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CANNES - 13 ème FESTIVAL DE L’ART RUSSE
INVITE D’HONNEUR : CHARLES AZNAVOUR

Evènement incontournable de la saison estivale cannoise, le festival de l'Art Russe est l'occasion de faire découvrir toute la richesse de la nation russe et participe au maintien des liens d'amitié qui unissent Cannes et la Russie depuis plus d'un siècle. Il revêt une tonalité particulière cette année en raison de l'année franco-russe. Présente à l'inauguration de ce 13ème Festival, Svetlana Medvedev, l'épouse du Président russe, a souligné la « proximité spirituelle » des deux pays. Les plus grands artistes de l'art musical, pictural, plastique, chorégraphique et cinématographique ou encore de la tradition folklorique russe se produisent chaque année sur la scène cannoise et offrent de magnifiques prestations . La ville de Cannes ainsi que le Palais des Festivals et des Congrès coproduisent ce Festival tout autant que le Ministère de la culture russe.
Du 23 au 27 août cette année, le public aura pu profiter de spectacles de grande qualité, avec Charles Aznavour comme invité d'honneur .

Conférence de presse de Charles Aznavour , invité d'honneur du Festival de l'Art Russe
Monsieur Charles Aznavour s'est prêté avec beaucoup de simplicité et de décontraction au jeu des questions des reporters russes et français dans les salons de l'hôtel Carlton. Les organisateurs du Festival ( Mme Tatiana Shumova en tête) étaient aux anges car cela faisait longtemps que le chanteur était attendu pour cette manifestation. Cette fois-ci, année franco-russe par excellence il atteste, par sa présence, de sa contribution au renforcement des relations entre la France et la Russie.
Même si il est né à Paris, Charles Aznavour a toujours évolué dans un milieu russophile et russophone, son père tenait un restaurant de spécialités russes, les chansons folkloriques russes ont baigné son enfance, lui ont appris la langue et l'ont fait danser. La Russie n'est pas une terre étrangère en ce qui le concerne, il a lu l'œuvre d'Henri Troyat et les grands auteurs classiques russes et avoue aimer l'histoire, celle de l'Europe surtout et la littérature. Pour la France, Victor Hugo reste son grand favori par la puissance et la qualité de sa production, « un des plus faciles à recevoir pour un enfant ». Il s'inquiète d'ailleurs de la perte actuelle du rapport tactile avec le livre, du toucher des pages, il craint que les générations futures lisent de moins en moins et ne rentrent plus en contact avec un univers qui ouvre les portes de l'imagination. La lecture reste, à ses yeux un enrichissement constant, cela ne fait pas de lui un « intello » pour autant !
Quant à son rapport avec la musique, il est encore plus fusionnel, « on ne naît pas avec un livre dans les mains - dit-il - alors que les mélodies jalonnent notre vie ». Les musiques tziganes et russes de son enfance lui ont transmis le goût des histoires à raconter, comment faire passer l'émotion.
En tant que fils d'immigrants - ses grands-parents vivaient en Géorgie - il avoue avoir hérité de l'optimisme paternel, avec l'ouverture sur toute culture et en particulier, celle que la France, leur pays d'accueil, pouvait leur apporter, sa mère, en revanche, qui avait perdu tous les siens dans le génocide arménien, était plus mélancolique.
Il considère qu'il n'a jamais eu beaucoup de voix, et du coup, avec l'âge, il ne l'a guère perdue ! Il n'a pas vraiment été aidé mais a vécu dans le sillage de gens utiles qui l'ont aidé à révéler ses propres talents : Jean Cocteau, Charles Trenet, Maurice Chevalier, Edith Piaf.
Lui-même ne se considère pas comme un mentor ; Liza Minelli qui lui voue une grande admiration, a reconnu avoir appris à « raconter » ses chansons grâce à lui, or il déclare qu'il n'a fait que lui montrer que ses talents de comédienne pouvaient faire merveille dans l'interprétation des chansons, c'est « une comédienne de la chanson » à qui il a fait trouver sa propre manière de chanter !
La richesse de chacun est en soi, « on n’apprend pas à, on ne nous apprend pas à, on a affaire à des révélateurs de talents plutôt. »
Son contexte culturel et ses rencontres l'ont décidé à écrire ses propres textes et les interpréter: « j'écris ce que je vois et ce que j'entends », « j'ai étudié beaucoup d'acteurs et de chanteurs avant de me lancer dans la chanson ».
Ceci dit, il a été ravi de l'honneur qui lui a été fait pour cette manifestation cannoise d'envergure et de représenter les liens franco-russes.
 »Mes parents en seraient fiers » déclare-t-il, touché.
Même si il n'est pas allé très souvent en Russie, il sait qu'il y est populaire, que « la politique change mais pas les êtres humains » et que cette nation reste friande de chansons remplies d'émotions et de beaux textes. Il évoque une radio russe qu'il écoutait dont la spécialité était des blagues en grande quantité sur la politique, du genre: «  Staline, l'homme d'acier et les autres en tôle! »
C'est vrai que Charles Aznavour sait raconter et se raconter, il sait maintenir l'intérêt de son public et même si il appartient à la génération des anciens, il n'a rien perdu de son énergie, de sa vitalité et de son franc parler.
Un homme d'exception ? Peut-être pas mais un homme qui compte dans l'histoire de la culture musicale et artistique, c'est un juste choix que sa présence soit réclamée et acclamée à l'occasion de cette manifestation franco-russe.

I.Giulietti

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