JANINE BOISSARD
"MON REVE ? JOUER DANS "PLUS BELLE LA VIE !!!"

Janine Boissard est la romancière populaire d’excellence et dans le bon sens du terme. Elle sait nous offrir avec talent des romans pleins d’émotion souvent, d’humour parfois, de suspense quelquefois. Elle a un public – surtout des lectrices ! – fidèle qui la retrouve chaque année avec plaisir sur le stand de la Fête du Livre.
Pour moi aussi c’est toujours un charmant rendez-vous car Janine est volubile, quelquefois surprenant, toujours d’une belle humeur communicative.
La revoici donc avec un roman qui met un homme en vedette : « Sois un homme, papa » (Ed Fayard)…
Laissons-lui le soin de nous le résumer.
Janine… c’est l’histoire d’un mec…qui a des problèmes !
C’est surtout l’histoire d’un mec qui a renoncé à sa passion de la nature, des arbres, du jardin pour une autre passion : sa femme. Par amour pour elle, il quitte tout, se retrouve à Paris et devient vendeur de voitures. Il aura le temps de faire trois enfants avant de bien vouloir admettre qu’il a tout faux.
C’est à dire ?
C’est à dire qu’il gagne moins que sa femme qui est avocate et qui finit par le mépriser car elle joue le rôle de l’homme et le choc de sa vie sera le jour où son fils de 17 ans lui dira cette phrase terrible : « Dans la vie, mon grand, il faut parfois savoir choisir ».
Il se rend alors compte qu’il a triché avec lui-même, qu’il a fait beaucoup de concessions et qu’en fermant les yeux il a perdu le respect et l’amour des siens. Il va donc falloir qu’il regagne sa dignité et l’amour de ses fils. Il redeviendra horticulteur car c’est le seul moyen de redevenir lui-même.
Histoire vraie ? Histoire vécue ?
Histoire qu’on entend aujourd’hui de plus en plus. Avec la crise, nombre d’hommes perdent leur place, font n’importe quoi pour vivre lorsqu’ils ne deviennent pas hommes au foyer lorsque la femme, elle, prend de plus en plus d’assurance dans sa vie, son métier… A la longue le couple se délite.
Histoire banale, donc ?
On peut presque dire ça mais surtout histoire symbolique car je suis partie d’une histoire extraordinaire qui s’est passée lors des événements d’Hiroshima. Après la catastrophe où tout était mort, on a vu peu à peu repousser un arbre, le seul qui ait résisté : le ginkgo biloba. On l’a appelé l’arbre du temps car il résiste à tout. C’est devenu un arbre sacré.
C’est donc le parallèle entre cet homme qui retrouve ses arbres, qui va résister à tous les chaos de sa vie… L’histoire en fait, d’un homme qui va revivre.
Il semble d’après vous qu’il soit difficile, aujourd’hui d’être mari et père ?
Et d’après vous ? J’ai quatre enfants et plein de petits-enfants et je me rends compte à quel point, aujourd’hui, dans cette société de consommation, il est difficile de tenir tête à ses enfants.
Si le père veut arriver à quelque chose, il ne faut pas qu’il triche, qu’il soit bien dans ses bottes. Etre un père exemplaire n’est pas si facile que ça. Mais je pense qu’il y a toujours quelque chose en chaque homme qu’il peut faire bien.

Il y a aussi cette inégalité homme-femme qui se restreint ?
Aujourd’hui, la différence homme-femme, c’est vrai, est en train de se réduire par le fait que nombre d’hommes aident aux taches ménagères, nombre de femmes apportent de l’argent au foyer, prennent plus d’assurance et de décisions. Mais le plus dure c’est de garder un certain équilibre.
C’est plus difficile aujourd’hui pour un garçon de devenir un homme que pour une fille de devenir une femme.
Vous prenez beaucoup la défense des hommes !
C’est possible, je me rends compte que ça m’arrive de plus en plus… à force de me rendre compte qu’un homme est plus fragile, qu’il a besoin d’une femme qui le pousse, le valorise. Il vit de son image, de son travail. S’il n’a plus ça, il n’a plus de défense. Et lorsque la femme le dépasse, c’est là que commencent les problèmes.
Ce livre change vraiment de votre précédent qui était un thriller !
J’ai toujours aimé les polars, j’ai la veine policière et je vous rappelle que j’ai été la première à être publiée dans la série noire !
J’ai 45 livres à mon actif et j’aime passer d’un style à l’autre tout en restant une romancière populaire. Tant pis pour moi !
Pourquoi ?
Parce que souvent, le mot « populaire » est très péjoratif chez l’intelligentsia ! Je sais donc que c’est mal mais je persiste et signe car mon public aime qu’on lui raconte des histoires. Et c’est pourquoi nombre de mes romans sont adaptés à la télévision.
Aujourd’hui , quel est votre rêve ?
Je vais vous faire sauter au plafond : jouer une grand mère indigne dans « Plus belle la vie » !!! Ca me ravirait car c’est justement très populaire et puis vous savez, j’ai dix petits-enfants, je suis une grand mère moderne qui fait du ski et qui est championne de SMS !
Alors, si vous connaissez le producteur, parlez-lui de moi… Je vous en serai reconnaissante ! »
Dont acte !
Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Evelyne Arnaud
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