PHILIPPE CANDELORO : "JE N'AI PAS FINI MON HISTOIRE..."
Rencontrer Philippe Candeloro est toujours un grand plaisir, tant ce garçon est simple, joyeux, chaleureux et par dessus tout, passionné.
Le voici revenant au devant de la scène après ses déboires avec l’arrêt de sa tournée « Hello and good bye », suite à la disparition du promoteur avec la caisse ! Coup dur tant professionnel, qu’artistique, moral et évidemment financier.
Mais « Candé » ne s’avoue jamais vaincu et le voici revenu « plein d’usage et raison » et surtout plein d’espoirs et de punch, à la fois sur scène et à la télévision.
Sur scène avec son retour dans la tournée d’Holiday on Ice « Tropicana », et à la télévision avec son ineffable complice Nelson Monfort pour commenter les JO de Vancouver.
« J’ai été très secoué par l’arrêt de ma tournée d’adieu alors qu’elle avait du succès et que déjà, 220.000 personnes avaient apprécié le spectacle. J’ai d’abord essayé de sauver cette tournée mais c’était financièrement impossible. Il y avait un trou de 150.000€ et près de 60.000 billets à rembourser.
Je suis donc allé voir les dirigeants d’Holiday on Ice pour voir s’ils pouvaient reprendre mon spectacle. Ils m’ont finalement proposé d’entrer dans le leur, « Tropicana » et d’inviter les 2500 parisiens qui avaient pris des places et donc, de réparer en partie le préjudice.
Du coup, je vais démarrer une nouvelle carrière !
Ca demande une explication !
J’avais envie, après ma tournée, de me tourner vers une carrière de comédien car on m’a déjà proposé trois pièces de théâtre, une série TV…Mais avant de dire oui, je voulais savoir si j’en étais capable et prendre des cours afin d’approfondir ces dons que l’on dit que j’ai.
Mais du coup, je n’en ai pas eu le temps et je vais être aussi comédien dans ce spectacle sous le titre « Candeloro sème la panique » !
Cette participation consiste en quoi ?
C’est l’histoire d’un patineur professionnel en fin de carrière qui ne veut pas décrocher et qui va essayer de squatter le spectacle en y intervenant. Il y aura donc des dialogues à apprendre mais aussi une part d’improvisation, ce qui me plait beaucoup.
Est-il facile de s’insérer dans un spectacle déjà existant ?
Pas vraiment car il fallait que j’y trouve ma place. L’avantage, c’est que j’ai déjà eu l’occasion de travailler deux fois avec Holiday on Ice : en 2000, en alternance avec Surya Bonali dans le spectacle « In concert » et en 2005 dans le spectacle « Phantasy » où l’on avait battu les records d’audience : 500.000 spectateurs !
Donc je connais la maison et eux me font confiance. Mais pour bien m’insérer dans le spectacle, il fallait faire attention de ne pas en casser le rythme par mes diversions. Je voulais apporter du punch, de l’humour et je suis allé travaillé avec eux en Allemagne.
Nous avons bâti ma participation par des étapes où j’évoque ma vie et il y aura des parties musicales sur des chansons de Claude François.
Pourquoi lui ?
Parce que c’est un artiste que j’ai toujours beaucoup apprécié et j’ai toujours rêvé de faire un spectacle autour de ses chansons. C’était le moment où jamais car, par exemple, avec un titre comme « Je vais à Rio », on entre de plain pied dans le thème « Tropicana » !
En gros, le thème se résume en une question est une réponse : Une voix off qui se veut être le directeur du spectacle qui me dit : « Pourquoi t’entêtes-tu à patiner ? », ma réponse étant : « Je n’ai pas fini mon histoire ! »
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Entre le spectacle à Paris et la tournée, il y aura Vancouver !
Oui, ce qui me fera rater quelques dates car c’était déjà signé avec la télé. Mais je ferai une vingtaine de villes dont le Palais Nikaïa de Nice du 5 au 7 mars et le Palais des Sports de Marseille du 22 au 25 avril.
A propos de Vancouver… Y a-t-il des chances de médailles pour le patinage français ?
Il y a de réelles chances avec surtout Brian Joubert. Ce qui est regrettable chez lui c’est qu’il n’y a qu’une médaille d’or qui l’intéresse !
Il y a tout de même une sérieuse concurrence et donc, aussi une pression énorme et c’est souvent cette pression qui nous fait perdre les compétitions. La journée du 16 février sera déterminante. Il y a aussi le couple Delobel-Schoenfelder, si Isabelle a perdu ses kilos après sa maternité et si elle a eu le temps de s’entraîner sérieusement. Quant aux « gonzesses », on est vraiment en manque et il serait temps de se remettre en question. Rien n’est fait côté sport-école en France et l’Etat devrait y réfléchir. Il est dommage qu’en France le sport de haut niveau ne soit pas reconnu.
Alors, après la tournée et les JO, y a-t-il des projets ?
Au moins deux !
D’abord, je suis déjà depuis deux ans sur un projet de comédie musicale sur glace où nous serons, ma femme et moi, concepteurs, managers et… producteurs !!!
Nous avons déjà le thème, l’histoire, les tableaux mais c’es tun énorme boulot et un gros investissement. Mais je suis persévérant et j’y arriverai !
L’autre projet ?
Alors là, c’est un projet à long terme. Je pense que c’est l’investissement de ma vie et ça va me prendre dix ans ! C’est la création du premier Centre International des Métiers de la Glace, qui regrouperait 48 métiers : administratif, social, médical, artistique, technique, recherche….
J’aimerais le réaliser dans la région parisienne.
Pourquoi ce projet ?
Parce que, dans notre spécificité, arrivé à un certain âge, le patineur n’a pas beaucoup de débouchés qui se présentent à lui. Que deviennent nos champions adulés lors de l’arrêt des compétitions ? Comment se reconvertir ? Avec ce projet il y aurait beaucoup d’ouvertures pour nous tous…
Et le métier de comédien, alors ?
D’abord je dois apprendre. Après je pourrai proposer mais j’aimerais que les propositions viennent de réalisateurs et de producteurs. Le cinéma m’attire, c’est un fait, mais encore faut-il que j’en sois capable. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui j’ai une reconnaissance médiatique que ça va marcher.
Je suis toujours lucide et très exigeant avec moi-même…
Par contre, en confidence, je viens de faire un bout d’essai à TF1 pour un rôle de flic parisien qui vient à Marseille. Ce serait un duo avec un comédien. Mais je ne peux pas en dire plus… Vous l’apprendrez très vite, dans les semaines à venir… Si ça se fait ! »
Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier |