Julie GAYET : « Ma sensibilité joue dans mes choix »

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Cinéma, télévision, théâtre, production… Le choix du roi… Ou plutôt de la reine, celle-ci étant en l’occurrence Julie Gayet.
Julie que j’ai souvent rencontrée à la Rochelle, au festival TV, à Toulon pour présenter «Le gendre idéal», à Marseille, sur le tournage TV de «Ca va passer… mais quand ?» et avec qui j’ai gardé de jolis souvenirs.
Jouant en ce moment sur tous les tableaux, il fallait donc qu’on se retrouve pour parler de tous ses évènements. Et on le fait, alors qu’elle revient du Festival d’Angoulème.

C’est quoi ce papy ?
Troisième volet de cette série cinématographique signée Gabriel-Julien Laferrière.
Nous avions eu un premier épisode, «C’est quoi cette famille ?» où l’on avait découvert une famille totalement foldingue composée de couples divorcés, recomposés, d’enfants, tous cousins ou demi-frères et sœurs, vivant les uns avec ou sur les autres, ne pouvant se séparer, s’aimant, se chamaillant… Bref une famille partie de deux sœurs Sophie (Julie Gayet) et Agnès (Julie Depardieu) dont on ne connaissait pas les parents. Dans le deuxième épisode «C’est qui cette mamy ?», on découvrait Aurore (Chantal Ladesou) grand-mère totalement déjantée qui recevait tous ses petits enfants en crise avec leurs parents. Et voici qu’au troisième épisode de cette cocasse trilogie, «C’est qui ce papy ?», surgit Gégé (Patrick Chesnais) un supposé grand-père, berger solitaire, ours mal léché, bougon  mais toujours amoureux d’Aurore qui fut sa maîtresse.
C’est après un accident qui a fait perdre la mémoire à Aurore qui ne reconnait plus personne mais parle tout le temps de Gégé, qu’après quelques recherches, les enfants retrouvent sa trace. Les voici donc embarquée avec la mamy amnésique sur les traces du fameux Gégé… qu’ils vont retrouver.
Et à partir de là aventures et mésaventures de toute la tribu, dont les parents partis sur leurs traces, vont se jouer à 200 à l’heure avec des répliques irrésistibles, des situations complètement dingues.
Comme pour les deux autres volets, le réalisateur Gabriel-Julien Laferrière, nous offre une comédie loufoque où les enfants ont la part belle et où les comédiens chevronnés s’amusent comme des fous car, outre ceux cités, on y trouve pêle-mêle Lucien Jean-Baptiste, Claudia Tagbo, Thierry Neuvic, Philippe Katherine, Arié Elmaleh… tous magnifiques en parents totalement dépassés et une kyrielle de jeunes comédiens prometteurs.
Le film ne devrait pas tarder à sortir mais nous avons eu la chance que le Six N’Etoiles de Six-Fours nous le présente en avant-première. Sans personne pour le présenter. Donc mon amie Julie pour en parler !

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«Julie, heureuse de te retrouver dans ce triptyque ?
Ce n’est pas un triptyque, c’est plutôt pour la peinture. Ce n’est pas une série, c’est plutôt pour la télé. Disons donc que c’est une saga ! C’est un film choral et c’est un vrai plaisir de retrouver les amis comédiens et ces jeunes acteurs  qui ont grandi avec nous et qu’on retrouve un an sur deux depuis six ans.
Heureuse aussi de retrouver Chantal Ladesou avec qui ça a été un véritable coup de foudre. Je l’adore, c’est la mère que j’aurais pu avoir tant elle adorable, drôle, c’est une femme d’une modernité folle. Et retrouver aussi Julie Depardieu qui est pour moi une vraie sœur.
Depuis le temps, on s’est créé une vraie famille et on se retrouve chaque fois avec bonheur.
Et puis cette fois, en plus d’être un film plein d’humour et très familial, il y a cette histoire d’amour qui ressort entre Gégé et Aurore, moment très émouvant… La boucle est bouclée !
Vraiment bouclée ?
(Elle rit) Va savoir ? Est-ce que Gégé est le vrai père des deux filles, car il y en a eu d’autres ! Peut-être y aura-t-il un quatrième épisode, un autre grand-père va surgir… A suivre !
En tout cas, ce que j’aime dans ce film, c’est qu’il défend de belles valeurs familiales et j’aime ça.
Les films de Gabriel permettent de parler de sujets qui touchent et de tous les combats des femmes d’aujourd’hui
Sujet qui te préoccupe beaucoup !
Oui. Avant ça, il y avait aussi eu «Poly», qui défend aussi ces valeurs familiales que j’aime. Le film est sorti une semaine après le confinement  hélas, et n’a pas bénéficié de la lumière qu’il pouvait espérer. Le réalisateur Nicolas Vannier a fait là un film familial qui défend la place de la femme».

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« Poly » – Rencontre à la Rochelle

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« Une mère parfaite »

Une mère parfaite
«Ce qui nous amène à cette série «Une mère parfaite», qui démarre sur TF1 le lundi 6 septembre.
Oui, puisque le film tourne autour de la relation mère-fille. Hélène (que je joue) apprend que sa fille est accusée de meurtre. A partir de là sa vie bascule, elle va, aidée de Vincent (Tome Sisley), un avocat avec qui elle a vécu une histoire d’amour, défendre sa fille, même si elle n’est pas certaine de ce qu’elle a fait ou pas fait.
Même si le titre est «Une mère parfaite», je pense, pour ma part, qu’une mère, une fille, une femme parfaite, ça n’existe pas. C’est très difficile de l’être et c’est difficile d’être une adolescente, une jeune fille dans notre société d’aujourd’hui faite de violence. Aujourd’hui, il faut choisir entre liberté et sécurité, les risques sont grands, de l’insulte au viol. Ce n’est pas normal, on ne peut pas accepter ça. Les bêtes ne violent pas alors que les hommes le font.
C’est pourquoi tu as adhéré à cette association : «Fondation des Femmes» ?
Évidemment car on ne plus accepter ces situations. C’est Anne-Cécile Mailfert, qui est avocate, qui l’a créée et qui en est la présidente. Elle offre une protection juridique à ces femmes battues, violentées, violées, elle a posé des statuts sur la violence et le harcèlement, elle aide, aiguille ces femmes, fait des levées de fonds pour aider, fédérer les associations, aborder tous les problèmes que ces femmes connaissent, créer des lieux dédiés pour les recevoir, des événements pour sensibiliser le plus de monde possible.
D’ailleurs, Eden Ducourant, qui joue ma fille dans cette série, a décidé de mener une campagne intitulée : «Regarde-moi bien». Elle s’y implique à fond. En lus d’un talent fou, elle est devenue aujourd’hui comme ma fille. C’est une belle découverte et j’aime mettre les femmes en lumière.
En dehors d’Eden, tu retrouves Tomer Sisley…
Oui et dans ce film il est méconnaissable !
Hasard ou choix de vous deux ?
Nous nous connaissons depuis longtemps et c’est avec plaisir que nous nous sommes retrouvés. Mais c’est un hasard dû au choix du réalisateur Fred Garson. Je n’interviens jamais dans le choix des comédiens, je suis trop respectueuse des réalisateurs. C’est leur choix, pas le mien. Ce qui compte c’est leur regard, leur point de vue.
Et que devient la productrice ?
Avec le Covid (je le mets au masculin !) j’ai un peu levé le pied. Mais j’aime toujours découvrir des sujets, des réalisateurs, des réalisatrices, les mettre en lumière. (Sa dernière production est «J’irai mourir dans les Carpates» d’Antoine de Maximy). Je suis très fière de ce que j’ai produit qui s’appuie toujours sur ma sensibilité».

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« Je ne serais pas arrivée là si… »

Je ne serais pas arrivée là si…
Et voici que tu reviens au théâtre !
Oui, avec Judith Henri qui a eu l’idée de ce duo à partir de lettres de femmes qui sont des entretiens qu’Annick Cojean a eu avec des personnalités comme Gisèle Halimi, Virginie Despentes, Christiane Taubira, Amélie Nothom… et qui avait fait l’objet d’un livre publié chez Grasset.
Nous lisons ces lettres à deux voix, comme une conversation, c’est Judith qui en a fait la mise en scène.
Les questions posées par Annick Cojean tournent autour du sujet : comment la vie m’a marquée, en bien, ou en mal, quels sont les hasards, les rencontres, les drames qui ont fait ce que je suis devenue ?
C’est un sujet universel qui, bien évidemment, m’interpelle.
Nous partons en tournée, nous passerons par l’Odéon à Marseille le 3 octobre et les 1er, 2, 3 décembre au théâtre National de Nice».

Prochaine rencontre donc à Marseille… A bientôt Julie !

Propos recueillis par Jacques Brachet

 


France 2 : « Deux femmes »
avec Odile Vuillemin et Agathe Bonitzer

DEUX FEMMES

Lundi 6 septembre 21h05
En 1965, Colette, qui revendique sa liberté de mœurs, est accusée à tort de meurtre par des policiers misogynes.L’affaire est confiée à Anne-Marie, une jeune juge d’instruction timide et réservée. Pourra-t-elle résister au machisme de la hiérarchie judiciaire de l’époque ?
Librement inspiré d’un fait divers réel, ce film raconte le combat convergent et inattendu de deux femmes aux tempéraments opposés.

DEUX FEMMES

Librement adapté d’une affaire qui a défrayé la chronique en 1965,  «Deux femmes» est un film historique qui parle de la condition féminine dans les années 1960, période de notre histoire à la fois proche et si lointaine. On a peine à croire que c’est seulement cette année-là que les femmes ont été enfin autorisées à avoir un chéquier à leur nom L’histoire de ces deux femmes que tout oppose – Colette est une jolie femme aux mœurs libérées, Anne Marie est une juge d’instruction, timide et réservée qui habite encore chez ses parents – est émouvante, touchante et surprenante.
Deux personnages qui, l’une comme l’autre, sont victimes du sort réservé aux femmes dans ces années-là. Une histoire qui fait encore écho aujourd’hui.

DEUX FEMMES DEUX FEMMES

Avec notamment : Odile Vuillemin (Colette Chevreau, Agathe Bonitzer (Anne-Marie Leroux), Aurélien Recoing (Commissaire Faurens), Nicolas Beaucaire (Pierre Chevreau), Pierre Rochefort (Inspecteur Berthelot), Wallerrand Denormandie (Robert Ferrand), Nicolas Wanczycki (Docteur Marcellin), Stephan Wojtowicz (Pierre Selignac) Réalisation : Isabelle Doval
Scénario & dialogues : Stéphane Brisset
Adaptation : Chantal de Rudel & Stéphane Brisset



France 2 – « Les Invisibles »
A partir du mercredi 08 septembre – 6×52’

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Réalisée par Chris Briant & Axelle Laffont
Une série créée par Olivier Norek, Christian Mouchart, Patrick Tringale
Avec la collaboration de Christophe Joaquin
D’après une idée originale d’Olivier Norek
Écrite par Christian Mouchart &  Patrick Tringale
Avec : Guillaume Cramoisan (commandant Darius), Nathalie Cerda (Marijo), Déborah Krey (Duchesse), Quentin Faure (Ben),  Cécile Rebboah (Angie)…
Special guests : : Élodie Hesme, Jérémie Covillault, Benjamin Egner, Laurence Côte, Adèle Galloy, Édouard Montoute, Virginie Caliari, Bastien Bouillon, Roby Schinasi, Abraham Wapler, Élise Tilloloy, Arnaud Binard, Gaëla Le Dévéhat, Arnaud Lechien.

LES INVISIBLES LES INVISIBLES
LES INVISIBLES LES INVISIBLES

Darius, vif, passionné, un brin magouilleur est le boss des « Invisibles », une brigade à la marge qui gère des enquêtes sur les corps sans identité, sans histoire, sans passé…
Son obsession ? Leur redonner une dignité, une humanité afin que les familles puissent faire leur deuil.
Son équipe ? Marijo, gouailleuse au grand coeur, toujours à râler ; Ben, ancien champion de boxe, gros nounours aux poings sensibles ; Duchesse, petite bourgeoise de 25 ans, brillante mais peu habituée au terrain et Angie qui reconstitue les corps avec un peps malicieux.
Leur mission ? Identifier les corps avant qu’ils ne finissent à la fosse commune.  Un corps calciné, une mariée emportée par les flots, des morceaux de corps à travers la ville… Ils sont mandatés pour reconstituer une vie, une destinée et rendre la justice.

LES INVISIBLES



Aix-en-Provence – LE SM’ART !… C’EST ARTY

23 au 27 septembre – Parc Jourdan – Aix-en-Provence

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Enfin !… Votre rendez-vous artistique toujours innovant et détecteur de talents. Le salon contribue au rayonnement et à la mise en avant des artistes émergents ou reconnus, des galeristes qui veulent donner de la visibilité en exposant leurs artistes. C’est la rencontre exceptionnelle avec 200 artistes professionnels, plasticiens, peintres, sculpteurs, photographes, designers, des métiers d’art, du vintage et 30 galeries d’art françaises et internationales.
Les exposants sont restés fidèles ou ont rejoint le Sm’art en cette période année si particulière.
Cette rencontre annuelle intense, originale et festive autour de l’art contemporain est plébiscitée par un public curieux de la programmation 2021 qui est riche en événements. Les curieux et les amoureux de l’Art constituent une pépinière importante de collectionneurs d’œuvres d’art contemporain dans notre région. Le Sm’art a favorisé l’émergence de nombreux et nouveaux collectionneurs, bon nombre d’entre eux se sont rendu compte que l’art n’était pas élitiste.
Le Sm’art,c’est avant tout une certaine idée de l’accès à l’art
Pour découvrir les signatures d’aujourd’hui et de demain, s’émerveiller, se rencontrer, échanger, se laisser submerger par la richesse de la création sous toutes ses formes … C’est essentiel. Il n’y a plus beaucoup de lieux où ces échanges et rencontres sont spontanés, diversifiés.
La Ville d’Aix-en-Provence permet cette découverte autour de l’art contemporain, c’est une chance.

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Programme
Les temps forts de cette édition du 15ème anniversaire
Vernissage Jeudi 23 septembre 2021 à partir de 19h jusque 23h (sur invitation)
4 invités d’honneur – 3 prestations musicales – 4 prestations dansantes – 3 conférences inédites – 2 soirées Partenaires.
Invités d’honneur
Korian : Artiste français né en 1971, compte parmi les héritiers du mouvement expressionniste Bad Painting , à l’instar de Basquiat et de bien d’autres artistes de cette génération. Il débute par une période de tags dans les rues de Paris, puis se rend à New York en 1995 où il trouve son propre style. Korian sera présent sur le salon stand n° 195.
Marcel Timmers est un artiste plasticien, designer néerlandais. Après une formation dans la fabrication d’instruments médicaux et 15 ans d’activité en tant que concepteur. Son perfectionnisme permet de réaliser des objets de très haute qualité à la finition élégante. L’artiste sera présent représenté par la Gallery Lill’Art sur le salon, stand n° 107.
Anita Fleerackers & Christine Barrès NITA, fidèles parmi les fidèles, affichent toutes les deux 15 ans de présence sur le Sm’art
Christine Barrès coloriste, originaire de Bozouls (Aveyron) se passionne pour l’art. Elle crée des portraits espiègles, malicieux ou rêveurs, qui nous offrent leur regard pétillant sur le monde. Présente sur le salon stand n° 92.
Anita Fleerackers est la globe trotteuse de l’art… Elle déborde de vitalité et c’est cette force inépuisable qu’elle imprime à ses œuvres. Elle travaille sans relâche et explore toutes les techniques. Qu’elle façonne la terre, le bronze, la peinture, elle transmet à la matière l’énergie qui la caractérise. Présente sur le salon stand n°93

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Tarifs.
Le prix d’entrée du Salon est fixé à 10€.
Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans, et les personnes à mobilité réduite.
½ tarif pour les étudiants munis d’une carte.
Tarif catalogue : 12 €
Tarif groupé entrée + catalogue : 20 €
Vente en ligne des billets sur le site – www.salonsmart-aix.com
Pass sanitaire
Conformément aux mesures gouvernementales en vigueur dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, le pass sanitaire
devient obligatoire pour toute personne souhaitant assister à un événement rassemblant plus de 50 personnes. Afin de
pouvoir accéder à notre événement, il vous sera donc indispensable de le présenter.
Présence de la croix rouge et possibilité de se faire tester.
Pour plus d’informations concernant le pass sanitaire, nous vous invitons à consulter la page dédiée
sur le site du Gouvernement.


Carqueiranne – Auditorium Clairval
Tom LEEB : «Je vais où le vent me pousse»

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Il est beau comme un dieu, regard bleu-vert sous la casquette, sourire carnassier et en plus… Il ne se la pête pas !
Il n’y a pas plus gentil, simple et souriant.
Humoriste, chanteur, comédien, à l’instar des américains, avec qui il a partagé quelques années, Tom Leeb sait tout faire. Et tout bien faire.
Pas encore très connu comme chanteur, il crève les écrans, petits et grands car on l’y voit partout. Trois films entre 2020 et 2021, idem pour la télé. Beau parcours d’artiste dont il va me parler après plus d’une heure de répet’ pour le concert qu’il donne ce soir-là dans ce bel amphi en plein air de Carqueiranne avec des oliviers pour décor. Si nous n’avions pas été attaqués par les moustiques, c’eut été idyllique. !

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Tom & Kevin – Avec Camille Lou dans « Pourris Gâtés » –
Avec Claire Keim dans Infidèle » – Avec Alice Pol dans C’est la vie »

Tom, tu es sur tous les fronts. Par quoi tout a commencé ?
En fait, tout a commencé en même temps. J’ai commencé à suivre des cours de théâtre aux Etats-Unis, puis j’ai trouvé une guitare chez moi, j’ai commencé à jouer et à composer des chansons, puis j’ai rencontré Kevin Levy avec qui on a commencé à écrire des textes humoristiques. Et on a créé un duo. Tout est arrivé en même temps, en 2013.
C’est ton père, Michel Leeb, qui t’as mis le pied à l’étrier, puisque tu as joué à ses côtés dans «Madame Doubtfire» ?
Oh, là j’avais 12 ans mais à l’époque j’étais attiré par le tennis où je me débrouillais bien et j’aurais pu en faire une carrière si je n’avais alors pas été centré sur moi : je faisais des trucs sur le terrain uniquement pour qu’on me regarde ! Ça n’a pas duré !
Alors ?
Alors j’ai laissé tomber et en 2014 j’ai été engagé dans la seconde mouture de la série «Sous le soleil.»
Il y a eu aussi «Section de recherches»…
Non, là je n’avais pas de rôle récurrent, j’y suis venu en guest pour un épisode.
Passant d’un art à l’autre, n’as-tu pas eu peur de t’éparpiller ?
Je crois que ça c’est très français, même si aujourd’hui ça s’estompe un peu. Des comédiens chantent, des chanteurs viennent au cinéma. J’avoue que je me suis même pas posé la question. Lorsqu’on me propose quelque chose que j’ai envie de faire, je ne me vois pas refuser sous prétexte que je suis chanteur ou comédien. Je vais où le vent me pousse.
Ton duo «Kevin et Tom» a bien marché ?
Oui, avec Kevin on a traversé la France et la Belgique. Ca fait six ans que ça tourne et c’est le Covid qui a tout freiné. On était en pleine tournée. Avec lui tout est arrivé par hasard. On rigolait bien ensemble, on se renvoyait la balle et on a commencé à écrire des sketches. Ça a marché. Avec l’arrêt, chacun est parti dans une autre direction mais ça ne veut pas dire que c’est terminé. On se retrouvera !

7 EUROVISION 2020 - SOIRÉE À LA Tour Eiffel

Et puis il y a eu le concours Eurovision… qui n’a pas eu lieu en 2020.Comment l’as-tu vécu ?
Pas si mal que ça. D’abord parce que j’étais surpris qu’on fasse appel à moi pour un tel concours alors qu’il y a tant de chanteurs qui ont envie de le faire et que ça ne faisait vraiment pas partie de mes objectifs. Et puis parce que ça a été annoncé en janvier et qu’en mars tout était annulé. Je n’ai donc pas eu grand-chose à faire sinon à présenter la chanson, «Mon alliée», ce qui m’a un peu exposé. Donc ça ne m’a pas vraiment contrarié. D’ailleurs, on m’a proposé de me représenter en 2021 et j’ai refusé. Je suis très fataliste, je me suis dit que si ça n’avait pas marché la première fois c’est que je ne devais pas le faire.
A propos du Covid, comment l’as-tu vécu ?
Du mieux possible. Je n’ai pas voulu broyer du noir et durant le confinement, j’ai eu une période très créative. J’ai écrit pas mal de chansons que je trouvais de moins en moins mauvaises et j’ai eu la chance que le label Roy Music me tende la main. J’ai enregistré, je suis sur des plateformes et je fais des concerts. J’aime la solitude donc tout s’est bien passé.
Tu chantes en anglais. Pourquoi ?
On me pose souvent la question. Ca me vient naturellement et ça fonctionne comme ça pour moi.
Et puis, en dehors de la musique,   j’ai eu la chance que, hors confinement, les tournages aient pu continuer.
A ce propos, depuis «Edmond», tu n’as pas arrêté, au cinéma comme à la télévision !
J’ai eu cette chance puisque, au cinéma, j’ai tourné «C’est la vie» de Julien Rombaldi et «Pourris gâtés» de Nicolas Cuche, avec Gérard Jugnot et Camille Lou qui sortira à la rentrée.
Et que j’ai eu la joie de voir !
Oh la chance ! Tu sais que je ne l’ai pas encore vu ! Alors qu’en as-tu pensé ? Excuse-moi, c’est moi qui fais l’interview !
J’ai beaucoup ri et ton rôle de Colombien avec l’accent est irrésistible. Tu crèves l’écran !
Merci, ça me fait très plaisir. Nous avons tourné un peu à Monaco, beaucoup à Marseille, on s’est beaucoup marrés, Jugnot est sympa et Camille Lou, en plus d’être belle, est d’une gentillesse  extrême.
Par ailleurs, e viens de tourner dans le film de et avec Dany Boon «8, rue de l’Humanité» pour Netflix, avec Laurence Arné, Yvan Attal, François Daemiens, Alison Wheeler.
A la télé, il y a eu deux séries.
Oui l’an dernier : «Infidèle» avec Claire Keim, Jonathan Zaccaï et Chloé Jouannet  et «Plan B» avec Julie de Bona pour TF1. Et là j’enchaîne en parallèle avec «L’amour (presque) parfait», une comédie romantique avec Maud Baeker, Antoine Dulery, Isabelle Vitalli, François Vincentelli, Evelyne Bouix pour France 2, et pour TF1-Netflix je tourne «Les combattantes», une épopée historique tournée dans les Vosges et en baie de Somme avec une belle distribution*
Comment arrives-tu à tout faire ?
(Il rit), il faut beaucoup d’organisation, j’ai un planning très serré et… Je m’en sors !»

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Le soir-même, tenue décontractée, casquette vissée sur la tête, savates aux pieds, en compagnie de son acolyte guitariste Romain, dit «Poc», tout aussi décontracté, en short, il nous offrit une concert tout en anglais de sa belle voix un peu rocailleuse, mi-jazzy, mi-bluesy, mi-country avec des riffs de guitare de folie, en totale complicité tant avec son excellent guitariste qu’avec le public, discutant avec l’un, avec les autres (C’est l’humoriste qui ressort !). On sent, et il l’avoue, l’influence de John Mayal ou de Chris Isaak qui sont ses idoles et dont il reprend une de leurs chansons entre deux de ses compositions.
C’est un concert intimiste qui s’accorde avec ce lieu magique et avant de partir, il revient seul avec un piano voix qui a fait se lever le public.
Inutile de préciser qu’après le concert, nombre de jeunes filles… et quelques mamans, ont voulu un selfie avec lui qui s’est prêté au jeu avec ce sourire qui en a fait se pâmer plus d’une !

PLAN B
« Plan B ». (Photo François Lefebvre)

Jacques Brachet
Photos Carqueiranne Patrick Carpentier
* «Les combattantes» avec Audray Fleurot, Julie de Bona, Camille Lou (les trois héroïnes du «Bazar de la charité», Sofia Essaïdi, Sandrine Bonnaire, Laurent Gerra, Tcheky Kario, Tom Leeb…..


La Crau, domaine de la Navarre
Anthony JOUBERT… avé l’accent !

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Notre ami Jérôme Leleu s’exporte de plus en plus et, contre vents, marées et Covid, le voici qu’il continue à nous proposer, avec Fantaisies Prod, des spectacles d’humour où il reçoit des pointures de cet art qui prend de plus en plus de place dans le spectacle vivant, et donne la chance à des talents nouveaux.
Ainsi cet été, à la Crau, exactement au Domaine de la Marseillaise, a-t-il installé ses tréteaux pour un «Festival des p’tits bonheurs», en fait de grands bonheurs et de jolies surprises.
Ainsi, Smaïn, Gérald Dahan, Anthony Joubert, Eric Collado, Benjy Dotti, Jovani se sont-ils retrouvés en pleine canicule mais dans un cadre idyllique entre vignes et piscine et c’est là que j’avais rendez-vous avec Anthony Joubert… que je retrouve à poil (ou presque !) dans la piscine.
Cet arlésien qui a gardé l’accent que l’on garde en naissant du côté du Midi, n’arrête pas de monter depuis son passage dans l’émission «La France a un incroyable talent» et aujourd’hui, comme Rastignac, le voici qui monte sur la capitale.
En attendant, le voici qu’il plonge dans la piscine, revient se sécher, discute avec moi, prend un coup de fil, reçoit la visite de son pote Jovany qui est passé la veille au festival*, fait quelques photos avec Patrick Carpentier… Interview à épisodes qui a duré plus de deux heures à l’ombre d’un soleil écrasant, bouffé par les moustiques !

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Alors l’Arlésien, avant cette émission de télé qui a mis le feu aux poudres, qu’est-ce qui t’a fait devenir humoriste ?
Petit, j’étais d’une timidité maladive. Je passais mon temps à observer les autres, surtout les humoristes dont j’enviais l’aisance. Je m’amusais à imiter Eric Collado, Elie Kakou et je me suis rendu compte que ça faisait rire les gens, que je devenais intéressant. Du coup, je n’ai pas eu besoin de thérapie, je l’ai trouvée et maintenant, je n’ai plus peur de rien !
Humoriste, c’est devenu une vraie passion, je travaille 14 heures par jour, c’est du boulot mais j’aime ça.
Et alors ?
Alors, j’ai commencé à me présenter dans des festivals : 17 festivals, 28 prix… Pas mal non ?
Et puis j’ai eu la chance de rencontrer Eric Collado que j’admirais et c’est lui qui m’a aidé à trouver ma voie… Et surtout ma voix !
J’avais alors 17 ans, il en avait vingt de plus et il m’a conseillé d’adapter mon écriture à mon âge : «Tu ne peux pas jouer un père de famille à 17 ans, ce n’est pas crédible. Adapte tes textes à ton âge.»
Il m’a aidé à les écrire. A partir de là, j’ai décidé de me lancer. Je n’avais rien à perdre. Personne ne me connaissait, si je faisais un bide, personne ne le saurait !
C’est difficile de faire rire ?
C’est comme un matador qui doit driver le taureau et qui doit surprendre le public.
Là, devant le public, tu dois faire rire sinon tu es cuit. Pour ça, il faut foncer, bien écrire et surtout attirer la sympathie du public. Tu livres chaque soir un vrai match. Mais j’aime les défis, j’aime prendre des paris.
Ta rencontre avec Collado, en fait, a été le déclic !
Complètement. Il m’avait vu au Chocolat Théâtre à Marseille et m’a proposé de m’aider en m’écrivant vingt minutes de spectacle.
Il m’avait donné rendez-vous à Toulon, nous sommes arrivés chacun de notre côté, un peu comme Roger Moore et Tony Curtis dans «Amicalement vôtre» ! Il était déjà dans le groupe «Nous c’est nous» avec entre autres Jean Dujardin et Bruno Salomone. Il nous a écrit «Entre père et fils». C’était crédible car il a vingt ans de plus que moi et il est devenu mon père du spectacle !

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Et puis il y a eu «Incroyable talent»
Où j’étais perdu entre danseurs, trapézistes, prestidigitateurs ! Un humoriste au milieu de tout ça, c’était un peu décalé. J’étais dans mon coin quand un type m’a demandé ce que je faisais. J’ai dit : «Je jongle avec des chiens nains». Tout le monde s’est marré, on m’a mis aussitôt un micro, le producteur a aimé ça et même si je n’ai pas gagné, il m’a proposé de co-animer l’émission de l’année d’après avec Jérôme Anthony.
Et tout s’est enchaîné !
Oui et j’ai eu la chance de ne pas avoir à taper aux portes, je n’aurais pas su faire. On m’a proposé beaucoup d’émissions de télé dont «On ne demande qu’en rire» et j’ai monté mes propres spectacles.
Et tu as même fait du cinéma…
J’ai fait… un film, «Vive la France» ! C’est vrai, je reçois des scénarios mais c’est toujours pour jouer un policier ou un facteur avec l’accent qui est fan de l’OM ! Mais là, la demande est venue de Michaël Youn et même si c’était un rôle de policier, ce qui m’a intéressé c’est qu’il était homo !
Et puis il y a eu le web…
Là encore, le hasard : J’entends un parisien qui a fait une chanson sur l’OM. Je trouve ça mauvais et sans humour et je lui réponds sur sa propre chanson. Je la publie et en deux heures j’ai 800.000 vues !
Je n’y croyais pas. Du coup j’ai continué à en faire et aujourd’hui j’en suis à cinquante millions de vues et 500.000 abonnés !!! En plus il y a eu le Covid, le confinement et je m’en suis bien servi.
Tu chantes aussi !
Oui, je fais le chanteur de temps en temps, je reste dans l’humour.

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Avec son pote Jovany et… avec moi et la chemise de son père !

Tu as fait un clip avec Alex Dana ex L5.
Oui, elle est marseillaise, on se connait et elle voulait faire un duo avec moi sur la chanson «Si on devait mourir demain» de Pascal Obispo, qu’il chante avec Natasha St Pier. On a pensé, puisqu’on était en période de confinement, à ce qu’on pouvait faire si tout à coup on devait ressortir. Et ça a donné «Si on devait partir demain». On a tourné le clip à Marseille, à Carry le Rouet et à Cabriès.
En fait, tu es toujours dans le Midi «Arlésien cœur fidèle» !
Je t’avoue qu’ en ce moment je vis plutôt dans le train ou dans ma voiture. Ma voiture est devenue mon épicerie !
Mais c’est vrai que je suis fidèle à Arles. J’ai récupéré la maison de mes parents, tous les deux ont aujourd’hui disparu mais j’y ai tous mes souvenirs d’enfance, c’est la maison de mon père et je l’ai rachetée avec beaucoup de difficultés car j’ai eu des problèmes avec ma sœur qui est en fait la fille de ma mère et pas de mon père.»
Là un petit blanc au souvenir de son père… mais l’humour revient vite alors qu’il me dit : «Tu sais, mon père avait la même chemise que toi. Ça m’a fait un choc lorsque tu es arrivé !»
J’ai failli la lui donner mais comme je n’avais rien d’autre, je l’ai finalement gardée.
Aujourd’hui, notre ami se partage entre spectacles et web car il continue ses petits tournages qui ont un succès fou et il se prépare à affronter la capitale.
«Je suis un micro comédien, je suis en bas de la ligue 2, il va falloir que je m’accroche pour monter en ligue 1 – me dit-il en riant – car Paris ce n’est pas encore gagné, il y a encore beaucoup d’à priori sur les artistes avec accent mais je tiens à le garder… Et je n’ai pas dit mon dernier mot !»

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier
* On retrouvera Jovany au théâtre Daudet de Six-Fours  le samedi 26 février à 20h30 et 22h et au Centre Culturel Marc Baron de St Mandrier le dimanche 27 février à 17h et 18h30



Sanary : The Voice sous les étoiles

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Comme chaque année, l’ami David Rigot nous amène quelques belles voix de l’émission «The Voice» à Sanary. Ces voix qui nous ont fait vibrer, qui nous ont surpris, charmés, semaine après semaines, et que nous avons suivies avec impatience et curiosité chaque samedi sur TF1.
Cette année, nous avons eu droit encore à un bouquet de voix superbes en les personnes de Mentissa Aziza, Jim Bauer, Louise Mambell, Arthur Chaminade et, en invité surprise venu en voisin de Fréjus, Otta. Trois protégés de Marc Lavoine , une de Vianney et un d’Amel Bent.
Inutile de dire qu’ils firent le plein sous les étoiles de Sanary et que, comme chaque année, nous avons essayé de les connaître un peu mieux qu’à travers la télé.
C’est toujours un peu compliqué de les réunir pour discuter un moment, d’autant que cette année ils ne sont pas arrivés ensemble, ils ont dû répéter chacun leur tour mais avec l’aide de David, tout s’est passé le mieux du monde.
Et le concert a été un feu d’artifice de voix superbes, chacun chantant en solo puis en duo et enfin , dans un final choral avec «We are the champions» qui a soulevé la foule.
Foule qui s’est retrouvée nombreuse pour les dédicaces.

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Louise Mambell & Mentissa Aziza

C’est Louise Mambel la toute jolie, la toute douce, qui sait se déchaîner sur scène, qui passe la première sur le grill de l’interview !
« Louise, tu es «La régionale» du groupe puisque tu nous viens de Pertuis…
Oui, et d’ailleurs ce soir toute ma famille est là, ma mère va me voir sur scène pour la première fois et je fêterai l’anniversaire de ma sœur. Ce sera un beau moment.
Comment es-tu arrivée sur l’émission ?
Je me destinais à la coiffure que je pratiquais depuis deux ans. Je chantais chez moi sans penser qu’un jour j’aurais envie de faire ce métier. Puis j’ai un peu chanté dans un groupe et l’on m’a trouvée sur les réseaux sociaux… J’ai découvert un autre monde, même si, au départ, je n’y croyais pas trop. Et puis il y a eu trois auditions avant que je sache que j’étais prise. Je me suis retrouvée dans une autre dimension : les plateaux, les lumières, l’orchestre, c’était très surprenant. C’était du bonheur, du stress, mêlés.
Sauf que cette année il n’y avait pas de public.
C’est vrai qu’au départ ça fait drôle mais on s’y habitue très vite et on entre dans le jeu, on essaie de passer les épreuves. On se fait des amis et on passe des moments de joie et de tristesse comme lorsqu’après la battle j’ai vu Margot s’en aller. C’était triste mais on sait que c’est un jeu et qu’il y a des gagnants et des perdants. Il faut continuer.
Chanter devant quatre fauteuils…
C’est à la fois stressant et impressionnant. Tout en chantant, on espère qu’il y en aura au moins un qui se retournera. Mais ça passe très vite, on essaie de rester concentrée durant deux minutes et c’est le soulagement quand ça se termine avec des fauteuils retournés.
Avais-tu pensé au choix éventuel de ton coach, en l’occurrence Marc Lavoine ?
Non, d’abord parce que je ne voulais pas me faire des idées et puis, je m’étais dit que si certains se retournaient, je choisirais en fonction de ce qu’ils me diraient, j‘agirais au feeling. C’est ce que j’ai fait et je n’ai pas eu à le regretter car Marc reste accessible, il me suit, on s’appelle.
Où en es-tu aujourd’hui ?
Il y a d’abord cette tournée où je retrouve des copains et surtout où je rencontre le public dont on a été privé durant l’émission et ça s’est formidable. Et je prépare un single qui sera suivi d’un EP mais je préfère ne pas en parler. Mais une chose est sûre : fini la coiffure !

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Mentissa Aziza, c’est «The Voice» par excellent, un sourire lumineux et une belle sérénité.
Mentissa tu nous viens de Belgique où tu as déjà fait tes preuves. Pourquoi ne pas avoir fait «The Voice» en Belgique ?
Mais j’ai participé et même gagné «The Voice Kids» en Belgique. Malheuresement en Belgique au niveau de la chanson, ça reste très limité. Mais s’i l’on m’avait appelée, je l’aurais certainement fait. La France était donc une opportunité et l’on prend beaucoup plus la musique au sérieux qu’en Belgique.
La musique, ça a toujours fait partie de ta vie ?
Oui, déjà à 12 ans déjà j’en étais baignée grâce à ma maman qui d’ailleurs m’a toujours soutenue et qui, entendant ma voix, m’a conseillé de tenter ma chance. J’avais commencé par faire de la danse mais j’ai commencé à me présenter à des concours, j’ai de plus en plus été prise par la musique. En fait, ça fait dix ans que je chante.
Alors, se retrouver devant quatre fauteuils retournés, à quoi l’on pense ?
J’étais stressée bien évidemment mais surtout je pensais : «Tu as mis la barre très haut, tu chantes depuis des années, tu n’as pas intérêt à te louper. Il faut qu’au moins un fauteuil se retourne !». Et il y en a eu trois… l’honneur était sauf !
Et là, le choix du roi !
Oui, c’était difficile mais choisir Vianney est en fait une question de génération. Vianney, c’est mon univers musical et de plus j’ai découvert un bel artiste, à la fois humble et humain, il y a eu très vite une complicité entre nous Il m’a toujours laissé choisir les chansons que je voulais chanter, sauf aux battle ou là, on est deux. Mais même là, ça a été un choix que l’on a fait ensemble avec la production.
C’est d’ailleurs un moment difficile car on lie des amitiés et tout à coup on se retrouve dans un combat où l’on sait que l’un des deux va perdre. C’est cruel mais c’est la vie.
Aujourd’hui où en es-tu ?
D’abord il y a le plaisir de retrouver un vrai public dont on était frustré durant les enregistrements. Et se retrouver  sur scène avec les amis et devant tous ces gens qui nous ont soutenus, c’est une immense joie car ils nous ont beaucoup manqués.
Aujourd’hui j’ai gardé des contacts avec Vianney qui continue à m’encourager. Il a tenu sa promesse, il ne me laisse pas tomber et c’est le début de l’aventure. Une autre étape avec un disque qui se prépare.
Mais ça reste confidentiel.

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Arthur Chaminade & Jim Bauer

Arthur Chaminade est le petit lutin de la troupe. Lutin bondissant, souriant, charmeur au sourire ravageur, on a pu entendre les cris de ses fans à chacune de ses apparitions sur scène..
Il a 27 ans et déjà, il vit de la musique et il a failli ne pas participer à l’émission.
Explication…
Je chante depuis que j’ai 14 ans où j’avais déjà un groupe, j’ai fait beaucoup des concerts et des clips avec un groupe : After Ivory, je suis sur les réseaux sociaux et c’est là qu’un casteur de l’émission m’a vu et m’a interpellé. Au départ, je me suis posé beaucoup de questions car j’avais des projets, j’étais heureux de la vie que j’avais et je me demandais à quoi pourrait me servir de faire ce concours. Si l’on m’avait fait la proposition à 18 ans, je n’aurais pas hésité.
Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?
Le fait que ça pourrait m’apporter une visibilité pour la suite. Aujourd’hui je ne le regrette pas, c’est une belle reconnaissance, j’ai rencontré Marc Lavoine avec qui ça a bien fonctionné. Nous avons discuté de longues heures face à face ou au téléphone, nous avons eu de beaux échanges. Habitué à la scène avec des centaines de galas que j’ai faits, il m’a fait confiance, laissé le choix des chansons dans lesquelles je me sentais à l’aise. J’ai très vite trouvé ma place et pris beaucoup de plaisir.
Qu’est-ce qui t’a le plus stressé ?
Comme nous tous, la battle où tout à coup tu te retrouves devant un ami qui devient ton ennemi !
C’est difficile car à la fois tu sais que tu dois gagner mais que, si tu gagnes, tu vas évincer quelqu’un avec qui tu as créé des liens. Mais c’est toi ou lui et il faut que tu sois le meilleur.
Et le fait de ne pas gagner ?
On sait d’avance qu’il n’y en aura qu’un et participer est déjà gagné d’avance. D’ailleurs, dès que j’ai été éliminé, j’ai reçu des propositions pour chanter mais aussi, et ça ce n’était pas prévu, pour faire du cinéma !
Ça t’intéresse ?
Pourquoi pas ? Mais d’abord je vais faire mon album et après on verra. Aujourd’hui, le plus important et de retrouver un public dont on a été frustré durant des mois. Ça fait beaucoup de bien autant à nous qu’à lui. Le cinéma, c’est plus par curiosité que par envie car je n’y avais jamais pensé, ce n’est pas mon milieu mais ce peut être excitant à tenter.

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Enfin Jim Bauer, déjà star grâce à ses prestations aussi folles qu’originales et inattendues comme cet improbable version de «Tata Yoyo» ou «Angie» des Stones. Un déjà beau parcours d’auteur-compositeurs pour des chanteurs et non les moindres comme Slimane, Florent Pagny, Amaury Vassili, Jean-Baptiste Guégan, Bénabar, Barbara Pravi qui a représenté la France à l’Eurovision…
Mutique, visage fermé, lunettes de soleil, il est déjà dans sa bulle et le sera jusqu’au concert où là, il s’éclate, véritable bête de scène qui en fait des tonnes et le voilà délivré, sourires aux lèvres et prêt à parler.
Jim, quand on a cette carrière d’auteur compositeur, pourquoi se présenter à «The Voice» ?
D’abord, sache qu’au départ je suis chanteur. J’ai chanté avec des groupes, j’ai enregistré deux singles et ça dure depuis dix ans. J’ai même fait un CD quatre titres en anglais avec un groupe «The Misfit Boys». C’est vrai que depuis, j’avais un peu abandonné mais au bout de ces dix ans, j’ai pensé que c’était le bon moment pour revenir à la chanson. J’étais plutôt dans de la musique underground, c’était la fin d’une époque et plein de choses changeaient.
Mais je dois te dire qu’on m’a proposé plusieurs fois de faire «The Voice» et qu’à chaque fois je refusais. Je me suis dit que c’était le moment.
Et alors ?
Je n’en menais pas large de me retrouver devant ce fauteuil et je me disais que si personne se retournait ce serait un peu la honte… Mais c’est passé !
Alors qu’on savait que tu avais travaillé pour Pagny, on pensait que tu le choisirais comme coach.
Oui mais ça, ce sont des ragots ! D’abord j’ai écrit pour Pagny parce que j’avais des rapports avec Slimane et c’est lui qui m’a proposé d’écrire pour Pagny… que je n’avais jamais rencontré !
Malgré cela, je ne pouvais pas le choisir car dans le métier ça se savait et qu’il y aurait quelques personnes «bienveillantes» qui signaleraient certainement la chose. Je ne voulais pas non plus prendre Amel Bent car elle est trop proche de Slimane. Il me restait donc deux alternatives et si j’ai choisi Marc Lavoine, c’est qu’il était plus proche de ce que j’avais envie de faire. Il est aussi comédien et c’est quelque chose qui me plaît.
Tu as également travaillé avec Clara Luciani ?
Oh là, c’était en 2014, un projet de Marc Collin qui avait décidé de monter un groupe de trip Hop nommé «Bristol», auquel j’ai participé avec Clara. Il s’agissait de revisiter version sixties des morceaux qui n’étaient ni de moi, ni de Clara. C’est vieux ça !
Est-ce que tu as déjà travaillé avec tes parents ?
(Son père est Axel Bauer (Cargo – A ma place avec Zazie) et Nathalie Cardone (Hasta siempre)
Non car je n’ai jamais voulu mêler métier et vie de famille. Mais j’ai quand même écrit une chanson à ma mère l’an dernier.
Est-ce que ce sont eux qui t’ont influencé à faire de la musique ?
Non ,je prenais des cours de musique mais contrairement à ce qu’on peut penser, j’ai écrit une chanson… pour ma prof de musique ! Et à partir de là, la musique m’a rattrapé !
Aujourd’hui, quelle est la suite de l’aventure ?
Je prépare un album mais l’originalité et que je le crée de A à Z, c’est-à-dire que je chante, j’écris paroles et musiques, je fais les orchestrations, je mixe… Bref je suis à tous les postes et ça ne s’est encore jamais fait !»
Encore une originalité de Jim… Il n’a pas fini de nous surprendre !

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Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier




Sanary sous les étoiles : Amaury a encore frappé !

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Et nous revoici avec Amaury Vassili à Sanary où il était passé l’été dernier.
Le revoici dans son récital piano-voix avec son pianiste habituel Timothée Bakoglou avec qui l’on sent la complicité entre les deux artistes. Derrière son magnifique piano il mène la danse  avec ses arpèges qui enveloppent  la voix immense d’un Vassili décontracté, parlant avec le public… qui lui répond et qui reprend avec lui les chansons.
Avec maestria et une facilité déconcertante, il passe de la pop au classique il se réapproprie les musiques, charmant un public conquis dès la première chanson, époustouflé par la maîtrise de cette voix ample et unique de ténor.

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Avec Noël et Mathilde Lebrethon

Standing ovation de celui-ci, avant qu’il ne se précipite pour lui faire signer disques et photos qu’Amaury signera jusqu’au dernier.
L’après-midi, il avait consciencieusement répété avant qu’on ne s’installe un moment pour bavarder, suivi d’une petite et devenue traditionnelle séance photo.
A la fin du spectacle, Noël Lebrethon, président de Sanary Animation, s’il ne lui a pas offert le bouquet traditionnel qu’il offre aux dames, et venu avec Mathilde, son épouse, le féliciter.
Ce fut encore une belle soirée estivale.

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Avec son pianiste Timothée Bakoglou

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier


Cécile BOIS : Le retour de Candice Renoir sur France 2

Saison 9 inédite – A partir du vendredi 27 août à 21.05

CANDICE RENOIR EPISODE 6

Candice Renoir, que l’on avait laissé dans la tourmente, revient plus combative que jamais dans une nouvelle saison.
Elle devra ainsi composer avec une nouvelle collègue : Pénélope Valier, interprétée par Maëlle Mietton, chef du groupe stups à la BSU (Brigade de sûreté urbaine) de Sète. Ambitieuse et compétente, elle pourrait convoiter son poste. Mais Candice n’a qu’une devise : « Jamais vaincue ! ».
Candice, qui a couvert les frasques d’Antoine a reçu une double sanction : administrative – un blâme – et judiciaire – elle s’est vue retirer son habilitation d’OPJ par la procureure. Elle conserve son grade de commandant sans avoir le droit d’enquêter ni de rédiger d’actes. La voilà détrônée à la tête de son groupe par une enquêtrice hors pair, Pénélope Valier. Candice feint l’indifférence et cultive son jardin, mais combien de temps tiendra-t-elle ?
Sa mise au placard est aussi un cataclysme qui oblige Candice à repenser sa vie personnelle, à commencer par sa relation avec Antoine. Partant du constat qu’ils sont toxiques l’un pour l’autre, Candice décide d’instaurer une distanciation amicale entre eux. Oui, mais… peut-on vraiment être amis quand on s’aime d’un si grand amour ?
Pendant ce temps, la BSU de Sète se retrouve, au propre comme au figuré, au cœur d’une tempête…

CANDICE RENOIR CANDICE RENOIR

On retrouve Candice depuis maintenant dix ans avec toujours le même plaisir. Son beau regard et son sourire irrésistible font… qu’on n’y résiste pas !
J’avais envie de la retrouver pour parler de ces nouveaux épisodes qui nous seront proposés dès la fin du mois.
Cécile, comment avez-vous retrouvé Candice ?
Je sortais trois jours avant de mon tournage de «Gloria» qui avait été dur et éprouvant. Retrouver ma famille et mon personnage a été un grand plaisir même si la Covid est passée par là, qui nous a beaucoup impactée, d’autant que l’ai eue et là, on a conscience de la réalité de la maladie. Ce n’est pas un leurre, c’est loin d’être anodin. On bascule dans une tout autre vie… Sans compter qu’au départ il n’y avait pas de précédent, on ne savait pas où on aller. Nous avons tourné de septembre à la mi-mai avec deux arrêts.
Le tournage n’a-t-il pas été un peu compliqué ?
Evidemment que ça n’a pas facilité les choses puisqu’on a dû être souvent testés, il fallait avoir les masques sauf lorsqu’on tournait. Nous avons eu deux cas dans l’équipe. Mais en prenant toutes les précautions, nous y sommes arrivés.
Alors, que va-t-on découvrir cette saison ?
Tout d’abord, c’est une saison qui sera plus tournée vers la comédie. La saison dernière était plus dramatique, il a été décidé que celle-ci serait plus légère, même si l’on aborde des sujets sérieux, des sujets de société, réalistes, comme l’homosexualité, la chirurgie esthétique…Donc plus de scènes drôles, afin de lutter, de résister contre cette sinistrose qui pèse sur nos épaules.
Dans cette série, j’ai aussi rendez-vous avec mon fils, Jules (Etienne Martinelli)

CANDICE RENOIR SAISON 6 1F CANDICE RENOIR SAISON 6

Avez-vous votre mot à dire sur le scénarios, les situations ?
Pas forcément… Mais je le fais ! Pas par fronde mais simplement pour améliorer la scène ou mon personnages. On m’écoute quand même car depuis dix ans, je commence à le connaître, mon personnage ! Mais on en parle tous, réalisateurs et comédiens et jusqu’à la chaîne
Depuis deux, trois ans, on peut intervenir car avec le temps les histoires sont plus difficile à trouver. Ceci dit, je découvre le scénario cinq à dix jours avant.
Candice arrive-t-elle encore à vous surprendre ?
Pas vraiment et ça ne me gêne pas. C’est moi qui la réveille dans mes intentions, ma façon de l’interpréter et de m’en émanciper.
La série a de loin dépassé la France et passe dans de nombreux pays. Vous êtes-vous entendue doublée dans d’autres langues ?
Pas beaucoup mais en Italien le débit est beaucoup plus rapide, en Allemagne c’est très drôle ! Bien sûr ça surprend de se voir parler dans d’autres langues mais ça me va !
Par contre, il y a une version polonaise, je crois, qui a été tournée avec des comédiens du pays. C’est très drôle aussi et en même temps, c’est très gratifiant de savoir que ce personnage est apprécié dans d’autres pays.

CANDICE RENOIR SAISON 6

Lorsque nous nous étions rencontrés à la Rochelle, nous avions ri d’un sujet : votre poids : les producteurs ne voulaient pas que vous maigrissiez ! C’est toujours le cas ?!
Non, ça s’est amélioré ! En fait, l’équipe s’en moque un peu et surtout tous m’ont dit qu’ils me trouvaient très jolie, ce qui est très valorisant. Alors quelques kilos de plus ou de moins, ça ne change pas grand-chose.
Vous avez tourné à Sète où se tourne également «Demain nous appartient». Vous rencontrez-vous ?
Pas beaucoup car le tournage est intense, d’un côté comme de l’autre. On n’a pas beaucoup de temps pour faire du tourisme et se rencontrer. Comme c’est la même production, un jour elle a organisé un repas où tout le monde s’est rencontré et c’est bien de tous se connaître. J’avais deux amis sur le tournage : Alexandre Brasseur que je vois souvent et Samira Lachhab qui n’est plus dans la série.
Sinon, c’est vrai, nous nous croisons de temps en temps mais on n’a pas le temps de se voir vraiment.

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Ce n’était pas à Sète mais au festival TV de la Rochelle !

Raphaël Lenglet est aujourd’hui comédien et réalisateur de la série. Comment cela se passe-t-il ?
Très bien, il est très bienveillant. Nous nous entendons bien comme avec tous d’ailleurs. Pour moi, c’est une seconde famille».

Jacques Brachet

CANDICE RENOIR SAISON 6 CANDICE RENOIR SAISON 6 CANDICE RENOIR

Saison 9
Episode 1
: Petite négligence accouche d’un grand mal
Réduite à effectuer des tâches administratives, Candice sanctionnée pour avoir couvert Antoine, doit faire l’inventaire des scellés. Elle essaie de faire bonne figure devant les membres de l’équipe qui tour à tour viennent lui rendre visite.
C’est alors qu’une jeune femme se présente à l’accueil : Professeur d’acrobatie, cordiste intérimaire, elle se dit victime de harcèlement. Le temps que Candice plante son inventaire pour la rattraper, la jeune femme a disparu… Elle est retrouvée morte au pied du phare de Sète.
Candice ne croit pas aux coïncidences, il s’agit très certainement d’un meurtre. Mais comment va-t-elle enquêter en ayant perdu son habilitation d’OPJ ?
Episode 2 : Rien ne sert de courir
Tandis que Candice est toujours confinée dans le petit bureau au niveau de l’accueil, Antoine envoie Val sur les lieux d’un accident de la route dont le conducteur a été tué sur le coup… A priori un banal accident. Mais, en examinant l’intérieur de la voiture, Val remarque qu’une cache, vide, s’est ouverte sous l’effet du choc, typiquement du genre qui sert à dissimuler de la drogue. Pourtant, la victime a tout d’un inoffensif
papy de 75 ans… Pénélope, la patronne du groupe stups qui assure l’intérim de Candice, débarque avec une équipe cynophile qui détecte bien des traces de drogue. Une double question se pose : s’agit-il vraiment d’un accident ? Et où est passée la drogue ?

CANDICE RENOIR SAISON 6

Réalisation : Pascal Lahmani – Christelle Raynal – Raphaël Lenglet
Direction de collection : Fabienne Facco
D’après un concept de Robin Barataud – Jean Reynard – Brigitte Peskine
Avec : Cécile Bois (Candice Renoir), Raphaël Lenglet (Antoine Dumas), Ali Marhyar (Mehdi Badou), Yeelem Jappain (Valentine Atger), Olivier Cabassut (Armand Marquez), Marie Vincent (Nathalie Delpech), Clara Antoon s(Emma Renoir), Christophe Ntakabanyura (Ismaël Ndongo), Maëlle Mietton (Pénélope Valier)




Gilbert BECAUD… 2O ans déjà !

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Eh oui, voici déjà 10 ans que Mr 100.000 volts nous a quittés. Et voici 50 ans qu’il a créé ce tube international qu’est devenu «Et maintenant». On ne pouvait passer sous silence ce double événement, d’autant que depuis sa disparition, on a beaucoup plus fait cas d’Aznavour, de Breln de Dassin ou de Cloclo que de lui, pourtant immense auteur-compositeur et chanteur, lui qui a tout inventé de la musique et des rythmes “modernes”, lui qui a été le premier à dépoussiérer la chanson française, lui qui a été “idole” avant les idoles et qui a été l’objet du premier fan club, lui qui est à l’instigation de cette mode étrange de casser les fauteuils de plaisir, de joie, de folie, lui qui a rendues folles les premières fans de chanteurs…
Bref, lui sans qui peut-être, les années 60 françaises n’auraient pas été ce qu’elles ont été.
Et que ce soit un Toulonnais qui soit au début de ce revirement musical incroyable, me comble d’aise, de joie, de fierté. Par contre, ce qui me désole c’est qu’aujourd’hui, il semblerait qu’on l’a oublié alors qu’on commémore des fêtes de beaucoup d’autres chanteurs qui n’ont pas eu, loin de là, la carrière internationale qu’il a eu.
Bien entendu, durant mes pérégrinations journalistiques, j’eus l’occasion de rencontrer souvent l’ami Bécaud car, quoiqu’on ait pu dire de son caractère, il m’a toujours reçu avec gentillesse et simplicité, jusqu’à sa dernière tournée où, comme un symbole, alors qu’il se prêtait à une petite séance photographique, il me fit ce “bonjour” (ou cet adieu !) de la main… Il devait disparaître quelques mois après…
Disparu en 2001, François Silly de son vrai nom, est donc né à Toulon, bercé par ces marchés de Provence qui sont loin d’être entièrement toulonnais, comme on aimerait à le croire
Il est un des seuls artistes à avoir franchi la barrière américaine et certaines de ses chansons ont franchi les mers pour devenir des tubes internationaux comme “Et maintenant”, “Nathalie”, “Je t’appartiens”, “Madame Rosa”, une comédie musicale… qu’il n’a pu monter en France et que devait jouer Annie Cordy…
Nombre d’artistes internationaux ont repris ses chansons qui sont intemporelles.

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Il avait le rythme dans la peau et ce n’est pas pour rien qu’il fut surnommé “Monsieur 1000.000 volts !”
C’est en 1994, alors qu’il fêtait, comme il m’avait dit, “40 ans d’amour”, que je le rencontrai pour la dernière fois.
Incroyable…Les années étaient passées, la maladie aussi et il restait le fringant jeune homme qui, en quelques notes assenées sur un solide piano bien tempéré, avait changé la face de la chanson française, par le rythme qu’il y apportait, la folie qui faisait casser les premiers fauteuils de l’Olympia…
Musicalement, l’éclatement des années 60 en France, se fait grâce à lui.
Fidèle à l’Olympia qui l’a alors accueilli 29 fois, il aura fêté ses 40 ans… au Palais des Congrès !
Si nombre de chanteurs ont écrit un livre de mémoires, lui, il fait un nouveau disque “Mea culpa”.
Ce qui mérite une explication. Qu’il me donnera avec le sourire et la simplicité dont il ne s’est jamais départi, confortablement installé dans sa loge du Zénith-Oméga de… Toulon, duquel il a fait l’ouverture et où il revient deux ans après !

“Deux fois en deux ans à Toulon, c’est exceptionnel tant il est vrai que, par le hasard des itinéraires, je ne m’y suis finalement pas produit souvent… Et pourtant, bien évidemment, je reste attaché à cette ville… Mais comme je le dis dans une chanson : “Quand t’es petit dans le Midi, t’es pas petit comme ailleurs….avant de parler… tu mens !”
Justement, quels souvenirs gardez-vous de votre ville natale ?
Surtout le souvenir de vacances d’été car il faut savoir que je suis allé habiter Nice alors que j’avais un an.
Mais je revenais à Toulon pour revoir ma mémé, mon pépé et mon “tonton jardin”…
Je me souviens d’une petite maison, d’un appartement au troisième étage d’où l’on voyait, d’un côté, les rails de chemins de fer et l’usine à gaz, et de l’autre, un grand jardin… Y revenant adulte, j’ai retrouvé les rails, mais beaucoup moins imposants, l’usine avait disparu et le jardin… je l’ai trouvé vraiment beaucoup plus petit que dans mes souvenirs !

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Alors, ce “Marché de Provence”, finalement, il est toulonnais ou Niçois ?
Il est… provençal ! Né à Toulon et découvrant ce marché du Cours Lafayette l’été et vivant à Nice et voyant le marché tous les jours, je me suis rendu compte qu’il y avait plein de points communs et c’est donc en fait un mélange des deux !
Ces points communs ?
Les sensations, les odeurs, le soleil, l’accent… C’est en fait le marché de Louis Amade !
Alors, cette année, vous fêtez vos 40 ans de carrière et, au lieu d’écrire, comme nombre de vos collègues, un livre de souvenirs, vous nous offrez un disque..
Le disque, ce n’est pas une idée à moi mais de mon équipe…
Je n’aime pas parler de moi et je n’aurais jamais eu l’idée d’écrire mes mémoires, même si nombre d’éditeurs me l’ont demandé. Je pense que je n’aurais même pas eu l’idée de faire ce disque et mon entourage a dû insister deux ans et demi avant que je ne dise oui. Mais attention : ce n’est pas un disque testament. C’est simplement l’histoire d’un homme et d’un chanteur et tout ce que je chante est authentique. Quant au livre, sachez qu’il n’y aura jamais une bio signée de moi.
D’abord parce que je n’ai pas de mémoire, puis parce que je ne suis pas passéiste et enfin parce que j’ai trop de projets pour m’appesantir sur moi et sur mon passé…
Vous avez toujours été fidèle à l’Olympia depuis vos débuts et voilà que vous allez faire la fête au Palais des Congrès !
Et alors ????
Il faut bien de temps en temps changer l’eau des églises !
Vous savez, je fais rarement ce qu’il est “normal” de faire ! Ne vous en faites pas, il y aura un Olympia ! C’est une salle plus intime où l’on se sent plus proche du public… Comme je le chante, “Il est à moi” (l’Olympia !)… Mais le Palais des Congrès est une très belle salle et j’avais envie de m’y installer… Voilà tout.
Satisfait ?
Satisfait !… Après tant d’années, arrivez-vous encore à surprendre le public ?
(Il rit). Difficile de faire parler botanique aux fleurs ! C’est au public qu’il faut poser cette question ! En tout cas, ce qui est formidable, c’est que le public, lui, continue à me surprendre. Il n’est pas toujours là où je l’attends, il fait un succès d’une chanson à laquelle je ne m’attendais pas… Et vice-versa. C’est mystérieux… Et c’est bien !

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En tournée. Arrêt à Nice.

Avez-vous des exemples ?
“Et maintenant” que l’on a écrit très vite alors qu’on bloquait sur une chanson qui me tenait particulièrement à cœur. Si je ne me souviens même pas du titre de la première, la seconde a littéralement explosé en France et dans le monde entier sous le titre de “What now my love”, qu’ont chanté des tas d’artistes comme Petula Clark, Franck Sinatra, Elvis Presley, Sonny and Cher, Bob Dylan, Diana Ross, Johnny Mathis, Shirley Bassey, Sammy Davis, Marianne Faithfull, Barbra Streisand, Judy Garland, Nana Mouskouri
Pour rigoler et imiter les Platters, j’ai fait “Le jour où la pluie viendra” qui a été chantée par plein de chanteurs et a également fait le tour du monde et un énorme succès en Allemagne sous le titre de “Am tag als der regen kam” par Dalida qui l’a aussi enregistré en italien et en espagnol). Elle a d’ailleurs fait aussi un tube en Italie avec “Et maintenant” (Che mai faro) ainsi que Milva, Ricchi e Poveri. Sans compter les chanteurs français qui sont aussi nombreux. (On garde en mémoire les versions de Johnny ou encore de Grégory Lemarchal)
On ne fait pas des standards tous les matins et c’est ça l’intérêt du métier.
A propos de ces chansons qui ont fait le tour du monde, quelles sont vos versions préférées ?
Oh la colle !!!
D’abord, je ne dois pas les connaître toutes… Disons Sinatra, Petula Clark Elvis Presley… Pas mal le petit, belle voix !
Enfant, vous imaginiez-vous que vous deviendriez une star internationale ?
Petit, surtout dans le Midi, comme je le chante sur cet album, tout paraît possible…
J’ai toujours aimé la musique, j’ai fait des études classiques au conservatoire, donc, je savais déjà que ce serait la musique. Mais devenir chanteur et “vedette” comme on disait alors, a été un concours de circonstance. Organisant une fête pour les soldats alors que je faisais mon service militaire, je me suis mis à chanter en m’accompagnant au piano.
Et c’est parti comme ça !
Vous savez, quelquefois on choisit sa vie, son métier et quelquefois ce sont eux qui vous choisissent… C’est ce qui s’est passé”.

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Ultime interview d’un artiste hors norme, hors du temps, qui a sans le savoir, ouvert la porte à toutes ces têtes de bois qui avaient un âge tendre lorsqu’il a débuté, qui est de toutes les époques et qui, aujourd’hui encore, nous surprendrait.
Aujourd’hui je regrette qu’on n’évoque pas Bécaud plus souvent. Il semble oublié et pourtant, il a donné ses lettres de noblesse à la chanson française dans le monde entier.
Petite anecdote : alors qu’il était déjà star, un tout jeune chanteur essayait de percer. Il était alors marié à une danseuse qui, fatiguée de ramer et de vivre avec un chanteur sans avenir, qui plus est, au caractère exécrable, alla travailler avec Bécaud.
Elle se nommait Janet Wollacoott et son mari était… Claude François !
Elle devint sa compagne, lui fit un enfant… Ce que Claude eut du mal à digérer et à pardonner, même si, finalement, il fit la paix avec la star lorsqu’il devint star lui-même… La rencontre eut lieu chez les Carpentier.
Mais ça… C’est une autre histoire !

Jacques Brachet