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"LE BARBIER DE SEVILLE" A L'OPERA DE TOULON

Fils de parents musiciens, Gioacchino Rossini accomplit l'essentiel de ses études au Liceo Musicale de Bologne, auprès du père Mattei. Son premier opéra bouffe, La Cambiale di Matrimonio fut représenté en 1810 à Venise. Sa première œuvre sérieuse, Ciro in Babilonia, en 1812 fut un échec. C'est avec Tancrède que Rossini se fait connaître hors d'Italie; le succès se confirme avec L'Italienne à Alger. En 1815, le compositeur accepte la direction du San Carlo de Naples, avec obligation d'écrire pour ce théâtre un opéra par an; c'est cependant à Rome qu'est représenté en 1816 Le Barbier de Séville, qui devint rapidement dans toute l'Europe, l'opéra-comique le plus populaire de tous les temps.
En 1824, Rossini s'établit à Paris comme directeur du Théâtre-Italien; il est également nommé inspecteur général du chant en France. Si Moïse (version française de Mosè in Egitto) triomphe en 1827, Guillaume Tell est mal accueilli en 1829. Cet échec, puis les événements politiques de 1830 lui font perdre sa situation officielle. De plus, l'irrésistible ascension de Meyerbeer incite Rossini à cesser de composer pour le théâtre. Il n'écrira plus, à 40 ans, que des œuvres religieuses et de petites pièces pour piano, comme ses ironiques Péchés de vieillesse... Si dans son œuvre dramatique culmine le célèbre Barbier de Séville, il convient de citer également L’Echelle de Soie (1812), Il Signor Bruschino (1813), La Cenerentola (1817), La Pie Voleuse (1817), Le Comte Ory (1823), qui sont des ouvrages légers, et Elisabeth, Reine d’Angleterre (1815), Otello (1816), La Donna del Lago (1819), Le Siège de Corinthe (originellement Maometto II, 1810), Semiramide (1823) qui sont des opéra séria; au total, 34 ouvrages dramatiques, auxquels s'ajoutent, entre autres, de nombreuses pièces vocales isolées, des hymnes et cantates de circonstance, le Stabat Mater et la Petite Messe sans oublier les six quatuors (Sonate a quattro) composés à 14 ans et qui sont déjà du pur Rossini.

Le Barbier de Séville a été écrit d’après la célèbre comédie de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, représentée en février 1775 malgré l’impertinence du sujet qui dénonçait les abus de la société française de l’Ancien Régime.
Horloger, diplomate, brasseur d’affaires, dramaturge, philosophe, mais aussi musicien à ses heures, Beaumarchais avait, à l’origine, composé une « tonadilla » de sa façon (sorte d’opéra-comique) destinée à la comédie italienne, à la suite d’un voyage en Espagne. Pour la circonstance, en aventurier consommé, Beaumarchais s’était largement inspiré de Molière, lui empruntant l’intrigue de son "Sicilien ou l’Amour Peintre", ainsi que toute la scène de la leçon de musique de son "Malade imaginaire", tout en inventant deux personnages de taille : l’inquiétant Basile et le révolutionnaire Figaro.
Transformé en comédie devant le refus des « Italiens », "Le Barbier de Séville", triompha grâce à la complaisance de la Cour de Versailles et à l’appui des salons mondains de Paris. Conçu pour être mis en musique, le texte devait séduire de nombreux compositeurs.
Après avoir inspiré le napolitain Giovanni Paisiello, qui en fit un opéra-bouffe en 1782, le sujet fut proposé à Rossini, qui l’accepta en décembre 1815.
Intitulé "Almaviva ou l’Inutile Précaution", par respect pour Paisiello et pour éviter les foudres de la censure, l’ouvrage était destiné au Théâtre Argentina de Rome. Le livret avait été rédigé par Cesare Sterbini. Pressé par le temps, Rossini utilisa à nouveau pour son Barbier des pages musicales extraites d’œuvres précédentes :"Sigismond","Aurélien à Palmyre", "Il Signor Bruschino"…
L’envie, la malchance, la cabale des partisans de Paisiello transformèrent la création de l’ouvrage, le 20 février 1816, en fiasco mémorable.
Porté aux nues par le public romain dès la seconde représentation, "Le Barbier de Séville" allait rapidement s’imposer dans le monde entier comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre du répertoire lyrique.

Il sera donc donné à l'Opéra de Toulon les
dimanche 16 mars 14h30 - mercredi 19 mars et vendredi 21 mars 20h00
avec la distribution suivante : Figaro Paolo Bordogna - Rosina Majella Cullagh - Le Comte Almaviva Maxim Mironov - Docteur Bartolo Carlo Lepore Don Basilio Carlo Cigni - Fiorello Pierre Doyen - Berta Cécile Galois sous la direction musicale de Giuliano Carella et avec une mise en scène de Jérôme Savary.

http://www.operadetoulon.fr

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