Isabelle Carré retrouve Philippe Harel

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Couple heureux et uni, Julien et Marie ont un fils adolescent, Mathias. Un jour, Julien rencontre la jeune Alice. Entre mensonges souffrances et puissance des sentiments, un triangle amoureux mis en scène par Philippe Harel et porté par Isabelle Carré.
Alice (Roxane Arnal), jeune graphiste, doit quitter son appartement : elle ne supporte plus le petit ami de sa colocataire et désire plus d’indépendance. Elle rencontre Julien (Xavier Lemaître), agent immobilier. Les visites se succèdent, mais Alice n’est jamais convaincue, demande à voir d’autres choses… Au fil des rendez-vous, un lien se crée et Julien et Alice entament une relation passionnée. Lui, père de famille et marié à une restauratrice, Marie (Isabelle Carré), cache sa liaison.
Un jour, Alice rentre dans le restaurant de Marie – qui recherche alors du personnel – et s’y fait embaucher comme serveuse. Une relation amicale se noue entre les deux femmes. Les conséquences de ce chassé-croisé adultérin seront cruelles.
Avec Philippe Harel,Isabelle Carré était l’amante dans La Femme défendue. Elle joue aujourd’hui l’épouse trompée. Isabelle prend part non sans malice à ce troublant jeu de miroirs, et compose un personnage subtil, loin des clichés.

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Isabelle Carré, comment avez-vous vécu ces retrouvailles avec Philippe Harel ?
Je me souviens que pendant le tournage de La Femme défendue, alors que la caméra était
constamment dirigée sur moi, je rêvais qu’on fasse le film inverse, le contrechamp. D’une certaine manière, nous l’avons fait avec Un adultère, puisque le film nous donne accès aux points de vue des différents personnages du drame. En ce qui me concerne, après avoir été l’amante je joue la femme trompée, ce qui est une manière de faire le tour du problème ! La Femme défendue a été un film très important pour moi comme pour Philippe, alors oui, c’était particulièrement émouvant de se retrouver de cette manière sur ce film, après toutes ces années. C’était aussi nouvel éclairage sur le sujet. Le jeu et la mise en scène sont un peu comme un palimpseste, on travaille toujours avec ce qu’on a accumulé au cours du temps. C’est d’autant plus vrai dans le cas d’Un adultère.

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Comment définiriez-vous cette nouvelle tonalité ?
Les relations entre les personnages me semblent plus mûres, et le regard porté sur elles moins cruel – du moins plus apaisé. Philippe ne voulait pas aborder cette histoire en versant dans la passion, les larmes, le déchirement.
La douleur est présente mais elle reste souterraine. C’est un réalisateur qui porte une grande attention aux poncifs qu’on a parfois du mal à éviter dans notre manière de jouer, de raconter les histoires. C’est ce que j’aime dans son regard : à la fois sa tendresse et son économie. Je
trouve cela plus juste, également, par rapport à la réalité de ce qu’est un couple.
Comment voyez-vous l’évolution de Marie, votre personnage ?
Elle éprouve de la colère, bien sûr, mais à aucun moment elle n’est dans l’accusation ou le ressentiment. Elle n’arrive pas non plus à en vouloir vraiment à Alice, car d’une manière troublante elle se reconnaît en elle, comme si c’était un double. Il y a dans chacun des personnages un désir de transgression, mais malgré cela ils veulent bien faire, alors ils se laissent fondre les uns dans les autres. Ils ont tous les trois du mal à dire non, à s’affirmer. Ils sont dépassés par des choses qu’ils n’ont pas préméditées, ce qui les rend très touchants.

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