Bons plans
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BIOGRAPHIES

MICHEL SARDOU « L’ombre et la lumière » (Ed France-Empire)
Sardou dans la lumière pour cette année 2007 où voit sortir un double album qui sera suivi d’une grande tournée et d’un livre qui n’est pas de son fait car cet homme secret n’aime pas vraiment se livrer. D’où une biographie que l’on nomme aujourd’hui « non autorisée », ce qui se fait de plus en plus souvent et la plupart du temps sans que l’artiste en question ne le sache ou ne l’approuve. C’est donc le cas et si Sardou en a l’air content, il aurait aimé qu’au moins on l’en avise (Voir interview Platine).
Mais bon, ce livre est tout de même signé Annie Réval et Caroline Réali, ce qui est déjà un critère de qualité, car elles n’en sont pas à leur première bio et se débrouillent très bien car elles font un vrai travail de recherche, d’historiennes pourrait-on dire et vont à la rencontre de beaucoup de gens qui entourent de près l’artiste en question… sauf lui, bizarrement !
Mais le parcours est bien ficelé, bien documenté et l’histoire de notre artiste tient la route. On y découvre un homme et un artiste plein de contradictions, fait de passion et de talent, un homme qui n’a pas la langue de bois même si, quelquefois, cela s’est retourné contre lui. Un homme certainement pas toujours facile à vivre mais un grand professionnel que j’ai eu l’occasion de rencontrer quelquefois (pas souvent !) mais qui joue le jeu avec honnêteté lorsqu’il vous accorde un entretien.
On aimerait bien sûr son avis… Mais peut-être un jour décidera-t-il à prendre la plume pour s’exprimer !

PIERRE MONDY « La cage aux souvenirs » (Ed Plon)
Il nous avait promis ce livre lors de notre dernière rencontre au « feu » festival TV de St Tropez. Le voici donc, empreint de nostalgie et d’émotion car il a déjà derrière lui soixante ans de souvenirs de théâtre, de cinéma, de télé. Il a connu toutes les périodes de vache maigre d’alors et s’il est un des comédiens les plus populaires de France, il a été reconnu fort tard, et n’a été considéré comme star (un mot qu’il n’aime pas !) qu’avec le rôle de Cordier, ce qui est dommage vu la carrière exemplaire qu’il a derrière lui. C’est vrai que des trois disciplines, c’est au théâtre qu’il s’est le mieux exprimé et de plus, souvent comme metteur en scène donc, dans l’ombre des autres.
Ami de quelques beaux noms dont Poiret et Serrault avec qui il a vécu la… « folle » aventure de cette cage increvable et mythique, Montand, Maillan, Périer, de Funès, beaucoup d’artistes aujourd’hui disparus, ce qui le rend nostalgique mais tout de même heureux et sans regrets ni remords d’avoir vécu cette vie de saltimbanque et de voir en Auteuil ou Clavier, la relève .
Un joli livre plein d’humour car Pierre Mondy, raconteur magnifique (et je peux en témoigner lors de nos entrevues) écrit comme il parle, nature, avec bonhomie, sans esprit de revanche, avec le sourire. Une belle cage aux souvenirs.

CAROLE AMIEL « Lettres à Montand » (Ed Michel Lafon)
Dernière compagne de Montand et mère de leur fils Valentin, Carole Amiel, femme discrète s’il en est, a décidé d’écrire ce livre pour dévoiler le vrai portrait de Montand à son fils. Vous me direz qu’elle aurait pu le faire sans le publier mais ça lui permet aussi de remettre un peu les montres à l’heure par rapport à ce qu’elle a vécu depuis la découverte de leur liaison et de la paternité de l’artiste.
C’est vrai que, si elle a eu quelques années de bonheur avec Montand, elle les a payées au prix fort d’abord en restant dans l’ombre, puis en étant trop exposée aux médias et puis, en traversant toutes ces dramatiques et rocambolesques années à la mort de l’artiste, avec l’affaire Drossart et l’exhumation de la star, les livres de Catherine Allégret et de Benjamin Castaldi, les attaques où on lui reprochait de détruire le mythe Signoret-Montand, la poursuite des paparazzis après Valentin… Bref, un vrai parcours du combattant où elle dû lutter tout en gardant pour elle sa détresse et la perte de cet homme qu’elle aimait.
Elle met donc tout cartes sur table et si, bien sûr, cela reste sa version et si elle a tendance à sublimer un artiste certes génial mais tout de même loin d’être l’homme parfait qu’elle décrit, c’est un très beau livre d’amour, et pour le père à qui elle écrit et pour le fils qui l’aura certainement lu avec beaucoup d’émotion.
D’un autre côté, racontant des faits, jamais elle ne salit qui que ce soit et il est vrai que, si le couple Signoret-Montand était, cinématographiquement et médiatiquement « le » couple emblématique de plusieurs générations, il n’est pas moins vrai que ce n’est pas elle qui a terni celui-ci, Montand étant assez grand pour l’avoir terni lui même, avec l’assentiment silencieux d’une Signoret qui n’était pas la dernière des imbéciles.
Cet homme a refait sa vie, a eu un enfant sur le tard, s’est certainement assagi et nous aurait encore fait beaucoup de belles surprises s’il n’avait disparu. C’est peut-être ce qui compte le plus aujourd’hui et si Carole Amiel a voulu mettre les choses à plat, elle en avait peut-être besoin pour tourner une page douloureuse et continuer sa vie de femme dans le souvenir de celui qui fut son grand amour et dans les yeux de celui qui est son avenir : Valentin.

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