Six-Fours – Maison du Patrimoine
Quatre artistes entre abstraction et suggestions

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Trois femmes, un homme :
Anne Verger, Maria Garcia-Molio, Marie Morriss et Patrick PognantGros.

Ils sont installés à la Maison du Patrimoine de Six-Fours jusqu’au 13 mai et samedi dernier nous avions la chance de les rencontrer pour mieux connaître leur œuvre et leur cheminement d’artistes.
Une après-midi très conviviale où l’abstraction et les suggestions étaient le sujet central, animée par Dominique Baviéra qui est à la genèse de l’exposition et de la rencontre de ces quatre artistes et de leur public.
Pour une fois l’homme étant seul, c’est par lui que le feu des question a démarré.

Patrick Pognant-Gros, ancien élève des Beaux-Arts de la Seyne, nous a surpris par son virage à 90° car il est passé de la figuration à l’abstraction. Pourquoi ?
« J’avais – nous dit-il – l’impression de tourner en rond, je me sentais un peu prisonnier et j’avais besoin de liberté, de trouver autre chose pour évoluer et dans l’abstraction je me sens plus libre… même si j’ai surpris ceux qui me suivent !
J’avoue qu’au début ça été très dur… Chassez le naturel ! 30 ans de figuration, ça marque mais j’ai insisté et j’ai continué. C’est en quelque sorte une mise en danger mais j’y suis allé à fond.
Ma façon de travailler a bien entendu changé : je peins, j’efface, je reviens, je repars mais cette façon de faire est une nouvelle motivation et c’est ce qui me plait ».
On lui fait remarquer que dans ses toiles, il y a beaucoup de noir… Pourquoi ?
« Il faudrait peu-être me psychanalyser pour le savoir ! Peut-être pour mieux faire ressortir les couleurs. J’aime aussi travailler sur de grands formats, même si je sais que ce n’est pas dans l’air du temps car il faut de la place… et c’est plus cher.
Mais aujourd’hui c’est ce qui me convient.

S’installant à Sanary,  Marie Moriss a fait ses classes avec Isabelle Agnel-Gouzy et Raymond Scarbonchi aux Beaux-Arts de la Seyne et ce qui nous touche dans ces toiles, c’est l’éclatement des couleurs, la joie de peintre.
« C’est – dit-elle – une peinture intuitive, instinctive. Je pose des taches en fonction des couleurs choisies et j’entre dans ma toile, je recherche surtout la lumière et le mouvement. Tant que j’étais aux Beaux-Arts d’Aix je ne faisais rien de personnel. J’ai alors arrêté et j’ai recommencé à peindre à la retraite avec deux artistes, deux professeurs qui m’ont redonné confiance. Et là, je me suis sentie libérée, ne faisant que ce que j’avais envie de faire. Quelquefois, de mes taches ressort un paysage sans que je l’ai choisi. Je travaille aujourd’hui avec confiance et rapidité ».

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Anne Verger est aixoise et sa façon de s’exprimer est originale : sans pinceau, avec mains et ongles, elle invente des volutes, souvent dans les camaïeux de verts et de bleus, pour tout à coup, instinctivement, passer à l’orange, avec beaucoup de mouvement.
« J’ai dû quelque part rester une enfant car pour moi la peinture est physique et c’est pour ça que je peins avec les mains. J’ai besoin de ce corps à corps avec la toile, de cette confrontation physique. Je travaille de façon frontale avec la toile et la couleur.
Je n’ai jamais fait de figuratif. Je le pourrais, j’en ai les bases et les capacités mais je trouve que c’est quelque chose qui m’enferme et je veux pouvoir m’évader. Ma peinture est très ouverte, elle raconte des histoires. J’ai eu un professeur Italien, je vais beaucoup en Italie. Ce pays et sa peinture m’inspirent beaucoup ».

Maria Garcia-Molio et celle qu’on a le plus de mal à cerner : d’origine espagnole, ayant vécu en Bretagne, à Londres et aujourd’hui à Toulon, toutes ces influences font de cette artiste une sorte d’OVNI qui traverse des périodes qui modifient à chaque fois sa façon de peindre.
Partie de l’Espagne, du bandonéon, du flamenco, elle a eu sa période flamboyante, exubérante avec des personnages en mouvement. Après une courte période provençale, elle est revenue à la musique avec… Wagner qui lui a inspiré de grandes toiles pleines de force, de violence quelquefois, avec des brumes, des vagues, des symboles très wagnériens.
« Je suis plus dans la suggestion que dans l’abstraction. Les opéras de Wagner m’ont inspiré ces toiles sans que je m’en rende compte. C’est une fois terminée que je m’aperçois de ce que cette musique m’a fait inconsciemment faire. Aujourd’hui, vivant dans un quartier au bord de l’eau, avec des plantes, des roches, des fleurs, des animaux, je passe à une période minérale.
Et je suis passé à la 4ème et 7ème de Beethoven ! La musique est toujours là.
Mais au départ je n’ai aucune intention particulière. Je ne sais pourquoi, on m’a demandé d’exposer à Valencia dans un salon dédié aux animaux. J’ai beaucoup réfléchi avant de dire oui. D’un côté, je ne voyais pas ce que j’avais à y faire, de l’autre c’était la première fois qu’on m’invitait à exposer dans mon pays.
Du coup, je me suis mise à peindre ce que j’ai autour de moi, à ma façon bien sûr : canards, héron, grenouilles, renard et même sanglier…
Qu’est-ce que ça va donner ? Je ne le sais pas encore moi-même ! »

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Quatre artistes, quatre  personnalités, quatre façons d’appréhender leur art avec intuition, suggestion, abstraction, chacun à leur manière, ce qui les amènent à nous offrir cette exposition à quatre mains,tous quatre totalement engagés dans un cheminement qui est le leur et qui les amènent à ces œuvres à la fois très personnelles, très intenses et que l’on a pu mieux appréhender grâce à cette belle rencontre.

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Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Le Colbert
Le phénomène Axel AURIANT

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Je viens de rencontrer un surdoué. Il se nomme Axel Auriant.
Il est musicien, batteur de talent. Il est comédien, un comédien solaire, fait d’énergie et de passion.
Ce garçon a vingt ans, il a encore l’air d’un ado et pourtant, il semble avoir quarante ans de métier. Mais un métier qu’il pratique naturellement, avec une maîtrise époustouflante et en même temps une intelligence, une vérité, une sincérité incroyables.
Sans compter qu’il a choisi, pour ce premier seul en scène, d’interpréter Adrien, ce jeune autiste, de la pièce créée et jouée par Cédric Chapuis « Une vie sur mesure » que ce dernier a joué des années avec succès et un Molière à la clé.
Il fallait être gonflé et Axel y est allé de tout son cœur, jouant cet autiste qui, malmené par un père qui le frappe et frappe sa mère, se réfugie dans sa musique dont il devient un phénomène… ce qu’est Axel qui, s’il n’est pas autiste, manie les baguettes avec une dextérité formidable. Et le langage itou !
Notre jeune artiste s’est totalement approprié ce rôle difficile et délicat avec maestria, toujours sur le fil du rire, de l’humour, de la tendresse, de l’émotion… Du grand art.
Il est totalement habité, lumineux, drôle et bouleversant dans sa naïveté et sa passion.
Si, comme il me l’a dit, il jubile de monter chaque soir sur scène, de notre côté, il nous scotche au fauteuil que pourtant nous quittons comme un ressort pour une standing ovation, ce qui est rare en ces temps-là.
Quel plaisir de rencontrer ce jeune garçon attachant de 20 ans, encore un « minot », avec à la fois tant de candeur et de maturité, bien dans ses baskets, bien dans sa tête au regard brillant et au sourire lumineux.

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Axel, batterie, théâtre… Par quoi tout a commencé ?
J’ai commencé la batterie à 6 ans et j’en ai fait jusqu’à 16 ans. A 15 ans, j’animais des mariages orientaux.
Explication ?!
Je connaissais la petite-fille de Jack Lang et un soir elle me branche sur une soirée de l’Institut du Monde arabe. A cette soirée, un monsieur m’entend jouer de la batterie et vient me proposer d’animer des mariages avec un trompettiste et d’autres artistes. Je me suis vraiment éclaté. En parallèle, je préparais mon bac et faisais un peu de théâtre
Et le théâtre a pris le pas ?
Non car la batterie a toujours été omniprésente dans ma vie et je ne me projetais pas en tant qu’acteur mais j’ai eu alors mon premier chagrin d’amour et j’ai décidé de faire du théâtre comme exutoire, une catharsis, une façon de dire merde à celle qui m’avait lâché !
Mettre de l’émotion sur un texte a été pour moi une révélation.

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Alors vous voilà en scène joignant vos deux passions mais pour corser le tout, vous voilà seul en scène jouant un autiste. Compliqué non ?
(Il rit). Oui car d’abord il a fallu que je me remette à fond à la batterie, même si elle n’était jamais très loin. J’ai fait, durant deux semaines, quelque six, sept heures de batterie par jour. Après que j’ai dû apprendre mon texte en douze jours !
Comment se prépare-t-on pour jouer un autiste ? En allant en rencontrer ?
Non, je n’ai pas voulu faire ça car chaque autiste est différent, c’est un spectre très large et chacun le vit de façon différente. Je me suis imaginé un garçon qui est dans sa bulle et qui s’évade grâce à la batterie. Ca a été un grand travail de réflexion et c’était super intéressant. Je me suis même laissé surprendre par ce type déconnecté du monde tout en y étant. La seule peur que j’avais, c’était d’être caricatural.
Par contre, lors de spectacles, quelques-uns sont venus me voir et d’un regard, d’un sourire ils m’ont à la fois ému et rassuré.

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Comment êtes-vous venu sur cette pièce ?
C’est Cédric qui l’a jouée durant dix ans avec succès qui m’a choisi. Il l’a jouée 800 fois et voulait qu’elle ait une seconde jeunesse. Il ne m’a rien imposé, il m’a laissé m’approprier le rôle à ma manière et jouer comme je le sentais.
Quant au metteur en scène, Stéphane Battle, il est génial, c’est un mec formidable. Je suis très heureux de cette rencontre et j’espère retravailler avec lui. J’aimerais qu’il soit mieux connu, il le mérite. Il m’a dit une chose essentielle : « Si tu ne ressens rien en toi, fais autre chose » !
C’est un type droit, sincère, très respectueux des comédiens et du public et c’est aussi comme cela que je conçois ce métier. Nous sommes sur la même longueur d’onde.
En tant que batteur, vous avez accompagné des artistes comme Nicoletta ou Manu di Bango !
Oui… une seule fois ! J’avais quinze ans et on ‘a demandé de les accompagner, eux et d’autres artistes comme Joyce Jonathan, pour une soirée en faveur du handicap. Ca reste un très beau souvenir car il y a eu de beaux échanges et accompagner de telles pointures, vivre ça à cet âge, c’est une chance.
En parallèle, vous avez tâté du cinéma, de la télé…
Oui, j’ai eu de petits rôles dans « Nos chers voisins », « Fais pas ci, fais pas ça » et au cinéma dans « Jamais contente ». J’ai fait du doublage pour le film « La traversée de Florence » et je joue en ce moment dans une série sur France 4 « Skim » qui est une sympathique et intelligente série sur les jeunes d’aujourd’hui, sans pathos, mais qui aborde tous les sujets qui préoccupent les jeunes. La deuxième saison vient de commencer.
Dans tout ça, que préférez-vous ?
J’ai envie de vous dire : tout ! car chaque discipline est différente. Être seul en scène, c’est une grande expérience, mais aussi un risque car on est… seul en scène ! En l’occurrence avec le public et deux batteries ! Au théâtre, on vit une expérience de groupe, on a toujours quelqu’un à qui se raccrocher et on partage une aventure. J’aimerais bien y revenir. Derrière la caméra, il n’y a pas le public et c’est moins risqué car on peut recommencer si ça ne va pas.
Mais je vais vous faire une confidence : le théâtre, c’est ma drogue… Je ne connais que celle-là et je sais que le théâtre est vraiment la vie que j’ai choisie; mon rêve : mourir sur scène… devant les projecteurs !!!
Le théâtre, c’est vraiment mon bonheur.

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Alors, l’avenir ?
L’avenir imminent c’est la tournée avec « Une vie sur mesure ». A Toulon, au Colbert, qui est un théâtre magnifique, j’ai fêté ma 150ème et le coup d’envoi d’une tournée que je vais faire durant un an et demi, jusqu’en 2019. Je ne pourrai donc pas faire grand chose d’autre !
Mais c’est galvanisant d’être tous les soirs sur scène. Vous vous rendez compte ? On me paie pour faire quelque chose que j’aime par-dessus tout !
Elle est pas belle la vie ?!!

Propos recueillis par Jacques Brachet

Sanary – Espace Saint-Nazaire
Raku : le bonheur dans le hasard

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S’il est un art ancestral, c’est bien celui du raku, de son vrai nom « Raku-Yaki », qui signifie « Cuisson confortable », technique d’émaillage qui a vu le jour au Japon et en Corée. Créée pour la cérémonie du thé, par le grand maître du thé Rikyu, il demanda à un potier, Chojiro, de créer un bol tout simple en argile, façonné à la main, aucun n’étant pareil à l’autre. Ces bols arrivèrent jusqu’à l’Empereur qui, charmé, accorda au potier et ses descendants l’honneur de signer leurs oeuvres du sceau portant l’idéogramme « raku » (prononcez « rakou »).
Ce bol exprimait la notion de bonheur, d’aise, de joie mais aussi du hasard car, comme nous l’explique Benoît de Souza, l’un des grands sculpteurs de notre région, sis à Digne et faisant partie des 14 exposants réunis pour la 4ème édition à l’Espace St Nazaire de Sanary, le hasard fait souvent bien les choses et ce n’est pas pour rien que cette exposition s’intitule « Le bonheur dans le hasard.

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Mais un hasard en effet qui fait que le bonheur n’est pas toujours au rendez-vous :
« Le raku nous réserve toujours de grandes surprises, belles ou mauvaises car il y a souvent de la casse et des échecs dans cette technique mais lorsque la pièce tient le coup, l’on a de merveilleuses satisfactions et de grandes joies. On ne sait donc jamais ce qui va sortir du four surtout au niveau des couleurs.
En France, si la base de la technique reste la même, des éléments ont été ajoutés au fur et à mesure que les artistes ont de mieux en mieux maîtrisé cet art, incluant des objets, du bois, du bambou, des émaux et bien d’autres choses.
Il faut savoir que cette cérémonie du thé au Japon fait partie des coutumes ancestrales mais que seuls les bols épurés sont en raku, et jamais la théière ».

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A noter que les 21 et 22 avril et les 9 et 10 mai, sur le port et devant l’Espace St Nazaire, l’on pourra assister à des démonstrations. Les artistes interviendront, émailleront devant le public et l’on pourra vivre avec eux ce merveilleux hasard qui fait qu’une pièce unique est réussie ou ratée.
En riant, Benoît de Souza ajoute : « Si vous faites de la mosaïque, surtout ne ratez pas ce rendez-vous car vous pourrez récupérer de très beaux débris d’objets ratés ! »
Pour revenir à cette exposition qui se tiendra jusqu’au 27 mai, elle regroupe 14 artistes, plus de femmes que d’hommes d’ailleurs, qui rivalisent d’inventivité et de talent pour nous offrir des oeuvres uniques, objets, sculptures, bijoux aux effets chatoyants, aux réalisations surprenantes dus à leur inventivité et à ce hasard qui, dans ce cas, a bien fait les choses, nous offrant des oeuvres minimalistes ou monumentales, drôles, inattendues, mystérieuses, somptueuses, nous faisant voyager dans des mondes imaginaires, traditionnels, figuratifs, abstraits, spirituels mais aussi très contemporains, ou le bestiaire et l’humain se mêlent dans une belle sérénité, dans un camaïeux infini de couleurs.

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De très beaux panneaux décoratifs vous expliquent cette technique très particulière.
De beaux artistes et des œuvres uniques à découvrir avec curiosité et plaisir.

Jacques Brachet
Artistes exposant : Karine Abril, Dominique Allain, Sophie Bayeux, Annie Chaigneau, Sabine de la Casinière, Sophe Delpy, Benoît de Souza, Fara, Mary Larsson, Bénédicte Montier, Emmanuelle Not, Christine Perrin, Philippe Plaisir, Clarisse Roche.

 

Le festival les Aoûtiennes de Bandol
une programmation 100% francophone

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Le festival Les Aoûtiennes revient pour une deuxième édition à Bandol (83) les 09, 10, et 11 août prochain. La première édition en 2017 a rassemblé près de 9000 personnes venus assister aux performances de Matt Pokora, Véronique Sanson ou encore The Avener sur la scène à ciel ouvert du stade Deferrari. Au programme cette année : un plateau de talents francophones éclectique et transgénérationnel.

A D

Le programme 2018 :
Top départ le jeudi 09 août avec les BB BRUNES : dix ans après leur premier album qui a déchainé les passions avec des tubes comme « Dis-moi », les BB rockeurs ont bien grandi et présenteront leur quatrième album « Puzzle » plus métissé : pop, rock, électro, groove. A leurs côtés la jeune marseillaise MARINA KAYE découverte en 2011 dans l’émission La France a un incroyable talent qui entame la tournée de son second album « Explicit ».
Le vendredi 10 août sera une nuit électro venue du Plat Pays dont les héros seront le jeune prodige de la « Tropical House » LOST FREQUENCIES et les mythiques Frères de 2MANYDJS fondateurs du groupe d’électro-rock Soulwax
Après 10 ans d’absence, l’interprète de « Bouge de là » et « Solaar pleure » revient en 2018 avec sa tournée « GÉOPOÉTIQUE », du nom de son nouvel album aussi inattendu qu’enthousiasmant. MC SOLAAR, à l’affiche de nombreux festivals, sera sur la scène des Aoûtiennes le 11 août prochain pour sa seule date de l’été dans le sud-Est.

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Jeudi 09 août : Voodoo Story // Marina Kaye // BB Brunes
Vendredi 10 août
 : Head on Television // 2manydjs // Lost Frequencies
Samedi 11 août
 : The Weird Art // MC Solaar

Informations pratiques :
Billetterie en ligne sur www.lesaoutiennes.com ou dans les points de vente habituels : FNAC, Digitick…
Tarifs : pass 1 jour à partir de 27€ (hors frais de location)
Pass 2 jours : 64€, -Pass 3 jours : 83€.
Contacts : Festival : lesaoutiennesbandol@gmail.com

Des jeunes d’une cité de Toulon
participent à une régate bateau

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Avec l’association Le Rocher, Oasis des Cités, des jeunes habitants de la cité de Sainte Musse à Toulon vont participer à la Spi Dauphine, une régate de bateau à voile afin de découvrir la voile en compétition.
Quel est le but du Rocher, Oasis des Cités ?
La mission du Rocher est en réponse à la crise sociale des quartiers. Les salariés et volontaires de l’association ont fait un choix : habiter au cœur des cités et quartiers populaires français, pour accompagner les jeunes et leurs familles.
L’association existe depuis 2000, et est présente désormais dans huit quartiers en France, dont deux à Toulon. Dans chaque cité, l’association suit une même maxime : Vivre avec – Grandir avec – Bâtir avec.
Pourquoi participer à la Spi Dauphine ?
Ce projet a plusieurs aspirations. Tout d’abord, dans la lignée de l’objectif général du Rocher, il s’agit d’ouvrir de nouveaux horizons aux jeunes de la cité, en créant des ponts avec eux et en leurs faisant découvrir de nouveaux mondes, ici celui maritime. A l’inverse, ce projet permettra également à ces grands jeunes de créer des liens avec de nombreux étudiants de toute la France, afin de casser cette barrière qui existe malheureusement entre les deux, dans les deux sens. Enfin, c’est également une occasion pour les volontaires de témoigner de leur mission auprès de plus de 600 potentiels volontaires !
La Spi Dauphine, qui se déroule du 14 au 21 avril, sera également l’occasion de faire découvrir la voile aux plus petits, à travers différentes activités quotidienne, et peut-être une visite aux marins lors de la régate !

oasis.stemusse@assolerocher.org

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Cannes 2018 – Du 12 au 19 mai : VISIONS SOCIALES

Parrain : Nicolas Philibert
Renccontres – débats – expositions
Château des Mineurs, Domaine d’Agecroft, Mandelieu-La Napoule.
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Depuis plus de vingt ans, les Activités Sociales de l’énergie s’attachent à montrer un cinéma d’auteur ouvert et exigeant, qui questionne l’ordre social et l’état du monde.
Après des années de présence sur l’Esplanade Pantiero, à Cannes, elles se sont installées en 2003 dans le fantastique décor du domaine d’Agecroft, sur les hauteurs de Mandelieu-La-Napoule (à 10 mn de Cannes), donnant ainsi naissance à Visions Sociales, une manifestation en accès libre pour tous.
Visions Sociales, dont la 16e édition se déroulera du 12 au 19 mai, sera parrainé par le grand cinéaste du réel, Nicolas Philibert (Le Pays des sourds, Être et avoir…). Lors du week-end d’ouverture, il présentera deux de ses films : La Maison de la Radio (12/05, 21h) et Retour en Normandie (13/05, 18h).
Un parcours à travers le cinéma lusophone actuel, du Portugal au Mozambique en passant par le Brésil, et une sélection de longs et de courts métrages découverts dans les festivals soutenus par les Activités Sociales de l’énergie seront montrés en journée, en présence des cinéastes et de spécialistes invités, et en soirée (21h), chacun des partenaires de Visions Sociales – l’ACID, la Semaine de la Critique, la Quinzaine des Réalisateurs et le Festival de Cannes – Un Certain Regard – fera découvrir aux festivaliers un film inédit de sasélection. Enfin, le samedi 19 mai, un film de la Semaine de la Critique (10h) et un film primé de la Quinzaine des réalisateurs (14h30) viendront clore cette l’édition 2018 de Visions Sociales.
Comme chaque année, une exposition et des débats viendront enrichir cette édition qui n’oubliera pas de fêter les 50 ans de mai 68 !

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PARRAIN 2018 – NICOLAS PHILIBERT
Selon le critique de cinéma Patrick Leboutte, «on doit à Nicolas Philibert d’avoir réconcilié le grand public avec le cinéma documentaire, sans rien lâcher de son art et sans la moindre concession. Film après film, il met en lumière le quotidien et ce qui en constitue les joies, les peines, la grandeur et les petits riens. Bien réels et souvent drôles, parfois poignants, on ne peut oublier ses personnages qui nous ressemblent bien souvent.»
Réalisateur dedocumentaires internationalement reconnus, auteur entre autres de La Voix de son maître (son premier film co-réalisé avec Gérard Mordillat en 1978), La Ville Louvre (1990), Le Pays des sourds (1992), Être et avoir (2002) ou encore Nénette (2010), Nicolas Philibert nous fait l’honneur de sa présence lors du week-end d’ouverture où il présentera La Maison de la Radio (2013) – le 12/05 à 21h – et Retour en Normandie (2007) – le 13/05 à 18h – deux films qui, comme il le dit lui-même «ne sont pas des films sur, mais des films avec et grâce à».

THÉMATIQUE 2018 – CINÉMA LUSOPHONE
La lusophonie, c’est plus de 260 millions de personnes dans le monde, de l’Angola au Brésil, du Cap-Vert à la Guinée-Bissau, du Portugal au Mozambique et jusqu’à Macao ! A l’image du Portugal, marqué depuis des siècles par le contact avec différentes civilisations, le cinéma lusophone, varié, audacieux, attachant, a cette extraordinaire capacité à promouvoir la rencontre de différentes cultures. Les 16es Visions Sociales proposent un focus sur la production cinématographique lusophone actuelle à travers dix films choisis pour leur liberté de création et leur originalité, qui seront montrés en présence des cinéastes.

Programmation lusophone (sous réserve de modifications)
Menina, Cristina Pinheiro – Saint Georges, Marco Martins – L’Usine de Rien, Pedro Pinho – Casa grande, Fellipe Barbosa – Comboio de sal e Açúcar, Licínio Azevedo – Ausência, Chico Teixeira – Lettres de Guerre, Ivo M Ferreira – Tous les rêves du monde, Laurence Ferreira-Barbosa – Sélection « ACID Trip Portugal ».

SOUTIENS AUX FESTIVALS PARTENAIRES
Les Activités Sociales de l’énergie soutiennent de nombreux festivals en France. Chaque année, Visions Sociales présente une sélection de films découverts et primés par les bénéficiaires des Activités Sociales de l’énergie lors de ces festivals, et invite deux d’entre eux lors de séances spéciales «Festivals invités».

Site : www.ccas-visions-sociales.org
Facebook : www.facebook.com/visions.sociales

RAMATUELLE 2018 : Demandez le programme !

Le programme, commenté par Michel Boujenah

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Mercredi 1er août : « Edmond » – Mise en scène et création Alexis Michalik
C’est le spectacle – phare qui, depuis deux ans, bat tous les record alors qu’il n’y a aucune vedette. Un très beau texte, celui de Rostand entre autres, qui tourne autour de la création de « Cyrano de Bergerac ». C’est un spectacle magnifique qui a obtenu 5 Molière en 2017. On a eu beaucoup de mal à l’avoir mais on y est arrivé

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Jeudi 2 août : Francis Cabrel
Là encore j’ai eu beaucoup de mal à faire venir Francis Cabrel Nous avons des bureaux mitoyens et chaque fois que je le croisais, je lui disais : tu viens quand ? Tu viens quand ? Il me répondait : Continue, tu es sur la bonne voie ! Lorsque son producteur Gilbert Coulier, m’a appelé et demandé quand il pouvait venir, je n’en revenais pas ! Je n’en suis toujours pas revenu car je ne vous dit pas ce qu’il nous coûte… Et encore il nous a fait un prix ! Aussi, les places sont à 70€. Mais je crois que ça en vaut la peine.
Vendredi 3 août : Ary Abittan « My story »
Je l’ai vu démarrer et là, c’est lui qui me tannait : je viens quand ? Il a fait d’énormes progrès donc je lui ai dit oui. Il a sauté au plafond ! Il en rêvait… Je l’ai réalisé, on est heureux. Lui aussi !

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Samedi 4 août : « Art » de Yasmina Reza avec Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin, Alain Fromager
La pièce est déjà venue à Ramatuelle avec Pierre Vaneck, Pierre Arditi et Fabrice Luchini. Entre temps, elle a fait un succès dans le monde entier. Toujours dans la mise en scène de Patrice Kerbrat, elle revient donc avec trois autres et magnifiques comédiens

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Dimanche 5 août : « La raison d’Aymé de et avec Isabelle Mergault, mise en scène et avec Gérard Jugnot
C’est une pièce un peu fantastique où Isabelle Mergault est une sorte de Jiminy Cricket. Et ça fonctionne. Isabelle en vacances, viendra tout exprès pour le festival.
Lundi 6 août : « Fausse note » de, mise en scène de Didier Caron avec Christophe Malavoy et Tom Novembre.
Tous deux pour la première fois à Ramatuelle. Tom est formidable. Christophe est incroyable et difficilement reconnaissable dans cette pièce forte, dure qui tourne autour d’un vengeance sur fond de musique classique.
Mardi 7 août : « Silence, on tourne » de et mise en scène de Patrick Haudecoeur
Après l’incroyable succès de « Thé à la menthe ou t’es citron ? », Patrick nous revient avec une pièce tout aussi déjantée. C’est le genre de pièce iconoclaste dont on se dit : mais pourquoi j’ai ri ? Et ça fonctionne d’un bout à l’autre de la pièce.

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Mercredi 8 août : Julien Clerc
Il revient à Ramatuelle. Quand il m’a dit j’ai 50 ans, je lui ai répondu… Tu les fais pas ! 50 ans de carrière, Julien fait partie intégrante du patrimoine de la chanson française. Il est magnifique et prend la mesure du temps qui passe. Dans l’intimité, il se livre peu. Sur scène il s’ouvre. C’est superbe.
Jeudi 9 août : « Faisons un rêve » de Sacha Guitry mise en scène et avec Nicolas Briançon avec Marie-Julie Baup, Eric Laugerias, Michel Dussarat
Retour d’un fidèle parmi les fidèles car il est rare qu’il ne soit pas d’un festival, en tant que comédien ou metteur en scène. Il nous offre un Guitry grave et léger, plein d’humour, avec un quatuor pétillant
Vendredi 10 août : « Deux mensonges, une vérité » de Sébastien Blanc et Nicolas Poiret , mise en scène de Jean-Luc Moreau, avec Lionel Astier, Raphaëlle Goupilleau, Frédéric Bouraly, Julien Kirsche
Nicolas Poiret est le fils de Jean Poiret et Caroline Cellier. La pièce est un beau duo sur le thème : est-ce qu’après 25 ans de mariage chacun connaît vraiment l’autre ? Lionel Astier y est incroyable. J’aurais aimé jouer ce rôle !

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Samedi 11 août : Alex Lutz
On termine donc avec celui avec lequel on aura commencé ! Dans son précédent spectacle, il jouait un cheval dans l’un de ses sketches. Là il fait fort car il amène un cheval sur scène ! On est en train d’étudier comment il va pouvoir monter sur scène !
Alex est un malade de travail et de précision… pas comme un certain Méditerranéen que je connais !!!

Propos recueillis par Jacques Brachet
Réservations à partir du 11 avril : www.festivalderamatuelle.com

 

RAMATUELLE
Jacqueline FRANJOU – Michel BOUJENAH
Un binôme qui fonctionne depuis 10 ans

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Si cette année, nous fêterons le 33ème festival de Ramatuelle, ce sera aussi l’occasion de fêter les 10 ans de l’arrivée en tant que directeur artistique de Michel Boujenah.
Et le directeur artistique se porte bien, tout comme sa présidente, Jacqueline Franjou, créatrice avec Jean-Claude Brialy de ce magnifique festival qui fut installé dans une carrière en un mois alors qu’à cette époque tout le monde trouvait le projet fou, même les intéressés et le maire de Ramatuelle de l’époque, Albert Raphaël, qui pourtant adhéra au projet.
Nous voilà donc sur la plage des Jumeaux pour ce rendez-vous annuel où, au cours d’un toujours sympathique repas, notre binôme de choc indissociable, lève le rideau sur cette 33ème mouture.
Michel : Tout d’abord, je voudrais vous dire la joie de vous retrouver, fidèles au festival, ce festival qui, aujourd’hui, a un rayonnement national.
C’est pour cela qu’il faut le maintenir contre vents et marées même si, d’année en année, il est de plus en plus difficile de trouver de l’argent.
Jacqueline : Heureusement, nos sponsors et nos mécènes nous restent fidèles et la mairie nous suit toujours. Grâce à eux, nous pouvons maintenir un programme aussi éclectique que de qualité.
Michel : Grâce à eux… et à nous ! mais ce festival est indestructible et si un jour nous n’y sommes plus, il faudra qu’il continue d’exister.
Jacqueline : J’aime à dire que nous formons un binôme qui s’entend merveilleusement. Il y a un artiste devant, dans la lumière, qui propose un programme et derrière, dans l’ombre, quelqu’un qui s’occupe du reste… En l’occurrence… moi !
Michel : Souvent je suis emballé par un spectacle mais certains sont plus onéreux que d’autres. Alors je vais voir Jacqueline et je lui martèle : il nous faut absolument ce spectacle, il le faut…
Jacqueline : Je lui dis alors : on va voir ce qu’on peut faire. Et l’on trouve presque toujours une solution.
Michel : Quelquefois elle me rétorque : tu veux qu’on parle des comptes ? Et là, je commence à paniquer. Mais lorsqu’on y arrive, on se dit que ça valait le coup… Enfin, en principe !

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Jacques Higelin… Champagne avec Juliette Gréco

C’est au cours de ce repas qu’on apprend la mort de Jacques Higelin qui sidère tout le monde.
« Du temps de Jean-Claude – rappelle – Jacqueline, il tait venu à Ramatuelle et ç’avait été une soirée extraordinaire.
– Nous lui rendrons hommage – poursuit Michel – comme nous le faisons lorsqu’un grand artiste ami disparaît. Et cette année, le bilan est particulièrement lourd.
Michel, voilà dix ans que tu es à la tête de ce festival. J’espère que tu es heureux et que tu vas fêter ça ?
Bien sûr que je suis heureux car c’est une belle aventure. Quant à le fêter personnellement, je n’en vois pas la nécessité. Ce qui compte, c’est que le festival continue, avec ou sans moi. Je préfère qu’on parle de lui que de moi et je fais tout pour cela.
– D’ailleurs – ajoute Jacqueline – cette année le programme est au top, il va être difficile de faire mieux l’an prochain !
– J’essaie surtout – poursuit Michel – de varier, les thèmes, les genres en proposant des spectacles de qualité, les plus divers et divertissants possibles, mêlant des pièces populaires, des pièces plus dramatiques, des one man shows, de la chanson, du rire, de l’émotion, de faire aussi découvrir des spectacles qui le méritent.
D’ailleurs, j’aimerais amener le public à venir voir des choses qu’ils n’ont pas l’habitude de voir, qu’ils s’ouvrent à autre chose, des spectacles qu’ils n’osent pas ou ne veulent pas venir voir, de me faire confiance. Ce n’est pas parce qu’on aime un genre de spectacle qu’on ne peut pas découvrir et aimer autre chose.
Mon rêve serait qu’un jour 200 personnes viennent me dire : je vous ai écouté, j’ai suivi vos conseils et je n’ai pas été déçu.
Bon, 200 personnes c’est peut-être utopique mais déjà… 2 et le pari sera gagné !

Alex Lutz

Alex Lutz

Ramatuelle c’est le mélange des genres avec le programme du festival, les nuits classiques et aussi, cette année pour la première fois, un colloque et du cinéma.
La présidente Jacqueline Franjou nous présente cette première partie.
« Les festivités démarreront dont le 26 juillet par un colloque ayant pour thème « L’importance de la Culture dans le management des entreprises », en collaboration avec de grands patrons d’entreprises dont nos mécènes, des étudiants et un ministre, on ne sait pas encore lequel. Ceci, afin de sensibiliser l’importance qu’a la Culture dans notre société.
Autre nouveauté cette année le 27 juillet : l’avant-première du film d’Alex Lutz « Guy ». C’est Alex qui clora le festival et il nous proposé de présenter son film en avant-première dans lequel il joue auprès de Tom Dingler, Nicole Calfan, Dani, Brigitte Roüan, Pascale Arbillot. Julien Clerc y fait une apparition et comme il est lui aussi programmé à ce festival, il devrait être avec nous et avec Dani.
Un écran gonflable sera installé sur la scène, en espérant qu’il n’y ait pas trop de vent. Une logistique sera également installée pour visionner le film dans les meilleures conditions.

 

32e Festival de Ramtuelle : Orchestre Philharmonique de Nice

Les Virtuoses, Erquinghem-Lys décembre 2014 G
L’orchestre Philharmonique de Nice – Les Virtuoses – Marc Luisada

Le lendemain démarreront les trois « Nuits classiques » . Le 28 juillet nous resterons dans le cinéma avec l’orchestre philharmonique de Nice dirigé par Laurent Petitgirard qui interprètera des musiques de films célèbres hollywoodiens. Alex Lutz devrait présenter la soirée.
Le 29 juillet, viendront les Virtuoses, mélange de musique, de magie, de burlesque. C’est fou, c’est poétique, c’est un grand moment de spectacle musical.
Nous termineront par un concert de piano interprété par Marc Luisada, le 30 juillet

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier
Voir le programme dans la rubrique « festivals »

TOULON : L’Hermione superstar

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La folie des grands jours sur le port de Toulon en ce premier week-end du mois d’avril.
Et cette foule immense, pour qui ? Pour l’Hermione qui y a accosté pour une escale de quatre jours durant ce voyage le long des côtes méditerranéennes.
Doit-on présenter ce magnifique voilier des temps anciens, frégate dite « légère » né en 1778 à Rochefort dans l’arsenal du royaume de France.
1000 tonnes, 2200 mètres carrés de voiles, 44,20 mètres de long, 11 mètres de large, un mat de 54 mètres au-dessus de la quille, 26 canons; sa construction a nécessité 11 mois de travail pour tous les corps de métiers, des charpentiers aux calfats, des forgerons aux clouteurs, sans oublier les bagnards.
Il fit la campagne d’Amérique, de 1780 à 1782, puis escortera des navires marchands avant de sombrer en 1793.
Voici 25 ans, quelques fous-furieux décident de créer l’association Hermione-la Fayette afin de reconstruire cette mythique frégate à l’identique. Le président fondateur en est Eric Orsenna, avec l’appui de Benedict Donnely , américain spécialiste de la Fayette et l’aide du Maire de Rochefort Louis Frot.

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Il faudra plus de 20 ans pour que ce projet fou sorte des chantiers de Rochefort, aidé de quelque 4000 membres actifs que réunit l’association. Et voilà que renaît à l’identique ou presque ce bateau légendaire qui a mené, au bout de 36 jours, un certain Gilbert du Motier, marquis de la Fayette, en Amérique, venu lui demander son soutien.
Cette association ira plus loin que la « simple » construction d’un bateau, puisque celui-ci deviendra le symbole de la liberté, l’emblème de la langue française, réunissant 34 états et gouvernements membres de la Francophonie.
Ainsi en cette année 2018, l’Hermione, commandée par Yann Cariou, sillonne la Méditerranée en 12 escales. En fait 11, celle de Barcelone ayant dû être annulée à cause du mauvais temps.
Partie de Rochefort, son port d’attache les escales se suivent et se ressemblent par le succès que ce périple provoque partout où elle se pose, de Tanger à Bordeaux, de Sète à Port Vendres, de Marseille à Bastia, de Toulon à Nice…..
A Toulon, ce furent des centaines de mètres de queue pour pouvoir atteindre la passerelle et enfin mettre le pied sur cette merveille de réalisation.

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Tous ensemble pour une même aventure
Reçus par le lieutenant nantais Pierre Chiffoneau, fier de nous la faire visiter, il nous dit son plaisir de faire cette tournée en Méditerranée :
« C’est une tournée de parade et l’on est heureux de voir l’engouement qu’elle suscite. Notre but, évidemment, est de faire naviguer ce bateau et de le faire découvrir à un maximum de gens. L’équipe est composée de 12 marins professionnels et de 80 gabiers bénévoles qui ont été sélectionnés à Rochefort, d’abord pour leur passion de la mer, pour leurs qualités physiques, leurs capacités, leur cursus et entre autres, leur capacité à monter sur le mat, ce qui n’est pas la plus facile des choses ! Ils faut qu’ils soient polyvalents car il y a de nombreuses tâches à accomplir sur un tel bateau : de la barre à la cuisine en passant par les veilles et les rondes, la manœuvre, le gréement, la sécurité, l’entretien du navire Durant trois mois, ils ont fait des stages de 15 jours pour se former et ne viennent pas spécialement du milieu marin. ils faut aussi qu’ils puissent s’inscrire dans une collectivité car même si le navire est grand on y vit en circuit fermé. Et tous ces gabiers, garçons et filles, viennent de tous milieux, de tous horizons, sont de toutes nationalités, venant aussi bien de France que du Québec, d’Egypte, d’Afrique, du Cambodge, d’Arménie, de Pologne, de Tunisie…. »

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Le lieutenant Pierre Chiffoneau – Alban Vallery

Une belle aventure
Alban Vallery et un tout jeune gabier venu du Sud-Ouest, dont le métier est charpentier et la passion l’escalade. C’est dire si, physiquement, il répondait aux critères.
« J’ai toujours été amoureux du bateau et lorsque j’ai su qu’il y avait des stages de formation, je me suis présenté.; Nous devions écrire une lettre de motivation, faire des testes physiques. Nous avons eu une semaine de formation voile et dû apprendre des notions maritimes. Il faut savoir que ce sont des périodes de navigation temporaire, ce n’est pas un métier en soi. J’avais fait la transatlantique en 2015. J’ai repris mes fonctions le 12 mars à Tanger et je fais les escales de Sète, Toulon, Marseille puisque, entre temps, l’escale de Barcelone a été annulée.
Comment se passe votre travail à bord ?
Nous sommes des équipes travaillant en trois tiers : babord : 8h/12h et 20h/minuit – tribord : minuit/4 h et midi/4h – milieu : 4h/8h et 16h/20h. Nous sommes à chaque fois vingt volontaires encadrés par cinq pros. Les legs (périodes de navigation) peuvent être de 15 jours à trois semaines. Et il n’y a pas de grasses matinées ! Pour mois c’est une passion et un loisirs puisque, entre temps mon métier est d’être charpentier. Mais ça a donne tout de même envie d’y travailler à plein temps car il y a toujours du travail pour un charpentier sur un tel bateau.
Vous êtes combien en cabines ?
Nous dormons à 17, dans des bannettes ou des hamacs.
La promiscuité n’est-elle pas difficile à vivre ?
Pas vraiment. Évidemment, il faut faire la part des choses, on sait qu’il y a des contraintes, il peut y avoir de petits conflits comme partout où il y a une concentration de personnes mais nous avons une ligne de conduite à tenir et les petits conflits se règlent à l’amiable. On sait pourquoi on est là, quels sont les buts et les enjeux. Et c’est le principal ».

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De longues files d’attente

Comme on a pu se rendre compte, il règne sur l’Hermione une ambiance de sérénité, de franche camaraderie, de passion de la mer et chacun sait la chance qu’il a de pouvoir vivre une aventure hors du commun. Même si, comme l’a dit Alban, ce n’est qu’un moment dans la vie de chacun mais qui peut-être fera naître des vocations et surtout leur inculquera des notions de liberté, de vivre et travailler ensemble, de découvertes d’autres cultures, de se lancer des défis et d’aller au-delà de soi-même…
L’aventure est belle et restera pour tous ces gabiers en herbe, une expérience et un souvenir inoubliables.

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

Dernière heure
Saint-Mandrier-sur-Mer rend hommage au premier commandant de l’Hermione, Latouche Tréville, dimanche 8 avril à 10h.
Dimanche 8 avril, Gilles Vincent, Maire de Saint-Mandrier-sur-Mer, Vice-Président de la Métropole TPM, rendra hommage à Latouche Tréville, au cimetière Franco-Italien à Saint-Mandrier.
A 10h, Monsieur le maire déposera une gerbe sur la tombe du commandant Louis-René-Madeleine de Latouche-Tréville, qui fut le premier commandant de la frégate de L’Hermione à partir de janvier 1779.
C’est à bord de L’Hermione qu’il a conduit La Fayette jusqu’à Boston au cours de la campagne d’Amérique, au printemps 1780.
Lieu : Cimetière Militaire Franco-Italien – route Semaphore, 83430 Saint-Mandrier-sur-Mer

 

Six-Fours – Villa Nuraghes
Jean-Marie SCHNEIDER
invité de l’association « Lumières du Sud »

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Mireille Vercellino, Présidente de l’association « Lumières du Sud », association vouée au cinéma qui est sa passion, a le chic pour inviter des gens aussi passionnés que passionnants pour parler du 7ème Art.
Et en ce 3 avril, c’est le romancier Jean-Marie Schneider qui était son invité.
Auteur de romans policiers, notre écrivain bandolais a vécu une curieuse aventure avec la télévision. c’est ce qu’il est venu nous raconter avec beaucoup d’humour.
Il faut d’abord savoir qu’il a créé une association , »Le cercle des auteurs bandolais » qui réunit quelque cinquante écrivains bandolais varois et qu’il a écrit plusieurs romans policiers, entre autre, un roman intitulé « L’affaire du Port d’Alon » qui a eu un certain succès. C’est un thriller qui raconte l’histoire d’un serial killer qui tue des jeunes filles et l’enquête va être dirigée par le commissaire Auguste Pitalugue.
L’histoire intéresse France 3 qui retient le livre et le propose à son comité de lecture, afin d’en faire une adaptation pour la télévision. Sur trois auteurs sélectionnés, c’est lui qui l’emporte et le voici qui signe donc un contrat d’exclusivité et un contrat de cession des droits d’adaptation après nombre de palabres, de discussion et de temps passé..
A partir de là, il va aller de surprises en surprises car, il l’a vite appris, une fois signé ce contrat, il n’est plus du tout maître du jeu et si on lui demande de temps en temps son avis, c’est juste par politesse car son avis pèse peu dans la balance !
Tout d’abord, le réalisateur Claude-Michel Rome décide que le Port d’Alon n’étant pas très connu, il est nécessaire de changer le titre. Ainsi le scénario deviendra « Le sang des Îles d’Or ».
Donc exit le Port d’Alon puisque le film se déroulera entre Hyères et Porquerolles, un peu à Toulon aussi à l’université Seatech de Toulon
Il faut aussi voir qu’une descente avec la technique importante et les techniciens qui suivent, auraient eu du mal à s’installer sur la plage du Port d’Alon.
Évidemment, les comédiens sont choisis sans qu’il ait son mot à dire mais cela ne le chagrine pas lorsqu’il apprend que les rôles principaux seront tenus par Antoine Dulery, Gérard Dubouche, Alexandra Vandermoot, Avy Marciano (Plus belle la vie), Isabelle Vitali (Nos chers voisins).
Petit à petit il apprend que son capitaine devient commandant que trois jeunes femmes assez sportives sont remplacées par une fille filiforme, la mine cuivre de Cap Garonne à Carqueiranne devient un blockhaus… et il n’est pas au bout de ses peines car les changements affluent au fur et à mesure que le scénario avance. C’est plus le parcours du combattant qu’un long fleuve tranquille !

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Mais bon gré malgré il suit le mouvement, se lie avec les comédiens dont Antoine Dulery qui lui dit n jour en rigolant : « Alors c’est toi le pervers qui a écrit ça… C’et quand même mieux notre scénario ! »
Il est vrai qu’alors Jean-Marie est bien obligé de passer sur beaucoup de choses car France 3 a des codes, les scénarios sont formatés à leurs exigences et qu’au final, comme l’indique le générique, le roman est « librement » adapté.
« Très, très, très librement adapté – nous dit Jean-Marie en riant – car lorsque j’ai reçu la matrice, il y avait quelques scènes, quelques convergences que j’ai retrouvées, l’ambiance du roman, la trame de l’histoire. A part ça, j’avais du mal a retrouver mes personnages et leur histoire Il y avait quand même des incohérences, et là, j’ai dû me battre pour qu’elles soient corrigées lorsque c’était possible. Mais une fois tourné, plus possible de revenir en arrière. »
D’ailleurs, preuves à l’appui, Jean-Marie nous a beaucoup amusés en nous lisant quelques scènes de son livre et en nous montrant à l’écran ce qu’elles étaient devenues !
Que reste-t-il de tout cela ?
 » Une belle et enrichissante aventure même si, durant quelques jours, j’ai eu un sentiment de frustration… qui est passé lorsque j’ai vu le score d’audience qu’a fait le film : près de 4 millions de téléspectateurs face à « The voice », ce qui n’est pas mal. Et même succès lors d’un nouveau passage et le passage sur TV5 Monde. Ceci a compensé cela ».
Si Jean-Marie a une belle plume, il a aussi un beau talent de narrateurs et grâce à lui, les spectateurs ont appris beaucoup de choses sur le tournage d’un film.
Et il est prêt à recommencer !

Jacques Brachet