Archives mensuelles : août 2018

DES NOUVELLES DE FRANCE 2

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PARENTS, MODE D’EMPLOI
Depuis cinq ans, les téléspectateurs suivent avec appétit les tribulations de la famille Martinet et depuis deux ans, celles de la famille Costan.
France 2 est fière d’avoir accompagné et diffusé cette série à succès et se félicite d’avoir mis en avant d’excellents comédiens : Alix Poisson, Arnaud Ducret, Vanessa David et Amaury de Crayancour…Les enfants ont bien grandi, il est désormais temps de refermer le mode d’emploi à l’usage des parents.
D’un commun accord, France 2 et Elephant Story ont décidé d’arrêter la production et la diffusion de « Parents, mode d’emploi » à la fin de l’été et remercient Béatrice Fournera et l’ensemble des équipes de réalisateurs, d’auteurs et de production.
France 2, se lance dans une nouvelle aventure quotidienne avec un « Un si grand soleil », le nouveau feuilleton de 22’, à découvrir à la rentrée.

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ALEX HUGO – Mercredi 29 août 21h – épisode « Marche ou crève »
Alors qu’il descend un torrent en kayak, Alex Hugo assiste à la chute d’un homme depuis le haut des gorges... L’homme s’apprêtait à participer avec cinq autres candidats à un stage d’entreprise réputé très difficile. Un poste très convoité est à la clé de la compétition… Vite persuadé qu’il s’agit d’un meurtre et que l’assassin se trouve parmi les candidats du stage, Alex va prendre la place du mort, dans le décor à la fois magnifique et hostile du fort Saint-Paul, un puissant bâtiment perché au bord du vide. Et se retrouver parmi les sociopathes prêts à tout pour écraser leur prochain. Parmi eux, le tueur rôde… Une confrontation qui le ramène à cette violence sournoise qu’il a justement cherché à fuir en se réfugiant dans les montagnes.
Avec Samuel Le Bihan (Alex Hugo), Lionnel Astier (Angelo Batalla), Mikaël Fitoussi (Renart), Marilyne Canto (Commissaire Dorval)

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TOURNAGE DE LA SÉRIE « LA DERNIERE VAGUE » – 6×52′
Lieux de tournage: environs de Bordeaux et des Landes, du 6 août au 31 octobre
Ce jour-là à Brizan, paisible station balnéaire des Landes, tout bascule avec l’arrivée de « la première Vague » : un déferlement de nuages qui, tel un tsunami, va provoquer la disparition de  surfeurs. La première d’une série de phénomènes auxquels vont être confrontés les habitants de cette petite communauté, bouleversant leurs vies intimes.
S’agit-il d’un simple dérèglement climatique ou, comme certains l’affirment, du commencement de la révolte de la Nature ?
Comment vont réagir les habitants ?
Avec David Kammenos, Marie Dompnier, Lola Dewaere, Arnaud Binard, Guillaume Cramoisan, Isabel Otero… et la participation d’ Odile Vuillemin

Sanary sous les étoiles
Les chemins de traverse d’Amandine BOURGEOIS

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Quel plaisir de rencontrer une belle jeune femme a regard azur, au sourire lumineux, pétillante et drôle… Et quelle voix ! Elle a tout pour elle et surtout, la musique dans le sang.
On l’a découverte dans l’émission « La nouvelle star » qu’elle a gagné haut la main en 2008. Depuis elle a fait nombre d’expériences mais il y a eu un avant. Un avant pas banal, comme tout ce qu’elle fait, entre autre entre le conservatoire de musique de Nice pour apprendre… la flûte traversière et l’école hôtelière. Beau grand écart !
Elle rit lorsque je le lui fait remarquer :
« Je dois vous dire que je viens d’une famille de musiciens, mon père était guitariste, mon beau-père a accompagné nombre de chanteurs en tant que bassiste. Moi, je rêvais d’être Mariah Carey ou Witney Huston ! Mais lorsque je me suis entendue chanter, mon rêve s’est aussitôt écroulé. J’avais alors une voix entre celle de Jane Birkin et de Vanessa Paradis ! Et lorsque j’ai dit à ma mère que je voulais chanter, elle m’a tristement regardée et a dit : « la pauvre ! ».Je suis donc entrée au Conservatoire de Nice où j’ai appris à jouer de la flûte traversière. Je m’y suis vite ennuyée car ce n’était pas assez ludique.
Alors ?
Alors j’ai monté un groupe de rock avec ma meilleure amie et en parallèle j’ai fait des études d’hôtellerie. Je suis allée en Angleterre où là, j’ai découvert la culture musicale anglo-saxone très riche et l’envie de chanter m’a repris. Je dois dire qu’à chaque dîner en famille tout le monde devait chanter. Si vous étiez venu, vous y auriez été obligé ! Un jour j’ai chanté trois notes de blues et tout le monde a été éberlué.

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Et ça a été le déclic ?
Un peu oui et j’ai alors écumé les orchestres de bal, j’ai fait du rock, du rythm’n’blues, je faisais tout ce qui se présentait. J’ai fait aussi un école de jazz. Jusqu’à ce que la production de M6 me propose de faire le casting de « Nouvelle Star ». J »avoue y être allée en dilettante mais j’ai franchi toutes les étapes jusqu’à la finale que j’ai gagnée.
Ça a été une étape importante ?
Oui, ça a été un sacré tremplin ! Ca m’a ouvert beaucoup de portes, d’opportunités, d’autres univers. J’ai fait mon premier disque qui a été disque d’or, j’ai fait une grande tournée en France, Suisse, Belgique, j’ai travaillé avec l’équipe d’Amy Winehouse, Johnny m’a prise sur sa tournée et j’ai fait avec lui le Royal Albert Hall, puis j’ai fait la tournée des Zéniths avec Thomas Dutronc. Et il y a eu l’Eurovision.
Autre étape importante…
Je dois dire qu’au départ j’étais très réticente. Mon manager m’a fait changer d’avis mais j’ai mis une condition : je ne voulais pas qu’on m’impose une chanson, je voulais chanter « ma » chanson, composée avec Boris Bergman et que je comptais enregistrer pour mon prochain disque. C’était « L’enfer et moi »
Même ne gagnant pas, l’Eurovision est-il un tremplin ?
Oui, vraiment. Vous chantez devant une salle immense, devant des millions de téléspectateurs, médiatiquement j’étais partout, ça vous donne une incroyable visibilité et pas seulement en France. C’est une expérience qui m’a fait grandir. Et j’aime à dire que je suis arrivée troisième… en partant de la fin !!! Et ça m’a donné l’opportunité d’enregistrer mon troisième disque : « Au masculin ».

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Original, celui-là !
Oui, parce que Warner m’a ouvert ses portes et que j’ai pu faire ce disque avec des chansons uniquement écrites et composées par des hommes comme Souchon, Gainsbourg, Ferré, Jonasz, Cali, Stromae, Higelin, Johnny…
Facile de choisir ces chansons ?
Oui, assez facile car ce sont des chansons qui ont jalonné mon enfance, mon adolescence, ma vie de femme, des chansons qui m’ont donné des émotions, des vibrations. par exemple Higelin, que j’ai découvert à 13 ans lors du premier concert live que j’ai vu. « Mona Lisa klaxon », j’adorais… sans comprendre les paroles !
« Ma gueule »… Fallait oser !
(Elle rit). Oui mais c’est une chanson que j’adore et que j’ai recomposée. D’ailleurs Johnny a été très heureux de ma version en soulignant justement que je n’avais pas fait une copie de sa version. J’étais très heureuse.
On a entendu parler d’un quatrième album. Où en est-il ?
Il est prêt depuis… 2016 ! Je ne sais pour quelle raison ma maison de disque a mis tant de temps à le sortir. Elle devrait le faire pour octobre. C’est un disque totalement écrit avec Marc Bastard, l’ex chanteur du groupe Skip the Use. Nous avons enregistré dans le plus grand studio d’Europe, ICP à Bruxelles, pendant qu’à côté, enregistraient Polnareff et Renaud ! Ca a été une super expérience et j’ai rencontré le producteur de la maison Périscope qui a décidé de développer ma carrière sur scène, la scène étant le lieu que j’aime le plus au monde.

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Il y a donc de la promo dans l’air ?
Je ne sais pas car le projet date déjà et depuis, j’ai vécu d’autres choses, j’ai écrit d’autres chansons et je prépare un nouvel album. J’avoue que ça me concerne moins car ça a été trop long.
Et ce nouvel album ?
Il me tient très à cœur car il va être 100% moi, ce sera, comme on dit, l’album de la maturité… car j’avance en âge, mon bon monsieur ! (Elle rit).
On parlait tout à l’heure de la flûte traversière… Pourquoi avoir choisi cet instrument inattendu ?
Je ne sais pas ! C’était n’importe quoi ! J’étais jeune, je ne savais pas trop ce que je voulais. En plus, avec cet instrument, je ne peux pas chanter ! Il n’y a que Jethro Tull qui savait bien le faire (Et voilà qu’elle me fait une petite improvisation !)
En fait, avec tous ces chemins de traverse musicaux que vous avez pris, où vous sentez-vous le mieux ?
Le blues… c’est mon feeling et justement, mon prochain disque balancera entre rock et blues, un truc très incarné, très puissant, où se mêleront interprétation et émotion ».

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Et c’est ce qu’elle nous a offert sur cette scène à Sanary où elle nous a prouvé qu’elle avait cette fibre là, véritable bête de scène à la voix puissante, allant de la force d’une Amy Winehouse et la folie de Nina Hagen, haranguant le public, jouant avec lui, avec ses musiciens qui sont de belles pointures, chantant avec Lola, une petite sanaryenne « L’enfer et moi », recevant Julie, gracieuse danseuse venant des Alpes Maritimes. C’est une bombe qui explose sur scène et qui en fait une chanteuse hors du commun, radieuse et élégante dans son ensemble-short noir, montée sur des talons aiguille qu’elle enlèvera pour se déchaîner sur scène.
Un show de folie qui a fait trembler les spectateurs… et les habitants des environs !
Amandine est certainement la nouvelle diva du rock !

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Jacques Brachet

Jazz à Toulon 2018 – 29ième édition

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Remember Petrucciani

Le 29ième festival « Jazz à Toulon » s’est achevé par des tornades de basses sur les plages du Mourillon avec The Stanley Clarke Band.           
Stanley Clarke, physique de colosse américain avec casquette de base-ball sur les yeux, montre d’emblée ce qu’il sait faire. Il tentait parfois de retrouver le feeling de School Days ; ce furent les meilleurs moments. Ainsi qu’avec son hommage à John Coltrane « Song For John », également quand il se mit à jouer vraiment de la contrebasse dans quelques morceaux, démontrant qu’il restait un très grand bassiste, comme sur « No Mystery ». A la basse électrique il usa et abusa de son fameux slap jusqu’à la caricature.
Il était en compagnie de 3 jeunes musiciens comme il y en a tant, qui jouent à fond du n’importe quoi sans intérêt : Cameron Graves(clav), Beka Gochiashvili (p) et Shariq Tucker qui jouait si fort qu’il éclata sa grosse caisse ! Du cirque !
Dommage que Stanley Clarke n’ait pas su, ou pas pu, résister aux sirènes du showbiz.
La foule en délire lui fit une ovation à faire décrocher la lune qui se tenait à l’écoute derrière la scène. Il en fut ainsi à tous les concerts, même sans la lune !
Retour sur quelques concerts. Tout d’abord les concerts d’après midi de 17h30 à 19h au centre de Toulon sur quelques jolies places ombragées.
Place Dame Sibille :
Sur cette place, noire de monde, officiait le groupe « ALF and Half » qui tourne avec succès dans la région depuis de nombreuses années, dont les musiciens sont très connus, à savoir Marc Abel à la guitare et au chant, Stéphane Leroy à la basse électrique et Frank Farrugia à la batterie. Ils présentaient leur nouveau disque « Wacky ».
Place Puget :
Jean Dionisi, 81 ans, joue toujours de la trompette et du cornet, avec la même fougue, le même plaisir, la même joie et la même force qu’à ses débuts. Voilà plus de 60 ans qu’il fait vivre le jazz traditionnel dans la région et au-delà, ayant toujours été à la tête des meilleurs groupes New-Orleans. Et celui d’aujourd’hui ne nous démentira pas, avec Jean-François Bonnet (cl,ss), Raphaël Porcuna (tb) Christian Lefèvre (soubassophone), Jean-Claude Proserpine (dm), Eric Méridiano qui remplaçait au pied levé, et avec brio, le pianiste en titre, et un invité de poids venu de Clermont-Ferrand, l’excellent banjoïste Henri Lemaire.
Jean-Philippe Sempéré Quartet avec Gérard Murphy (as), Pierre Fenichel (b) et Cédrick Bec (dm) sur le répertoire du guitariste Grant Green, auquel le leader à la guitare voue une grande admiration, pour un concert riche en subtilités et en contrastes.
Après avoir enregistré un disque éminent « This I Dig For You », salué par la presse musicale, le trio de Jean-Marie Carniel, l’un des meilleurs contrebassistes d’aujourd’hui, se produisait avec Denis Césaro (p), Cédrick Bec (dm) plus un invité Olivier Chaussade (ts), pour de grands moments sur quelques titres du disque entre autres.
« Sub Jazz Project » c’est le groupe de l’excellent batteur-chanteur-compositeur Rudy Piccinelli, avec avec Olivier Debourrez (tb), Benoît Eyraud (clav) Julian Broudin (s), Mathieu Maurel (tp), Antoine Borgniet (b), et Fortuné Muzzupapa (perc). Le répertoire du groupe est basé sur des chansons connues, réinterprétées en jazz. Magnifique travail et quelle prestation, avec 5 étoiles au percussionniste.

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Jean Dionisi – Carlos Maza Familia Septeto


Quelques grands concerts du soir :
Place Victor Hugo :
De l’avis général et du mien, le concert de Youn Sun Nah – « She Moves on » fut l’acmé du festival, et une belle découverte pour la plupart des gens.
Un ange est descendu du paradis de la musique, un bel et doux ange bleu, petite femme d’apparence si fragile sous sa robe bleue qui flotte au vent, et qui pourtant possède une voix d’une puissance exceptionnelle, capable des graves les plus profonds jusqu’aux aigus les plus fracassants, Yun Sun Nah offrit un concert mémorable, dont le moment le plus incroyable fut son interprétation fabuleuse de « Momemtum Magicum » de Ulf Wakenius qui fut son guitariste dans « Breakfast in Bagdad ». Elle était accompagnée à minima par Frank Woeste (clav), Brad Christopher Jones (b), Tomek Miernowski (g) et Dan Rieser (dm).
Jamais la qualité d’écoute dans les concerts n’avait atteint cette intensité.
Place Saint-Jean à Saint Jean du Var :
La fine fleur des musiciens de jazz habitant la région, et les proches de la famille Petrucciani, étaient réunis pour un hommage public au grand pianiste, Michel Petrucciani, en ce « Remember Petrucciani ». A noter la présence du saxophoniste Yvan Belmondo, figure patriarcale et grand formateur de musiciens, dont ses fils le saxophoniste, Lionel, et Stéphane, le trompettiste. Pour le répertoire il s’agissait de thèmes que Michel aurait aimé mettre en chanson, nous dit Nathalie Blanc. Elle s’est chargée de le faire avec des paroles en français, changeant les titres, exemple : « I Wrote Your Song » devient « Soir de mai ».
Étaient donc réunis l’un des frères de Michel, le sympathique Philippe Petrucciani, leader et à la guitare, auteur des arrangements, la chanteuse Nathalie Blanc, Nicolas Folmer (tp), Lionel Belmondo (s), Francesco Castellani (tb) Dominique Di Piazza (eb), Manhu Roche (dm). Ils sont tous amis, pratiquent le même langage musical, et comptent parmi la crème des jazzmen qui vivent dans le Sud.

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Subjazz Project – Yun Sun Nah

Les paroles n’étant pas transcendantes et la façon de chanter trop linéaire, malgré le scat, on ressenti un certain ennui. C’est dans le morceau en rappel que Nathalie Blanc va « se lâcher » comme on dit, et faire exploser ses qualités vocales assez époustouflantes, en galvanisant l’orchestre, avec l’habituel et roboratif délire de Lionel Belmondo. Dommage que tout le concert n’ait pas été de cette trempe.
Place de l’Equerre : La fête cubaine avec Carlos Maza & Familia Septeto,
Cinq femmes, deux hommes, la parité s’effondre ! Affaire de famille, le père, Carlos Maza (p), la mère, Mirza Maza (eb) et deux filles : Hilda Camila Maza (vln), Ana Carla Maza (cello). Noyau familial renforcé par Nino de Luca (acc), Rita Payes (tb), Naile Sosa (dm, perc).
Ana Carla Maza va mener la fête, aussi belle que déchaînée, elle maltraite son violoncelle, mais sait en jouer, chante, hurle et danse, ne tenant pas en place, occupant toute la scène : elle provoque le délire, au détriment de la musique souvent. Mais quel emportement, et quel charme sensuel ! Le spectacle fut abracadabrantesque. Ce fut une tornade qui emporte les corps dans un tourbillon de sons et de couleurs. Il faut se laisser emmener, chanter et danser. Nada màs !
Place Louis Blanc : Trilok Gurtu Quartet
Trilok Gurtu est un percussionniste-batteur indien d’abord joueur de tablas traditionnels, qui découvre les congas, bongos et autres percussions, puis la batterie et le jazz vers 1970. Il va alors jouer avec les plus grands, dont Don Cherry et Paolo Fresu. On se souvient de sa participation au « Mahavishnu Orchestra » de John Mc Laughlin, il vint d’ailleurs une première fois à Jazz à Toulon avec ce dernier.
Jean Cocteau appelait la batterie « Le bar des rythmes », on peut appliquer cette formule à Trilok Gurtu tellement il étale d’éléments de percussion autour de lui, jusqu’à un assemblage de bouchons plastiques multicolores, remplaçant les habituels coquillages, et un seau d’eau qui lui sera prétexte à un concerto pour eau, seau et baguette : beau spectacle. Sa démonstration de scat indien laissa pantois ; c’est ce scat qui permet aux joueurs de tablas de mémoriser les figures rythmiques.
Il jouait avec un groupe très européen : Jonathan Ihlenfeld Cuniado, espagnol (eb), Tulug Tirpan, Turc (p), et Frederik Köster, Allemand, (tp); trois excellents instrumentistes, fougueux et brillants. Le trompettiste est un des meilleurs en Allemagne, il lancera à la nuit quelques solos lumineux.
L’essentiel du concert fut dévolu au percussionniste qui fit la preuve de son immense savoir faire en la matière, et nous offrit un véritable festival. Il est impressionnant aux tablas, jouant l’équivalent d’une batterie avec seulement deux petits tambours et ses dix doigts.
A la batterie il joue dans la cour des bons batteurs jazz. Jazz qu’il n’a pas oublié, avec notamment un vibrant hommage à Paolo Fresu, intitulé « Berchidda », village de Sardaigne qui a vu naître Paolo ; ou encore « Pop Corn » dédié à Miles Davis.
Trilok Gurtu et ses musiciens m’avouèrent avoir été très émus et portés à se donner à fond par l’accueil toulonnais ; j’ajoute que j’eus le même aveu de la part de tous les grands leaders. Donc Toulon sait recevoir les artistes.
Des bons points sont à distribuer pour le son et la présentation des concerts.

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Trilok Gurtu Quartet – Stanley Clarke

Le Festival « Jazz à Toulon 2018 » fut égal à lui-même, dont le point culminant fut la prestation de haute tenue de Youn Sun Nah ; et les concerts d’après-midi qui ont tous présenté quelques-unes des meilleures facettes du jazz qui se joue aujourd’hui.
Les choix étaient bons, finalement bien dans la philosophie de « Jazz à Toulon » qui est d’animer différents quartiers de la Ville avec des concerts gratuits. Concerts qui sont concoctés avec courage, abnégation et persévérance, par Bernadette Guelfucci, présidente du Comité officiel des fêtes et des sports de la Ville de Toulon, aidée encore et heureusement par quelques subventions, épaulée par une solide équipe dévouée, travailleuse et efficace. L’an prochain le festival fêtera sa trentième édition, gageons qu’il y aura de belles surprises.

Serge Baudot

Carqueiranne – Festival In Situ
LELLOUCHE and CO… La der !

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Lorsqu’un groupe d’amis d’enfance se retrouve, à la cinquantaine, devant le décès de l’un des leurs, c’est le choc. Mais après le choc, ce sont toutes les questions de l’existence, de leur vie, qui sont remises sur la table. A-t-on bien vécu ? avons-nous réalisé nos rêves ? En avons-nous encore ? Combien de temps en avons-nous encore ? Le temps qui reste, comment l’employer ?
Ce sont toutes des questions qui vont perturber l’existence de ces quatre quinquagénaires face à une mort qui les touche de près et qui va tout remettre en question.
C’est ce sujet grave que Philippe Lellouche aborde avec, dans cette pièce intitulée « Le temps qui reste », comme toujours dans ses pièces, beaucoup d’humanité, de sincérité, de réalisme. Une comédie douce-amère où se retrouve ce trio inséparable qu’est l’auteur-comédien et ses deux acolytes, David Brécourt et Christian Vadim.
A leurs côtés, exit Vanessa Demouy , arrivée de Noémie Elbaz, qui a déjà une jolie carrière à la télé (elle a été Simone Brassens, on l’a vue dans « Section de recherches », « Femmes de loi », « Camping Paradis » mais aussi dans un autre « Camping », celui de Fabien Otteniente !)
Les trois autres, complices depuis des années, se retrouvent pour la troisième fois dans ce magnifique cadre du fort de la Bayarde, avec le même plaisir mais aussi une émotion particulière car ce soir-là, c’est la dernière.
Inutile de dire que la terrasse des coulisses est une véritable ruche car famille et amis y sont réunis et s’il est facile de trinquer avec eux, plus difficile est celui de les prendre à part, Philippe étant très volubile, dégustant avec gourmandise des gâteaux spécialement apportés pour lui, David s’occupant de son épouse et de son petit Mathurin de deux ans, Christian recevant des amis et Noémie, après être restée un long moment sur son Iphone, disparaissant pour se préparer.

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Juste le temps d’accrocher Christian, David qui commence à se concentrer et par contre Philippe, lui, décontracté, prendra le temps de se poser un moment avec moi.
David, comment s’est constitué ce trio qui a l’air aujourd’hui indissociable ?
Notre rencontre a été guidée par le hasard. Il se trouve que Philippe et moi habitions tout près l’un de l’autre à la campagne. On ne se connaissait pas mais on s’est retrouvé autour d’une table chez des amis communs. A la fin du repas, il m’a proposé sa pièce « Le jeu de la vérité ». Il a fait de même avec Christian, quant à Vanessa, ça allait de soi puisqu’elle était alors sa femme.
As-tu vite dit oui ?
…Oui ! la pièce était percutante et je découvrais un véritable auteur avec beaucoup de talent, une grande intelligence, une grande vivacité d’esprit… Avec Philippe, on a touché le gros lot et depuis, nous sommes engagés dans la même aventure !
Nous avons donc joué avec succès « Le jeu de la vérité ». C’est la première pièce que nous avons créée, puis il y a eu sa suite « Le jeu 2 la vérité » et « Boire, fumer et conduire vite »… il y a eu les films et enfin cette pièce qui se termine ce soir « Le temps qui reste »
Christian, dans quel état d’esprit êtes-vous ce soir ?
C’est la dernière… et alors ? Ca fait 17 ans qu’on est ensemble, aussi bien au théâtre qu’au cinéma et avec eux on sait que ce n’est jamais la dernière. Nous venons de faire Paris et la tournée avec cette pièce, cet été nous avons fait les festivals et la suite… elle est à écrire. Mais on sait déjà qu’il y aura une suite. Donc ce soir nous sommes joyeux, heureux, moi je vais prendre des vacances, me trimballer à moto avec des potes, je vais passer un mois de vacances avec mes filles.
Comment s’est fait la rencontre avec les deux comparses ?
Avec Philippe, nous nous étions croisés quelquefois dans le cadre professionnel. Il y a 35 ans, Philippe était journaliste et la première interview qu’il a faite, c’était au festival de Cannes et c’était… moi ! Il travaillait pour un média portugais !
Puis on s’est retrouvé sur une série TV de TF1 « 72 heures » et un an plus tard il me proposait « Le jeu de la vérité. Avec David ils se connaissaient car tous deux vivaient à Barbizon. On s’est retrouvé tous les quatre, avec sa femme, Vanessa Demouy, à Pierres et Vacances à Cogolin… C’est là que tout a démarré… Et que ça dure !

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Philippe… Auteur, scénariste, réalisateur, metteur en scène, comédien, journaliste, chanteur… Qu’est-ce que vous n’avez pas encore fait ?
La météo ! Blague à part, tous ces métiers sont les mêmes, chacun est la prolongation de l’autre, c’est en fait raconter des histoires de diverses manières.
Comment passe-t-on de journaliste à comédien et auteur ?
J’étais grand reporter mais le métier, vous devez en savoir quelque chose, est devenu aujourd’hui très compliqué. Du coup, de témoin, j’ai voulu devenir acteur de ce monde. J’ai donc choisi. L’écriture, c’est ce que j’ai toujours aimé faire et lorsque j’ai vu que je n’étais pas prisé par les meilleurs auteurs et réalisateurs français, j’ai décidé d’écrire moi-même des pièces. Ainsi est née la première pièce « Le jeu de la vérité ».
Et comme je voulais être entouré de copains, j’ai choisi David et Christian qui, au fil du temps, sont devenus des amis. Vanessa, ça allait de soi, c’était alors ma femme !
Lorsque vous écrivez, vous pensez toujours à eux ?
Oui, très souvent lorsqu’il y a plusieurs personnages. Mais j’ai écrit pour Gérard Darmon « Tout à refaire » et au départ, je n’avais même pensé à y jouer. Sinon, je pense à eux, évidemment. Nous sommes amis, nous avons le même âge, les mêmes préoccupations, je développe des thèmes d’actualité qui les intéressent. En fait, nous sommes la seule troupe de théâtre privé existant en France !
Et le succès est toujours là, on le voit ce soir où on a refusé du monde !
Oui, c’est à la fois formidable et inconfortable car, c’est vrai, le public nous aime tous les trois, ils nous sont fidèles, ils attendent beaucoup de nous et c’est donc à chaque fois un challenge… Vont-ils aimer ? Je pense qu’ils aiment car j’aborde des sujet où tout le monde se sent concerné. Ca a été les problèmes de la trentaine, de la quarantaine, aujourd’hui de la cinquantaine. D’ailleurs aujourd’hui, on ne pourrait plus jouer « Le jeu de la vérité »… On est trop vieux !
En attendant de retrouver vos acolytes pour certainement un autre projet, les votres vont vers où ?
Oui, il y a déjà un projet qui se dessine mais avant ça, je vais mettre en scène l’avocat Eric Dupont-Moretti pour un spectacle intitulé « A la barre », au théâtre de la Madeleine. C’est évidemment lui qui écrit le texte où il va raconter sa vie d’avocat. Puis je redeviendrai comédien, au cinéma, en septembre, dans le prochain film de Michaël Youn, qu’on tournera à St Tropez et j’enchaînerai avec le prochain film de Lelouch… l’autre ! Et je finalise un scénario.
Et toujours rien avec Gilles, votre frère ?
Il y a longtemps qu’on y pense mais le problème est que nous sommes deux frères et qu’en plus, on se ressemble. Alors, quoi jouer d’autre que deux frères ? Ou alors l’un joue, l’autre réalise ou met en scène. Mais c’est sûr, on trouvera la solution un jour !
Aujourd’hui, avez-vous d’autres envies ?
J’en ai toujours plein. Comme par exemple, j’aimerais chanter. Je m’y suis essayé et j’aimerais aller plus loin, pas simplement pour faire un disque et l’ajouter à mon CV !
Je me donne encore vingt ans pour accéder à mes désirs… Et il y en a !

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Propos recueillis par Jacques Brachet

Carqueiranne – Festival « In Situ »
TEX… une nounou pas comme les autres

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Feydeau a dû se retourner dans sa tombe… Mais comme il a de l’humour, il a dû aussi bien se marrer de la version que Tex a faite de « Monsieur Nounou ». Une version qui, malgré les costumes restés d’époque a été « remastérisée » par les ajouts que notre humoriste y a parsemés, au grand dam de ses collègues qui ne peuvent s’empêcher d’attraper des fous-rires sur scène !
Sans compter le public qui, venu nombreux pour l’ouverture du festival « In Situ » de Carqueiranne, le seul festival de théâtre de la région, n’a pas été en reste pour rire toutes les cinq minutes à ce vaudeville actualisé.
L’histoire ? Un sénateur cherche une nouvelle nounou pour faire garder son fils, celle qu’il a étant un peu trop entreprenante avec les hommes alors que lui ne se gêne pas pour mélanger la chambre des débutés à sa chambre à coucher ! Survient un clerc de notaire pour une saisie, amoureux de la nounou proche du renvoi, bloqué dans sa chambre et du coup, devant se faire passer pour la nouvelle nounou.
Quiproquos, portes qui claquent, situations folles… C’est du Feydeau pur jus avec un gros zeste de Tex qui fait crouler de rire. Avec, autour de lui, quatre superbes comédiens qui jouent le jeu avec à propos, énergie et fous-rires à l’appui ! Très drôle, Lionnel Lagel en neveu pas très futé !
Beau début de festival !

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entourant Tex, Eric Massot, Jacques Bouanich, Lionel Lagel, Belen Lorenzo

Quelque heures auparavant, je retrouve Tex et sa troupe à l’hôtel à Hyères où un sérieux (?) filage bat son plein, car il n’ont pas joué la pièce depuis un an !
Tex ne reste pas une minute en place, va, vient, balance ses répliques, les vraies comme les fausses dans une bonne humeur contagieuse.

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Tex, deux rôles à la fois… compliqué ?
Pas du tout, au contraire, c’est rigolo et sympathique à faire. le tout est de pouvoir se changer à temps !. C’est speed, c’est plein de folie et d’énergie mais c’est très exaltant à faire !
Remontons donc dans ta carrière : Comment le jeune Jean-Christophe le Texier est-il devenu comédien ?
J’ai fait le conservatoire de Troyes où j’ai rencontré deux copains avec qui nous avons monté une troupe intitulée T (Théâtre, Tex et nous sommes Trois !). Puis je suis monté à Paris où j’ai passé les auditions pour l’émission « Le théâtre de Bouvard » où j’ai été reçu. Bigard, Muriel Robin sont venus me rejoindre. J’ai écrit et joué de nombreux sketches. puis j’ai fait « La classe », « Les enfants de la télé »…
Le comédien s’est transformé en humoriste ?
Non, c’était inné en moi. J’ai toujours aimé et manié l’humour, c’est ce que je sais le mieux faire. J’ai écrit et joué une dizaine de one man shows. Et c’est toujours la même angoisse, le même stress… et le même plaisir !
Et le théâtre ?
Les one man shows, c’est du théâtre mais j’ai joué quelques pièces pour la télévision. J’en ai fait trois pour France 2 entre autres. Mais en ce moment je peaufine mon dixième one man show qui s’intitule « Tex en toute liberté » où j’aborde tous les sujets de société d’aujourd’hui. Je l’ai rodé six soirs à Avignon.

E G
H J

C’est quoi pour toi, les sujets d’aujourd’hui ?
C’est un monde déprimant fait de critiques, de délations, d’accusations, de peur, de jugements hâtifs et à tort. C’est la liberté bafouée…
Pas rigolo tout ça ?
Non, mais c’est la réalité, la fin de la liberté d’expression, c’est beaucoup d’abus de pouvoir… La preuve, pour une blague on se trouve mis à la porte !* Mais bon, je suis optimiste et léger, pessimiste et grave et je joue avec tout ça sous la forme de l’humour. Je choisis quelques sujets brûlants pour les apaiser alors que tout le monde rallume des feux tout autour… oh, j’aime cette phrase… Je la note !
Justement, durant 17 ans, l’animateur a occulté le comédien avec l’émission « Les Z’Amours »
Pas du tout. J’ai toujours joué au théâtre en parallèle avec l’enregistrement de l’émission. J’ai toujours mené les deux de front et j’aurais continué si on ne m’avait pas trahi, menti…
Malgré ton humour et son optimisme, on sent que cette « affaire » est encore bien présente chez toi !
Oui, même si peu à peu ça s’estompe et de jouer, de retrouver le public qui est toujours là est une source de joie. Aujourd’hui tout est policé, il faut faire attention à tout ce qu’on dit… C’est tout.
Tu as sorti, juste après l’affaire, un livre de blagues… vengeance, provoc ?
Ni l’un ni l’autre. Ni cynisme ni provocation. J’essaie simplement d’ouvrir des portes dans l’allégresse en espérant que le public la passera.
Ton public est-il différent lorsque tu passes de l’animateur, du comédien de théâtre, de l’humoriste ?
Je crois qu’il l’est de moins en moins. Aujourd’hui le public est plus flexible qu’avant. Il s’adapte aux situation, peut-être est-il plus curieux, il aime pouvoir choisir, ses choix sont diversifiés.

I

Parlons donc de ce retour au théâtre.
Je n’ai jamais arrêté mes one man shows et la pièce est venue se greffer là-dessus, ce qui fait que je joue les deux spectacles en alternance. J’ai en tout quelques cinquante dates. Bien, sûr, ce sont des salles différentes, des ambiances différentes, peut-être des publics différents… En 20 ans, j’ai fait quelque 5000 spectacles ! Eh… je suis comédien !
Comment es-tu arrivé sur ce Feydeau ?
J’en ai déjà fait plusieurs et on a donc pensé à moi. J’ai tout de suite été emballé par le fait de jouer deux rôles car mon personnage offre beaucoup de possibilités. C’est entre « Tootsie » et « Mme Doubtfire »… D’un côté le clerc fait des saisies, de l’autre, il fait des ménages ! C’est très agréable à jouer.
Et le cinéma dans tout ça ?
Pour le moment il ne bouge pas mais j’ai trois, quatre scénarios sur le feu et ça viendra quand ça devra venir. j’ai la chance de pouvoir me diversifier, je ne m’inquiète pas. Je suis ouvert à tout, j’aime ouvrir d’autres portes… »

Propos recueillis par Jacques Brachet
*Le 30 novembre 2017 Tex, invité dans l’émission « C’est que de la télé ! » sur C8 raconte une blague sur les femmes battues. Ca n’a pas eu l’heur de plaire à la direction qui l’a aussitôt démis de ses fonctions.