MARILOU BERRY DEVIENT VILAINE !
Emilie n’a rien pour attirer les gens : incolore, inodore, sans saveur, rondouillarde, mal coiffée, mal attifée… Et en plus, elle est irrémédiablement gentille.
Irrémédiablement ? Pas sûr car, après une ultime trahison, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et qui va l’amener à se venger de tous ceux qui l’ont humiliée. Et la vengeance sera terrible !
Marilou Berry est incroyable dans ce rôle, comme à l’accoutumée, et l’on sent tout la jouissance qu’elle a à se transformer en cette femme vacharde après 25 ans de frustrations et de silence. Elle va même jusqu’à la caricature et à des situations absolument insensées. Mais il est à noter que c’est un conte de fée moderne et que nos deux scénaristes-réalisateurs, Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit s’en sont donné à cœur joie.
Tout comme « les copines » d’Emilie, aussi belles extérieurement que vilaines à l’intérieur et aussi bêtes que peuvent l’être les demi-sœurs de Cendrillon ! Il s’agit de Frédérique Bel, Joséphine de Meaux et Alice Pol.
A noter aussi en « méchante mère abusive », une Chantal Lauby très en forme, un Pierre-François Martin-Laval (Piel) en macho abominablement perruqué et un Gil Ama (la pub de Neuf à la TV), beau et benêt à souhait.
Tout ce vilain monde s’entrecroise et se coalise pour mener la vie dure à une bonne femme qui va devenir la super héroïne d’une vengeance annoncée.
De quoi rire une heure et demi à partir du 12 novembre !

Alors, Marilou, quel effet ça fait d’être méchante ?
Pour une comédienne, c’est assez jouissif et le dicton « trop bon, trop con » prend toute son ampleur dans ce genre de film ! Après quoi, je ne pense pas qu’on soit ou tout gentil ou tout méchant. Notre nature peut évoluer selon les situations que l’on vit. On ne peut pas, je pense, décider de devenir méchant car c’est trop artificiel mais c’est la vie et ses évènements qui vous font évoluer dans un sens ou dans un autre.
Comment avez-vous abordé ce rôle ?
Comme une comédie où il fallait assurer comme Jim Carey ou Louis de Funès, en cherchant simplement à faire rire avec un personnage qui pouvait être proche de moi mais que j’ai évidemment composé avec des choses extérieures. Je n’ai pas vraiment vécu tout ça mais ce n’est pas non plus un contre emploi…
Pour vous ce serait quoi, un contre emploi ?
Vouloir faire un rôle à la Monica Belluci !!! Ici je joue un personnage qui se transforme du jour au lendemain et c’est peu plausible dans la vie. Mais c’est un film, un conte de fée à l’envers et il faut évoluer très vite. Durant 25 ans, mon personnage de Mélanie a été frustré, humilié, complexé. Mélanie est une gentille qui un jour a décidé de ne plus être exploitée et de devenir méchante. Sa vengeance sera terrible…
Qu’est-ce qui vous a plu en lisant le scénario ?
Le scénario lui-même ! Je l’ai lu avec un plaisir évident d’autant que, je l’avoue, par certains côtés, je me reconnais dans Mélanie qui est une fille complexée et qui, un jour, en a marre, lâche tout et a envie de se venger sur le moment puis de passer à une chose, une fois fait.
Est-ce un problème que de tourner avec des réalisateurs qui font leur premier film ?
Pour moi non. C’est vrai que je n’avais à m’appuyer sur rien sinon les deux courts métrages que je n’ai pas voulu voir avant. Je lis un scénario et si je l’aime, j’ai envie d’arriver vierge sur le tournage. Je n’ai aucune appréhension, je n’ai que de l’excitation. J’ai trouvé le scénario génial, alors j’ai dit oui !
Vous avez quand même visionné les courts métrages ?
Oui, mais une fois le film commencé et il se trouve que j’ai aimé ces deux courts métrages. Mais si je n’avais pas aimé, ça n’aurait pas été gravissime. J’aime me mettre en danger et prendre des risques. C’est un peu ça notre métier. Par exemple, j’ai aimé le scénario que m’a proposé Isild le Besco alors que je n’ai pas particulièrement aimé son premier film. Mais je vais quand même le faire. Je reste ouverte, je n’ai pas d’à priori et je n’ai surtout pas envie de m’en créer.
On vous offre beaucoup de rôles…
…De filles frustrées et moche, c’est ça ? C’est à la fois vrai et faux. Fille frustrée… trois petits points, je dirais car à chaque rôle il y a quelque chose de différent à quoi se raccrocher et je n’ai jamais la sensation de refaire à chaque fois la même chose. Toutes les filles que j’ai incarnées sont très différentes, très nuancées mais ce sont tous des rôles de vraie femme et je préfère jouer un rôle de femme en rébellion que de femme transparente épouse et seulement faire valoir de l’homme ! Croyez-moi, je suis bien dans mon métier et dans mes rôles !
Vos modèles ?
Côté français j’aime Blier, Audiard… Côté comédiennes , Catherine Hiegel, Catherine Samie, Dominique Constanza… Comme par hasard, elles sont toutes de la Comédie Française !
Côté américain c’est Jim Carey, Tarentino… Vous voyez, je ratisse large !
L’idée d’écrire ou de réaliser est-elle en vous ?
Oui, ça me branche, surtout l’idée d’écrire, ce que j’ai d’ailleurs commencé à faire. J’aime bien être là où on ne m’attend pas, en quelque sorte, j’ai envie de faire chier les gens, de les surprendre aussi ! Je sais par exemple que je n’entre pas dans les canons de beauté qu’on imagine et j’aimerais tourner une publicité pour de la lingerie, des soutien-gorge…. Ca, ça me brancherait aussi ! Me voir comme ça en grand sur des affiches, ce serait une victoire, une vengeance !
Vous parlez beaucoup de vengeance !
Oui parce que, à un moment, votre notoriété vous permet de passer au-dessus de choses qui paraissaient impossibles. Je me venge lorsque je me souviens que l’on se moquait de moi à l’école, que l’on ne croyait pas en moi en tant que comédienne. Aujourd’hui je suis sur les affiches, en grand ! C’est une vengeance mais sans aucune haine ! Car être « normal » c’est quoi ? C’est un peu ce rôle là que j’ai dans « Vilaine » : à un moment, il faut arrêter de se victimiser et se prendre en main…
Ce que j’ai fait !
Photos et propos recueillis par Jacques Brachet
Marilou et deux de ses "copines" :
Alice Pol et Joséphine de Meaux à Toulon.
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