Toulon – Le Colbert : Florent PEYRE on ne peut plus «nature»

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Valence, l’Ardèche, St Raphaël, Paris, Marseille, Paris….
Il faut un GPS pour suivre le cheminement de Florent Peyre, humoriste et comédien, l’un des plus en vue de cette rentrée.
Après des mois d’arrêt, de confinement, Florent sort de sa boîte avec un tout nouveau spectacle intitulé «Nature», qu’il est venu présenter en ce début septembre et pour la presque première fois, au Colbert à Toulon.
Avant d’en parler, on se retrouve pour une rencontre fort sympathique. Florent a un visage souriant et malicieux et le voilà prêt à nous raconter ses vagabondages.

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«Je suis né à Valence mais j’ai vécu mes premières années en Ardèche puis je suis parti durant 15 ans en Sport-Etudes à St Raphaël et c’est au Centre Culturel que je découvre le théâtre. Du coup j’arrête mes études et je pars à Paris où je vais suivre durant un an les cours Florent.
Pourquoi alors revenir à Marseille ?
Je ne me sentais pas bien à Paris, j’avais grand besoin de mon Sud natal et il me semblait alors que le métier de comédien était dur et dangereux. Du coup je reviens à Marseille pour entrer au conservatoire. Là je commence à écrire et jouer mes textes au Quai du rire.
Et puis vous revoilà à Paris !
Oui, je me rendais compte que je devais revenir à Paris si je voulais en faire ma profession.
Et là, les rencontres vont se multiplier : Ruquier, Arthur, Hanouna puis Dany Boon, Elie Seymoun… Pas les moindres… Ça va pour vous ?
Ça va pour eux non ?… Je plaisante !
C’est grâce à Laurent Ruquier que tout s’est déclenché avec l’émission «On n’demande qu’en rire». Son émission a changé beaucoup de choses. Et puis Arthur a voulu produire mon spectacle et tout s’est enchaîné. Mais je ne dois pas oublier quelqu’un : Anne-Sophie Aparis car c’est elle qui a provoqué les rencontres avec Arthur et Hanouna.
Et pour la remercier vous l’avez imitée !
(Il rit). Oui, elle faisait partie du jury de l’émission et j’ai eu le culot de faire ça ! Mais elle a beaucoup ri.
Grâce à elle aussi, j’ai pu rencontrer Dany Boon et il m’a pris dans son film «Raid dingue». C’est le premier film que j’ai tourné
Vous avez fait peu de cinéma. Est-ce à cause de la télé ?
Non, c’est surtout à cause de la pièce de théâtre «Le prénom» qui m’a bloqué presque un an et demi… Ce que je ne regrette pas car ça a été une aventure formidable. Mais en tournée durant des mois, ça oblige à faire un choix et j’ai dû refuser des propositions. Plus ou moins intéressantes d’ailleurs. Quant à la télé, je pense qu’aujourd’hui, on peut y passer et faire aussi du cinéma. C’est beaucoup moins cloisonné qu’avant.

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Bon, revenons donc à ce tout nouveau spectacle intitulé «Nature». Pourquoi ?
Tout d’abord c’est un spectacle qui mêle théâtre, musique et il y a longtemps que je rêve de faire ça. A Marseille, j’ai été fasciné par Philippe Caubère qui, plusieurs soirs de suite, offrait un spectacle qui mêlait les deux et dans lesquels il faisait tous les personnages. Et je me suis dit : «C’est ça que je veux faire», toutes proportions gardées car Caubère, c’est énorme. Mais j’aime la musique, j’aime jouer, chanter, je trouve que c’est magique de pouvoir tout mêler.
Du coup, avec mes comparses Philippe Caverivière et Matthieu Burnel, on a commencé à monter un spectacle dans le spectacle.
C’est à dire ?
C’est une histoire et non des sketches. C’est la préparation d’une comédie musicale où l’on montre les coulisses, les répétitions et où je fais tous les personnages qui naviguent autour d’un tel spectacle. J’ai toujours adoré les comédies musicales américaines et je voulais que ce soit dans cet esprit-là mais… tout seul !
Il y a des chansons…
Oui, il y en a huit et là, chance encore : Matthieu contacte Pascal Obispo qui est friand de ce genre de spectacles et il est OK pour s’embarquer dans l’aventure.
Comment ça s’est passé avec lui ?
On se connaissait à peine, on s’était croisé quelquefois avec Canteloup, aux Enfoirés et je me demandais justement comment ça allait se passer. Comment refuser des chansons à un tel artiste sans le vexer, si ça ne me convenait pas ? J’avais beaucoup d’appréhensions.
Et alors ?
Ça a été formidable. Nous avons travaillé tous ensemble, Philippe écrivant les textes avec moi et comme Obispo est un grand gourmand, il prenait, il composait, on en parlait et tout ça s’est fait dans une grande simplicité. Un vrai bonheur. Il s’amusait de tout, rebondissait sur une idée, modifiait sans problème. Un grand moment.
Et pour la mise en scène ?
Là encore, grande chance puisque c’est Éric Metayer qui la signe. Il a l’habitude de ce genre de spectacle (Il a mis en scène «Rabbi Jacob» au théâtre). C’est vraiment la personne qu’il fallait car il a une culture musicale et nous avons une énergie commune».
Tout ça ne me dit pas pourquoi le spectacle s’intitule «Nature» !
Parce que je suis un écologiste convaincu et que j’en parle beaucoup dans le spectacle. Je suis en temps normal un mec assez discret mais là, j’avais envie de prendre position sur un sujet grave et qui nous concerne tous.»

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Lors de sa venue au Six N’étoiles  de Six-Fours avec Audrey Lamy et le réalisateur Frédéric Quirinq

Mais voilà qu’il doit répéter car le spectacle est encore fragile et il le fait avec minutie, concentration, car c’est un perfectionniste et qu’entre les bandes orchestres, les bruitages, le spectacle doit être parfait, précis. C’est drôle de le voir changer de voix, de personnalité, par moment on se croirait dans un cartoon, et Florent y est à son aise. Ce qui ne gâte rien, c’est qu’il a une très belle voix en tant que chanteur.
Notre ami Florent Peyre est vraiment… nature !

Jacques Brachet