Archives mensuelles : août 2019

Sanary – Les Disques d’Or… au féminin !

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Toute l’équipe des Sanary Animations et le jury des Disques d’Or

C’est devenu une tradition : chaque été, Noël Lebrethon, président de Sanary Animations, propose au public un concours de chant «Les Disques d’Or». Concours très couru des amateurs, aussi bien varois que vacanciers et Dieu sait s’ils sont pléthore !
Certains viennent pour le plaisir de chanter, d’autres pour faire plaisir à la famille et aux amis, d’autres encore espèrent que ce sera le marchepied d’une future carrière. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux passant à Sanary, se sont retrouvés en compétition à l’émission «The Voice»
Beaucoup d’appelés mais peu d’élus, c’est la loi de la jungle musicale mais on peut quand même citer en exemple celle qui reste le symbole de ce concours : Hélène Ségara.
Mais ce concours reste malgré tout un jeu bon enfant présenté depuis des années par Yves Julien à la faconde toute provençale et mettant en confiance certains concurrents un peu stressés.

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Encore des dames à Sanary Animations… et quelques hommes : Yves Julien et Noël le Brethon

Cette année, à la demande d’un public nombreux, Noël, dit «Nono» avait décidé que les concurrents chanteraient en français et c’et une bonne chose car beaucoup chantaient avec plus ou moins de bonheur en anglais alors que nous avons un répertoire français on ne peut plus riche et des auteurs et compositeurs de grand talent. D’ailleurs il est un peu dommage que beaucoup de filles se cristallisent sur Piaf ou Céline Dion, tant il y a de magnifiques chansons à interpréter.
A propos de filles, la grande surprise de cette année a été le manque de mecs… Où sont-ils passés ?
Sur la sélection des juniors, huit filles en finale  et pour les adultes trois hommes pour treize filles !
Et le palmarès est 100% féminin !
Chez les juniors, sont arrivées dans le trio de tête :
3ème : Liu-Jane Jacotot qui a interprété «Alors regarde» de Patrick Bruel
2éme : Lola Martin-Teissère qui a interprété «Vole» de Céline Dion
1ère : Laly Docq qui a interprété «Ordinaire» de Robert Charlebois, version… Céline Dion !

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Liu-Jane Jacotot – Lola Martin-Teissère – Laly Docq

Chez les adultes :
3ème : Cécile Labadens qui a choisi «Hananera», tiré de l’opéra de Bizet «Carmen» et ça, ça fait du bien !
2ème : Stella Cino qui a chanté «Le blues du businessman» de l’opéra-rock «Starmania»
1ère : Manon Maley qui a interprété «Quand on n’a que l’amour» de Jacques Brel.
Chacune a reçu un trophée des bons d’achat de 100 à 200€ et pour la gagnante et un week-end à la Neige à la station de Puy St Vincent, sponsor de la manifestation et fidèle depuis des années.
Six voix magnifiques et l’on est étonné d’entendre, surtout chez les juniors qui ont 11/12 ans des voix aussi amples, des notes si élevées et si justes. Vraiment nos six finalistes nous ont époustouflés et ont époustouflé le jury qui, comme chaque année, se retrouvait avec joie : Nadine et Claude Millour (Guitar ZZ), Daniel Darigot qui s’occupa durant des années à la Ciotat des animations musicales, Jean-Michel et Geneviève Machto, respectivement musicien et productrice, Brigitte Benabida, responsable culturelle à la Ciotat et moi-même.

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Cécile Labadens – Stella Cino – Manon Maley

Ce fut une belle cuvée 2019 avec seulement une petite critique : la venue sempiternelle de certains candidats que l’on retrouve chaque année, certains n’ayant pas leur place dans ce concours qu’ils ne gagneront jamais et enlevant la place à d’autres qui ne peuvent pas s’inscrire. On aimerait un peu plus de sang neuf et surtout une sélection un peu plus sévère… A bon entendeur, Nono !!!
A noter aussi que quelques jeunes n’ont pas voulu s’inscrire parce qu’ils ne pouvaient pas chanter en anglais. Mais bon sang, on est en France et si un jour ils arrivent à être produits, leur disque se fera en français. Sans compter que souvent, ils chantaient sans connaître le sens de la chanson et dans un anglais très approximatif. SI si… c’est arrivé !

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Alors, vive la France et les chansons françaises et bravo aux six finalistes méritantes et talentueuses !

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Jacques Brachet

Six-Fours – Six N’Etoiles : «Fahim»… Une belle histoire

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Début des années 2000.
Pour cause politique et menaces de mort, Fahim et son père (Assad Ahmed et Mizanur Rahaman) quittent clandestinement le Bangladesh, devant laisser sur place le restant de la famille. Fahim a huit ans, est un petit génie des échecs et rêve de rencontrer un grand maître à Paris où ils arrivent, sans papiers. A Paris c’est la misère, ils ne parlent pas un mot de français et subsistent  sans moyens et devant se cacher.
Malgré tout Fahim arrive à rencontrer son maître, Sylvain (Gérard Depardieu) un homme solitaire, bourru, ne ménageant pas ses élèves. Mais cette grande carcasse a un cœur d’or et très vite il se rend compte des possibilités de Fahim. Le courant finit par passer grâce à Mathilde (Isabelle Nanty), secrétaire du club d’échec qui va aider ce couple. Il décide de
l’inscrire aux championnats de France alors qu’il est clandestin S’il gagne peut-être alors les choses pourront changer pour le père et le fils.
Le film, tout simplement intitulé «Fahim», a été écrit et réalisé par Pierre-François Martin-Laval, plus connu sous le pseudonyme de Pef et pour son univers déjanté (Les Robin des Bois, Les Profs, Gaston Lagaffe…) Loin de cet univers, il nous offre un film d’une grande sensibilité, d’une grande profondeur, plein d’émotion avec juste ce qu’il faut d’humour pour ne pas tomber dans le pathos ou le mélo..
C’est la véritable histoire de ce petit garçon qui, a 14 ans, a écrit le livre de sa jeune vie «Le roi clandestin», livre qui – avoue Pef – l’a secoué au point de se lancer dans cette aventure.
Le jeune comédien, Assad Ahmed, qui interprète Fahim, est un petit garçon lumineux dont le sourire éclaire l’écran. Il est terriblement doué et l’histoire nous prend aux tripes.
Son père (Mizanur Rahaman) est également émouvant, qui réalise  ce long parcours dangereux  dans un pays où il ne peut s’exprimer, doit se débattre et résister pour que son fils puisse réaliser son rêve.
Que dire de Sylvain, un Depardieux fidèle à lui-même, bluffant, tout en nuances, cachant une fêlure et une grande sensibilité. Prodigieux.
Et puis, Isabelle Nanty, complice de longue date de Pef, rayon de soleil de gentillesse et d’énergie, qui va tout faire pour aider ces deux hommes perdus.
Ce film et une magnifique surprise, Pef a réussi de bout en bout ce film plein de sensibilité et de force, cette aventure qui nous le fait voir avec bonheur sous un autre jour.
Et le bonheur est d’autant plus grand, qu’il débarque avec le vrai Fahim Mohammad, qui a aujourd’hui 20 ans au Six N’Etoiles de Six-Fours.

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Assad Ahmed joue Fahim – Fahim aujourd’hui

«Fahim vous êtes-vous reconnu dans le film ?
Finalement pas tant que ça… Bien sûr, il y a mon histoire, une part de moi tout de même. Mais dans l’ensemble ça va !
Qu’y a-t-il comme différence ?
Je n’ai pas un caractère aussi émotif, je n’ai pas le même attachement pour ma mère. Donc ce n’est pas forcément moi.
Ce film est tiré de votre livre «Le roi clandestin». Vous étiez jeune lorsque vous  l’avez écrit ?
Oui, je l’ai écrit en 2014, j’avais alors 15 ans. En fait je ne l’ai pas vraiment écrit. Je me suis raconté à Sophie le Callenec et j’ai été aidé par mon maître, aujourd’hui décédé, Xavier Parmentier.
Pef, on est loin de votre univers habituel !
C’est vrai, même si de temps en temps j’y ai mis quelques scènes qui ont un côté burlesque ce qui a toujours été ma passion. Mais là, ça ne se prêtait pas à la légèreté, c’est une sorte de conte documentaire, un conte réaliste. J’ai beaucoup basé l’histoire sur l’image pour faire passer l’émotion et que le public puisse suivre l’histoire de façon fluide. Mais j’avoue que j’ai tourné ce film avec plus de tranquillité que les autres…
Pourquoi ?
Je n’avais ni le stress ni l’obsession de faire rire à tout prix, de tourner des gags qui doivent obligatoirement faire mouche sinon c’est fichu. Le combat n’était pas le même, même au montage. J’ai fait ce film en faisant confiance à mes comédiens, mes «non comédiens», les enfants qui jouent dans le film. Il y avait beaucoup moins de pression.

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Pef dans le film et au naturel au Six N’Etoiles

Justement, comment avez-vous choisi ces comédiens ?
Mizanur est cuisinier, ne parle pas un mot de français, nous l’avons abordé car il avait le profil du rôle. Mais ce n’était pas gagné car il a fallu beaucoup insister pour qu’il accepte et puis, au départ, il était maladroit et je me suis longtemps demandé s’il arriverait à faire ce que j’attendais de lui. J’ai dû le bousculer, jouer sur sa corde sensible et enfin, il y est arrivé. Il y a eu un déclic, il a compris le travail d’acteur et est devenu comédien devant moi.
Ça a été un peu pareil pour Assad. Après un casting catastrophique, au dernier moment on l’a attrapé au vol et il a fallu beaucoup insister pour qu’il accepte. Il y avait à peine quelques mois qu’il était en France, ne parlait pas non plus le français et à la fin du film, il parlait presque couramment ! Il avait un coach, un traducteur et il a surtout appris avec ses petits copains du film qui sont tous aussi des amateurs.
Isabelle, on sait pourquoi elle est là, elle est votre complice de longue date mais Depardieu, est-ce que ça a été facile de le convaincre ?
Depuis mon enfance je suis en admiration devant lui. C’est le plus grand comédien français. Au départ j’avais pensé jouer le rôle mais je n’avais pas la stature du personnage. Il me fallait un ogre au grand cœur et j’ai très vite pensé à lui. J’ai fait passer le scénario à son agent et trois jours après il acceptait. Je crois que c’est le plus grand moment de ma carrière. Du coup, je me suis offert le rôle de l’organisateur du championnat afin de l’avoir en face. J’en ai profité pleinement !
Il vous a dit ce qui lui a fait accepter ce rôle ?
Je n’ai pas osé le lui demander mais je pense que pour lui c’était un film important politiquement par rapport à l’immigration, pour lui qui est citoyen du monde. De plus, le rôle est beau, l’histoire forte et exceptionnelle. Je me suis appuyé sur une phrase de Badinter : «La France est-elle le pays des droits de l’homme ou simplement de la déclaration des droits de l’homme ?». Je l’ai mise dans la bouche d’Isabelle Nanty.

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Fahim, avez-vous suivi le tournage et quels ont été vos rapports avec Assad ?
J’ai très peu suivi le tournage car je préparais mon bac. Quant à mes relations avec Assad, il y en a eu peu en fait car il était très timide. Durant quelques temps je lui ai appris à jouer aux échecs mais je ne lui ai jamais parlé de mon histoire. Je voulais qu’il se fasse sa propre histoire, je ne voulais pas l’influencer.
Lorsque vous êtes entré en France avec votre père, avez-vous eu des aides ?
Pas vraiment, en dehors des gens du club d’échecs. Nous nous sommes toujours débrouillés tout seuls, nous n’avons pas eu forcément besoin des gens.
Il y a quand même une communauté bangladaise ?
Oui mais nous ne la fréquentons pas. Nous ne l’avons jamais fréquentée.
– Il est très volontaire – ajoute Pef – très intelligent, très débrouillard. D’ailleurs il a eu son bac. Son prénom veut dire «celui qui comprend »… Et il comprend vite !
Quels sont vos projets aujourd’hui ? Les échecs ?
Je ne pense pas, j’y joue beaucoup moins. Je me suis inscrit à l’IESEG (Ecole de commerce) mais peut-être vais-je changer à la rentrée et choisir la Fac de Droit… S’il y a encore de la place, car chez nous, on est toujours en retard !
En fait Pef, comment êtes-vous entré dans ce projet si loin de ce que vous avez fait jusqu’ici ?
J’ai découvert Fahim chez Ruquier alors qu’il présentait son livre et je ne peux pas vous dire dans quel état j’étais. Le lundi j’achetais le livre et je suis allé droit au producteur qui en avait les droits. Il m’a dit qu’il y avait déjà quelqu’un sur le coup. J’ai alors pensé que c’était perdu lorsqu’il m’a rappelé quelques temps après pour me dire qu’il s’était désisté et qu’il était OK. Ça a été une grande chance et un vrai bonheur. J’ai hâte de voir comment le public recevra ce film.
Il sort le 19 octobre.»
On verra ce qu’en pensera le public. En tout cas les trois journalistes que nous étions à la projection de presse, je vous l’avoue, avons été émus aux larmes… Et vous le serez aussi !

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Télévision… Encore du nouveau !

LE PONT DES OUBLIÉS

France 3
Le pont des oubliés
Samedi 31 août 21h05
Au cœur du Vercors, Hélène Seuzaret et Nicolas Gob comprendront que «l’homme est un loup pour l’homme » !
Réalisateur : Thierry Binisti
Scénario : Bruno Lecigne et Sylviane Corgiat
Avec notamment : Hélène Seuzaret (Marion Guichard), Nicolas Gob (Fred Roos), Dounia Coesens (Emilie Magnan), Jérôme Anger (Jérôme Pessac), Marie Guillard(Sabrina Angeli), Charles Crehange(Valentin)
Au cœur des alpages, un berger est assassiné. Le village tout entier soupçonne l’ancienne institutrice dont le berger a brisé, voici quelques années, la carrière, mais surtout une belle histoire d’amour avec son neveu, encore mineur à l’époque des faits. Celui-ci revient, risquant de remettre le feu aux poudres. Mais, grâce à leurs investigations, un duo d’enquêteurs formé par une OPJ et un lieutenant de louveterie va mettre à jour  les secrets des habitants de Montaigu dans le Vercors.

LE PONT DES OUBLIÉS LE PONT DES OUBLIÉS

Les Petits Meurtres d’Agatha Christie
France 2 – 3 épisodes inédits
A partir du vendredi 06 septembre à 21.05
Pour leur rentrée , « Les petits meurtres d’Agatha Christie » se lâchent ! 3 épisodes inédits qui mettront votre trio hétéroclite dans tous ses états : tristes, fous amoureux ou complètement fous, ils en verront de toutes les couleurs …

petits meurtres

DING DINGUE DONG  – D’après le roman «Evil under the sun» d’Agatha Christie
Avec : Samuel Labarthe, Blandine Bellavoir, Elodie Frenck, Arnaud Binard, Marie Berto, Dominique Thomas, Cyril Guei, Bérénice Baôo, Kevin Garnichat, Maïra Schmitt.
Réalisateur : Christophe Campos
Scénario : Sylvie Simon
L’HEURE ZÉRO
 – 
D’après le roman «Towards Zero» d’Agatha Christie
Avec : Samuel Labarthe, Blandine Bellavoir, Elodie Frenck, Barbara Schulz, Nuno Lopes, Marie Berto, Dominique Thomas, Cyril Guei.
Réalisateur : Nicolas Picard-Dreyfuss
Scénario : Flore Kosinetz et Hélène Lombard
RENDEZ-VOUS AVEC LA MORT  – D’après le roman « Appointment with death » d’Agatha Christie
Avec : Samuel Labarthe, Blandine Bellavoir, Elodie Frenck, Marie Berto, Mireille Herbstmeyer, Dominique Thomas, Cyril Guei, Guillaume Bouchède, Clémence Aubry, Tom Hudson.
Réalisateur : Nicolas Picard-Dreyfuss
Scénario : Sylvie Simon

LES PETITS MEURTRES D'AGATHA CHRISTIE phototele-1055794

Hélène SEGARA : le grand retour

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Il y a déjà un moment que l’on n’avait vu Hélène Ségara sur une scène, des ennuis de santé l’en ayant éloignée.
Alors c’est un véritable plaisir que de la retrouver à Hyères, avant-dernière étape d’une tournée d’été en France avec un petit crochet par le Liban.
Après avoir traversé des moments difficiles, aujourd’hui elle va mieux sinon bien, avec toujours quelques problèmes mais elle a retrouvé la pêche, l’optimisme, une certaine sérénité et, plus belle que jamais, elle a été ovationnée par un public venu nombreux, la découvrir dans une somptueuse robe noire.
La voix est toujours limpide et pure comme du cristal et elle a enchaîné tous les succès qu’elle a accumulés depuis plus de vingt ans.
Avant le concert, j’ai le privilège de passer un grand moment avec elle, durant le temps qu’elle se prépare. Une grande amitié nous lie depuis bien avant son premier succès, Six-Fours ayant été notre premier lieu de rencontre, y habitant alors tous les deux.

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«J’ai été heureuse de retrouver mon public durant ces trente dates de tournée, un public qui, malgré mon absence, m’est resté fidèle et je lui en suis reconnaissante. Au Liban, j’ai chanté devant des ruines romaines, c’était magnifique.
Aujourd’hui, comment vas-tu, Hélène ?
Après avoir diagnostiqué des tas de maladies, on ne sait toujours pas ce que j’ai. Tous les trois mois je dois subir un implant dans l’œil. Dieu sait pourtant si j’en ai vu, des professeurs. Pour le moment, donc, je vis avec ça. J’avance, je relativise et j’ai plein de projets.
Par quoi on commence ?
Depuis quelques mois, je prépare un nouveau disque qui va surprendre tout le monde. C’est très différent de ce que j’ai fait jusqu’à aujourd’hui.
Jusqu’ici, j’ai enchaîné les disques dans l’urgence, le stress, la pression. Il n’y avait aucun recul, aucune réflexion Il fallait à tout prix produire, que ça sorte même si l’on n’avait pas le matériel nécessaire. Ça, je ne le veux plus. Je sentais que mon public avait besoin d’autre chose, tout comme moi.
Ça s’est donc fait comment ?
D’abord j’ai écrit tous les textes. J’ai pris mon temps, j’avais envie d’aller vers là où on ne m’attendait pas et le résultat est assez surprenant. Ce sera un album spirituel et humain avec une dimension mystique. Je suis à un stade de ma vie où je réfléchis sur ma vie, où je fais le bilan. J’ai donc pris le temps d’enregistrer, en France et aux Etats-Unis surtout car, à la différence de la France, on prend le temps de bien faire, il n’y a pas de pression et si je ne suis pas satisfaite d’un enregistrement, je recommence.
Tu vas travailler avec qui ?
Je ne peux pas te le dire aujourd’hui mais ça va en étonner plus d’un. Ce sera un disque plein d’émotion, d’énergie aussi.
Tu écris de plus en plus !
Oui et d’ailleurs, je suis en train d’écrire un livre. Là encore, je prends du temps pour me poser, pour prendre ce recul dont j’ai besoin.
Quel en est le sujet ?
C’est un livre sur le mental, la pensée positive. Je me suis découverte par rapport à ce que j’ai vécu, à l’importance dont on prend les choses de face.
Ecrire a été une thérapie personnelle. En écrivant, je me suis rendu compte que j’étais en train de me dépasser, à partir du moment où je me suis mis dans la tête que ça irait mieux.
Au départ je l’écrivais pour moi et petit à petit je me suis rendu compte que ça pourrait aider d’autres personnes.
On est donc loin de tes deux livres sur Weight Watchers !
(Elle rit). Oui et non. Ce sera très différent mais en fait ça se rejoint. Manger sainement est une hygiène de vie bon pour le physique et le mental. Weight Watchers m’a beaucoup aidée. Les livres marchent très fort et en plus, je me suis découvert une famille. J’ai une coach qui m’a beaucoup encouragée. Par contre, je lui ai fait découvrir des recettes de chez moi. Un jour, je lui ai fait découvrir les petits farcis provençaux. Après les avoir goûtés, elle m’a appelée et m’a dit : «Mais c’est délicieux ! Et en plus ça ne fait que 7 points !». Je lui ai aussi fait goûter mon gratin de courgettes à la menthe !
Tu me les fais quand tu veux !
Surtout quand j’ai le temps car le programme est chargé. Dans quelques jours je recommence les tournages de «La France a un incroyable talent» avec toujours la même équipe : Sugar Sammy, Marianne James, Éric Antoine.

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Avec toujours le même plaisir ?
Là encore, je retrouve un esprit de famille avec ces amis qui sont drôles, amicaux avec lesquels on rit beaucoup, il y a une vraie complicité. Marianne est une femme hors norme à tous points de vue. Elle est drôle, sincère, très profonde. Nous partageons de belles conversations.
Et puis, tu as pu voir les numéros qui nous sont présentés, quelles que soient les disciplines. C’est toujours de très haut niveau, de grande qualité, on passe du rire à l’émotion. J’ai pleuré plusieurs fois mais beaucoup ri aussi. J’ai été bluffée et j’ai hâte de recommencer d’ici quelques jours.
Il était question d’un gala spécial pour les vingt ans de «Notre Dame de Paris» au profit de la reconstruction de l’édifice ?
C’est vrai mais d’abord, c’est difficile de pouvoir réunir tout le monde sur une même date car on est tous éparpillés. Et puis, ils ont déjà récupéré deux milliard et je me demande s’il n’y a pas d’autres causes à défendre qui méritent autant et qui manquent de moyens. Bien sûr, c’est notre patrimoine mais il y a aussi les enfants malades, les infirmières, les personnes âgées, les retraités qui n’arrivent plus à boucler le mois… Ils méritent tout autant qu’on s’en préoccupe.
Tu me connais, tu sais que je milite beaucoup dans les associations caritatives et j’avoue que ça me pose un problème de conscience».

Il et l’heure de monter sur scène. Le temps de faire quelques photos dans ce qu’elle appelle «sa robe de lumière», de saluer Jean-Pierre Giran, maire de Hyères et la voilà sur scène, ovationnée par un public déjà en délire dès la première chanson.
C’est bien reparti pour Hélène !

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Luq HAMETT ou la passion théâtre

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Que serait le festival  In Situ» sans Luq Hamet qui, tous les ans nous amène de belles pièces pour rire et pour pleurer.. de rire ?
Il n’y a pas plus sympathique et simple que lui. Plus passionné aussi car le théâtre, il l’a dans la peau, il le défend depuis 35 ans.
Comédien, metteur en scène il est aussi un grand patron de théâtre pour une petite bonbonnière de 132 places exactement : le théâtre Edgar.
De retour à Carqueiranne, il nous a proposé deux pièces cette année : «C’est pourtant simple» de Sophie Brachet avec Marion Game et «Ciel, ma belle-mère» d’après Feydeau, avec David Martin et il a fait mouche une nouvelle fois en faisant se tordre de rire deux salles pleines.
Comment es-tu devenu comédien, Luq ?
J’ai écrit mon premier one man show à 16 ans : « Moi, je craque, mes parents raquent». Ca a marché car j’avais déjà cette envie de devenir comédien. En 83 j’ai fait une audition au Point Virgule… où j’ai joué trois ans !
Entre temps, on m’a proposé de faire du doublage et à partir de là, j’en ai fait beaucoup : j’ai fait la voix de Michaël J Fox pour «Retour vers le futur», je le double toujours, j’ai été la voix de Roger Rabitt, de Mozart dans «Amadeus»,  j’ai doublé Jason Priestley dans «Beverley Hills» de 1990 à 2000, j’étais le calife dans « Iznogoud » et bien d’autres…

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Tu doubles toujours Michaël J Fox ?
Oui, il travaille moins à cause de sa maladie mais il a toujours un immense fan club qui se réunit au Canada. Le 19 octobre ils seront à Paris pour l’anniversaire des 30 ans de «Retour vers le futur 2»
La soirée s’intitulera «Retour au grand Rex»
La postsynchronisation c’est en fait ton vrai métier ?
C’est une partie de mon métier car il faut être à la base comédien pour en faire. Mais j’ai toujours varié les plaisir en écrivant des pièces, en jouant, en mettant en scène. J’ai même fait de la télé en travaillant avec Dorothée à «Récré A2», de 90 à 96 j’ai animé l’émission «Hanna-Barbera  Ding dong», je travaille sur «les cahiers d’Esther», nombre de dessins animés français comme « Tom Tom et Nena »
Comédien, metteur en scène, aujourd’hui tu as un théâtre…
J’ai aussi une maison de production, une société de constructions de décors «Les ateliers de décors» et nous sommes en train de créer les décors de  «La dame de chez Maxim’s» que va mettre en scène Zabou Breitman…
C’est de la boulimie !
C’est surtout le meilleur moyen d’être totalement libre. En ayant tous les outils de travail.
Alain Malet avait créé en 75 le Théâtre Edgar et le Café d’Edgar dans le 14ème, 58 rue Edgar Quinet, d’où son  nom. En 2014 ils étaient à vendre et je ne les ai achetés qu’à la condition de n’en faire qu’un théâtre. Il possède 132 places, a une scène de huit mètres d’ouverture, nous y présentons deux pièces différentes, une à 19h, l’autre à 21h, le week-end nous proposons des spectacles jeune public et une troisième pièce le dimanche. C’est ouvert sept jours sur sept, le prix des places est de 25€ et de 15€ sur Internet. Nous ne jouons que des comédies familiales afin que tout le monde y trouve son compte et puisse venir au théâtre.
Dès le mois d’octobre nous présenterons pour trois mois la pièce que nous avons créée à Carqueiranne «Ciel, ma belle-mère». C’est mon épouse Emmanuelle qui a fait l’adaptation de cette pièce de Feydeau qui s’appelle «Le mariage de Barillon». Je trouve l’argument formidable et j’espère que le public s’amusera autant que nous.

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C’est ce qui s’est passé «In Situ» avec une troupe on ne peut plus joyeuse et soudée, une vraie famille comme nous l’ont dit les comédiens.
Et après Paris, une tournée se prépare… Que demande le peuple ?

Propos recueillis par Jacques Brachet

Carqueiranne, Festival «In Situ»
David MARTIN le théâtre, sa nouvelle passion

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Plus ressemblant à qui vous savez… Tu meurs !
Mais David Martin est plus avenant, plus chaleureux, très volubile et c’est un plaisir que de rencontrer ce nouveau comédien qui a délaissé la cuisine pour la scène !
On le retrouve donc super décontracté malgré le fait que ce soir, au fort de la Bayarde, ce soit une grande première, avant d’aller jouer au Théâtre Edgar à Paris à la rentrée.
Ce théâtre dont Luq Hamett est le propriétaire et Luq qui, après avoir mis en scène Marion Game, met en scène cette pièce de Feydeau «Ciel, ma belle-mère» dans laquelle il joue et signe la mise en scène également.
Et même si l’adaptation est signée Emmanuelle Hamett (l’épouse de…) c’est du pur Feydeau avec les portes qui claquent, les situations cocasses et totalement déjantées, les courses-poursuites, et les placards où tout le monde se cache.
Barillon (David Martin) doit épouser une très jeune fille contre le gré de celle-ci. Mais à la mairie, l’employé aviné se trompe de nom et met le nom de la mère à la place de la fiancée. Le voici donc marié à sa belle-mère qui n’attendait que ça depuis son veuvage… Vous avez dit veuvage ? Eh bien non, son marin de mari qu’on croit péri en mer réapparait au bout de deux ans… accompagné d’un phoque ! D’où des chassés croisés avec le maire qui doit par ailleurs se battre en duel avec Barillon suite à une altercation, l’amoureux transi de la jeune épousée qui ne l’a pas été et un ménage à trois qui s’instaure…
C’est fou, c’est gai, c’est du champagne et du rire assuré avec une équipe homogène de comédiens formidables entourant Jacques Martin : Gwénola de Luze, incroyable dévoreuse d’hommes qui garderait bien les deux, Jean-Marie Lhomme, viril marin assoiffé de sexe… malgré le phoque, Nadège Lacroix et Thomas Vernant adorables amoureux de Peynet, Guillaume Darnault maire désopilant dépassé par les événements.
Inutile de vous dire que le public a bien ri et que malgré cette première, le vent qui s’en est mêlé et un pied de table défectueux, chacun s’en est sorti avec les honneurs, trac et plaisir mêlés comme pour chaque première.

G E
F H

David Martin, lui, était d’une décontraction incroyable et l’on a longuement bavardé ensemble.
David, comment passe-t-on de chef cuisinier à comédien ?
C’est dans les gènes et c’est une ambiguïté familiale depuis mon arrière-grand-père, qui était cuisinier à la cour de Nicolas II avant de venir s’installer à Lyon. Cuisine, spectacle, télé, nous sommes tous des cuisiniers ou des comédiens contrariés. Avec mes frères, nous avons toujours essayé de suivre notre père, ce qui n’était pas toujours facile. Mon père, ça a toujours été le spectacle. Moi ça a été la cuisine que j’ai pratiquée durant une quinzaine d’années… Ça a été un investissement sacerdotal… (J’aime bien cette expression !) J’ai toujours été très exigeant.
Comment s’est faite la transition ?
J’ai d’abord fait des «one man show cuisine» où je mêlais des anecdotes à des recettes. Et puis il y a eu Olivier Minne qui a réuni une trentaine d’animateurs télé (j’en faisais partie puisque j’animais alors une émission de cuisine) pour jouer un Feydeau pour la télévision. Ça a été une réussite et certainement le déclic qui a fait que j’ai commencé à penser au théâtre.
Et alors ?
Alors, après la disparition de mon père, j’ai vendu mon restaurant et je suis parti… au Cambodge où je m’y suis tellement bien trouvé qu’avec deux associés, nous avons ouvert un restaurant français près des temples d’Angkor, à Seim-Reap. Nous l’avons baptisé «Le Malraux». Il est très beau. Il faut savoir que ce pays est très francophile, c’est un ancien protectorat français. Et les touristes, après 15 jours de cuisine du pays, adorent retrouver notre cuisine, une bonne côte de bœuf, un bon vin français. Ça marche très fort depuis 15 ans. Et je souligne que c’est nous qui payons le mieux nos employés.

B

On est toujours loin du théâtre !
J’ai eu envie de rentrer en France et j’ai retrouvé Luq Hamett qui est un ami de trente ans et il a eu la gentillesse de me proposer ce rôle que j’ai très vite accepté car j’avais tout à fait le profil du rôle et de plus, Luq a beaucoup de talent, de gentillesse, de bienveillance. Du coup, après Carqueiranne, nous allons jouer à partir d’octobre dans son théâtre, le Théâtre Edgar et ce durant quatre mois, avant de partir en tournée.
Comment te sens-tu pour cette vraie première ?
Bizarrement à peu près Zen. Nous avons répété plus d’un mois au théâtre Edgar donc on est au point. Je pourrais avoir le trac si les choses étaient bancales. Mais on est prêt, on est une troupe vraiment familiale grâce à Luq qui sait créer cette ambiance. Les quelques petits problèmes sont le plein air, le vent, une grande salle où il faudra porter sa voix et surtout penser aux déplacements car la scène est beaucoup plus grande. C’est une petite gymnastique. Mais comme on est tous des grandes gueules, ça devrait aller !
Aujourd’hui, le théâtre c’est définitif ? Plus de cuisine ? Plus de télé ?
La cuisine c’est notre restaurant où je vais régulièrement. Là, avec la pièce, je ne pourrai pas y aller avant février mais il est en de bonnes mains. La télé, c’est une maladie et j’en suis guéri. C’est terminé. Lorsque j’ai commencé, il y avait très peu d’émissions de cuisine. Aujourd’hui il y en a sur toutes les chaînes et ça n’est pas toujours réussi.
Je préfère faire des conneries sur Internet !

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Propos recueillis par Jacques Brachet

Carqueiranne – Festival In Situ : Marion GAME… la pêche !

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Marion Game & Luq Hamett, le metteur en scène

80 ans passés, bon pied bon œil, bonne humeur, bon humour, je retrouve notre Huguette nationale alias Marion Game, à l’hôtel épuisée par la chaleur mais le regard qui vrille et le rire au coin des lèvres. Elle est accompagnée par Luq Hamett, auteur, comédien, directeur de théâtre, metteur en scène de la pièce , qui veille sur elle comme un fils.
Ils se connaissent depuis des années et se retrouvent au festival «In Situ» de Carqueiranne, elle dans « C’est pourtant simple », la première pièce de Sophie… Brachet, (qui n’est pas ma cousine !) lui, le lendemain dans une pièce de Feydeau « Ciel, ma belle-mère ! » et dans laquelle il joue avec entre autres David Martin (le fils de…) reconverti de cuisinier à comédien… Des chiens ne font pas des chats !
Nous voici donc réunis pour parler d’une pièce désopilante dans laquelle Marion et Geneviève Gil se disputent la vedette avec maestria.
L’histoire est assez compliquée et ce sont nos amis qui essaient de nous la raconter :

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« Il y a eu un cambriolage chez les Bordier. Ce qui ne fait pas l’affaire d’Henri Bordier (Emmanuel Vieilly) qui doit recevoir une jeune femme en l’absence de sa femme (Virginie Stevenot). Voici que s’en mêle Madame Pinson (Geneviève Gil), la voisine qui, voyant la situation, veut calmer le jeu. En fait, elle va tout compliquer, envahir le couple puis l’arrivée intempestive de la belle-mère d’Henri, l’ex star Simone Vannier (Marion Game) qui a décidé de faire un comeback hasardeux après dix ans d’absence et auquel elle seule croit, ne va pas arranger les choses ».
S’ensuit quiproquos et mensonges comme au bon vieux temps de Monsieur Feydeau.
Une pièce très réussie pour une première où Sophie Brachet nous prouve son esprit inventif fait de coups de théâtre, de répliques qui font mouche, de situations drolatiques… Lorsqu’on porte un tel nom on ne peut avoir que du talent !
Et nos deux comédiennes se livrent un duel plein d’à-propos et de quiproquos, de situations burlesques, dans cette machinerie bien huilée, les autres comédiens ne déparant pas et apportant aussi leur univers comique. Cette pièce est un délire total qui a fait crouler de rire le public, heureux de retrouver celle qui, chaque soir, rentre dans leur salon pour d’épiques scènes de ménages auprès de Gérard Hernandez.

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L’équipe au grand complet : Elisa Aze, Geneviève Gil, Virginie Stevenot,  Luq Hamett, Marion Game, Emmanuel Vieilly et Julien… Brachet… Encore un !

Alors, heureuse, Marion, de retrouver cette pièce ?
A la fois heureuse, excitée mais aussi… liquéfiée ! Chaque soir je me dis : «Mais qu’est-ce que tu fais là ? A ton âge, tu ne peux pas rester chez toi ?». Et puis, une fois sur scène, c’est le bonheur. Surtout lorsqu’on joue une telle pièce, si bien écrite, aux ressorts comiques imparables. Évidemment, ce n’est pas du Duras, c’est du boulevard mais c’est tellement drôle !
– Luq : Marion l’a jouée cent fois à Paris dans mon théâtre, le théâtre Edgar et tous les soirs ça a été la même comédie : à peine arrivée, elle veut rentrer chez elle ! Et puis c’est le miracle… heureusement. Sais-tu que, jouant tous les soirs, elle passait la journée à tourner «Scènes de ménage »s, enregistrant une quinzaine de sketches par jour !
– Et à supporter Gérard Hernandez, ce qui n’est pas rien ! Vous rendez-vous compte qu’on en est à la onzième année et que la production ne veut pas nous lâcher !
Vous n’en avez pas assez ?
Ça m’arrive de me le dire mais c’est une aventure magnifique, pleine de joies, de rires, de bons souvenirs avec Gérard qui est un ami, un complice de longue date. Nous avons fait des doublages ensemble et nous nous amusons toujours autant.
Comment votre carrière a commencé, Marion ?
Je suis née à Casablanca et j’ai très vite travaillé au Royal Automobile Club où j’ai vu défiler tous les plus grands pilotes du monde. J’étais secrétaire. Mais un jour il a fallu ficher le camp car nous  vivions journellement des violences, des attentats. Ils voulaient leur indépendance, nous l’avons payée.
Et alors ?
Alors je me suis retrouvée secrétaire de direction au Vézinet et j’ai commencé très vite à me dire que je ne pouvais pas vivre cette vie éternellement. J’ai poussé la porte du cours Simon. C’est «le maître» qui m’a reçue. J’avais alors déjà 25 ans. Il m’a dit : «Tu veux jouer la comédie ? Tu as vingt ans, tu viens travailler» Et ça n’a jamais arrêté.

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Marion avec Sophie Brachet et son complice Gérard Hernandez, rencontrés au Festival de la Fiction Télé de la Rochelle

On connaît la carrière que vous avez eue et avez encore. Comment êtes-vous arrivée sur «Scènes de ménages» ?
Sur casting où j’ai retrouvé Gérard qui n’est pas toujours facile, qui est bourru, qui n’est pas démonstratif mais qui a une grande élégance intérieure. Et c’est pour moi un couronnement phénoménal. Vous vous rendez compte : 4 millions de téléspectateurs chaque soir !
Et vous Luq, comment avez-vous rencontré Marion ?
J’étais très jeune et j’ai commencé à faire de la post synchronisation : Marion faisait ma maman dans la série  «Beverly Hills» ! Je suis ainsi rentré dans la famille car il faut savoir que le monde du doublage est un peu comme une communauté. Pour moi, je me retrouvais avec des caïds, des grandes pointures… C’était Disneyland et j’étais fasciné par ce monde…
Marion : Il faut dire que, même si on est bon comédien, le doublage est un art très difficile. Mais c’est un boulot formidable. J’ai Joué la mère de «Malcolm» durant six ans, c’est très jouissif. Entrer dans les pantoufles de quelqu’un est un vrai bonheur. Mais en même temps, on est toujours sur un fil. Il faut âtre acteur mais il faut en plus une technique que n’ont pas tous les comédiens.
Alors Marion, Théâtre ou synchro ?
Les deux mon capitaine mais bien sûr à choisir c’est jouer. C’est la base du métier. On arrive à poil et l’on doit trouver tous les éléments pour s’habiller, trouver le personnage qui n’est pas tout à fait vous. C’est une performance de tous les instants.
Et pour «Scènes de ménages», comment ça se passe ?
Il y a une brigade de scénaristes qui écrivent des sketches. Avec Gérard on fait une première sélection, puis une seconde avec la production. Si vous saviez le nombre de sketches qu’on reçoit !
Une fois sélectionnés, avec Gérard ont les étudie. Quelquefois on réécrit certains passages, on les modifie. Nous avons les textes trois jours avant »

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Après le spectacle, Marion avec Robert Masson, maire de Carqueirenne, Alain Galian et Marie-Thérèse Chevaly, adjoints au maire, Luq Hamett et Sophie Brachet

L’heure avançant, nos amis vont aller repérer la scène dans ce magnifique Fort de la Bayarde et nous les suivons pour les répétitions.
Marion est toujours aussi stressée.
Pourquoi, Martion ?
Parce qu’il y a un moment que je n’ai plus joué cette pièce, que j’ai l’habitude d’un petit écrin, que là c’est une grande salle et en plus en plein air, et en plus avec la chaleur ! Ça fait beaucoup Il va falloir passer de la flûte traversière au hautbois !»
Nous retrouvons Sophie Brachet, son époux, Jacques Pessis et leurs filles. Sophie autant stressée que Marion qui, prenant un accent larmoyant et provençal, s’écrie : «Je veux rentrer à la maison» !
Heureusement pour nous et les spectateurs, elle restera et nous offrira cette magnifique performance, saluée le soir par M le maire en personne, Robert Masson et son adjointe à la Culture, Marie-Thérèse Chevaly, toujours très fidèles dans une ambiance des plus festives.
Encore une belle journée sous les étoiles

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Echos de Ramatuelle

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Cyril BRUNEAU au Garage !
Cyril Bruneau est un garçon aussi charmant que discret, ce qui pourrait sembler antinomique lorsqu’on adjoint le mot «discret» à «photographe».
Mais tout en étant jeune, il fait partie de ces photographes qui n’agressent pas les artistes, qui sont respectueux et ne les attendent pas derrière une porte.
Si si… ça existe encore ! la preuve ! Ce qui ne l’empêche pas de faire de belles photos avec la complicité de ceux-ci.
Ce parisien travaille depuis des années dans la photo institutionnelle. Il a «shooté» pour des marques de prestige comme Cartier, l’Oréal, Yves Rocher avant de se retrouver «photographe officiel» du Festival de Ramatuelle, invité par Jacqueline Franjou, lorsqu’il a fallu remplacer notre ami Jean-Marc Fichaux qui nous a quittés voici dix ans.
Dix ans. Le temps de bien prendre ses marques dans ce festival et de les fêter en présentant à la galerie «Le Garage» de Ramatuelle, les photos coups de cœur qu’il a réalisées. Et c’est de la belle ouvrage.
Si cela lui rappelle de beaux souvenirs, il en est de même pour nous qui suivons ce festival depuis qu’il est né dans le village de Gérard Philipe, devenu également celui de Jean-Claude Brialy.

E F
C D

Cyril collabore aussi à des magazines comme Paris Match ou le Monde et de temps en temps, il vient faire une petite incursion chez nous à Six(Fours.
Ainsi est-il venu exposer ses photos l’an dernier à la Maison du Cygne et cette année il nous a présenté un ami photographe : Tony Frank, qui fit les beaux jours de «Salut les copains» et a vécu une étroite collaboration avec Johnny Hallyday à qui il rend hommage tout l’été dans ce lieu six-fournais superbe.
Il a également écrit un livre fort instructif pour tous ceux qui rêvent d’apprendre l’art de manier photoshop.
Fidèle au poste, nous nous retrouvons chaque soir au Festival de Ramatuelle pour photographier les artistes… lorsqu’ils y consentent où qu’ils ne sont pas trop en retard !
A ce soir donc, Cyril !
Photos Christian Servandier… et Cyril Bruneau ! (cyril@photographe-concert.com)

LE TEMPS QUI RESTE

Fiona Gelin : Des projets plein le sac
Joie et surprise de rencontrer dans les coulisses du festival de Ramatuelle, mon amie Fiona Gélin, toujours pleine d’énergie, toujours belle et volubile, toujours avec mille projets en tête.
Elle est en vacances à St Tropez et en a profité pour venir embrasser son ami Christian Vadim. Entre deux verres de champagne, elle me parle de tout ce qu’elle a fait ces temps-ci et de tout ce qu’elle va faire dans les mois à venir.
«Après les tournées de deux pièces «Les Amazones» et «Les frangines» (qu’elle était venue jouer au Théâtre Galli de Sanary avec Sonia Dubois et Katia Tchenko) je serai les 14 et 15 août au festival de poésie de Brive la Gaillarde où je dirai des poèmes de mon père… J’en suis très fière !
A la fin de l’automne je jouerai à la Bastille «Rebelle», un «seule en scène» tiré de mon second livre «Si fragile» dans une mise en scène de Muriel Hanna.. Figure-toi qu’à ma grande surprise, le livre continue à se vendre ! Ça me rend très heureuse.

A LE TEMPS QUI RESTE
Et puis, je termine l’écriture de mon troisième livre «Chronique des gens humbles». Je me suis découvert la passion d’écrire, c’est devenu vrai besoin et j’espère le terminer très vite.
Il y a aussi deux projets de films qui sont en train de se concrétiser et dont on reparlera.
Cette année est une très belle année pour moi et pour ouvrir une belle page, je déménage dans quelques semaines».
En attendant, quelques jours de repos à St Tropez dans ce qu’elle appelle sa roulotte, d’où en fait elle sort peu, sinon pour aller faire ses courses et aller voir des potes…
Et Dieu sait si elle en a !
Photos Patrick Carpentier

A

ZAZIE… le plein d’énergie
Zazie sur scène, c’est quelque chose !
Longiligne silhouette toute de noir vêtue, surmonté d’un Borsalino de même couleur, elle arrive sur scène avec un sourire éclatant et elle va tout de suite vers le public qui a rempli le théâtre. Tout au long du spectacle d’ailleurs, elle sera en prise directe avec lui, ne le lâchant pas d’une seule seconde… enfin presque, une personne ayant fait un malaise, il fallut arrêter le concert quelques minutes pour que les secours viennent la chercher.
Hormis cet arrêt, c’est à 200 à l’heure qu’elle va mener ce spectacle avec ses cinq musiciens, dont deux femmes à la guitare, sous des éclairages magnifiques.
Elle a su doser ses nouvelles chansons comme «Speed» qui lui va comme un gant, avec les anciennes que la salle reprendra en chœur comme «Zen», «Je suis un homme», «Rodéo», «Un point c’est toi», «Larsen»… Un très émouvant moment avec «J’étais là» et point d‘orgue avec un retour piano-voix et «J’envoie valser» repris par toute la salle avec une ferveur incroyable, au milieu des fameux coussins que tout le monde a… envoyé valser.

B C

L’on nous avait dit qu’elle avait une côte cassée et croyez-moi, ça ne s’est pas vu du tout tant elle se démène, danse, saute, traverse la scène jusqu’à sauter dans la salle pour faire un tour à travers le public subjugué.
Sauf petite ombre au tableau : un orchestre beaucoup trop fort qui nous empêcha souvent – hormis les fans ! – d’entendre les paroles.
Nous n’avons pas fait partie « du » chanceux qui a pu l’interviewer, et encore très brièvement. Les chanteurs aujourd’hui sont très parcimonieux et n’ont pas le temps de nous accorder dix minutes de leur temps… Enfin, c’est ce que nous disent leurs entourages qui font aujourd’hui une barrière à tout rapprochement… sans que souvent l’artiste ne soit au courant.
Iznogoud pas mort !
Mais ne boudons pas notre plaisir d’avoir retrouver Zazie sur scène après trois ans d’absence !

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Jacques Brachet

Les télés se réveillent !

Après deux mois de sommeils et de sempiternelles rediffusions, la rentrée, on le sent, arrive à grands pas.
Avant les grandes révélations du Festival de la Fiction TV de la Rochelle, qui se déroulera du 11 au 15 septembre prochain et nous offrira un panel de ce que sera l’année 2019/2020, voici déjà que fin août apparaissent les premières séries et unitaire de la rentrée.

A L'INTÉRIEUR

Dès lundi 26 août 21h05 sur France 2
«A l’intérieur»
scénario de Jeanne Le Guillou & Bruno Dega
Réalisation : Vincent Lannoo
Une jeune fille – Ana – est retrouvée morte dans une clinique psychiatrique, la veille du jour de sa sortie. Le cœur arraché.
Angèle, 29 ans, est chargée de l’enquête. C’est sa première mission, elle sera seule à la mener. On ne rentre pas à plusieurs dans ce genre d’endroit quand on est flic, car il n’est pas simple d’interroger des “fous”. La folie fait peur et rebute. Mais pas Angèle. Elle se sent bien « à l’intérieur », et ces « fous » sont pour elle attachants, vivants, drôles. Presque plus que les gens « normaux » qu’elle côtoie tous les jours dehors.
Pour autant, cette enquête va s’avérer un véritable casse-tête. Qui croire ? Comment démêler le vrai du faux ? Quels rapports les soignants entretiennent-ils avec les patients ? Qui sont vraiment les Santi, le couple de psychiatres à la tête de l’établissement ?
Et surtout, qui était Ana ? Son journal intime retrouvé, à moitié détruit, détient-il le secret sa mort ?

A L'INTERIEUR A L'INTERIEUR

Angèle va s’immerger plus qu’elle ne le devrait dans cette enquête qui va remettre en cause ses propres certitudes et bousculer sa vie jusqu’à lors toute tracée…
…l’entraînant aux frontières de sa propre folie, mais aussi, peut-être, aux portes de la vérité
. Avec : Noémie Schmidt (Lieutenant Angèle Maury), Hippolyte Girardot (Raphaël Santi), Judith El Zein (Alexandra Santi), Samuel Theis (Simon Elsenberg), Béatrice Dalle (Commandant Elisabeth Favard), Jérémy Gillet (Arnaud Lopez), Grégoire Leprince-Ringuet (Maxime Chambord), Fleur Geffrier (Ana Galmont), Achille Ridolfi (Louis Perroti), Emilie Dequenne (Camille Perroti), Florence Thomassin (Valérie), Mylène Demongeot (Rose Da Costa).
Lors du Festival de Luchon 2019, A l’intérieur a été récompensée par deux prix :
– Pyrénées d’or de la meilleure mini-série.
– Prix du Public de la mini-série.

1 soupçons

France 3 mardi 27 août
«Soupçons» épisodes 1 & 2
Scénario de Lionel Biailliu et Yann Legall
Réalisation : Yann Legall
Suite à des problèmes de santé, Victoire (Julie Gayet), institutrice, vient s’installer avec son mari Samuel (Thomas Jouannet) et leurs deux enfants dans un petit village du sud de la France.  À la sortie du premier jour d’école, un séduisant quarantenaire interpelle Victoire. L’homme n’est autre que Florent (Bruno Debrandt) , le premier amour de Victoire. Ils sont tous les deux mariés, mais la flamme qu’ils croyaient tous deux éteinte se rallume avec une force qui les dépasse. Alors qu’ils prennent la décision de se séparer de leurs conjoints pour vivre ensemble, Marion (Marie Dompnier), la femme de Florent, disparaît subitement…Devant cette situation, Victoire et Florent souhaitent garder leur relation secrète.

2 soupçons 3 soupçons

Où est Marion ? L’a-t-on assassinée ? Jusqu’où Victoire serait-elle prête à aller par amour ?
Avec Julie Gayet (Victoire Delorme) • Bruno Debrandt (Florent Malléval)  Thomas Jouannet (Samuel Delorme) • Marie Dompnier (Marion Malléval)

ALEX HUGO 12

France 2 mercredi 28 août 21h05
«Alex Hugo – la balade du sauvage»
Une collection créée par Nicolas Tackian & Franck Thilliez
Réalisation : Pierre Isoard
Alex est averti de la fugue de deux jeunes garçons de 12 et 10 ans, partis avec un pistolet volé à leur père, un militaire fraîchement rentré du Mali. Pour Alex, cette histoire a une résonance particulière : savoir ces deux enfants seuls dans la nature, avec une arme à feu, dont ils ne mesurent pas la dangerosité, lui est insupportable et monopolise toute son attention. Mais, le lendemain, le cadavre d’une jeune femme assassinée d’une balle en plein cœur remonte à la surface d’un lac dans la vallée ….
Avec : Samuel Le Bihan (Alex Hugo), Lionnel Astier (Angelo Batalla), Mikaël Fitoussi (Renart), Marilyne Canto (Commissaire Dorval)

LA PROMESSE DE L'EAU

France 2 vendredi 30 août 21h05
« La promesse de l’eau »
Scénario de Michaël Olivier & Franck Thilliez
Réalisation Christian Faure
Les fonds marins, dans le Golfe du Lion, au large de Montpellier. Un plongeur déniche dans une épave un trésor que beaucoup convoitent : la statuette en or de Méduse, l’une des trois Gorgonnes de la mythologie. Le lendemain, le bateau du jeune homme est retrouvé vide, à la dérive.
Est-ce la malédiction qui entoure la statuette légendaire qui vient encore de frapper ? Ou bien un chasseur de trésors concurrent qui s’en est pris au plongeur ?… A moins que cette disparition, qui s’avère très vite un meurtre, soit liée au passé du plongeur et à la disparition de ses deux parents à bord de leur voilier, « Le Lys Noir » ?

LA PROMESSE DE L'EAU 3 Promesse

Ce sont Guillaume Le Guen, le Capitaine de Police du SRPJ de Montpellier, et son frère Damien, le Capitaine de Gendarmerie, qui vont devoir éclaircir ce mystère, avec d’autant plus d’urgence et de zèle que la victime n’est autre que Thibault Gagneur, le gendre de Guillaume dont la fille, Emilie, attend l’enfant.
Nicolas Gob (Damien), Thomas Jouannet (Guillaume), Eva Darlan (Nancy), Elise Tielrooy (Carole De Chaussey)

Festival de Ramatuelle
Macha MERIL – Natalie DESSAY :
Stefan Zweig et Michel Legrand les réunit

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Retrouver Macha Méril est toujours un réel plaisir.
Rencontrer Nathalie Dessay était un grand désir.
Voilà qui est fait puisque les voilà réunies dans une pièce inédite de Setfan Zweig «La légende d’une vie» et pour notre grande joie, les voici au festival de Ramatuelle entourées de Bernard Alane, Gaël Giraudeau et Valentine Galey.
« La pièce de Stefan Zweig – nous confie Macha Méril – est un événement, d’abord, c’est la seule pièce de théâtre qu’il ait jamais écrite, les autres pièces étant des adaptations de ses livres. Elle date de 1919 mais ressemblait tellement à ce qu’il vivait avec sa seconde épouse que celle-ci la fit disparaître à son décès. On ne la retrouva que bien après sa mort et les 100 ans qui font qu’elle est tombée dans le domaine public. Et c’est une première mondiale ! »

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Cela se passe à Vienne en 1919 où un jeune homme (Gaël Giraudeau) est pris dans le carcan du souvenir de son père décédé, grand poète, entretenu par sa mère (Natalie Dessay) qui a créé une légende autour de cet homme. Jusqu’au jour où réapparait le premier amour de celui-ci (Macha Méril) qu’il a quittée pour une femme très riche qui a su lui faire un enfant.
Ainsi le fils découvre-t-il tout un pan de la vie son père beaucoup moins idyllique que le lui peignait sa mère. Peut-être que ce retour va lui permettre d’être délivré d’un lourd fardeau afin qu’il ne puisse plus vivre sa vie dans l’ombre du grand homme. Peut-être aussi qu’à travers les souvenirs qu’elles ont de cet homme, les deux femmes pourront se réconcilier.
C’est une pièce très forte émotionnellement, où chacun s’affronte pour défendre sa façon de vivre à travers cet homme. La distribution est formidable. Macha, on le sait, est une grande comédienne, Natalie Dessay, qui monte pour la première fois sur une scène pour jouer la comédie, y est incroyable de vérité. C’est une grande voix mais aussi une grande comédienne qu’on découvre. Quant à Gaël Giraudeau, digne fils de ses parents, Bernard Giraudeau et Anny Duperey, il y est prodigieux.
Macha me confie que, lui aussi, en lisant la pièce, y a trouvé des réminiscences de sa propre vie. Et lui qui ne voulait pas faire de théâtre malgré ses velléités, pour ne pas être dans l’ombre de son père aujourd’hui disparu, il a souhaité ardemment interpréter ce rôle.
Première scène donc, pour lui aussi et il nous a prouvé qu’il pouvait être à la hauteur du père.
Ce fut donc  une soirée chargée d’émotion et une très belle découverte.

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Auparavant, j’ai pu réunir ces deux belles comédiennes que sont Macha et Nathalie.
«Macha, Nathalie, comment vous êtes-vous rencontrées ?
Macha : J’étais allée voir Natalie dans l’opéra «Lucie de Lamermoor» avec Isabelle Huppert. La rencontrant, je lui dit que j’ai un copain qui voudrait lui écrire des chansons. Ce qui l’a surprise. Ça a été notre première rencontre et nous sommes devenues amies.
Je savais qu’elle avait envie de jouer la comédie et un jour, je tombe sur cette pièce et je me dis que c’est pile la pièce et le rôle qu’il lui faut.
Natalie : J’étais prête à faire ce saut dans le vide et ce, depuis longtemps : avant de chanter, j’avais fait du théâtre au conservatoire de Bordeaux. Et si j’ai fait du chant c’était pour pouvoir jouer un jour au théâtre car  j’aime par-dessus tout raconter. C’est grâce à Macha que j’ai pu réaliser ce rêve.
Il y a également Michel Legrand qui vous lie…
Natalie : Toute petite, j’étais tombée amoureuse de « Peau d’Âne » de Jacques Demy ? Je connaissais toutes ses chansons par cœur. Je ne vous dis pas l’effet que m’a produit la chanson «Amour, amour» lorsque je l’ai entendue pour la première fois. Puis il y a eu «Les parapluies de Cherbourg» et toutes les autres musiques. Je me suis dit alors que c’était ça que je voulais faire.
Macha : Quelle joie qu’elle ait pu faire ces deux disques avec Michel. Il me disait qu’il avait enfin trouvé sa voix. En France il ne trouvait pas l’équivalent d’une Barbra Streisand pour qui il avait écrit les chansons de «Yentl» et qu’elle a beaucoup chanté. Enfin il la trouvait et de ce jour ils ne se sont plus quittés.
Natalie, vous êtes très éclectique dans vos choix ?
C’est vrai et c’est pour cela que je me sentais un peu étriquée dans l’opéra uniquement. J’aime varier les plaisirs. C’est pour cela que j’ai chanté avec Michel, que j’ai fait un disque de chansons brésiliennes  «Paris-Rio» avec Agnès Jaoui, Héléna Noguera, Liat Cohen. Et je prépare un disque consacré à Claude Nougaro.

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Et toi Macha… la chanson ?
Ce n’est pas mon truc mais j’ai retrouvé plein de musiques de chansons que Michel m’a laissées. J’ai donc décidé de sortir tous les ans un disque d’inédits. Le premier sera fait des musiques de Michel et j’ai confié les paroles à de grands écrivains : Modiano, Amélie Nothomb, Keffelec, Michel Onfray. C’est incroyable comment ils ont compris la musique de Michel».
D’ailleurs, avant la présentation de la pièce, Macha a proposé à Michel Boujenah de rendre hommage à notre grand compositeur de manière à la fois originale et émouvante. On a pu retrouver, dans un halo de lumière sa voix dans une chanson inédite «Ensemble» qui de plus, se rapproche de son vécu avec Macha. Ce fut un moment intense dans un recueillement magnifique. Beau cadeau qu’elle nous a fait là. C’était une chanson qui avait été écrite pour Yves Montant dans film de Jacque Demy « Trois places pour le 26 » et qui n’a pas été retenue.
«C’est une chanson que je sortirai en disque et j’y mettrai ma voix dessus». Beau duo en perspective !
«Revenons à cette pièce…
… Macha : que nous avons jouée 118 fois, en grande partie au théâtre du Colombier.
Natalie : C’est la 119ème ce soir ! Et le théâtre du Colombier a été un véritable écrin pour cette pièce.
Macha : Nous la reprenons en tournée. Nous la jouerons au Théâtre Tourky le 20 novembre.
Macha, on connait ta carrière cinématographique. Et vous Natalie, ça vous tente ?
Évidemment ! je suis ouverte à toute nouvelle proposition. Mais à mon âge, je ne me fais pas trop d’illusions. Les réalisateurs ont du mal à monter des films sans de grands noms. Alors qu’au théâtre, il y a beaucoup plus d’ouvertures.
Macha : La loi des chiffres est inexorable. Tu sais que j’ai eu la chance de pouvoir démarrer dans ces années où tout était possible. Aujourd’hui, c’est devenu très difficile.
Tu as fait aussi une jolie carrière en Italie ?
C’aurait pu être mieux mais là, j’ai démarré au moment des Brigades rouges et le cinéma s’en est beaucoup ressenti. Tu sais, lorsque la société est trouble, le cinéma l’est aussi. Mais le théâtre est en fait plus intéressant que le cinéma, tous points de vue. D’abord, les relations au théâtre sont beaucoup moins superficielles qu’au cinéma où il y a une concurrence terrible…
Natalie : Je pense que cela vient du fait qu’on est ensemble à longueur de journées, pour les répétitions, pour se retrouver tous les soirs sur scène et encore plus en tournée. Des liens, des familles se soudent. Les relations sont moins fragiles qu’au cinéma.
Alors aujourd’hui ?
Macha ; Il y a la tournée, qui nous permettra de rester encore ensemble. Et puis tu sais que j’ai le projet de ce festival de musiques de films qui se déroulera en juin 2020 dans la propriété de Michel qui compte 250 hectares et un petit château, magnifique écrin pour lui rendre hommage».

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Nous en reparlerons bien sûr en temps utile, tout comme nous allons suivre la nouvelle voie que prend avec bonheur et succès celle qui fut une magnifique soprano et que nous retrouverons sur la route de la tournée.

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier