CLARIKA : « LA SCENE C’EST MA VIE ! »
Clarika fait partie, de ce qu’on appelle la Nouvelle Chanson Française, expression un peu bizarre car à chaque époque, à chaque décennie il y a eu de nouvelles vagues de chanteurs donc, évidemment de nouvelles chansons françaises.
Bref, celle-ci fait son petit bonhomme de chemin puisqu’elle nous a offert, voici quelque mois, son cinquième album « Moi, en mieux » et c’est vrai qu’elle est mieux de disque en disque, parce que originale, pleine d’humour mais aussi de tendresse et de poésie.
Entre deux albums, elle parcours les scènes avec de plus en plus de succès et de temps en temps, s’offre des échappées, comme ce spectacle qu’elle nous a offert, voici quelques jours, à Bandol, espace Jules Verne.
Un spectacle construit autour d’extraits de romans d’auteurs féminins (ou d’auteures !) comme Nathalie Sarraute, Nancy Huston, Alice Ferney, Véronique Olmi, et de ses propres chansons, accompagnée par un excellent guitariste, Yann Lambotte.
Un spectacle très intimiste, très feutré, très poétique, où les textes se mélangent avec habileté, avec bonheur, le tout sous-tendu par la guitare de Yann.
Ce qui est fort dommage c’est que la ville de Bandol n’ait pas plus communiqué sur ce concert littéraire original qui aurait mérité plus de public.
Malgré cela, Clarika avait la pêche et nous a expliqué, avant de rejoindre la scène, comment est né ce spectacle.

« J’ai été invitée au festival « Les correspondances de Manosque », qui fait un pont entre la littérature et divers autres arts, dont la chanson. On m’a donné carte blanche et j’ai donc choisi des romancières contemporaines.
Comment s’est fait ce choix ?
J’ai d’abord choisi une thématique : la femme. Mais le champ des possibles était encore très vaste. Comme je lis beaucoup, j’ai repris des livres qui m’avaient marquée et le plus difficile a été de trouver des extraits que je pouvais relier à mes propres chansons. J’avoue qu’à un moment j’ai eu un peu peur de ne pas y arriver mais je savais que des gens comme Dick Annegarn et Thomas Fersen l’avaient déjà fait, ce qui m’a un peu rassurée et m’a permis de désacraliser la démarche !
As-tu appris ces textes ?
Non, c’était impossible car il y de longs extraits et puis je voulais pouvoir changer un texte au dernier moment. Il fallait que je trouve une respiration musicale et Yann Lambotte m’a beaucoup aidée en accompagnant à le fois ces textes et mes chansons, ce qui liait encore plus le spectacle.
C’est beaucoup de travail pour un spectacle ponctuel ?
Oui mais de temps en temps, j’aime bien prendre des chemins de traverse et, sinon me mettre en danger, du moins tenter autre chose que mon tour de chant. Alors, ça ne me gêne pas que ce soit ponctuel. Sans compter qu’après Manosque, j’ai été demandée à Bandol, à Nice et je redonnerai ce spectacle à Paris en fin d’année pour un événement intitulé « En toutes lettres ».
Et puis, j’ai aussi été invitée sur une manifestation qui se déroulera en Avril à Deauville. C’est aussi une création avec plusieurs artistes… C’est Marie Nimier, avec qui j’ai collaboré sur des chansons pour Sheila (Eh oui !) et Art Mengo qui m’a proposé ça. Je suis toujours partante quand la proposition est honnête !
 |
|
Alors, ce dernier bébé « Moi, en mieux », comment se porte-t-il ?!
Très bien. Je suis contente car il m’apporte beaucoup de concerts.
Comment travailles-tu sur un nouveau disque ?
Dans l’urgence, toujours !
Je n’ai jamais de chansons d’avance car lorsque je suis en tournée, c’est une autre vie, je n’ai pas le temps de penser à des chansons. C’est à peine si j’écris quelques idées qui me viennent. Mais une fois qu’il est temps d’écrire, je ne me pose pas beaucoup de questions, je m’y mets avec beaucoup d’énergie. Quelquefois ça va très vite, quelquefois plus lentement mais je suis très exigeante avec le texte, j’ai besoin de valider chaque mot. J’aime aller à l’essentiel et me donner le temps d’écrire car je veux arriver au studio et n’avoir qu’à enregistrer. Ce disque, je m’étais donné un an pour le faire et ça a été beaucoup plus rapide.
La scène est importante pour toi ?
Essentielle ! Dès que j’ai terminé une tournée et refait un album, je n’ai qu’une envie : repartir sur les routes ! Je suis entourée de cinq musiciens multi-instrumentistes, scénographes, chorégraphes… Il savent tout faire ! Ce n’est pas « la chanteuse et ses musiciens », c’est un vrai groupe d’artistes talentueux et que j’aime… Il faut bien les choisir lorsqu’on part et vit d’aussi longs mois ensemble !
Je suis sur les routes depuis plusieurs moi et je terminerai au Palace en Décembre. Il y a beaucoup de chansons de ce disques, des chansons de mes précédents albums et quelques reprises.
Il y a aussi un décors pour chacun de mes spectacles car je tiens à ce qu’aucun de ressemble au précédent. Je veux qu’on puisse identifier chacun d’eux. Un spectacle, c’est beaucoup d’énergie car j’aime varier les plaisirs, passer d’une chanson tendre à une chanson plus rock pour repartir sur une chanson d’humour…
C’est ma vie, la scène ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet |