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TROIS AUTEURS VAROIS

Il n’est pas de culture et d’écriture que de Paris… La preuve : certains de nos varois ont une belle plume et il faut le savoir !

ARLETTE AGUILLON : « Vincent, gentilhomme galant, Le naïf libertin » (Ed l’Archipel)
C’est une belle Provençale qui a su garder l’accent, le soleil dans les yeux, le verbe haut et la réplique facile car elle a de l’humour.
Elle fut enseignante avant de repartir dans ses terres de Néoules pour cultiver ses oliviers. Mais elle a toujours eu, comme la parole, la réplique facile.
Elle nous déjà donné quelques beaux romans qui s’appuient sur l’Histoire, domaine qu’elle adore, les histoires de tous les jours, avec une petite prédilection sur les choses du sexe… En effet, certains de ses romans comme « Rue Paradis » ou ce dernier en date, sont très connotées… cul !
Vincent est un tout jeune paysan provençal qui, au cour de son histoire, en parallèle avec la grande Histoire, va perdre sa virginité et quelques idées reçues mais y découvrira l’amour et le sexe, qu’il appréciera autant que l’art de la guerre, des intrigues… En fait, une éducation sentimentale et sexuelle doublée d’une éducation de meneur et l’on peut dire qu’il saura apprécier et utiliser les deux !
Un roman très picaresque, très haut en couleur, très osé – surtout pour une femme, diront certains ! – très drôle et aussi très documenté historiquement puisque l’histoire entre… comme un gant, dans l’Histoire de la région vauclusienne.
C’est vif, c’est fou, c’est libertin en diable.
C’est du Aguillon 100% pur sucre !

GERARD ESTRAGON : « Sous la sombre clarté du soleil offusqué »
(Ed Terriciaë)

Autant l’une est extériorisée autant lui est intériorisé, secret, discret. C’est à peine s’il ne s’excuse pas d’être d’une grande intellectualité.
Car Gérard Estragon est un Toulon à la fois instruit et simple, charmant et intelligent. Il a une grande culture et, mécène discret, il a soutenu et aidé bien des artistes plasticiens. Mais s’il adore la peinture et la sculpture, il se passionne pour le cinéma, le jazz, la littérature. Il a créé « Elstir », cette association qui aide à mettre le pied à l’étrier de jeunes peintres et, plus près de nous, l’association « Les amis de Tamaris Pacha ».
Et il écrit aussi le bougre. En toute modestie mais avec beaucoup de talent, d’une plume raffinée et il nous propose ce roman qui se situe durant la guerre, dans la France occupée, entre Paris et la Creuse.
Certainement, sinon autobiographique, du moins biographique car il avait une famille résistante dépassée par la tourmente, c’est une histoire d’amour, d’amitié, de convictions, une ode à la vie et la liberté. C’est un roman plein d’usage et raison, plein d’émotion et d’enseignement et il est en même temps très cinématographique, par les images et les descriptions qui s’en dégagent. De plus, il nous laisse présager une suite.
Un beau roman.

JEAN-CLAUDE GUEGAN : « Modes d’emploi » (Ed les Presses du Midi)
Il est Toulonnais et fut flic à Marseille.
Et il le reste dans se romans puisqu’il nous offre, depuis 10 ans, des polars d’une grande force et d’une grande vérité… Et pour cause !
Et dans ce dernier roman on trouve les deux, l’un des héros étant un commissaire de police et l’autre un auteur de romans policiers.
Amis, ils vont être enlevés, séquestrés, libérés et à partir de là, une chasse à l’homme et aux indices va démarrer, avec un nombre impressionnant de rebondissement qui vous gardent en haleine jusqu’au dénouement final inattendu.
C’est une histoire à la fois originale, sombre, palpitante, l’histoire se passe à 200 à l’heure et l’on suit, totalement en haleine, les pérégrinations de nos deux héros qui nous réservent bien des surprises.
Benjamin Lecomte, son héros, c’est « un peu-beaucoup » lui, homme de terrain, intuitif, têtu, humain et ne lâchant jamais prise même s’il faut se mettre en danger.
Aujourd’hui, le danger est qu’il ne soit pas apprécié en tant qu’auteur… Ce qui est loin d’être le cas !

Jacques Brachet

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