CD NOUVEAUX POUR FIN D'ANNEE
LE COUP DE CŒUR :
STANISLAS « L’équilibre instable » (Polydor)
Il est arrivé tout simplement sur nos écrans TV en petits bouts, entre deux pubs et tout de suite, je me suis arrêté sur place… Mon verre d’eau attendrait…
Une voix magique sortie d’un chœur d’anges et un clip beau et original mettant en valeur un garçon tout aussi beau et romantique, nous faisant faire un tour de manège, un tour de magie.
A l’heure où l’on formate tous les chanteurs de « la nouvelle chanson française », Stanislas nous rappelle un peu cet autre merveilleux chanteur qu’est Berliner, en encore plus romantique et accompagné d’un orchestre symphonique et de cordes venues du ciel.
Il faut dire que lorsqu’on voit le parcours atypique de ce beau jeune homme, on comprend mieux cette atmosphère magique qui se dégage de ce disque. Musicien, compositeur, chef d’orchestre, enseignant, arrangeur, aujourd’hui chanteur, il « sévit », dans le bon sens du terme sur tous les tableaux avec bonheur et talent. Qu’il dirige un orchestre de musique classique, qu’il signe des arrangements pour Calogero ou Aznavour, qu’il enseigne à l’Ecole Normale… il sait tout faire et le fait bien.
Il a de qui tirer puisque son père, rencontrant un certain Antoine à Centrale, co-écrira avec ce dernier ses fameuses « Elucubrations » ou encore ce lancinant « Canelle ». Malgré ça, son grand père le voyait très bien… ingénieur à l’EDF !
Heureusement, ce fou de musique se retrouve très vite soliste dans la chorale de l’Opéra de Paris et on le retrouve dans nombre d’opéras lorsqu’il y a un enfant à interpréter ! De là, la musique ne le quittera plus et s’il met du temps – tout est relatif, il n’a que 30 ans ! – à pointer son nez dans la variété c’est que, justement, on ne le trouve pas assez « variété ».
Mais aujourd’hui, grâce au coup de pouce de Calogero, il nous offre cet album rare et original où musicalité et poésie forment un tout, servies par sa voix mise dans un écrin nommé orchestre de l’Opéra de Massy.
« Le manège » est un petit bijou néo-classique, tout comme « L’hiver » est un cantique émouvant en passant par un joli clin d’œil fait de jeux de mots sur « Ana quand bien même ». Mais tout le disque est à écouter attentivement car ce nouveau prince de la chanson vous emporte dans son monde fait d’émotion, de beauté pure, de légèreté poétique… C’est sublime !

PAGNY CHANTE BREL (Mercury)
Que dire de ce disque sinon qu’on découvre Pagny là encore où on ne l’attendait pas ! On dirait que sa voix, sa force, étaient faits pour chanter Brel et c’est une merveilleuse idée que de nous l’offrir ainsi, revu et corrigé mais à peine car si les sonorités sont plus rock, l’esprit de Brel reste inchangé, la force de ses chansons, texte et musique confondus reste intacte et Pagny, avec sa voix superbe, a mis tout son cœur à l’œuvre de Brel qui, on s’en rend compte, n’a pas pris une ride.
Il y a tout : la force et l’émotion, la poésie et la truculence, l’énergie et la douceur, la violence et la tendresse, la colère et le désespoir … Tout ce qu’était Brel qui était un génie de la chanson mais aussi un formidable comédien. Tout comme Pagny d’ailleurs dont certaines chansons semblent avoir été faites pour lui. D’ailleurs, la très très belle pochette dont les dessins signés David Fromentin, réalisés dans l’esprit de ceux que Moretti avait fait pour Brel, sont saisissants. Il y en a même un où, avec sa barbiche, il ressemble à Brel dans « L’homme de la Manche » !
A noter qu’Yvan Cassar a pris les commandes de l’orchestre et que ce disque est une superbe réalisation. Un seul regret : qu’il n’y ait que 11 chansons… On se serait plu à écouter « la quête » ou « Les vieux » par exemple.
Brel aurait aimé… Et on adore !
NOLWENN LEROY – « Histoires naturelles tour » (Mercury)
Nous n’avons pas eu le DVD de la jolie ex Star’Académycienne car il n’a été donné à la presse qu’au compte-gouttes Dommage. Nous ne vous parlerons donc que de ce CD qui retrace la grande et belle tournée que nous a offert Nolwenn Leroy avant cet enregistrement à l’Olympia… datant de 2006.
On y retrouve sa voix magique chantant ses quelques succès et d’autres chansons issues souvent de son dernier CD et ce disque nous restitue vraiment l’ambiance un peu irréelle de ce tour fait d’originalité et de simplicité. De la gauche et maladroite chanteuse issue de la télé-réalité qu’on avait pu voir sur sa première tournée, la chrysalide est devenue un charmant papillon, digne d’être épinglé dans son musée animal, qui module sa voix à merveille, passant de la sensualité à l’ingénuité avec une élégance rare. Elle ne fait qu’un avec le public qu’elle sait apprivoiser, vamper, amener à elle, lui faire des clins d’œil. A l’aise dans son monde très « Voulzien » elle y ajoute sa personnalité pleine de charme et sa voix caresse de belles mélodies dont elle sait doser le rythme sans jamais fléchir, sans une once d’ennui.
Elle est belle, notre Nolwenn et chaleureuse et talentueuse… Ce disque l’atteste.
JENIFER – « Lunatique » (Mercury)
Et voilà la première gagnante de la Star Ac’… Elle a fait un sacré chemin la petite Jenifer au regard rieur et à la voix flûtée… Aujourd’hui devenue épouse et maman, la voici avec un nouvel album entièrement fait à trois : elle pour les musiques qu’elle partage avec son époux Maxime Nucci et David Verlant pour les paroles. A noter qu’on retrouve son cher et tendre sur les arrangements et la réalisation de l’album et que dans l’orchestre il tient guitares et claviers… Bref un vrai disque totalement en osmose avec son homme et un disque fort réussi car il donne à la jolie Jenifer une couleur plus rock, plus forte, plus mûre.
« Lunatique » peut-être mais avec un beau virage qui lui donne une authenticité nouvelle, une image plus adulte et surtout plus sexy surtout lorsqu’on voit les images de l’album signées André D, d’une suavité très orientale, collant à la chanson « Le parfum », particulièrement réussie…
Quelle belle évolution pour notre Jenifer qu’on a connue si petite fille et qu’on retrouve aujourd’hui femme s’il en est, belle, pulpeuse, épanouie par l’amour et la maternité !
On dit souvent en riant « le disque de la maturité ». Mais ça n’a jamais été aussi vrai avec cet album qui nous offre une nouvelle personnalité qui marque un courant nouveau chez cette jeune femme qui, avec son mari, a trouvé à la fois un bonheur personnel et une osmose qui se marie magnifiquement avec sa voix et ce qu’elle ressent.
Mon coup de cœur est « Quitte à se quitter », très rythm’n blues, qui lui va à merveille.
JOHNNY HALLYDAY - « Le cœur d’un homme » (Warner)
Incontournable Johnny, chacun de ses albums étant un événement tout comme celui-ci qu’il avait très envie de faire et qu’il nous promettait depuis si longtemps, un disque où le blues est roi et le blues, on le sait, c’est toute la musique qu’il aime !
A tel point que « Chavirer les foules » est la copie de ce titre vedette qu’est « Toute la musique que j’aime » du même complice Michel Mallory ! D’ailleurs, hormis ce titre plus rock que blues le reste est très bluesy, très country avec guitares et harmonica à l’appui du plus bel effet. Il et vrai qu’un autre complice signe la réalisation et les arrangements, le sphinx du piano : Yvan Cassar.
Depuis qu’on entend Johnny, on ne devrait plus être surpris et pourtant il nous surprend encore et avec ce disque, il nous dépayse, nous charme car il ne pousse pas sa voix bien au contraire. Tout en demi-teinte elle est encore plus mise en valeur et « Always » est une magnifique ballade. Entre autres car les autres titres sont de la même veine, très fluides, empreints de mélancolie et ce style là, qui n’est pas sans rappeler le son des années 50/60 des « country » lointaines d’Amérique, lui va comme un gant. Mais au fait, qu’est-ce qui n’irait pas à ce Phœnix ? On se le demande !.
Ce disque est tout en intimité et Johnny nous fait là un très joli cadeau.
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