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CANNES - THEÂTRE 
Deux ménages : ça déménage !
La pièce le Chat et Souris de Ray Cooney au  Palais des Festivals et des Congrès à Cannes a rassemblé un public attentif et rapidement conquis.

Jean, ( Jean-Luc Moreau) chauffeur de taxi, court d’un foyer à l’autre :
l’un à Montreuil, marié à Mathilde, (Bunny Godillot) l’autre à Ivry avec Charlotte ( Cécile Magnet).
Un point de départ que l’auteur, Ray Cooney, spécialiste du vaudeville à l’anglaise, avait exposé dans Stationnement alterné et qui nous offre aujourd’hui une suite trépidante. Les enfants de Jean ont grandi : Alix à Montreuil et Guillaume à Ivry. Ils lient tout naturellement connaissance via … Internet, s’emploient à se rencontrer, voire à s’aimer au grand dam du père qui tente par tous les moyens d’éteindre cette « flamme » et là, tout devient possible, la folie s’empare du plateau ! L’intrigue s’emmêle, s’emballe tant les mensonges les plus fantaisistes nous entraînent de quiproquos en rebondissements, transformant un père de famille, ses femmes et ses enfants en diablotins montés sur ressort.  Le meilleur ami, Gilbert, (Francis Perrin), poussé au mensonge pour essayer de "sauver" Jean se perd dans les méandres de ses inventions : « Si je me souvenais pourquoi je ne me souviens plus, je pourrais te répondre… »,  avoue- t-il humblement à l’une des épouses soupçonneuse, il fait perdre la tête aux spectateurs aussi, qui se demandent,  médusés comment il va s’en sortir pour être crédible aux yeux des autres personnages !  Les situations sont très exagérées, l’ensemble, outrancier avec des portes qui claquent un peu trop souvent et trop fort mais on se laisse tout de même convaincre par la jubilation des acteurs dans ce délire sympathique. Le retournement de situation à la fin où Jean se retrouve lui-même ‘dindon’ de la farce par rapport à ses deux moitiés bien moins naïves qu’il n’aurait pu le croire, vaut bien le détour. Le « papy », père de Gilbert, offre une composition des plus drôles ; il est pris au piège dans les allées et venues des autres personnages alors qu’il n’attendait que de partir à la plage avec son fils. Pervers sur les bords et malmené par tous le monde, il ajoute une note comique supplémentaire et semble bien s’amuser.  Les deux jeunes gens, par qui le scandale arrive, semblent très à l’aise au milieu des « anciens ». Ces comédiens ont du souffle et du nerf, Jean- Luc Moreau, metteur en scène donne le ton : vif, il joue les passe- murailles avec un aplomb de tous les diables ; comme personne,  il sait animer le plateau à une cadence infernale.  « Veni, vidi, vidé ! », déclare Gilbert , l’ami, mis à rude épreuve dans cette agitation incontrôlable. C’est un peu aussi ce qu’éprouve le spectateur à la fin de la pièce, avouons-le, on ne nous a pas laissé une minute de répit dans cette cascade délirante de mensonges, de quiproquos et d’excès en tous genres mais même si les interprètes sont coutumiers de ce genre d’exercice théâtral,  on ne peut qu’admirer leur énergie inépuisable, leur performance et le plaisir de partager un moment de folie avec leur public.

Isabelle G

© 2008 Evasion Mag