Sanary – Espace Saint-Nazaire
Raku : le bonheur dans le hasard

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S’il est un art ancestral, c’est bien celui du raku, de son vrai nom « Raku-Yaki », qui signifie « Cuisson confortable », technique d’émaillage qui a vu le jour au Japon et en Corée. Créée pour la cérémonie du thé, par le grand maître du thé Rikyu, il demanda à un potier, Chojiro, de créer un bol tout simple en argile, façonné à la main, aucun n’étant pareil à l’autre. Ces bols arrivèrent jusqu’à l’Empereur qui, charmé, accorda au potier et ses descendants l’honneur de signer leurs oeuvres du sceau portant l’idéogramme « raku » (prononcez « rakou »).
Ce bol exprimait la notion de bonheur, d’aise, de joie mais aussi du hasard car, comme nous l’explique Benoît de Souza, l’un des grands sculpteurs de notre région, sis à Digne et faisant partie des 14 exposants réunis pour la 4ème édition à l’Espace St Nazaire de Sanary, le hasard fait souvent bien les choses et ce n’est pas pour rien que cette exposition s’intitule « Le bonheur dans le hasard.

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Mais un hasard en effet qui fait que le bonheur n’est pas toujours au rendez-vous :
« Le raku nous réserve toujours de grandes surprises, belles ou mauvaises car il y a souvent de la casse et des échecs dans cette technique mais lorsque la pièce tient le coup, l’on a de merveilleuses satisfactions et de grandes joies. On ne sait donc jamais ce qui va sortir du four surtout au niveau des couleurs.
En France, si la base de la technique reste la même, des éléments ont été ajoutés au fur et à mesure que les artistes ont de mieux en mieux maîtrisé cet art, incluant des objets, du bois, du bambou, des émaux et bien d’autres choses.
Il faut savoir que cette cérémonie du thé au Japon fait partie des coutumes ancestrales mais que seuls les bols épurés sont en raku, et jamais la théière ».

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A noter que les 21 et 22 avril et les 9 et 10 mai, sur le port et devant l’Espace St Nazaire, l’on pourra assister à des démonstrations. Les artistes interviendront, émailleront devant le public et l’on pourra vivre avec eux ce merveilleux hasard qui fait qu’une pièce unique est réussie ou ratée.
En riant, Benoît de Souza ajoute : « Si vous faites de la mosaïque, surtout ne ratez pas ce rendez-vous car vous pourrez récupérer de très beaux débris d’objets ratés ! »
Pour revenir à cette exposition qui se tiendra jusqu’au 27 mai, elle regroupe 14 artistes, plus de femmes que d’hommes d’ailleurs, qui rivalisent d’inventivité et de talent pour nous offrir des oeuvres uniques, objets, sculptures, bijoux aux effets chatoyants, aux réalisations surprenantes dus à leur inventivité et à ce hasard qui, dans ce cas, a bien fait les choses, nous offrant des oeuvres minimalistes ou monumentales, drôles, inattendues, mystérieuses, somptueuses, nous faisant voyager dans des mondes imaginaires, traditionnels, figuratifs, abstraits, spirituels mais aussi très contemporains, ou le bestiaire et l’humain se mêlent dans une belle sérénité, dans un camaïeux infini de couleurs.

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De très beaux panneaux décoratifs vous expliquent cette technique très particulière.
De beaux artistes et des œuvres uniques à découvrir avec curiosité et plaisir.

Jacques Brachet
Artistes exposant : Karine Abril, Dominique Allain, Sophie Bayeux, Annie Chaigneau, Sabine de la Casinière, Sophe Delpy, Benoît de Souza, Fara, Mary Larsson, Bénédicte Montier, Emmanuelle Not, Christine Perrin, Philippe Plaisir, Clarisse Roche.