Sanary – Théâtre Galli
Christophe WILLEM… « La vie est belle » !

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Plus gentil que Christophe Willem, difficile à trouver, alors que très souvent aujourd’hui il faut se farcir le parcours du combattant pour rencontrer un artiste !
Lui, c’est en toute simplicité, en toute gentillesse qu’il accepte une rencontre amicale et à chacune de nos rencontres je le retrouve inchangé, souriant, chaleureux.
Il est en pleine répétition au Théâtre Galli de Sanary, à la fois concentré et d’une belle humeur avec ses musiciens. On a rendez-vous à 18h15. A l’heure dite il arrête la répétition et vient me rejoindre, aussi heureux que moi de nos retrouvailles.

« Alors Christophe, cette tournée ?
Nous l’avons démarrée en mars et allons la continuer jusqu’en mars 2019. Je suis heureux d’être sur scène, le public est au rendez-vous, alors tout va bien !
Un an de tournée, ce n’est pas long, fatigant ?
Pas pour moi. Je suis heureux de retrouver un public fidèle et mon vrai métier c’est vraiment sur scène qu’il se passe. Il y a les enregistrement, c’est une chose qui me plait aussi, il y a les promos, la télé qui sont des choses nécessaires. Mais c’est sur scène que je me sens le mieux.
Déjà des projets, un prochain disque en préparation ?
(Il rit), il n’en est pas encore question car je ne sais pas faire deux choses à la fois, aussi, je suis uniquement concentré sur la tournée. Jusqu’au mois d’avril je ne pense à rien d’autre même si j’ai toujours quelques idées qui trottent dans ma tête. Mais je ne sais pas du tout ce que sera le prochain disque. Tout vient à point… La seule chose que je sais, c’est qu’il sera complètement différent. J’ai rejoint Pascal Nègre sur son nouveau label, où je retrouve Carla Bruni et Zazie entre autres. Je suis heureux de pouvoir retravailler avec lui.
J’ai l’impression que pour cette tournée vous avez opté pour des salles plus petites ?
Je dois avouer que je suis plus à l’aise dans ce genre de salles que dans des Zénith où l’on est loin du public. Des salles comme Galli sont à la fois spacieuses et intimes. Le public me voit bien, dans de bonnes conditions, et moi aussi je le vois mieux. Je peux mieux communiquer.

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Entre la fin de la tournée et le prochain disque, replongerez-vous à l’Eurovision ?
Si la production le désire, je suis partant. J’ai été heureux de vivre ce moment avec une belle équipe, même si c’est une grosse responsabilité de décider qui va représenter la France. Par contre, je me suis beaucoup amusé à commenter le concours…
Avec pas mal de surprises et d’improbabilités, non ?
Il faut avouer qu’on voit quelquefois de drôles de choses. Mais ça a toujours été le cas et c’est le côté amusant. Mais on a pu se rendre compte que, même si la mode de la pop est partout, certains pays gardent leur langue, leur culture, leur spécificité.
Par conte, je n’ai pas voulu faire l’Eurovision junior…
Pourquoi ?
Je n’aime pas ce genre de concours où l’on pousse des enfants, des ados sur scène, où certains ne veulent pas être chanteurs mais seulement connus… Être connu n’est pas un métier.
C’est pareil chez les adultes, non ?
Peut-être mais là, on expose des jeunes à quelque chose qui me dérange, qui peut être très violent. Lorsque je vois la pression que nous avons, adultes, alors qu’on peut relativiser les choses, faire vivre ça à des enfants, leur donner souvent de faux espoirs qui risquent de n’aboutir à rien, ça me gène et ça me fait peur ».

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On arrête l’entretien car ses musiciens l’appellent.
Il revient et tout en s’excusant, il m’explique :
« Il y aura une captation du spectacle pour la télé le dimanche 2 décembre à 15h, salle Pleyel. Je dois ajouter quelques chansons que je ne chante pas sur cette tournée. Aussi, je profite des répétitions pour les mettre en place, les peaufiner.
Le choix est difficile ?
Un peu car je ne peux pas tout chanter, il faut à chaque fois faire un choix, enlever des chansons au profit d’autres. Donc je réfléchis à ce que sera ce concert particulier. »

Nous devons nous quitter car il est pour lui l’heure de s’enfermer dans la loge pour se concentrer et pour manger le plat de pâtes traditionnel qui lui apporte les sucres lents pour tenir sur scène. Après le spectacle, il partira sagement rejoindre l’hôtel pour se reposer et être en forme pour le prochain concert. Car en tournée, Christophe mène une vie, sinon d’ascète, du moins d’artiste responsable et consciencieux pour pouvoir donner au public le meilleur.
Comme il l’a fait ce soir-là au théâtre Galli où il a soulevé une salle comble composée d’un public très mélangé qui l’a suivi comme un seul homme, chantant, dansant avec lui.
Sur scène Christophe est une véritable pile électrique. Il ne reste pas en place, parle, chante, danse, saute, totalement complice avec ses quatre musiciens, tout aussi complice avec son public et, moment de délire, lorsqu’il descend dans la salle, chantant au milieu d’un public aussi déchaîné et survolté que lui , tout cela dans une ambiance de fête à son comble.
Sa voix est un véritable instrument de musique et il nous offre entre autre une version de « Sunny » totalement personnelle, inspirée et folle.
Il nous explique aussi son émotion de se retrouver au théâtre Galli qui fut, voici trois ans la scène de son retour sur scène après les attentats : « J’avais alors un peu peur de la réaction du public après ce drame et d’arriver là juste pour distraire. Mais j’ai compris que distraire était en fait un moment important de la vie de tous. Il faut se dire que la vie est belle et qu’il faut la vivre à fond ».

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Cette phrase sera d’ailleurs son leitmotiv durant tout le spectacle et au moment des au-revoir.
Avant d’arriver sur scène, Christophe nous avait fait un cadeau : la venue d’un jeune chanteur qui fut de l’émission « The Voice 6″ : Marvin Dupré pour lequel les quatre coaches s’étaient retournés sur sa version de « Let me love » de Justin Bieber. Éliminé en quart de finale, il a malgré tout pu sortir son premier album « Au plus près » dont il nous a offert quelques titres très poétiques d’une voix chaude.
C’est vrai qu’avec Christophe Willem… la vie est belle !

Jacques Brachet