Archives mensuelles : février 2020

Hyères – Casino des Palmiers
Jean-Marie PERIER… La nostalgie est bien ce qu’elle est !

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Ado, j’accrochais dans les murs de ma chambre le poster central que je détachais tous les mois dans «Salut les copains», Johnny, Cloclo, Sylvie, Françoise… Tous, au fil des mois, venaient tapisser les murs. Et je me disais que ce garçon qui les faisait avait bien de la chance d’approcher ainsi nos idoles, de voyager avec elles, de leur faire des photos quelquefois totalement folles.
Je rêvais de pouvoir faire pareil et de rencontrer ce drôle de photographe nommé Jean-Marie Périer.
Quelques années plus tard, je devenais journaliste et je faisais la même chose que lui, à ma dimension provinciale évidemment, mais je partais en tournée avec ces artistes dont certains devinrent des  amis et le sont encore, pour ceux qui sont encore là.
Ce n’est que plus tard que je rencontrais enfin celui qui m’avait fait rêver et qui m’avait incité à faire ce métier. Ce qui est drôle d’ailleurs, c’est qu’avant de le rencontrer, j’avais noué des liens amicaux avec son père, le comédien François Périer, que je rencontrais souvent en tournées.
La rencontre fut amicale, chaleureuse, nous avions plein de points communs, plein d’amis communs,
Plein de souvenirs identiques de cette époque bénie que l’on appelait les sixties.
Et plein de nostalgie aussi de ce temps passé, heureux, libre, joyeux et dont les stars avaient notre âge.
Aujourd’hui, chacune de nos rencontres est toujours aussi chaleureuse et nous évoquons avec plaisir ces souvenirs indéfectibles d’une jeunesse magnifique que nous avons eue.
Nième rencontre donc avec l’ami Jean-Marie ce dimanche au Casino de Hyères, où il donnait sa conférence-photo intitulée «Flashback».
Et la conversation reprend et, avec les années qui passent, quelques digressions sur… notre âge qui avance !

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«Je viens de fêter mes 80 ans et je t’assure que lorsque j’entends des gens de notre âge (Et tu as du bol d’être plus jeune !) dire qu’ils ne sont pas nostalgiques de leurs 20 ans, je n’en crois pas un mot.
Déjà, il y a des choses qu’on ne peut plus faire, on perd la mémoire et le poids de l’âge se fait sentir.
Avoue que nous avons vécu une période bénie. Nous rêvions d’Amérique, même si aujourd’hui ce n’est plus vraiment un rêve, nous n’avions pas de limites et quant à moi, le hasard et la chance ont été de rencontrer un homme nommé Daniel Filipacchi qui m’a mis un appareil photo en main et donné toute liberté de faire ce que je voulais, avec tous ces jeunes artistes qui démarraient comme nous, qui avaient notre âge.
Nous étions tous heureux de vivre, de faire ce qu’on aimait, les artistes, à part Claude François, ne parlaient pas alors de leur image et étaient toujours partants pour faire des trucs totalement fous.
Aujourd’hui, tu continues à faire des photos ?
Oui, pour mon plaisir mais photographier des artistes c’est fini, à part Thomas Dutronc pour la couverture d’un magazine de jazz. Mais c’est plus par amitié car j’adore ce mec… et ses parents !
Je vis la plupart du temps dans ma maison de l’Aveyron, à Villeneuve, je photographie la nature.
Mais je n’ai pas envie de photographier les artistes d’aujourd’hui tellement ça devient compliqué pour prendre un rendez-vous, à cause de leur entourage, de leur suspicion, de «leur image». Certains ont des ego surdimensionné. Et toi, photographe, tu as un mal fou à faire ton travail pendant que des milliers d’Iphones les prennent en photo et qu’on voit des photos minables sur tous réseaux sociaux. Le métier a totalement changé, il n’y a plus l’insouciance que l’on a vécu. Il n’y a plus de complicité avec les artistes. Mon métier, comme nous le pratiquions alors, n’existe plus.
Bon, ceci mis à part, te voilà sur les routes avec cette conférence où tu présentes les superbes photos de tes rencontres, photos que l’on retrouve dans de superbes albums.
Oui, de temps en temps je fais quelques conférences lorsqu’on me le demande. Ça fait plaisir aux gens de notre génération, ça me fait plaisir aussi de parler de tout ça et ça fait marcher la tronche !
Ces albums que j’ai sortis, c’est grâce à Etienne Daho qui m’a dit un jour : «Tu devrais faire des livres, je suis sûr que ça plairait aux gens de revoir toutes ces photos». Du coup je l’ai fait et ça a marché.
Facile de faire un choix parmi toutes celles que tu as faites ?
Oui car toutes sont rattachées à des souvenirs. Mais ça a failli ne pas se faire car lorsque Daniel Filipacchi a disparu toutes les archives ont failli partir à Paris Match. Grâce à sa collaboratrice, j’ai eu  le temps de sauver ces photos, même si certaines ont disparu et je t’assure qu’il a fallu trier, ranger, répertorier, dépoussiérer…
Tu viens d’ailleurs d’en sortir un nouveau ?
Oui car j’ai monté ma propre maison d’édition nommée «Loin de Paris» pour pourvoir aider certains artistes qui ont du mal à être édités. Et l’on m’a demandé de… commencer par moi ! Il est donc sorti cet album intitulé  tout simplement «1960-1970». Il y a entre autres 150 nouvelles photos.
Tu es donc définitivement loin de Paris ?
Oui, à Villeneuve je me ressource, j’ai été accueilli à bras ouverts et un jour, le maire m’a fait découvrir une très belle maison du XIIIème siècle dont il ne savait pas quoi en faire. En fait, il m’a proposé d’en faire un musée. La maison comporte sept salles et j’y ai accroché 185 tirages. Ça marche très fort et de mille personnes en temps normal aujourd’hui y viennent plus de dix mille personnes !
Tu vis donc de tes rentes !
Mes photos passionnent les gens, ils les achètent et ce qui est curieux c’est que je vends beaucoup à l’étranger.
Fréquentes-tu toujours ces artistes de l’époque ?
Tu sais, les rangs s’éclaircissent. Après Claude, Johnny me manque beaucoup. Avec lui une page s’est tournée. Je revois toujours Françoise, Jacques et Sylvie, Sheila un peu moins mais, même si je n’aimais pas ce qu’elle faisait, je l’adorais pour sa gentillesse, sa joie de vivre. Mais ce sont les seuls.

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Es-tu allé sur les tournées «Age Tendre» ?
Ah non, surtout pas… Ce serait un cauchemar ! Je trouve déjà pathétique de vieillir je n’ai pas envie de voir ces «vieux» artistes qui ont mon âge chanter des chansons qui datent de 50 ans. Je comprends que le public veuille retrouver tout ça, c’est d’ailleurs aussi le public qui vient me voir. Mais je préfère les garder dans mes souvenirs.
D’ailleurs, ça fait trente ans que je ne vais plus à un concert. Pour voir des artistes en tout petit sur scène ou sur un écran, ça ne m’intéresse pas. Mais aussi, ce qui me plaisait, c’est qu’on se retrouve après le spectacle. Tout ça c’est fini..
Les réseaux sociaux ?
Ça ne m’intéresse pas sauf Instagram où j’écris un texte et mets en ligne une photo tous les jours. Ça aussi ça fait marcher la tronche et ça donne la température des photos que les gens préfèrent.
A propos d’écrire, tu y as pris goût… A quand un prochain livre ?
Je suis en train d’écrire un livre sur mon grand-père Jacques Porel qui a eu une vie fabuleuse. Il n’a jamais travaillé de sa vie et était considéré comme un boulevardier. C’est-à-dire un homme, au début du siècle, qui était beau, brillait en société et qu’on appelait pour animer une soirée, un repas, comme Tristan Bernard ou Alphonse Allais. Il connaissait le tout Paris, était invité partout, était ami avec Réjane… Je me souviens d’un jour où j’étais seul avec lui et le boxeur Georges Carpentier, alors plus très jeune. Après le repas le boxeur nous invite chez lui et nous propose de prendre l’ascenseur pendant que lui prendrait l’escalier. Et je me souviens de mon grand-père me disant : «Laissons-lui le temps de grimper !»i
J’aimerais donc rendre hommage à cet homme original et magnifique»
Et écrire un livre sur ton père François Périer ?
Je l’ai fait dans mes mémoires. J’ai raconté toute mon histoire. Je ne remercierai jamais assez mon père pour ce qu’il a été pour moi. La page est tournée.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier


France 2 – « Mirage » nouvelle série 6×52′
A partir du 17 février 21h05

MIRAGE S01

Auteurs  : Bénédicte Charles, Franck Philippon, Olivier Pouponneau
D’après une idée originale de Bénédicte Charles et Olivier Pouponneau
Avec : Marie-Josée Croze, Clive Standen, Hannes Jaenicke, Philippine Leroy-Beaulieu, Grégory Fitoussi, Laurent Bateau, Agathe de La Boulaye, Thomas Chomel…    

Claire et Gabriel sont en lune de miel en Thaïlande lorsque le tsunami dévaste les côtes du Sud-Est asiatique. On ne retrouvera jamais le corps de Gabriel.
Quinze ans plus tard, Claire arrive à Abu Dhabi avec son fils Zack. Ils sont accueillis par Lukas, l’homme qui a réussi à lui rendre le sourire. Ingénieure informatique en cybersécurité, Claire a été engagée par la firme Al-Tarubi pour diriger le chantier du nouveau port de la ville. C’est pour elle un challenge important : quelques années plus tôt, elle a été reconnue responsable d’une catastrophe dans la centrale dont elle assurait la sécurité au Kazakhstan. Depuis, sa vie professionnelle tourne au ralenti, entachée par ce drame. Cette nouvelle opportunité est inespérée.
Pendant que Lukas, qui a abandonné son travail de chef cuisinier pour la suivre aux Émirats, tente de monter un restaurant avec des expatriés français, et que Zack, en ado contrarié, se heurte aux coutumes du pays, Claire tente de s’imposer dans son nouveau job.
Un soir, alors qu’elle prend un verre avec Lukas sur un roof-top, elle croit reconnaître Gabriel dans le reflet d’une vitre. Elle se précipite, mais trop tard…
Avec l’aide de Bassem, un chauffeur de taxi, elle va partir à sa poursuite dans cette ville dont elle ne connaît pas les codes. Elle cache ses recherches à tout le monde, mais son comportement étrange n’échappe à personne.
Quand elle retrouve Gabriel, c’est le choc. La confrontation est terrible pour Claire, qui découvre qu’il l’a suivie pendant des années et qu’il sait que Zack est son fils. Lorsqu’une fusillade éclate, Gabriel la protège, abat leur adversaire et disparaît à nouveau pour noyer le corps.
Claire comprend que Gabriel est un agent secret et se retrouve projetée dans le monde clandestin de l’espionnage, des intérêts secrets militaires et gouvernementaux. Doit-elle mettre en danger sa famille pour blanchir sa réputation professionnelle et pour éviter un attentat meurtrier ? De courses-poursuites en dissimulations, ruses et mensonges, Claire prendra des risques énormes pour sauver sa vie et celle de ceux qu’elle aime. Au milieu de ce chaos, devra-t-elle choisir entre les deux hommes de sa vie ?

MIRAGE S01

Clive Standen
Clive Standen interprète Gabriel. Laissé pour mort par sa compagne Claire lors du tsunami de 2004, il réapparaît alors qu’elle refait sa vie à Abu Dhabi. Habitué aux rôles historiques, l’acteur britannique joue un espion international. Il nous révèle sa méthode de travail.
Avec « Mirage », on vous découvre dans une histoire contemporaine, comment appréhendez-vous ce nouveau type de rôle ?
Mon approche et ma méthode pour n’importe quel rôle, qu’il soit contemporain, historique, fantastique ou même biographique, est de partir d’une page blanche. Je regarde son humanité, ce qui le rend réel, remarquable. Ce qui le motive, ce qui l’anime émotionnellement. Et bien sûr je fais des recherches, je m’imprègne de tous les détails que je peux glaner sur l’univers du personnage pour le rendre consistant. Je suis comme une éponge. Tout ce travail immersif m’amuse beaucoup.
Comment comprenez-vous le titre de la série ?
Mirage est un thriller d’espionnage intense, palpitant et original qui s’articule autour d’un triangle amoureux à fleur de peau. L’histoire prend place dans le décor quasi futuriste des gratte-ciel d’Abu Dhabi. Mais derrière cette opulence affichée se cache une réalité bien plus sombre… un mirage en somme.
Gabriel est un personnage ambigu, au passé mystérieux. Sur quoi vous êtes-vous appuyé pour le faire vivre à l’écran ?
Gabriel est un agent secret de terrain exceptionnellement talentueux, à la détermination sans faille. S’il parvient à prouver le sabotage de la centrale, il sauvera non seulement des milliers de vies, mais se retrouvera aussi en position de force pour négocier sa propre liberté et sa sortie du milieu de l’espionnage international. Ce qui m’a semblé intéressant, c’était de montrer ce que signifie une « vie normale » pour quelqu’un comme Gabriel, un homme qui n’a vécu que dans le secret et la clandestinité. La trajectoire qu’il emprunte va l’amener à se confronter à lui-même. Va-t-il parvenir à changer ou au contraire devra-t-il se résigner à n’avoir jamais une vie comme tout le monde ? En regardant vivre Claire et leur fils de 15 ans — quinze années irrémédiablement perdues —, il éprouve un sentiment aigu de culpabilité. C’est sur cette douleur que je me suis basé pour développer ce personnage.
« Mirage » est une production internationale, avec une équipe en partie francophone. Comment s’est passée la communication sur le tournage ? Avez-vous retenu des mots ou des expressions françaises ?
Je ne parle pas très bien français, non. Je connais pourtant pas mal de mots, mais c’est difficile pour moi de construire des phrases compréhensibles ! Donc quand je parle, on a l’impression que je dis des mots au hasard en espérant que ça ressemble à une phrase. « Restaurant où manger »… quelque chose comme ça (rires). Ce qui a donné l’occasion à tout le monde de se moquer de moi sur le plateau, mais ils ont tous été très indulgents et, heureusement pour moi, la plupart parlaient couramment anglais. J’ai quand même appris quelques phrases avec mes collègues francophones, mais elles sont trop vulgaires pour que je les répète ici ! (Rires.)

MIRAGE S01

Marie-Josée Croze
Marie-Josée Croze interprète Claire, une femme prête à refaire sa vie après des années de dépression. Comment construire la fragilité d’un personnage dont la vie s’accélère soudainement ? Les secrets de l’actrice canadienne.
Comment comprenez-vous le titre de la série ?
Un mirage, c’est quelque chose qu’on vise, qu’on voit apparaître au loin et qui nous attire, mais ce n’est qu’une illusion, il n’y a rien derrière, ce n’est qu’une projection mentale. Dans le cas du personnage de Claire, quand l’histoire commence, elle passe sa vie à être obsédée par des mirages. Mon personnage a vécu deux drames : elle a perdu l’amour de sa vie, le père de son enfant, et ensuite elle a subi des déconvenues dans son travail, elle se sent responsable d’une catastrophe industrielle. Elle s’est retrouvée sans rien. La série commence sur sa reconstruction, mais on imagine que derrière ça il y a des années de combat dans sa vie de femme.
Dès le début, on comprend que Claire est marquée par la disparition de Gabriel, peut-on dire que l’absence du personnage de Clive Standen définit le vôtre ?
Tout à fait ! Quand on perd quelqu’un de cher, plus on aime cette personne, plus on a du mal à accepter qu’elle soit partie, surtout quand elle n’a pas laissé de traces. Elle le voit partout, mais à chaque fois il s’agit d’un « mirage » ! Quand j’ai lu le scénario, j’étais très émue par l’histoire d’amour. Il est pour moi assez évident que Claire croit encore à cet amour-là. Je sais ce que cela représente de vivre avec quelqu’un dans sa tête, quelqu’un qui n’est plus là. C’est le rêve secret de tout le monde que de tomber sur les gens disparus qu’on a aimés. Claire se raccroche à l’amour fou qu’elle a pour leur fils, je m’en suis servie comme point d’appui. J’utilise les rapports fusionnels, presque amicaux, qu’elle a avec lui, comme un prolongement de son amour pour Gabriel. Je veux qu’on comprenne qu’elle l’a eu jeune, qu’elle l’a élevé seule pendant un certain temps. Cette proximité est essentielle pour rendre compte a posteriori des épreuves qu’ils ont vécues ensemble.

MIRAGE S01MIRAGE S01

Vous qui avez tourné des deux côtés de l’Atlantique, quelles différences avez-vous observées entre les productions européennes et nord-américaines ?
C’est plus une question de projet. Je ne travaille pas de la même façon pour un film d’auteur ou pour un film disons plus commercial. Ce n’est pas la même grammaire. Les metteurs en scène nord-américains laissent généralement davantage de place aux comédiens. On est dans un processus de collaboration pour que la scène soit le plus efficace possible. Dans les films d’auteur français, on cherche le sens, le travail est plus référencé, le comédien est au service du texte. Cela change la façon de travailler : d’un côté l’énergie, de l’autre la réflexion. Même si je caricature volontairement, ce n’est pas aussi net que ça, chaque metteur en scène et chaque ù situeriez-vous « Mirage », plutôt dans l’énergie ou dans la réflexion ?
Mirage est une série en six épisodes, ce qui laisse le temps au récit d’explorer ces deux formes d’expression. On part d’une situation très mélodramatique pour basculer dans le polar, voire dans le film d’action. Le travail consiste à rendre crédible chaque instant, d’être dans une forme de réalisme, en y ajoutant des références à certains films noirs. On cherche à faire coïncider deux grammaires différentes, c’est ce qui rend ce rôle intéressant à interpréter. Nous avons tourné avec deux caméras, ce qui a demandé une certaine synchronisation et la mise en place de toute une chorégraphie. Les caméras étaient très mobiles, les acteurs participaient à la création du plan avec le chef opérateur, j’avais l’impression de beaucoup donner. Mais j’aime travailler comme ça, j’ai plus de mal avec l’attente. Sur Mirage, j’étais tout le temps sur le terrain !
Vous reconnaissez-vous dans le personnage de Claire ?
Bien sûr, oui. Un exemple évident : Claire part refaire sa vie à l’étranger, elle a l’opportunité de se reconstruire loin de son milieu naturel. Je sais ce qu’est la vie d’expatriée : j’ai moi-même quitté le Québec pour la France, j’ai saisi une opportunité qui m’a permis d’avancer. C’est pour cela que le projet m’a plu à la simple lecture du scénario. Si on a déjà des points communs avec un personnage, c’est une formidable base de travail. On ne part pas les mains vides, ça ne peut que donner des résultats intéressants. Je ne m’aventure pas sur un film ou une série quand l’histoire ne me parle pas ou qu’il n’y a rien dans le rôle qui s’accorde avec moi-même.
Vous êtes-vous inspirée d’autres comédiennes ou d’autres personnages pour ce rôle ?
Non, pas sur Mirage justement. Ça m’arrive sur certains films, mais là je suis partie de moi-même. Je voulais donner à Claire ce côté anticonformiste, seule contre tous. Louis Choquette, le réalisateur, m’a fait remarquer vers la fin du tournage qu’il ne voyait plus que Claire, c’est un des plus beaux compliments qu’on puisse faire à une comédienne. J’ai travaillé sur quelqu’un qui a eu une rupture, un choc suivi d’une dépression, on suppose que sa santé mentale a été remise en question pendant plusieurs années. Il fallait faire exister tout ça au moment où sa vie s’accélère et où l’intrigue de la série commence.
Production internationale, tournage en anglais, est-ce un plus d’être canadienne ?
Détrompez-vous ! J’ai beau être canadienne, j’ai appris l’anglais à 30 ans ! Il a fallu que je travaille mon texte avec soin. En français, je peux toujours m’en sortir ou improviser. En anglais, je n’ai pas la même liberté, je dois très bien connaître mon texte, c’est une difficulté supplémentaire. Comme je n’aime pas trop les répétitions et que je n’ai pas de technique particulière — je suis comme une musicienne qui ne sait pas lire la musique et qui fait tout à l’oreille —, tourner en anglais me demande une grande concentration.

Marie-Josée Croze, Philippine Leroy Beaulieu, Agathe De la Boulaye,

Marie-Josée Croze, Philippine Leroy Beaulieu, Agathe De la Boulaye,

Propos recueillis par Ludovic Hoarau

NOTES de LECTURES

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Franck Bouysse : Né d’aucune femme. (Ed Audiolib)       
Ce roman rural situé en Corrèze au siècle dernier nous projette dans une atmosphère tragique où la vie des femmes à la campagne se révèle comme un véritable combat. Écrit  en chapitres dédiés à chaque personnage nous allons écouter le récit de la petite Rose 14 ans élevée à la campagne  dans une famille pauvre que chacun va faire revivre et dont nous allons partager la révolte. Ce sont les cahiers de Rose enfermée dans une clinique psychiatrique à 14 ans qui parviennent aux mains du curé de la paroisse et qui va tirer le fil de sa jeune vie pour nous faire vivre les instants dramatiques auxquels elle a été confrontée.
Noir roman mais combien émouvant, bouleversant et magnifique malgré tout ! D’une écriture simple, en phrases courtes l’auteur nous fait pénétrer dans le monde rural où la femme n’a pas de place si ce n’est celle de son exploitation. Dans un discours en prose où chacun va s’exprimer et dialoguer à la première personne rendant le texte extrêmement vivant dans un style simple et émouvant.
Une merveille d’émotions partagées dues à ce jeune auteur incrusté dans sa Lozère natale et dont il nous fait partager la rudesse des caractères et la beauté des paysages. Il écrit avec son cœur, avec ses tripes et nous entraine dans le tourbillon de la vie de la petite Rose.

Sylvain PRUDHOMME : Par les routes (Ed : l’arbalète Gallimard – 296 pages)
Quand Sacha s’installe à V. dans le sud de la France pour écrire avec calme, il est loin de se douter qu’il va retrouver celui qui n’aura d’autre nom que l’autostoppeur. Désormais avec femme et enfant, l’autostoppeur lui ouvre les bras et l’accueille avec joie comme un frère bien aimé.
Tout est merveilleux, l’ambiance est excellente, l’entente parfaite. Seulement l’auto-stoppeur s’absente et parcourt les autoroutes en faisant du stop, un auto-stop bien particulier car il noue de véritables relations avec les conducteurs qui veulent bien l’embarquer, cela semble faire partie de son équilibre. Il multiplie les rencontres, transmet son itinéraire et ses émerveillements à sa famille, tout semble parfait. Les retours sont sources de joie et d’exubérance. La France est grande, aussi après les autoroutes, l’autostoppeur sillonne les routes nationales, puis les départementales, enfin les vicinales, le rythme s’accélère. Chaque absence de plus en plus longue est compensée par des cartes postales, des photos, des clins d’œil humoristiques sur les noms des lieux-dits comme Soupir, Survie, -Mer-Port, Trève, Simple-Les Rousses, Abondant, Vif.
Mais qu’en pensent ceux qui restent à V. et se voient, s’entraident, se réconfortent, s’interrogent, se rapprochent et finalement commencent à douter du retour de l’autostoppeur. Cette quête aura-t-elle une fin ?
Elle en aura une sublime que je vous invite à découvrir dans ce roman inédit, enchanteur et magnifique. Pour le lecteur plus réaliste et terre à terre, la vie qu’impose l’autostoppeur à sa famille peur réduire la séduction de ce livre.
A chacun de se faire son idée !

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Catherine POULAIN : Le cœur blanc ( Edition de l’Olivier – 255 pages)
Après «Le Grand Marin», premier roman très puissant sur le monde de la pêche hauturière en Alaska,  Catherine Poulain écrit sur un monde qu’elle connait bien, celui des ouvriers saisonniers en Provence. Différemment, la vie y est rude, et Rosalinde,  la belle et mystérieuse allemande aux cheveux roux flamboyants, attire les hommes ; son indépendance, son passé intriguent ceux qui se retrouvent pour la cueillette des cerises, des abricots ou de la lavande.
Les hommes et les femmes travaillent dur, affrontent la chaleur, la rigueur du froid et se réconfortent le soir au bar pour une, deux, trois bières, et oublient l’insupportable. La galerie de portraits est saisissante, Mounia l’impatiente, la fille du harki qui cherche sa terre et regarde l’avenir avec Rosalinde, Cesario qui chante la saudade en pensant à sa terre natale le Portugal, Accacio, violent et déjà propriétaire de l’indomptable Rosalinde, Paupières de plomb et le Gitan les caïds du village aux intentions sournoises et malveillantes.
Mais Rosalinde n’appartient à personne, elle court, fuit en avan,t suivie toujours de son fidèle chien errant. Et c’est cette course, cette fuite que Catherine Poulain décrit avec force et un sentiment d’urgence. Car de saison en saison la pression monte, monte, la chaleur annonce l’explosion et le drame.
L’auteuer connait bien ce monde divers souvent fracassé, un monde démuni, secret, travailleur, assoiffé, rêveur, violent. C’est un roman qui impressionne par la force, la volonté de survie, la pugnacité de Catherine Poulain, juste une femme face aux réalités de la nature du monde végétal ou animal.

Charles BOTTARELLI : Les dames de la  Bartavelle (Ed. de Borée – 191 pages)
La Bartavelle c’est la propriété viticole dont Alexandre Brémond a hérité à la mort de son père dans les années trente dans la région de la Londe et qu’il fait fructifier au sein d’une famille aimante. Il est aidé d’une épouse ouverte aux travaux agricoles et qui impulse un mouvement de libération de la femme avant l’heure. Le travail, l’amour, la famille et les petites gens de l’entourage font prospérer le domaine dans une région où les émigrés italiens arrivent poussés par l’Histoire et Mussolini.
La suspicion s’installe,le rejet ou l’accueil bienveillant s’affrontent c’est le sujet de ce roman régional écrit par ce Provençal de Charles Bottarelli qui réveille ses souvenirs de jeunesse et démontre que les grandes idées actuelles étaient déjà présentes.
Les locaux retrouveront des lieux et des faits connus

La Valette – Cinéma Pathé
Une miss pas comme les autres

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«Quand je serai grand, je serai… Miss France !»
C’est ce qu’annonce le petit Alexandre devant toute sa classe qui, évidemment, se moque de lui.
En fait, en grandissant, il se rend compte qu’il n’est mentalement ni tout à fait un homme, ni tout à fait une femme.
Après la disparition de ses parents, il atterrit dans une maison tenue par Yolande où vit un monde hétéroclite : deux sri-lankaises, un maghrébin, un black, un travesti qui fait le trottoir, qui n’ont pas toujours été gâtés par la vie et qui se sont créé une famille dans ce lieu singulier.
C’est avec leur aide qu’il va prendre la décision de se présenter à la sélection de Miss Ile de France, premier échelon pour accéder au titre de Miss France, sous le prénom d’Alexandra.
Ruben Alvès va nous amener dans cette quête à la reconnaissance par petites touches d’humour et d’émotion mêlés, suivant le chemin de ce garçon qui se cherche et qui, contre vents et marées, va poursuivre son rêve utopique de s’accepter, de se trouver à travers cette féminité qui est en lui.
Avec un sujet pareil, on pouvait s’attendre au meilleur comme au pire. Et l’on a le meilleur tant le scénario est sensible, jamais caricatural, tant les personnages sont attachants, Alexandre Wetter en premier, aussi beau en garçon qu’en fille, dont l’émotion à fleur de peau qu’il a en lui est communicative.
Notons aussi Isabelle Nanty, parfaite dans le rôle de Yolande, la logeuse-amie, qui, sous une nature tonitruante, cache une grande blessure.
Et puis, inattendu, Thibault de Montalembert, qui, aux antipodes de ce mec snob et arriviste de la série «Dix pour cent» se retrouve dans la peau d’un travesti prostitué extravagant qui, lui aussi, se cache derrière ce personnage haut en couleur, nous offrant là une belle prouesse d’acteur.

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C’est au Pathé la Valette qu’on retrouve Ruben Alvès, Alexandre Wetter et l’ami Thibault de Montalembert.
Ruben, comment avez-vous eu l’idée de ce film ?
C’est un sujet qui me tient à cœur depuis pas mal de temps, nourri par mon environnement, des personnages que je côtoie, des interrogations qu’ils ont, de l’identité et d’un certain courage pour aborder sa féminité lorsqu’on est un homme. Je voulais d’abord faire un téléfilm sur ce parcours initiatique et puis j’ai rencontré Alexandre.
Justement, cette rencontre ?
Je l’ai découvert sur Instagram, je me suis aussitôt dit que ce serait lui. Je l’ai appelé, nous nous sommes rencontrés dans un café, je lui ai parlé de ce projet en me demandant quelle réaction il allait avoir…
Et alors, Alexandre ?
(grand et lumineux sourire) Alors je n’ai absolument pas hésité une minute ! Nous nous sommes tout de suite compris. J’étais alors mannequin et j’aimais défiler, que ce soit en homme ou en femme, car j’ai toujours assumé mon androgynie et aimé camper des personnages. Je lui ai posé beaucoup de questions et c’est moi qui lui ai donné l’idée d’en faire un film et non un téléfilm.
Vous n’êtes alors que mannequin. Comment avez-vous endossé ce rôle ?
Avec deux mois de travail avec un coach. Il a d’abord fallu que je perde dix kilos et  c‘est ce qui a été le plus dur ! J’ai pris des cours de maintien, de marche avec les talons. Ça a été du boulot !
Ruben, comment avez-vous eu l’idée de Thibault pour ce rôle de travesti ?
Là encore à la télé en regardant la série «Dix pour cent», une scène où il était nu sur un lit avec son assistante. J’ai trouvé en lui une sorte de féminité et je suis tout de suite dit qu’il incarnerait parfaitement Lola.

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Et toi, Thibault, quelle a été ta réaction lors de cette proposition ?
Une réaction d’acteur. J’ai tout de suite été excité car c’est formidable pour un acteur d’aborder un tel rôle, d’abord parce qu’on fait appel à cette féminité qu’on a tous en nous et puis qu’il fallait à la fois jouer sur le côté ridicule et touchant du personnage.
Toi, tu n’avais pas à faire de régime !
(Il rit) Heureusement non, j’aime bien trop manger ! Le plus dur a été de marcher avec des talons. Je passais mon temps à le faire à la maison… Ma femme était au bord de la crise de nerfs !
Ruben, c’est un film qui joue sur le rire et les larmes, le doux et le dur…
C’est comme dans la vie. Rien n’est toujours drôle ou triste, nous avons tous des failles quelquefois enfouies, mais qui ressortent quelquefois. La vie est toujours ambivalente comme mes personnages. Ce sont des personnages réels, humains. Je me méfie toujours des gens qui sont trop bien dans leur peau. Ca cache toujours une faille. Je pense avoir un vrai regard sur chacun d’eux.
Comment trouvez-vous vos personnages ?
Je n’ai pas à aller bien loin, je n’ai qu’à regarder autour de moi, dans mon entourage. J’aime les gens, j’aime les observer.
Alexandre, quelle a été votre réaction en découvrant le film ?
J’ai beaucoup pleuré
– Il pleure beaucoup dans la vie, coupe Ruben ! Thibault acquiesce en riant.
– C’est vrai et ça me libère mais j’ai quand même été troublé mais heureux de ce que Ruben était arrivé à faire de moi. Mais je suis toujours allé au-delà du physique. Changer de tête ne me gêne pas car en tant que mannequin, je le fais tout le temps. Mannequin ou comédien, je joue un rôle et j’aime changer de rôle.
Ce qui était surprenant sur le tournage, c’est que toute l’équipe était différente avec moi lorsque j’arrivais en homme et ressortais en femme. Cette réaction était très drôle.
Et la réaction de votre  famille ?
Mes parents n’ont pas encore vu le film. Par contre, ce soir je suis particulièrement stressé car je suis varois et j’ai des amis et de la famille qui viennent me voir. Sans compter que, étant Varois, venant souvent dans ce cinéma pour voir des films, je me retrouve au fronton de celui-ci. C’est très émouvant et très étrange.

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Ruben, faire participer Sylvie Tellier au film, c’est gonflé !
Pourquoi ? C’est vrai qu’elle a une image de rigueur mais c’est une femme qui vit avec son temps, qui a de l’humour et une belle ouverture d’esprit. Je l’ai beaucoup fréquentée car durant un an j’ai suivi les sélections dans nombre de villes pour m’imprégner de l’ambiance de ces concours. Elle était curieuse de découvrir le film et en même temps l’appréhendait. Mais elle a aimé et n’a rien voulu changer.
Alexandre, avez-vous pris goût au cinéma ?
Oui et j’aimerais avoir d’autres expériences
– Thibault ajoute : Il faut qu’il continue car il a la grâce, la sensibilité, cette capacité que nombre d’acteurs n’ont pas et la caméra ne peut que l’aimer. Il faut qu’il continue.
Pensez-vous, Ruben, que ce film puisse influencer les mentalités ?
Je le pense et l’espère. Depuis que nous faisons ce tour de France pour présenter le film, nous avons un accueil chaleureux et nombre de gens, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, nous félicitent d’avoir abordé un thème qui, malgré tout, reste encore tabou. Ils nous remercient. Il y a beaucoup d’émotion et de larmes et c’est réconfortant de savoir que ce film pourrait permettre aux gens de réfléchir et d’avoir une autre perception de ce sujet »

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta


Toulon – Conservatoire TPM l’art de l’improvisation et de la transmission

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Jean-François Zygel est un maelstrom musical qui va de Brel à Mozart, de Barbara à Beethoven, en passant par le jazz et toutes les musiques du monde.
Mélange familial entre la grande chanson française qu’aimait sa mère et la musique dite «classique » qu’aimait son père.
Du coup, il n’a pas eu à choisir et s’y est engouffré, le piano a fait le reste, vite assimilé, vite improvisé,
Ce musicien et compositeur en est devenu un vrai grand spécialiste reconnu, pratiquant également les ciné-concerts qui consistent, comme dans le temps des balbutiement du cinéma, d’accompagner les films muets.
Sa vie est riche d’expériences musicales car il est curieux de tout. Touche à tout de génie, il a conquis un énorme public, aidé par l’émission de France 2 «La boîte à musique», où il recevait musiciens et chanteurs de tous bords. Il a l’art de décortiquer la musique quelle qu’elle soit, il sait la transformer et l’amener au public, du plus branché au plus néophyte, toujours avec une passion infinie car en plus, il est un magnifique raconteur d’histoires et sait éveiller l’intérêt et la curiosité. Quatrième Invité d’honneur du Conservatoire TPM de Toulon, après Barre Philips, André Gabriel et Rhys Chatham pour son cycle annuel «Transmission», il sera présent en Février et mars pour des conférences, des master classes, un ciné-concert à l’Opéra, accompagnant le film de Rupert Julian «Le fantôme de l’Opéra» le jeudi 13 février et un concert au Liberté le 31 mars sur le thème «Fantaisies sur Beethoven» dont on commémore le 250ème anniversaire.

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C’est donc à l’auditorium du Conservatoire que nous avons rendez-vous avec cet artiste magnifique, intarissable, érudit et d’une grande simplicité.
Notre rencontre a lieu sur la scène car – nous dit-il d’emblée – «la scène c’est la vraie vie, c’est l’essence de la vie».
Il nous rappelle ses venues à Toulon, au Conservatoire pour la FIME, en 2005 pour un ciné-concert autour d’un film de René Clair suivi d’un master class, également présent pour l’inauguration du Liberté en 2008 où il avait donné, en compagnie du jazzman Antoine Hervé, un concert pour deux pianos jazz-classique. La veille, tous deux avaient donné cours et conférence sur ces musiques.
«L’improvisation – nous confie-t-il – est souvent assimilée au jazz alors que déjà, les musiciens classiques du XVème siècle improvisaient sur leurs propres musiques. On peut improviser sur tous les genres de musiques, c’est une question de changement de vocabulaire.
N’importe quel musicien peut-il improviser ?
Non, ça s’apprend, ça… ne s’improvise pas ! Depuis 15 ans, j’ai fondé une classe d’improvisation et aujourd’hui nombre de conservatoires ont une classe d’improvisation. Car on ne peut pas faire n’importe quoi, il faut connaître le sujet, travailler sur des automatismes, connaître tous les styles de musiques. Il faut un travail préalable.  Beethoven a donné à Vienne trois concerts improvisés qui restent dans les annales. Beaucoup d’autres grands compositeurs ont fait de même. Bien sûr, on connaissait leurs œuvres mais le public était friand d’entendre quelque chose de nouveau, d’inédit.
Ça a été un peu oublié un certain temps ?
Oui, durant la moitié du XIXème siècle, ça s’est perdu. Ca n’a perduré que dans les concerts liturgiques et les églises pour les messes dont on ne connaissait jamais la longueur et où alors, il fallait improviser. Aujourd’hui, l’improvisation revient en force car la musique dite «classique» connaît une mutation forte. Le rituel est remis en question et, modestement, j’y suis un peu pour quelque chose car je l’ai relancée. Déjà, parler durant un concert ne s’était jamais fait et j’ai eu envie de le faire pour éclairer les spectateurs et avoir un autre rapport avec lui plutôt que d’arriver sur scène, saluer et jouer.

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Musique classique, musique moderne… Qu’en pensez-vous ?
Ce titre de musique classique est assez récent car durant des siècles, il y avait «la» musique, «les» musiques et tout à coup il y a eu cette dénomination qui partage la musique d’hier et celle d’aujourd’hui. Pour moi, quelle qu’elle soit, c’est toujours de la musique.
Alors, comment définiriez-vous la musique d’improvisation ?
C’est la fraîcheur, la liberté, c’est l’émotion. C’est l’art de la conséquence. Souvent je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais faire.
C’est aussi un art éphémère ! N’est-ce pas frustrant ?
C’est vrai puisqu’on improvise et qu’il n’en restera rien que des souvenirs, des émotions mais c’est ce qui en fait sa beauté un peu comme lorsque Claudel parle de l’odeur d’une fleur. C’est un moment éphémère et il n’en restera que le souvenir et l’émotion que l’on aura eus sur l’instant.
Et puis, aujourd’hui, il y a l’enregistrement, si l’on veut en garder une trace.
Mais vous savez, combien de compositeurs ont écrit des partitions qui sont aujourd’hui oubliées ?
Le problème de l’éphémère, moi je l’ai totalement intégré. On joue, c’est bien, moins bien, c’est fait, ça ne sera plus. C’est un instant, un moment et là, on ne peut pas jeter la partition si l’on n’est pas content !
Mais c’est le plaisir de la création en direct qui offre au public la garantie d’un œuvre unique. C’est ce que j’appelle l’art de la scène.
Et le ciné-concert ?
C’est une rencontre avec une œuvre cinématographique. C’est un art du spectacle à part entière. Au début du muet, il y avait déjà un pianiste qui improvisait et le pianiste était différent dans chaque cinéma. Donc à chaque fois c’était une autre musique. C’est un spectacle ouvert vers l’avenir et c’est un vrai travail de création et j’aime ça. J’ai improvisé sur quelque trois cents films et c’est toujours un plaisir renouvelé. «Le fantôme de l’Opéra» j’ai dû l’illustrer une vingtaine de fois avec un plaisir chaque fois renouvelé ».

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Un plaisir que nous avons partagé avec cet authentique «Honnête Homme» qui nous a éblouis par ses connaissances, son talent de conteur et de musicien et, après plus d’une heure et demi, on en redemandait encore et on avait du mal à le quitter tant il est fascinant.
Vivement Zygel !

Jacques Brachet



Six-Fours
Les mardis du théâtre de la Godille débutent avec «Jofroi»

PHOTO JOFROI

Les mardis du théâtre de la godille inaugurent leur saison 2020l  le 11 février à 20h30 au théâtre Daudet avec « Jofroi »farce rurale d’après Jean Giono.
En première partie deux extraits de Pagnolla mise en scène est de Daniel Houdayer
«Jofroi» est une pièce qui présente la Provence dans ce qu’elle a de plus authentique
La reconversion professionnelle ne date pas d’aujourd’hui.
De tout temps les jeunes ont voulu faire mieux que les vieux.
C’est ce qui est arrivé à Jofroi confronté au Fonse plus jeune que lui.
Le Jofroi va trouver un stratagème pour résister.
Non pas la grève cela était prématuré surtout à la campagne. Mais peut être que le chantage va fonctionner… dans cette pièce le rire côtoie l’émotion
Distribution : Jean Yves Monnot, Jean Philippe Candido, François Dorant, Salmon André, Sylvie Candido, Serge Baroso, Dany Cayol.
Spectacle à 20h30 Tarif : 12€     Réduit 10€
Accueil  à 19h 30  «Casse- croûte» offert avant le spectacle sur réservation
Renseignements, réservations : 06 72 23 28 54

 

Michaël JONES… Un clip, une tournée

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Michael Jones offre à ses fans un clip inédit de la chanson « Pas Toi » de Goldman et annonce une nouvelle tournée
On a tous dans le cœur et dans la tête cette chanson incontournable de Jean-Jacques Goldman, sortie en mars 1986 : « Pas Toi ». A l’époque (et même encore maintenant !), elle est sur toutes les lèvres : le single se vend à plus de 400 000 exemplaires et reste classé 21 semaines au Top 50.
Sur scène et dans les coulisses, le célèbre chanteur est accompagné par son complice de toujours : Michael Jones, le même Michael Jones qui fera partie du trio Fredericks/Goldman/Jones.
Mais « Pas Toi », ce n’est pas seulement une douce mélodie qui fait chavirer les cœurs ! Lors du Live 1999, la chanson est jouée en différentes versions (reggae, rock, rap, jazz, tango) dans un medley rythmé contenant une partie chantée en anglais par Michael Jones.
Alors pour fêter les 20 ans de cette version et remercier ses nombreux fans de leur fidélité, l’artiste Gallois et son groupe lancent un clip inédit et décoiffant de « Pas Toi » ! Surprenant, décalé et très original, il va ravir tous ceux qui ont la nostalgie de ce titre culte, de leurs interprètes, mais aussi de façon plus générale tous les amoureux de la belle chanson française. Surtout lorsqu’elle ne se prend pas au sérieux !
En 2019, Michael Jones est parti à la rencontre de son public pour fêter ses 48 ans de carrière.
Pendant 6 mois, lors de chaque concert, il joue la chanson « Pas Toi » et suscite un véritable enthousiasme auprès du public. Les retours positifs de ses fans, leur fidélité, lui donnent une idée : pourquoi ne pas faire un clip en clin d’œil à la version medley jouée sur scène en 1999 lors d’un Live devenu inoubliable ?

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La vidéo est tournée en juillet 2019 sur un enregistrement live, puis le montage vidéo et le mixage du son prennent six mois pour obtenir un rendu parfait… et délicieusement second degré !
Lancé le 1er janvier sur YouTube, et partagé sur Facebook et Twitter, le clip a fait immédiatement un carton auprès des fans : il a totalisé 4 000 vues en moins de 24 heures dont 2 000 vues durant les premières heures de diffusion.
Les commentaires laissés sur les réseaux sociaux sont enthousiastes :
Michael Jones souligne :
«L’accès au clip est volontairement gratuit pour tous ! Au départ, je tenais à remercier toutes les personnes qui me suivent fidèlement depuis des années et qui sont venues assister aux 98 concerts de 2019. Mais je suis agréablement surpris de voir que tous les amoureux de la chanson française et des années 80 se retrouvent aussi dans ce clip  »

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J’ai eu l’occasion de rencontrer Michaël quelquefois, garçon on ne peut plus charmant et simple et chaque interview a été un moment de grand plaisir. En voici pour l’occasion quelques extraits.
Michaël, comment un Gallois devient-il une star de la chanson française ?
Star ? … oublions ce mot.
Ça s’est passé par accident. Ma maman était française et nous venions voir sa famille en vacances. J’ai rencontré des musiciens avec qui j’ai commencé à m’amuser, avec qui je me suis entendu… Et je suis resté ! Et voilà 44 ans que je m’amuse et que je suis heureux car vivre de sa passion, c’est exceptionnel.
Au Pays de Galles, jouais-tu déjà ?
Oui, j’ai joué avec quelques groupes mais juste pour le plaisir car au départ je n’étais pas destiné à la musique. Pour moi, la musique était simplement un plaisir et il n’était pas concevable que j’en fasse un métier, même pour gagner de l’argent.
A quoi te destinais-tu ?
La musique, comme Obelix, je suis tombé dedans très jeune. C’est ma potion magique. Mais j’ai passé un diplôme d’ingénieur de la médecine du sport. Mon ambition était de faire de l’assistance sur des rallyes… Tu vois, on était loin de la musique, même si je ne l’ai jamais quittée. Jusqu’au jour où il y a eu le déclic et je me suis dit que peut-être, mon avenir était dans la musique.
Retournes-tu au Pays de Galles
Non, je vis ici dans l Midi. Je suis resté six ans à St Maximin. Je n’y vais que pour aller visiter la tombe de mes parents ou pour faire visiter ce beau pays à des amis. Pays que j’aime mais dont je n’ai pas la nostalgie. Ma vie est en France. Et si je suis farouchement pour garder l’Histoire et le souvenir, je ne suis jamais nostalgique du passé. Je tourne les pages et j’avance.

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Et que les fans qui ont raté les précédents concerts se rassurent : Michael Jones repart en tournée en 2020 ! Toutes les dates sont disponibles ici : http://www.michael-jones.net/
Jacques Brachet




Du nouveau sur France 3

POLICE DE CARACTÈRE

Samedi 22 février à 21h05
POLICE DE CARACTERES
Dans la résolution d’un crime, rien n’est écrit à l’avance, mais pourtant nos deux héros savent toujours en retrouver l’auteur.
Un film réalisé par Gabriel Aghion
Scénario et dialogues :
Eugénie Dard, Charlotte Joulia, Matthieu de Savignac et Sandrine Lucchini
Avec, notamment : Clémentine Célarié (Louise Poquelin), Joffrey Platel (Etienne De Beaumont), Mariama Gueye(Léa Langlois), Jules Houplain (Antoine Poquelin), Sabine Haudepin (Catherine Letellier), Caroline Tillette (Elodie Letellier), Xavier Gallais (Bertrand Letellier), Benjamin Bourgois (Thimothee Richard)

POLICE DE CARACTÈRE POLICE DE CARACTÈRE

Thomas Letellier, patron d’une grosse conserverie du Nord, est assassiné dans son usine. Le capitaine Louise Poquelin, « Nordiste pure souche » et mère-célibataire débordée, va enquêter avec son nouveau binôme, le capitaine Etienne de Beaumont, un flic aux origines aristocratiques, de retour dans sa région natale. Ce tandem explosif, malgré leurs différences, va se révéler d’une efficacité redoutable.

CAPITAINE MARLEAU

Mardi 25 février à 21h05
CAPITAINE MARLEAU
Épisode 19 «Veuves… mais pas trop»
Scénario : Sylvain Saada
Produit par Josée Dayan et Gaspard de Chavagnac
Avec notamment : Corinne Masiero (Capitaine Marleau), Edouard Baer (Stanislas Turner), Anne Brochet (Martine Lemaître), Isabelle Candelier (Juliette Massoni), Bruno Lochet (Adjudant Michel Pichon), Maïra Schmitt (Ariane Turner), Nicolas Robin Melchior Turner), Valentine Cadic (Virginie Lemaître), Olivier Broche (Dr Morel), Sophie Guillemin (Estelle Grosbois), Wilfred Benaïche (Adrien Popovitch), Noémie Lenoir (Marguerite Vitali)
Avec la participation de Jean-Claude Drouot (Léopold)

CAPITAINE MARLEAU

Pas de corps, pas de preuves, pas de preuves pas de crime !
Mais il en faut un peu plus pour décourager le capitaine Marleau qui flaire du louche chez ce croque-mort et embaumeur, adorable père de famille, charmeur de service de quelques veuves, pour tout dire assez joyeuses.
Ce ne sont pas feu leurs maris qui les contrediront, disparus les uns après les autres sans vague mais peut-être pas sans fumée.



Toulon – Le Télegraphe
Patrick COTTET-MOINE revient… mime de rien !

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Patrick Cottet Moine fait partie de ces comédiens rares qui jouent de leur physique atypique avec un talent énorme, dans la lignée de Marceau, Mister Bean, Courtemanche, avec qui il a travaillé, Jacques Tati ou encore The Mask, alias Jim Carey et même le fameux loup de Tex Avery.
Il a de tout ça l’ami Patrick, un visage en caoutchouc, un physique longiligne, des yeux on ne peut plus expressifs et surtout, il a trouvé son style, sa personnalité en ne disant aucun mot, en s’exprimant avec son corps, son visage et des bruits de bouche. C’est un mime, non pas de rien comme le titre de son spectacle le souligne, mais un mime on ne peut plus bruyant qui se déploie avec une énergie folle.
Du pêcheur à la ligne au toréador en passant par le docteur, Zorro, le flic à moto et l’inénarrable tennisman, il nous offre une série de portraits hauts en couleur et entraîne le public qui rit et suit comme un seul homme. Et le public participe avec joie à ses demandes «mimesques» !
C’est ce qui s’est encore passé au Télégraphe où la salle  a croulé de rire et lui a fait une ovation.
Aujourd’hui, notre provençal de Cuers parcourt le monde entier avec ce spectacle qui s’adapte, et pour cause, à toutes les langues et à tous les pays.

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Fantasque et original, il a séduit en 2014 le public de « La France a un incroyable talent ». Et il a récidivé… en Roumanie où il est en finale. Il a tellement séduit le public roumain que la télé lui a proposé d’animer une émission de cuisine en préparant un plat français… lui qui, en tout et pour tout ne sait cuisiner que la tarte Tatin. Mais pourquoi pas la faire connaître là bas !
Comme il n’est pas à une facétie près, il vient de sortir un livre… avec le texte intégral de son spectacle !!!
C’est tout lui.
Tout en continuant de parcourir le monde avec son spectacle, il va retrouver ses complices, les Zablocks, avec qui il a débuté et on pourra le retrouver deux fois à Hyères, le 29 février au Casino,le 7 mai au Brew, puis le 6 juin à la Roque d’Anthéron au festival Kidélires, le 13 juillet à Puget-Villen le 14 août à Brue-Auriac.
Là, ça parle, ça chante, ça danse et on rit aussi beaucoup.
Mim(n)e de rien… PCM, ça cartonne !

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Jacques Brachet