Archives mensuelles : septembre 2018

La Seyne-sur-Mer… Un petit air de Russie

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Agnès et Sacha Vikouloff, Paulina et Génia Leriche, Georges et Marie Klimoff

Que font les Russes lorsqu’ils se retrouvent ? Ils chantent.
Qu’ils soient chez eux ou ailleurs, ils chantent.
Georges Klimoff, s’il est seynois, n’a jamais oublié ses origines et dès qu’il parle de la Russie, son regard s’allume. C’est lui qui, lorsqu’il est venu se reposer quelques jours à Bendor, a accueilli et servi de traducteur à Youri Gagarine. C’est d’ailleurs grâce à lui qu’aujourd’hui une place porte son nom sur cette île varoise.
Il fait partie de nombreuses associations et l’un de ses lieux favoris est devenu l’hôtel la Farandole à Sanary, tenu par des russes avec qui il organise des échanges franco-russes en recevant des artistes peintres venues de cette lointaine contrée, en faisant se rencontrer deux cosmonautes, le français Jean-Pierre Haigneré et le russe Oleg Kotov, voici quelques mois.
Chez lui tout respire la Russie et son épouse, Marie, s’est mise au diapason.
La communauté russe dans le Var est importante et nombre d’en eux sont des artistes.
Artistes que l’on retrouve de temps en temps chez Georges et Marie où chacun y va de ses chansons empreintes de nostalgie et de joie mêlées.
C’est ce qui s’est passé samedi soir où nos amis nous avaient conviés à une soirée aussi amicale que musicale où les langues russe et française se mêlèrent allègrement mais où la musique fut uniquement russe, pour notre grand plaisir.

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Tout d’abord Génia Leriche, qui vint, avec sa fille Pauline, vêtues du costume traditionnels, nous chanter une belle berceuse, leurs voix à l’unisson faisant frissonner les inviter. Génia est la fondatrice à Toulon de l’Ecole Russe qui enseigne théâtre, musique, danse. Elle est diplômée de musicologie du Conservatoire de Kazan, en Russie, s’est spécialisée dans l’Opéra et, si elle est d’une grande modestie, elle est aussi un puits de sciences musicales.
Et voici Sacha et Agnès Vikouloff, qui sont chanteurs et musiciens. Ils ont fait, durant quinze ans, les beaux soirs d’un cabaret russe mythique à Paris, hélas aujourd’hui disparu « Raspoutine ». Ils chantent un peu partout en France et, s’ils vivent entre Montmorency et le Mourillon, à Toulon, il se peut que, sous peu, ils viennent définitivement s’installer dans notre région.
Chanter est leur respiration et ils nous ont offert, au son de leurs deux guitares, des chansons traditionnelles qui ont soulevé ce mini-public, qu’il soit français ou russe.
Encore un joli moment, un moment suspendu, dans la fraîcheur d’une soirée dont l’été ne finit pas.

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

Six-Fours – Maison du Patrimoine
PHOT’AZUR… Une expo de haut niveau

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A chaque exposition, le club Phot’Azur, dirigé par Henry Chich, nous surprend, nous étonne, nous enchante, nous enthousiasme…
Il est un constat que ce club, qui rafle à chaque concours régional, national, international des tas de prix et de médailles, possède de vrais artistes, tout aussi passionnés que talentueux.
Chaque année, on retrouve les meilleurs éléments accrochés aux cimaise de la Maison du Patrimoine et si, cette année, elle a un peu tardé à cause de travaux, et même si le vernissage arrive bizarrement à mi-parcours (l’expo est visible depuis le 15 septembre et ce, jusqu’au 14 octobre), le club nous apporte de belles surprises, de vrais oeuvres d’artistes.
Après des thèmes divers et variés, faute d’imagination, le club a trouvé pour thème… « A chacun son thème », ainsi, nous dit Henry Chich, chacun peut mettre en exergue ses préférences, nous offrir le meilleur dans leur choix de prédilection.

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En l’absence de l’adjointe aux Affaires Culturelles, Dominique Ducasse, la mairie était très bien représentée, d’abord par l’omniprésent Dominique Baviéra, directeur du Pôle Arts Plastiques, qui oeuvre pour nous offrir des expos de qualité dans tous les lieux six-fournais qui exposent, de la troisième Dominique, Antonini, adjointe déléguée au Tourisme, et de Joseph Mulé, premier adjoint, conseiller départemental.
Dominique Antonini connaît bien Henry Chich, qui est à la fois son voisin et… son plombier, chacun allant voir l’autre dès qu’il en a besoin, nous offrait une brève mais brillante élocution où elle évoquait la photographie par les mots d’Anne Cartier-Bresson qui prône « le contact direct avec l’œuvre, le plaisir intime de sa matière, de sa texture. Ce qu’elle doit pouvoir restituer, c’est le désir d’aller voir plus loin et par soi-même ».
Réponse plus abrupte d’Henry Chich – à qui Dominique a passé le micro en lui disant avec humour : « Après le lavabo et les tuyaux, la photo… et le micro ! » – qui a remercié la Mairie de son aide, de sa voix de stentor, n’oubliant pas de rappeler à ses deux représentants que le club a encore besoin d’eux !
A bon entendeur…

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Et ce contact direct dont parlait Anne Cartier-Bresson par la voix de Dominique Antonini, nous l’avons donc eu en découvrant et admirant ces 124 œuvres proposées par 25 photographes du club, sur les deux étages de la Maison du Patrimoine.
Des photos dont l’originalité a été cette année, apportée principalement par des femmes qui étaient en nombre, une fois n’est pas coutume et dont certaines ont une imagination débordante et nous proposent de véritables œuvres d’art. J’en ai choisi 4 qui ont fait preuve d’inventivité, de fantaisie, d’inspiration, qui nous ont amenés sur les chemins de la rêverie, comme Sonia Schenebelen avec ses filets de pêche alanguis sur une mer étale, dans des camaïeux de gris-bleus, Catherine Monce qui nous offre ces fleurs de verre qui explosent de couleur et d’énergie, Cécile Ferrier qui nous fait entrer dans l’intimité d’un cours de peinture où l’on entend le silence des artistes en pleine création, Laurence Renaudin qui nous propose des œuvres tout en « sensualité », c’est d’ailleurs le titre de ce tableau où le rose et le blanc dominent avec des objets on ne peut plus féminins, et Claudie Mesnier qui nous emmène dans un monde de mystère avec ces « Reflets » entre rêve et réalité d’une Maison du Cygne qui se pare d’ombres, de lumières, de… reflets lui donnant un aspect irréel.

Renaudin Mesnier

Quel beau travail !
Et quelle belle exposition qu’il faut aller voir pour rêver, admirer les œuvres de véritables artistes passionnés par cet art qu’elle la photographie et dont Phot’Azur peur s’enorgueillir.

Jacques Brachet

La Rochelle – 20ème Festival de la Fiction TV
Muriel ROBIN bouleversante
dans le rôle de Jacqueline Sauvage

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On connaît ce fait divers et ce procès qui défrayé la chronique, il y encore peu de temps.
Cette histoire de Jacqueline Sauvage qui, après 47 ans à endurer humiliations et coups de son mari qui violait également ses deux filles, a fini par lui titrer trois balles dans le dos. C’était en 2012.
Après un procès retentissant, elle avait écopé de 10 ans de prison, la justice ne considérant pas qu’elle était en état de légitime défense. Cette peine sévère avait ému des milliers de gens, à tel point que le Président de la République a fini par la gracier après trois ans de prison.
Après sa libération, Jacqueline Sauvage, dont le fils, entre temps, s’est suicidé, a décidé d’écrire son histoire, accompagnée de ses deux avocates, Marie Deshaires et Catherine Touzet : « Je voulais que ça s’arrête ».
Aujourd’hui, son histoire est portée à l’écran par Yves Rénier, le scénario étant également écrit par les deux avocates : « Jacqueline Sauvage : C’était lui ou moi ». Et c’est Muriel Robin qui porte ce rôle sur les épaules. Vous la découvrirez sur TF1 le lundi 1er octobre.
Muriel Robin qui y est absolument bouleversante avec, à ses côtés, Olivier Marchal qui incarne le mari de façon magistrale.
Présenté en avant-première à la Rochelle, nos artistes eurent droit à une ovation de près d’un quart d’heure devant une salle archi-comble sidérée, émue, bouleversée, même si quelquefois, certaines scènes sont insoutenables.

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Les larmes d’émotion de la soirée furent transformées en larmes de rire, le lendemain matin avec une Muriel Robin au mieux de sa forme, redevenant l’humoriste que l’on aime, et nous offrant un sketch désopilant. Elle était entourée des deux avocates, d’Alix Poisson qui joue l’une d’elles, du producteur et, arrivé en retard, Olivier Marchal qui avait eu du mal à se lever après une nuit quelque peu arrosée !
Comment êtes-vous arrivée sur ce rôle, Muriel ?
C’est la production qui a fait son choix… Mais on m’a dit qu’Yves Rénier avait tout de suite évoqué mon nom, ce qui est flatteur. Et j’avoue que je n’ai pas hésité une minute tant la star de ce film est avant tout le film lui-même et Jacqueline Sauvage qui est devenue le porte-drapeau de la violence faite aux femmes, qu’évidemment je défends âprement.
Comment s’approprie-t-on un tel rôle ?
J’ai d’abord lu le livre de Jacqueline Sauvage puis je l’ai rencontrée et je m’y suis préparée quatre à cinq mois avant le tournage.
Je précise que ce n’est pas un biopic mais une histoire que je me suis appropriée à partir de l’excellent scénario qu’ont écrit les deux avocates. Puis il y a eu la transformation physique et je n’avais plus qu’à jouer, entourée par de merveilleux comédiens. Ca n’a pas été un travail intellectuel, Jacqueline ne l’était pas, mais surtout, on n’avait pas le droit à l’erreur en abordant un sujet qui concerne tout le monde.
Les scènes de violence ont dû être dures à interpréter ?
Oui, d’autant qu’on les a tournées dans le même décor, dans un laps de temps de 15 jours, avec juste le week-end pour s’en remettre… et on ne s’en remet pas car on a passé le week-end à gamberger. On en a tous rêvé en pensant à toutes les femmes qui subissent journellement cette violence. Et lorsqu’on regarde le film, on ne peut qu’être impacté.
Il y a eu quelques moments difficiles pour moi comme pour Olivier qui est un tendre et qui, après chaque scène, venait s’excuser et m’entourer de ses bras ! »

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Le réalisateur, la comédienne et les avocates-scénaristes

Olivier, entre temps, est arrivé et nous en parle :
« C’est vrai qu’avec Muriel j’ai vécu des face à face bouleversants. D’autant que je suis loin d’être comme ça dans la vie. Je n’ai pas l’alcool mauvais, je suis un gentil et à l’écran, j’ai plus l’habitude de tabasser des mecs ! Il y a donc eu quelques scènes difficiles à tourner. En tant que flic, j’ai connu la sauvagerie, la barbarie du quotidien et quelquefois c’est quelque chose d’insoutenable.
Par contre, jouer ce genre de scène au cinéma ou à la télé, c’est quelque chose de jouissif car je suis comédien avant tout. Mais ça ne peut se faire que si l’on est complice avec sa partenaire, ce qui a été le cas »

Alix Poisson, qui joue l’une des avocates intervient :
« Je n’ai pas hésité a accepter ce rôle car je me suis aussitôt sentie concernée. Lorsqu’on me propose un rôle, je me dis : « Est-ce que c’est vital pour moi ? Est-ce que c’est essentiel pour les gens ? »
Nous avons tous des films qui ont fait basculer notre vie et celui-ci en fait partie. S’il émeut, s’il bouleverse c’est qu’on a eu raison et qu’on ne s’est pas trompé. Pour moi c’est un film sur le courage et ça me galvanise. Evidemment, ça ne changera pas le monde hélas mais peut-être que l’effet papillon fera qu’on aura quelque peu éveillé les consciences ».
Muriel, comprenez-vous l’acte de cette femme ?
Dans le vrai sens du terme, elle est évidemment une meurtrière et l’on peut se demander pourquoi elle attendu 47 ans pour en arriver là. Mais je la comprends car elle a un mari qu’elle aime malgré tout. Elle dit d’ailleurs qu’elle l’a dans la peau. Elle a quatre enfants, une entreprise où elle travaille avec lui. Alors, comment partir ? Comment porter plainte ? Un jour pourtant, il y a la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et pour moi c’est un cas de légitime défense.
Il faut aussi penser qu’il y a la honte d’être frappée mais lorsqu’elle apprend qu’il a violé ses filles, c’est l’horreur et le geste fatal arrive.
C’aurait pu être un film de cinéma ?
Pourquoi pas ? Mais je pense que le cinéma n’emmènerait pas autant de public qu’avec la télévision qui a plus de vertu, plus d’impact. Le but est qu’il y ait le plus de monde possible qui découvre ce problème douloureux encore tabou. La télé est une arme puissante, au cinéma, il y a plus de distance et sur ce sujet, il faut faire réagir le plus de monde possible pour faire bouger les choses, le gouvernement et la justice entre autres qui ne font pas grand chose.
C’est un film militant, citoyen. La société est encore patriarcale, la justice d’une logique hallucinante, implacable. Il faut que beaucoup de choses changent.

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Les comédiens et le producteur

Est-ce que Jacqueline a vu le film ?
Olivier Marchal : Elle a décidé de le voir, même si ses filles sont encore hésitantes, afin de pouvoir tourner une page. Les filles ont peur que ça relance les médias, que la folie médiatique recommence. Mais elles sont quand même heureuses que le film ait pu se faire.
Jacqueline est venue nous voir sur le dernier jour de tournage. Elle était assez sereine. Il faut savoir qu’elle est restée dans la maison du drame. Elle l’a juste repeinte. Pour elle, le drame est derrière elle, elle a retrouvé une liberté totale. Le pire c’est le suicide de son fils dont elle se sent coupable, d’autant qu’il n’a laissé aucune lettre. Et aujourd’hui pour elle, c’est ce remords qui la ronge.

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Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – 20ème Festival de la Fiction TV
« Papa ou maman? »… La suite à la télé !

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Vous avez pu suivre au cinéma, la folle aventure de Florence et Vincent, ce couple qui veut divorcer mais dont aucun des deux ne veut la garde d’enfants. Signés Martin Bourdoulon, ces deux comédies ont connu un grand succès avec le couple infernal que formait Marina Foïs et Laurent Lafitte.
Après le 1 et le 2, voici la suite en série TV, avec quelques changements : notre couple est formé de Florent Peyre et Emilie Caen, alias César et Isabelle, il est toujours question de divorce mais chacun veut cette fois garder les enfants, la réalisation est signée Frédéric Balekdjian et ils se sont mis à trois pour écrire cette série à voir sur M6 en 6 fois 52′ : Eliane Montagne, Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière.

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Emilie Caen

Ce fut l’un des rares éclats de rire à la Rochelle, deux épisodes nous étant offerts en ouverture du festival. La série est aussi réussie que les films et bien entendu, coups en douce, quiproquos, peaux de bananes, mensonges, trahisons… Tout est bon pour empoisonner l’autre et chacun a une imagination débordante. Ce qui pourrait être un drame devient une hilarante comédie menée tambour battant par un couple foldingue débordant d’énergie et les enfants pris dans la folle tourmente de parents devenus prêts à tout et… bons à rien pour que tout se passe bien !
Au fait… Ne s’aimeraient-ils pas encore ?
Florent Peyre, retenu à Paris, c’est la maman, Émilie Caen qui est venue avec une partie des enfants, le réalisateur et les scénaristes.
Nous avons rencontré le volubile Alexandre de la Patellière et le discret réalisateur, Frédéric Baleldjian.

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Frédéric Balekdjian – Alexandre de la Patellière

Comment aborde-t-on une série inspirée de deux films à succès ?
Alexandre : C’est tout simple : nous avons adoré le film et nous avons pensé que l’on pouvait en tirer une série. Nous ne voulions pas de copié-collé mais nous voulions garder l’ADN du film et le ressort comique.
A-t-il été question de changer le titre ?
Frédéric : Ca a longtemps été la question récurrente mais en fait, c’est une variation thématique et l’on a finalement trouvé logique de garder le titre, comme on a gardé les codes, le rythme, le ton, les personnages…
Peut-on parler alors de création ?
Alexandre : Oui, puisqu’on a créé une série à partir d’un film. J’espère que ceux qui ont aimé le film ne seront pas déçus. C’est à la fois pareil et différent car on a gardé à la série l’identité du film. Le film a été une source d’inspiration, le point de départ pour, par la suite, s’en détacher et faire évoluer le propos.
Frédéric : L’univers est le même : c’est la chronique d’une famille un peu disjonctée, qui vit une crise et des événements à la fois graves et drôles, fous et émouvants et surtout très rythmés.
Je suppose qu’il y a eu un casting ?
Frédéric : Un énorme casting car nous voulions garder la personnalité des personnages. Nous voulions de nouvelles têtes mais en même temps, qu’il y ait une alchimie qui se crée entre les personnages. Nous avons donc fait beaucoup d’essais avec divers comédiens afin de savoir s’ils seraient crédibles. Nous avons eu carte blanche d’M6.
Alexandre : Je crois que nous ne nous sommes pas trompés car nous avons très vite vu que le couple fonctionnait et que ça allait marcher entre eux.

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C’était tout de même une gageure ?
Alexandre : Oui, car le thème familial est un thème banal et la force doit donc venir du ton, du rythme, de l’originalité des situations.
Frédéric : Le défi était de garder la spécificité du film, de ne pas le trahir et de faire de la série un véritable objet télévisuel. C’est effectivement la chronique d’une famille avec toute la liberté qu’on pouvait avoir pour qu’elle existe, qu’elle soit crédible tout en étant un peu folle.

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – 29ème festival de la Fiction TV
Marie GILLAIN : « Je suis un électron libre ! ».

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Rencontrer Marie Gillain et un rayon de soleil pour la journée !
Vive, belle, simple, souriante, volubile, elle a tout pour elle, cette comédienne belge qui a démarré sa carrière très tôt et en fanfare puisque dès son premier film « Mon père, ce héros » de Gérard Lauzier, elle remportait le César du meilleur espoir féminin. C’était en 1991.
Après ça, elle a marqué de son empreinte nombre de films dont « L’appât » de Bertrand Tavernier, « Le Bossu » de Philippe de Brocca, « Le dîner » d’Ettore Scola avec à la clef encore 4 nominations au César, une aux Molière, une aux Globes d’or.
Au théâtre, ça a été entre autres le succès de « La Vénus à la fourrure » et à la télé, la série « Speakerine », qui a certainement été le déclencheur de sa venue à la Rochelle comme présidente du jury de ce 20ème festival.

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Lorsqu’on vous a proposé le rôle de présidente, quelle a été votre réaction ?
Ca m’a d’abord donné un coup de vieux car lorsqu’on vous propose une telle chose c’est que vous avez, disons, un certain vécu !
Par ailleurs, c’est à la fois flatteur et agréable, même si cela vous donne une certaine pression.
Pourquoi ?
Parce que c’est une vraie responsabilité que de juger des oeuvres que des gens ont mis des mois, à créer. Et de quel droit dire oui à l’un, non à l’autre ? Le choix que l’on a à faire va donner un vrai regard, une certaine couleur. C’est un engagement. Difficile aussi de juger des gens qui, parmi eux, peuvent être des amis. Par chance, je suis plus dans le milieu cinématographique que dans celui de la télévision. Sans compter que je n’ai jamais fait parti d’un clan, d’une famille, je suis un électron libre !
En fait, qu’attendez-vous de ces projections ?
J’attends une proposition, un regard neuf, original, un style, des personnages, des histoires qui sortent de l’ordinaire. Des projets ambitieux.
Vous disiez être plus dans le cinéma mais la télévision vous intéresse-t-elle ?
Je ne réfléchis pas ainsi. Si la proposition est intéressante, d’où qu’elle vienne, peu m’importe. Lorsque j’ai tourné « Speakerine », j’ai justement trouvé le projet ambitieux. Il fallait beaucoup de courage pour monter un tel projet. Et lorsqu’on a six épisodes à tourner, on ne peut pas arriver sur le plateau en touriste. Il faut beaucoup travailler en amont, rester très réceptive et ne pas s’encombrer avec des détails car on sait que le temps est compté.
Donc, que ce soit au cinéma ou à la télévision, je veux faire au mieux mon métier de comédienne. Je n’ai donc pas spécialement envie de faire de la télé, j’ai surtout envie d’avoir un rôle riche, complexe, fort, d’autant qu’aujourd’hui la frontière ciné-télé est de plus en plus ténue.
Aujourd’hui, vous propose-t-on des rôles différents ?
Evidemment, l’âge aidant ! D’autant que j’ai commencé très jeune et que j’ai eu longtemps une image juvénile. Aujourd’hui ça s’estompe. Mais on est toujours dépendant de son image, on fait un métier en fonction d’un désir d’un réalisateur qui a ou non envie de vous.
Les rôles que l’on me propose aujourd’hui sont effectivement plus forts, même si, à une époque, une comédienne de 40 ans avait du mal à trouver un rôle, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

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Avez-vous pensé venir à la réalisation ?
J’ai encore des difficultés en m’imaginer réalisatrice. Par contre, j’ai des velléités d’écriture… ce que je suis en train de faire !
En fait, j’ai toujours eu envie d’écrire mais longtemps, je n’ai pas osé. De plus, comédienne très tôt, très jeune, j’ai été prise par le rouleau compresseur et du coup, pour moi écrire n’était pas essentiel.
Ca l’est devenu lorsque l’ADAMI m’a proposé d’écrire un court métrage. Ca m’a remis le pied à l’étrier et en quelque sorte, ça m’a boostée. Du coup, je me suis remise à l’écriture.
Et alors ?
J’écris un scénario avec Nathalie Leroy où j’ai toute liberté de m’exprimer et croyez-moi, je n’écris pas par frustration de ne pas trouver « le » rôle, c’est une véritable envie.
J’écris le rôle d’une femme de mon âge et il y a des chances que je le joue car je ne lâcherai jamais le métier de comédienne.
Je l’aime trop !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Conservatoire TPM – Métropole
Une nouvelle années sous de beaux auspices

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Le Conservatoire de Toulon est un splendide établissement d’enseignement artistique qui possède aujourd’hui 11 sites sur la métropole, qui accueille 3600 élèves, 200 enseignants, 80 disciplines entre théâtre, danse, musique et discipline rare et originale, le cirque.
C’est, nous confie Yann Tanguy, adjoint aux Affaires Culturelles un établissement fondamental de l’offre culturelle de notre région, qui propose quelque 140 actions, des initiations, des échanges, des master class, des conférences, des productions d’élèves, une médiathèque et, grâce à un très bel auditorium, nombre de manifestations publiques afin de faire découvrir des artistes en herbe qui deviendront des professionnels. L’an dernier le conservatoire a reçu 13.000 spectateurs.
Régis Laugier, directeur adjoint du conservatoire, nous précise que chaque année trois appels à projets sont proposés par l’ensemble des enseignants : Le Festival d’Automne , qui se déroulera cette année du 23 novembre au 8 décembre, éclaté à Toulon, Hyères, le Pradet, la Garde. Ce sera sa cinquième édition. Ce festival proposera 11 projets autour de la thématique « Oeuvres majeures à l’aube du XXème siècle ». C’est une programmation éclectique qui rendra particulièrement hommage à Claude Debussy dont on célèbrera le centième anniversaire de sa disparition. Durant ce festival, les scolaires interprèteront « La Marseillaise » de Berlioz.
« Transmission » est un hommage à un compositeur vivant reconnu pour son oeuvre. Cette année, entre Janvier et mars, l’invité d’honneur sera Rhys Chatam, célèbre compositeur américain, auteur de nombreuses oeuvres dites « minimalistes » et ses « orchestres pour guitare », ayant sorti une quinzaine d’albums. Une soirée en sa présence, présentant son oeuvre et celle d’autres compositeurs sera donnée au Théâtre du Rocher à la Garde. Plusieurs manifestations seront également proposées en partenariat avec la communauté de communes du Golfe de St Tropez, les conservatoires de St Raphaël, de la Provence Verte et du GMEM de Marseille.
D’avril à juin, seront montrées des productions d’élèves avec des concerts, des spectacles des élèves musiciens, danseurs, comédiens et circassiens.

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Stéphanie Slimanie – Léo Maurel – Régis Laugier

Stéphanie Slimani, responsable de la communication, nous présente les trois « focus » de l’année à venir, proposés par le conservatoire : un atelier de lutherie animé par Léo Maurel. Avec les élèves, il fabriquera des instruments de musique originaux, dérivés de la vielle à roue avec lesquels les élèves donneront un concert. « Out of the box » invitera le chorégraphe Frank Micheletti qui proposera, avec les élèves comédiens, musiciens, danseurs et circassiens, trois créations. Frank Micheletti est fort connu pour avoir créé sa compagnie Kubilai Khan. On a souvent pu le voir à Chateauvallon entre autres et il a présenté ses oeuvres dans le monde entier.
En fin, troisième focus avec, après Maxime Chanet, en juin dernier le photographe William Lacalmontie qui apprendra aux élèves à réfléchir sur leur image, à la gérer. Une série de photos sera créée sur une semaine avec dix élèves qui pourront, d’ores et déjà, avoir à leur disposition quelques images d’eux-mêmes.
Martial Robert, directeur adjoint du Conservatoire et chef d’orchestre de l’école, nous rappelle que, depuis 2015, le Conservatoire s’est associé avec trois écoles : l’école Frédéric Mistral de Toulon, l’école Jean Giono de la Valette, l’école Marcel Pagnol de Carqueiranne, en partenariat avec l’Education Nationale, pour permettrer à trois classes de CE2 d’appréhender un instrument de musique qui leur est prêté. Ainsi sont-ils directement plongés en apprentissage en orchestre. Au bout de trois ans, sera proposée une évaluation de la pédagogie et un concert clora cette session. Il vient d’être décidé une nouvelle session de trois ans.

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Yann Tanguy – Frank Micheletti – Jean-Louis Maes

Enfin, Jean-Louis Maes, directeur du Conservatoire, est heureux de constater la richesse et la diversité des enseignements en précisant les conférences données à l’Université du temps libre et en offrant cette années des événements de qualité avec l’orchestre symphonique du Conservatoire, composé de 50 à 60 musiciens, comme, la célébration du centenaire de l’armistice de la première guerre mondiale qui se déroulera le 24 novembre à l’auditorium du Casino d’Hyères; deux concert qui seront proposés autours de musiques de films dont « Star Wars », des musiques des films de la Nouvelle Vague, de Maurice Jarre… qui auront lieu le 1er février à l’Espace des arts du Pradet et le 2 février à l’Espace Tisot de la Seyne sur Mer; Les 22 et 23 mars, les chœurs et solistes du Conservatoire prendront possession du Gymnase d’Ollioules pour présenter l’oratorio de Haydn « La création »
En fin de saison, l’orchestre du Conservatoire, ses lauréats et l’orchestre de l’Opéra de Toulon se réuniront dans le cadre du Festival de Musique de Toulon pour un grand concert.

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William Lacalmontie – Martial Robert – Rhys Chatham

Comme on le voit, 2018 sera encore une grande année pour le Conservatoire de Toulon TPM-Métropole, où chaque saison l’on voir surgir de grands talents dans toutes les disciplines. Talents qui feront leur chemin et deviendront des artistes à part entière reconnus dans les années à venir.

Jacques Brachet

Six-Fours – Six n’Etoiles
TAZZEKA, un film plein d’humanité

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Pour l’ouverture de la saison, l’association « Lumières du Sud » nous proposait de découvrir le premier long métrage de Jean-Philippe Gaud « Tezzaka », en présence du réalisateur venu en voisin de Draguignan et, par la même occasion fêtant avec le public son anniversaire.
Le film se passe en deux parties, d’abord au Maroc puis à Paris.
Elias (Madi Belem) a été éduqué par sa grand mère qui lui a inculqué, dès l’enfance, l’art de la cuisine qui est pour le gosse devenu une véritable passion, au point qu’il apprend par cœur les recettes de Noël Rebuchon et qu’il ne manque aucune émission télévisée du grand chef Julien Blanc (Olivier Sitruk). Un jour celui-ci débarque dans l’épicerie de Yussef (Abbes Zahmani). Il lui prépare un couscous et un dessert à sa manière dont le chef se délecte et lui propose de venir le voir à Paris.
Il n’en faudra pas plus pour qu’il s’envole vers ce qu’il croit l’Eldorado. Il déchantera, devenant ouvrier clandestin, ne tenant bon que grâce à Souleymane (Adama Diop) un africain qui travaille avec lui et le prend sous son aile, avec sa famille. Malgré de nombreuses embûches, il finira par rencontrer Julien Blanc qui l’aidera à accomplir son rêve.
C’est un film original, tendre, plein d’humanité, interprété par Madi Belem, lumineux comédien avec lequel on va suivre avec émotion le cheminement d’une passion qui ne faillira pas. Entre comédie et mélodrame, il est complètement porté par le sourire, le regard, la bonté d’Elias, que l’on accompagne avec émotion vers le destin qu’il s’est choisi.
Jean-Philippe Gaud, d’origine algérienne par sa mère et varoise par son père, joue sur ces deux culture, le film étant partagé en deux : la vie au Maroc, pleine de magnifiques paysages et de sérénité et la vie trépidante et difficile de la capitale française.
« La construction du film, nous explique Jean-Philippe, est similaire à celle de la culture que j’ai en moi. Je voulais parler de l’immigration en restant toujours sur un film en drame et légèreté. Mais c’est aussi un film sur la passion, la persévérance et sur la transmission ».
En fait, ce film est un conte moderne, un rève qui se réalise à force de volonté. Quant aux comédiens, ils sont tous épatants.

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Madi Belem avec Abbes Zahmani et Olivier Sitruk

« Ce sont – nous dit-il encore – des comédiens qui, pour la plupart, ne sont pas connus, hormis Olivier Sitruk et Abbes Zahamani, et c’est ce que je désirais.
C’est le premier grand rôle de Madi Bellem. Je l’avais trouvé remarquable dand « Le convoi » ou encore « Le baron noir » où il affronte des comédiens comme Benoît Magimel ou Kad Merad avec brio. Dès qu’on s’est rencontré au casting, j’ai su que c’était mon Elias. D’ailleurs, après qu’on se soit vu, il m’a appelé pour me dire : « Ce rôle est pour moi, nous avons le même cheminement, Elias et moi ».
Abbes Zahamani passe de la comédie comme « Camping » ou « La vie est un long fleuve tranquille », avec le théâtre d’auteur sans problème. Il est ambivalant, à la fois solaire et dramatique.
Adama Diop est d’origine sénégalaise, il a fait le conservatoire, il a joé « Macbeth ». C’est un beau comédien et c’est son premier film.
Ouidad Elma est franco-marocaine. Je l’ai découverte au Maroc où elle passait ses vacances au bled… comme dans le film !
Comment avez-vous tourné ce film ?
Avec difficulté car ça a été un long cheminement, n’ayant pas de producteur. J’ai tourné la première partie au Maroc en mai 2016, je n’avais pas d’investisseur. Comme je suis également monteur, j’ai monté cette partie pour la montrer à des investisseurs et j’ai tourné la partie Paris en avril 2017. Et je remercie Madi d’avoir pu attendre aussi longtemps. Mais je n’avais pas de distributeur. Je l’ai trouvé lors d’un festival où je projetais mon film.

B

Il y a beaucoup d’ellipses dans votre film…
Oui et c’est évidemment voulu car je pense que le spectateur a assez d’infos pour les comprendre et recoller les morceaux. Je voulais lui offrir de l’imaginaire et donc, sauter certaines étapes qu’il comprend lui même. Je n’aime pas expliquer les choses lorsqu’elles sont là, je préfère les lui faire ressentir plutôt que de les montrer.
C’est ma vision des choses ».

Propos recueillis par Jacques Brachet

NOTES de LECTURES

rouart Benzoni © John Foley-Opale Agus1

Jean-Marie ROUART: La vérité sur la comtesse Berdaiev (Ed Gallimard – 208 pages)
Nous sommes en France dans les années 50. Le pays, tout juste remis des deux dernières guerres, s’enlise maintenant dans le conflit algérien et la IVème république vacille. A Paris la communauté des russes blancs exilés depuis la révolution de 1917 cherche sa place. Parmi eux la comtesse Berdaiev, aristocrate belle et libre, s’est assuré la protection et l’affection du président Marchandeau. « La politique la passionne » nous dit l’auteur, « pas seulement comme une comédie amusante mais parce que c’est elle qui tisse les fils du destin.
Pour la génération d’après guerre, cette intrigue, plus connue sous le nom de « ballets roses » fait écho à ce scandale. Jean-Marie Rouart est très subtil: aucun nom n’apparaît vraiment, les descriptions et les fonctions des différents protagonistes sont habilement suggérées. Il sait exprimer le fond de la nature humaine très complexe, la nostalgie de ces russes blancs cosmopolites, imprégnés de foi ainsi que la magie des rencontres, les choses troubles. Nous applaudissons l’écrivain talentueux, sa connaissance  et sa critique d’un milieu qu’il côtoie sans illusion. Le récit simple argumenté, rationnel, est porteur d’une force tranquille qui rassure, même si passion, pouvoir et morale ont du mal à coexister, nous le savons.
C’est une belle  incursion dans l’histoire de notre société.
Juliette BENZONI : Par le fer et le poison (Ed Perrin – 426 pages)
Alain Decaux préface ce roman déjà édité en 1973 par ces mots qui résument toute son œuvre : « Chère Juliette Benzoni, vous suivez la même voie qu’Alexandre Dumas, vous aidez à faire aimer l’histoire aux français ».
En fait il ne s’agit pas là d‘un roman mais de seize courts récits retraçant le portrait de femmes qui ont marqué l’histoire. Dans chacun d’eux le fer brille, la hache s’abat ou le poison s’insinue dans le cadre des femmes qui ont fait parler d’elles, d’Aggrippine à Marie Tudor, de Marguerite d’Anjou à la princesse d’Eboli, le sang coule.
L’auteur raconte avec verve complots et assassinats qui furent terribles mais qui sont réjouissants à lire puisque sa renommée à fait d’elle une des plus grandes vulgarisatrice de l’Histoire.
Milena AGUS : Terres promises (édit. Liana Levi – 175 pages)
Traduit de l’Italien par Marianne Faurobert
Une couverture attractive avec un bateau avançant sur un fond bleu, séparant en deux le titre, Terres-Promises, à la manière d’un brise glace, et le ton est donné. A la recherche du bonheur, il y aura de l’errance sans doute, mais de l’espoir  aussi dans ce texte.
En Sardaigne, la vie est dure au XXème siècle dans les années 50. Raffaele fils de paysans n’a d’autre destin que l’agriculture. Ester sera donc femme d’ouvrier agricole.
Alors que l’Italie du nord est en plein boum industriel, tous deux se mettent à rêver d’une terre d’accueil, pleine de promesses à Milan. La vie dans les quartiers pauvres d’une grande ville sera décevante et la mer manquera à la jeune femme.
Le retour au pays effacera cette épisode, d’autant plus qu’Ester a donné naissance à Felicita, la bien nommée qui puise sa force dans la joie et la diffuse autour d’elle. C’est l’héroïne de ce roman. Eprise de liberté, elle revendique le droit de croire que la gentillesse est la meilleure arme pour survivre en ce monde
Dans ce court roman, l’auteur parvient avec finesse à conter une véritable saga familiale. L’intrigue est simple, le vocabulaire sans effets spéciaux, le style souple et fluide.
Rien que de très ordinaire en apparence, mais le lecteur est  conquis. Il ne s’agit pas de mièvrerie mais plutôt d’une leçon d’optimisme face au tragique de certains destins. Les ailleurs sont illusoires, nous aurons des rêves brisés, mais notre acceptation va nous permettre de résister et de trouver la paix.
Une belle leçon de vie.

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Jérôme CHANTREAU ; Les enfants de ma mère (Ed Les escales – 476 pages)
Dans ce roman où Paris se fait personnage, l’auteur nous offre un portrait sans complaisance de la France mitterrandienne aux accents violents et poétiques. Ce 10 Mai 1981, jour de l’élection de François Mitterrand, le mari de Françoise lui annonce qu’il quitte leur domicile, rue de Naples dans le VIIIème et qu’il divorce. Une nouvelle vie s’ouvre à elle.
A 40 ans, sans emploi, elle se remet à la peinture. Elle recueille chez elle des enfants du quartier en perdition, accueille les amis de ses enfants et se noie dans les bras de ses amants.
Une époque s’achève, celle de la femme au foyer pour qu’une autre commence, celle de l’artiste peintre en sommeil depuis quinze ans. Ces enfants grandissent, elle les délaisse sans s’en rendre compte. Laurent, son fils, avec sa bande et sa musique, occupe le centre du roman.
Livre déroutant qui dresse le portrait d’une mère inconsciente, capable de recueillir des enfants en souffrance dans la rue et d’oublier de remplir le réfrigérateur. Les cent premières pages étaient prometteuses, puis l’écriture devient méandreuse.
Vincent VILLEMINOT : Fais de moi la colère (Ed Les Escales – 280 pages)
Ce roman surprend par son style et sa conception.
Un prologue nous présente l’héroïne : Moi, dix huit ans, attend un bébé «un enfant qui nage en elle et qui cessera bientôt d’être aquatique ». Comment va-t-elle l’appeler : Crocodile, Convoitise, « Empire ?
Le ton est donné ! On mise sur l’originalité.
Nous sommes sur les rives du lac Léman. Moi, c’est  Ismaëlle.
Dix huit mois plus tôt, elle a perdu son père. Ce dernier, pécheur de métier, n’est pas revenu d’une sortie sur le lac ; son corps reste à jamais disparu. L’héritage est lourd pour l’adolescente qui devra à son tour lancer ses filets.
Le texte s’organise en chapitres courts, sous forme de deux monologues alternés (une typographie les différencie), de poèmes ou de récits dans une organisation qui peut surprendre sans déconcerter toutefois.
En revanche lorsqu’il s’agit du fond, tout bascule. Le lecteur, bousculé, abasourdi, ahuri, est transporté dans un univers improbable.
Il revit La nuit des Morts Vivants, avec l’apparition soudaine de centaine de corps flottants autour de l’embarcation, puis se retrouve poursuivant Mammon, « la bête », « le monstre », désormais maître du lac. Enfin, comme un clin d’œil à la baleine du capitaine Achab, nous voilà plantant des harpons sur le dos de ce Moby Dick de circonstance, dans une ambiance d’Apocalypse Now avec l’arrivée d’une flottille d’hélicoptères et son concert de mitrailleuses !
Ismaëlle n’est heureusement plus seule désormais, forte de sa rencontre opportune avec Ezéchiel, fils d’un « ogre africain » mix de Amin Dada et de Boccassa. Lui saura diriger l’embarcation et veiller au repêchage des corps à la dérive.
Inévitablement l’amour s’en mêle et nous n’échapperons pas à quelques digressions sur la sexualité naissante et ambitieuse de la pêcheuse/pécheresse… Bonne chance au bébé à naître !
Il serait sans doute intéressant de chercher dans cette accumulation d’incongruités un quelconque enseignement derrière une forêt de symboles, mais le courage manque au lecteur lambda, qui n’aura qu’une hâte : en finir avec ce roman.

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Virginie JOUANY : Petit cœur d’opium (Ed Cairn – 192 pages)
L’auteure, Virginie Jouany découvre dans le cimetière du petit village de Thonac en Périgord, la tombe d’un empereur d’Annam. Elle enquête et malicieusement crée autour de Ham Nghi une fiction sympathique mais surtout plonge le lecteur dans la guerre coloniale que la France a menée au Vietnam actuel. Un personnage central mais complètement fictif, Judith, permet le lien entre les dernières années d’un empereur déchu, retenu prisonnier en Algérie après sa capture au Vietnam, et la carrière éblouissante, joyeuse et généreuse de Joséphine Baker, chanteuse, danseuse noire américaine reniée dans son pays puisque noire. Rappelons-nous que cela se passe fin XIXème, début XXème siècle !
Judith sera le dernier amour de Ham Nghi mais sera aussi l’habilleuse, la dame de confiance, l’amie de Joséphine Baker à qui elle voue une admiration sans borne.
Une occasion merveilleuse pour l’auteur de dérouler avec précision, humour, générosité, la vie de ces deux personnages bien réels.
Roman attachant qui nous replonge dans l’histoire coloniale française un peu oubliée, il est vrai.
Claude SERILLON – Un déjeuner à Madrid – Cherche Midi – 154 pages
Le journaliste Claude Serillon imagine la rencontre entre Franco et de Gaulle et nous fait entrer dans les coulisses de ce fait historique méconnu.
En 1970 de Gaulle n’est plus au pouvoir et décide de voyager. Il souhaite connaître l’Espagne catholique, pays chargé d’histoire qui le fascine. Le 08 Avril 1970 il arrive avec sa femme à Madrid et rencontre Franco au Palais du Prado. Le seul témoin de l’échange est le traducteur. Franco, l’allier des nazis est toujours au pouvoir, et de Gaulle symbole de la Résistance ne l’est plus depuis un an. Tout semble les opposer. Qu’ont-ils pu se dire ?
Ce déjeuner dont la teneur est restée secrète, interroge, intrigue et fascine. Quel sens donner à ce voyage ? Comment le résistant de la première heure, l’homme du 18 juin peut-il oublier la rencontre Franco/Hitler, la visite d’Himmler et tous les Républicains espagnols qui ont combattu pour la France libre.
L’auteur reconstitue cet entretien imaginaire qui regorge d’anecdotes et de références.
Et c’est très agréable à lire.
Sylvain TESSON : Un été avec Homère (Ed Équateurs – 253 pages)
A l’origine, une série d’émissions diffusées l’été depuis 2013, sur France Inter.
Il s’ensuit une très jolie collection, au format de poche, proposée par les Éditions Équateurs Parallèles reprenant les émissions enregistrées.
Cette année, aux cinq premiers numéros parus, s’ajoute « Un été avec Homère » de l’écrivain Sylvain Tesson, un ouvrage hautement réussi.
Nous voilà donc nous replongeant dans nos souvenirs de lycée, en classe de sixième, à la redécouverte de l’Iliade et l’Odyssée. La sensation est étrange car loin de nous re-raconter la Guerre de Troie et le Voyage d’Ulysse, sous la forme d’un « Homère pour les Nuls », l’auteur s’attache à nous présenter la mythologie comme un manuel de survie pour les hommes du vingt et unième siècle.
«Homère continue de nous aider à vivre» nous dit Tesson.
Ainsi, commentant l’actualité, avec érudition, verve et humour, dans un style particulièrement pétillant, l’écrivain, faisant fi des deux mille cinq cents ans qui nous séparent d’Ulysse, observe, analyse, rapproche, traduit, la grande épopée pour nous éclairer sur la conduite de nos contemporains.
Le Moyen Orient se déchire, à Troie, les hommes engagés par Achille se déchaînent ; les Kurdes se battent pour reconquérir leurs terres, Ulysse tente de reprendre le pouvoir à Ithaque ; nous subissons des catastrophes écologiques, Homère raconte la nature en fureur. Tout évènement contemporain trouve son écho dans le poème.
L’ouvrage est court, agréable, vif et pertinent, c’est le bijou de l’été.

PANCRAZI Jean-No+½l photo 2017 Francesca Mantovani - +®ditions Gallimard 1 Musso -® A di Crollalanza 1

Jean-Noël PANCRAZI : Je voulais leur dire tout mon amour (Ed Gallimard – 129 pages)
Jean-Noël Pancrazi a été, dès son plus jeune âge, fasciné par le cinéma.
Né à Sétif en Algérie, il allait dans la salle mythique où arrivaient avec beaucoup de retard les fameuses palmes d’or du festival de Cannes. Avec cinquante ans de décalage, une occasion se présente à lui de revenir en Algérie qu’il a quittée en 1962 pour participer en tant que juré du festival du Cinéma Méditerranéen d’Annaba. Un retour souhaité, malgré tout mêlé de crainte, mais un festival qui servira de pont entre le passé et le présent et sera un prétexte pour dire à l’Algérie et aux algériens tout son amour.
Mais l’Algérie est un pays où les projets sont souvent déçus. Une profonde mélancolie se dégage de la lecture de ce roman. En remontant le temps l’auteur redonne vie à un peuple qui a souffert, payé le prix du sang et vit la liberté à travers la magie du cinéma.
Mais cette liberté est-elle possible ? Il semblerait que non.
Valentin MUSSO : Dernier été pour Elsa (Ed Seuil – 399 pages)
Ce thriller très noir mais pas sanguinolent nous entraîne dans une paisible bourgade américaine sur les bords du lac Michigan. Nick le héros est un écrivain qui vit à New York. Le décès de son père le rappelle dans sa ville natale afin d’assister aux obsèques au sein de sa famille, sa mère, son frère Adam et Véra. C’est à ce moment là que se produit la libération d’Ethan son ami de collège suspecté de la mort de Lisa leur amie commune assassinée au bord du lac le dernier été 2004 et libéré pour vice de procédure).
Pour Nick c’est le plongeon vers le passé qu’il avait un peu occulté. Mis en présence d’un policier qui enquête sur les erreurs judiciaires non élucidées il va reprendre le parcours des derniers instants de Lisa afin de faire jaillir la vérité douze ans après. Ce sera l’occasion d’évoquer la vie de cette bourgade un peu endormie, de ses habitants taiseux, pleins de secrets et de rebondissements. A l’aide de flash-back qui vont nous faire voyager entre cette soirée d’été 2004 et le présent, on va peu à peu comprendre et imaginer combien beaucoup de monde avait de raisons de faire disparaitre Lisa, la jeune fille aimée de tous.
L’enquête est prenante, la découverte psychologique des divers protagonistes haletante par leur diversité et le dénouement imprévu bien sûr et loin du point de départ. Un peu de lenteur toutefois due aux nombreux retours en arrière mais un bon moment passé en compagnie de ce jeune auteur…
Michel Grèce de : La Bouboulina (Nlle Ed Plon)
Michel de Grèce, descendant lui-même des Romanov et de la famille d’Orléans, est un passionné de sujets mythiques des grands personnages de l’histoire du monde. Il est connu pour ses nombreux romans à succès dont « La Bouboulina » édité en1993 et qui est réédité en Juin 2018 dans une belle collection illustrée qui nous renvoie à ce fantastique personnage qui a existé : Lascarina Bouboulina.
Née en 1771 elle fut une grande figure héroïque lors du soulèvement du peuple grec contre leurs oppresseurs de toujours, les Turcs. Aventurière dans l’âme malgré ses six enfants plus ceux d’un de ses maris, pirate, maîtresse-femme, amoureuse de liberté surtout, rebelle toujours, mais résignée parfois par la convoitise des hommes. Elle traverse une vie de tueries et de guerres fratricides que l’auteur nous livre à grand renfort de scènes dramatiques et passionnées.
D’une écriture flamboyante l’auteur nous emballe encore une fois dans le drame romanesque dans lequel il a l’art de se déplacer.

 

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
Brice MASSEE ou la passion d’écrire

Massee

C’est un grand mec d’apparence nonchalante, le sourire et le regard d’une grande sérénité et d’une grande gentillesse. A la Rochelle on ne pouvait le rater car il était omniprésent, tout en étant très discret, promenant sa longue silhouette et allant à la rencontre des gens du métier.
Brice Massée a plusieurs casquettes : il est scénariste, script doctoring c’est à dire qu’il aide réalisateurs et scénaristes à l’écriture, à la rédaction multimédia, analyse et aide au développement de scénarios.

« Depuis mon adolescence – me confie-t-il – j’ai toujours aimé écrire. J’avais peu de copains, j’étais dans un collège… un peu pourri ! A partir de là, je me suis renfermé sur moi-même et j’ai d’abord commencé à lire des BD de science-fiction.
J’avais un père passionné de cinéma et le premier film qu’il m’a emmené voir, c’est « Les dix commandements ». Ca a été le déclic. J’ai été à tel point imprégné par ce film que j’ai commencé à rêver de trucs grandioses ! Pour moi, c’était ça le cinéma. Depuis, j’aime toujours les grandes histoires épiques.
Tu n’écrivais pas encore pour le cinéma ?
Évidemment non ! J’ai, comme tout le monde, trouvé un boulot qui ne me plaisait pas plus que ça. J’ai travaillé durant huit ans dans une ambiance délétère. Jusqu’au jour où un concours de circonstances a fait que je suis tombé sur un article proposant un stage de dramaturgie préparant au métier de scénariste. C’est alors qu’il y a eu des licenciements économiques dans ma boîte (je vivais dans les Ardennes). Je suis alors allé à Pôle Emploi expliquant ce que je voulais faire. L’idée leur a paru originale car c’était la première fois qu’on leur demandait ce genre de formation !
Tu es donc parti ?
Oui, à l’INCA à Avignon où j’ai étudié le scénario pour divers supports, BD, vidéo, courts et longs métrages. Je suis tombé sur des gens formidables et j’ai compris que j’étais sur la bonne voie. J’en suis ressorti avec un diplôme reconnu par la SACD et j’ai écrit mon premier court métrage… pour une production pakistanaise qui est passée en avant-première au cinéma d’Epernay.
Ca t’a ouvert des portes ?
Oui car j’ai continué à faire des courts-métrages, un clip vidéo et en parallèle, je suis entré dans une association de scénaristes « Séquence 7″ où je corrigeais des scénarios. J’en ai corrigé un d’ailleurs, pour un réalisateur suisse, Gilbert Mene, intitulé « 1939 », un film sur les migrants et les clandestins et leur exploitation.
Tout ça paraît facile…
… Mais ça ne l’est pas car c’est un long chemin, on ne rencontre pas toujours des gens honnêtes, certains profitent de notre naïveté et du fait qu’on ne connaît pas les ficelles du métier.
Mais jamais rien ne m’a arrêté et j’ai aujourd’hui une agence qui gère mon travail : Artadam.
J’ai un projet de série pour Kien Productions et j’écris un sujet de sciences-fiction qui reste mon style préféré.
On peut en parler ?
C’est l’histoire d’un alchimiste du Moyen-Âge qui découvre le secret de la vie éternelle ce qui va le mener jusqu’en 2030. C’est encore difficile à concrétiser en France, aussi, je suis tourné vers l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis qui sont beaucoup plus réceptifs à ce genre de projets. »

Et il y arrivera, notre ami, car, malgré ce calme, cette sérénité, il a une force de caractère qui fait qu’il ne lâche rien.
« La force tranquille » pourrait s’adapter à lui !

Jacques Brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
La place des femmes dans l’audiovisuel… Encore du travail !

A D
Marion Sarraut – Sylvie Ayme

Cette année, le festival de la Rochelle a eu envie – enfin ! – d’étudier la place que les femmes avaient au cinéma ou à la télévision.
Ce n’est pas très brillant !
Aussi, deux tables rondes étaient organisées avec 4 productrices et 4 réalisatrices.
Ne pouvant hélas pas couvrir tous les événements qui, en trois jours, sont pléthore, c’est vers les réalisatrices que je me suis tourné, le quatuor étant composé de :
Marion Sarraut, une pionnière, qui, peu de temps comédienne, passe à la réalisation en 1970 en réalisant quelque 200 émissions avec Maritie et Gilbert Carpentier.
Puis, cette fille de ministre, nommée chevalier des Arts et Lettres et Chevalier de la Légion d’Honneur, passe en 1970 à la réalisation de séries et Dieu sait si elle en a réalisé, de « Julie Lescaut à « Une femme d’honneur » en passant par « Les Cordier », « Louis la Brocante », « Famille d’accueil », « Docteur Sylvestre », « Père et maire »…
Bénédicte Delmas, qui fut elle aussi comédienne dans « Navarro », « Hélène et les garçons » et surtout « Sous le soleil » dont elle réalisa un épisode. Puis elle devient réalisatrice en 2000 avec « Léa Parker », « Caïn », « Mongeville », Sections de recherches », « Plus belle la vie »…
Laurence Katrian, qui démarre en 1993 avec quelques courts métrages, puis quelques séries dès 1997 avec entre autres « Joséphine, ange gardien », « Les toqués » et beaucoup de téléfilms dont « A trois c’est mieux », « La loi selon Bartoli », « RIS », « Meurtres à Strasbourg », « Meurtres à Lille »…
Sylvie Ayme, qui elle, a démarré sa carrière au cinéma en 1991 avec des courts métrages, des documentaires, des docu-fiction et des web séries. Elle vient à la télévision en 1999 avec des séries comme « Docks », « Sous le soleil », « Candice Renoir », « Cassandre », « Camping Paradis »…

C B
Laurence Katrian – Bénédicte Delmas

Toutes sont là pour dire que se faire accepter par ce « métier de mecs » n’a pas toujours été un long fleuve tranquille et aujourd’hui, malgré tout ce qu’on peut dire, question parité on est loin du compte puisqu’on n’y trouve que 30% de femmes à qui l’on confie des créations.
Laurence : Cela fait partie de l’inconscient collectif à tel point que même des productrices ne pensent pas toujours à nous faire confiance, même si quelquefois, elles choisissent des hommes moins compétents que nous !
Bénédicte : C’est vrai que les producteurs et les productrices ne pensent pas obligatoirement à prendre une réalisatrice. J’ai quand même l’impression que c’est un peu en train de changer. Il ne faudrait pourtant pas qu’ils attendent qu’on ait 40 ans pour penser qu’on peut « limiter les risques ». Réaliser pour des débutantes est toujours difficile et il faut longtemps avant qu’on les prenne au sérieux, beaucoup plus longtemps que les hommes pour pouvoir faire leurs preuves.
Marion : Il prétextent souvent que ce n’est pas une question de sexe mais une question de talent, ce qui est idiot car, s’ils ne font pas confiance à une femme, comment peuvent-ils savoir si elle a du talent ?
Sylvie : C’est pour cela que, très souvent, les jeunes réalisatrices perdent confiance en elles car on les met dans cette situation et pourtant, elles ont des armes, des arguments, une sensibilité différente. Ils faut qu’elles se battent et qu’elles soient capables d’affronter des producteurs, ce qui n’est pas toujours facile. Par exemple, ils ne peuvent pas admettre qu’une femme puisse tourner un film d’action !
Bénédicte : Mais ce n’est pas qu’au cinéma ou à la télévision car on admet aussi mal qu’une femme puisse être chirurgien ou pilote. Dans l’inconscient, ces métiers sont des métiers d’hommes.
Laurence : C’est toujours aujourd’hui les hommes qui, en général, ont le pouvoir et qui veulent toujours garder le dessus. Ils acceptent difficilement que ce soit une femme qui puisse avoir le pouvoir, l’autorité. Pour eux, ça ne se conjugue pas avec féminité et ils ne supportent pas devant être sous les ordres d’une femme ou qu’une femme leur fasse une critique.
Bénédicte : Malgré tout ça, je pense que nous avons des arguments pour nous faire entendre. Il faut montrer qu’on sait travailler, qu’on sait ce qu’on fait, qu’on le fait bien et s’ils arrivent à le comprendre, c’est gagné.
Laurence : Vous savez tous qu’un homme a du caractère et qu’une femme… est caractérielle !!!
Sylvie : Comme il y a encore peu de modèles féminins, il faut que la femme apprenne à acquérir une autorité sans être autoritaire.
Marion : On se rend compte quand même que dans notre métier il y a encore beaucoup plus de chefs hommes que femmes et beaucoup plus d’assistantes ! Mais nous avons ouvert la route et il faut que ça continue. Il faut savoir taper sur la table et s’imposer..

Lorsque nous leur demandons quelles sont, pour elles, les qualités que doivent avoir une femme, elles répondent à l’unisson : Courage, opiniâtreté, travail, obstination et surtout solidarité, pour faire en sorte que celles qui ont réussi aident celles qui arrivent !

Propos recueillis par Jacques Brachet