Archives mensuelles : août 2022

Eric FANINO fabrique de la bonne humeur

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Il a du soleil plein les yeux, l’accent que, comme disait Mireille Mathieu, l’on prend en naissant du côté de Marseille et il transporte avec lui un sourire perpétuel.
Normal, il est né au pays de Pagnol, à Aubagne, sous le Garlaban et il n’est pas parti beaucoup plus loin puisqu’il vit à Trets.
Eric Fanino, comme moi, est un provençal pure souche et un routard de 58 ans qui écume toute notre région, depuis quelques décennies, en faisant des spectacles où il mêle l’humour et la chanson. Et il écrit tout, chansons, sketches, sous le regard sévère de son fils qui le suit, technicien de son spectacle, partout où il va. Un beau et sympathique duo.
Sympathique, on ne peut l’être plus que lui. Dès la rencontre on est conquis par son sourire, sa bonne humeur et sa gentillesse.
Il vit de sa passion depuis près de 35 ans, il n’a jamais ressenti le besoin de « monter à Paris », n’a pas de velléités de devenir une star et il est heureux de vivre.
Heu-reux !
Nous voilà attablés au bar des Sports à Six-Fours, où il a fait étape pour qu’on se rencontre.
Et nous sommes tout étonnés de ne nous être jamais rencontrés alors qu’on fréquente le même milieu et qu’on a des tas d’amis en commun comme Zize, Anthony Joubert, Benjy Dotti, Patrick Cottet-Moine, Yves Pujol d’Aïoli et bien d’autres ! Mais c’est le hasard de la vie et notre rencontre est due à une attachée de presse… de Six-Fours !
Il était donc temps que nous nous rencontrions !

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Eric a toujours voulu être artiste, déjà tout petit et peu à peu il s’est affirmé dans des pianos-bars, de petites salles marseillaises et alentour, puis des scènes plus grandes et aujourd’hui il travaille à l’année avec les comités des fêtes, les mairies, les associations.
« Je n’ai jamais eu la prétention d’aller conquérir Paris, d’abord parce que être « vedette » ne m’a jamais fait envie. J’ai juste fait un plateau à la Cigale à Paris avec des artistes du sud. Et puis parce que j’aime trop ma région que je peux parcourir dans tous les sens en vivant de ce que j’aime : chanter, raconter des histoires, monter des spectacles. Mon accent je j’ai et je me le garde !
Comment sont conçus tes spectacles ?
Je mêle les chansons à mes sketches, je crée des parsonnages, j’écris tout, je fais tout moi-même aidé de mon fils et de mon ami Daniel. C’est une entreprise artisanale et familiale et l’on tourne beaucoup dans la région.
J’ai fait plusieurs disques. Plus jeune j’ai fait un disque de rock, puis un disque de chansons populaires italiennes et là je viens de sortir un nouveau CD « J’veux du soleil » .
Un disque, il est vrai, plein de bonne humeur qui donne envie de danser sur des rythmes méditerranéens, brésiliens comme « Pâtes, boulettes, parmesan », « La banane » et la reprise d’une chanson de l’ami Carlos « La bamboula ». C’est plein d’énergie, de bonne humeur… de soleil évidemment !
« J’aime les choses simples, j’ai envie de créer une complicité avec le public, de les faire rire, de les faire danser, de leur faire oublier les soucis du quotidien. La finalité est de fabriquer de la bonne humeur (Le titre de son spectacle étant « La fabrique de la bonne humeur ») et de faire plaisir aux gens tout en me faisant plaisir et si c’est gagné ça suffit à mon bonheur. J’ai tourné quelques clips dont un au lac de Ste Croix, à Esparon.
On vit dans une belle région car le Midi ce n’est pas que Marseille.
Tu t’autoproduis ?
Oui, nous faisons tout ensemble comme des grands, nous travaillons avec un studio d’enregistrement (Pirris Editions), nous tournons nos clips et nous démarchons comme beaucoup. Depuis le temps nous commençons à être connus. Malgré cela, le covid nous a coupés dans notre élan. Il a fallu faire repartir la machine et… ça repart ! »

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Eric est un homme cordial, optimiste, avenant, même s’il se dit timide (mais il se soigne m’avoue-t-il !) qui aime aller vers les gens et le public se rend très vite compte de ce qu’il est : un homme simple, un artiste vrai, heureux de vivre et de donner du bonheur aux gens. Avec lui, c’est la fête tous les jours.
« J’essaie de rester le plus vrai possible, j’aime faire partager mes histoires, mes chansons et je suis toujours disponible pour ce public avec qui j’ai des relations particulières, simples, joyeuses. Mon humour n’est jamais au-dessous de la ceinture, ce qui fait que tous les publics y trouvent leur compte »
Qu’est-ce que ça fait du bien de rencontrer un artiste qui ne se prend pas la tête et qui n’a qu’un but : donner du plaisir aux gens.
A découvrir sur youtube

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Jacques Brachet

Ahmed SYLLA & Bertrand USCLAT…
Des jumeaux pas comme les autres !

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Anthony (Ahmed Sylla) est black. Grégoire (Bertrand Usclat) est white. Ils ont 33 ans et vont découvrir qu’ils sont jumeaux.
Comment cela a-t-il pu arriver ? Vous le saurez en découvrant le film « Jumeaux mais pas trop » signé Olivier Ducray et Wilfried Meance.
Tout ce qu’on peut vous dire c’est que les hasards de la vie font qu’ils vont le découvrir, se retrouver… Pour le pire et le meilleur ?
La situation est cocasse d’autant qu’en dehors du fait que l’un est noir… noir et l’autre blanc, blond aux yeux bleus, ils n’ont rien en commun. Bertrand vit dans une famille bourgeoise, a fait des études et se présente aux élections. C’est un homme pas très sympa, manipulateur, imbu de sa personne. Quant à Anthony, il a vécu dans un quartier populaire avec un couple aimant qui l’a adopté. Vivant de petits boulots et de petites magouilles, ils n’étaient pas faits pour se  rencontrer.
Et pourtant…
A partir de là, des mystères se dévoilent, des quiproquos vont s’enchaîner, que va-t-il advenir de cette gémellité inattendue et que va-t-il en sortir ?
Ce film est la surprise de cette saison, un film à la fois drôle et émouvant, tout en finesse et nos deux comparses sont à la fois drôles, craquants et l’on suit leur originale aventure avec beaucoup d’empathie, de plaisir, de fous-rires et d’émotion. On est sur une espèce de montagne russe, passant ainsi de situations drolatiques à des moments pleins de jolis sentiments.
Ahmed et Bertrand sont épatants et l’on se prend très vite à s’attacher à eux.
Très joli moment de cinéma avec, en plus de nos deux comédiens charismatiques, une belle brochette de seconds rôles : Pauline Clément, Gérard Jugnot, Isabelle Gélinas, Nicolas Marié, Jean-Luc Bideau…

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Les bébés… ce n’est pas nous, précise Ahmed !

Et très joli moment de rencontre aussi – un peu trop brève – avec nos deux comédiens et l’un de leurs metteurs en scène, Wilfried Meance.
Entre eux on sent une connivence, une fraternelle complicité qui se dégage d’ailleurs du film. Ahmed n’arrête pas de plaisanter, jette sur le catering que la direction du Six N’Etoiles a préparé (quiche, pizza et autres gourmandises) un regard de convoitise avant de choisir… une banane !

« Je prépare un film dans lequel je joue un boxeur et je dois faire un régime… Dur, dur…
– Dommage, réplique Bertrand, ces pizzas sont délicieuses ! Et il s’en engouffre un morceau devant le regard désabusé d’Ahmed et le rire du réalisateur.
« D’où vient cette idée de gémellité hors du commun, Wilfried ?
D’un fait divers incroyable qui est tombé sous les yeux de de notre producteur. Après ça, le départ du film était trouvé et il fallait y ajouter une histoire entre ces deux hommes…
Comment vous deux êtes venus sur le film ?
– Ahmed : Lorsque j’ai reçu le pitch, j’avoue qu’au départ je me suis posé beaucoup de questions et j’avais peur que la rencontre blanc-noir fasse un peu cliché. Et puis j’ai reçu la deuxième version et je me suis rendu compte que, dépassé la différence, ce film abordait beaucoup de sujets, il parlait beaucoup de la famille et de ses secrets, du fait que si l’on nait quelque part, dans un certain milieu, la vie ne sera pas pareille pour tous.
Bertrand : J’ai reçu le pitch par Email et mon premier réflexe est de dire : c’est mauvais ! Et puis, lorsque j’ai su qu’Ahmed avait accepté, je me suis dit qu’en fait ça ne devait pas être si mauvais. Le sujet étant que deux enfants ont été séparés, ont eu des vies diamétralement opposées et vont se retrouver… Il y avait quelque chose à transmettre. Et puis, j’avais très envie de rencontrer Ahmed.

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Vous vous connaissiez ?
Ahmed : Chacun connaissait l’autre mais nous ne nous étions jamais rencontrés
Bertrand : on le voit beaucoup au cinéma ou à la télé… Difficile de le rater !
Ahmed : Et moi j’avais vu sur les réseaux, sur Youtube et dans la mini-série « Broute »
Et alors ?
Ahmed : Coup de foudre ! Il faut dire qu’on a fait beaucoup de lectures en amont, ce qui nous a permis de nous découvrir et de nous apprécier !
Bertrand : Nous nous sommes à la fois trouvé des affinités et rendu compte que nous étions comme le yin et le yang.Et que ça pouvait coller. Il a été un partenaire prodigieux.
Ahmed : Et nous avons tous été portés par le film.
Où le film a-t-il été tourné ?
Wilfried : A Angoulême, nous avons tourné du 24 juillet à la mi-septembre…
Ahmed : Vous connaissez Angoulême ? Il ne s’y passe rien à part le covid ! Heureusement qu’on avait du boulot, sinon on se serait bien fait….
Bertrand : (qui le coupe avant) Ça nous a poussés à être focus et à travailler à fond. Car c’est vrai qu’on ne voyait pas grand monde.
Ahmed : J’aurais préféré que ça se passe  à Six-Fours !
Alors pourquoi Angoulème ?
Wilfried : Parce que nous voulions une ville qui ne soit pas marquée politiquement dans la mesure où Bertrand-Grégoire est en pleine période d’élections.
Comment définiriez-vous vos rôles ?
Bertrand : Grégoire est un type qui a fait des études, qui est né dans une famille bourgeoise, qui n’a manqué de rien et qui se présente aux élections plus pour paraître que pour faire quelque chose pour sa ville. Il veut surtout briller.
Ahmed : Anthony sait qu’il a été adopté par un couple qui l’a toujours aimé. Il est heureux, un peu naïf, il vit de petits boulots, il regrette sa maison communale qui a fermé et où il était entre potes mais il vit sa vie sans se poser trop de problèmes… et en magouillant un peu ! »

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Voilà. Rencontre rapide avant que notre équipe ne présente aussi rapidement le film aux six-fournais et avant qu’ils repartent aussitôt pour Toulon.
On aurait bien aimé passer encore un moment avec eux, autour d’une pizza !
Mais, comme l’aurait ma grand-mère, c’était une visite de docteur, trop rapide. D’autant que notre duo est fort sympathique et que leur film pourrait bien être un des succès de l’été.

Jacques Brachet
Photoscreations.fr




VANILLE & ENZO ENZO
Une soirée sous le signe de la femme et de la poésie

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Deux magnifiques femmes. Deux chanteuses, auteurs, compositrices : vanille et Enzo Enzo.
Toutes deux dans le même programme à Sanary, nous ont offert un spectacle intimiste, fait de belles mélodies et de mots simples et beaux.
Vanille est la fille de Julien Clerc qui a suivi les traces de son père avec bonheur. Elle s’est éveillée à la chanson en composant des textes qui racontent les histoires des  gens de tous les jours, les préoccupations des femmes d’aujourd’hui.
Enzo Enzo est celle qui, grâce à une chanson « Juste quelqu’un de bien » a démarré une carrière qui n’a jamais arrêté et elle a suivi son chemin avec douceur, avec tendresse, sans esbroufe, toujours avec cette force tranquille qui est la sienne.
C’est la première fois qu’elles se rencontraient, ça a fait tout de suite « tilt » entre elles et elles nous ont toutes deux offert une soirée faite de jolies ballades et de poésie.
On a eu la joie de rencontrer deux femmes simples, joyeuses, passionnées. Ce fut un grand moment de charme.

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VANILLE : La pêche et l’énergie
Elle est grande, belle, souriante et volubile. Un vrai bonheur que de parler avec elle, chanson ou littérature. Malgré les moustiques, ce fut un vrai moment de plaisir !

« Vanille… Vous avez failli ne pas vous appeler Vanille !
Et malgré tout on m’a toujours appelée Vanille ! Lorsque je suis née et que mon père a voulu déclarer ce prénom, il lui a été refusé. Du coup il est inscrit en second après Elisa ! Mais jamais personne ne m’a appelée ainsi. Plus tard, j’ai pu récupérer mon vrai prénom… Je suis bien Vanille !
Grâce à votre père, vous avez été baignée de musique et puis il y a eu la découverte de la littérature…
C’est arrivé un peu plus tard, vers mes 22/23 ans, lorsque j’ai découvert Françoise Sagan. C’est elle qui m’a donné envie, d’abord de lire puis d’écrire des textes. J’ai ainsi découvert la littérature française, anglaise, russe (pas dans leur langue, je précise !), Tolstoï, Alberto Moravia, Steinbeck… et j’ai commencé à lire tous les classiques. Puis je me suis mise à la littérature contemporaine en découvrant Nicolas Mathieu et d’autres auteurs.
Dans un autre genre, il y a eu Marguerite Duras !
Oui, c’est vrai que c’est plus ardu que Sagan et que je comprends qu’on puisse s’ennuyer mais je crois que toutes deux se rejoignent par la voix, la manière de s’exprimer. Lorsque j’ai lu « Barrage contre le Pacifique », j’ai totalement été habitée par cet aller-retour de la mer à la mère. J’ai eu des sensations extrêmes en  lisant aussi « Les petits chevaux de Taquinia », cette ambiance étouffante, mystérieuse…
Du coup, la lecture devenu une passion ?
Totalement et un entraînement dont je ne me lasse pas. Je suis capable de « m’envoyer » un roman en un seul jet !
Et la chanson alors ?
J’ai commencé à m’entraîner dans mon coin sur ma guitare, à écrire des mots et surtout à rencontrer des gens comme le rappeur Lomepal. Mes textes viennent de ma vie de tous les jours, de mes émotions vécues, de mon ressenti, des faits dont je suis témoin.

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Beaucoup de textes parlent de la femme aussi…
Je vis à Bordeaux avec ma mère et je suis entourée de femmes. Je connais leurs joies, leurs problèmes, j’ai été soutenu par elles, elles me font du bien, je suis devenue naturellement féministe et il y a entre toutes ces femmes qui m’entourent, un naturel, une sororité. Mais, vivant à la campagne, je suis aussi très concernée par l’écologie. C’est un choix que de m’installer au bord de la Dordogne. Je suis entourée de potagers, d’arbres fruitiers, de poules. La manière de consommer est différente qu’à Paris !
Comment composez-vous vos chansons ?
Il y a d’abord la musique. Partout où je vais, il y a ma guitare et je compose souvent, un peu partout. Pour les paroles, c’est différent car c’est un travail de solitaire. Il me faut absolument m’isoler. Mon inspiration me vient de l’humanité sentimentale ! J’ai envie de toucher les gens, être avec eux la plus honnête possible. A la source, il y a un travail d’introspection, sur mes propres failles que j’essaie d’expliquer. Et puis, pour finaliser mes chansons, j’ai besoin d’un endroit.
Comment votre père a-t-il pris le fait que vous vouliez chanter ?
Il a d’abord été très inquiet ! Il a débuté dans les années 68, c’était une période où il y avait beaucoup moins de chanteurs qu’aujourd’hui. Il m’a mise en garde mais il a très vite compris qu’il n’y avait plus rien à faire… sinon que d’accepter ce fait !
Vous avez même chanté en duo avec lui !
Oui, ça s’est passé durant le confinement. Il avait décidé de faire un disque de duos et il m’a proposé d’en faire un. On a choisi « Fais-moi une place », en hommage à ma grand-mère maternelle. De plus j’étais enceinte de mon fils… C’était une histoire de transmission.

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Pourriez-vous composer avec lui ?
Rien n’est impossible mais jusqu’ici ça ne s’est pas fait. Mais j’aime beaucoup co-composer avec d’autres artistes, comparer et mêler nos univers car beaucoup de choses passent par les mots et par les rencontres.
Comme avec Gaël Faye que vous aimez beaucoup ?
Oui c’est vrai, j’adore ce qu’il écrit et j’aimerais travailler avec des gens comme lui. Il suffirait peut-être d’une rencontre car à ce jour ça ne s’est pas fait. Et je ne vais pas spontanément vers ces gens.
Alors, aujourd’hui, heureuse ?
Oui, très heureuse car j’aime ce que je fais. Et vivre de son art, même modestement, c’est une bénédiction ! »

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ENZO ENZO : Juste une femme bien !
Elle est toute menue derrière ses lunettes rondes qui fait penser à une institutrice qu’on aimait bien et avec qui on a envie de faire un bout de chemin.

Question incontournable, Enzo Enzo… Pourquoi ce pseudo ?
Evidemment, je ne peux y couper ! D’abord, je trouve que c’est joli, et puis, je ne me voyais pas chanter avec mon nom (Körin Ternovtzell) difficile à prononcer. Enfin, ce nom englobe tous les gens avec qui je vis, auteurs, compositeurs, musiciens, techniciens. C’est pour leur rendre hommage et leur dire qu’ils sont indispensables à ma vie.
Vous avez démarré avec « Juste quelqu’un de bien » tiré d’une œuvre de Brahms (Le 3ème mouvement de la symphonie N°3)*
C’est vrai mais avant tout, cette chanson faite avec Kent a plu aux gens plus par les paroles que par la musique. C’est un hommage à tous ces gens inconnus, simples, qui ne sont pas des héros mais des gens comme tout le monde. Des gens bien et qui le sont sans tapage. J’avoue qu’au départ c’est le texte que j’ai entendu. Et puis il y a eu ces arrangements un peu jazzy, intimistes, qui ont plus aux gens. Savez-vous que pas tout le monde connaît Brahms et qu’on m’a beaucoup dit que la chanson faisait penser à celle de Montand « A bicyclette ». C’est du même ordre d’intimité. Le public s’est retrouvé dans ces propos et chacun peut s’y voir. D’ailleurs, cette chanson, qui date de 94, traverse le temps. C’est pour cela que je l’ai reprise dans mon dernier album « Eau calme », qui est sorti il y a quelques mois.
Elle vous colle à la peau ?
Oui, c’est vrai, depuis le départ je la chante toujours, elle colle à mon atmosphère musicale, c’est net, sobre, simple, elle a pris plu de profondeur car aujourd’hui je la chante avec la voix d’une femme de 60 ans, qui a vécu des joies et des tempêtes. Dans un climat plus lent, plus latin. Dans un cheminement plus personnel, j’ai appris à mieux me comporter. J’ai aujourd’hui une aptitude à la joie. A force d’avancer, il n’y a plus de temps à perdre. Je me sens plus joyeuse, plus calme, plus sereine.

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Il y a quelque temps, vous avez fait un spectacle musical autour de Marie Nimier. Pourquoi elle ?
Tout d’abord parce qu’on me l’a demandé et que j’ai adoré découvrir à la fois ses chansons et la femme. J’ai pu la rencontrer et si j’aime ce qu’elle écrit, que ce soient ses romans ou ses chansons, d’une manière tellement simple, j’ai pu aussi apprécier la femme formidable qu’elle est. Art Mengo s’est rapproché de moi  puis des gens comme Alain Lantier et Daniel Lavoie avec qui j’ai collaboré.
Ce sont des gens dont je me sens proche, comme Allain Leprest, Romain Didier, Kent..
Kent avec qui vous collaborez toujours ?
Nous nous sommes perdus de vue mais nous retrouvons toujours avec plaisir, comme avec toutes ces personnes que je vous ai citées.
Qu’on retrouve sur « Eau calme »
« Eau calme » est un disque qui m’a donné envie de me poser. C’est un disque enveloppant, doux, rassurant, porté à ce sentiment de sérénité et on y retrouve plusieurs chansons justes portées par ma voix et deux guitares. C’étaient des chansons que je n’avais pas osé enregistrer. Et j’ai sauté le pas. On peut penser que c’est osé ou courageux que d’arriver sur scène avec juste deux guitaristes mais je voulais des textes poétiques porteurs de sens, sans une grande orchestration. Je trouve qu’aujourd’hui on a besoin de choses qui reposent, de choses limpides, logiques.

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Et il se trouve que, que ce soit dans un théâtre ou en plein air, ça marche. Les gens apprécient cette simplicité, cette intimité que l’on a tendance à perdre et qui est propice à l’écoute
L’été, il y a beaucoup de musiques festives, au demeurant très honorables mais ce n’est pas si mal que l’on puisse aussi entendre des musiques propices à être écoutées. Et chaque soir je sens le public captif de ces mots, de ces petites musiques, de cette légèreté, de cette joie qu’ils ont à écouter et pas seulement entendre.
C’est une musique qui rend apte au bonheur ».

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photoscreations.fr
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