Restauration
Le Syndicat Action CHR rejoint le GNI
et devient le GNI PACA

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Le syndicat Action CHR (Café – Hôtel – Restaurant) est né le 12 mars dernier.
Présidé par Jean-Charles Ruggia et par Christiane Thibault, ce syndicat est né d’une forte demande des professionnels, dans le but de défendre les intérêts de la profession, de la promouvoir, de la représenter à tous les niveaux, avec pour objectif d’être une force de proximité, en ayant avec tous les protagonistes un contact au quotidien.
Suite à plusieurs rencontres avec le syndicat historique des débitants de boissons, le Synhorca GNI, second syndicat national, un rapprochement s’était opéré ces dernières semaines.
Action-CHR à donc naturellement rejoint le GNI (Groupement National des Indépendants – Hôtellerie et Restauration), présidé par Didier Chenet .
Une convention entre les deux organisations a été signée lançant la nouvelle structure du GNI PACA.
« Nous gérons la région PACA, ce qui est un gros travail car nous fédérons les hôtels, les restaurants, les bars, les cafés et brasseries, les snacks, les discothèques et traiteurs. Et il faut savoir que simplement sur le Var, il y a quelque 6.500 restaurants et 650 hôtels.
Nous sommes tous des gens motivés, compétents et – soulignons-le – bénévoles.
Nous reconnaissant dans les valeurs et les compétences du GNI et dans les dossiers qu’il porte, il était donc normal que nous nous regroupions »
Quelles sont donc, justement, ces compétences ?
Le droit social, juridique et fiscal, la réglementation des débits de boissons, l’hygiène alimentaire, les commissions de sécurité, les rapports aux Prud’hommes, l’aide à la mise en place d’un établissement… Les sujets sont nombreux et variés.
Proposerez-vous des rencontres, des stages ?
Oui, là aussi divers et variés, les thèmes allant du permis d’exploitation à l’hygiène alimentaire (HACCP), les diverses réglementations… En fait, tout ce qui tourne autour de la restauration et de l’hôtellerie..Nous aidons également les futurs créateurs dans l’élaboration de leurs projets.
Avez-vous des partenaires ?
Oui : l’APAVE, Métro, les cafés Segafredo, la société 4D, la société JDC, Intec Media pour la Technologie & Média, le cabinet d’avocats Clémence… Nous pouvons avec eux proposer des formations, des conseils, du matériel afin de donner les clefs pour travailler dans tous nos métiers.

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Jean-Charles Ruggia & Christianr Thibault

Pourquoi, selon vous, ce succès si rapide ?
Tout d’abord parce que nous intervenons auprès de toutes les branches de l’hôtellerie et de la restauration, et puis, parce que, depuis des années, nous avons toujours été à leurs côtés sans exercer de mandat syndical, ce qui fait qu’aujourd’hui ils nous font confiance.
Ils ont souvent regretté l’isolement dans lequel ils étaient, le manque de soutien, de conseils.
C’est ce qui nous a poussé à créer ce syndicat.
Nous voulons assurer une démarche de qualité à travers certains nombres de critères, pouvoir aider, conseiller, informer, accompagner et défendre.
Quelques exemples ?
L’attribution de terrasses, les demandes de fermeture tardive, les droits et obligations inhérents au fonctionnement d’un établissement, les bonnes relations avec les administrations, l’emploi et la formation.
Il va vous falloir fournir un gros travail de communication…
Oui – nous précise Christiane Thibault, vice-présidente du syndicat – et pour cela nous avons rencontré les collectivités locales, les maires, les offices de tourisme, Chambres de Commerce, les sénateurs, les députés même, tous les décideurs locaux et régionaux, afin de nous faire connaître ainsi que d’échanger sur les difficultés de cette profession et la nécessité de fournir un travail de qualité dans cette région qui, si elle est la première au niveau touristique, n’est que treizième au niveau économique.
Il faut que tous ces décideurs soient conscients des problèmes rencontrés par les entreprises et nous souhaitons devenir une force de proposition dans une démarche de qualité.
Comme on le voit, le projet est énorme, ambitieux mais aussi exaltant pour cette dynamique équipe qui n’agit que pour que la région redore son blason, brille par sa qualité de vie et retrouve une meilleure place d’accueil et de gastronomie qu’elle semble avoir un peu perdu.

Jacques Brachet
GNI PACA – 730, Bd de Lery – La Seyne-sur-Mer – contact@action-chr.fr
04 94 41 09 00 – 06 19 56 16 61 – jc.ruggia@action-chr.fr

Six-Fours – Villa Nuraghes
Philippe CARRESE, invité de l’association « Lumières du Sud »

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A Six-Fours, il y a des fanas de cinéma… Certains se sont regroupés autour de l’association « Lumières du Sud » et de sa présidente Mireille Vercelino, qui a le don de trouver des films remarquables, de petites pépites que l’on peut découvrir au Six N’étoiles, de proposer des débats et de faire venir des
personnalités diverses et variées et toujours passionnées de cinéma.
Cette semaine, à la Villa Nuraghes j’y retrouvais mon ami Philippe Carrese, auteur, romancier, réalisateur, rencontré en 2003 au festival de la Fiction TV qui était encore à St Tropez avant de s’installer à la Rochelle.
Il y présentait sa série « Malatarra » tournée en Provençal. Il fallait le faire et cela lui valut un prix ! Il récidiva avec « Liberata » tourné en langue corse. Sans parler de « Plus belle la vie » sur laquelle il travaille depuis des années.
Marseillais pur jus, né dans le quartier du Panier, sa famille fait cependant partie de ces exilés italiens venus nombreux s’installer dans le Midi, il y a plus d’un siècle. L’Italie et particulièrement Naples à laquelle il est toujours été attaché viscéralement.
D’où ce projet de tourner un film pour France 3 Méditerranée, intitulé « Marseille l’Italienne », qu’il est donc venu présenter aux adhérents de « Lumières du Sud ».

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« C’est – me confie-t-il – un projet de documentaire que j’ai depuis longtemps dans ma tête. Après avoir tourné « Et toi tu es tatoué ? » sur l’univers du tatouages et un autre documentaire sur l’univers des courses hippiques, créé avec mon ami Régis Brun de Haracho Productions, je lui propose alors de retrouver ce qu’il reste de la culture italienne dans la culture marseillaise, un siècle après l’immigration. Je ne voulais surtout pas que ce soit un film nostalgique mais un constat joyeux, de ce que les Italiens ont apporté.
Proposé à France 3 qui nous a offert la post-production, il nous fallait trouver de l’argent que ni le CNC ni la région n’ont voulu nous donner. Nous étions donc sans un rond, hormis un petit caméscope qui a coûté 4000€ à Régis et avec lequel il m’a dit : « débrouille-toi » !
J’ai donc fait ma vie tout seul, je me suis organisé en allant voir des amis marseillais qui avaient, comme moi, des racines italiennes. Je voulais toucher aussi bien l’art, la musique, les traditions, la gastronomie et voir ce en quoi on retrouvait de l’Italien dans Marseille.
Ces amis sont Alain Otonello, curé de la Cathédrale de Marseille, l’écrivain Marcel Rufo, le directeur des Ballets de Marseille Emio Greco, le physicien Carlo Rovelli, le chanteur du groupe I Am, Akhenaton, qui se nomme en fait Philippe Fragione, Philippe Troïsi, magnifique musicien qui a entre autre créé le trio Appassionata et qui m’avait écrit la musique de « Malaterra », Maria-Antoniette Cappielo, oncologue à Paoli-Calmette et une certaine Pierrette Bosso, mère de Patrick que j’ai préféré à son fils avec qui j’ai déjà fait trois films. Un jour je l’ai appelée et je lui ai dit : « Tu me fais les boulettes et je te filme !
Ma famille y a aussi participé car mon grand père Scotto est venu travailler aux chantiers navals du Pharo. Je suis parent avec Serge Scotto, l’écrivain qui est dans le film et aussi avec Vincent Scotto, le compositeur « marseillais ». J’ai écrit une partie de la musique avec mon fils et j’y ai mis des apports de musique traditionnelle napolitaine.
Une fois terminé et monté, le film est passé sur France 3 Méditerranée, le 29 octobre à minuit !
Il faut savoir que si l’émigration italienne date de plus de cent ans, elle a continué à l’avènement de Berlusconi. Et là, on n’a pas vu arriver des paysans, des gens mourant de faim ou fuyant le fascisme mais toute une faune d’intellectuels qui ne supportaient pas cette nouvelle image de l’Italie. »

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Ce documentaire de 52′ et fait de magnifiques images, malgré la technique réduite qu’avait à sa portée notre ami, nous montre bien, avec à la fois le sourire et l’émotion, que nombre d’Italiens ont fait leur place dans le Midi et entre autre à Marseille, que les langues se sont entremêlées, donnant des mots, des expressions dont on ne sait plus très bien s’ils viennent de l’Italien ou du Provençal… A y perdre son Latin !
On y apprend comment est née la pizza, que la mozzarelle, la vraie, on peut la trouver à Marseille car il y a des élevages de bufflonnes, que ces barquettes marseillaise ou ces pointus traditionnels viennent d’Italie… Bref, on apprend un tas de choses sur ces liens qui ont été tressés entre ces deux pays, entre autre que, pour s’intégrer vraiment dans cette ville qu’est Marseille, les premiers arrivés se sont interdit de parler italien mais seulement français. Ce n’est que la deuxième génération qui a voulu retrouver sa langue première, sans bien sûr renier le français.
Un très beau film qu’il faudrait montrer dans les écoles.

En dehors de cela, Philippe Carrese n’arrête pas de tracer son sillon, toujours sur la série phare « Plus belle la vie » où il est le réalisateur de référence et s’il n’en écrit pas les histoires, il travaille sur la fabrication, la technologie, les nouvelles méthodes de travail.
Il termine un triptyque documentaire. Trois volets de 52′ intitulés « Lieux de crimes » où il est allé rechercher les grandes affaires criminelles comme le Bar du Téléphone, l’affaire Dominici, le casse de Nice, la tuerie d’Auriol… Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? A suivre au mois de mai sur France 3.
Et puis, l’écriture est toujours là où là encore il nous offre la saga d’une famille « Regards croisés ». Trois tomes sont déjà sortis, allant de 1911 à 1945 : « Le virtuose obstiné », « Retour à San Castello », « La légende Belonore », parus aux éditions de l’Aube. Paraîtra bientôt « Tango à la Romaine »
Toujours l’Italie qui le poursuit et dont il avoue : « Ca fait partie de l’atmosphère qui me nourrit ».
Et comme le dit un de ses amis dans le film : « Un Marseillais est un Italien sous-titré ! »

Jacques Brachet

Six-Fours – Batterie du Cap Nègre
Isabelle AGNEL-GOUZY… à l’horizontale !

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Au XIXème siècle, celles qu’on appelait « Les Horizontales » étaient des demi-mondaines, des femmes de petite vertu, les maîtresses de luxe de la Belle Epoque.
Rassurez-vous, notre belle Toulonnaise qu’est Isabelle Agnel-Goury n’en n’est pas une !
Diplômée des Beaux-Arts de Toulon et de Marseille, elle est aujourd’hui une plasticienne connue et reconnue mais aussi professeur d’Arts Plastiques aux Beaux-Arts de la Seyne-sur-Mer.

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Alors pourquoi a-t-elle sous-titré cette exposition- accrochée jusqu’au 20 janvier dans ce lieu magnifique qu’est la Batterie du Cap Nègre – « Les Horizontales » ?
Parce qu’elle découvre en 2015, au Musée d’Orsay à Paris, une exposition justement intitulée « Les Horizontales ». Et elle se rend compte alors que, depuis qu’elle a entrepris ce travail de plasticienne, elle n’a créé que des toiles à la verticale.
Il lui a alors semblé judicieux de s’y intéresser en pensant tout d’abord à la terre, la mer, les paysages méditerranéens qui ont toujours été les siens. Puis elle s’est rendu compte, lors d’un voyage à Venise, que cette ville vivait à l’horizontale, « C’est une allongée », dit-elle en riant, tout comme Majorque, pays où elle a des racines.

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Et voilà qu’elle se met à travailler sur ce concept, d’autant qu’elle avait momentanément ralenti, suite à une grave maladie qu’elle combat avec acharnement. D’ailleurs, cette exposition est arrivée à point nommé pour lui donner une bouffée d’air pur, une envie de retravailler et cela, grâce à Dominique Ducasse, adjointe aux Affaires Culturelles de Six-Fours et Dominique Baviéra, directeur artistique du Pôle Arts Plastiques qu’elle n’oubliera pas de remercier chaleureusement.
Isabelle, je l’ai connue alors qu’elle préparait une exposition sortant des sentiers battus et pour le moins originale, intitulée « Peinture-Couture », qui était simplement une collection de vêtements peints de sa propre main, chacune de ses robes n’ayant pas sa pareille, et qu’elle présenta au cours d’un mémorable défilé.

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Isabelle avec Dominique Ducasse et Michel Dufresne, plasticien qu’on retrouvera du 8 au 23 décembre chez Pierre Dutertre et Stéphanie Gamby au Tandem Céramique d’Ollioules

Depuis, Isabelle n’a pas cessé d’évoluer, de trouver de nouveaux supports, de nouvelles façons de travailler, passant de l’huile à l’acrylique, du dessin au polaroid et par les techniques mixtes.
Cette fois encore, elle nous offre une exposition forte, riche, en éternelle évolution, en ce lieu où se lovent ses œuvres en toute liberté, en toute créativité, en mille éclats de couleurs éclatantes ou de camaïeux tout en douceur, dans des lignes épurées où notre imagination peut trouver des danseurs, des fleurs, des ciels, des vagues, et même des silhouettes ressemblant étrangement aux robes qu’elle avait créées. Le tout dans des lignes épurées ou de grands aplats et une grande énergie, où se mêlent l’immensité et le minimalisme mais toujours avec le même bonheur que l’on ressent fortement.
Elle y marie les deux avec une justesse et une ordonnance très pensées. D’ailleurs, avant de ce lancer dans ce projet, elle a habité ce lieu magique un bout de temps afin d’y faire habiter ses œuvres qui ne sont pas accrochées là par hasard, nous offrant des étapes, des balises sur ce chemin qu’elle a choisi de nous offrir.

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C’est un hymne à la vie, c’est beau, c’est chaleureux et c’est en quelque sorte une renaissance, dans le cheminement qui mêle sa vie de femme et d’artiste.
A la verticale ou à l’horizontale, Isabelle nous offre là une œuvre aboutie, remarquable, exceptionnelle.

Jacques Brachet

Pathé la Valette
Kad MERAD cherche gendre désespérément !

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Stéphane (Kad Merad) est entouré de femmes : Suzanne, son épouse (Julie Gayet), et ses trois filles : Alexia (Pauline Etienne), Gabrielle (Louise Coldefy), Raphaëlle (Chloé Jouannet), sans oublier Christelle (Zabou Breitman) sa collègue gynécologue obstétricienne, comme lui.
Dans ce milieu uniquement féminin, il n’a toujours rêvé que d’avoir un fils, rêve devenu une véritable obsession. Alors, dès qu’il voit un garçon tourner autour d’une de ses filles, il lui met à tel point le grappin dessus, que celui-ci s’enfuit à toutes jambes. Un jour, à force de la pister, il découvre Alexia avec Thomas (Guillaume Labbé), un superbe et célèbre rugbyman du RCT dont il se débrouille de devenir son ami. De ce fait Thomas passera plus de temps avec Stéphane qu’avec Alexia. C’est la rupture.
Rupture qui le submerge et il va utiliser plein de subterfuges pour les réunir, au détriment du nouveau petit ami de sa fille, Bertrand (François Deblock) qu’elle a choisi au départ parce qu’il est le collaborateur de son père que celui-ci déteste, en espérant avoir la Paix. Mais voilà, il va lui mener la vie impossible en manigançant sa rupture et alors, tout va se déclencher : toute la famille lui tourne le dos et il n’est même pas invité au mariage de Gabrielle, mariage qu’elle a gardé secret jusqu’au bout pour avoir la paix.
C’est une jolie comédie pleine de charme, signée François Desagnat, qui nous avait déjà offert le savoureux « Adopte un veuf », qui navigue, comme celui-ci, entre rires et émotion, Kad y étant à la fois horripilant et touchant, Julie Gayet toujours aussi lumineuse et aussi drôle que Zabou Breitman, femmes énergiques et aimant cet homme malgré tout. Les garçons sont également craquants, de l’athlétique Guillaume Labbé au timide François Deblock, tous deux quelque peu naïfs et amoureux.
Par ailleurs, les Toulonnais vont être heureux de retrouver leur RCT et leur stade Mayol, quelques séquences de ce film ayant été tournée en ce lieu mythique, ainsi qu’à Marseille.
Et voilà que le Pathé nous offre un joli cadeau de Noël en faisant venir, non pas en avant-première mais en exclusivité, une partie de la troupe : François Desagnat, Kad Merad, Guillaume Labbé, François Deblock, quatuor de mecs qui entourait Julie Gayet. Au contraire du film, les hommes étaient en majorité.
Et croyez-moi, l’atmosphère n’était pas triste, tout d’abord parce que Kad est un joyeux drille, que depuis dix jours il est grand père par procuration puisque Louise, alias Gabrielle, a eu un petit garçon et enfin parce que ce Marseillais d’adoption était ravi, comme tous les autres, de quitter les brumes et le froid de Paris pour le soleil et la tiédeur du Sud.
L’interview avec ces énergumènes sera plutôt débridée, chacun coupant l’autre et y allant de son histoire, de sa vanne et posant même les question à notre place !

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Guillaume Labbé, Julie Gayet, Kad Merad, François Desagnat, François Deblock

François Desagnat, après « Adopte un veuf », ce film, c’est un peu « Adopte un gendre », non ?
Ç’aurait pu être le cas, d’ailleurs ce n’est pas le titre initial qui devait-être « Beau-père et papa » ! et qui en fait, aurait dû voir le jour avant « Adopte un veuf »
Qu’est-ce qui vous a fait choisir ce scénario qui est en fait américain ?
C’est l’un de mes producteurs qui m’a parlé de ce scénario américain qui n’a jamais été tourné en fait. Ce scénario m’a tout de suite parlé parce que j’ai deux filles et, même si je les adore, j’aurais aussi aimé avoir un garçon… sans arriver aux extrémités de Stéphane ! Par contre, je ne pense pas avoir été frustré, d’ailleurs, je ne me suis vraiment jamais posé la question Ce sont mes filles qui se la sont posée ! Mais peut-être aussi cela m’a permis de régler certains problèmes !
Comment adapte-t-on en français un scénario typiquement américain ?
L’intérêt est qu’il n’avait pas fait l’objet d’un film, donc il n’y avait pas de comparaison possible. L’adaptation s’est faite par phases progressives. D’abord, il y avait le problème du sport puisque le petit ami d’Alexia n’était  pas un rugbyman mais une star du football américain. Je trouvais que le sport le plus proche était le rugby…
Tourné à Marseille, ç’aurait pu être le foot et l’O.M !
Non, je préférais le rugby qui, à mon sens, à plus de valeurs humaines plus fortes, plus saines que dans le foot. Ensuite, il a fallu trouver le style et là, vraiment, je voulais que ce soit proche de comédies américaines. Mais l’humour est très différent et on a dû le transformer « à la française ». J’adore l’humour anglo-saxon, j’y suis très à l’aise et j’ai quand même voulu que ça en reste assez proche.
D’autres différences ?
Oui, en Amérique chacun a un garage avec un billard, un juke box, un bar. Ça ne se trouve pas chez nous. Du coup, dans ce garage j’y ai mis une voiture américaine ancienne, celle du père de Stéphane, qu’il considère comme son trésor.
Vous avez tourné longtemps à Toulon ?
Non, deux jours seulement pour huit semaines à Marseille. Par contre, nous avons été accueillis chaleureusement dans cette équipe.
Guillaume, vous avez donc été adoptés par le RCT ?
Ils m’ont tout de suite intégré dans l’équipe et quel bonheur, pour l’ancien rugbyman que je suis de jouer dans le plus gros club d’Europe !
– C’est vrai -coupe Kad -qu’il joue mieux au rugby qu’il ne joue la comédie !
(Huée des autres artistes !)
– En tout cas j’y ai mis tout mon cœur, malgré le manque d’entraînement et ils ont fait comme si j’étais des leurs. Dans ma tête j’étais dans le match et j’ai pensé marquer le plus bel essai du monde !
Et cet accent que vous prenez… et que vous perdez d’ailleurs de temps en temps !
Mais c’est le mien ! Ici je prends l’accent parisien parce que ça fait mieux.
Non, sérieusement, j’ai fait de mon mieux, je l’ai travaillé. J’avais déjà tourné un film où j’avais l’accent du sud-Ouest !

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Kad, ravi d’accueillir vos petits camarades dans cette ville qui est un peu la votre ?
Oui, je la leur ai fait connaître, je les ai menés au cabanon, à la pêche et d’ailleurs, alors que je n’avais rien attrapé Guillaume en a attrapé deux, mais deux trucs énormes dont une vieille… J’avais jamais vu ça ! Par contre, j’ai aussi été heureux de faire quelques passes avec les rugbymen toulonnais… Ca m’a rappelé ma jeunesse, à l’époque où l’on jouait avec un ballon en carton !
François, vous connaissiez un peu la région ?
Oui, j’y étais venu pour le tournage du film de Gérard Jugnot « C’est beau la vie quand on y pense » qui s’est fait dans la région toulonnaise. J suis toujours heureux d’y revenir et surtout d’avoir la chance d’avoir été choisi par François Desagnat.
– Je cherchais – intervient « l’autre » François – un comédien qui ressemble un peu à Claude Rich jeune pour son côté un peu dandy, avec peut-être la naïveté, la tendresse d’un Bourvil.
– Et puis – reprend François le comédien – j’ai fait une formation d’obstétricien durant quatre ans et je n’ai pas pu continuer car je me suis cassé un doigt.
Rires de l’équipe qui crie au canular !
– plus sérieusement, avec François on s’est vu, on s’est reniflé, on s’est plu… on a tourné !
Julie, on s’est rencontré au festival de la Rochelle, mais c’est Marseille qui a été le lieu de notre première rencontre !
Oui, sur le tournage de « Ça va passer… mais quand ? » de Stéphane Kappes avec Stéphanr Freiss. j’ai toujours plaisir à retrouver cette région et c’est vrai que les balades en mer dans le bateau de Kad, sous un beau soleil c’était bien agréable car en plus Kad est un être drôle, généreux, gentil…
Et puis, je voudrais préciser une chose C’étaient un peu les grandes vacances, on oubliait qu’on était là pour travailler !
Et je voudrais encore préciser une chose : je suis l’ambassadrice de la coupe du monde de rugby féminin et je peux vous dire qu’il y a de bonnes joueuses ! Et je suis supportrice de l’équipe de Brives ! »

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Voilà, c’est dans certain brouhaha que nous avons réalisé cette rencontre, dans les rires et la bonne humeur, plus une rencontre et une conversation à bâtons – très ! – rompus entre copains, plus qu’une véritable interview !
Mais nous avons adoré le film et leur venue a été la cerise sur le gâteau !

Jacques Brachet

Julie Gayet au théâtre également
Quelques mots en aparté avec Julie Gayet qui, le lendemain, se produisait sur la scène du Théâtre du Jeu de Paume dans « Rabbit hole » de David Lindsay-Abaire, dans une mise en scène de Claudia Stavisky, avec Patrick Califano.
« David Lindsay-Abaire a reçu le prix Pulitzer en 2007 et c’est une pièce où un couple essaie de surmonter la douleur de la perte de leur fils tué dans un accident d’auto. Chacun vit son deuil différemment et va en fait s’affronter. Lui, va chercher à vivre des expériences, elle, veut quitter l’atmosphère étouffante de la famille. Les relations familiales avec sa sœur et sa mère vont se distendre alors que bizarrement elle va se rapprocher du garçon qui a tué son fils. Le couple va-t-il se retrouver ?
Cette pièce est sans pathos, sans lourdeur, j’adore la jouer en tournée avant de la jouer trois mois aux Bouffes Parisiens à Paris.
Pour moi, c’est un retour aux sources de mon métier. C’est une pose que je m’octroie et dans laquelle je me sens bien ».

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Deux élèves du Conservatoire à Rayonnement Régional de Nice récompensés

Stella ALMONDO, 1er prix de distinction au concours Jeune Chopin
Théo FOUCHENNERET, 1er prix ex æquo au concours international de Genève

Stella Almondo concours Jeune Chopin 15 10 2018 Martigny Th+®o
Stella ALMONDO
Stella intègre la classe d’Amédée Briggen en 2016 au Conservatoire de Nice en cycle II, tout en poursuivant sa scolarité en horaires aménagés.
La cantatrice Elizabeth Vidal l’a invitée à jouer à Nice en septembre 2017, puis à Cagnes-sur-mer et à Beaulieu-sur-mer en février 2018. A l’invitation du Cercle Musical de Cannes, elle a déjà donné deux récitals publics à l’hôtel Majestic, en juillet 2017 et en octobre 2018.
Stella s’est déjà illustrée brillamment dans plusieurs concours internationaux : concours international FLAME à Paris en juillet 2017 (second prix), concours international de Nice en octobre 2017 (mention très bien à l’unanimité), concours GCIP à Saint Tropez en mars 2018 (premier prix finaliste), concours Steinway à Cannes en avril 2018 (premier prix, avec la note de 19/20).
Cet été, elle a suivi les cours de la prestigieuse académie Wells en Angleterre où elle fut très remarquée par son directeur John Byrne, professeur au Royal College of Music de Londres.
Théo FOUCHENNERET
Natif de Nice, Théo Fouchenneret commence à étudier le piano dans sa ville natale avec Christine Gastaud. A 13 ans, il intègre le CNSM de Paris dans la classe d’Alain Planès puis dans celle d’Hortense Cartier-Bresson, auprès de qui il poursuit des études de 3ème cycle. Il suit aussi les cours de musique de chambre de Jean-Frédéric Neuburger et de Yann Ollivo et reçoit les conseils avisés de nombreux pédagogues de renom.
Lauréat du Prix Gabriel Fauré en 2013, Théo Fouchenneret se consacre aussi à la musique de chambre et fonde l’Ensemble Messiaen avec lequel il remporte un 1er Prix au Concours de Lyon. Il a déjà une importante activité de chambriste et de soliste et joue avec des musiciens de renom dans de très nombreux festivals en France et en Suisse, ainsi qu’au Liban, en Chine ou au Japon.
Christian ESTROSIi, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Président délégué de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur :
« Deux de nos élèves de piano du Conservatoire à Rayonnement Régional de Nice ont été récompensés en Suisse. Stella Almondo, 12 ans, élève d’Amédée Briggen, a obtenu le 1er prix de distinction au concours Jeune Chopin à Martigny, dont le jury était présidé par Martha Argerich. Théo Fouchenneret, 24 ans, élève de Christine Gastaud, a obtenu le 1er prix ex aequo au concours international de Genève. Ce concours est considéré comme la plus prestigieuse compétition internationale de musique classique ! C’est une très belle réussite et une grande fierté pour notre ville. Je tiens à les féliciter et les encourage à poursuivre dans cette voie. »

 

Opéra de Toulon : Un Barbier pour les enfants !

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Jeudi 6 décembre 10h et 14h30
« Un barbier », d’après « Le Barbier de Séville » de Rossini
Avec Figaro Mathieu Gardon – Le Comte Almaviva Pierre-Emmanuel Roubet
Rosine Marion Lebègue – Bartolo Thibaut Desplantes – Don Basile Olivier Dejean
l’orchestre de l’Opéra de Toulon dirigé par Antoine Gatard
Mise en scène : Damien Robert

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En montant Le Barbier de Séville à l’attention du jeune public, le propos du metteur en scène Damien Robert est d’assumer pleinement la part de comédie de l’œuvre. Il convoque pour cela une imagerie pop, moderne et expressive qui tient tant du théâtre d’objet que du cinéma d’animation.
L’argument ? Un joyeux imbroglio de situations amoureuses orchestré par Figaro, le barbier facétieux de la ville. Appelant les spectateurs à devenir complices de l’intrigue, la scène a été conçue comme une boîte à jouets qui s’amuse des codes de l’opéra et accompagne de façon ludique
Cette version « allégée » et en français du « Barbier de Séville » permettra au jeune public d’aborder, peut-être pour la première fois, le genre opéra avec des références dont il pourra se sentir proche.
Les deux représentations à l’Opéra de Toulon sont destinées aux scolaires.
Près de 1500 élèves des établissements de la Métropole et du Var y assisteront.

Noël à Sanary

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Sanary-sur-Mer vous invite à découvrir le 13ème Festival de «Noël à Sanary, Chœurs de Lumière».
La ville se met en fête avec des illuminations féeriques et de nombreuses animations : Parades, concerts, animations, ateliers créatifs, crèche grandeur nature de La Coustiero Flourido, feu d’artifice…
partageons ensemble des fêtes traditionnelles et magiques
Les temps forts
– Illuminations de la Ville – Animations de Noël dans les salles – Caravane des Rois Mages – Parades de rue, spectacles et concerts
– Médiathèque – Salle Marie Mauron : La Forêt du Père Noël / Atelier des Artistes : Automates de Noël – Galerie Barthélemy de Don : Noël au pays du froid, spectacles de marionnettes et contes – Maison Flotte : Les petits mondes de Noël / Petit Galli – Theâtre Galli : spectacles de magie – Espace Saint-Nazaire : ateliers créatifs de Noël
Et aussi…
– La boîte aux lettres géante du Père Noël (Parvis de l’Hôtel de Ville) – Les crèches de Noël municipales
– L’arrivée du Père Noël (Port) – Le feu d’artifice (Port) – La petite ferme de Noël (Place des Poilus) – Marché gourmand de Noël avec l’association « Just’Sanary » du 15 au 31 décembre 2018.
Sanary conserve le caractère traditionnel des Fêtes de Noël avec la Messe de l’Avent, la crèche vivante pastorale, la Veillée de Noël et les messes de Noël et de minuit.
Une magnifique exposition est également à découvrir, au salon d’accueil de la Médiathèque Jacques Duhamel,
Du 1er décembre 2018 au 5 janvier 2019 : « Les petits animaux de la crèche », tableaux réalisés par la jeune peintre sanaryenne Fleur Pierre.
Entrée libre sur l’ensemble de la programmation et des animations….
Juste avant décembre…
Samedi 24 novembre 2018 : Foire aux jouets, Allée d’Estienne d’Orves, de 9h à 17h
Mercredi 28 novembre 2018 : Atelier créatif de Noël (pour adultes),  «Calendrier de l’Avent», Médiathèque Jacques Duhamel, 14h – Sur inscriptions : 04 94 32 97 80
Renseignements : Office de Tourisme 04 94 74 01 04 –
En cas d’intempéries, consultez le site www.sanarysurmer.com pour rester informés.

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Sanary – Théâtre Galli
La vie encore plus rêvée de Michel BOUJENAH

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Il rigole, il harangue, il perd son texte, il improvise, il vitupère, il prend le public à parti, gare aux premiers rangs et par moments, entre rires et émotion, il nous offre une leçon de vie.
Vie réelle ? Vie rêvée ? C’est sa vie rêvée qu’il a décidé de nous raconter par l’intermédiaire du personnage qu’il s’est inventé voici quelque trente ans, Maxo Boutboul en y ajoutant des portraits de sa mère, de son oncle, de son cousin, histoires drolatiques, douces-amères depuis leur exode, quittant le soleil d’Algérie pour les brumes du nord de la France.
Un spectacle coloré, qui fait suite à sa vie rêvée puisque cette fois il nous affirme qu’elle est encore plus rêvée. Mais elle touche au cœur, à la rate aussi, car on rit beaucoup et derrière ses tribulations au travers de sa vie et de ses personnages, il y a un homme « Moi », comme il aime à dire. Un « Moi » qui, sous couvert du rire, est un homme profond.
Et j’en parle en connaissance de cause car je le côtoie depuis quelques années, en tournée ou à Ramatuelle où, avec brio et depuis dix ans, il a remplacé l’ami Brialy aux manettes d’un festival magnifique… comme lui !
Un théâtre Galli, ce soir-là, où quelques spectateurs, apeurés par les manifestations des gilets jaunes, ont décommandé leur soirée, ce qui a attristé Michel mais ce qui n’en a pas enlevé sa pèche, son brio, ses altercations et son humour. Si la salle n’était pas totalement pleine, elle s’est levée pour l’ovationner et lui faire un triomphe. Un de plus.

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Auparavant, nous nous retrouvions dans sa loge où, comme toujours, il m’accueillait les bras ouverts, un peu déçu et surtout un peu crevé d’arriver d’un spectacle donné la veille à l’autre bout de la France, mais toujours chaleureux.
Alors Michel, où en es-tu de ce spectacle ?
Je commence à en vivre la fin puisque je terminerai en juin à Antibes à l’Anthea. Les deux version de ce spectacle, « Ma vie rêvée » et « Ma vie encore plus rêvée », je les ai joués 450 fois !
Tu abandonnes ton personnage ?
Non, j’abandonne… moi !
Mais je travaille déjà sur un autre spectacle que j’ai commencé à écrire. Mais tu me connais… Je travaille à mon rythme ! J’ai encore plein de choses à jouer.
Et en attendant ?
Je suis en train de terminer d’écrire mon quatrième film. Il s’appellera « Frères ».
Quel en est le sujet ?
Après une longue séparation, deux frères se retrouvent et vont régler leur compte. Mais ce n’est pas un drame, c’est une comédie tendre comme j’ai l’habitude de les écrire et là encore… c’est moi !
As-tu déjà prévu tes comédiens ? Va-t-on retrouver ton clan comme Berling, Elbaz… ?
Non, pas cette fois. J’ai envie de travailler avec des comédiens avec qui je n’ai jamais travaillé. Mais je n’ai pas encore décidé de qui ce serait. Le scénario est presque fini d’écrire et je pense que je le tournerai l’an prochain après le Festival de Ramatuelle.
A ce propos, tu es, je suppose, en préparation du festival ?
Oui, bien sûr mais je n’ai pas le droit d’en parler encore. Ce que je peux seulement te dire, c’est qu’il y aura de grosses surprises et qu’il sera encore plus fort que celui de cette année !
C’était déjà pas si mal !
Oui mais tu sais, chaque année la programmation dépend de beaucoup de choses : la liberté des artistes, la peur de ceux qui appréhendent de jouer en plein air… C’est toujours compliqué. Mais c’est ce qui en fait aussi le charme. Et puis, il faut que je prenne le temps d’aller voir des spectacles.

A

Justement, en as-tu le temps ?
Je le prends, entre les dates de la tournée. Je fais cinq à six spectacles par mois, le reste du temps, je le passe à écrire et à voir des spectacles.
Et avec tout ça, tu prends le temps de vivre ?
La aussi… je le prends ! Si je ne vis plus, je n’écris plus.
Vie réelle ou vie rêvée ?
Les deux mon général ! Lorsque j’écris, je rêve et le reste du temps, la vie est là. Et la vie est hyper belle. Par contre, il faudrait que les journées aient 48 heures.
Pourquoi ? Pour travailler plus ?
Non… pour pouvoir dormir 24 heures !
Le temps est la chose la plus luxueuse du monde. A vingt ans, on pense avoir tout le temps devant soi. Avec l’âge, on pense au temps qui nous reste. C’est pourquoi il faut en profiter !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Le Carré des mots
Romy SCHNEIDER revit
grâce à Sarah BIASINI & Jean-Pierre LAVOIGNAT

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En septembre dernier, Romy Schneider aurait fêté ses 80 ans.
Difficile à imaginer tant on garde dans la tête et dans le cœur, le souvenir d’une des plus grandes comédiennes qu’on ait connue et d’une femme belle, sublime, lumineuse, malgré ses parts d’ombre comme tout un chacun.
Et pour ce triste anniversaire, le journaliste Jean-Pierre Lavoignat, ami de Sarah Biasini, la fille de l’actrice, elle-même actrice, ont décidé de lui offrir une exposition à Paris et de ressortir un livre que Jean-Pierre lui avait déjà consacré, revu et corrigé.
Splendide album où l’on découvre les plus belles photos de la vie de femme, de mère, d’actrice de cette sublime icône qu’est Romy Schneider, des fameux « Sissi » à « La passante du Sans Souci », agrémenté d’une biographie et d’une interview exclusive de Sarah, qui a bien voulu se confier à Jean-Pierre, chose rare pour cette fille de star dont la lumière n’a pas toujours été facile à soutenir.
Jean-Pierre, avec lequel nous nous nous sommes croisés mille fois au Festival de Cannes et qui est venu passer un moment à Toulon, à la librairie « Le carré des mots », pour signer ce magnifique album.

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Jean-Pierre, pourquoi Romy ?
Comme beaucoup de gens, j’adorais l’actrice mais en tant qu journaliste, je n’ai jamais eu l’occasion de l’interviewer. Alors que je travaillais au magazine « Première », c’était Marc Esposito qui s’en chargeait. Bien sûr, je l’ai quelquefois croisée et même rencontrée pour la première du film de Claude Sautet « Une histoire simple ». Mais c’était toujours en simple témoin.
Par contre, je suis ami avec sa fille Sarah Biasini depuis longtemps. Et lorsqu’il a été question d’organiser cette exposition à Paris en 2011/2012, elle m’a demandé d’en être le commissaire, chose que je n’avais jamais faite auparavant. Au départ il était question que ce soit Henry-Jean Servat, qui avait monté au même endroit l’exposition de Brigitte Bardot. Mais Sarah s’est sentie plus sécurisée avec moi : « Tu me protègera et je te fais une confiance totale » m’a-t-elle dit.
J’étais très ému et… comment refuser ?
Comment monte-t-on une telle exposition ?
D’abord, je me suis plongé dans la vie et la carrière de Romy. Et puis, il a fallu chercher objets et documents, ce qui a été à la fois difficile, excitant et émouvant.
Je suis d’abord allé à la cinémathèque de Berlin qui nous a prêté beaucoup de choses de sa carrière allemande. Mais ils ont presque occulté sa carrière française ! Je me suis donc penché sur cette dernière et en premier lieu, je suis allé voir le fils de Claude Sautet qui nous a beaucoup aidés. Il avait plaisir à parler de son père, il a tout gardé de lui et il nous a prêté des choses magnifiques, des scénarios, des lettres émouvantes de Romy à son père dont une particulièrement, presque prémonitoire où elle écrivait qu’elle ne vivrait pas vieille.
Je suppose que vous avez rencontré Alain Delon ?
Oui, même s’il a mis beaucoup de temps à me répondre. Mais il a fini par nous recevoir et nous a prêté plein des photos, très peu de photos inconnues ou rares mais ce qui était émouvant, c’est qu’elles étaient toutes encadrées de la même manière.

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Et Sarah ?
En fait, elle a très peu de choses car Laurent Pétin, le dernier compagnon de Romy, a quasiment tout gardé, Sarah possède une bague en ébène incrustée d’une pierre, offerte à Romy par Luchino Visconti, qu’elle a porté dans de nombreux films et quelques bijoux dont un un médaillon avec une photo de Romy jeune que Magda Schneider, sa grand mère, lui avait donné et les deux César que Romy a obtenus pour « L’important c’est d’aimer  » et « Une histoire simple » Michèle de Broca, épouse du réalisateur Philippe de Broca, productrice et marraine de Sarah, lui a prêté la robe de mariée que portait Romy dans le film dans « César et Rosalie ». Mais c’est vrai qu’à l’occasion de cette exposition, Srah a découvert beaucoup de choses.
Le livre est donc né de cette exposition ?
oui, tout à fait,  et il a été réédité à l’occasion des 80 ans de Romy, dans un autre format, avec les mêmes photos et l’entretien que j’ai eu avec Sarah, ce qui est une chose rare car, lorsqu’on a une telle mère et qu’en plus on est comédienne, ce n’est pas facile tous les jours.
Aujourd’hui, avec le temps et le recul elle le prend mieux et comprend combien sa mère a compté pour des milliers de gens. Elle s’y est faite car de toutes façons elle n’y peut rien changer.
Quand avez-vous rencontré Romy pour la dernière fois ?
Pour l’avant-première de « La passante du Sans soucis » où, malgré tout, elle était lumineuse de beauté. Il y a eu entre autre cette scène extraordinaire : le face à face de Romy avec François Mitterrand qui était présent. Je me souviendrai toujours de ce regard admiratif qu’il avait et du Regard de Romy se rendant compte de cela avec un sourire qui en disait long. On aurait dit qu’un rayon laser réunissait leurs deux regards ! C’est pour moi un souvenir fantastique.
Elle devait disparaître quelques temps après.
Jean-Pierre, comment êtes-vous devenu journaliste ?
J’ai d’abord débuté à la locale du Provençal à Avignon puis je suis « monté » à Paris pour suivre les cours du Centre de Formation des Journalistes (CFJ) puis je suis rentré à l’AFP avant de rejoindre Marc Esposito à Première puis de créer Studio Magazine avec lui en 1987, journal que j’ai quitté en 2006. Après ça il y a eu la radio, la télé, quelques livres…

Photos romy

Et aujourd’hui ?
Je prépare un livre pour célébrer les cent ans de Gérard Oury. En ce moment, je passe beaucoup de temps avec sa fille, Danièle Thompson, que j’avais connue grâce à son fils Christopher qui m’avait demandé de réaliser un film sur son grand-père, trois ans avant son décès. Avec Danièle, nous nous voyons très souvent et par contre elle, elle a une foule de documents formidables sur son père car la mère de celui-ci collectionnait tout ce qui sortait sur Gérard dans des classeurs. C’est une mine d’or !
Et puis, je travaille pour Canal et OSC sur des portraits d’artistes. En ce moment passent trois reportages sur trois des plus grands réalisateurs mexicains : Guillermo del Toro, Alexandro Gonzales Inarritu et Alfonso Cuaron, qui sont amis et ne se sont jamais éloignés les uns des autres.
Mais je suis heureux que ce livre sur Romy ressorte car, c’est vrai, il y a eu un grand nombre de livres sur elle mais je crois, en toute modestie que nous avons le best of des plus belles photos d’elle.
C’est un bel hommage.

Propos recueillis par Jacques Brachet

Sanary – Théâtre Galli
Portrait de frangines avec mec !

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Que peuvent avoir en commun une brocanteuse (Fiona Gélin), une religieuse (Sonia Dubois) et une pute (prononcez « pioute » car elle est russe – Katia Tchenko) ? En dehors de trois prénoms de fleurs, elles sont demi-sœurs et le découvrent au moment où elles sont appelées pour le décès leur père et pour un testament où il avoue tout. Et puis vient se greffer un superbe black qui se dit neveu adoptif du même père (David Chenaud). Tout pourrait être parfait mais ce beau black avoue qu’il est « aussi » flic, qu’il enquête sur la mort suspecte du-dit père et que ce pourrait être l’une des trois filles qui serait la coupable !
De situations burlesques en coups de théâtre, la pièce signée Bruno Druart, dans une mise en scène de Jean-Philippe Azema, est menée tambour battant par quatre comédiens pleins d’énergie qui ont fait rire un théâtre Galli bien rempli car les situations burlesques et les répliques explosives n’engendrent pas la mélancolie.
Retour dans les coulisses où les quatre comédiens m’attendent, entre autre ma copine Fiona Gélin avec qui on a, depuis quelques années, une belle complicité.
Mais auparavant, beaucoup de monde les attend : une grande partie de la famille de David Chenaud, qui vit dans les parages. D’ailleurs, assises à côté de moi, ses nièces attendent avec impatience que « Tonton » apparaisse sur scène ! Ils sont venus, il sont tous là.
Et puis il y a Lydie Gélin, dernière épouse de Daniel, venue embrasser Fiona, et quelques autres amis de Sonia et Katia ainsi que la famille du metteur en scène… Ça en fait du monde !
Mais enfin on se retrouve au restaurant le Galion pour papoter entre saumon et brochettes.
Tous quatre s’entendent comme larrons en foire et la tournée, de leur propre aveu, est un plaisir, d’autant que les salles sont pleines.

G F
E H

« La tournée continue jusqu’au mois d’avril – me précise Fiona –
Et après ?
Je prépare une conférence sur la résilience. Puis, si Dieu veut, je remonterai mon seule en scène « Re-belle » et puis… j’arrête tout !
Quoi ?
Oui, je crois que je commence à en avoir marre de cette vie, même si j’aime mon métier. J’ai passé l’âge d’attendre et il me semble que je ne suis pas à ma place. Je pense qu’une page va se tourner.
Pour faire quoi ?
D’abord partir un an très loin. Le Mexique ou les Caraïbes.
Et ton projet de festival de Poésie en hommage à ton père ?
C’est toujours d’actualité mais c’est très difficile à monter, St Malo, la ville de mon père, est toujours d’accord mais c’est long à se réaliser. J’aimerais que les gens se rendent compte que mon père était un grand poète et j’aimerais pouvoir éditer ses œuvres. En attendant je suis sur l’écriture d’un troisième bouquin… On verra
Et vous Sonia ?
Pour moi, tout va bien merci ! Je suis heureuse de faire cette tournée d’autant qu’on s’entend tous très bien et que j’ai retrouvé ma copine Fiona avec qui j’avais joué « Les amazones ». D’ailleurs c’est aussi grâce à elle que j’ai joué « Les monologues du vagin » après elle.
Et votre actualité, c’est la télé, l’écriture ?
L’écriture est toujours là. J’ai quand même écrit 15 livres en 20 ans. Pas mal, non ? Et j’y reviens de temps en temps.
Un projet ?
Je sais que ce sera sur la gastronomie mais je ne sais pas encore si ce sera un roman… Ou des recettes de cuisine !
Et la télé ?
J’anime une émission sur Between TV. C’est une émission sur la vente d’objets d’art. Vous voyez, je varie les plaisirs !
Et vous Katia : 80 films, 56 pièces de théâtre à votre actif… pas mal !
C’est la rançon de la gloire… ou de l’âge !
C’est vrai que je ne m’arrête jamais, que ce soit comédie, chant, danse. Je sais tout faire, ce qu’on m’a souvent reproché car en France, c’est comme ça, on ne peut pas tout savoir faire. Ca commence à changer mais ça a été long. Sur ma carte d’identité il y a « artiste dramatique », ça veut tout dire.

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Vous avez une formation classique ?
Je suis sortie du Centre National d’Art Dramatique et du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris avec des premiers prix. J’ai suivi des cours de ballet russe et avec tout ça on m’a demandé de choisir… Et j’ai choisi l’opérette ! J’ai joué avec josé Villamor, Georges Guétary, Luis Mariano, j’ai joué dans « Sweet Charity »… j’ai fait des revues aux Folies Bergère et au Moulin rouge…
Mais j’aime tout faire. Je viens de tourner un épisode de « Alice Nevers » avec Pierre Douglas et, encore pour la télé « Un fils parfait »… une histoire très glauque… J’aime les contrastes !
Vous avez la santé !
Et je l’entretiens, en dansant, en faisant des abdominaux… Mon corps réclame, c’est à la fois physique et psychique !
Et j’espère reprendre mon spectacle russe où je joue et chante avec deux musiciens… pour m’éclater
Enfin David, seul mec dans ce tiercé de femmes, comment vous sentez-vous ?
Très bien, je m’entends super bien avec elles. Elles sont assez bienveillantes… malgré leur âge ! (Cris de protestation !) non je rigole, je suis très heureux parmi elles.
Vous aussi vous êtes pluridisciplinaire ?
Oui et comme on me l’a dit cent fois : « Tu fais tout, tu fais rien ! »… Mais je fais, c’est le principal car je suis un artiste et je m’exprime, quelle que soit la discipline.
Par quoi ça a-t-il commencé ?
Par des pubs puis j’ai fait des séries TV (Ainsi soient-ils – Scènes de ménages, Joséphine ange gardien), du one man show (Et dieu créa… David), du théâtre, des télé-films… Je suis un autodidacte, donc j’ai débuté un peu en dilettante, j’ai commencé à rencontrer des gens, j’ai fait de la figuration, puis des petits rôles et petit à petit ça a évolué avec des rôles plus importants, aussi bien au théâtre qu’à la télé.
Et où vont vos préférences ?
C’est indubitablement la scène mais j’aime tout faire quand ce qu’on me propose m’intéresse comme cette web télé « Loulou » qui cartonne et dont je tourne la deuxième saison.
Ce soir c’était un peu particulier...
Oui car une partie de ma famille était là. Ils vivent à Toulon, au Beausset et du coup, on n’a pas l’occasion de se voir souvent. Ça a été formidable de tous les retrouver ».

Durant la pièce, des trombes d’eau se sont abattues sur Sanary et donc sur le théâtre Galli, perturbant quelques instants la représentation où justement, il était question d’orage ! Mais ça n’a pas duré et tout s’est terminé en chanson avec nos quatre lurons qui nous ont démontré ce qu’étaient de vrais artistes pluridisciplinaires !
Bravo à eux !

Jacques Brachet