PORTRAIT DE FEMME
ENTRE STE ROSELINE ET LES DEMOISELLES, AURELIE BERTIN
OU L'AMOUR DES BELLES CHOSES...

Le domaine Ste Roseline, sis aux Arcs sur Argens, à mi-chemin entre Monaco et Marseille, s'étendant sur 108 hectares de vignobles, était au départ une abbaye fondée au XIIème siècle par l'ermite Roubaud. Cette dernière est devenue, au XIVème siècle, la résidence de l'évêque de Fréjus, qui allait devenir le pape Jean XXII. Passant de main en main, il fut acquis par la famille Teillaud en 1994. De 94 à 96, la rénovation fut totale : terres, cépages, abbaye, cette dernière ayant été rénovée par Jean-Michel Wilmotte qui a également rénové une partie du Louvre.
Entre temps, Aurélie Bertin-Teillaud, fille de Bernard Teillaud, a repris l'exploitation depuis deux ans. Mais elle a également racheté le château des Demoiselles en 2005, ce domaine ayant appartenu à la famille Grimaldi à Monaco puis à sa famille de 1956 à 1978.
Sportive (elle fut marathonienne) et perfectionniste, Aurélie se passionne aujourd'hui pour le vin et investit au maximum sur la qualité et la recherche d'une personnalité différente et authentique pour chacun des vins des deux propriétés. Elle donne entre autre aujourd'hui un nouveau souffle au pôle oenotourisme et événementiel.
A son initiative, le domaine est notamment certifié "Agriculture raisonnée". A ce jour, viennent de commencer des essais de biodynamie sur quelques parcelles. Ainsi toute la vinification a été améliorée afin de créer du haut de gamme. Par exemple, les vendanges sont faites de nuit afin de mieux contrôler l'oxydation du vin. Ce qui permet notamment aux rosés d'obtenir des couleurs claires et de préserver les arômes.

L'ambition d'Aurélie Bertin est, contre toute attente, d'évoluer à contre-courant de l'appellation "Côtes de Provence". En effet, elle a par exemple décidé de réduire la proportion de rosés par rapport aux autres couleurs et de mettre l'accent sur les rouges de garde et de positionner ces vins dans le haut de gamme.
Aujourd'hui, le château Ste Roseline produit 50% de rosés, 35% de rouges, 15% de blancs, un cas unique en Provence.
Le domaine a été finaliste du grand prix national de l'oenotourisme 2010 dans la catégorie "Mise en valeur d'un caveau ou d'un site viticole". Il a également été choisi par la Chambre d'Agriculture du Var pour lancer "La route des Vins" en juin 2011.
Aurélie Bertin, femme de goût et de traditions, a fait appel à deux artchitectes : Jean-Michel Gaillot et Grégoire Semal dans le choix de l'élégance, le soucis du détail, de l'épuré, de la sobriété indissociable de ce lieu séculaire.
Ainsi ont été rénovés le caveau et la salle de réception de façon contemporaine. Dans ce nouveau cadre, Caroline Benetti encadre une équipe d'experts polyglottes qui accueillent les visiteurs sept jours sur sept.
Le tourisme d'affaire représente 40 à 50% de l'activité, comprenant l'accueil et la dégustation au domaine. La réception de groupes, de mariages, d'événements divers représente la venue de 6200 personnes par an. Le tourisme d'affaire, quant à lui, touche 7600 personnes par an.
Le chiffre d'affaires du pôle événementiel est en augmentation de 17% depuis 2006. Les séminaires représentent 72% de l'activité.

Mais la route de l'oenologie passe également par l'art et la culture. Ainsi, du 2 juillet au 30 septembre, Aurélie Bertin recevra et exposera le sculpteur américain Jim Dine avec des oeuvres monumentales, folles, originales, très pop-art dont il est un des inventeurs..
Des animations diverses, des concerts également seront proposés, suivis de repas ou de dégustations, concerts classiques et contemporains ou encore brésiliens...
A noter que sur le domaine se trouve la chapelle St Roseline, qui a donné le nom au domaine. Celle-ci date du XI ème siècle. Elle a été restaurée en 1968 grâce à Marguerite Maeght et classée monument historique en 1980. Elle contient des oeuvres d'artistes divers et contemporains tels que Chagall et Giacommetti, Raoul Ubac ou Jean-Bazaine ainsi que la momie de Ste Roseline et un reliquaire avec ses yeux.
La chapelle attire 40.000 visiteurs par an.

Reportage Paule Taboni
Photos Monique Brachet |