Six-Fours – Le Six N’étoiles
Christophe Le MASNE – Grégory MONTEL…
Une maman obsessionnelle

JI

C’est une fratrie de deux filles et deux garçons : Benoît (Grégory Montel), un homme lunaire et un peu à côté de ses pompes, Juliette (Olivia Cote), femme seule et un peu aigrie qui semble prendre sa famille en charge, Antoine (Philippe Rebbot), colérique, qui n’a qu’une envie : vendre la maison car il est très endetté et Blandine (Lolita Chammah), mal dans sa peau, à la fois fragile et alcoolique.
Réunis à la mort de leur mère, Benoît, pris par son travail n’étant pas arrivé à temps pour l’enterrement, ils vont se retrouver tous les quatre pour décider de ce qu’ils vont faire et surtout débarrasser la maison et la vendre éventuellement. Ils s’aiment mais ne savent pas se le dire, et chacun réagit de façon différente, les retrouvailles n’allant pas sans les difficultés d’usage entre reproches, amertume, non dits qui se disent enfin, quelquefois avec violence. Et avec ça, Grégory qui voit sa mère ( Dominique Valadié) surgir de partout, qui tente de lui dire quelque chose. Un secret enfoui qu’il semble avoir oublié et que ses apparitions inopinées vont amener à découvrir.
Jolie brochette de comédiens réunis du côté de Digne (ville natale de Grégory Montel) pour cette comédie familiale intitulée « Moi, maman, ma mère et moi », faite de rires, d’émotion, de règlements de compte, de colères mais aussi de tendresse et d’amour.
C’est, malgré une longue carrière de comédien, d’auteur et de réalisateur de courts métrages, le premier long métrage de Christophe Le Masne, qui porte ce film comme un bébé, avec amour et qu’il est venu présenter à Six-Fours avec Grégory Montel, l’un des comédiens récurrents de la série « Dix pour cent », heureux de se retrouver en pays connu, sa maman (la vraie !) habitant Bandol et étant venue ce soir-là découvrir le film auprès de sa progéniture.

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G H

Christophe, Grégory, tout d’abord, votre rencontre ?
Christophe : Je ne connaissais pas Grégory ni son travail. Ce rôle de Benoît est chez moi récurrent puisque j’en ai fait le héros de plusieurs courts-métrages… Joués par moi ! Mais pour le film, j’étais trop vieux et c’est un ami qui m’a parlé de lui. Je l’ai donc découvert dans « L’air de rien », puis dans le premier épisode de « 10% », je l’ai trouvé drôle et touchant, ce que je cherchais pour mon personnage. Il s’est donc imposé tout naturellement. Pour moi, Benoît, c’était lui, à la fois naïf, drôle, inquiet, angoissé, ado attardé… C’est un vrai acteur de comédie, comme pouvaient l’être ces acteurs italiens des années 50 où derrière un pitre on ressent un vrai comédien dramatique.
Grégory : J’ai reçu le scénario, j’ai beaucoup aimé l’histoire et le personnage que Christophe me proposait. Nous nous sommes rencontrés et nous sommes toute de suite bien entendus. Malgré cela, j’ai fait des essais car aujourd’hui les producteurs sont frileux et les essais, ça les rassure. Et moi ça ne me gène pas. S’il faut les faire, pourquoi pas ?
Christophe, comment est venue l’idée de cette histoire ?
L’idée m’est venue en écrivant d’autres choses, l’idée de base est cet homme qui a un compte à régler avec sa mère, ce qui était un peu mon cas qui viens aussi d’une famille nombreuse. Ces personnages rejoignent un peu mes frères et sœurs, surtout ma petite sœur. Quant à Benoît, c’est un peu moi et je traîne ce personnage depuis si longtemps que je voulais le voir dans un long métrage. Il revient dans la maison familiale, il a oublié beaucoup de choses et tout à coup il retrouve tout par le biais des apparitions de sa mère.
C’est aussi un film sur le deuil et comment, malgré les divergences, l’union peut revenir dans une famille lorsque les parents disparaissent.

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Florian Bensoussan, psychologue, qui a animé le débat après la projection, en compagnie de Christophe le Masne et de Grégory Montel

Pourquoi ce titre répétitif ?
Au départ le film devait s’appeler « Maman est morte », ce qui nous a fait hésiter et j’ai pensé à ce double titre car le sujet est un peu obsessionnel. L’obsession de Benoît est sa mère et comment se sortir de cette obsession ?
Grégory, qu’est-ce qui vous a amené à être comédien ?
A 13 ans, j’ai découvert la scène en interprétant une pièce à l’école et j’ai aussitôt eu envie de faire du théâtre. Mais dans ma famille, il fallait faire des études aussi j’ai passé le bac, fait des études classiques et une fois terminées, je me suis dit : c’est le moment où jamais. Je suis alors entré au cours Florent J’ai rencontré Dominique Besnéhard qui m’a fait rencontrer à son tour plein de gens dont mon agent et Jean-Daniel Verhaeghe qui m’a offert mon premier grand rôle TV dans « Raboliot ». Puis j’ai joué de petits rôles au cinéma : Dans « le serpent », j’avais une scène avec José Garcia. Mon premier grand rôle au cinéma c’est dans « L’air de rien » de Grégory Magne et Stéphane Viard, auprès de Michel Delpech.
Puis il y eu « Dix pour cent » qui, grâce encore à Dominique Besnéhard, m’a ouvert grand les portes.
Et vous, Christophe ?
Je voulais être comédien et suis allé aux cours de Jean-Laurent Cochet où je ne me suis pas senti à l’aise. Donc, comme mon camarade, j’ai fait le cours Florent. Mais j’avais très envie de réaliser. J’ai donc fait beaucoup de courts métrages tout en pensant à passer au long métrage. J’ai eu quelques déboires qui ont un peu freiné cette envie et puis il y a eu ce personnage que j’ai eu envie d’exploiter et j’ai pensé que c’était le moment de sauter le pas. mais il n’était plus question que je joue le rôle de Benoît !

A
Christophe, Grégory et Noémie Dumas, programmatrice du Six N’étoiles

Grégory, depuis « Dix pour cent », vous n’avez plus arrêté !
C’est vrai, j’ai enchaîné au cinéma avec « Les chatouilles » d’Andréa Bescond et Eric Metayer, « L’heure de la sortie » de Sébastien Marnier. Pour la TV j’ai tourné « Vivre sans eux » de Jacques Maillot, avec Bernard Lecoq. J’ai enchaîné sur une autre série pour M6 « Le grand bazar » de Baya Kasmi et Michel Leclerc avec Naillia Harzoune, Julia Piaton, Biyouna. Je viens de terminer un film avec le réalisateur de « L’air de rien », Grégory Magne, avec Emmanuelle Devos. Au printemps j’ai deux tournages de prévus avec Jérôme Bonne et Miguel Courtois…
Grégory, vous avez pris goût au long métrage ?
Evidemment et j’ai d’ailleurs un projet mais c’est plus long à réaliser que pour un comédien !. Aujourd’hui, faire un film est une aventure et ce n’est pas si facile. Et même lorsqu’on l’a fait, il y a « l’après » qui n’est pas toujours simple. Pour celui-ci, le film terminé le distributeur s’est défilé. Il a donc fallu nous débrouiller tout seul et s’en charger nous-mêmes. Ce qui fait qu’on doit accompagner le film partout où il passe. Mais je vais continuer et d’ailleurs, on a des projets avec Grégory… On ne se quitte plus !

Propos recueillis par Jacques Brachet