Toulon, le Liberté
Avant-première du troisième film de Michel Boujenah
« Le cœur en Braille »

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Marie (Alix Vailleo) est une adolescente brillante et passionnée de violoncelle. Elle est en train de perdre la vue et ne veut pas que ça se sache. Victor (Jean-Stan du Parc) est un écolier dilettante qui ne fait que peu d’efforts en classe. Il tombe amoureux de Marie qui va l’aider à mieux travailler en classe. Lorsqu’il apprend sa future cécité, il décide de l’aider et de la protéger. Ce duo, improbable au départ, va vivre ses premiers émois amoureux à travers ce malheur.
Si je vous dis que c’est Michel Boujenah qui signe ce film, vous vous souviendrez aussitôt de ses autres films, « Père et fils », « Trois amis » et vous comprendrez que, dans cette lignée, le film ressemble à l’auteur qui, sous des dehors de « comique » est un être écorché vif, empli d’amour et de tendresse, qui nous offre des films pleins d’émotion, d’humanité comme ce troisième opus où l’on ne peut sortir sans la larme à l’œil devant ce petit couple attachant.
Ses deux jeunes comédiens sont magnifiques et super doués, sans oublier le copain, Haïcam (Antoine Khorsand, fils de Philippe), dont l’humour involontaire vient en contrepoint dans l’histoire.
Plein de « guest stars » pour jouer les seconds rôles : Charles Berling, père psychorigide de Marie, Pascal Elbé, père un peu à l’ouest de Victor, Vincent Taloche, prof qui se rend compte de la situation que Marie veut cacher.

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Pascale Boeglin-Rodier et Charles Berling ont invité Michel Boujenah au Liberté

Charles qui joue dans le film et a invité Michel à venir présenter son film au Liberté.
« Mon film – nous confie Michel – est tiré du roman éponyme de Pascal Ruter. J’étais en train de batailler pour trouver un scénario original pour mon troisième film et j’avoue que j’étais près d’abandonner. Pascal Elbé, qui fait aujourd’hui partie de ma famille, arrive un jour avec ce livre et me dit : « Lis-le, tu vas aimer ». J’ai mis du temps à le lire mais une fois fait, je me suis dit que j’avais trouvé mon sujet.. Et là, une fois décidé – et Dieu sait si je suis lent pour le faire ! – c’est allé très vite, comme à chaque fois, Six mois après le scénario était écrit. Je suis le vrai mec méditerranéen !
Le choix de tes petits comédiens a-t-il été facile ?
Le casting a duré de septembre 2015 à avril 2016. J’ai rencontré 300 enfants. Ca a été un choix très long, très réfléchi, très intuitif car avec les enfants – et même avec les professionnel s! – on ne sait pas comment va prendre la sauce. Il faut une confiance réciproque et ce qui m’intéresse, c’est l’émotion. On devait rester ensemble 45 jours, il fallait donc que l’on ait une équipe soudée. Je crois que je ne me suis pas trompé. Jean-Stan est un acteur né. A 12 ans, c’est un animal qui comprend tout de suite à condition qu’on lui montre. Il veut devenir acteur et il a ça dans le sang. C’est une pure merveille. Alix, c’est « une tronche » qui a un QI très largement au-dessus de la moyenne. Elle m’a fatigué tellement elle est intelligente ! Elle est violoniste et donc n’a pas eu de mal à jouer du violoncelle. Elle jouait sur une musique pré-enregistrée et elle nous a bluffés. J’ai été fasciné par la relation qu’elle a avec l’instrument.
Tu as aussi écrit le scénario ?
Oui, avec Alfred Lot, nous avons adapté l’histoire de façon totalement libre et j’en ai écrit les dialogues.

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Et pour le montage ?
Au montage, je suis très pénible, très angoissé, car je sais qu’on ne peut plus revenir en arrière. Ce sont des moments à la fois très beaux et très difficiles car on voit naître le film et on n’a qu’une idée en tête : le réussir, donc ne pas se tromper. Un mauvais montage met le film par terre.
Tes seconds rôles ?
J’ai choisi entre autres parmi les membres de ma famille : Pascal Elbé et Charles Berling. On se connaît et on s’aime depuis des années. On a été soudés grâce à Philippe Noiret pour « Père et fils » et cette amitié dure.
L’amitié, la famille, la fraternité… Ce sont des sujets qui te touchent ?
Oui. Et la preuve est que je suis en train d’écrire le scénario de mon quatrième film, l’histoire de deux frères fâchés à mort qui se retrouvent dix ans après pour le remariage de leur mère.
Toulon, C’est ta seconde maison ?
Je ne sais pas si je ne vais pas m’installer dans ce théâtre, c’est presque mon théâtre et je suis toujours très heureux de m’y retrouver. D’ailleurs, je serai l’an prochain le parrain du projet pédagogique « Dignités », mené avec les collèges toulonnais.

Jacques Brachet