A la ville comme à la scène, Jacqueline Monsigny et Edward Meeks ne se quittent jamais. Il est comédien, tourne en France et aux Etats-Unis (Souvenez-vous la série « Les globe trotters », avec Yves Rénier) elle fut comédienne, animatrice à la télé. Elle écrit, de sa belle et ample écriture, lui également, d’une écriture beaucoup plus discrète. Quelquefois ils écrivent ensemble. Elle est volubile, il est plus secret mais avec ce bel accent américain. Mais tous deux ont toujours le sourire et nous avons passé ensemble des moments très joyeux dans des fêtes, des festivals, en tournée avec notre complice Annie Cordy alors qu’elle jouait avec Edward « Nini la chance ».
C’est toujours avec grand plaisir qu’on se retrouve et les voici sur la Fête du Livre de Toulon pour nous offrir « Liz Taylor –Richard Burton, les amants terribles » (Ed Alphée).
« C’est – me confie Jacqueline – une idée de notre éditeur Jean-Paul Bertrand qui voulait lancer une collection sur les couples mythiques et nous a demandé si nous avions une idée.
Nous avons réfléchi et pensé à Taylor-Burton car Edward avait tourné avec Richard un film intitulé « Barbe-Bleue », en Hongrie.
Durant le tournage, j’étais venue le retrouver et Elizabeth avait fait de même. Nous nous sommes côtoyés, avons appris à nous connaître, Elizabeth nous a invités à la magnifique fête qu’elle avait organisée pour ses 40 ans. Et des liens se sont créés entre nous.
Etaient-ils vraiment si terribles ?
Edward : Richard était un homme exceptionnel, très ouvert, très humain, très cultivé. Ce fut un grand plaisir de travailler avec lui. Nous avons aussi peu à peu connu leur entourage, dont la Princesse Grâce, avec qui nous parlions beaucoup. Tous deux aimaient beaucoup parler de leur vie…

Mais c’était quoi leur vie ?
Jacqueline : Une vie de luxe évidemment… il étaient jeunes, beaux, riches et célèbres. C’était un couple très généreux qui aidait tous les gens qui en avaient besoin, même des gens de l’ombre comme par exemple les techniciens sur un tournage. Dès que l’un d’eux avait un problème d’argent, de santé, ils aidaient en toute discrétion.
Elisabeth a été très courageuse en étant la première à défendre les homosexuels ce qui, à l’époque était risqué. Elle a fait beaucoup de chose pour combatte contre le sida et continue d’ailleurs.
Ils ne supportaient pas l’injustice, quelle qu’elle soit et ils trouvaient normal qu’en étant nantis ils aident les gens dans le besoin. Ils voulaient en quelque sorte, sinon justifier mais partager leur chance.
Edward : Malgré leurs nombreuses ruptures et leurs non moins nombreuses disputes, c’était un couple fusionnel. Ils ont tourné 11 films ensemble, entre cinéma et télévision. Très souvent, ce sont eux qui imposaient des gens sur leurs film, comme par exemple Mike Nichols que ne voulait pas le producteur.
Alors, comment écrit-on un tel livre à deux ?
Jacqueline : En travaillant chacun de son côté sur un sujet bien précis. Bien sûr, Edward s’est plus particulièrement penché sur la documentation en langue anglaise. Nous avons bien connu leur entourage et nous avons parlé avec.
Nous avons fait un plan et travaillé chapitre par chapitre, chacun, ensuite, lisant à l’autre ce qu’il avait écrit.
Edward : Moi j’écris en Anglais car ça m’est plus facile, puis ont fait la traduction. Mais on a toujours besoin de l’oreille de l’autre.
Jacqueline : J’ai, quant à moi, demandé une interview exclusive à Richard Burton à laquelle il a dit oui. Je lui envoyais les questions, il me répondait en écrivant à la main… J’ai des pages merveilleuses et il m’a fait beaucoup de confidences. L’homme était merveilleux.
Edward : C’était un grand poète, il avait une superbe écriture. C’était aussi un homme très profond. Il est dommage que l’alcool les ait tant abîmés. S’il n’avait pas bu, Richard serait encore de ce monde.
Jacqueline : Et ils se seraient remariés ! C’était vraiment un couple mythique, qui avait une aura superbe. Ils étaient tellement beaux !
Il étaient un peu « dingo » mais justement, ça les humanisait et ça les rendait infiniment sympathiques… »
Jacques Brachet