Toulon – le Colbert
Rebecca HAMPTON – Anouk FRANCHINI
Deux superbes comédiennes… bien vivantes !

B

Deux comédiennes se rencontrent sur le tournage de la série « Plus belle la vie ».
Rebecca en est l’une des comédiennes récurrentes, Anouk Franchini est répétitrice. Mais elle est aussi comédienne et auteure de pièces de théâtre.
Elle écrit une pièce sur un couple qui a décidé de mourir: « On meurt si on veut ». Puis elle rencontre Rebecca et imagine la pièce autrement. Pourquoi pas deux femmes marquées par la vie, qui vont se retrouver dans une clinique très particulière, destinée à assister des gens en bonne santé qui ont décidé d’en finir avec la vie !
Laura (Rebecca Hampton) est déjà installée et prête à mourir dans quelques jours, quand surgit Stéphane (Anouk Franchini) qui va perturber le calme et le silence dans lequel Laura s’est plongée. Une vraie tornade qui, malgré la mort de son fils le jour de son enterrement de vie de garçon dont elle ne se remet pas, a une pêche d’enfer et finit par sortir Laura de son mutisme, de son mal de vivre. Une complicité va alors lier les deux femmes venues là pour en finir.
Mourra ? Mourra pas ? Vont-elle aller jusqu’au bout et sauter le pas, décision non dénuée de peur et de questionnements. La vie vaut-elle d’être vécue ? Les raisons de mourir sont-elle les bonnes ? Retrouvera-t-on « après », le repos que l’on recherche, les gens que l’on aime, les problèmes que l’on fuit ?
C’est une pièce douce-amère, où se mêlent rires et émotion, superbement jouée par deux comédiennes magnifiques, qui représentent le yin et le yang, la blonde et la brune, la blonde, comédienne, qui rêvait de gloire à Hollywood, et que la famille rejette pour n’avoir pas réussi. La brune qui, elle, est marquée à vie depuis la mort de son fils dans un accident, le jour de son mariage.

CD

Peut-on se remettre de la vie d’un enfant et continuer à vivre normalement ?
Peut-on continuer à vivre lorsqu’on est face à un échec et que la famille vous tourne le dos ?
Ce sont tous ces questionnements que vont évoquer ces deux femmes dans ce huis clos quelquefois étouffant, quelquefois très drôle, l’une voulant convaincre l’autre de ne pas aller au bout du bout de leur vie.
Le texte est ciselé, les répliques percutantes, l’action rebondit sans arrêt et l’on se prend à aimer ces deux femmes tourmentées, totalement différentes mais unies par un destin…
Un destin qui est ce qu’il est, pour chacune d’elles avec des raisons différentes, où la liberté et le libre arbitre peuvent toujours le modifier… On peut mourir… si on veut !
Nos deux comédiennes nous font passer des frissons et ce qui est formidable c’est qu’à chaque fois que le moment devient trop oppressant, une pirouette va le désamorcer et nous faire rire.
Un bel exercice de style, une belle leçon d’écriture et la confrontation de deux superbes comédiennes.

A

Dommage qu’à Toulon, lorsqu’il y a concurrence entre la culture et le sport (en l’occurrence le rugby !) ce soit toujours le sport qui ait le dernier mot !
Si vous voulez vous rattraper, retenez l date : samedi 7 avril 17h salle de l’Etoile Bandolaise, 5è rue Didier Daurat à Bandol. Une partie de la recette sera reversée au profit de l’Etoile Solidaire.

Jacques Brachet