NATHALIE BICAIS :
« Ce n’est pas l’Europe qui nous fait, c’est nous qui faisons l’Europe ! »
Il y a quelquefois des fées qui se penchent sur certaines personnes.
Nathalie BICAIS est de celles-ci.
Elle est jeune, possède beauté, classe et charisme, son regard bleu Méditerranée (Une Méditerranée qu’elle adore) illumine son sourire constant et elle a de l’énergie à revendre.
Elle est artiste. Sculpteur exactement et a beaucoup de talent.
Devenue chef de cabinet du maire de Sanary Ferdinand Bernhard, elle est aussi entrée en politique très jeune et elle est en passe de s’y faire remarquer sérieusement.
Née en 1965 à la Seyne-sur-mer, elle est diplômée de l’Ecole d’Art et d’Architecture de Marseille.
Mais avant cela, c’est à 11 ans qu’elle découvre la terre et décide de devenir sculpteur. Un vrai coup de foudre.

Elle est en 6ème, le proviseur demande aux élèves de monter et diriger un atelier à leur convenance. Elle prend aussitôt les rênes (déjà !) et décide que ce sera un atelier de modelage.
Pourquoi ? Elle-même ne le sait pas trop bien. Mais elle poursuivra cette passion naissante et aujourd’hui, elle expose ses œuvre en France et à l’étranger.
Des sculptures originales qui, si elles débutent avec de la glaise, deviennent de superbes œuvres d’art en y ajoutant des émaux, de la cire, des copeaux de bronze, de cuivre ou d’acier, du verre et même des cordages. Ainsi naissent de son imagination des visages, des corps venus d’un autre monde, d’une autre époque, d’une autre galaxie mais où l’on retrouve en constance des réminiscences de Méditerranée et d’Afrique d’une grande modernité. Des visages hiératiques, des formes longilignes dans toute leur beauté originelle…
Femme on ne peut plus active, elle a toujours milité dans le monde associatif et c’est en 93, alors quelles poursuit ses études d’architecture paysagiste, qu’elle crée l’association « Héritage et Patrimoine » afin de sauver l’Hôtel du Golfe voué à la démolition…
Et elle le sauvera !
Elle en est encore très fière, tout d’abord parce que cette victoire couronne un an de travail acharné, de rencontres, de conférences, de manifestations et cela lui permet aussi de voir combien les gens sont attachés à leur territoire.
Entre temps elle s’est mariée, a eu une fille et la politique va entrer par hasard dans sa vie.
Sa belle-mère soutient Patrick Martinenq et adhère à l’association « Objectif 2000 ». Un jour, pour lui rendre service, elle va distribuer des tracts avec elle. Elle rencontre donc Patrick Martinenq et ce nouveau monde si loin de l’art et… se retrouvera 5 ème adjointe de sa liste en 95 !
Elle a 30 ans. La machine s’est mise en marche et elle va mener de front ses deux passions.
« J’ai besoin des deux pour mon équilibre – me confie-t-elle – car ce sont deux choses diamétralement opposées. Etre sculpteur, c’est me retrouver seule devant mon œuvre. C’est un monde intérieur, introverti. La politique, c’est l’inverse. On est loin d’y être solitaire et c’est vraiment un métier d’extraverti. Les deux me sont nécessaires, même si j’y mets autant d’énergie.
En politique, on est toujours sur le grill, on est observée, épiée. L’art me recentre, me permet de réfléchir et lorsque je suis dans mon atelier je suis seule avec moi-même et avec mon travail durant des heures… »
En 2001 elle sera à nouveau élue dans la majorité mais très vite elle se rendra compte qu’elle ne pourra pas s’entendre avec Arthur Paecht. Elle monte au créneau, passe dans l’opposition où elle prendra le temps d’étudier un nombre incalculable de dossiers concernant la Seyne.
Et c’est ainsi qu’en 2008… elle se présente aux élections avec une liste MoDem. C’est pour elle une démarche toute naturelle, sinon un aboutissement.
Mais entre temps, elle ajoute en 2002 une nouvelle corde à son art : elle devient chef de cabinet du maire de Sanary et s’investit dans de grands projets culturels.
« Pour toutes mes entreprises, je favorise toujours la convivialité et je m’investis d’abord dans un projet humain car l’on n’est rien tout seul et l’on n’est pas seul au monde. Si chacun d’entre nous a son propre trajet, on n’existe vraiment que dans un collectif car cela vous donne une énergie indispensable dans ce monde difficile.
Je suis vraiment portée par cette idée.
Si dans l’art, être une femme commence à être moins difficile, en politique il doit y avoir pas mal d’écueils ?
Et j’ai pu m’en rendre compte très vite ! d’autant que je complique la chose en étant « une artiste qui fait de la politique » et ça prête le flanc à nombre de difficultés ! Mais ce n’est pas ça qui va m’arrêter car j’ai un fil conducteur, je suis une créative et il me faut de l’action, des projets. Faire des réunions pour refaire le monde, je trouve cela assez stérile et j’aime être portée par un projet d’avenir, quelle que soit la casquette que je porte. On peut voir ce que je fais, ce ne sont pas des paroles et du vent, c’est du concret.
Alors, pourquoi le MoDem ?
Tout d’abord parce que je me suis rendue compte que sans étiquette on ne peut rien faire. Je n’aime pas les extrêmes et pour bien avoir une situation en main, il faut être au centre !
En 96 j’ai donc pris la présidence du Parti Radical Valoisien qui se retrouve dans l’UDF. Lorsque l’UMP se crée je décide de rester dans cette nouvelle UDF où je rencontre François Bayrou.
Je me présente aux Législatives avec Ferdinand Bernhard et nous obtenons 15% des voix.
Chez Bayrou, j’ai d’abord trouvé des personnes qui ont une certaine idée de l’écologie et ça, ça m’intéresse. Et puis j’ai aussi rencontré des gens de conviction avec un projet de société qui me convient. J’ai toujours été laïque et Européenne, c’était donc pour moi une suite logique.
Autre suite logique : monter au créneau à la Seyne !
Evidemment et surtout une belle expérience car la Seyne est une ville importante et difficile et les élections n’ont pas été des plus faciles. J’étais une femme, jeune, nouvelle… gros handicap ! Mais grâce à ces élections, aujourd’hui je suis dans le paysage, on sait qui je suis et ce que je défends.
Il faut quand même souligner que j’ai obtenu 35.000 voix, ce qui faisait 10% et c’est loin d’être rien par rapport aux 19% du maire sortant. Je peux quand même être fière. C’était un challenge et si je n’ai pas gagné, ces élections m’ont ouvert beaucoup de portes. J’ai pris beaucoup de coups mais ça m’a endurcie et fait avancer.
Alors grande question : l’Europe, pour ou contre ?
Aujourd’hui je crois que la question est complètement dépassée puisqu’on y est, dans cette Europe, qu’on le veuille ou non. Donc, plutôt que d’être contre, il faut faire avec, du mieux possible et travailler pour l’avenir.
Si nous soutenons l’Europe elle reviendra vers nous pour des projets locaux, régionaux… Aujourd’hui on ne peut plus jouer à être pour ou contre, il faut être « avec » et c’est d’ailleurs une des petites phrases de Bayroy qui a fait que j’ai adhéré totalement : « NOUS… L’Europe ».
Tout est dit.
Aujourd’hui, s’il y avait un cheval de bataille à enfourcher ?
C’est déjà fait : la mer. La Méditerranée… Vaste programme !
Nous avons 27 km de côte méditerranéenne, le pôle de compétitivité de la mer passe par Brégaillon, le CNRS, Ifremer…
Il faut fédérer tous ces métiers liés à la mer, les technologies, le développement durable. Le projet de dépollution de la Méditerranée est un projet européen indispensable et il nous faut capter des budgets de l’Europe pour cela.
Je veux aussi sauver l’Institut de Biologie Marine qui a plus de 100 ans et qui est en passe de disparaître. Là encore, nous avons notre mot à dire.
Et sur un tout autre domaine, ce vin rosé fait de mélange de blanc et de rouge… Le Var a quand même son mot à dire, non ?
Pour toutes ces raisons et beaucoup d’autres encore, il ne faut pas perdre l’Europe de vue, être vigilant et travailler pour qu’elle serve à la France, aux régions, aux communes, aux départements…
Gardons bien ça en tête : Ce n’est pas l’Europe qui nous fait, c’est nous qui faisons l’Europe !
Propos recueillis par Jacques BRACHET |