MIOU MIOU & Eloïse LANG larguées à Toulon !

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Miou Miou, on ne la présente plus.
C’est l’une de nos plus grandes comédiennes françaises 9 fois nommée aux César, tout de même césarisée pour « La dérobade ».
Eloïse LANG, comédienne, scénariste, réalisatrice belge, elle, a trois « Connasses » à son actif, succès immense avec sa complice Camille COTTIN, celle-ci connue aussi pour la série à succès « 10% ».
Enfin, Camille CHAMOUX, comédienne de théâtre, de cinéma et de télévision, connue pour ses one woman shows.
Tout ce petit monde se retrouve à la Réunion pour une loufoque et joyeuse comédie réalisée et réécrite par Eloïse, remake très, très, très approximatif de la comédie américaine de Jonathan Levine sortie l’an dernier sous le titre « Scnached ».
Car lorsque Eloïse met son grain de sel… elle y passe une bonne partie de la salière !
C’est l’histoire de Françoise (Miou Miou) qui, à 60 ans, vient de se faire larguée par son mari pour une fille de 25 ans qui plus est, lui a fait un enfant.
Déprimée, pour lui faire remonter la pente, ses deux filles, Rose, très rock’n roll et pas mal inconséquente et Alice, mariée, un enfant, très traditionnelle et un peu coincée, décident de lui offrir un voyage dans un club à la Réunion.
En fait, les trois femmes sont larguées : Françoise se retrouvant bernée et seule, Rose, perdue dans le monde de la nuit et des hommes qui ne font que passer, Alice bloquée et un peu dépressive par une vie banale de femme et mère au foyer.
Ce voyage, ne va pas se passer sans surprises ni conséquences car chacune va, loin de sa vie habituelle, réagir de façon particulière, à la surprise des deux autres.
Sous le soleil de la Réunion, cocotiers, mer, soleil, cocktails réunis vont d’abord réunir les trois femmes et surtout leur faire découvrir une vie différente.
C’est une comédie hilarante, énergique et jouissive et surtout fort originale où le scénario est tiré au cordeau, imaginatif, les répliques s’enchaînent, surprennent tant elles sont inattendues, les situations explosent et l’on rit de bon cœur d’un bout à l’autre avec juste ce qu’il faut d’émotion pour faire de ce film une comédie « à la française » on ne peut plus réussie.
Les trois comédiennes y sont incroyablement complices, les comédiens Johan Heldenbergh, Thomas Scimeca, Sylvain Quimène) sont à la hauteur même s’ils sont quelque peu dépassés par ces trois femmes.
Sans parler des décors magiques de la Réunion, on sort du film avec la banane, la pêche et toutes autres sortes de fruits exotiques. Et on en redemande.
Et voilà que débarquent, cette fois sous le soleil du Mourillon, Miou Miou, Eloïse Lang et Sylvain Quimène.
Le lieu est moins exotique mais tout aussi charmant, comme l’on été nos trois convives lors de ce déjeuner de presse ensoleillé.

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Miou Miou, comment êtes-vous arrivée sur ce film ?
C’est Eloïse qui est venue me chercher par l’intermédiaire de Jeanne, ma fille, qui est son amie. A la première lecture, tout m’a plu. C’est d’abord une belle histoire, j’ai trouvé les répliques très originales, les mots qui claquent et c’est drôle de façon très intelligente. L’histoire au départ est un prétexte et aurait pu être un drame à la Duras ! Mais c’est un film plein d’énergie et de tonicité, qui fait du bien. Nous avons tourné deux mois dans un pays de rêve et tous les gens du club étaient joyeux, talentueux… C’est fou ce que ce métier, quelquefois, peut être dur !
Eloïse, le choix de vos comédiennes ?
J’avais très envie de donner ce rôle à Miou Miou. J’étais très stressée à l’idée qu’elle dise non et je ne sais pas si j’aurais fait le film si elle avait refusé. J’avais rencontré Jeanne et je lui ai simplement demandé d’être l’intermédiaire pour remettre le scénario à sa mère. Pour les deux Camille, c’est un peu pareil : je leur trouvais beaucoup de ressemblances, je les connaissais bien et les réunir me semblait une évidence, chacune étant très particulière dans des rôles diamétralement opposés.
Ce film, Eloïse, est un remake américain. Comment y êtes-vous venue ?
Par deux amis producteurs qui ont acheté les droits et qui sont venus me proposer d’en faire l’adaptation française. J’ai tout de suite accroché au scénario tout en me disant qu’il fallait l’adapter à la France. C’est un mélange de burlesque, de drôlerie, d’émotion mais la mentalité française est différente. Donc j’ai beaucoup changé de choses car j’adore écrire et je veux à chaque fois que rien ne soit gratuit et qu’on puisse aller très loin si c’est justifié. Je ne me refuse donc jamais rien et c’est comme ça que je travaille.

A C

Miou Miou, vous n’êtes pas de la même génération ni du même univers. Comment s’est passée la première rencontre avec les deux Camille ?
Le plus naturellement du monde. En amont, nous avons fait beaucoup de lectures, nous nous sommes donc beaucoup rencontrées et le trio a très vite fonctionné.
J’ai deux filles qui ont à peu près le même âge et ça m’allait très bien… même si elles sont plus grandes que les miennes !
Eloïse, la comédie est un genre difficile…
Je la compare à une partition qui se joue. Il faut qu’elle soit rythmée, qu’il n’y ait pas de temps mort, qu’il y ait des thèmes qui s’emboîtent les uns aux autres. Il faut donc beaucoup travailler la partition. Dès l’écriture j’avais déjà le montage en tête.
– Ce qui était amusant -reprend Miou Miou – c’est qu’avec Eloïse il y avait une telle complicité qu’on pouvait se permettre de faire des suggestions, de lui proposer des choses qui pouvaient améliorer l’action. Elle était très à notre écoute. Il s’est même créé une compétition à qui trouverait quelque chose de mieux !
– Et c’est vrai qu’il y avait une espèce d’émulation car elle m’ont énormément donné.
En temps ordinaire comment vous viennent les histoires, les idées, les situations ?
Je suis très attentive à tout ce que je vois, ce que j’entends et chez moi, tout passe par l’écriture. Après… il ne reste qu’à écrire une histoire cohérente ! Et surtout, je ne me fais aucune autocensure.
– Ca c’est vrai, nous précise Miou Miou. Moi je sais qu’il y a des choses que je ne pourrais pas dire ou faire… mais je suis d’une autre époque. Par contre, ce que fait Eloïse, même lorsque c’est trash, ça n’est jamais « crapoteux » ! C’est son univers qu’elle nous propose et elle le fait avec élégance.

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Sylvain Quimène , difficilement reconnaissable !

Sylvain Quimène, vous êtes inénarrable en créateur de cocktails, en laveur de bateau ou encore en danseur de zumba. Comment avez-vous été de cette aventure ?
C’était surprenant et nouveau pour moi car je viens du théâtre, de la comédie musicale j’ai beaucoup travaillé avec des compagnies, entre autre la troupe Airnadette avec qui j’ai beaucoup voyagé. Le cinéma n’était pas mon univers mais lorsqu’on vient vous proposer de tourner deux mois à la Réunion, difficile de refuser ! D’autant que je retrouvais un peu la même ambiance d’une troupe avec ce club où on anime, on chante, on danse, on organise, on fait le clown. J’étais curieux de découvrir tout ça et je n’ai pas été déçu. Je me suis beaucoup amusé et je suis prêt pour tourner la suite !
Pourquoi, une suite est prévue, Eloïse ?
Pourquoi pas, si ça marche. Cette fois ce sera « Les larguées à la neige » !
– Ah non, s’écrie Miou Miou, tourner dans la neige ça ne me donne pas envie ! »

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Bon, on n’en est pas là. pour le moment, je vous conseille d’aller voir ce film désopilant qui sort le 18 avril et si vous l’aimez et que vous voulez retrouver ces trois larguées, parlez-en et envoyez vos amis le voir. Il est tellement rare qu’au cinéma l’ont rit intelligemment.
Et sachez quand même qu’il vient de rafler le prix d’interprétation féminine (pour Camille Cottin) et le prix du public au festival de l’Alpe d’Huez… Ce qui n’est pas rien !

Jacques Brachet