France 5 – Claire CHAZAL invite Charles BERLING

rentrée 2017

L’on avait déjà rencontré Claire Chazal dans les couloirs et sur la scène du théâtre toulonnais Le Liberté, où elle était venue animer un débat sur le thème : Le dépassement de soi ».
Le comédiens Charles Berling et Pascale Boeglin-Rodier, codirecteurs du théâtre, lui avaient alors proposé le poste vacant de présidente, rôle qu’elle a accepté avec plaisir et intérêt.
Juste retour des choses : Claire Chazal a proosé à Charles Berling d’être l’invité d’honneur de l’émission qu’elle anime sur France 5 : Entrée libre ».
Il y viendra donc le lundi 19 février à 20h20, accompagné d’amis artistes qu’il a lui-même choisis.
A noter que notre ami Charles joue en ce moment à Paris au Théâtre Antoine, la pièce de Yasmina Reza « Art », aux côtés de Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager.

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Les invités
Bettina Rheims-Robert Badinter
La photographe Bettina Rheims est partie à la rencontre de femmes en prison dans « Détenues », un ouvrage et une exposition qui regroupent 46 portraits de femmes incarcérées dans quatre prisons françaises. C’est Robert Badinter, qui a été interprété par Charles Berling dans « L’abolition », téléfilm de Jean-Daniel Verhaeghe, qui a encouragé Bettina Rheims dans ce projet.
Mata Gabin
Cette belle comédienne est à l’affiche du film « Le bleu blanc rouge de mes cheveux », de Josza Anjembe, nommé pour le César du meilleur court métrage 2018. Elle fut aussi la partenaire au théâtre de Charles Berling dans la pièce de Bernard-Marie Koltès « Dans la solitude des champs de coton », vu au Liberté.
Carla Bruni
Amie de longue date de Charles Berling, dont elle fut un temps la compagn, la chanteuse est en ce moment en tournée internationale avec « French Touch », son dernier album.

« Entrée Libre » est le rendez-vous de la culture au quotidien, présenté par Claire Chazal. Cinéma, théâtre, peinture, danse, expositions, photographie, portraits d’artistes, … Entrée Libre, c’est une ouverture sur la culture au sens large. Le lundi, une personnalité évoque, en plateau, ses coups de cœur, ses goûts et ses projets. Régulièrement, l’animatrice pousse les portes d’un lieu culturel pour en découvrir les coulisses. Le dimanche, le magazine revient sur les meilleurs moments de la semaine.

Du 1er au 31 mars 2018
Au cinéma pour les droits humains

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Le festival de cinéma d’Amnesty International en Paca, Corse et Languedoc
Du 1er au 31 mars, à l’occasion du festival Au cinéma pour les droits humains, les militants et sympathisants d’Amnesty International France convient le public des régions Paca, Corse et Languedoc à la découverte d’oeuvres cinématographiques qui jettent un regard sans concession sur nos sociétés mais sont aussi porteuses d’espoir pour l’humanité.
Une programmation inédite et internationale pour les droits humains
Le festival Au cinéma pour les droits humains propose tout au long du mois de mars un espace de rencontres et d’échanges autour de trente-six oeuvres cinématographiques Ŕ courts ou longs métrages Ŕ dont certaines totalement inédites en France.
Œuvre de fiction ou documentaire, comédie, drame, portrait, approche intimiste ou cinéma d’action, démarche individuelle ou lutte collective, témoignage d’un itinéraire personnel actuel ou transmission de mémoire d’ici ou d’ailleurs, chacun des films invite les spectateurs au questionnement sur le sens accordé à la dignité humaine et au dépassement des préjugés sur l’autre.

À la rencontre du public en Paca, Corse et Languedoc
Le festival Au cinéma pour les droits humains se déroule dans plus de trente villes et villages, en Paca, Corse et Languedoc et est ouvert à tous les publics.
« En faisant appel à l’image, à la force des scénarios et à l’intérêt du public pour le cinéma, nous souhaitons faire partager au plus grand nombre l’engagement d’Amnesty International et de ses partenaires pour la défense des droits humains, notamment grâce à des projections pour les jeunes avec le soutien de l’Éducation nationale », explique Dominique Gioanni de Rigal, l’organisateur de l’événement.
Militants et sympathisants d’Amnesty International France seront présents dans les salles de cinémas, les centres sociaux, les écoles, les lycées et les universités afin de sensibiliser le public aux combats en faveur d’un monde plus juste dans lequel tous accèderaient à l’intégralité de leurs droits. Chaque séance sera suivie d’un débat en présence d’invités, de témoins, de réalisateurs et/ou de partenaires.
Le public sera invité à voter pour récompenser cinq oeuvres, parmi les courts et longs métrages, les documentaires et fictions présentés.

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Cécile Coudriou, nouvelle présidente d’Amnesty International, France
Le réalisateur Cyril Brody, invité du Six n’Etoiles

 CINÉMA SIX N’ÉTOILES – SIX-FOURS
Lundi 12 mars – 19h
TÉMOINS
De David Koch France 2016, 29 min, Court métrage fiction
En Syrie, les actions militaires font rage. Lors d’un combat sanglant, la reporter de guerre indépendante Stéphane fait une photo d’Omar, un jeune médecin. Mais une fois diffusée par les médias, cette photo « choc » s’avère lourde de conséquences, tant pour le médecin que pour la photographe.Sélection meilleur court métrage Oscar 2018. Gratuit
SOURYDe Christophe SwitzerFrance 2017, 19 min, Court métrage fiction
Wassim, réfugié syrien, cherche à rejoindre Avignon. Perdu dans la campagne provençale, il croise un vieux vigneron bourru qui parle arabe…Gratuit
MRS MC CUTCHEONDe John Sheedy Grande Bretagne 2017, 16 min, Court métrage fiction
Ayant toujours senti qu’il était né dans le mauvais corps, Tom, 10 ans, choisit le nom de Mme McCutcheon plutôt que le nom qui lui avait été donné à sa naissance. Quand il arrive dans sa nouvelle école, Tom a des difficultés à trouver ses marques et à être accepté par ses nouveaux camarades…Gratuit

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Jeudi 15 mars – 20h30
LES CONQUÉRANTES
De Petra Biondina VolpeSuisse 2017, 1h36, Long métrage fiction
Comédie historique instructive sur le droit de vote des femmes en Suisse… en 1971 ! Porté par un personnage féminin touchant, « les Conquérantes » retrace avec sensibilité et humour cette lutte qui semblait au départ improbable dans le petit village suisse d’Appenzell.
Festival de Trebica 2017 : Prix du public pour la meilleure actrice et la meilleure réalisatrice. Tarif réduit : 5€50
Jeudi 22 mars – 20h30 – Vendredi 23 mars – 14h
LATIFA, LE CŒUR AU COMBAT
De Cyril Brody et Olivier Peyon France 2017, 1h37, Long métrage documentaire
L’histoire de Latifa Ibn Ziaten, c’est celle d’une jeune fille de Tétouan, pleine de rêves, qui traverse la Méditerranée à la fin des années 70 pour vivre en France. Trente ans plus tard, son fils Imad, militaire français, est assassiné par Mohammed Merah. Deux jeunes hommes nés en France de parents immigrés, tous deux musulmans, mais aux destins contraires.
En présence de Cyril Brody, un des réalisateurs. Tarif : 5€50
Jeudi 29 mars – 20h30
L’ŒIL DU CYCLONE
De Sékou Traoré Burkina Faso, 2015, 1h40, Long métrage fiction –
Dans un pays d’Afrique, une jeune avocate se voit proposer de défendre un dangereux rebelle accusé de crimes de guerre. Alors que son instinct la pousse à refuser, elle va tout tenter pour le sauver au nom d’un idéal de justice, quitte à mettre en danger sa carrière et sa vie. Mais peut-on réellement sauver un ex enfant-soldat ?

Guedeguian
ROBERT GUÉDIGUIAN, PARRAIN DU FESTIVAL 2018
« Le partage est le seul avenir possible de l’humanité ! Participer au festival cinéma pour les droits humains c’est agir en ce sens, pour ne pas rester indifférents à nos semblables, pour aller vers un monde qui appartienne à tout le monde. »

 

Philippe HAMON
La passion photo – La passion rock

Philippe Hamon

Philippe Hamon a deux passions : la photographie et le rock. Et cela, depuis l’enfance.
La voie était alors toute trouvée pour cet adolescent qui va faire son métier de ses passions.
Sa musique c’est le rock. Il sera donc « photographe de rock ». et il réussira a devenir l’un des plus grands photographes en ayant pour sujets David Bowie et Téléphone, Mick Jagger et Higelin, Joe Cocker, Ray Charles et Charlélie Couture, Police et Freddy Mercury… Et bien d’autres.
Travaillant pour l’agence Gamma, aujourd’hui ce travailleur de l’ombre a décidé de mettre son travail en lumière par une somptueuse exposition intitulée « The Spirit of rock » qu’il présentera du 23 mars au 10 avril à la Galerie Joseph, 116 rue de Turenne, dans le troisième arrondissement de Paris.
Mais comment tout a commencé ? Je suis allé le lui demander.

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Philippe Hamon, par quoi tout a commencé : photo ou rock ?
Je pourrais vous répondre… Les deux. Ou presque parce que la photo est venue un tout petit peu avant. J’avais 16 ans et j’étais alors passionné de cyclisme. C’est avec ce sport que j’ai commencé à balbutier dans la photo, en allant photographier les cyclistes sur le Paris-Roubaix. Merckx a été l’une de mes premières photos.
A la même époque, j’ai commencé à m’intéresser au rock des années 70/73, les baba cool, le hard. J’avais déjà dans l’idée de vouloir publier mes photos dans les journaux.
Comment ça s’est fait ?
Pas tout de suite puisque je suis entré à l’agence Gamma en 77 mais… au laboratoire, pour développer les photos des autres, dont Depardon. Développant les tirages en noir et blanc, j’ai appris ce métier sur le tas, ce qui m’a bien servi par la suite.
Jusqu’au jour où le directeur de l’agence m’a proposé de rejoindre le staff des photographes.
Et là, vous avez aussitôt photographié les stars ?
Bien sûr que non. Comme tous les autres, je faisais les conférences de presse, je réalisés des reportages divers et variés comme le marathon de Paris… Mais à l’époque, les photographes travaillant toute la journée, n’avaient pas envie d’aller encore travailler la nuit sur les spectacles. Je me suis donc proposé. Et tout est parti de là.
C’était facile alors ?
Oui, c’était relativement facile de faire des photos en concert, de photographier les artistes sur scène. On ne vous demandait rien. C’est devenu plus difficile à partir des années 95. D’ailleurs, les premières photos que j’ai réalisées étaient celles d’un concert d’Alice Cooper à Paris. C’était en 75, je n’étais pas encore à Gamma. Le premier concert que j’ai couvert pour l’agence a été Johnny Winter au Palace.
Vous avez toujours fait du noir et blanc ?
Essentiellement, oui. J’ai fait certains reportages en couleur car les journaux étaient demandeurs. Mais j’ai gardé le noir et blanc pour les concerts et je traitais moi-même mes photos.

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Vous êtes-vous fait, sinon des amis, du moins des relations de tous ces artistes que vous avez rencontrés ?
Pas tant que ça car il est difficile d’entrer dans leur intimité. Mais au bout de deux, trois, quatre reportages, certains sont arrivés à me reconnaître et des relations sympathiques arrivent à la longue à s’instaurer comme avec Joe Cocker que j’ai photographié en France, à New-York ou encore Brian Ferry que j’ai rencontré dans les studios d’Hérouville.
Et pour les Français ?
Ça a été plus facile et je garde de belles relations avec Jacques Higelin, Téléphone, Charlélie Couture, Axel Bauer, Christophe…
Christophe… c’est un rocker ?
(Il rit)… Mais oui ! Bien sûr, à 12/13 ans, j’écoutais comme tout le monde les chanteurs dits « yéyé » dont Christophe qui chantait « Aline ». Puis il y a eu « Les mots bleus » et aujourd’hui, ce qu’il fait est énorme. Ce n’est plus de la variété. Et il est reconnu comme tel.
Et puis il y a eu votre découverte du rap !
Oui, à la radio comme tout le monde mais aussi parce que certains étaient mes voisins à Sarcelles, que j’ai appris à les connaître, que j’ai découvert leurs textes, que je trouve plus forts que le rock. Je me reconnais en eux car je suis un produit de la banlieue et j’ai pu ainsi entrer dans leur intimité.
C’est votre première grande expo. Comment s’est fait le choix de ces quelque 200 photos qu’on découvrira à l’expo ?
D’un côté, il y avait moi et mes photos et j’avais une vision un peu ancienne de ce que je voulais faire. Et il y a eu la rencontre d’Alain Val et Stéphane Langlet, de l’agence Colfing, qui m’ont proposé leur vision et qui m’on convaincu. Nous avons vraiment travaillé ensemble et je suis à la fois étonné et ravi du résultat. 850 m2 d’expo… c’est incroyable !
Cette expo tournera-t-elle ?
Il y a des sollicitations, des projets, en France et à l’étranger… Mais on n’en est pas là. Et puis, je vais vous faire une confidence : ce qui me fait le plus vibrer, c’est lorsque je découvre une de mes photos à la une d’un magazine. C’est ce pourquoi j’ai toujours voulu travailler.

 Propos recueillis par Jacques Brachet
A noter qu’un livre au titre éponyme sera édité en parallèle à l’exposition.

 

Six-Fours – Six N’étoiles
« Belinda », une histoire vraie

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Ce n’est pas un conte de fées.
Elle n’a ni les yeux bleus, ni le front blond, Belinda… ni une vie de rêve.
Non, c’est, au départ, la gamine d’une famille nombreuse d’une cité populaire alsacienne, issue de la communauté Yeniche.
Elle a 9 ans au début du film, et vit en foyer avec une de ses sœurs. De temps en temps, elles fuguent.
On la retrouve à 15 ans, revenue au milieu de ses frères et sœurs, pour aider ses parents, des gens simples et braves, à élever les plus petits. Car dans cette famille, il y a beaucoup d’amour.
Enfin, à 23 ans, elle tombe amoureuse d’un beau forain gentil, pas très futé, qu’elle épousera durant son internement en prison, elle-même y ayant fait un court séjour. Aujourd’hui, elle attend sa libération, pleine de rêves et d’espoirs d’une vie future plus heureuse.
C’est la caméra de Marie Dumora qui suit, au fil des années, cette famille malmenée par la vie mais heureuse et aimante, et Belinda, fille-courage qui prend la vie comme elle vient, avec fatalité, avec optimisme, sans jamais en vouloir à quiconque.
C’est la vie. C’est « sa » vie.
Une vie que la réalisatrice nous fait découvrir par petites touches délicates, sans jamais prendre parti, sans juger non plus. Un film plein d’émotion et de délicatesse, un joli portrait d’une fille d’aujourd’hui pleine d’espérance.
Belinda est une héroïne grecque, qui plie mais ne rompt jamais, qui encaisse, qui résiste à une vie pas souvent rose, qui garde l’espoir malgré les bourrasques qui bousculent sa jeune vie.
C’est un film d’amour et plein d’humanité sur une fille parmi tant d’autres dans cette vie d’aujourd’hui, qui, malgré l’adversité, ne se plaint pas, qui respecte et aime les autres.
Une belle âme dont on suit chaque événement de sa vie avec tendresse.
Et un film d’où l’on sort bouleversé.

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Rencontrer Marie Dumora, invitée par l’ssociation « Lumières du Sud », c’est prolonger le film car elle-même est une femme et une réalisatrice pleine de délicatesse et d’humanité, qui nous parle de son héroïne avec infiniment de tendresse.
« Je n’ai jamais perdu de vue Belinda depuis que j’avais tourné avec elle « Avec ou sans toi ». Elle avait alors 9 ans. Je l’ai retrouvée à 15 ans pour « Je voudrais aimer personne » et je la retrouve pour la troisième fois à 23 ans. Au début, je ne pensais pas que je continuerais avec elle mais en la revoyant j’ai pensé qu’il y avait vraiment quelque chose qui méritait d’être filmé, ne serait-ce que pour lui rendre hommage car je pense qu’elle est une véritable héroïne. Elle me fait penser, petite, à Paulette Goddard, cette héroïne du cinéma muet, très expressive, très naïve, qui jamais ne se plaint, qui est en fait une belle personne.
Comment arrivez-vous à la filmer ainsi, presque au jour le jour ?
Il y a eu de longues périodes où nous ne nous sommes pas vuse mais je crois que nous avons gardé une grande confiance mutuelle. Elle, elle croit en la vie, aux valeurs qui la portent. Moi, je crois au cinéma… Nous étions faites pour nous entendre !
C’est vrai que je me suis appuyée sur les événements de sa vie, en m’y adaptant, en improvisant souvent. Par exemple, je devais tourner le mariage, avant qu’il ne soit reporté parce qu’ils étaient en prison. J’ai toujours été à ses côtés et je tournais en fonction des événements.
Vous parlez de cette communauté Yéniche, dont elle est issue et qu’on connaît peu.
Moi-même je ne la connaissais pas. C’est une communauté qui vient du nord de l’Europe. d’Allemagne, de Suisse, de Belgique. Une communauté rurale très pauvre qui, au début du XIXème siècle est partie sur les routes, qui y a rencontré les tsiganes, les juifs errants. Ils se sont mélangés, ont créé une langue de défense car personne ne les a aidés. Ils ont dû se débrouiller tout seuls. Cette famille s’est donc retrouvée en Alsace, vivant comme elle pouvait. C’est comme un chœur antique dans ce film, le fil rouge du film.
Vous n’avez pas filmé les épisodes qui se passent en prison, dont son mariage.
C’était un parti pris, ça ne m’intéressait pas. Je préférais une voix off qui racontait cet épisode et les conversations téléphoniques. Je voulais me concentrer sur elle, être au plus près d’elle. Ce moment d’intimité était trop personnel et n’appartient qu’à elle.
A-telle vu le film ?
Oui et toute la famille l’a vu et même son directeur, qui s’occupait d’elle au foyer et qui ne l’a jamais quittée était là, entouré de tous les petits qui ont grandi. Elle a été très applaudie. C’est une reconnaissance pour elle et tout le monde a été bienveillant… Comme tous l’ont toujours été.

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Un moment bouleversant : lorsque son père lui raconte comment, enfant, il a connu sa mère dans un camp de concentration.
Oui, je ne voulais pas en faire le sujet principal mais, tout part un peu de là et c’était aussi une façon de parler d’un génocide dont on n’a pas parlé. Lors de la présentation du film à Berlin, les Allemands y ont été très attentifs. D’ailleurs, beaucoup de choses sont parties de ce festival car nombre de distributeurs étrangers ont vu le film et ont voulu le montrer. Il est allé jusqu’en Egypte !
Présenter ce film au festival de Cannes n’était-ce pas prendre des risques ?
(Elle rit). Il est vrai que ça a été une grande peur de me retrouver dans un tel festival avec un documentaire et un tel sujet. Mais déjà, c’était dans le cadre de l’ACID, une association qui défend le cinéma indépendant. En fait j’ai eu une presse formidable qui m’a bouleversée. Les journalistes ont eu de belles réactions.
N’avez-vous pas pensé réaliser ce film pour le télévision ?
Non, jamais. J’aime le cinéma, je viens du cinéma, c’est lui qui me nourrit et j’y trouve un espace de liberté dont j’ai besoin. A la télévision on m’aurait imposé des tas de choses dont un timming, ce que je ne voulais pas. Ce film est une narration classique qui, je crois, a un aspect romantique. Ce n’est pas vraiment ce qu’on appelle un documentaire. C’est un film à part dans lequel on peut s’identifier. C’est magnifique de pouvoir faire du cinéma !
Comment définiriez-vous Bélinda ?
D’abord comme une belle personne, une femme qui fait face avec courage et optimisme contre l’adversité, qui pense que demain sera plus beau qu’hier et qui, comme Pénélope, attend son homme avec confiance et pugnacité. Elle est belle physiquement comme à l’intérieur.
Pensez-vous suivre encore longtemps Belinda ?
Non, je crois que le sujet est clos. Aujourd’hui elle a su construire sa vie, elle vient d’avoir un bébé et sa vie lui appartient. Mais je continuerai à travailler autour de ces lieux qui sont mon inspiration et dont chaque film m’a été inspiré par un personnage ou un événement du film précédent, un peu comme un fil rouge.

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Mireille Vercellino, présidente de « Lumières du Sud », Marie Dumora, Noémie Dumas, directrice du Six N’étoiles : Trois femmes pour défendre Bélinda

Propos recueillis par Jacques Brachet

Dès le 14 février sur France 2
« Lebowitz contre Lebowitz »

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Clémentine Célarié revient sur France 2 ce mercredi 14 février pour la seconde saison de la série à succès dans laquelle elle est la comédienne vedette : « Lebowitz contre Lebowitz », où elle campe une avocate qui, quoique pas épargnée par la vie, est une battante portée à aider les autres, femme à la fois forte et fragile, drôle et émouvante.
Au départ, avouait-elle, elle ne voulait pas tournée de séries récurrentes pour la télé, mais elle a été embarquée par celle-ci et aujourd’hui elle est heureuse de s’être, comme elle le dit, « jetée à l’eau » et d’avoir trouvé là une vraie famille avec laquelle elle aime se retrouver. A tel point qu’il est déjà question d’une troisième saison !
« C’est une série qui a du sens et c’est ce qui m’a motivée », aime-t-elle à dire.
La soixantaine resplendissante, Madame l’Avocate revient donc sur les écrans TV, se partageant avec bonheur dans d’autres disciplines comme le théâtre, le cinéma, la chanson et l’écriture, car elle a déjà trois livres à son actif, et surtout, elle a tous les talents.

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Au secours, besoin d’amour !
Paule, à elle seule, a su redresser la barre pour sauver le cabinet de la débâcle judiciaire et financière, ses deux associés étant hors jeu, Irène en congé de maternité et Warnier en détention provisoire.
Alors que le plus dur semblait derrière elle, Paule va devoir cependant assumer Irène qui s’avère inapte à élever un enfant, porter à bout de bras Warnier dont elle a obtenu la libération anticipée mais qui n’en reste pas moins maniaco-dépressif et supporter les incessantes discordes entre Nadia et Moncey.
Alors que tout lui échappe, ce sont tous ceux qu’elle a aidés, Irène en tête, qui vont lui porter secours, rappelant ainsi que les membres du cabinet Lebowitz forment une famille bancale et dysfonctionnelle, mais une famille quand même !

Une série créée par Laurent Burtin – Nathalie Suhard -Jacques Bastier
Avec : Clémentine Célarié (Paule Lebowitz), Michel Jonasz (Georges Warnier), Caroline Anglade (Irène Lebowitz), Cécile Rebboah (Nadia Benesch), Nicolas Grandhommr (David Moncey)…

NOTES de LECTURES

UN ROMAN – DEUX AVIS

Stéphane HEAUME : Dernière valse à Venise (Ed Serge Safran) 156 pages
Original par sa structure, séduisant par son style, captivant par sa démarche, Dernière valse à Venise, est un roman qui séduira le lecteur à l’écoute du processus de création d’un écrivain.
Rythmé par trois temps- un court roman, des notes d’auteur puis une variation sur le thème, l’imaginaire de Stéphane Héaume, nous entraîne dans un tourbillon de références et de sensations propres à l’écrivain.
Nous sommes à Venise, deux personnages à la dérive, (elle est vâgée, il est très malade) se rencontrent à la terrasse d’un café, Place Saint Marc. Lui, ancien agent immobilier alcoolique et ruiné, s’invente une identité : il sera le richissime, Rodolfo Marchanti, ténor à La Scala. D’elle, plus discrète, nous apprendrons qu’elle a été Dorothy White, danseuse de revue. Belle mais « défraîchie », elle séjourne à Venise nostalgique du souvenir de son premier amour.
Le lieu est magique, le moment propice, la séduction opère. Ils se raccrochent à la vie coûte que coûte.
Ce sont des nuits à l’Hôtel Excelsior, des dîners au café Florian, des soirées à La Fenice. Et puis, un matin, elle a laissé un mot : « Vous êtes un songe, retrouvons nous à l’Opéra »; elle n’est jamais venue…
Dans les notes d’auteur qui prolongent ce texte Stéphane Héaume se justifie : « Je tiens à rétablir la vérité que j’ai tordue pour permettre la fiction ».
A Trouville il a assisté à une rencontre à la terrasse d’un café ; « Lui », quarante ans, est bel homme mais ivre, « Elle » a les mains tachées et les cheveux blancs… Une scène de séduction s’ensuit, « et tout est parti de là »!
Mais dans l’imaginaire de l’écrivain, Rodolfo Marchanti, ressurgit et le récit se prolonge par une dernière partie où désormais seul, le héros du roman, depuis le Capo Rosso en Amérique Latine « avance sur la terrasse de sa nuit ravagée » avec l’espoir de sa rencontre programmée avec Élisabeth la petite fille de Dorothy White, elle-même cantatrice en tournée internationale.
Trois temps, trois moments, presque trois pas de danse, la Dernière valse à Venise, dédiée, nous l’apprendrons, à Dorothée Blanck, héroïne des films de Renoir, Varda, Godard ou Demy nous interpelle face au pouvoir de l’imaginaire et au travail du créateur.
A lire pour être initié.

PARIS , FRANCE, le 2/4/2O16  Stephane  HEAUME , écrivain  français   edition Serge Safran

 

Le décor est planté dès les premières lignes, nous sommes à Venise, la ville où l’impensable devient possible, mais aussi la ville du carnaval et des masques, la ville du théâtre et de l’opéra.
C’est ainsi qu’apparaissent Rodolfo, prétendu ténor en villégiature et Dorothy, éclatante de beauté si elle veut bien relever son vilain chapeau à larges bords, une femme séduisante aux cheveux blancs, avec des taches de son sur les mains, mais quelles jambes,  » fines, avec juste ce qu’il faut de galbe, elles semblaient appartenir à une autre ; nulle varice, nulle envie, nulle boursouflure. Elle ne portait pas de bas ».
Un pas de deux complètement fou les enchaîne au-delà du raisonnable, Rodolfo malade et fauché joue le grand seigneur. Dorothy séduit mais ne donne rien jusqu’à la fin du premier acte, cruel pour Rodolfo qui découvre la vérité sur sa dulcinée de la semaine.
L’acte deux de cet opéra annonce la tournée internationale de la petite fille de Dorothée, cantatrice renommée et parcourant le monde . Dorothée est morte mais Rodolfo veut déclarer à la terre entière son amour demeuré intact pour la femme aux cheveux blancs et aux jambes sublimes. Le décor est prêt, les hauts- parleurs sont branchés, la jeune cantatrice est prévenue, son bateau passera exactement lorsque Rodolfo entamera son chant du cygne, mais Stéphane héaume a le talent du compositeur d’opéra, la fin sera tragique et la farce tourne au drame.
C’est une lecture fort agréable, enjouée, séduisante. L’auteur se permet de raconter l’origine du roman, c’est insolite. Mais le lecteur ne s’étonnera pas de la transcription de quelques notes d’une passacaille de Bach et de quelques vers de Tennessee Williams au début du livre.

Schmitt1 Cognetti Paolo © Roberta Roberto

Eric-Emmanuel SCHMITT: La vengeance du pardon (Ed Albin Michel) 336 pages
C’est un recueil de quatre nouvelles de longueurs inégales qui se regroupent autour du thème du pardon. L’auteur a choisi pour titre celui de la troisième nouvelle, la plus pathétique sans doute et qui met en scène une mère détruite suite à l’assassinat de sa fille par un sérial-killer qu’elle va visiter en prison.
Visite après visite elle l’interpelle afin de lui faire admettre son pardon. Admettre le pardon c’est reconnaître sa faute et en porter le poids. C’est cet oxymore qui sera le leitmotiv de ce recueil. D’abord le pardon au sein d’un couple de jumelles, ange et démon qui se déchirent dans la première nouvelle puis le pardon familial dans la vie d’un riche banquier qui cache un péché de jeunesse en arrachant à sa mère l’enfant qu’il avait conçu, ou l’attendrissement d’un grand-père au contact d’une petite voisine qui l’amènera à humaniser son passé sulfureux.
Le pardon sans connotation religieuse c’est le refus de la vengeance.
Dans ces suspens psychologiques écrits avec respect et pudeur, l’auteur explore les sentiments les plus profonds, les plus violents et les plus secrets qui gouvernent l’humanité.
Ces quatre nouvelles parfois très brèves auraient pu être développées pour en faire de véritables drames psychologiques.
Toujours d’une belle écriture et bien présentées, soutenues par un suspens qui interpelle le lecteur, ces nouvelles éveillent des émotions sincères et profondes.

Paolo COGNETTI : Les huit montagnes (Ed Stock la cosmopolite) 299 pages
Traduit de l’italien par Anita Rochedy
C’est dans le petit village de Grana du Val d’Aoste que Pietro passe ses vacances avec sa mère, c’est là qu’il va découvrir l’amitié et l’amour de la montagne.
A chaque vacances, Pietro, l’enfant des villes retrouve Bruno, l’enfant des montagnes, l’enfant berger, maître des alpages. En peu de mots, ils se construisent se nourrissant chacun du savoir de l’autre. Quoi de plus naturel pour Bruno que de faire découvrir à son nouvel ami les sources, les glaciers, les chamois, mais aussi la traite des vaches, le quotidien d’un garçon chargé de surveiller le troupeau. Pietro offrira la chaleur d’une mère aimante, à l’écoute des autres et décidée à réussir ses projets d’éducation. Pietro parcourt aussi les chemins de randonnée avec son père, un taiseux infatigable qui pousse toujours la difficulté car la montagne se gagne par la ténacité, la volonté, la pugnacité. La récompense est au bout du chemin lorsque, heureux d’avoir grimpé sans faiblir malgré la douleur, le panorama s’offre magnifiquement aux yeux du randonneur.
Avec les années, les études de Pietro et le métier de paysan de Bruno condamné à vivre avec ses vaches, les routes des deux amis vont se séparer mais ne jamais se rompre. Le père de Pietro ne comprendra jamais que son fils refuse désormais de l’accompagner, il se tournera alors vers Bruno, un être que la ville effraie mais un expert de la montagne, de ses dangers, de ses habitants.
Pietro ne gravira plus qu’épisodiquement les montagnes du Val d’Aoste, il expérimentera d’autres sommets notamment au Népal où un moine bouddhiste lui racontera la légende des huit montagnes.
Paolo Cognetti connaît la montagne, il y est à l’aise, il fait partager son bonheur de l’effort, son sens de l’amitié indéfectible, sans paroles, un regard et tout est dit. Cette amitié, véritable trésor à cultiver, une amitié qui détecte les failles et les tourments de l’autre et respecte l’intégrité.
Ce roman est sauvage et pur comme la montagne, une nature parfois violente en cas d’orage ou d’avalanche, mais une nature souveraine.

 

 

BARCELONE, ville de beauté, de culture, d’Histoire

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Barcelone est une ville catalane qui fut le centre d’une grande liesse en 1992 en recevant les Jeux Olympiques mais aussi au cœur d’une tragédie : l’attentat de 2017.
Entre ces deux extrêmes, Barcelone reste la deuxième ville d’Espagne, située sur le littoral méditerranéen. C’est une ville riche d’Histoire mais aussi très importante au niveau économique, touristique, artistique, qui reçoit quelque 9 millions de touriste chaque année.
Premier port de passage d’Europe, deuxième port pour le fret elle représente la superficie de quatre fois Paris intra muros.
L’architecture, tout comme à Rome, côtoie allègrement l’ancien et le moderne, l’ancien, venu des Romains et du Moyen-Âge principalement, le moderne représenté par des artistes comme Mirö, Gaudi, Picasso…
Gaudi qui a laissé nombre de chefs d’œuvres comme la Sagrada Familia, qu’il n’a pu achever et qui est toujours en chantier, le parc Güell du nom du mécène qui l’avait commandé à Gaudi et qui fait aujourd’hui partie du patrimoine national de l’Unesco, tout comme l’hôpital de Santt Pau ou encore le Palais de la Musique construits au début du siècle dernier par Lluis Domenech i Montaner….

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On ne peut pas ne pas parler de la Rambla, qui sépare la ville moyenâgeuse et la ville moderne, hélas aujourd’hui tristement célèbre par cet attentat de 2017. Mais la vie continue et il est difficile de se faire un chemin le samedi, tous les Barcelonais s’y retrouvant pour baguenauder, faire leurs courses ou simplement s’y promener.
Dans le somptueux quartier moyenâgeux de type gothique, on découvre des merveilles à chaque pas, dans chaque rue et ruelle, sur chaque place : statues, colonnades, gargouilles, vitraux, ferronnerie, bas reliefs… Tout est d’une richesse et d’une beauté incroyables.
Les civilisations qui se sont succédées se mêlent allègrement et avec bonheur. Les musées sont pléthore et il faudrait y rester plusieurs mois pour tous les découvrir comme, bien sûr, les Musées Mirö, Picasso, Gaudi, le Musée National d’Art et le Musée d’Art contemporain, le Cosmo Caïxa, superbe musée des sciences, de toutes les sciences, qui date de 2004, avec entre autres une reproduction de la forêt amazonienne et surtout un musée interactif où nombre de scolaires viennent apprendre mille choses.

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Quant au Palais de la Musique, qui date du début du siècle dernier, il regroupe toutes les techniques : sculpture, ferronnerie, mosaïque, vitraux, savant mélange d’ancien et de moderne qui possède un escalier monumental, une salle de concert superbe, où se pressent les Barcelonais amoureux de musique classique mais aussi de concerts d’artistes modernes.
A côté de ces incontournables, l’on peut découvrir des petits musées aussi inattendus qu’originaux comme le Musée du chocolat, de Musée de l’érotisme, le musée du parapluie !
En cette période troublée où s’affrontent les indépendantistes et les autres, il est difficile de photographier tous ces lieux sans avoir des drapeaux qui flottent un peu partout sur les balcons, les façades, les fenêtres…
Deux originalités : les taxis, fort nombreux, aux carrosseries jaune et noir et, sur la place Royale, un nombre incalculable de perruches et de perroquets qui cancanent dans les palmiers !

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La mer n’est pas très loin, il suffit de quelques kilomètres pour joindre les superbes plages de Lloret de Mar, au cœur de la Costa Brava. Des plages de sable blanc qui se succèdent entre deux criques, recevant des milliers de touristes chaque été sur 9 kilomètres de côte, cinq plages d’une grande beauté.
Partir à l’aventure dans une telle ville sans parler un seul mot d’espagnol est un risque que l’on peut prendre.
Nous, nous ne l’avons pas pris, nous assurant tous les plaisirs d’un voyage grâce à un Toulonnais : Jean-Marc Tedone.

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Jean-Marc TEDONE : Pour le plaisir

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Quel plaisir de rencontrer un tel homme, homme passionné d’art (Il est peintre et ferronnier), continuellement tourné vers les autres et qui a fait de ses passions, sinon un métier, un vrai plaisir, organisant des voyages à travers l’Europe.
En dehors de ses passions artistiques, il oeuvre dans quatre associations : Le Street painting, manifestation devenue internationale, qui reçoit chaque année à Toulon des artistes dessinant sur les places des oeuvres éphémères. Il est également un membre très actif de l’association des Italiens de Toulon, on le retrouve aussi au COF (Comité Officiel des Fêtes de Toulon) et enfin, il est président d’honneur de l’association Reflets d’Art.
Comme vous le voyez, un monsieur très occupé !
C’est ainsi que, réunissant sa passion de l’art et des voyages, il aime découvrir et faire découvrir les richesses des villes, des arts, des monuments, des musées d’Europe. Il s’est donc rapproché de l’agence des autocars Correia dont il est devenu un correspondant actif… et bénévole !
Comment travaille-t-il ?
Il me répond en riant : « Il suffit de leur proposer une destination, de la proposer à des amateurs de voyages, de trouver 50 personnes pour remplir un bus… et de partir à l’aventure ! »
Une aventure qui demande tout de même une grande préparation, une belle organisation afin de savoir où aller, que découvrir et organiser des séjours en proposant des visites de lieux, de monuments, de musées. Car il ne lâche jamais ses voyageurs dans la nature. Il les accompagne partout, commente les visites car il possède une grande culture.
« J’aime ce que je fais – me dit-il – j’ai la passion des voyages, des découvertes et j’ai envie de les faire partager. Car je pense qu’il faut aussi aimer les gens.
Je suis curieux et j’essaie toujours de trouver des lieux et de monter des programmes originaux »;

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Aujourd’hui, nombre d’amateurs de voyages de la région, ne voient que par lui et il n’a aucun mal à rempli un car en quelques jours.
« Au départ – me dit-il encore – c’est parti avec le bouche à oreille qui a très vite fonctionné. J’ai rempli les premiers cars avec des amis, les amis des amis et ça a très vite fait boule de neige. Peu à peu le cercle s’est agrandi. Il y a à chaque voyage, des fidèles qui emmènent des nouveaux ».
Et croyez-moi, l’ambiance est joyeuse et amicale car aujourd’hui, nombre d’entre eux se connaissent et font toute confiance au « maître » !
Ainsi ont-ils découvert Rome, Florence, Prague, Barcelone… où nous l’avons suivi !
Il est intarissable sur ses voyages :
« Mes plus beaux souvenirs, mes plus grandes émotions sont entre autres la découverte en 72 de Berlin encore coupé par le mur, où je découvrais deux civilisations tellement différentes… Prague m’a subjugué. C’est, je pense, la plus belle ville d’Europe. La Norvège est également un pays magnifique
Comment choisis-tu tes destinations ?
Je propose souvent mais aujourd’hui, ceux qui me suivent me proposent aussi. Si c’est faisable… j’organise, à condition de remplir le car Aujourd’hui on est à Barcelone, bientôt ce sera la Hollande, dans quelques mois ce seront les Pouilles et quelques propositions sont à l’étude.
Tu parles toutes ces langues ?
(Il rit), non, je baragouine, je dessine, je parle avec les mains et j’arrive toujours à me faire comprendre, je m’en sors toujours ! »
Malgré un énorme boulot de préparation, il avoue qu’il fait tout ça pour le plaisir de faire partager ses émotions, ses coups de cœur, l’amour des voyages et des découvertes de tant de belles choses.
A chacun de ses voyages, il écrit un livre agrémenté de photos, mais hélas, on ne les verra pas :
« Éditer un livre est trop difficile et trop onéreux aujourd’hui. Je garde donc tous ces souvenirs de voyage pour moi… Et je les feuilletterai lorsque je serai vieux et que je ne pourrai plus voyager ! »

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Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

Six-Fours- Six N’étoiles
« Winter War » : de fureur et de sang

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Nous sommes en janvier 1945
Le Premier Régiment de Parachutistes Français livre une sanglante bataille pour libérer le petit village alsacien de Jebsheim. A sa tête le caporal Hénaq (Manuel Goncalves), à ses côtés le lieutenant américain Shaffer (David Aboucaya). Eux et leurs soldats, dont nombreux, parmi les Français sont des volontaires venus pour sauver leur patrie, doivent nettoyer le bois et les environs des Allemands qui s’y trouvent, dans le vent, la pluie, la neige et -20°. Un enfer dont ils ne connaissent pas l’issue, se sachant tous en sursis. Ce sont des héros sans le savoir. Des héros sans le vouloir, cernés par la peur, la mort, le désespoir et luttant malgré tout, au coude à coude, unis dans la lutte et pour l’éternité.
Mais Hénaq, durant ces jours de bruit et de fureur, change de comportement sans que ses camarades ne comprennent et surtout ne se doutent qu’un lourd secret l’assaille.
Ce film, on l’aura compris, est ce qu’on appelle un film de guerre, réalisé par David Aboucaya ce six-fournais qui nous avait déjà proposé, sur le thème de la guerre « Enfer 44″ et « La croisée des chemins ».
Un film « de guerre », certes, mais sur une courte période et plus tourné vers les hommes, leurs comportements, leurs fêlures, leur façon d’appréhender la peur, le danger, la mort. Leur propre dépassement, la force incroyable devant l’inacceptable, leur espoir de s’en sortir et cette amitié car, comme Hénaq le dit dans le film, « chacun se bat pour les autres. On ne laisse jamais personne derrière nous » Un film presque intimiste qui comprend, au milieu de ces combats superbement tournés, des moments d’émotion totalement bouleversants.
Un grand film sur un sujet mal connu, celui de ceux qu’on a appelés les « malgré nous », embarqués de force par les Allemands pour tuer leurs propres frères et aussi, le côté français de cette guerre, les films mettant souvent en exergue les Américains venus prêter main forte aux Français.

Rencontre avec le réalisateur David Aboucaya
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« C’est – me confie David – l’un des rares films à rendre hommage aux soldats français. Nombre de films ont représenté la débâcle française, peu ont mis en valeur les Français qui ont été de véritables héros. Il y en en fait plus de films sur les résistants que sur les soldats et je voulais mettre en lumière, entre autres, ces « Malgré nous », jeunes Français enrôlés de force pour se battre contre les leurs. C’est ce sujet très sensible qui m’a donné envie de faire ce film.
Difficile de monter un tel film… qui plus est dure deux heures vingt ?
Ça été aussi pour moi un lourd combat de deux ans de travail, j’ai auto produit le film, les producteurs français étant très frileux pour ce genre de sujet. Nous avons tournéaux alentours de Gréolières, dans les Alpes Maritimes, Andon, Thorenc, Villard de Lans où, paraît-il, il y a toujours beaucoup de neige en hiver et… où n’en avons presque pas eu durant les deux hivers de tournage, malgré des températures où nous avons dû tourner des nuits complètes à -20°. ! Nous dormions dans un château qui n’était pas chauffé, (-17° !) nous devions tourner dans la boue, le brouillard, la pluie. Du coup, le montage, qui a duré six mois, a été très compliqué. Nous avons dû faire beaucoup de choses en post-production.
Il a également fallu trouver les costumes, les objets, les véhicules d’époque, ce qui n’a pas été facile. Durant six mois j’ai dû tout emmagasiner dans mon garage !
Tu es parti de faits réels ?
Oui, évidemment et je me suis beaucoup investi pour ne pas faire d’erreurs, pour bien restituer les événements, même si ça reste un film de fiction qui tourne autour de cette bataille. J’ai lu beaucoup de livres, de documentations, de témoignages de l’époque. Figure-toi que, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, un vétéran du Bataillon de Choc, Léon Mesnier, a pris contact avec moi… Il habite en plus tout près de chez moi ! Il a trouvé dans le film, d’abord une vérité qu’il avait vécue et beaucoup de coïncidences. Par ailleurs ce fameux régiment dont je parle est entré en contact avec moi après avoir vu le film. Ils l’ont validé et vont voir ce qu’il peuvent faire pour m’aider à le promouvoir alors que le distributeur, lui, n’a pas fait grand chose pour le faire connaître !

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David avec Léon Mesnier

Comédien, scénariste, réalisateur, producteur, compositeur de la musique… Difficile d’être à tous les postes, non ?
(Il rit). J’ai l’habitude et c’est le seul moyen pour moi de faire des films, la production française n’aidant pas beaucoup dans ce genre de projets. ! Il faut aussi pouvoir s’occuper d’une équipe qui est montée quelquefois jusqu’à 40 personnes. Il faut la loger, la nourrir… Ce n’est pas moi qui ai fait la cuisine, ce qui m’est arrivé sur d’autres films ! Et je tiens à remercier Monsieur Jean-François Ferrachat, maire de la Roque Esclapon, qui nous a prêté tout un bâtiment pour nous héberger..
Le film est sorti dans 16 pays, comme l’Angleterre, le Japon, la République Tchèque… C’est en France que j’ai eu le plus de mal car je ne trouvais pas de distributeur. Aujourd’hui qu’il sort un peu partout, la France a l’air de s’y intéresser enfin… Alors que c’est une tranche de vie jamais abordée, qui devrait intéresser les Français !
Les comédiens ?
Il y a mon fidèle ami des débuts, Manuel Goncalves puis, grâce à un casting et un jeune comédien de la web série « Mordred » sont venus se rattacher des comédiens comme Laurent Guiot, Laurent Cerulli, Benoît Davin…
Je voudrais aussi signaler que le comédien qui parle en voix off est Benoît Alemane, qui double Morgan Freeman.

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Tu en es à ton troisième film qui tourne autour de la guerre… Pourquoi cette fascination ?
Je ne sais pas trop. D’abord parce qu’il y a très peu de films parlant d’elle, côté français et puis parce que je tombe sur des sujets fascinants dont j’ai envie de parler, chaque sujet m’ouvrant sur d’autres sujets tout aussi passionnants, qui sont tout aussi cinématographiques, sur des périodes, à mon avis, trop méconnues. Des thèmes qui portent en eux beaucoup de force, de sensations et d’émotion.
Mais je ne compte pas devenir un spécialiste de ce genre de film, même si j’ai encore en réserves quelques sujets., dont un qui pourrait faire l’objet d’une super-production… Ce qui n’est pas, financièrement, à l’ordre du jour !

Propos recueillis par Jacques Brachet
Vous pourrez revoir ce film au Six N’étoiles, ce samedi 3 février à 10h45

 

Six-Fours – Théâtre Daudet
La Godille, la Poule et le Soleil

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A gauche, Marie-Eve Venezianni, avec sa jeune compagnie

Non, ce n’est pas le titre d’une fable de la Fontaine.
C’est en fait la réunion de deux troupes de théâtre : La Godille, créée voici plus de 50 ans par André Palin à Toulon, reprise par Daniel Houdayer qui l’a installée à Six-Fours depuis 1990.
Les chiens ne faisant pas des chats, notre ami Daniel a une fille : Marie-Eve Venezianni qui a suivi les traces de son père. Elle est donc une « théâtreuse » qui, depuis 8 mois, a créé une troupe de jeunes comédiens sous le titre original… La Poule et le Soleil !
Ça méritait une explication que se plait à raconter notre volubile et talentueuse Marie-Eve : »Nous nous sommes retrouvés au mois de mai dernier à Villecroze pour jouer dans le cadre du « Mois Théâtral », festival de théâtre amateur qui existe depuis près de 30 ans. Il se trouve que c’était le 28 mai, jour de mon anniversaire et mes jeunes comédiens m’ont offert une poule en céramique, superbe et kitch montée sur une tige métal, pour la planter en décoration dans le jardin. C’était un jour de joie puisque le jury a créé pour nous le prix du jury. Et nous a remis un magnifique soleil en céramique. Comme nous cherchions un titre pour la compagnie, il a été tout trouvé : la Poule et le Soleil ! »
Et en ce 23 janvier, rejoignant son célèbre père au Théâtre Daudet, elle nous offrait avec toute sa troupe une pièce désopilante « Octave et les valeureuses » d’Alberto Lombardi qu’elle a mise en scène.

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Daniel Houdayer

Pour ne pas être en reste, Daniel nous racontait aussi la genèse du nom « La Godille » :
« La godille était un moyen économique d’avancer dans l’eau … Pas plus compliqué que ça !
Je voudrais préciser que, contrairement au café-théâtre, nous montons des pièces d’auteurs classiques et moderne. il suffit de voir notre programmation*.
Nous collaborons donc aujourd’hui, ma fille et moi, avec chacun sa programmation mais aussi avec des compagnies alentours comme les Troubadours d’Ollioules.
Je voudrais remercier la Mairie de Six-Fours, grâce à qui nous pouvons présenter nos spectacles une fois par mois au Théâtre Daudet ».
Tout ce petit monde théâtral s’entend à merveille, les « anciens’ ouvrant grand leurs bras à ces graines de comédiens encore, pour le plupart, adolescents.
A suivre de très près !

Jacques Brachet

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L’équipe de « Crise de mères ». Spectacle à 20h30, accueil à partir de 19h30 pour partager un casse-croûte offert par l’association (Sur réservation)

Programmation
Le 13 février 20h30 : « Crise de mères » de Martial Courcier, mise en scène de Daniel Houdayer (La Godille)
13 mars 20h30 : « Fureur » de Victor Haïm, interprété par Claude Dini (Les Troubadours)
17 avril : « Cendrillon » de Joël Pommerat (La Godille)
15 mai 20h30 : « Boeing Boeing » de Marc Camelotti (La Poule et le Soleil)
Renseignements : 06 72 23 28 54 – www.sixfourstheatre.com

Opéra de Toulon
Musique, danse, théâtre…

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Vendredi 26, mardi 30 janvier 20h – Dimanche 28 janvier 14h30
WONDERFUL TOWN,
Comédie musicale américaine de Leonard Bernstein
Livret de Joseph Fields et Jerome Chodorov – Paroles de Betty Comden et Adolph Green
Tiré de la pièce My Sister Eileen de Joseph Fields et Jerome Chodorov et des nouvelles de Ruth McKenney
Création : Broadway, Winter Garden Theatre, 25 février 1953
Direction musicale Larry Blank – Mise en scène Olivier Bénézech
Collaboration à la mise en scène Alyssa Landry
Chorégraphie Johan Nus – Scénographie Luc Londiveau
Costumes Frédéric Olivier -Lumières Marc-Antoine Vellutini – Création vidéo Gilles Papain
Création française – Nouvelle production Opéra de Toulon
Avec :  Jasmine Roy – Rafaëlle Cohen – Dalia Constantin –  Lauren Van Kempen – Alyssa Landry – Maxime de Toledo – Thomas Boutilier- Franck Lopez –  Jacques Verzier – Speedy Valenti…
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon

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Olivier Bénézech – Jasmine Roy – Larry Blank

NEW YORK, NEW YORK !
Pour cette création française de Wonderful Town, nous sommes partis sur une proposition claire et nette : pas de recours au système du « rétro ».
Bernstein n’est pas Gershwin, et l’auteur de West Side Story a toujours évolué dans son présent, y compris même avec une certaine urgence sociale : des concerts pédagogiques, et une oeuvre culte, West Side Story, transposée avec finesse au milieu des luttes raciales des années 60. L’une des minorités était à l’époque composée par des Portoricains. Aujourd’hui la langue espagnole est devenue officielle et plus parlée que l’Anglais. Porto Rico est intégré aux USA, et l’un des «kings» de Broadway est portoricain, Lin-Manuel Miranda, pour Hamilton.
Big Apple n’est pas seulement la ville qui ne dort jamais, mais aussi la cité de l’éternel recommencement. NYC bouge, se détruit, se reconstruit, s’adapte, se renouvelle dans une spirale où le mot FIN n’existe jamais. Il suffit de voir comment elle s’est remise de l’apocalypse du 11 septembre.
Bernstein est parti d’un « existant » pour composer Wonderful Town : une pièce de théâtre et un film, My Sister Eileen, une gentille comédie des années 40. Mais il en a changé le titre : du prénom de la petite soeur qui vient essayer de « réussir » à NYC, Lenny impose un titre générique en référence à sa ville adorée. Celle-ci le lui a bien rendu, en baptisant de son nom la place située devant le Metropolitan Opera.
Ainsi, en cette année de centenaire, notre hommage n’est pas de faire entrer le compositeur dans un Panthéon, mais de considérer qu’il est toujours parmi nous, dans sa ville, au milieu de son puissant et fort melting-pot, symbole de la réussite de Big Apple.

Olivier Bénézech, septembre 2017

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Vendredi 2 février 20h
TANGO METROPOLIS DANCE COMPANY
QUINTETTE DANIEL BINELLI
Direction générale et direction artistique Pilar Alvarez & Claudio Hoffmann
Direction musicale, composition et arrangements Daniel Binelli
Idée, création, chorégraphie et mise en scène Pilar Alvarez & Claudio Hoffmann
Scénographie Tristan Mur – Costumes Maria Sanz – Lumière Albert Pastor
Production Gruber Ballet Opéra

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Stéphan Freiss

Samedi 3 février 20h
UN ANIMAL DE COMPAGNIE
Une pièce écrite et mise en scène par Francis Veber
Assistant à la mise en scène Laurent Petrelli
Décors Charlie Mangel & Bastien Forestier
Costumes Juliette Chanaud – Lumières Régis Vigneron – Hologramme Sébastien Mizermont
Avec Stéphane Freiss, Noémie de Lattre, Philippe Vieux, Dinara Droukarova
Et la voix de Gérard Jugnot

Dans le cadre du Festival Hivernal de Musique de Toulon et sa Région, du 9 au 17 février

GAMBA FELLNER
Ruman Gamba – Till Felner

L’HIVERNAL
Vendredi 9 février 20h

L’Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon dirigé par Rumon Gamba.
Piano : Till Felner (Holst, Schumann, Bizet)
Samedi 10 février 20h, Foyer Campra
Concert des élèves du Conservatoire TPM – Département de musique ancienne et musique de chambre
Samedi 10 février 20h
Quatuor Prazak – Clarinette : Raphaël Sévère (Schumann, Brahms, Mozart)
Dimanche 11 février 15h, Cathédrale de Toulon
En semble vocal Calmus
Vendredi 16 février 20h
Concert de piano Kit Armstrong.
Transcriptions du « Ring » de Wagner (Liszt, Buson, Schumann, Bizet)

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Samedi 17 février de 18h à 23 heures
NUIT DU PIANO

4 pianistes – 8 récitals de 30 minutes
François Dumont (Bach, Beethoven, Ravel) – Nathalie Miltein (Liszt, Ravel, Schumann) – Jean-Paul Gasparian (Brahms, Messiaen, Ravel, Schubert) – Judith Jaurégui (Beethoven; Debussy, Schumann, Poulenc, Mendelssohn)