Festival de Ramatuelle
La série Lellouche-Vadim-Brécourt continue

LE TEMPS QUI RESTE

Tous les deux ans, c’est devenu une habitude : on retrouve les trois mousquetaires accompagnés d’une gente dame. Nos trois mousquetaires sont Philippe Lellouche, qui signe aussi cette nouvelle pièce «Le temps qui reste», et ses deux complices inamovibles : Christian Vadim et David Brecourt. Et la petite dernière arrivée, la lumineuse Mélanie Page.
Comme à chacune des pièces qu’ils ont créées ensemble, passage obligé à Ramatuelle où l’ami Boujenah, directeur artistique du festival, nous dit que c’est devenu une tradition et que c’est comme une série qui voit le retour de l’équipe, pour le plus grand plaisir du public.
Rendez-vous à 15h30 sous le chaud soleil estival. Rencontre… à 19h30 pour cause de piscine et encore seuls Philippe et Mélanie prendront le temps de nous répondre, les deux autres on les «coincera» dans les loges pour quelques brèves confidences !

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Mélanie, comment entre-t-on dans un trio de mâles bien soudés et si complices ?
(Grand sourire) Bien, très bien même ! J’ai vraiment été accueillie les bras ouverts, ça a été très agréable et très rapide.
Philippe, comment s’est fait le choix de Mélanie ?
Je l’ai découverte au théâtre de la Madeleine où elle jouait «L’heureux élu» d’Eric Assous. Je l’ai trouvée remarquable et j’ai ressenti tout de suite qu’elle correspondait à tout point de vue au rôle.. J’ai découvert avec bonheur une grande actrice Je ne me suis pas trompé. C’est un Stradivarius, une vraie personnalité… Un soleil !
Quel effet cela vous fait-il de vous retrouver ici ?
Je me sens chez moi et, comme le dit Michel, qui, avec Jacqueline Franjou, nous accueillent magnifiquement.il semble qu’à chaque fois on propose un nouvel épisode d’une série. De plus, l’accueil est très chaleureux et c’est un vrai plaisir que de s’y retrouver. Lorsqu’on a joué pour la première fois, c’était avec «Le jeu de la vérité». C’était encore au temps de Jean-Claude Brialy qui était venu nous voir à Paris et avait eu cette belle phrase : «Visconti adorait jouer au jeu de la vérité. Je vais faire pareil. Ecris-moi une pièce». Hélas, ça n’a pas pu se faire. Ce festival est tellement agréable, c’est chic, c’est à la fois un plaisir et une certaine nostalgie et c’est un honneur que d’y venir et revenir.

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Comment s’est formé le trio ?
Ca fait  plus de 15 ans qu’on travaille ensemble.
J’ai découvert Christian dans une série TV et j’ai découvert en lui une vis comica incroyable que j’avais envie d’exploiter. David et moi nous connaissions car nous étions voisins à Barbizon. Je l’avais découvert dans la série «Sous le soleil». Lorsque j’ai écrit ma première pièce, j’ai très vite pensé à eux et nous sommes aussitôt partis en pilote automatique.
David me dira plus tard :
«Notre rencontre a été guidée par le hasard. Il se trouve que Philippe et moi habitions tout près l’un de l’autre à la campagne. On ne se connaissait pas mais on s’est retrouvé autour d’une table chez des amis communs. A la fin du repas, il m’a proposé sa pièce «Le jeu de la vérité». Il a fait de même avec Christian».
As-tu vite dit oui ?
…Oui ! la pièce était percutante et je découvrais un véritable auteur avec beaucoup de talent, une grande intelligence, une grande vivacité d’esprit… Avec Philippe, on a touché le gros lot et depuis, nous sommes engagés dans la même aventure !
Nous avons donc joué avec succès «Le jeu de la vérité». C’est la première pièce que nous avons créée, puis il y a eu sa suite «Le jeu 2 la vérité» et «Boire, fumer et conduire vite», «L’appel de Londres»… il y a eu les films et enfin «Le temps qui reste»
Christian m’avoue
«Ca fait 17 ans qu’on est ensemble, aussi bien au théâtre qu’au cinéma et avec eux on sait que ce n’est jamais la dernière, on sait déjà qu’il y aura une suite. Donc ce soir nous sommes joyeux, heureux,
Philippe… Auteur, scénariste, réalisateur, metteur en scène, comédien, journaliste, chanteur… Qu’est-ce que vous n’avez pas encore fait ?
La météo ! Blague à part, tous ces métiers sont les mêmes, chacun est la prolongation de l’autre, c’est en fait raconter des histoires de diverses manières.
Lorsque vous écrivez, vous pensez toujours à eux ?
Oui, très souvent lorsqu’il y a plusieurs personnages. Mais j’ai écrit pour Gérard Darmon «Tout à refaire» et au départ, je n’avais même pensé à y jouer. Sinon, je pense à eux, évidemment. Nous sommes amis, nous avons le même âge, les mêmes préoccupations, je développe des thèmes d’actualité qui les intéressent. En fait, nous sommes la seule troupe de théâtre privé existant en France !

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Et si entre eux c’est «à la vie à la mort», ils n’en continuent pas moins leur carrière chacun de son côté, David ayant cette année tourné pour la télévision dans «Léo Mattei» et ayant joué au théâtre « En ce temps là, l’amour » de Gilles Ségal. Philippe ayant joué et mis en scène «L’invitation» d’Hadrian Raccah, Christian ayant tourné dans le film de Pascal Thomas, «A cause des filles».
Et ce soir, sur la scène de Ramatuelle, on les a retrouvés, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres David dans des scènes désopilantes où il avoue son homosexualité et son amour pour Christian, toujours à côté de la plaque aussi naïf que blagueur, Philippe, le plus sérieux, touché par la mort de leur ami qu’ils viennent d’enterrer et se retrouvant chez sa femme qui va les épater par ses révélations. D’ailleurs, bien des secrets vont être dévoilés au cours de la soirée. La crise des 50 ans  éclate dans toute sa splendeur où chacun commence à se poser des questions sur le temps qui leur reste à vivre et comment le vivre.
C’est émouvant par moment, drôle très souvent, les dialogues sont ciselés et percutants et, comme le veut la tradition, les coussins ont plu à leur salut.
Belle soirée sous les étoiles devant une salle pleine à craquer.

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Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Six-Fours – Six N’Etoiles
« Ma famille et le loup », Un joli conte d’aujourd’hui

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Didier Bruner, Tatiana Goussef, Damien Bruner, Bruno Salomone, Franc Bruneau

Les films se suivent et peuvent avoir des ressemblances.
Tels «C’est quoi cette mamie ?» la mamie en question étant Chantal Ladesou, recevant petits-enfants et enfants dans le Var du côté de la Seyne sur Mer.
Voilà qu’arrive «Ma famille et le loup» où une autre grand-mère (Carmen Maura) reçoit ses quatre fils, leurs femmes et leurs enfants dans le Var, du côté de la Seyne sur Mer !
Mais là s’arrêtent les ressemblances, le premier film étant totalement déjanté – surtout Chantal Ladesou – le second étant un joli conte où se mêlent les vrais personnages et un dessin animé particulièrement réussi.
Sara (Carmen Maura) va fêter ses 80 ans et à cette occasion demande à tous ses enfants de se réunir car elle va les quitter. Un loup, dit-elle, avec qui, très jeune, elle a fait un pacte, va venir la chercher. Les fils n’ont jamais cru à cette histoire mais les cinq petits enfants vont tout faire pour retrouver ce loup, le tuer, et ainsi garder leur mamie.
Ainsi va se passer un été d’aventures que ces gamins n’oublieront jamais.
Tous les retours en arrière et l’histoire que leur conte la mamie sont illustrés d’un magnifique film d’animation, d’une belle délicatesse.
La distribution est formidable les quatre fils étant interprétés par Bruno Salomone, Pierre Rochefort, Franc Bruneau, Baptiste Sornin les cinq gamins sont épatants, Enzo Ingignoli en tête, jouant le petit Hugo et les deux épouses émouvantes (Tatiana Goussef et Veronika Novak).
Quant au réalisateur Adriàn Garcia, il est espagnol, ne parle pas français, Carmen Maura ayant été son interprète à double titre sur le film, et c’est son premier film hormis deux films d’animation.
C’est un conte moderne plein de joie, de sensibilité, d’émotion avec une Carmen Maura lumineuse, espiècle, au sommet de son art, magnifiquement entourée de toute une famille à laquelle on s’attache très vite.
C’est la belle surprise de cet été, un film inattendu et plein de charme qui plaira autant aux enfants qu’aux parents.
Et surprise, voilà que viennent Bruno Salomone, Tatiana Goussef et Franc Bruneau pour présenter le film au Six N’Etoiles, encadrés de Didier et Damien Bruner, père et fils, deux des trois producteurs, la troisième Christine Ponzevera étant absente.

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C D

Damien Bruner (le fils) nous explique la raison de ce tournage dans le Var :
«C’est ma région, ma mère ayant vécu entre la Cadière d’Azur et Bandol, mon beau père étant dans la Marine à St Mandrier. J’ai donc proposé «ma» région au réalisateur. Nous avons rayonné pour enfin trouver cette incroyable maison à Fabrégas. Il nous fallait une grande maison pour loger toute l’équipe car on voulait que tout le monde reste ensemble pour créer des liens, former une véritable famille.
La région est superbe et ça a été un véritable plaisir que de la retrouver… hormis les cigales que le perchman faisait partir à chaque prise !
Je demande aux trois comédiens qu’est-ce qui les a fait accepter de tourner dns ce film :
Bruno Salomone : J’ai adoré la poésie qui se dégageait du scénario, un scénario très bien écrit sur un sujet grave, la mort, traité de façon tellement poétique et surtout vu par le point de vue des enfants. J’ai aussi aimé la maturité de ces enfants plus adultes que les adultes. Ce sont ces derniers qui font des conneries !
Franc Bruneau : Je dirai à peu près la même chose. Ce qui m’a plu c’est le traitement du sujet mêlant film d’animation et personnages réels. C’est aussi un film d’aventures pour enfants, mais aussi pour les adultes, autour d’un sujet culotté.
Tatiana Goussef : J’ai aimé le traitement poétique du thème du deuil à travers la famille. Je trouve que c’est la première fois que c’est abordé de cette façon, le deuil vu par les parents avec un côté plus matérialiste et vu par les enfants qui eux, ont une approche différente de la mort d’autant qu’ils n’arrivent pas à comprendre que cette mamie qui est en pleine forme va mourir.

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Comment est venue cette idée de mêler animation et film ?
Didier Bruner : Au départ, Adriàn Garcia voulait faire un film d’animation. Il en a déjà réalisé deux. Mais il n’arrivait pas à le produire et l’on s’est rencontré. Je lui ai alors proposé cette idée originale de mêler les deux car on trouvait que le sujet étant un conte, cela pouvait s’y prêter. Il a d’abord hésité car il n’avait jamais réalisé de films avec des comédiens. Mais au final il a adopté ce projet hybride.
Le choix de Carmen Maura ?
Didier Bruner : C’était notre choix parmi plusieurs autres. Evidemment, Adriàn étant Catalan l’idée d’avoir Carmen Maura lui plaisait. Devant partir sur un tournage, il l’a attrapée au vol avant son départ et très vite ça a collé entre eux. Ce qu’on a aimé chez elle c’est sa profondeur de jeu, cette façon de parler d’un sujet grave avec ce ton et ce sourire légers, son espièglerie, son imaginaire débordant. Elle est tout à fait crédible.
Est-ce que c’est facile de tourner avec un réalisateur qui ne parle pas français ?
Damien Bruner : Il y avait Carmen Maura qui parlait les deux langues, il y avait des coaches et des interprètes. Tout s’est bien passé.
On dit que travailler avec des enfants est difficile…
Tatiana Goussef : Dès le premier jour, s’est installée une complicité avec nous à tel point que les deux gamines qui jouaient nos filles avec Bruno, nous ont appelé papa et maman ! C’était drôle.
Bruno Salomone : J’ai l’habitude des enfants et je suis aussi resté très enfant. On s’est beaucoup amusé, on a beaucoup ri ensemble. On était vraiment sur la même longueur d’ondes.
Connaissiez-vous la région ?
Bruno Salomone : J’ai passé beaucoup de vacances à Carqueiranne et je suis souvent allé me balader sur l’île de Port Cros.
Tatiana Goussef : J’avoue que je la connaissais très peu. Je suis juste venue une année au Festival du Court Métrage de Hyères.
Franc Bruneau : Je suis parisien mais mon père étant venu travailler à Toulon, j’ ai fait ma sixième au collège Marcel Pagnol. L’été je venais quelquefois chez ma marraine à Méounes.
Y a-t-il eu quelques problèmes sur le tournage ?
Damien Bruner : d’abord une pluie incessante durant une semaine alors qu’on était en juin. Il y a même une un orage énorme. Durant dix jours on n’a pas eu une journée complète de soleil.
Et puis le tournage dans la grotte, à Ste Anne d’Evenos où il a fallu descendre Carmen Maura en tyrolienne, faire descendre les enfants et tous les techniciens, encadrés de deux spéléos, en tout plus de 40 personnes, et enfin faire entrer la tête du loup en polystyrène de 150 kilos

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Malgré ça tout le monde est heureux de ce tournage qui a rapproché tout le monde au point qu’ils continuent à se voir, s’envoyer des SMS ! Le bonheur total et la cerise sur le gâteau serait que le film trouve son public à sa sortie le 21 août. C’est presque une certitude tant le film est beau, drôle, émouvant, poétique et plein de nostalgie.

Jacques Brachet

NOTES de LECTURES

combesAnnabelle COMBES : La Calanque de L’Aviateur (Ed Héloïse d’Ormesson – 381pages)
Ce roman sortira le 22août 2019. C’est le second roman écrit par Annabelle Combes, qui a remporté le prix littéraire des Rotary Clubs 2018 pour son premier livre « La Grâce de l’éclat de rire ».
Leena, jeune femme ne portant que jean et tee shirt blanc, achète une propriété délabrée dans un bourg du Cotentin proche de l’Océan Atlantique. C’est une ancienne mercerie avec un appartement au-dessus, un hangar et un grand jardin. Cette personne veut créer une librairie d’un genre particulier : la maison des phrases qu’elle a tirées des romans qu’elle a lus et qu’elle a écrites dans des cahiers.
Les habitants du village vont vite adopter Leena et l’aider dans son projet. Au cours des travaux dans cette maison, Leena découvre un trésor. Elle va alors chercher à renouer avec son frère, parti aux Etats Unis après la mort de leur père pour comprendre leur histoire familiale.
Par chapitres courts, mélangeant prose et petits paragraphes poétiques, l’auteure dresse le portrait de ces deux jeunes gens, originaux et attachants et raconte leur parcours vers la renaissance après les douleurs de leur enfance. Elle les entoure de personnages variés et bienveillants qui soutiennent l’intrigue.
Un agréable roman qui rappelle que la littérature est un trésor.

Théophile BOYER : Mort d’un requin-pèlerin –(Ed Alma) 343p
Né en 1994, Théophile Boyer a interrompu ses études de droit pour se consacrer à l’écriture. Cet ouvrage est son premier roman.
Professeur de français en poste à Rangoon, Roland est venu passer quelques jours de vacances dans la propriété familiale « Le Sémaphore » dans un petit port du Finistère. Il est accompagné de son amie  Ariane, correspondante de presse dans la capitale birmane, avec laquelle il vit depuis trois mois.. Mais il voit avec stupeur sur la plage où il a l’habitude de se baigner son ancienne compagne Irène, écrivain à succès depuis la parution de son livre « Amour Austral », récit de son amour passionné avec Roland.
C’est poussée par son éditeur qu’Irène est là. Elle n’arrive plus à écrire. Elle espère retrouver  une atmosphère et le déclic qui lui permettra de donner une suite à ce roman en racontant cette fois sa rupture avec Roland.
Le couple va-t-il se reformer ? Ces deux êtres s’aiment-ils toujours ? Irène ne recherche-t-elle que l’inspiration ? Le passé peut-il s’oublier ou être pardonné ?
Telle est l’intrigue de ce roman, un texte dense écrit dans un style soutenu, avec quelques fantaisies linguistiques et moult imparfait du subjonctif. L’auteur fait intervenir Irène de façon originale par manuscrit interposé.
A noter quelques jolies pages sur le travail de l’écrivain, sa difficile mais fructueuse place entre imaginaire et réalité au service d’un récit de qualité.

Didier DELOME : Les étrangers (Ed Le Dilettante – 253 pages)
Un livre étrange qui frappe le lecteur dès la première ligne. « Ma mère était gouine et je ne souhaite pas à mon pire ennemi d’endurer mon adolescence après d’Elle ».
Didier Delome s’est fait remarquer à la parution de son premier livre » Jours de dèche », parcours épique et astreignant d’un homme ruiné, tâchant de remonter la pente grâce à une dévouée assistante sociale. Dans ce deuxième roman, l’auteur décrit sa famille ô combien atypique, à l’occasion du baptême de sa petite-fille qui porte le prénom de sa mère honnie : Françoise. Une Françoise d’origine gréco-turque au profil androgyne, qui a toujours vécu dans le milieu des cabarets homosexuels des années cinquante, une femme qui ne s’occupera que d’elle et de ses intérêts.
La parole est donnée successivement au fils, à l’ami intime Lou, tout ce petit monde se croise, s’aime, se déteste, se trahit, se retrouve, se prostitue. Un roman dérangeant car on situe mal le degré de vérité, la froide indifférence transmuée en haine du fils pour la mère, l’argent volé sans l’ombre d’un remords, et toujours ce fond de prostitution.
On peut vraiment s’interroger sur la teneur du troisième roman de Didier Delome en espérant qu’il s’inspirera d’autres aspects de sa vie, une vie dominée par un vide d’amour abyssal que seule la littérature semble combler aujourd’hui.

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Didier Delome – James Lee Burke – Jorge Comensal

James Lee BURKE : Robicheaux (Ed Payot Rivages – 494 page)
Vingt et unième roman de cette série, on retrouve le célèbre duo de vieux potes associés qui naviguent dans les tripots où l’alcool coule à flots  dans les bayous de Louisiane dans une ambiance pleine de mystères. Dave Robicheaux personnage récurent et policier chargé de l’enquête lutte contre les fantômes du Vietnam qu’il revoit dans ses cauchemars et contre le la douleur causée par le décès de sa femme Molly. De plus il pense qu’il pourrait être le meurtrier  de l’homme qui a tué Molly. Difficile de mettre de l’ordre dans ses pensées d’autant que dans ces tripots les mafieux véreux côtoient les belles de nuit déjantées, les ripoux inclassables et  même un malade mental innommable.
En fait bien qu’il relate par le menu les arcanes des dessous troubles de cette belle région qu’il adore il nous fait partager en un style émouvant, à la fois son amour des valeurs familiales et sa lutte incessante contre ses vieux démons, l’alcool et ses amitiés indéfectibles parmi ses bons et moins bons amis. Plus que la poursuite des brigands c’est une profonde empathie qui nous gagne pour cet homme remarquable.

Jorge COMENSAL : Les mutations  (Ed Les escales – 206 pages)
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Isabelle Gagnon
Comment réagit-on à l’annonce d’un cancer de la langue, surtout quand ce cancer atteint Ramon, brillant avocat de cinquante ans, père de deux enfants. D’où vient la série de mutations de cellules qui entraînera l’amputation de la langue, organe indispensable à tout avocat ? L’auteur décrit en détail le cheminement  des cellules malignes, chacune renfermant des centaines de mutations pernicieuses. Le traitement de l’oncologue qui croit détenir la solution à cette terrible maladie, le suivi par une psychothérapeute ayant elle-même subi l’ablation d’un sein après un cancer du sein et experte en soin par le cannabis, la présence de Benito, perroquet au vocabulaire très étendu en grossièretés, cadeau de la très attentionnée Elodia, employée de maison, fidèle parmi les fidèles, sont les thèmes graves de ce roman malgré tout teinté d’ironie, car, oui, ça peut être drôle. Et que dire de cette querelle entre Ramon et son frère, petit voyou à qui il doit une coquette somme, raison pour laquelle il veut protéger sa femme en la suppliant de divorcer pour échapper à la dette !
Ce premier roman surprend, déroute mais ne lasse jamais le lecteur. Privé de la parole, Ramon ne peut qu’écrire, mais rapidement le dialogue perd de sa vivacité et devient de plus en plus monosyllabique. Il y a de l’émotion, de la dérision, un vocabulaire médical technique et difficile à suivre mais qu’importe, il y a toujours les injures du perroquet, compagnon insolite mais témoin de l’évolution de la maladie, un témoin qui sera là jusqu’à la dernière ligne mais qui ne révèlera jamais le fin mot de l’histoire car ce perroquet ne sait que jurer.
Un auteur à suivre, qui manie les contrastes avec bonheur.

 

 

Six-Fours – Six N’Etoiles
Chantal LADESOU : Une mamie indigne et attachante !

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Une distribution de folie, Chantal Ladesou en tête entourée de Julie Gayet, Thierry Neuvic, Julie Depardiau, Philippe Karerine, Lucien Jean-Baptiste, Claudia Tagbo, Ariel Elmaleh et une tribu de  7 enfants qui ont le beau rôle autour de cette mamie indigne et déjantée.
C’est la comédie de l’été par excellence, qui plus est tournée en partie dans le Var, entre Seyne, les Sablettes, Marseille, Cassis, la Ciotat et tout ça mis bout à bout, c’est devenu…Cargnioles !
Elle est signée Gabriel Julien Laferrière, qui a déjà réalisé les comédies populaires à succès « Neuilly sa mère » pour le cinéma, « Fais pas ci, fait pas ça » pour la télé. Et le premier volet de  cette nouvelle comédie « C’est quoi cette famille ? »
Dans « C’est quoi cette Mamie ? » on retrouve Mamie Aurore – plus foldingue qu’elle tu meurs ! – qui vit sa jeunesse en retard en menant une vie débridée et qui a quelque peu oublié qu’elle a deux filles et des petits enfants. Ce sont eux qui vont le lui rappeler.
C’est aussi une smala de sept enfants, issus de familles très recomposées, tous demi-frères et sœurs ou cousins, ou pièces rapportées qui ont décidé de vivre en colocation.
Mais à la veille des vacances, ils doivent libérer l’appartement et ils vont donc être obligés de se séparer. Chacun part en vacances sauf le petit Gulliver surnommé Gul qu’on oblige à aller passer l’été chez cette fameuse mamie Aurore. Cette dernière qui n’en a que faire, se retrouve devant le fait accompli, ce qui va bouleverser sa vie entre son amant et son amante.
Gul se retrouve très vite seul dans cette immense villa, pendant que les trois zèbres vont faire la bamboula.. Il lance alors un SOS et voilà que les six autres rappliquent, au grand dam d’Aurore. Mais elle se laissera très vite embobiner par ceux qu’elle surnomme les 7 nains et ils vont finir par s’entendre comme larrons en foire… Jusqu’à l’arrivée des parents !
C’est drôle, percutant, tous sont épatants, Chantal Ladesou en tête qui mène cette comédie tambour battant avec sa gouaille, son énergie débordante, son excentricité.
Qui plus est c’est tourné sous le soleil du Midi, ce qui ajoute au plaisir de cette jolie surprise de l’été.
Ce soleil que retrouvent Chantal Ladesou, Gabriel Julien Laferrière et le jeu,e Benjamin Douba-Paris, l’un des septs nains… qui a bien grandi, sur les lieux du tournage, aux Sablettes.

F G

Gabriel, c’est donc la suite de « C’est quoi cette famille » ?
Exactement et ça remonte à 2016. On le verra d’ailleurs sur M6 le 6 août, veille de la sortie de ce second volet.
Avec la même distribution que le premier. Difficile de réunir à nouveau une telle distribution ?
Un boulot dingue… pour mon assistante qui a dû gérer le planning des comédiens, tous éparpillés sur d’autres engagements et certains gamins qui avaient des examens à passer puisqu’on a tourné en Juin. Mais on est arrivé à avoir tout le monde. Déjà pour le premier, on avait dû tourner à Paris car c’était en pleine période scolaire. Et il fallait retrouver les mêmes enfants puisque dans le premier, à force d’être ballotés entre deux familles, ce sont eux qui décident un jour de tous vivre ensemble dans une grande maison, les parents serrelayant pour les garder. Ainsi créent-ils leur cocon familial qui là, va s’ouvrir. Et c’est la grand-mère qui va devenir bien malgré elle le centre de la famille.

C D E

La grand-mère c’est donc Chantal Ladesou. Comment s’est faite votre première rencontre ?
Grâce à mon producteur qui me l’a signalée alors que je ne la connaissais pas du tout ! Je suis donc allée la voir au théâtre dans son one woman show et je dois avouer que je n’ai pas compris un seul mot de ce qu’elle racontait ! Je suis allé la voir après la spectacle. Elle m’a dit aimer le scénario et ça a très vite collé. Je lui ai avoué plus tard que je n’avais rien compris à son spectacle et que je n’étais alors pas chaud pour l’engager !
– Et je lui ai dit que c’était exprès pour que le public revienne… Comment croyez-vous que je remplisse les salles ? nous dit-elle de cette incroyable voix et avec un rire presque sardonique ! D’ailleurs – poursuit-elle – je lui ai avoué plus tard que je n’avais alors pas lu le scénario ! Rassurez-vous, je l’ai lu après ! Et lorsqu’il m’a proposé d’écrire une suite, je lui ai dit que je voulais un peu plus de scènes.
– Du coup, elle est devenue le personnage principal.
Comment définiriez-vous votre rôle, Chantal ?
Je dirais que c’est une femme qui veut être libre, qui a du temps à rattraper et ne veut plus en perdre, ne veut plus de contingences familiales. Mais elle n’est si givrée ni si égoïste que ça. Elle est très psychologue et très vite elle se rend compte de ce qui ne va pas chez chacun des enfants. Elle les trouve un peu trop sérieux à son goût. En fait, ils voudraient avoir une « vraie » grand-mère.
En fait, Gabriel, Tous les films que vous écrivez et réalisez un point commun : Ils tournent toujours autour de la famille.
Oui, même si ce n’est pas toujours moi qui écrit les histoires, comme pour « Fais pas ci, fais pas ça » et même « C’est quoi cette famille ? » puisque le scénario m’a été proposé par Camille Moreau et Olivier Treiner. Pour « C’est quoi cette mamie », je l’ai co-écrit avec Sébastien Mounier. Mais lorsque j’accepte un scénario, c’est qu’il me ressemble. Les enfants sont toujours le moteur de mes films et ceux-là sont particulièrement doués .Je crois que je suis doué avec les enfants. Karine Catala les a bien coachés.
– D’ailleurs –ajoute Chantal – voyant cette bonne entente sur le premier film, j’ai demandé à Gabriel d’avoir plus de scènes avec eux. Et j’ai été servie !
Que penses-tu de cette expérience, Benjamin ?
Ces tournages ont été des tournages de rêve. Pour le premier, nous ne nous connaissions pas du tout et avant le tournage, Gabriel a organisé un week-end avec nous. Ce que nous avons appelé « un stage d’intégration ». On s’est retrouvé en entre nous, on dormait tous ensemble dans un rand dortoir, on a beaucoup ri, on s’est engueulé, on a appris à se connaître. Très vite on s’est découvert une vraie famille alors qu’on était tous de milieux différents, de façons de vivre différentes et même d’âges différents. Arrivés sur le film nous étions prêts et nous avons été très heureux de nous retrouver sur le second film.
Chantal, vous avez commencé par le conservatoire… Comment devient-on une reine de l’humour, que ce soit seule, au théâtre, au cinéma, à la télévision…
Au conservatoire de Lille, je n’ai pas fait grand-chose de sérieux ! D’ailleurs mon professeur s’en est très vite rendu compte et m’a dit : « Ici tu vas très vite t’ennuyer. Monte à Paris. ». Je suis donc allé au Cours Simon où son épouse m’a reçue. Ils préparaient une pièce aux Variétés avec René Clermont et préparaient un casting pour trouver deux putes. Avec ma copine, on est allé au quartier St Denis, on s’est trouvé des fringues de putes et on s’est présentées. On a été prises tout de suite ! Et c’est parti !
Vous avez quand même tourné avec Bunuel et Resnais !
Oui, parlons-en : dans « Le fantôme de la liberté m’a donné un rôle de quelques secondes où je sert du papier Q ! Quant à Resnais, je suis resté 40 jours sur le tournage de « Ma vie est un roman » ? J’ai passé beaucoup de temps avec le chef éclairagiste Bruno Nuytten, les comédiens du film et en fin de compte… on ne me voit pas dans le film !!!
Elle part de ce rire qui a fait son succès.
Gabriel, y aura-t-il un troisième épisode ?
Je commence à y penser sérieusement, si on arrive à réunir tout le monde et puis, j’aimerais voir grandir tous ces enfants.
– Et moi je suis partante, précise Chantal !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Ramatuelle -Les nuits classiques
Eric VU AN joue « Cassandra »

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Eric Vu An est l’un de nos plus talentueux danseurs contemporains.
D’origine vietnamienne, il entre à l’Opéra de Paris en 1974 et dansera pour les plus grands chorégraphes, de Carolyn Carlson à Maurice Béjart en passant par Rudolf Noureev, Alvin Aley, William Forest….
Après avoir été directeur de Grand Théâtre de Bordeaux, puis maître de ballet au Ballet National de Marseille, il est aujourd’hui directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée. Entre quelques rôles au cinéma et à la télévision, il continue son métier et  il sera j’un des invités des « Nuits Classiques »du Festival de Ramatuelle. Il y dirigera et dansera le Ballet Nice Méditerranée dans le ballet « Cassandra » sur une chorégraphie de Luciano Cannito et des musiques de Saint-Saëns, Prokofiev et Elvis Presley le samedi 27 juillet à 21h, en ouverture des Nuits classiques.

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Eric Vu An, pouvez-vous nous parler de Cassandra ?
L’action se situe dans la Méditerranée sous le symbole de la Guerre de Troyes. L’auteure, allemande, Chrita Wolf a choisi de transposer symboliquement cette Guerre de Troie; une guerre que tout le monde connaît en reprenant tous les personnages mythiques, dans un village de la Sicile en 1953. Priam est représenté par le maire du village, il y a sa femme, Hécube, leur fils, Pâris, est aux Etats-Unis (qui est un peu l’équivalent d’Athènes). Nous avons Cassandra qui est toujours ce personnage qui a des visions, qui fait des rêves et des cauchemars et qui anticipe ce qu’il va se passer. Cassandra est la fille des grandes puissances de ce petit village de Sicile et il y a l’arrivée d’un extra-communautaire en le personnage d’Enée qui vient de l’étranger. Tous deux vont avoir une relation amoureuse mais ce couple ne pourra pas rester ensemble. Elle choisira à la fin de s’occuper de sa famille et du village et lu partira. J’ai beaucoup dansé ce personnage, Luciano Cannito m’a demandé de me remettre dans le spectacle. Tout est monté comme des flash back, c’est un peu comme le Cinéma Paradisio. Cette année à Nice nous fêtons les 100 ans des studios de la Victorine, en parlant avec Luciano, je lui ai demandé s’il ne serait pas intéressant d’intégrer le cinéma dans le spectacle. Luciano est devenu cinéaste mais aussi, Ulysse apporte au village la télévision, symbole ici du Cheval de Troie. Il y avait un vrai lien possible avec les images : l’audiovisuel va complètement anéantir les habitudes de ce village parce que tout le monde va se mettre à regarder la télévision et sera pratiquement lobotomisé et c’est pour cela qu’ils seront volés par le pouvoir américain.
Luciano Cannito travaille régulièrement avec le ballet Nice Méditerranée. Quelles raisons vous ont amené à monter ce spectacle ?
Nous avons beaucoup travaillé ensemble et c’est la troisième fois que je l’invite pour une troisième pièce avec la compagnie. Il y a une grande complicité avec Luciano. Les ajouts qu’il a faits sur le personnage supplémentaire, qui est ce double du personnage d’Enée et que je danse dans la pièce, nous l’avons travaillé en trois jours car nous nous connaissons très bien. Quand il commence une phrase, je la termine quelque part sur un plan artistique. C’est important et très agréable de cheminer comme ça avec certaines personnes pendant plusieurs décennies.

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Ici sont mêlées des musiques très différentes, d’époques et de pays différents (Saint-Saëns, Prokofiev, Presley). La danse est également très éclectique puisqu’on retrouve à la fois du néo-classique, de la danse contemporaine et folklorique.
Il y a surtout le compositeur Marco Schiavoni qui a été capable de coudre quelque chose qui fait le lien entre tous ces univers et tous ces paradoxes. Elvis Presley, c’est l’incursion de l’Amérique dans un village de Sicile. Quant à la danse, il s’agit plus de néo-classique que de classique. Par exemple, quand on fait Don Quichotte, il y a beaucoup de classique avec les filles sur pointes alors qu’ici, même si le langage et la technique sont très classiques, les filles sont sur demi-pointes. C’est plus une technique classique et contemporaine au service d’une histoire, d’une interprétation, de quelque chose qui vous emmène dans un univers. En regardant Cassandra, vous voyez une histoire et vous écoutez un film muet.
Les danseurs vont danser au Théâtre de Verdure, quel est votre rapport avec le plein air ?
D’un point de vue personnel, j’aime beaucoup le plein air. D’abord parce que je trouve que c’est très écolo. En étant à l’extérieur, on ne respire par un air saturé par le refroidissement ou le chauffage. Bien sûr, on peut voir arriver des insectes en plein visage et il faut s’adapter mais on fait partie d’un tout, on a la possibilité de voir les étoiles qui sont juste au-dessus. Un des plus beaux souvenirs que j’ai est d’avoir dansé à Athènes « Le Prélude à l’après-midi d’un faune » et de voir l’Acropole juste à côté. C’est pour ça que je souhaite emmener mes danseurs en plein air. Il y a beaucoup de contraintes mais la magie du résultat au moment où ça existe, c’est fabuleux, surtout quand on raconte une histoire comme celle de la Guerre de Troie qui est quelque chose de séculaire.
Cela fait dix ans que vous êtes directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée, quelle direction souhaitez-vous donner  à votre carrière pour la suite ?
Je suis venu car Christian Estrosi était devenu maire de Nice et quand je lui apporté le projet, il l’a complètement soutenu, il faut dire qu’il est vraiment derrière sa compagnie. Ce qui est important est de continuer vers la même direction que celle que nous suivons depuis depuis dix ans. C’est une compagnie qui a la réputation d’avoir des répertoires rares, on essaie d’avoir une véritable personnalité et de faire des choses que d’autres compagnies ne font pas. Dans la mondialisation qui existe aujourd’hui, avec l’excellence des interprètes qu’il peut y avoir un peu partout on a tendance a avoir un peu partout les mêmes chorégraphes mais c’est vrai que j’essaie de faire attention. L’important c’est la personnalité de la compagnie et l’excellence de la danse classique et néo-classique et continuer de faire des choses qu’on ne voit que chez nous.

Propos recueillis par Coraline Aime

Egalement :
Dimanche 28 juillet 21h30 : « Anges et démons » avec Gosha Kowalinska, mezzo-soprano, Guillaume Dussau, basse et Mari Laurila-Lili, piano.
Mardi 30 juillet 21h : Choeur et Ensemble Orchestral de l’Opéra de Nice dirigés par Giulio Magnanini. Récitante : Sonia Petrovna.

Jean-Christophe SPINOSI… Heu-reux !

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Avec Dominique Ducasse

Retrouver Jean-Christophe Spinosi est toujours un vrai plaisir, tant ce grand violoniste et chef d’orchestre reconnu mondialement, est d’une grande simplicité, chaleureux et passionné.
La musique c’est sa vie et ce rendez-vous annuel à la Collégiale de Six-Fours est devenu incontournable pour des centaines de spectateurs qui, chaque année, de précipitent à ses deux concerts, toujours originaux, réunissant à la fois les mélomanes et les néophytes, car Jean-Christophe a aussi le talent de rendre la musique dite « classique » populaire et accessible à tous.
Plaisir donc de le retrouver dans ce cadre idyllique, pour la générale du premier concert qui se déroulera le mercredi 17 juillet à 20h30.
Cette générale à la particularité d’âtre gratuite, ouverte à tous, ce qu’ont voulu Jean-Christophe, le maire de Six-Fours Jean-Sébastien Vialatte et son adjointe aux affaires culturelles Dominique Ducasse.
« Cette initiative – nous confie Jean-Christophe –a un sens universel et nous rapproche des gens. C’est une  création sur l’Humain, dans un contexte de partage, le but étant de faire ressentir à tous que cette musique dite « du passé », reste moderne et plus vivante que jamais. Ca donne du sens et de l’oxygène !
C’est pourquoi j’essaie toujours de montrer leur modernité.
C’est pourquoi cette année, je mêle Vivaldi, Haendel, Purcell , Paul Mc Cartney, John Lennon, Freddy Mercury dans le second concert intitulé « La battle des anges » qui aura lieu le vendredi 19 juillet à 20h30
Toutes ces œuvres s’imbriquent car elles ont un point commun : elles sont énergiques et virtuoses. C’est pourquoi j’ai imaginé un double chœur qui se répond dans une spiritualité pleine de joie et d’espoir. Le premier chœur est baroque, le second inocule le virus du gospel. Ca a quelque chose d’universel, une sorte de mise en abîme temporelle entre le classique et la pop anglaise, qui déclenche l’émotion. Mon but est de faire ressentir une œuvre en prenant des chemins détournés et prouver que classique et moderne peuvent se confondre »

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Revenons à ce premier concert qui s’intitule « Index pro memoria »
Il est parti d’un gribouillis découvert au verso d’une partition. J’ai pu y déchiffrer sept mesures, séparées de deux barres, ce qui signifie que nous avons affaire à sept œuvres différentes, avec des thèmes très différents, ce qui est très étrange. J’ai donc dû parcourir tout le catalogue des œuvres de Vivaldi et Dieu sait s’il a été prolixe ! J’ai ainsi découvert l’ouverture d’un opéra, des concertos pour cordes et violons et même pour orgue, ce qui est rare chez ce compositeur. Ca  se termine par un concerto pour deux pianos d’une grande virtuosité et par un véritable feu d’artifice ».
Cette générale a été magistrale même si, comme toute générale qui se respecte, il y eut quelques arrêts pour des mises en place, des modifications, des mises au point. Ce fut un grand moment fortement ovationné, l’apothéose étant cet extraordinaire avec son premier violon.
Un CD de ces concerts est-il prévu, Jean-Christophe ?
Why not ? J’aimerais beaucoup. L’avenir nous le dira.
Bien entendu, alors que nous avions déjà eu l’occasion de nous entretenir sur ses multiples projets  qui ne cessent de s’allonger et de l’emmener au bout du monde, il avait été question d’un voyage en Russie pour des concerts à Moscou et St Petersburg qui se sont superbement déroulés, il a eu la joie et l’honneur de la visite de Valery Querquier, chef d’orchestre russe mondialement connu et d’Alexeï Shalashov, directeur de l’orchestre philharmonique de Moscou.
A St Petersburg, il a joué avec l’orchestre philharmonique de Monte Carlo, les grands musiciens français : Ravel, Debussy, Dukas, Fauré, Saint-Saens.
Il a déjà d’autres concerts de prévus en Russie mais entretemps, deux événements qui lui tiennent à cœur :

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« Fin août, je suis invité au théâtre Colo de Buenos Aires, un immense et incroyable opéra, qui est un lieu historique. Début octobre, je donnerai des concerts au Liban et en Egypte (Le Caire, Alexandrie) pour le 150ème anniversaire du Canal de Suez. Ce sera un concert qui mêlera musiciens, musiques et instruments occidentaux et égyptiens ».
Tout ce qu’il aime : les métissages, les musiquent qui se mêlent et se répondent, des musiciens de diverses origines.
En fait, Jean-Christophe Spinosi est un homme et un musicien heu-reux !

Jacques Brachet

Toulon – Pathé
« La vie scolaire » vue par Grand Corps Malade et Mehdi Idir

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Après le succès de « Patients », leur premier film, Grand Corps Malade et Mehdi Idir récidivent, changeant d’univers et de l’hôpital, passant dans une école de la République du côté de Saint Denis.
Samia (Zita Haurot) a quitté son Ardèche natale pour se retrouver seule dans une région qu’elle ne connaît pas, très différente à tous points de vue de ses montagnes, dans un collège pour le moins difficile, avec des professeurs et des surveillants quelque peu dépassés par l’indiscipline des élèves. Pourquoi a-t-elle accepté ce poste ? On le saura au cours du film mais si elle est un peu désespérée, elle ne va rien lâcher, prenant ce boulot de CPE à bras le corps et mettant tout son cœur à vouloir « sauver » des ados qui n’en ont rien à foutre et qui ont tous des problèmes. Elle finit par s’attacher à l’un deux, Yanis (Liam Pierron), avec qui elle retrouve des similarités et tentera de lui montrer le bon chemin.
Ce film est en fait une chronique d’une année d’un collège comme il y en a beaucoup dans les cités où chacun s’acharne à vouloir canaliser et faire prendre conscience à ces ados à problèmes qu’ils ont une place à prendre dans la vie de tous les jours à force de discipline et de travail… Mais la tâche est rude. Nos deux réalisateurs et scénaristes s’attachent à quelques élèves, aux enseignants souvent dépassés et à Samia, petit taureau plein d’énergie, de passion et d’optimisme malgré la lourdeur de la tâche (Superbe Zita Haurot, César de la révélation féminine dans le film de Philippe Faucon « Fatima »)
C’est un film très émouvant même si, personnellement, je l’ai trouvé très pessimiste, ce que m’infirme Grand Corps Malade venu présenter son film à Toulon avec Mehdi Idir et quelques comédiens : Liam Pierron (Yanis), Soufiane Guerrab (le prof de Maths), Redouane Bougheraba (le prof de gym).

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« Les gens sont très partagés mais malgré tout, il y a plus de personnes qui pensent le contraire. Justement nous ne voulions pas qu’il soit ni top pessimiste ni trop optimiste, nous voulions que ça représente la réalité des choses et surtout qu’après le film les gens aient envie de parler de l’école, ce qui est le but du jeu, de ce métier très particulier de CPE (Conseiller Principal d’éducation) qui est un métier à la croisée des chemins entre élèves, parents et professeurs. Et je suis plutôt content des réactions. Sans compter des bons souvenirs que l’on garde tous de ce film car il y a eu une très bonne entente et on a bien rigolé !
Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
Le collège, plus que le lycée, est une époque charnière où l’enfant peut se construire ou se reconstruire, pour certains qui n’ont pas des vies faciles, qui ont tous des problèmes. Ce passage là m’intéressait. Il y avait aussi le fait de la proximité du collège avec la cité, ce que j’ai vécu. Le collège est au cœur de la cité et il y a une grande influence entre les deux.
Ce que nous racontons, ce sont des choses que nous avons vécu ou des événements dont nous avons été témoins. Et s’il y a un message dans ce film c’est l’idée de montrer que tout peut arriver aussi bien dans le côté négatif que positif et dans n’importe quel milieu.

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Redouane Bougheraba, Soufiane Guerrab, Grand Corps Malade, Mehdi Idir, Liam Pierron
Comment s’est fait le casting ?
En fait il y a eu, si je puis dire, trois casting : celui qui nous semblait évident de retravailler avec des comédiens de « Patients », puis il y a eu le casting pour les adultes et celui des ados. Un nombre incalculable de jeunes s’y sont inscrits.
Le jeune Liam Pierron est particulièrement bouleversant, à la fois énervant et attachant…
(Liam est là qui sourit).

Justement Yanis est à un moment important de sa vie et plein de contradictions. Il a envie de s’en sortir mais n’a pas envie de travailler et d’apprendre des choses qui lui semblent inutiles. Liam a un talent incroyable et il est à la hauteur des comédiens professionnels.
Liam, qui parle peu, nous avoue son envie de vouloir continuer dans le cinéma après avoir découvert ce milieu. Il est aujourd’hui dans une situation difficile car il est en semi- liberté et doit chaque soir rentrer à la prison des Baumettes. Grâce à Grand Corps Malade, il a eu la permission de tourner ce film et de suivre la tournée de promotion, à condition de rejoindre la prison chaque soir.
Quant à Soufiane Guerrab, malgré, comme il l’avoue lui aussi, « Sept ans de placard » il a déjà une belle carrière au cinéma, (Il a tourné avec le duo Nakache-Toledano », Pierre Jolivet, Jacques Audiard…) à la télé qui l’a fait connaître avec la série « Les beaux mecs » et qu’on a retrouvé dans « Alice Nevers », « 10% », « Braquo » et bien d’autres. Il a créé un festival de cinéma « Tapis vert » à Rosny sous Bois, parrainé par Grand Corps Malade. Il vient de tournée dans une série pour Arte « Moloch ».
Quant à Redouane Bougheraba, il est marseillais et néanmoins comédien, humoriste, auteur, metteur en scène. Il tourne en ce moment avec son spectacle « Redouane s’éparpille »
Quant à nos deux complices, Mehdi est en train d’écrire une série pour la télévision et Grand Corps Malade continue sa tournée avec son spectacle puis retournera en studio pour un prochain album. Mais bien sûr, vu étant donné leur complicité, un troisième film ne devrait pas tarder à voir le jour !

Jacques Brachet

Michèle TORR à Pertuis… La renaissance

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C’est devenu un rendez-vous immuable chaque été : Amis, famille et fans de Michèle Torr se retrouvent autour d’elle le temps d’un week-end, d’abord pour fêter son anniversaire, même si celui-ci a lieu en réalité le 7 avril et le lendemain, pour un concert exceptionnel où quelques amis artistes de retrouvent pour partager la scène afin de les soutenir, elle et Romain, son fils qui a la sclérose en plaques.
Deux jours show-chauds dans son village natal, à Pertuis où « elle a laissé ses souvenirs » et les retrouve très vite, entourée de sa famille.
Pour Michèle, ce fut une année difficile puisque, en dehors de Romain qui lutte vaillamment contre la maladie, elle a eu elle-même quelques ennuis de santé et surtout la séparation d’avec son mari qui a été un moment intense et critique car ça ne s’est pas fait sans douleur. Mais aujourd’hui, c’est un soulagement pour elle que d’avoir pu se sortir d’une situation qui devenait très pesante.
Du coup, la voici qui reprend goût à la vie, qui retrouve son sourire et qui, plus belle que jamais, est arrivée à la salle Georges Jouvin, rayonnante, toute de blanc vêtue, comme un symbole de la sérénité retrouvée.

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Parmi les cadeaux, des chaises et un tapis pour sa nouvelle maison

Inutile de dire que tout le monde a également été soulagé de retrouver la Michèle que l’on aime et qui, pour fêter ce renouveau, nous a offert un magnifique album dont je vous ai parlé et qui résume tout puisque intitulé « Je vais bien » !
Comme chaque année, tout le monde l’a beaucoup gâtée et a pensé qu’à nouvelle vie, nouvelle maison, il fallait de nouveaux objets pour la meubler. Après un excellent repas, nous avons eu droit au gâteau traditionnel, un superbe fraisier que nous avons partagé avec elle.
L’habitude veut que le concert ait lieu avant l’anniversaire. Cette année, les journées furent interverties pour des problèmes techniques et du coup, Michèle partit en fin d’après-midi pour se reposer, la chaleur et le stress aidant, et être en forme le lendemain pour ce concert spécial puisque toute la recette est reversée à l’association « SEP en pays d’Aix » créée par elle et Romain, qui est parrainée par le professeur Pelletier qui œuvre dans ce service à la Timone.

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Chaque année, un nombre incroyable d’artistes vient les soutenir. Sont déjà venus Dave, Michel Leeb, Hervé Vilard, Stone, François Valéry, Danyel Gérard, les Chevaliers du Fiel, Claude Barzotti, Nicolette, Christian Delagrange, Herbert Léonard… J’en oublie…
Fidèles au poste le musicien et chef d’orchestre Guy Mattéoni et sa fille Stella qui sont toujours là et qui, cette année, ont participé au dernier CD de Michèle.
Ils étaient donc là encore cette année, accompagnés du groupe Condor, de Frédéric Zeitoun e de la présence exceptionnelle de Michel Drucker, revenu tout exprès de Londres où il était allé rencontrer Céline Dion.
C’est sous un chaud soleil que les répétitions démarrent. Déjà beaucoup d’amis sont là. Michèle est sur scène, rayonnante et joyeuse malgré la fatigue de la veille. Il y a longtemps qu’on ne l’a pas vue ainsi.
Richard Gardet, ses musiciens et ses deux beaux choristes entreprennent de répéter avec elle les chansons du nouveaux disque. Sous l’œil attentif et heureux de son père, sa mère et sa grand mère, Stella répète son duo avec Michèle, une chanson très sixties écrite par le père et la fille pour Michèle et qu’elles chantent en riant, très complices, « Les jours heureux » une chanson de circonstance tant aujourd’hui ceux-ci semblent être revenus pour notre belle chanteuse.
Pendant ce temps tous les petits enfants sont là pour tenir le stand de l’association « La SEP en Pays d’Aix », tous les bénéfices allant, comme la soirée au profit de celle-ci.

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David Lelait-Helo, Pierre Maldiney, Charles Vitello, Frédéric Zeitoun, Michel Drucker,
Guy Mattéoni, Adda Abdelli, Jean-François Gérold, alias Condor

Frédéric Zeitoun arrive et l’on est très heureux de se retrouver, se remémorant une certaine journée de la Fête du Livre de Toulon où nous étions l’un à côté de l’autre parlant évidemment musique. Une belle surprise aussi : David Lelait-Helo, écrivain de talent et qui a écrit beaucoup de chansons, dont certaines pour Michèle, est venu d’Avignon où il présente sa pièce, tirée de son dernier livre « Quand je serai grand je serai Nana Mouskouri » mise en scène par Virginie Lemoine. Là encore retrouvailles chaleureuses car nous avons aussi de jolis souvenirs ensemble. Et puis, voici qu’arrive un beau quatuor de grands médecins venus soutenir Michèle, Romain et l’association : Evidemment le professeur Pelletier en tête, entouré du docteur Pierre Maldiney, cardiologue réputé, médecin nutritionniste et anti-âge, le docteur Charles Vitemo, médecin anti-âge venu de St Etienne et le docteur Audrey Rico, neurologue à la Timone.
Et puis voici qu’arrive un gay luron : le comédien de la série « Vestiaires » Adda Abdelli, qui est aussi scénariste. Etant dans les parages, évidemment concerné par les handicaps et de surcroît fan de Michèle, il et venu à sa rencontre.

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Une partie de la famille de Michèle avec le Condor et Michel

Tout ce petit monde se retrouve dans la fraîcheur de la Chapelle de l’Enclos de la Charité pour un sympathique repas catering. Ca discute, ça fait connaissance, la médecine se mêle à la chanson.
Bien entendu il y a également tout l’orchestre et les belles danseuses de Richard Gardet qui papillonnent autour de nous et aussi toute l’équipe du Condor, alias Jean-François Gérold qui fait partie du spectacle avec son magnifique concert, mêlant la musique provençale aux rythmes d’aujourd’hui, qui remplit les salle et les amphis du monde entier. Il fit, il y a quelques années, la première partie du spectacle de Michèle à l’Olympia. Depuis, ils ne se quittent plus et travaillent souvent ensemble. Il était donc évident pour lui d’être là pour l’épauler.
Le dernier arrivé fut Michel Drucker, revenu tout exprès de Londres pour être de la fête.
Tout le monde étant là, le spectacle pouvait démarrer avec les ballets multicolores et l’orchestre de Richard Gardet. Envol de jambes, de plumes et de paillettes pour un magnifique hommage à Charles Aznavour.
Puis Michèle vint sur scène, avec Romain et son fils Raphaël, rappeler les buts de cette association et de ce spectacle.
Nos médecins furent présentés par Michèle et ils expliquèrent au public cette maladie dont Romain est atteint, la sclérose en plaques, les progrès qui sont faits chaque année avec beaucoup d’espoirs à la clé et le travail attentif de nombreux médecins et chercheurs travaillant dans l’ombre.

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La sublime Stella vint chanter, accompagnée de son père et recueillit des bravos bien mérités puisqu’elle est autant talentueuse que belle.
Quant à Frédéric Zeitoun, il nous enchanta littéralement avec ses « duos en solitaires ». En fait de duos c’était avec son guitariste et en solitaire car toutes les chansons qu’il nous chanta fut celles composées et chantées dans son CD avec Oldelaf, Fugain, Marie-Paule Belle, Aznavour, Linda Lemay, Duteil et quelques autres, toutes des pointures qui font que la vraie chanson française existe encore. De belles mélodies et des textes pleins d’humour, de poésie, d’émotion qui enchantèrent le public plus beaucoup habitués à entendre des textes de cette qualité. D’ailleurs, il se pourrait qu’on retrouve Frédéric sur un prochain disque de Michèle avec qui l’on a beaucoup bavardé.
Toujours bon pied bon oeil l’ami Drucker nous proposa une compilation de quelques histoires de son tout premier show agrémenté de quelques anecdotes de on second qu’il prépare. Il est à lui seul la mémoire de la télé, de la chanson, du théâtre, du cinéma et c’est toujours un plaisir de le retrouver pour échanger quelques souvenirs de toutes nos rencontres et des amis que nous avons en commun.

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Puis Michèle vint terminer la première partie en mêlant ses tubes incontournables à ses nouvelles chansons, dont son duo avec Stella Mattéoni, et en terminant avec « Hallelujah » qu’elle chanta en se promenant avec le public heureux de la voir de si près.
Cette année le spectacle était loin d’être fini puisque, durant un entre acte où Michèle signa livres, CD, DVD, programmes à tour de bras, le Condor installait son orchestre, et ses nombreux instruments typiquement provençaux pour nous offrir un fabuleux feu d’artifice avec toutes ces musiques que le public chanta avec lui tant chez nous la musique provençale est ancrée dans nos gènes. Toutes ces chansons mâtinées rock ou à consonance celtiques prennent avec lui et ses splendides musiciens des teintes multicolores, universelles qui nous emmènent autour du monde comme cette version de « Titanic » qui emporta la salle.

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Ultime estocade, Michèle vint le rejoindre sur scène pour chanter avec eux l’hymne provençal « Coupo Santo », Moment ultime d’émotion et de joie mêlées que le public levé ovationna.
Dieu sait si, grâce à Michèle et ses amis artistes, nous avons eu depuis ces années, de beaux moments mais cette année, la qualité et le concept du spectacle atteinrent des moments intenses et exceptionnels.
Ce fut une grande soirée qui se termina vers deux heures du matin après que ceux qui restaient aient trinqué une dernière fois avec l’héroïne de cette grande fête.
On est déjà partant pour la prochaine !

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Jacques Brachet
Photos JB et Christain Servandier

Le Festival de Musique de Toulon et sa région
L’Estival 2019 : Forever

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En ce vendredi 6 juillet surchauffé, sur la place de l’Equerre de Toulon, l’Orchestre symphonique du Conservatoire TPM donnait un concert intitulé « Forever », « pour toujours », bien nommé puisqu’il s’agissait d’un programme basé sur des thèmes issus de grands films emblématiques de leur époque, thèmes que tous les plus de 20 ans doivent connaître.
L’Orchestre Symphonique du Conservatoire TPM était renforcé par la participation d’enseignants et d’élèves des classes de jazz et musiques actuelles amplifiées. C’est dire que sur scène était présenté un immense orchestre, dirigé avec maestria par Jean Louis Maes.
Celui-ci eut l’idée de présenter chaque morceau sous forme de quizz (devinette en français) en donnant l’année, le nom de quelques acteurs, un résumé du film. A charge pour le public de trouver le titre du film. Facile pour l’immense public qui remplissait la place. Cette façon de procéder permettait d’inclure joyeusement le public dans cette soirée, et de nous faire travailler la mémoire. Je regrette que Jean Louis Maes, n’ait pas nommé les compositeurs de chaque pièce, sauf pour « Lawrence d’Arabie » et « Docteur Jivago » de Maurice Jarre. Chauvinisme ? Je plaisante bien sûr. Tant ce petit jeu était bon enfant. Les musiques étaient de Elmer Bernstein, Maurice Jarre, Henry Mencini, Ennio Morricone, Serge Gainsbourg, Scott Bradley, Louiguy
On entendit donc des airs majeurs de « La Panthère rose, du Parrain, des 7 mercenaires, et d’autres ; et des chansons qui, extraites de films, ont fait une carrière qui dure encore, Forever. C’est « Singing in the Rain, La Javanaise, Pull marine (paroles d’isabelle Adjani), la Gadoue toutes trois de Serge Gainsbourg, la Vie en rose (parole d’Edith Piaf) » arrangée par Franck Pantin; chansons chantées avec conviction par Nina Montanaro, avec une très belle réussite sur « Pull marine», d’une tessiture difficile

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Les moments les plus forts, musicalement, me semblent avoir été « Les 7 Mercenaires et Lawrence d’Arabie », ce qui n’enlève rien aux autres interprétations.
Ce sympathique concert se termina par « La Bamba », écrite sur un air traditionnel mexicain, la musique du film étant composée par Miles Goodman et Carlos Santana. Cette « Bamba » fut le tube inévitable des années 60. Pas étonnant que le public l’ait chantée avec l’orchestre lors de la reprise.
Chapeau bas à cet orchestre d’un soir et à son chef Jean Louis Maes car c’est une gageure que d’arriver à mettre en place un tel groupe, nombre des musiciens sont encore des adolescents, et surtout, en si peu de temps, une semaine m’a-t-on dit, et cela après avoir donné d’autres concerts auparavant.
Saluons l’action du Festival auprès de la jeunesse, car tout au long de l’année un travail de fond est mené auprès des scolaires, des collégiens, des lycéens, pour leur faire connaître et aimer la musique. Et mettre sur scène ceux qui pratiquent la musique.

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Serge Baudot
Concerts à venir à la Tour Royale à 21h30 :
Lundi 8 juillet : Die Innere Stimme : Simon Ghraichy au piano dans un répertoire éclectique.
Mardi 10 juillet : Odyssées avec Alexandra Soumm au violon et Illya Amar au vibraphone dans une interprétation des folklores de l’Europe de l’Est, d’Israël et du Bassin Méditerranée, plus quelques auteurs classiques. Un voyage à découvrir.

Festival de Musique de Toulon et sa région
L’Estival 2019 : Les voix animées

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Le 4 juillet, le groupe vocal Les Voix Animées venait fêter ses 10 ans par des « Célébrations A Cappella » dans le cadre merveilleux de la Tour Royale de Toulon, sous les étoiles d’une nuit chaude, avec parfois le cri d’une mouette, et le parfum de la Méditerranée qui roulait doucement ses vagues au pied de la Tour.
Le programme habituel des Voix Animées est en général constitué de ce qu’on appelle la musique sérieuse. Grande nouveauté, voire une nouvelle étape, les Voix Animées ont choisi de fêter leurs 10 ans en chansons, la grande chanson française, britannique, et celle des comédies musicales : Bécaud, Dutronc, Vian, Montand, Brassens, ABBA, The Mamas and the Papas, Bernstein, Rodgers and Hammerstein…
La question qu’on pouvait se poser : comment vont-elles s’y prendre. Un leader accompagné par les autres interprètes qui imiteraient des instruments ? Eh bien non ! Elles ont fait appel à des arrangeurs, et non des moindres (la plupart étaient présents dans l’enceinte) : Etienne Desaux, Alcibiade Minel, Anne Mirou, Etienne Planel, qui surent, chacun à leur façon, construire des sortes de concertos grosso en utilisant les différentes voix selon leur tessiture et leurs qualités, mêlant fugues et contrepoints, sans oublier le rythme propre à chaque chanson. On peut d’ores et déjà dit que ce fut une réussite totale.
On connaît la qualité des Voix Animées qu’on a souvent le plaisir d’entendre dans la région dans des répertoires divers.
Le concert débuta et se termina par des chants du répertoire « sérieux » (Orlande de Lassus, Giovanni Pierluigi da Palestrina) avec en intermède au milieu du concert le « Pastime with Good Company » écrit par le roi Henri VIII, dans une brillantissime interprétation.
Quelques chansons se détachèrent plus particulièrement comme « Il est cinq heures, Paris s’éveillent », dans une tout autre approche que celle de Jacques Dutronc, et un arrière plan qui faisait oublier la flûte de Roger Bourdin. Le « J’suis Snob » de Boris Vian, détaillé délicieusement et malicieusement, une véritable saynète. A bicyclette offrait toute la joie d’une promenade à vélo dans la campagne. « La mauvaise réputation » de Brassens envoyait dinguer les « braves gens ». Une trouvaille sensationnelle pour « Et maintenant » de Bécaud-Delanoë chanté sur un accompagnement Boléro de Ravel ; sacré trouvaille ! Et la « Mélodie du bonheur » de Rodgers et Hammerstein, là encore une saynète acrobatique vocalement, et réjouissante.

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Il y avait peut-être un peu moins d’invention sur les thèmes anglo-saxons, mais eux aussi étaient traités d’une façon absolument neuve et originale.
Apothéose oblige : la création mondiale de l’œuvre de Philip Lawson (ex baryton et arrangeur des King’s Singers) composée sur des thèmes des grandes comédies musicales d’Andrew Lloyd Webber, intitulée « A Lloyd Webber Medley ». Un véritable feu d’artifice.
Ce soir les Voix Animées étaient Anara Khassenova, Sterenn Boulbin, Isabelle Schmitt, Raphaël Pongy, Damien Roquetty, Mathieu Becquerelle, emmenées par le baryton Luc Coadou qui assure également la présentation des morceaux, et des imprévus, avec un sobre humour britannique absolument roboratif.
Pour clore cet anniversaire les Voix Animées « se » chantèrent « Joyeux Anniversaires », avec nos vœux les plus sincères, avant de nous quitter sous un jet de lumière.
Certes on aimerait entendre ce concert en acoustique dans une salle, mais la sonorisation de Marc Poveda était remarquable, laissant entendre chaque voix séparément dans le même registre de puissance, avec la rondeur des ensembles. J’ai moins apprécié les lumières colorées se manifestant de temps en temps derrière le groupe, mais c’est la mode. Des lumières naturelles auraient mis la pierre en valeur et donné plus d’intimité, de concentration. Mais ce n’est qu’un petit détail.
Un concert qui certainement marquera une date dans l’histoire de l’Estival du Festival de Musique de Toulon et sa Région

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Serge Baudot

Concerts à venir à la Tour Royale à 21h30 :
Lundi 8 juillet : Die Innere Stimme : Simon Ghraichy au piano dans un répertoire éclectique.
Mardi 10 juillet : Odyssées avec Alexandra Soumm au violon et Illya Amar au vibraphone dans une interprétation des folklores de l’Europe de l’Est, d’Israël et du Bassin Méditerranée, plus quelques auteurs classiques. Un voyage à découvrir.