Carqueiranne, Festival «In Situ»
David MARTIN le théâtre, sa nouvelle passion

K

Plus ressemblant à qui vous savez… Tu meurs !
Mais David Martin est plus avenant, plus chaleureux, très volubile et c’est un plaisir que de rencontrer ce nouveau comédien qui a délaissé la cuisine pour la scène !
On le retrouve donc super décontracté malgré le fait que ce soir, au fort de la Bayarde, ce soit une grande première, avant d’aller jouer au Théâtre Edgar à Paris à la rentrée.
Ce théâtre dont Luq Hamett est le propriétaire et Luq qui, après avoir mis en scène Marion Game, met en scène cette pièce de Feydeau «Ciel, ma belle-mère» dans laquelle il joue et signe la mise en scène également.
Et même si l’adaptation est signée Emmanuelle Hamett (l’épouse de…) c’est du pur Feydeau avec les portes qui claquent, les situations cocasses et totalement déjantées, les courses-poursuites, et les placards où tout le monde se cache.
Barillon (David Martin) doit épouser une très jeune fille contre le gré de celle-ci. Mais à la mairie, l’employé aviné se trompe de nom et met le nom de la mère à la place de la fiancée. Le voici donc marié à sa belle-mère qui n’attendait que ça depuis son veuvage… Vous avez dit veuvage ? Eh bien non, son marin de mari qu’on croit péri en mer réapparait au bout de deux ans… accompagné d’un phoque ! D’où des chassés croisés avec le maire qui doit par ailleurs se battre en duel avec Barillon suite à une altercation, l’amoureux transi de la jeune épousée qui ne l’a pas été et un ménage à trois qui s’instaure…
C’est fou, c’est gai, c’est du champagne et du rire assuré avec une équipe homogène de comédiens formidables entourant Jacques Martin : Gwénola de Luze, incroyable dévoreuse d’hommes qui garderait bien les deux, Jean-Marie Lhomme, viril marin assoiffé de sexe… malgré le phoque, Nadège Lacroix et Thomas Vernant adorables amoureux de Peynet, Guillaume Darnault maire désopilant dépassé par les événements.
Inutile de vous dire que le public a bien ri et que malgré cette première, le vent qui s’en est mêlé et un pied de table défectueux, chacun s’en est sorti avec les honneurs, trac et plaisir mêlés comme pour chaque première.

G E
F H

David Martin, lui, était d’une décontraction incroyable et l’on a longuement bavardé ensemble.
David, comment passe-t-on de chef cuisinier à comédien ?
C’est dans les gènes et c’est une ambiguïté familiale depuis mon arrière-grand-père, qui était cuisinier à la cour de Nicolas II avant de venir s’installer à Lyon. Cuisine, spectacle, télé, nous sommes tous des cuisiniers ou des comédiens contrariés. Avec mes frères, nous avons toujours essayé de suivre notre père, ce qui n’était pas toujours facile. Mon père, ça a toujours été le spectacle. Moi ça a été la cuisine que j’ai pratiquée durant une quinzaine d’années… Ça a été un investissement sacerdotal… (J’aime bien cette expression !) J’ai toujours été très exigeant.
Comment s’est faite la transition ?
J’ai d’abord fait des «one man show cuisine» où je mêlais des anecdotes à des recettes. Et puis il y a eu Olivier Minne qui a réuni une trentaine d’animateurs télé (j’en faisais partie puisque j’animais alors une émission de cuisine) pour jouer un Feydeau pour la télévision. Ça a été une réussite et certainement le déclic qui a fait que j’ai commencé à penser au théâtre.
Et alors ?
Alors, après la disparition de mon père, j’ai vendu mon restaurant et je suis parti… au Cambodge où je m’y suis tellement bien trouvé qu’avec deux associés, nous avons ouvert un restaurant français près des temples d’Angkor, à Seim-Reap. Nous l’avons baptisé «Le Malraux». Il est très beau. Il faut savoir que ce pays est très francophile, c’est un ancien protectorat français. Et les touristes, après 15 jours de cuisine du pays, adorent retrouver notre cuisine, une bonne côte de bœuf, un bon vin français. Ça marche très fort depuis 15 ans. Et je souligne que c’est nous qui payons le mieux nos employés.

B

On est toujours loin du théâtre !
J’ai eu envie de rentrer en France et j’ai retrouvé Luq Hamett qui est un ami de trente ans et il a eu la gentillesse de me proposer ce rôle que j’ai très vite accepté car j’avais tout à fait le profil du rôle et de plus, Luq a beaucoup de talent, de gentillesse, de bienveillance. Du coup, après Carqueiranne, nous allons jouer à partir d’octobre dans son théâtre, le Théâtre Edgar et ce durant quatre mois, avant de partir en tournée.
Comment te sens-tu pour cette vraie première ?
Bizarrement à peu près Zen. Nous avons répété plus d’un mois au théâtre Edgar donc on est au point. Je pourrais avoir le trac si les choses étaient bancales. Mais on est prêt, on est une troupe vraiment familiale grâce à Luq qui sait créer cette ambiance. Les quelques petits problèmes sont le plein air, le vent, une grande salle où il faudra porter sa voix et surtout penser aux déplacements car la scène est beaucoup plus grande. C’est une petite gymnastique. Mais comme on est tous des grandes gueules, ça devrait aller !
Aujourd’hui, le théâtre c’est définitif ? Plus de cuisine ? Plus de télé ?
La cuisine c’est notre restaurant où je vais régulièrement. Là, avec la pièce, je ne pourrai pas y aller avant février mais il est en de bonnes mains. La télé, c’est une maladie et j’en suis guéri. C’est terminé. Lorsque j’ai commencé, il y avait très peu d’émissions de cuisine. Aujourd’hui il y en a sur toutes les chaînes et ça n’est pas toujours réussi.
Je préfère faire des conneries sur Internet !

I

Propos recueillis par Jacques Brachet