Toulon – Office du Tourisme
Philippe Mouren fait revivre Daniel Gélin

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H I

Je vous parle d’un temps… comme le chantait notre grand Charles, où l’on avait de véritables stars. Des comédiens et comédiennes qui avaient beauté, talent, charisme… Et de plus, ils étaient dotés de simplicité et on pouvait sans problème les rencontrer.
Daniel Gélin était de ceux là, que j’ai connu en 69 à l’Opéra de Toulon où il jouait « S.O.S homme seul ». Rencontre chaleureuse qui se renouvela plusieurs fois grâce aux tournées Karsenty-Herbert qui s’arrêtaient invariablement à Toulon. Les liens se tissèrent plus tard, au début des années 80 où Marcel Maréchal avait pris la direction de la Criée à Marseille. Marcel que je rencontrais grâce àson attachée de presse Evie Casadesus que j’avais connue grâce à sa sœur Danièle Delorme qui me l’avait présentée au festival du jeune cinéma d’Hyères. Danièle qui fut l’épouse de Daniel…
Voyez comme les choses s’enchaînent !
Le courant passa entre nous, Maréchal étant ami avec Gélin, et à chaque fois qu’il jouait à la Criée, nous passions au moins un midi ou une soirée ensemble.

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Du coup, le nom de Gélin fait partie de ma vie de journaliste, d’autant que je fis aussi connaissance de Xavier, hélas décédé aujourd’hui, que me présenta Fugain, de Fiona, fils et fille de Daniel et enfin Hugo, son petit fils devenu réalisateur. Quelle famille de saltimbanques !
Ne manquait que Lydia, sa dernière épouse, que je ne connaissais pas, et que, grâce à cette exposition montée par l’ami Philippe Mouren, je rencontrais enfin… alors qu’elle vit à Toulon !
Durant la période Criée, nous nous étions croisés sans nous connaître.
Tout ça pour dire que je suis très attaché à cette famille et que j’étais ravi que Philippe, amoureux – et plus que ça ! – du cinéma et des comédiens, lui consacre cette exposition, après celle qu’il avait consacrée à Mylène Demongeot, pour ses 80 ans.
Carrière prodigieuse que celle de Daniel Gélin, dont l’exposition n’est qu’une infime partie d’une carrière éblouissante, aussi bien au théâtre qu’au cinéma et même en poésie car Daniel avait aussi ce talent des mots.

E D C

De « Premier rendez-vous » à « La vie est un long fleuve tranquille », en passant par « Les inconnus dans la maison », « Rendez-vous de Juillet », « Julie la Rousse », « La ronde », « L’homme qui en savait trop », « Le testament d’Orphée », « La nuit de Varennes », « La ronde »… il y en aurait à citer, des grands films dans lesquels il s’illustra.
Et de Michèle Morgan à Brigitte Bardot, en passant par Danièle Darrieux, Martine Carol, Edwige Feuillère, Annie Girardot, Jeanne Moreau et bien d’autres, il a tourné avec les plus grandes stars de l’époque. Au théâtre il joua les grands classiques comme « Bérénice » ou « Andromaque », mais il joua aussi Sartre, Sagan, Anouilh, Cocteau… et le autres.
C’est dire que Philippe, collectionneur acharné, aurait pu encore remplir d’autres salles de ses photos et affiches qu’il collectionne depuis des décennies. Comme le soulignait Yann Tanguy, adjoint à la Culture de Toulon, il a installé à l’Office de Tourisme, une partie de son appartement et encore a-t-il fallu le freiner ! D’autant que Mme Gélin y a ajouté quelques prêts, Philippe ne l’ayant plus quitté du jour où il apprit qu’elle vivait à Toulon !
Un seul petit bémol : Philippe avait invité Charles Berling et Michèle Mercier à se joindre à cet hommage et, pour les honorer, accola à cette expo quelques affiches des deux comédiens. Place perdue pour Daniel Gélin puisque ni l’un ni l’autre ne vinrent se mêler aux amis et admirateurs du comédien.

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Mais ne boudons pas notre plaisir de retrouver ce bel artiste dont nombre de photos et affiches nous rappellent, pour les plus anciens dont je fais partie, de jolis souvenirs et qui fera découvrir aux plus jeunes, un monstre sacré comme on n’en fait plus aujourd’hui.

Jacques Brachet
Exposition à visiter jusqu’au 25 octobre, à l’Office de Tourisme, sur le port de Toulon.