AGATHE CLERY EN BLACK AND WHITE & EN MUSIQUE !
CHATILIEZ A ENCORE FRAPPE !
Que voilà un scénario bien ficelé, à la fois drôle, poétique, émouvant, original… et musical !
C’est le nouveau film d’Etienne Chatiliez « Agathe Clery » qui sera sur les écrans le 3 décembre. Un film jubilatoire comme seul l’ami Etienne sait nous en offrir, avec une distribution de premier choix : Valérie Lemercier, Dominique Lavanant, Anthony Cavanagh, Isabelle Nanty, Jean Rochefort et quelques autres pointures. Distribution éblouissante, efficace et homogène.
Agathe Cléry est une directrice de marketing bien d’aujourd’hui. Elle sévit dans une entreprise de produits de beauté, est vacharde, prête à tout pour réussir et surtout, elle est raciste. Mais voilà, atteinte de la maladie d’Addison, maladie orpheline, elle va peu à peu devenir noire et bien évidemment, sa vie va changer du tout au tout dans la mesure où elle va se confronter au racisme latent encore bien ancré – hélas – dans nos mœurs d’aujourd’hui. Elle vivra, les humiliations, la fameuse différence, le limogeage, le chômage… et l’amour !
Car c’est avant tout une fable et de plus, pour y ajouter du piment, Etienne Chatiliez en a fait une comédie musicale fort bien maîtrisée, où, si Valérie Lemercier réalise là une performance d’actrice formidable elle y danse aussi magnifiquement sur des chorégraphies de Molly Molloy (Entre autre un solo Michaël Jackson et un duo flamenco avec Cavanagh). Les ballets sont dignes des comédies musicales hollywoodiennes avec des mouvements de caméra superbes et l’on appréciera le premier ballet avec 300 danseurs sur le quai d’une gare. La musique est originale. Il s’y sont mis à trois : Bruno Coulais, Matthew Herbert, Crapou et ont fait de la dentelle… Bref, c’est 1h50 de pur plaisir et un succès annoncé.
 |
C’est un Etienne Chatiliez un peu inquiet et un Anthony Cavanagh fort décontracté, que l’on retrouve à la sortie du film et nos premières réactions rassurent le réalisateur.
« Etienne Chatiliez, qu’est-ce qui vous a donné l’idée de ce film musical ?
J’avais en tête ce sujet dérangeant qu’est le racisme et cet événement réel qui est arrivé à une américaine, cette maladie rare existant vraiment. Le racisme reste encore un sujet délicat et je me suis dit que, peut-être, en faisant rire les gens, en traitant ce sujet grave par le biais du rire, je pouvais apporter ma contribution et faire un tant soit peu changer quelques mentalités.
J’ai toujours adoré les comédies musicales et l’idée m’est venue d’adapter mon sujet à ce genre de film qui est très rare en France car difficile à réaliser.
Par contre, pour se faire, il fallait que je réalise une comédie musicale d’une formidable qualité et comme nous n’avons plus Fred Astaire et Ginger Rogers, il fallait que je trouve des comédiens français qui puissent aussi chanter et danser car je ne voulais rien doubler.
D’où le choix, entre autres, de Valérie Lemercier ?
Il y a fort longtemps que nous désirons travailler ensemble. Nous avons eu un projet qui n’a pu aboutir et je savais qu’elle avait la possibilité de gagner ce challenge… même si elle a dû bosser comme une malade !
Mais si je l’ai choisie c’est aussi qu’elle est unique en son genre, elle est différente, elle ne ressemble à personne. C’est une burlesque à la Chaplin avec le sens de la dérision et l’émotion car elle sait aussi faire passer l’émotion. Elle est gonflée, culottée, capable de tout.
Elle a même déclaré : « Pour ce film, j’ai donné mon corps à Chatiliez ! »
Pas folle !!! Elle savait à qui elle le donnait et… je l’ai pris ! Mais vous voyez, cette phrase la résume totalement : humour, impertinence…
Anthony, quelle effet ça fait d’embrasser Valérie Lemercier ?
La scène du banc ? Epique ! C’était la première scène que nous tournions ensemble, nous nous connaissions à peine et nous nous sommes embrassés durant trois jours !
C’est le genre de scène qui me met très mal à l’aise et je crois qu’elle était aussi gênée que moi. Aussi, entre deux scènes et donc, deux longs baisers, nous nous disions des atrocités, des choses dégueulasses pour faire éloigner ce malaise.
Votre flamenco est un grand moment !
Et pourtant, si vous saviez ce que ça a été difficile… Mais j’étais plus décontracté car j’avais déjà un peu dansé dans la comédie musicale « Chicago » même si je ne suis pas un danseur extraordinaire. J’ai quand même dû travailler ce flamenco six mois durant et Etienne, en filmant et en montant, a fait des prouesses… A tel point que je me suis étonné en voyant la scène !
Etienne, la scène de gare est grandiose et digne d’Hollywood !
Merci ! Ce sont cinq jours et cinq nuits de tournage avec 300 figurants et danseurs plus une équipe technique de cinquante personnes ! C’est un hommage à Bubsy Berckeley et donc tout à fait dans la tradition hollywoodienne et je suis heureux que vous ayez ressenti cela !
Les scènes de danse doivent être plus difficile à tourner ?
Oui et d’autant plus difficile pour moi que je n’en avais jamais vraiment fait et que j’avais à réaliser tous les modèles du genre : solo, duo, mouvement de foule…Heureusement, Molly Molloy qui est une vieille complice, avec qui nous formons un véritable binôme, m’a beaucoup aidé. Il fallait trouver une unité, une harmonie entre chant, danse, scènes parlées et je crois qu’on est arrivé à ça. Je voulais à la fois convaincre ceux qui n’aiment pas les comédies musicales et sont réticents et ceux qui les aiment et sont donc très difficiles.
Vous avez le chic de choisir des sujets dérangeants et de les rendre simples et drôles !
Je crois qu’on ne peut faire passer les choses graves qu’en faisant rire les gens. D’abord ils rient et puis ils réfléchissent… enfin, pour certains !
Mon but est de séduire les gens, les faire rire, et ne surtout pas les choquer car lorsque les gens rient, c’est à moitié gagné. Le but est de mêler la profondeur à la légèreté.
Anthony, c’est votre premier film en 20 ans de carrière. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?
Il y a des années, en effet, que je veux faire du cinéma mais d’abord pas à n’importe quel prix. J’ai refusé pas mal de choses, j’en ai raté d’autres tout simplement parce que j’étais pris au théâtre et en plus, au Québec, il est difficile pour un humoriste de passer au cinéma. C’est beaucoup plus facile en France et ce n’est peut-être pas pour rien que mon premier film, je l’ai fait en France !
Et l’effet Chatiliez faisant « effet kiss cool » j’ai signé pour deux films que je tournerai pour France Télévision, un avant, l’autre après mon passage au Gymnase de Paris.
Quels films avez-vous refusés ?
Ceux où j’étais le black de service !
Là, vous ne l’êtes pas ?
Oui, peut-être mais d’abord, je ne suis pas éboueur ou assassin, je suis un homme d’affaires qui a réussi. Il y a quelque chose à défendre et de plus, avec l’humour et l’intelligence de Chatiliez. J’en ai marre de ces films où il n’est pas écrit que le personnage est noir ou blanc mais où on préfère prendre un blanc !
Etienne, aujourd’hui, finie la pub ?
Oui, depuis 87 où j’ai tourné mon premier film. J’ai commencé, j’avais vingt ans, après je suis passé à autre chose. Et puis, aujourd’hui, on ne me demande plus, je suis trop vieux !
Mais c’est une belle école, j’ai appris sur le tas. Après, j’ai eu envie de raconter des histoires et surtout de faire rire… Et de me mettre en danger.
Et vous vous mettez en danger à chaque film ?
Bien sûr et surtout avec celui-là où j’ai multiplié les obstacles ! Les gens vous attendent au tournant en se disant « On va se poiler » et donc, il faut que la flèche atteigne la cible. Ici, ça va plus loin que ça en a l’air. C’est à la fois une histoire à la « Roméo et Juliette » ou encore « Horace et Curiace ». Il y a le racisme insidieux, mais aussi l’acceptation de l’autre tel qu’il est, le sujet est grave et bien réel et je décide de le traiter avec amour, avec humour et en musique… Il y a donc danger !
Et l’histoire tombe en plein dans l’actualité avec le phénomène Obama !
Ah attention : C’est un projet que je traîne depuis quatre ans et demi. Il se trouve que la sortie coïncide avec cet événement mais à l’époque on connaissait peu Obama, même si ma copine Elisabeth Tessier m’avait dit qu’il passerait… Alors, si je puis dire, j’ai foncé !!! Et on va surfer sur la vague !
Pour être plus sérieux, je parle de quelque chose qui se passe encore aujourd’hui en France et qui est d’actualité, même en France.
En même temps, dans ce film , s’il y a humour et musique il y a aussi beaucoup de poésie…
Et c’est le plus grand plaisir que vous pouvez me faire de me dire ça… Ca fait chaud au cœur du piètre poète que je suis ! »
Reportage de Jacques Brachet
AGATHE CLERY, SORTIE 3 DECEMBRE
|