, à l’attendre dans un site, certes merveilleux mais dans lequel elles s’ennuyaient à mourir, à se plier à ses desiderata, es ordres, ses ultimatums en tous genres… Bref, pour une femme, ça n’était pas un homme avec lequel vivre, encore moins à épouser et à par une fan (voir Sylvie Mathurin) aucune n’a supporté longtemps son caractère exclusif mais qui ne se gênait pas pour les tromper : Janet, (59/62) ce fut la seule épouse de sa vie. Il n’était pas célèbre encore mais déjà le CloClo qu’on a connu plus tard. France Gall (64/67) n’a pas supporté longtemps de se retrouver dans l’ombre et d’arrêter son métier de chanteuse. Isabelle (67/73) avait trop de personnalité pour vivre entre la roue de son moulin, « Chouffa » la mère de Claude et leurs enfants qu’il fallait cacher. Sofia (73/76), l’indépendante et la seule à lui résister, était aussi jalouse que lui, ce qui ne pouvait créer que des étincelles et de plus, voulait un enfant que Claude lui refusait. Kathalyn enfin, rencontrée en 76 qui fut la dernière et pour cause car à mon avis, elle n’aurait pas tenu plus longtemps que les autres, c’est à dire trois ans environ, hormis Isabelle pour cause d’enfants, certainement !
Voici donc aujourd’hui la version de Sofia.
« Ma vie avec Claude François » par Sofia KIUKKONEN (Ed Pygmalion)
En voilà une qui a résisté – enfin, devrais-je dire ! – à la star ! Belle, blonde aux yeux de chat, comme Claude les aime, Sofia est déjà un mannequin star lorsqu’elle rencontre l’idole avec lequel elle va vivre une passion torride de quatre ans. Et une passion mouvementée, comme toujours avec Claude car, même s’il est né au bord du Nil, il ne sait pas ce qu’est un long fleuve tranquille !
Mais, si je puis dire, il tombe sur un os : la fille résiste. Elle ne veut pas quitter son métier qu’elle adore, les amis qui l’entourent avec qui elle sort sans lui et la vie qu’elle mène et qui lui plaît. Elle ne sera pas la gentille poupée qu passe son temps à attendre la star au coin du feu. Elle tient à son indépendance, elle tient à tous les avantages que lui apportent ce métier de mannequin et surtout, elle claque la porte et lui raccroche au nez lorsque Claude devient trop insupportable, crime de lèse-Cloclo ! Il est un fait qu’elle l’aime, que physiquement, leur amour est incandescent mais, entre deux crises de larmes et trois ruptures, elle dit son fait à son homme macho, vindicatif, de mauvaise foi, qui aime qu’on plie devant lui et qui peut être même humiliant. Sans compter qu’alors il mène une double vie, entre Sofia et Isabelle qui l’attend au moulin pendant qu’il fait le joli cœur avec son mannequin… et quelques autres. Car s’il est d’un tempérament jaloux et qu’il ne supporte pas que Sofia veuille garder sa liberté, il ne se gène pas pour la tromper, lui mentir et garder farouchement sa propre liberté.
La vie n’est donc pas simple pour cette belle tigresse qui lui mènera la vie dure. Et on lit ce livre en souriant car on se dit qu’enfin, quelqu’un a tenu tête à ce monstre autant sacré que colérique, qui l’a quand même obligée à avorter parce que, possessif et capricieux, il a décidé de ne pas avoir un troisième enfant. Car alors, le second n’est pas encore dévoilé et il a « omis » de le dire à Sofia ! Bonjour la confiance !
Bref, c’est un « Je t’aime, moi non plus » que joue ce couple à fort tempérament qui, bien évidemment, craquera lorsque Sofia, qui a déjà accepté de vivre dans l’ombre d’Isabelle, saura que Kathalyn est entrée dans la vie de Claude.
Elle partira sans adieu, sans retour et sans jamais plus le revoir.
La page se tourne pour ce beau mannequin finlandais qui a traversé la vie de l’idole durant quatre ans.
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« Cloclo forever – L’album de sa vie »
par Béatrice Nouveau (Ed Flammarion)
C'est un superbe album qui vaut surtout pour les photos splendides et la maquette très soignée. Après quoi, Béatrice Nouveau, journaliste, n’a rien… de nouveau à nous apprendre ! Ne l’ayant pas connu elle repique la bio cent fois éditée, cent fois ressassée, cent fois remaniée et elle a pris comme aide l’incontournable Fabien Lecoeuvre qui, lui non plus, n’a pas beaucoup connu Claude mais a réussi le tour de force de se monter une « photothèque cloclo » défiant toute concurrence et de devenir grâce à ça le bras droit indispensable des fils de Claude et même de devenir le conseiller en droit à l’image, ce qui assez rigolo… c’est pour cela que ceux qui n’ont pu prendre des photos de Claude ont le sieur Lecoeuvre comme passage obligé, que l’on remercie pour son aide, ce que font Josette et Stéphanie d’ailleurs ! Mais ça, c’est le show biz et hormis cet aparté, c’est un livre que tout fan doit avoir, qu’il soit ancien ou nouveau car c’est un très bel album et tout y est soigné et fait pour nous faire rêver d’un temps… que les moins de vingt ans vont connaître grâce à cet ouvrage !
« Claude François à la recherche de son image » de Michel BOURDAIS (Ed Fan de toi)
Un très beau et très luxueux album avec une petite fenêtre sur la couverture noire où l’on découvre un morceau de ce portrait saisissant dessiné par l’auteur et qui est un peu l’histoire de ce livre.
Nous sommes en 1963
Suite à un portrait de Richard Anthony dessiné par Michel Bourdais, Claude François alors idole naissante désire à tout prix un portrait de lui par l’auteur… Déjà, ce que veut Claude…
Là, il devra un peu attendre car Michel Bourdais est pris par d’autres travaux et veut d’abord s’imprégner du modèle.
Rendez-vous pris voilà que naît ce portrait et, sinon une amitié, du moins une certaine camaraderie entre les deux artistes. C’est un peu grâce à ce travail que Michel se retrouvera aussi à « Salut les copains » et il nous trace à la fois sont cheminement, l’ambiance « SLC » et celle de cette époque où naissaient les idoles mais aussi ses rencontres avec Claude où l’on se rend compte que, dès le départ, Claude était programmé pour réussir et surtout combien, déjà, son image était importante pour lui. Image qui a quelque part dû enfermer l’idole dans ses fantasmes et ses rêves de gloire.
Le récit est intéressant car il traduit bien l’ambiance de cette époque, émaillé d’images souvent inédites ou peu connues de Claude mais aussi de mots signés Jean-Marie Périer, Aslan, Richard Anthony, Jean-Paul Rouland, Laurence Despax, sœur d’Olivier, artiste avec lequel Claude démarra sa carrière, Monty et… l’incontournable Fabien Lecoeuvre !
C’est un des livres les plus beaux et les plus originaux parus sur l’idole.
“Claude François, le livre” par Fabien LECOEUVRE (Ed Michel Lafon)
Fabien Lecoeuvre nous offre là un bel album dont il n’y a rien à dire... sinon qu’il est déjà sorti en 2002 dans un autre format et avec une autre photo de couverture... Il n’y a pas de petits profits et ainsi les fans rachèteront ce livre pour l’ajouter à leur collection...
Avec l’assentiment de Claude et Marc François...
C’est assez culotté, une fois de plus
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« Claude François, un chanteur populaire » par Alain-Guy AKNIN
(Ed Alphée – Jean-Paul Bertrand)
Journaliste, patron de presse, AG Aknin est un spécialiste de la chanson française et a déjà écrit des livres sur Dassin, Clerc, Montand, Gainsbourg… Le voici sur ce livre consacré à Claude, un artiste qu’il a rencontré… une fois en 71, passant avec lui une journée dans son fameux moulin. C’est surtout cette rencontre qui est intéressante car peu de journalistes ont eu l’occasion de rencontrer l’idole dans ce lieu qui était très personnel et familial, où donc, il recevait très peu pour une rencontre journalistique. Claude préférait rencontrer la presse dans son environnement de travail, et donc, AG Aknin a en quelque sorte été un privilégié. Hormis cette rencontre, il nous offre une bio on ne peut plus classique et moult fois racontée avec, il faut le préciser, une écriture très personnelle et – enfin ! – quelqu’un qui sait écrire, ce qui devient rare de nos jours. Mas évidemment, il ne nous apprend pas grand chose qu’on ne sache déjà sinon que son fameux malaise de la salle Vallier était en fait un stratagème et un coup monté.. Est-ce vrai ? Claude en était capable, Paul Lederman aussi mais il est drôle que cela ne sorte que 30 ans après ! Et puis il y quelques variantes sur sa vie d’homme et d’artiste où, si les faits restent invariablement les mêmes, les causes sont quelquefois contradictoires… libre au lecteur et aux fans d’ y trouver la vérité.
DEUX DVD INEDITS !
ET CLAUDE FRANCOIS CREA PODIUM
SONY-BMG – France Télévisions – France 3 éditions
Claude n’en avait jamais assez. Dès qu’il avait créé quelque chose, il passait à autre chose.
Et voilà qu’un soir il soupe avec Claude Bernardini, créateur du magazine musical « Podium ». Celui-ci est en difficulté et il n’en faut pas plus pour que notre idole ait envie de se frotter à ce nouveau métier : directeur de publication. Et comme son esprit travaille vite, il se dit que ce sera un superbe et original moyen de faire sa propre promotion, d’autant qu’il est un peu en colère contre le mythique « Salut les copains » qui consacre à son goût un peu trop d’articles sur son ennemi intime : Johnny.
Et l’affaire est vite montée : Geneviève Leroy devient rédactrice en chef, Denis Goise journaliste « potineur » (people avant l’heure !), Christian Goux illustrateur et créateur de ces phylactères façon BD que son « Woaow », « super flip », « fav »… and so on ! Enfin, cerise sur le gâteau, il débauche l’assistant de son ami Jean-Marie Périer, Gilbert Moreau, de « SLC » qui devient le photographe officiel de « Podium » !
C’est ce que nous raconte ce film de 52 minutes, tourné par Laurent Lichtenstein, avec la voix de Jean-Pierre Foucault et la participation de ceux –amis ou pas ! – qu’il fallait bien mettre dans le magazine et qui se souviennent de séances photos incroyables, d’interviewes très spéciales et de scoops qu’ils n’auraient pas osé d’eux mêmes : Dave, Gérard Lenorman, Patrick Topaloff, Stone et Charden, Sheila… et l’incontournable Fabien Lecoeuvre ! Monsieur Claude François, qui, 24h sur 24 jouait à être CloClo, patron intolérant et hargneux jusqu’à la caricature, réussit ce coup de maître de dépasser les ventes de la sacro-sainte institution qu’était « SLC », devenant le mag number one des 12/15 ans.
Claude n’était pas vraiment un créateur. Toutes ses idées n’étaient pas de lui… Elles venaient presque toutes des Etats-Unis dont il était à l’écoute de la moindre chose pour son show, ses chansons, ses orchestrations et bien sûr pour le magazine. Son génie était de tout savoir adapter à la perfection bien avant que les modes n’arrivent en France. Ce qui alors n’était pas si rapide qu’aujourd’hui. Et donc « Podium » était à l’image des journaux de jeunes d’alors en Amérique.
Malgré cette réussite ncroyable ce n’est pas pour cela que le magazine lui rapporta de l’argent, car s’il en faisait entrer beaucoup, il en faisait sortir encore plus en ajoutant pages, posters, gadgets et en créant mille objets ruineux à gagner…
« Je ne veux pas gagner de l’argent… je veux gagner la guerre ». Il l’a effectivement gagnée mais à quel prix ?
Ce film, agrémenté de bonus, d’interviewes, d’images, de documents inédits, est très réussi.
CLAUDE FRANCOIS ET LES FLECHETTES
Zylo - AB Productions
Martine, Francine, Dominique, Catherine, deux sœurs, deux cousines, ont démarré très tôt dans la chanson et presque aussitôt comme choristes de Claude François puisque lorsqu’elles prirent la route de leur première tournée avec l’idole, certaines n’étaient pas majeures.
Restant toujours derrière celui qui était devant, comme le chante Alice Dona, elles ont un jour quitté Claude, non pas parce qu’il était impossible avec eux au contraire, de ce côté-là il était très paternel avec elles, mais tout simplement… parce qu’il payait mal et qu’elles gagnaient difficilement leur vie avec lui.
Alors elles sont allées offrir leurs services à beaucoup d’autres, malgré la colère de Claude et, de Nana Mouskouri à Dorothée, de Dalida à Sylvie Vartan en passant par Marie Myriam jusqu’aux voix de dessins animés TV comme « Candy » et les Walt Disney, le tout show biz a travaillé avec la présence indispensable de ces Fléchettes, qui sont d’ailleurs restées les Fléchettes et qui ont su créer un timbre reconnaissable entre tous.
Bien évidemment, nombre d’éditeurs leur ont demandé d’écrire leurs mémoires pour ce trentième anniversaire mais, vu le nombre de livres qui sont sortis, elles ont préféré, produites par Michel Poulain, qui fut un collaborateur de Claude et qui est l’époux depuis des décennies de Dominique, proposer ce DVD souvenir retraçant leur propre carrière, dont bien sûr, « les années CloClo » mais aussi les années Dorothée-AB Productions qui durèrent longtemps.
De jolis souvenirs de moments de scène, d’enregistrements, de télévisions mais aussi des documents inédits tournés par elles au long des tournées, nous retracent une carrière qui, si elle a ralenti, n’est pas encore finie, nos filles continuant à « sévir » dans les stutios d’enregistrements, pour films et chanteurs mais aussi partant de temps en temps en tournée avec un artiste.
Belle idée que ce DVD original avec beaucoup de documents inédits et peu vus qui nous rappellent de jolis et émouvants souvenirs dont « L’Ave Maria » qu’elles ont chanté en pleurs pour l’enterrement de Claude à qui elles sont restées fidèles.
CLAUDE FRANCOIS « AUTREMENT DIT » (Mercury-Universal)
La jeune chanson française a décidé d’offrir ce « tribute » à Claude qui aurait été super fier, lui que l’on considérait comme un chanteur « populaire » à minettes ! Que la jeune chanson « intello » s’approprie ses succès est à la fois drôle et très représentatif d’une génération, « la génération CloClo » qui a été celle de… leurs parents mais qui a sûrement bercé leur enfance.
Claude aurait donc été à la fois heureux et surpris car certaines versions sont très particulières, comme celle de Vincent Baguian « Chanson populaire » façon Brassens, celle d’Alexis HK sur « Belles, belles, belles » version reggae.
AS Dragon ( ?) lui, a repris “Mais quand le matin” dans une version proche de celle de Claude, tout comme Aldebert avec “Je te demande pardon »
Certaines, dont on ne parlera pas pour ne fâcher personne, sont assez ratées et discutables dans le genre minimaliste, ou mal chantées, ou tellement originales et décalées qu’elles en perdent leur essence.
Mais c’est quand même drôle, inattendu et à la fois émouvant devoir ces chansons reprendre, plus de trente ans après, une nouvelle jeunesse.
Un coup de chapeau à Dominique Fidanza qui a repris une très jolie mélodie peu connue : « Geordie » et en a fait une belle ballade très réussie. Et un autre à Elodie Frégé qui a également choisi une chanson qui ne fut pas un tube même si elle était très belle et Elodie la caresse, accompagnée au violoncelle en en faisant un petit bijou « Miss Félicity » Grey. Une autre fille, Axelle Renoir, nous offre une très sympathique version de « Qu’est-ce que tu deviens ? ». Et enfin une quatrième fille, Elisa Trovati, s’en sort superbement avec une version très bluezy de « Dis-lui pour moi »qui n’a pas été un tube non plus mais qui est certainement l’une des chansons de l’album, des plus réussies.
On retrouve bizarrement l’un des poulains de Claude, qui a fait ses débuts dans son écurie Flèche, dont son nom de scène a été trouvé par Claude et qui a même écrit des chansons à l’idole. Il s’agit d’Alain Chamfort qui reprend « Les choses de la maison » façon country, assez étrange.
Bref, l’ensemble est tout de même très inégal et quelque peu « tristouille » (tout comme la pochette) car manquant certainement de rythme. Or, CloClo en avait à revendre et ça, c’est plus difficile à faire !
EXCEPTIONNEL
CLAUDE FRANCOIS, Collection privée (Ed Marque Page)
J'ai gardé le meilleur pour la fin car voici le coffret, l'album, l'oeuvre d'art - n'ayons pas peu des mots - que nous offrent Marc et Claude François aux éditions Marque Page. Eux seuls pouvaient (et devaient) faire cet album souvenir hors du commun présenté dans un superbe boîtier représentant un pan de costume de l'idole avec le col rehaussé de strass. Déjà cette enveloppe bleue est tout un programme et lors'on l'ouvre, alors là le fan tombe raide de joie, de plaisir, d'émotion et l'esthète ne peut qu'admirer "cette chose" que Claude aurait certainement adorée car vraiment à la hauteur de son talent et de sa classe.
Des photos sublimes, des documents rares, dont chaque pièce jalonne et évoque sa vie d'homme ou sa vie d'artiste comme sa carte d'identité, ses diplômes, des dessins faits pour lui par d'éminents artistes, des télégrammes, des planches contacts de photos, des carnets de répétitions, des contrats, des autocollants Podium, des blocs notes, des cartes postales, des billets et invitations de concerts, des notes de service évidemment et même un CD single avec une chanson inédite "Bye bye Black bird"... Bref une vraie et belle collection privée que seuls les enfants pouvaient réaliser et qui restera le plus bel objet réalisé pour ces tristes 30 ans d'absence.

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