NICE – LA PALESTRE
Quand Yuri Buenaventura nous invite à danser

Sincérité, échange et rythmes latinos, des cadeaux que Yuri Buenaventura a offerts à la salle de la Palestre le samedi 14 mars. Dès l’entrée le spectateur novice ou connaisseur entre dans l’univers Colombien, musique d’ambiance, jus de fruits frais et autres tacos mais aussi et surtout, une piste de danse qui n’attend plus que les pas des aficionados.
Yuri Buenaventura est avant tout un homme de cœur qui en entrant dans la salle annonce le décès d’Alain Baschung avec le respect et la sincérité qui le caractérisent. Il raconte une rencontre, un échange entre les deux artistes autour d’une même passion, la musique bien sûr. Il parle français, reste de sa vie en France dans la région parisienne, avec un accent dépaysant. Les mots de sa langue natale s’invitent alors sous les réponses du public en colombien bien sûr !
L es musiciens latinos les plus talentueux d’Amérique du sud étaient présents. Dès les premières mesures, c’est la cohésion qui transparaît. Le petit prince de la salsa colombienne met d’ailleurs un point d’honneur à présenter les hommes qui l’accompagnent. Ce n’est plus le concert d’un artiste mais d’artistes aussi différents que complémentaires. Ainsi se multiplient les solos où chacun passe sur le devant de la scène pour le plus grand bonheur des spectateurs comme de Yuri. L’échange se fait alors avec le public par la plus belle des réponses, la danse. Les premiers pas sont furtifs, un couple d’habitués à gauche, un autre plus hésitant à droite. C’est rapidement toutes les planches qui sont réchauffées par les pas des amateurs de salsa. Le concert nous transporte directement en Amérique du sud où des inconnus dansent ensemble le temps d’une soirée.
L’artiste était venu présenter son dernier album « Cita con la luz ». L’album du retour aux sources, de la sérénité où il se raconte. Cet album, il l’a écrit dans sa terre de Buenaventura, le paradis. La mer, les pêcheurs, le monde réel ont été source d’inspiration. Lorsqu’il nous le présente, il devient un ami qui nous conseille, qui nous demande même de profiter de la vie. Les bodegas, morceaux aux airs de ballades sont pour lui prétexte à prendre celle que l’on aime par la main, même et surtout si cela fait longtemps qu’on ne l’a pas fait. « Prendre cette danse comme si c’était la dernière » un appel à l’amour qui fait aussi partie de sa musique.
Le chanteur parle également de sa Colombie, de ceux qui ont défendu leurs valeurs toujours avec simplicité, par les mots et par la musique. Il joue avec son cœur et n’hésite pas à demander à ses musiciens un morceau imprévu parce que c’est le moment où il choisit de l’offrir, car il pense que le public est prêt à le recevoir.
C’est une véritable démonstration de salsa mais également de don de soi que Yuri a choisi de partager avec son public. C’était la deuxième fois qu’il était invité à la Palestre, jamais deux sans trois dit-on, le rendez-vous est pris.
Ludivine Van Den Berghe |