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PORTRAIT
GERARD BLANC... UNE AUTRE HISTOIRE... SANS NOUS

Durant 15 ans, son nom faisait partie des Martin Circus, groupe emblématique des années 70/80 qui a accumulé succès et concerts plein à ras-bord, avec tout ce que cela implique de folie, d’excès, que ce soit dans la vie, à la scène, dans leur musique, dans leur accoutrement… Ils étaient à la fois underground et populaires, chose extrêmement rare !
Mais à un moment, trop c’est trop et Gérard Blanc – puisqu’il s’agit de lui – à d’autres envies : se retrouver seul, chanter des choses plus personnelles, plus intimes, ne plus être une partie d’un tout mais être un chanteur à part entière.
Ainsi va commencer une nouvelle vie, une nouvelle carrière en solo. Et il va démarrer très fort puisque, après s’être éclaté en groupe au Sénégal, à poil sous la lune, il va vivre « Une autre histoire », première chanson solo, premier succès… Succès énorme et succès qui va l’accompagner quelques petites années avant de s’estomper peu à peu.
Il n’arrêtera pas de chanter pour cela, d’abord parce que la musique c’est sa passion, qu’il ne sait et ne veut faire que ça et puis parce que, même s’il ne passe plus en télé ou en radio, il continue à faire des galas… Oh, ce n’est plus la folie des grandes années mais il vit de sa musique et c’est l’essentiel. Et puis, il écrira beaucoup de musiques de films pour le cinéma et la télé.
Et voilà qu’un phénomène surgit : la nostalgie…
Les années 60, puis les années 70/80 redeviennent à la mode, les anciens chanteurs ne sont plus ringards ou « has been » et reviennent dans les feux des projecteurs… Le public ne trouve plus d’émotion ni de plaisir dans ce qu’on lui offre, alors il retourne aux valeurs sûres. Celles qui les ont fait danser, aimer, s’amuser, s’émouvoir.
Et Gérard Blanc revient en force sur les radios, les télés, les galas reviennent eux aussi en force. Le seul hic, c’est que l’on demande à ces artistes « sur le retour », leurs anciens tubes… Personne ne veut des nouvelles chansons. On veut celles qui sont dans toutes les mémoires…
Un peu dur pour un chanteur, un peu restrictif pour un auteur-compositeur mais bon, si c’est ce que veut le public-roi….
Gérard résiste et continue de faire son métier avec passion et le revoilà dans le soleil des projecteurs… Hélas, il ne sait pas que ce ne sera plus pour longtemps.
On lui propose la tournée « Age Tendre » et il est fou de joie. Il peut d’autant plus l’être qu’il prépare malgré tout de nouvelles chansons et décide d’écrire un livre de souvenirs afin de raconter sa drôle de vie, ses 40 ans de musique.
C’est là que j’entre en scène puisque mon attaché de presse me propose de le rencontrer afin de collaborer à ce livre, de mettre ses propos en formes, de suivre son écriture.
Je n’avais rencontré Gérard que trois fois en tant d’années : une fois avec le Martin Circus, deux fois en solo à l’heureuse et folle époque des radios libres où nous l’avions invité sur Radio la Seyne.

C’est l’été 2008. Il est chez des amis du côté de Cuers où, avec ses musiciens complices, il répète ses chansons dans un petit studio perdu dans les vignes. C’est à l’ombre des grands arbres du jardin avec pour fond, le chant des cigales, l’apparition de chiens et chats, le passage de ses musiciens qui viennent lui faire la bise, et autour d’un pastis avec Brigitte, sa femme, Monique, la mienne et les amis qui l’hébergent, qu’on va apprendre à mieux se connaître, à se parler… Enfin, pour être précis, à l’écouter parler !
Car il est volubile, il est passionné, il me parle de tous ses projets, de son enfance, de son adolescence, de sa vie folle avec Marin Circus, de son succès en solo puis de sa traversée du désert…
Il est intarissable, sauf lorsqu’il se lève pour prendre sa guitare et égrener quelques notes.
On ne peut qu’être sous le charme de ce grand gaillard échevelé qui a cependant, beaucoup maigri. Mais il a une pêche d’enfer et est heureux de revenir au premier plan.
On se quitte en se disant à très vite car il descend souvent dans le Var, dans ce havre de paix.
Nous n’aurons hélas que le temps de nous envoyer quelques mails, quelques coups de téléphone. Je n’aurais que le temps de lire ses premières lignes, ses premiers chapitres…
Il n’aura pas le temps de vivre l’aventure de « L’Age Tendre ».
Il disparaît au mot fin de l’enregistrement de sa chanson…
Aujourd’hui, Brigitte continue seule le chemin de la vie mais avec l’intention qu’on ne l’oublie pas de sitôt, son homme qui chantait que « L’amour est plus fort que les mots ».
Aussi, sortent aujourd’hui un double CD et un DVD « Made in Paris » où l’on retrouve les enregistrements de 2006 à 2008 « live » de ses derniers passages à Paris (Le Sentier des Halles, l’Olympia, le Théâtre du Gymnase) avec en bonus sur le Cd deux belles chansons studio : « Bout d’chou » et « Pour la faire rêver »… Puis on le retrouve dans les coulisses, nous racontant sa vie, sa façon de fonctionner, de vivre sa musique
DVD et CD sont chargés de beaucoup d’émotion bien sûr mais surtout, on se rend compte de l’énergie qu’il dégageait aussi sur scène, de l’impact, de la connivence, de la complicité qu’il avait avec son public. Entre deux chansons, il parlait beaucoup, se confiait, racontait car il aimait autant parler que chanter. Il a toujours gardé ce capital sympathie avec les gens et lorsqu’on le rencontrait, on sentait l’homme simple, passionné et tout cela le rendait très attachant.
« Toutes mes histoires d’amour se sont transformées en chansons » aimait-il à dire et comme il vivait d’amour et de musique, on ressentait tout cela.
L’ami, je suis heureux qu’avant de disparaître, nous ayons fait un petit bout de chemin ensemble, si petit soit-il. J’ai rencontré un chanteur de talent et un homme à la belle âme.
Salut, l’artiste !

Jacques Brachet
Photos :
Le temps de la détente
Une dédicace pour notre future collaboration…
Un CD, un DVD… en souvenir

site : www.gerardblanc.com

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