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SAINT-TROPEZ - 9ème FESTIVAL DES ANTIPODES

L’été terminé, St Tropez redevient ce petit port de pêche varois magnifique et calme et la vie du pays reprend ses droits. Qui ne connaît St Tropez que l’été n’en connaît pas l’âme et la beauté et une fois les feux estivals eteints, tout redevien beau, serein… normal, quoi !
Jusqu’à l’an dernier, le feu d’artifice final était le Festival de la Fiction TV où tout ce qui comptait de stars télévisuelles, débarquait pour trois jours de folie bon enfant. Celui-ci étant parti à la Rochelle, c’est donc le Festival du Cinéma des Antipodes qui ferme la saison.
9ème du nom, ce festival a pour but de nous présenter une cinématographie belle, intéressante, talentueuse mais très peu connue, le cinéma australien restant encore confidentiel, tout comme ce festival d’ailleurs qui, malgré sa neuvième mouture, n’attire ni le public, ni la presse. Manque de communication certainement mais surtout manque de rencontres alors que le festival a quand même pour sous-titre « rencontres internationales ».
Peu d’invités puisque les films sont présentés sans personne et qu’il y a juste un jury de personnalités dont beaucoup sont peu connues et de plus, ne parlent pas français. Lourd handicap, donc pour un festival de haute tenue qui mériterait un peu plus d’organisation et de communication. Et c’est dommage car on a vu de très beaux films, fort originaux, avec une autre manière de filmer, de voir les choses, d’aborder les sujets, graves ou drôles.
Avouons-le, nous avons passé de jolis moments cinématographiques mais nous restons un peu sur notre faim.

Cette année, le jury était composé de Phillip Noyce, réalisateur australien qui en était le président. Il était entouré de Julie Bertuccelli, réalisatrice, Gabriella Wright, comédienne, François Guérif, éditeur, Xavier Deluc, comédien, Philippe Lefait, grand reporter.
Six films en compétition sur quatre jours de festival… Le jury a donc pu « jurer » en toute quiétude, en profitant d’un temps d’automne idéal et très ensoleillé.
Voici le palmarès :

Grand prix du jury des antipodes : "Lucky Miles" de Michael James Rowland
Révélation féminine de l’année : Loren Horsley dans "Eagle Vs Shark"
Révélation masculine de l’année : Brendan Cowel dans "Noise"
Mention spéciale du jury : "Noise" de Matthew Saville
Prix du public : "Clubland" de Cherie Nowland
Prix Baudin – Woodside Valley Foundation du meilleur court métrage :
" Bloody Footy" de Dean Chircop

XAVIER DELUC, JURE DE CHARME ET ECRIVAIN
Un beau regard bleu et toujours souriant, il est beau, il est blond et il doit sentir le sable chaud car je le retrouve toujours au bord de la mer : à la Ciotat pour « Dolmen », qui se passe en Bretagne, puis à la Rochelle et aujourd’hui à Saint-Tropez.
De rencontres en festivals, des liens amicaux se sont tressés et c’est donc avec joie que je le retrouve juré à ce festival des Antipodes.

« Un festival du film australien… comment es-tu devenu juré ?
Parce qu’on me l’a gentiment demandé et que j’ai tout aussi gentiment accepté, ça n’est pas plus compliqué que ça !
Connais-tu ce cinéma des Antipodes ?
Non et c’est justement pourquoi j’ai accepté très vite car je suis curieux de découvrir ce cinéma et ravi de faire partie du jury. Je vais donc découvrir les six films en compétition, deux néo-zélandais et quatre australiens. Je ne connais donc pas suffisamment ce cinéma pour en parler mais ce qui m’intéresse c’est que je vais le découvrir avec un œil vierge et curieux.
Le jury est très éclectique…
Oui et ça aussi c’est formidable car on découvre des gens, des personnalités, même si certains ne parlent pas français. Mais je me débrouille assez bien en anglais pour pouvoir suivre une conversation et débattre après sur les films ! On se parle déjà beaucoup.
Je t’avais rencontré à la Ciotat pour « Dolmen », je t’ai retrouvé à la Rochelle pour la série « Section de recherches »… Parle-moi de cette série.
C’est Sylvie Brocheret, directeur de casting qui m’a appelé parce que le réalisateur, que j’avais connu comme chef opérateur voulait me faire passer les essais sur le rôle. Il m’a expliqué son ambition, ses idées et ça a fonctionné entre nous. Nous en sommes à la troisième saison.. On tourne les films deux par deux et tout se passe bien.
Comment vous fonctionnez ?
On se réunit pour faire la lecture ensemble, pour voir si tout marche bien. Quelquefois nous faisons des petites propositions, nous demandons à changer un mot, une phrase mais tout se passe bien. Après, il n’y a plus qu’à tourner et, comédien docile, je fais ce qu’on me dit de faire !
Quel est ton rôle ?
Martin Bernier est un enquêteur peu bavard, solitaire, qui a un don, des flashes, qui voit des choses et comme il ne veut pas que ça se sache il se cache derrière ce personnage taciturne mais reste très humain.
Et « Dolmen », la suite* ?
Eh bien… Ca ne s’est pas fait ! Au départ c’était une commande et Nicole Jamet et Marianne le Pezennec s’y sont attelées. Mais je crois que TF1 a trouvé le projet trop ambitieux ou trop risqué et ça ne s’est pas fait. C’est donc sorti en roman seulement et je le regrette car, si je ne l’ai pas encore lu, il paraît que j’avais un rôle très particulier… Mais bon, tournons la page.
A propos de page : tu viens d’écrire un livre !
Oui c’est vrai et je peux te dire que ça m’a rendu très heureux même si, aujourd’hui, j’attends un peu le verdict. Mais il est fait, il est là ! Il s’intitule « Ton écho ne meurt pas » (Ed France Europe)**
J’ai toujours aimé écrire des scénarios et au départ je pensais que c’en serait un mais j’ai très vite vu que l’histoire était plus adaptée à un roman parce que c’est un polar romanesque assez intimiste, un peu fantastique, qui se passe en Ecosse. Mais bizarrement, aujourd’hui qu’il est fait, je me dis que ce serait un bon sujet de film même si ça reste complexe à réaliser, à le mettre en image.
J’ai été agréablement surpris que Patrick Poivre d’Arvor en fasse son coup de cœur sur LCI car écrire, c’est un travail solitaire et l’on ne sait jamais comment le livre va être perçu. Et que PPDA en parle ça m’encourage à continuer. C’est comme s’il me donnait une caution et j’en suis très fier. »

*"Les oubliés de Killmore" (Ed Michel Lafon)
**"Ton écho ne meurt pas" est un livre très étrange que nous offre Xavier. une histoire d'amour un peu à la façon de "Ghost" où un écrivain de 45 ans parle avec le fantôme de sa jeune femme, où un policier qui veut devenir écrivain, passe son temps à filmer son modèle et où l'on ne sait pas vraiment ni comment ni pourquoi Eloïse a disparu... Morte, assassinée, fugueuse ? Encore vivante ? Le romancier est-il fou ? parle-t-il vraiment de l'au-delà avec sa femme ? Une plume élégante nous entraîne dans un dédale à la fois mystérieux et romantique très original mais dans lequel on a, au départ, un peu de mal à se glisser et à adhérer. Mais il faut le lire jusqu'à la fin car d'abord celle-ci est surprenante et inattendue et surtout parce que la façon d'écrire de Xavier n'est pas banale et ne vous laisse pas indifférent...

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