Bons plans
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BIOGRAPHIES

MICHELINE PRESLE : « Di(s)gressions (Ed Seuil)

Micheline Presle reste l’un des plus beaux fleurons de notre cinéma français, avec Danielle Darrieux et Michèle Morgan. Elle ala classe, la beauté, l’humour, l’intelligence… Je peux le dire sans crainte car je l’ai beaucoup côtoyée et des liens amicaux se sont tissés entre nous depuis bien longtemps.
Elle a traversé 50 ans de cinéma français avec cette grâce et ce talent qui sont reconnus par tous et même par nombre de jeunes réalisateurs qui font très souvent appel à elle. Passionnée de cinéma, curieuse de tous les cinémas, elle l’a servi et le sert toujours avec le même bonheur. Tout comme elle l’a fait avec le théâtre et même la télévision où l’une des premières séries françaises « Les saintes chéries » fut un événement et l’a marquée à tout jamais.
Sa carrière est magnifique et il y a longtemps qu’on attendait son autobiographie mais elle s’y opposait fermement car elle n’en voyait pas l’intérêt. Jusqu’au jour où un jeune journaliste, venant l’interviewer, lui proposa un long entretien en forme d’interview. Il se nomme Stéphane Lambert et grâce à lui, nous avons enfin un livre sur Micheline.
Ah, ce n’est pas la « vraie » autobiographie que l’on attendait mais c’est une conversation à bâtons rompus (d’où le titre) où notre belle actrice, mise en confiance, se dévoile juste ce qu’il faut pour que le livre soit intéressant… même si l’on reste un peu frustré car une si grande carrière balayée en 200 pages, c’est peu. On aurait aimé en savoir plus.
Mais c’est déjà un grand pas de franchi et peut-être que ça aura donné à Micheline l’envie d’aller un peu plus loin… Qui sait ?

JEAN-PIERRE MOCKY : « Cette fois je flingue » (Ed Florent Massot

Que voilà un livre vindicatif, plein de rancœur, de parano, de venin, de colère, d’aigreur…
C’est peut-être bien de dire ce que l’on pense mais là, ça dépasse tout… Quoique, avec un Mocky, pouvait-on s’attendre à autre chose ?
Bien sûr, la « grande famille » du cinéma n’est pas parfaite. Bien sûr, les politiques ne sont pas tous blancs et lisses. Bien sûr, les comédiens sont un peu mégalo mais… plus mégalo que Mocky tu meurs et puis, il en veut à la terre entière : on ne l’aime pas, on lui met des bâtons dans les roues, on veut l’empêcher de faire des films et de les sortir, on veut l’empêcher de s’exprimer et de parler (et pourtant, il se se gêne pas !) on est jaloux de son talent, il est incompris, lui le réalisateur génial… Mais se pose-t-il une seule fois la question sur la qualité de ses films ? Peut-être y a-t-il une raison à ce qu’il ne fasse pas l’unanimité , en dehors des sujets qu’il aborde et qui peuvent quelquefois « gêner »… Bien sûr il a fait de bons films mais il en a tant fait (une cinquantaine) et à une telle vitesse que tous ne peuvent pas être des chefs d’œuvre… C’est bien beau d’avoir une grande gueule, encore faut-il ne pas l’ouvrir à tout bout de champ pour un oui, pour un nom.
Le titre est tout à fait à l’image du livre : il flingue sur tout ce qui bouge et ses propos ne sont pas sans me rappeler le livre de BB, qui, aigrie elle aussi, règle ses comptes à tous.
Il dit des vérités, OK, mais à force, trop c’est trop et ça manque sérieusement d’humour et de recul, de simplicité et de modestie…
Mais Mocky restera Mocky… et il n’a jamais fait dans la demi-mesure !

LUIS MARIANO : « Une vie » (Ed Sud Ouest)

Malgré une « marianite » qui fut absolument énorme, malgré les fans nombreux qui restent fidèles à l’idole jusqu’à leur mort, il n’y a pas eu tellement de livres sur Luis Mariano, idole de deux générations d’avant les sixties mais qui sut tenir la barre dans un genre jusqu’à ce jour inégalé.
Aujourd’hui Patchi, l’ami fidèle, le confident secrétaire – habilleur – chauffeur, décide de raconter « son » Mariano en compagnie de Jacques Rouhaud, journaliste, animateur télé et écrivain.
Ca donne un joli livre qui remet Mariano dans un contexte à la fois historique et musical… que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Car le métier a bien changé entre ces décennies et depuis près de 40 ans où disparut, trop jeune, le beau Luis aux yeux et à la voix de velours, un 14 juillet 1970.
Ce livre est fait de témoignages de plein de gens qui l’ont plus ou moins connu, qui furent ses amis, comme Annie Cordy et surtout on découvre l’homme à travers les souvenirs de Patchi qui a aussi ouvert l’armoire aux souvenirs en nous offrant des photos inédite, pleines de fraîcheur d’un temps passé où l’on savait être talentueux sans se prendre la tête.
On y découvre « ses amis, ses amours, ses emmerdes » mais aussi ses joies, ses passions.
Un homme hors du commun, généreux et simple. Un artiste magnifique qui fit pleurer de joie des milliers de femmes de tous âges, celles-là mêmes qui ont pleuré son départ et qui continuent d’entretenir le culte Mariano.
Avec, en prime, une interview de Roberto Alagna, fan de la première heure, qui découvre la passion d’un métier grâce à lui et qui lui a rendu hommage par un beau CD sorti récemment.
Plongez-vous dans l’univers de l’opérette, des paillettes et des strass. Un voyage un peu kitch mais émouvant et curieux et surtout passionnant.

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