Archives mensuelles : avril 2018

Sylvie de la FUENTE
Une peinture à explorer le temps

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C’est ce qui s’appelle prendre un virage à 160° !
En effet, de ses multiples voyages dans les pays lointains, Sylvie de la Fuente ramenait des images, ses sensations, des impressions, des émotions qui alimentaient à la fois son esprit, son imaginaire et son travail sur la toile, voyages auxquels elle nous faisait participer avec beaucoup de poésie et de sérénité, de mysticisme parfois aussi.
Et voilà qu’on la retrouve sur un chemin aussi inattendu qu’original et passionnant, une oeuvre en trois D, à la fois philosophique et révoltée mais jamais sans humour, intitulée « Transhum’Art ».

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Explication
« Chaque année – nous confie-t-elle – je partais en voyage pour faire le plein d’émotions, d’images que je traduisais sur la toile. Cette année, suite à un problème personnel, je n’ai pas pu partir. Ce qui m’a beaucoup frustrée mais qui m’a amenée à me poser et à réfléchir sur de grands sujets universels qui me préoccupent, comme la disparition d’espèces animales qui me rend malade, la déshumanisation de l’homme à cause de la technique, de la machine, ce qu’on appelle le progrès et qui est en train de prendre le pas sur l’humain et qui m’angoisse beaucoup.
J’ai dû remonter dans le passé pour aller vers le présent et le futur en me posant la simple question : qu’est-ce qu’on est en train de devenir ?
Dans le passé, le Moyen Âge est une civilisation où s’est développé la culture et où la femme avait une grande influence. Ce qui n’est plus vraiment le cas. J’ai donc cogité longtemps et l’idée m’est venue de mêler passé et futur, humain et machine qui le déshumanise et fait peu à peu disparaître l’animal ».

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Ainsi la voici dans un mode de création tout à fait différent de son passé à elle, pas si lointain mais très loin de ce que son esprit créatif nous donne aujourd’hui à voir, c’est-à-dire des toiles conçues comme des puzzles, mêlant la peinture, le collage de plein de choses, sinon hétéroclites car elle ne sont jamais là pour rien, du moins originales et symboliques, cernant ses personnages issus d’histoires anciennes.
C’est un inventaire à la Prévert où l’on retrouve des papiers peints, des papiers précieux, des dentelles, des tissus, des clefs rouillées, des poignées de tiroirs, des rouages de montres et des pièces récoltées dans des ordinateurs qu’elle a fait voler en éclats. Tout cela bien sûr avec des intentions précises, une imagination débordante, une originalité folle et une forte symbolique sur le questionnement de l’avenir de l’homme.
Ce n’est pas toujours réjouissant, c’est beaucoup moins serein que ses toiles « d’avant », ça pose question mais on trouve malgré tout un fond d’optimisme sur le fait que si la machine gagne sur l’Homme, en fait c’est l’Homme qui un jour reprendra le dessus et ne disparaîtra pas. Du moins, elle ose le croire et l’espérer.
A l’inverse de ses anciennes toiles éclatant de jaune, d’oranges, de rouge, d’or, nous sommes là devant des tons plus froids car déshumanisés par les machines et les ordinateurs, mais avec toujours un fourmillement de détails que l’on découvre au fur et à mesure qu’on entre dans la toile, car tout ne nous saute pas aux yeux sur l’instant et chaque toile a une histoire.

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Ainsi, par exemple, ces « Troubad’ours », couple apparaissant dans une scène baroque, issu d’une photographie qu’elle a prise en revêtant se couple d’amis dans des costumes moyenâgeux mais où des têtes d’animaux ont remplacé leurs visages cernés d’éléments d’ordinateurs. Comme encore « La légende de la fille du roi d’Ys », évocation de cette égérie féminine, qui fut certainement la première féministe, à qui l’on donnait des pouvoirs surnaturels et condamnée par l’église.
« Chat-man » est on ne peut plus symbolique, la toile disant que le jour ou l’homme et l’animal se réconcilieront, ils vaincront la machine qui nous asservit.
Bien sûr la femme est omniprésente dans son oeuvre, qui est plus que l’avenir de l’Homme mais l’avenir de l’humain. Ainsi ces trois femmes semblant sortir d’un roman du XVIIIème siècle (Peut-être les trois grâces), entourées de livres, de poésie, d’art, de musique, les clefs du savoir issues d’une éducation qui « si elles ne l’ont pas, elles sont foutues » ajoute Sylvie en riant.
Derrière toutes ces toiles, plein de questionnements sur le devenir de l’humain, sur la liberté de vivre et de penser, sur la mémoire artificielle qui nous enveloppe de plus en plus… Une vraie réflexion philosophique qui nous pose des questions : Où va le monde ? Où le futur nous mènera-t-il ?
C’est installée dans la nature, du côté de Solliès-Pont que, durant près de six mois, après avoir beaucoup cogité, que Sylvie s’est lancé ce nouveau défi, a pris un grand tournant, presque une révolution plus qu’une évolution dans son cheminement d’artiste qui se remet en question et sa pensée de femme qui s’interroge sur le futur de l’Homme.

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta
Pour découvrir ces nouvelles oeuvres de Sylvie de la Fuente :
– Foire de Paris, Porte de Versailles,du 27 avril au 8 mai.
– Sm’ar’Aix, Parc Jourdan, Aix-en-Provence, du 17 au 21 mai.

 

Six-Fours Fédération Photographique de France
Concours national
Un Six-Fournais à l’honneur : Mathieu VAUTRIN

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Mathieu Vautrin

Chaque année, la Fédération Photographique de France organise des concours nationaux sur divers thèmes et divers supports.
C’est la ville de Six-Fours qui a été cette année choisie pour recevoir le concours national couleurs papier, la Fédération  ayant été reçue par le président du club six-fournais Phot’Azur, Henri Chich, et l’Union Régionale PACA, présidée par Francine Chich.
C’est ainsi que le club a reçu 1050 photos émanant de 25 unions régionale et de 191 clubs, photos devant être jugées par un jury composé de :
– Théo Giacometti, professeur de photographie de Marseille;
– Michel Wayer, photographe professionnel d’Arles;
– Dominique Moachon-Sagne, de l’Ecole des Beaux-Arts de la Seyne-sur-Mer
Le tout encadré par Michel Dupouy, commissaire national papier couleur.
Ce fut, durant deux jours, un labeur de grande haleine tant il n’est pas si facile que ça de juger un millier de photographies venues de toute la France.
Hormis les prix individuels, ce concours permet aux clubs participants de passer de la catégorie National 2 à la catégorie National 1, c’est-à-dire la plus haute marche du concours national.

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Les 3 jurés – Francine Chich, Michel Wyler, Henri Chich, Dominique Machon-Sagne, Théo Giacometti, Michel Dupouy

Ainsi en ont décidé les jurés, le prix de la meilleure photo a été attribué à Christophe Audibert, du Photo-Club de la Garenne-Colombe, dans la région parisienne et c’est un adhérent du club six-fournais Phot’Azur, Mathieu Vautrin, qui a reçu le prix du meilleur auteur, à savoir que cette récompense est donnée sur une série de trois photos présentées.
Par ailleurs, ces attributions permettent aux clubs concurrents de passer du National 2 au National 1.
Les cinq clubs qui arrivent en tête sont :
1er. Le Photo-Club de Grande Synthe (59);
2ème. Le photo club Rust et Art de… Rustenhart ! (68);
3ème. le Club Déclanch’Eur et Loir (28)
4ème ex-æquo : Phot’Azur Six-Fours (83) et Photo-Club de Martigues (13)
L’on a pu découvrir de magnifiques artistes, originaux, inventifs et il est vrai que dans toute cette diversité de talents, les jurés ont eu quelquefois du mal à se départager. Il fut même surprenant de voir également la diversité des notes d’un juré à l’autre tant de critères mais aussi de subjectivité entrent en jeu dans un tel concours !
L’esthétique, l’originalité, la technique, l’inventivité sont présents dans chaque œuvre proposée et on ne sait jamais ce qui va primer.

Féroé. Septembre 2017

Féroé. Septembre 2017 – Christophe Audibert

A tel point que chaque juré a voulu donner son coup de cœur :
– Michel Wayer a choisi la photo de Christian Georget du club Chartres Objectif;
– Dominique Moachon-Sagne lui a préféré celle de Catherine Lefort du club Regard Image de Marly;
– Le choix de Théo Giacometti s’est porté sur celle de Franck Appellzhem du Photo-Club de Grande Synthe
D’autres prix et diplômes plus ciblés ont été donnés mais vous pourrez retrouver tous les résultats entre autre sur le site de Phot’Azur : http://www.photazur.fr/

Jacques Brachet

 

Toulon – Le Colbert
Lucienne et Solange… Cuisine en famille !

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Elles étaient deux Vamps : Lucienne, la naïve (Nicole Avezard) et Gisèle, le verbe haut et houspillant sans arrêt sa copine (Dominique de Lacoste).
Ensemble elles ont fait les 400 coups et puis, exit la Gisèle, partie vers une autre destination. Du coup, Lucienne a appelé sa nièce Solange (Isabelle Chenu) à la rescousse, pour avoir une compagnie dans l’appartement qu’elles partagent. Solange n’est pas « fût-fût », c’est là son moindre défaut car elle est gentille, patiente et subit les sautes d’humeur de Lucienne avec bonhomie… Chacune son tour !
Et voilà que la télé les ont sélectionnées pour participer à l’émission « Un souper plus que parfait ». Aussitôt branle-bas de combat, nos deux commères vont devenir stars, elles y croient dur comme fer et vont tout faire pour… Hélas, elle sont tournées en ridicule et, mortifiées, décident alors de changer de style, de devenir « fashion », branchées, sexy, de courir après les cocktails, les premières, les after avec un look approximatif, ce qui va vite les épuiser et les faire revenir à la case départ. Télé, célébrité, fini, juré… A moins que…
Devant une salle pleine à craquer, nos désopilantes duettistes on mis le feu, grâce à des situations surréalistes, des expressions et des tournures de phrases à la limite de la contrepèterie, un vocabulaire très approximatif qui fait mouche à tous les coups.
Savez-vous par exemple que lorsque s’accumulent les cunnilingus, c’est signe qu’on va être mouillé et que Solange va vivre une descente aux enchères en passant une nuit au garde à vous pour avoir rencontré une certaine Marie Rouanat. Que durant leur période « fashion » elles vont se retrouver dans des apéritifs divinatoires, ne vont plus savoir où donner de la bête et qu’il va falloir remettre les pendules ailleurs !
Et quelle surprise lorsque leur émission, en fait, fait un tabac et bat les records d’automat’ !
Bref ça fuse de toutes parts, ça crie, ça se bouscule, ça chante, ça danse et le french cancan final est de la haute voltige accompagné par des centaines de mains qui battent la mesure !
Et les voilà, dix minutes après, avec leur vrai visage, pour signer DVD et photos, difficiles à reconnaître !

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Dans l’après-midi, j’ai eu la chance de passer un moment avec ces femmes aussi disertes, volubiles que sur scène, charmantes et non dénuées d’humour.
Parlez-moi un peu de la genèse de votre nouveau duo ?
Nicole :
Ca fait déjà dix ans et trois spectacles avec la Vamp, mais avant il y a eu deux autres pièces de théâtre : « Attention, vol de dindons », un thriller et « Petites taquineries », un spectacle de sketches car je voulais faire autre chose. Ce troisième spectacle s’intitule « Vamp in the kitchen ».
Un jour, un café-théâtre m’a demandé de venir pour un soir reprendre le rôle de Lucienne. J’y suis venue avec ma copine Isabelle qui, alors, ne faisait qu’entrer et sortir en ne disant pas un mot, en ne faisant que des mimiques. Elle y jouait ma nièce un peu empruntée. Ce qui a fait hurler la salle de rire. Du coup, un producteur est venu nous proposer de continuer avec lui.
Isabelle : J’ai dit oui à condition que je parle… Et depuis, je me suis rattrapée !
Nicole : Moi aussi, du coup, je parle d’avantage puisque je n’ai plus Gisèle pour me couper la parole !
Vous vous vengez sur votre nièce en la houspillant à votre tour ?
C’est un peu ça mais pas autant que le faisait Gisèle. Je suis une gentille, moi !Et comme elle joue ma nièce, il y a des rapports différents.
Isabelle : Ce sont en fait des rapports de clowns et c’est toujours gentil et fait pour faire rire.
Alors Nicole, vous avez un drôle de parcours car vous n’auriez pas du être comédienne ?
Oui, je vous l’avoue.. Je suis docteur en mécanique des fluides ! C’est vrai, je ne plaisante pas.
Entre 7 et 12 ans, j’ai fait du théâtre pour enfants avec mes parents, puis j’ai passé mon bac. J’avais 17 ans et j’ai fait mes études tout en prenant des cours de théâtre. C’est là que j’ai rencontré Dominique de Lacoste et qu’on a eu cette idée des Vamps. Du coup, j’ai bifurqué… malgré le doctorat que j’ai réussi !

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Et vous Isabelle ?
Moi c’est un peu le contraire. J’ai commencé à faire du théâtre puis je me suis dirigée vers… un doctorat de médecine ! Et moi aussi j’ai réussi et je suis gériatre !!!
J’ai passé mon bac à 17 ans et je voulais partir avec une compagnie théâtrale, ce que mes parents ont refusé. Alors j’ai fait mes études et comme Nicole, j’ai pris en parallèle des cours de théâtre. Un jour je me suis dit : « C’est plus possible » et je suis revenue au théâtre.
Votre rencontre ?
Isabelle :
Aux urgences, où je travaillais et ou Nicole est venue se faire soigner ! Mais là, rien ne s’est passé. Ce n’est que quelques années plus tard, alors que je prenais des cours en Touraine, où nous habitions toutes les deux, que nous nous sommes rencontrées.
Nicole : La première fois que je l’ai vue jouer, je l’ai suppliée de venir me joindre dans l’école où je donnais des cours. J’ai tout de suite vu le potentiel comique qu’elle possédait.
Lorsque j’ai commencé à écrire, j’ai fait appel à elle pour qu’on écrive et qu’on joue ensemble.
Depuis on ne se quitte plus et on rigole !
Isabelle : Nous en sommes au troisième spectacle de « La » Vamp et non « Les » vamps comme beaucoup le croient encore !
Comment travaillez-vous ?
A quatre mains ! on a des idées, on les écrit, on les confronte, on rigole beaucoup… Par contre, souvent, le lendemain, en nous relisant… on rigole moins ! On fait des corrections, on le fait lire aux amis, à la famille, on rectifie le tir. Ca dure à peu près trois mois. Après il y a un mois de répétition et de mise en scène et on part roder le spectacle. là, on peut encore changer des choses si on voit que ça ne fait pas mouche avec le public. Selon l’actualité, on enlève des choses, on remplace. Par exemple, nous parlions de Fillon et de Johnny. Pour le premier, ça tombait à plat, pour le second, même s’il n’y avait rien de méchant sur lui, on a préféré le retirer, par respect pour lui et les fans
Nicole, on vous voit plus en Lucienne qu’en Nicole ….
Et ça m’arrange ! Je suis une femme comme les autres, qui a une vie comme les autres et du coup, on me reconnaît très peu dans la rue, sauf lorsque je fais une télé. Mais ça dure deux, trois jours, après je n’ai plus de problèmes.

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Les auriez-vous reconnues ?

Durant la tournée, est-ce que vous pensez déjà au prochain spectacle ?
Nicole :
Non… sauf lorsqu’on sait qu’il va falloir s’y mettre.
Isabelle : On est comme un écolier qui se rend compte qu’il doit rendre sa rédaction le lendemain ! Alors on commence à cogiter.
Nicole : Et c’est là qu’on sait qu’il va falloir s’arrêter de jouer. A partir de là, on est en alerte. Alors on s’arrête, comme on va bientôt le faire et pendant six mois on s’enferme pour travailler.
C’est quoi le top départ ?
Nicole :
Lorsqu’on a donné le résumé et le titre du prochain spectacle à notre producteur ! Alors on sait qu’il faut y aller.
Le producteur n’attend pas que vous ayez écrit ?
(Elle rit). Non, il nous fait confiance et alors nous avons toute liberté d’écrire, tout en sachant qu’il y a une date au bout !
Qu’avez-vous pensé lorsque que vous avez découvert »Les Bodin’s » avec un personnage qui ressemblait aux Vamps ?
En moins bien, avouez ! On a d’autant plus rigolé que ce sont à la fois des amis et des voisins et surtout, que ce sont deux humours différents. Eux, c’est un amour campagnard, nous un humour plus urbain, même si c’est une ville de province.
Chacun va voir les spectacle de l’autre, on se croise quelquefois en tournée, on en profite pour manger ensemble.
Ils méritent leur succès car leur spectacle est formidable. Et à côté de nous, c’est une super-production.
S’ils passent par là, allez les voir ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Le Liberté : CAUBERE, le magnifique

LE BAC 68, Histoire comique et fantastique, écrite, mise en scène et jouée par Philippe Caubère au theatre des Carmes dans le cadre du festival d'Avignon OFF 2015

The show must go on…
C’est l’expression utilisée lorsqu’un problème se présente au cours ou avant qu’un spectacle n’ait lieu.
Et là, le problème était de taille puisque, arrivé à Toulon, au Liberté, pour jouer trois spectacles sur trois soirées, Philippe Caubère apprend par les journaux l’accusation de viol dont il est l’objet par une femme rencontrée il y a plusieurs années.
Imaginez l’état d’esprit de l’artiste devant monter sur scène quelques heures à peine après avoir appris cette nouvelle, comme tout le monde, non pas par la police mais par média interposé.
Il faut savoir que, durant trois jours, le Liberté fait salle pleine.
Philippe Caubère décide alors d’intervenir sur scène avant le spectacle, auprès de Pascale Boeglin-Rodier co-directrice du Liberté.
« Je voudrais tout d’abord remercier le Théâtre Liberté, digne du nom qu’il porte, de l’accueil que j’ai reçu malgré cette affaire qui vient d’éclater et que j’ai découverte en même temps que vous.
Je vous remercie, vous aussi public, d’être là et j’espère avant tout vous donner le meilleur de moi-même, malgré, ce que vous pouvez imaginer, ce qui se passe en ce moment dans ma tête.
Aussi, je vous demande de m’excuser si je peux avoir des absences durant le spectacle. Ma fidèle assistante sera là, comme chaque soir, pour m’aider à m’en sortir. »
Pascale devait ajouter qu’elle était navrée, comme tout le monde, de cette situation mais que, jusqu’à nouvel ordre, la présomption d’innocence existe et que dans ces cas-là, il n’était nullement question d’annuler quoi que ce soit.
Quittant la scène, Philippe Caubère demandait au public de patienter quelques instants pour intégrer le rôle et revenir jouer le premier spectacle de sa trilogie, regroupée sous le titre « Adieu Ferdinand » : « Le bac 68″

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Et ce fut de la haute voltige.
Un Caubère qui mit simplement quelques minutes à investir ce rôle de Clémence, mère de Ferdinand et qui fut magistral durant deux heures, ne s’épargnant pas, fonçant dans le tas, interprétant à la fois Clémence et Ferdinand sur le fil du rasoir, nous prouvant, s’il en était besoin, quel magnifique comédien il est.
Et par la même occasion, le superbe auteur qui nous propose un texte ciselé, plein d’humour et de vérité, plein de subtilité mais aussi de force et d’énergie.
La dernière demi-heure, lorsque Ferdinand passe le bac en cette fameuse année 68, qu’il n’en a rien à foutre mais voudrait l’avoir pour pouvoir être… comédien, est totalement jubilatoire et surréaliste.
Le comédien s’est donné à fond et, s’il avait au départ demandé à un certain public qui pourrait le siffler pendant le spectacle, de ne pas intervenir et de venir le voir après le spectacle, il dut être rassuré, d’abord par les rires qui fusèrent durant deux heures et par l’ovation que celui-ci lui fit au salut.
Il vint rejoindre quelques amis pour boire un verre après le spectacle et nous dit tout le bonheur qu’il avait eu à jouer ce soir, ce qui lui permit de se laver le cerveau et de jouer peut-être comme il ne l’avait jamais fait.

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On gardera donc le souvenir du spectacle éblouissant que nous a offert l’artiste et de son sourire revenu.

Jacques Brachet

Sanary : Quant l’Art & l’Espace ne font qu’un

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Georges Klimoff, ingénieur conseil et interprète, a deux passions : l’espace et la Russie dont il est issu.
Varois de cœur, il navigue entre la Seyne où il vit et Sanary, où il a des attaches avec l’hôtel 4 étoiles « La Farandole » tenu par une équipe russe et avec Oleysia Sudzhan, qui possède la galerie Kvartiras à Moscou et propose dans cet hôtel des expositions d’artistes de sa galerie.
Notre ami est toujours partant pour monter avec elle des manifestations culturelles franco-russes de prestige.
Cette fois, il va faire très fort, en organisant à Sanary, du 26 avril au 6 mai, un événement qui va réunir l’art, la science et la culture.
Elle s’intitulera « L’Homme et l’Espace » et va faire rencontrer au public des artistes, des scientifiques de haut niveau, français et russes, des cosmonautes et proposera rencontres, expositions, films, débats, conférences, tables rondes.

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Evgenia Plokhikh _ Oleyssia Sudzhan – Georges Klimoff – Pierre Kuentz – Hélène Kuntz

La genèse de cet événement; Georges Klimoff nous la raconte :
« Je reçois un jour, à 8 heures du matin, un coup de téléphone du maire de Sanary, Ferdinand Bernhard qui, rentré de Moscou, a été ébloui par la découverte de la Cité des Etoiles et la l’entraînement des cosmonautes auquel il a pu assister. Il me dit qu’il a aussitôt fait un parallèle entre eux et le travail de Dumas-Taïllez-Cousteau fait en partie entre Six-Fours et Sanary. Il m’a alors demandé de réfléchir sur une rencontre entre ces deux mondes, ces deux milieux de l’extrême Le sujet était donc tout trouvé et aussitôt Oleysia a été partante pour y ajouter la dimension artistique en proposant une exposition d’artistes russes et français sur le thème de l’espace, mêlant le réel et l’imaginaire, les peintres et les astronautes
– Nous avons – ajoute Oleysia – un modeste galerie à Moscou, ce qui ne nous a pas empêché de réaliser 39 événements en deux ans. La réalisation de celui-ci est donc très important pour nous, d’abord parce qu’il est exceptionnel et prestigieux et aussi parce que l’objectif est de développer et resserrer des liens entre la France et la Russie et d’échanger dans les domaines de la culture et de la science »
Il est aussi vrai que depuis la communication journalière qu’a fait Thomas Pesquier pendant son séjour dans l’espace a créé un nouvel engouement et irradié tous les pays.
Afin de proposer une manifestation de prestige, il a remué terre et… ciel et Sanary va vibrer à l’heure russe tout azimut, puisque l’événement est soutenu par le Consulat Général de la Fédération de Russie à Marseille.

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Sasha Pasternak – Anton Totibadze – Marie-Jo Parron

Sur le thème « Voyage dans le cosmos », La Farandole, la médiathèque de Sanary et le kiosque à musique, proposeront de découvrir des peintres russes : Anton Totibadze, Alexandra Pastenak, Denis Petroulenkov. S’associeront deux artistes français fort originaux : Pierre Kuentz, peintre Aubagnais, spécialisé dans la peinture du cosmos et Marie Joe Parron, qui vit à Lus la Croix Haute, peintre astrophysicienne autodidacte. Viendra se joindre à eux Patrice Garcia, qui vit à Six-Fours et a créé les décors et les personnages des films de Luc Besson « Valérian et les 1000 planètes » et « Le cinquième élément ».
Bien évidemment, le public pourra rencontrer tous ces artistes et découvrir leurs œuvres et le 5 mai, le peintre russe Anton Totibadze proposera une master class à la Farandole.
A noter qu’Alexandra Pasternak est la petite-fille de Boris Pasternak qui avait reçu le prix Nobel de littérature pour son œuvre « Le docteur Jivago » dont David Lean avait tiré un film qui eut un succès international.
Une exposition de photos de l’espace prises depuis la station spatiale par les cosmonautes russes Oleg Kotov et Sergueï Riazanski sera proposée sur le parvis de l’hôtel de ville de Sanary et à la Farandole. Elle s’intitule « 28.000 km/h »

Une soirée de gala se déroulera le 4 mai à la Farandole, parrainée par l’Ambassadeur de la Fédération de Russie, entouré du Consul Général et de ses consuls, du maire de Sanary, Ferdinand Bernhard, des artistes, des personnalités du monde scientifiques et des élus locaux et varois. Avec une belle surprise à la clé : une liaison télévisée en direct avec la station spatiale ISS, organisée par Roscosmoss et l’accueil, à l’entrée de l’hôtel par la combinaison d’entraînement des cosmonautes conçus par la COMEX, la plus performante au monde.
Côté scientifique, seront présents :
– Jean-Pierre Goux, ancien chercheur en mathématiques à la Northwestern University et au Argonne National Laboratory de Chicago, qui a obtenu en 2002, le prix SIAM Optimization pour ses travaux en mathématiques.
– Jean-Pierre Haigneré, spationaute français, astrophysicien, dont l’épouse Claudie, est aussi spationaute, qui fut membre de la 4ème mission spatiale franco-russe Alataï.
– Peter Weiss, responsable du département « Espace » de la COMEX qui présentera un film sur le module d’habitation SHEE pour la lune et Mars.

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Hans Schneider – Peter Weiss – Oleg Korov

– Oleg Kotov, cosmonaute russe qui a réalisé plusieurs expéditions spatiales et qui, le 9 novembre 2013, a porté la torche olympique dans l’espace pour l’ouverture des jeux de Sotchi.
– Alain Tixier cinéaste et spécialiste de l’espace qui présentera ses films
– Michel Fadeev, directeur du département des communications de Roscosmoss, agence spatiale russe.
– Hans Schneider, docteur en physique qui travaille sur les champs magnétiques
– Pierre Giacomoni, président du Club d’astronomie Vega à Ollioules et Hélène Kuntz, présidente du club Orion de Sanary.
– Patrick Strozza, chargé de mission par l’Inspection Pédagogique Régionale, coordinateur académique d’Edusismo-Provence.
A noter que, parmi toutes ces rencontres et conférences, notre ami Klimoff nous racontera ses souvenirs avec Yuri Gagarine dont il fut l’interprète lors de sa venue en France, sur l’île de Bendor. Une plaque commémorative devrait d’ailleurs faire l’objet d’une autre manifestation sur l’île de Bendor, avec la famille Ricard.
A noter que, depuis deux-trois ans Kotov et Fadeev ont un projet qui avance pas à pas : un programme pour conquérir la Lune et Mars. Projet utopique ? Pas tant que cela lorsqu’on qu’on voir qu’en 50 ans, depuis le voyage de Gagarine, l’aventure humaine et spatiale a fait des bonds prodigieux et des avancées spectaculaires.

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Toutes ces manifestations seront offertes au public et à toutes les écoles qui voudront y participer.
Nous reviendrons en détail sur le programme qui vous fera regarder le ciel d’une autre manière.

Jacques Brachet

 

Sanary – Petit Galli
Le retour de Jimmy BREGY

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Voici deux ans, l’infatigable et passionnée Andrée Bonifay – qui sait de quoi elle parle lorsqu’elle parle de la chanson française, puisqu’elle n’est autre que la cousine de Fernand Bonifay, auteur toulonnais aux multiples succès – nous faisait découvrir un beau chanteur de 20 ans à la voix forte, ample et grave : Jimmy Bregy.
Coup de cœur pour elle, coup de cœur pour nous qui le découvrions au Petit Galli de Sanary pour son premier concert solo.
Enfin un chanteur français… qui chantait français ! Après toutes ces reprises en anglais qu’on écoute à longueur de temps dans « The voice » ou « La nouvelle star », ça faisait du bien de retrouver Brel, Aznavour, Berger, Delpech et autres, remarquablement bien interprétés par ce grand (très grand !) garçon au charme et au charisme indéniables, au talent incontestable
Il a aujourd’hui 22 ans, donc, il a pris de l’assurance et du métier et nous a de nouveau offert au petit Galli, durant deux heures, un éventail de ce qu’il y a de mieux dans notre chanson française.

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Il nous avoue d’ailleurs qu’il a eu beaucoup de difficultés à choisir ce répertoire varié de succès et quelquefois de chansons moins connues du grand public mais tout aussi belles… Il aurait pu y passer la nuit !
S’il n’a pas pu « tout » chanter, il a très bien dosé son tour plein de poésie, de musicalité, avec des chansons intemporelles de notre patrimoine. Il a évidemment rendu hommage à nos trois grands disparus cette année : Johnny Hallyday, France Gall, Jacques Higelin.
« Johnny -nous confie-t-il parce que c’est notre maître à tous et que sa disparition m’a fait beaucoup de peine. France Gall parce que c’était une grande dame et que si j’ai fait ce métier c’est parce qu’un jour j’ai découvert Michel Berger. Quant à Higelin, c’était un fou dans le bon sens, un fou génial et depuis des années… il est le chanteur préféré de ma maman ! »
Sa maman qui était présente dans la salle, à qui il a dédié « Tombé du ciel ».
Évidemment, son père était également à ses côtés et comme il adore lui aussi chanter, il l’invita sur scène, à ses côtés, pour interpréter avec lui « Salut les amoureux » de Joe Dassin. Un joli moment d’émotion.

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Avec Jean-Claude, son père – Avec Andrée Bonifay

Entre Ferrat et Bénabar, Berger et Lama, Goldman et Bécaud, Fugain et Brel, Ferré et Chédid, Sanson et Cocciante, il a su nous émouvoir, nous faire chanter avec lui, taper dans les mains et prouver qu’avec cette superbe voix, il pouvait tout chanter, choisissant avec intuition et sensibilité des œuvres qui lui vont, comme « La bête immonde » de Fugain, « Amsterdam » de Brel, « la Maritza » de Vartan, « L’indifférence » de Bécaud, « Les Carpentier » de Bénabar, « Marguerite » de Cocciante, qui fit passer un grand frisson dans la salle, « Quand j’étais chanteur » de Delpech; Delpech qu’il aimait beaucoup, qui l’avait fait gagner dans l’émission « N’oubliez pas les paroles » et à qui il avait rendu hommage en lui dédiant une chanson… ce qui déclencha un buzz, la rumeur disant qu’il était son fils ! Mais aussi en interprétant une magnifique chanson, très inspirée « Vie d’artiste » d’un certain… Patrick Sébastien qui, quand il le veut, peut faire autre chose que faire tourner les serviettes et serrer les sardines ! Une chanson vérité sur le chanteur qui n’a souvent « rien en banque mais tout à donner et ne changerait de métier pour rien au monde »… Profession de foi de bien des artistes et de Jimmy en particulier.
Chanteur et comédien, Jimmy a créé une compagnie et un spectacle musical « Ces gens là » autour des chansons de Brel, qui a reçu un beau succès à Paris et mériterait qu’il vienne jusqu’à nous. Il y joue Jacky.
Et enfin, bonne nouvelle, le voici qui écrit ses propres chansons, qu’il prépare un disque qu’on espère écouter bientôt. En attendant, il travaille  avec Claude Lemesle, l’un de nos plus brillants auteurs de chansons, dans le cadre des ateliers de celui -ci… Il est à bonne école ! Vous pouvez d’ailleurs retrouver un petit échantillon de Jimmy comédien interprétant avec brio et humour un texte humoristique qu’il a écrit et que lui a inspiré Claude Lemesle intitulé « La mygale et la souri », ou La Fontaine revisité !

A

Une belle route s’ouvre donc à notre bel artiste, qui le mérite, et qu’on espère retrouver bientôt au « grand » Galli ou ailleurs, avec son propre répertoire.
C’est tout ce qu’on lui souhaite… Et qu’on nous souhaite !

Jacques Brachet

Six-Fours – Maison du Patrimoine
Quatre artistes entre abstraction et suggestions

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Trois femmes, un homme :
Anne Verger, Maria Garcia-Molio, Marie Morriss et Patrick PognantGros.

Ils sont installés à la Maison du Patrimoine de Six-Fours jusqu’au 13 mai et samedi dernier nous avions la chance de les rencontrer pour mieux connaître leur œuvre et leur cheminement d’artistes.
Une après-midi très conviviale où l’abstraction et les suggestions étaient le sujet central, animée par Dominique Baviéra qui est à la genèse de l’exposition et de la rencontre de ces quatre artistes et de leur public.
Pour une fois l’homme étant seul, c’est par lui que le feu des question a démarré.

Patrick Pognant-Gros, ancien élève des Beaux-Arts de la Seyne, nous a surpris par son virage à 90° car il est passé de la figuration à l’abstraction. Pourquoi ?
« J’avais – nous dit-il – l’impression de tourner en rond, je me sentais un peu prisonnier et j’avais besoin de liberté, de trouver autre chose pour évoluer et dans l’abstraction je me sens plus libre… même si j’ai surpris ceux qui me suivent !
J’avoue qu’au début ça été très dur… Chassez le naturel ! 30 ans de figuration, ça marque mais j’ai insisté et j’ai continué. C’est en quelque sorte une mise en danger mais j’y suis allé à fond.
Ma façon de travailler a bien entendu changé : je peins, j’efface, je reviens, je repars mais cette façon de faire est une nouvelle motivation et c’est ce qui me plait ».
On lui fait remarquer que dans ses toiles, il y a beaucoup de noir… Pourquoi ?
« Il faudrait peu-être me psychanalyser pour le savoir ! Peut-être pour mieux faire ressortir les couleurs. J’aime aussi travailler sur de grands formats, même si je sais que ce n’est pas dans l’air du temps car il faut de la place… et c’est plus cher.
Mais aujourd’hui c’est ce qui me convient.

S’installant à Sanary,  Marie Moriss a fait ses classes avec Isabelle Agnel-Gouzy et Raymond Scarbonchi aux Beaux-Arts de la Seyne et ce qui nous touche dans ces toiles, c’est l’éclatement des couleurs, la joie de peintre.
« C’est – dit-elle – une peinture intuitive, instinctive. Je pose des taches en fonction des couleurs choisies et j’entre dans ma toile, je recherche surtout la lumière et le mouvement. Tant que j’étais aux Beaux-Arts d’Aix je ne faisais rien de personnel. J’ai alors arrêté et j’ai recommencé à peindre à la retraite avec deux artistes, deux professeurs qui m’ont redonné confiance. Et là, je me suis sentie libérée, ne faisant que ce que j’avais envie de faire. Quelquefois, de mes taches ressort un paysage sans que je l’ai choisi. Je travaille aujourd’hui avec confiance et rapidité ».

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Anne Verger est aixoise et sa façon de s’exprimer est originale : sans pinceau, avec mains et ongles, elle invente des volutes, souvent dans les camaïeux de verts et de bleus, pour tout à coup, instinctivement, passer à l’orange, avec beaucoup de mouvement.
« J’ai dû quelque part rester une enfant car pour moi la peinture est physique et c’est pour ça que je peins avec les mains. J’ai besoin de ce corps à corps avec la toile, de cette confrontation physique. Je travaille de façon frontale avec la toile et la couleur.
Je n’ai jamais fait de figuratif. Je le pourrais, j’en ai les bases et les capacités mais je trouve que c’est quelque chose qui m’enferme et je veux pouvoir m’évader. Ma peinture est très ouverte, elle raconte des histoires. J’ai eu un professeur Italien, je vais beaucoup en Italie. Ce pays et sa peinture m’inspirent beaucoup ».

Maria Garcia-Molio et celle qu’on a le plus de mal à cerner : d’origine espagnole, ayant vécu en Bretagne, à Londres et aujourd’hui à Toulon, toutes ces influences font de cette artiste une sorte d’OVNI qui traverse des périodes qui modifient à chaque fois sa façon de peindre.
Partie de l’Espagne, du bandonéon, du flamenco, elle a eu sa période flamboyante, exubérante avec des personnages en mouvement. Après une courte période provençale, elle est revenue à la musique avec… Wagner qui lui a inspiré de grandes toiles pleines de force, de violence quelquefois, avec des brumes, des vagues, des symboles très wagnériens.
« Je suis plus dans la suggestion que dans l’abstraction. Les opéras de Wagner m’ont inspiré ces toiles sans que je m’en rende compte. C’est une fois terminée que je m’aperçois de ce que cette musique m’a fait inconsciemment faire. Aujourd’hui, vivant dans un quartier au bord de l’eau, avec des plantes, des roches, des fleurs, des animaux, je passe à une période minérale.
Et je suis passé à la 4ème et 7ème de Beethoven ! La musique est toujours là.
Mais au départ je n’ai aucune intention particulière. Je ne sais pourquoi, on m’a demandé d’exposer à Valencia dans un salon dédié aux animaux. J’ai beaucoup réfléchi avant de dire oui. D’un côté, je ne voyais pas ce que j’avais à y faire, de l’autre c’était la première fois qu’on m’invitait à exposer dans mon pays.
Du coup, je me suis mise à peindre ce que j’ai autour de moi, à ma façon bien sûr : canards, héron, grenouilles, renard et même sanglier…
Qu’est-ce que ça va donner ? Je ne le sais pas encore moi-même ! »

B A

Quatre artistes, quatre  personnalités, quatre façons d’appréhender leur art avec intuition, suggestion, abstraction, chacun à leur manière, ce qui les amènent à nous offrir cette exposition à quatre mains,tous quatre totalement engagés dans un cheminement qui est le leur et qui les amènent à ces œuvres à la fois très personnelles, très intenses et que l’on a pu mieux appréhender grâce à cette belle rencontre.

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Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Le Colbert
Le phénomène Axel AURIANT

A

Je viens de rencontrer un surdoué. Il se nomme Axel Auriant.
Il est musicien, batteur de talent. Il est comédien, un comédien solaire, fait d’énergie et de passion.
Ce garçon a vingt ans, il a encore l’air d’un ado et pourtant, il semble avoir quarante ans de métier. Mais un métier qu’il pratique naturellement, avec une maîtrise époustouflante et en même temps une intelligence, une vérité, une sincérité incroyables.
Sans compter qu’il a choisi, pour ce premier seul en scène, d’interpréter Adrien, ce jeune autiste, de la pièce créée et jouée par Cédric Chapuis « Une vie sur mesure » que ce dernier a joué des années avec succès et un Molière à la clé.
Il fallait être gonflé et Axel y est allé de tout son cœur, jouant cet autiste qui, malmené par un père qui le frappe et frappe sa mère, se réfugie dans sa musique dont il devient un phénomène… ce qu’est Axel qui, s’il n’est pas autiste, manie les baguettes avec une dextérité formidable. Et le langage itou !
Notre jeune artiste s’est totalement approprié ce rôle difficile et délicat avec maestria, toujours sur le fil du rire, de l’humour, de la tendresse, de l’émotion… Du grand art.
Il est totalement habité, lumineux, drôle et bouleversant dans sa naïveté et sa passion.
Si, comme il me l’a dit, il jubile de monter chaque soir sur scène, de notre côté, il nous scotche au fauteuil que pourtant nous quittons comme un ressort pour une standing ovation, ce qui est rare en ces temps-là.
Quel plaisir de rencontrer ce jeune garçon attachant de 20 ans, encore un « minot », avec à la fois tant de candeur et de maturité, bien dans ses baskets, bien dans sa tête au regard brillant et au sourire lumineux.

J

Axel, batterie, théâtre… Par quoi tout a commencé ?
J’ai commencé la batterie à 6 ans et j’en ai fait jusqu’à 16 ans. A 15 ans, j’animais des mariages orientaux.
Explication ?!
Je connaissais la petite-fille de Jack Lang et un soir elle me branche sur une soirée de l’Institut du Monde arabe. A cette soirée, un monsieur m’entend jouer de la batterie et vient me proposer d’animer des mariages avec un trompettiste et d’autres artistes. Je me suis vraiment éclaté. En parallèle, je préparais mon bac et faisais un peu de théâtre
Et le théâtre a pris le pas ?
Non car la batterie a toujours été omniprésente dans ma vie et je ne me projetais pas en tant qu’acteur mais j’ai eu alors mon premier chagrin d’amour et j’ai décidé de faire du théâtre comme exutoire, une catharsis, une façon de dire merde à celle qui m’avait lâché !
Mettre de l’émotion sur un texte a été pour moi une révélation.

D E
G F

Alors vous voilà en scène joignant vos deux passions mais pour corser le tout, vous voilà seul en scène jouant un autiste. Compliqué non ?
(Il rit). Oui car d’abord il a fallu que je me remette à fond à la batterie, même si elle n’était jamais très loin. J’ai fait, durant deux semaines, quelque six, sept heures de batterie par jour. Après que j’ai dû apprendre mon texte en douze jours !
Comment se prépare-t-on pour jouer un autiste ? En allant en rencontrer ?
Non, je n’ai pas voulu faire ça car chaque autiste est différent, c’est un spectre très large et chacun le vit de façon différente. Je me suis imaginé un garçon qui est dans sa bulle et qui s’évade grâce à la batterie. Ca a été un grand travail de réflexion et c’était super intéressant. Je me suis même laissé surprendre par ce type déconnecté du monde tout en y étant. La seule peur que j’avais, c’était d’être caricatural.
Par contre, lors de spectacles, quelques-uns sont venus me voir et d’un regard, d’un sourire ils m’ont à la fois ému et rassuré.

B

Comment êtes-vous venu sur cette pièce ?
C’est Cédric qui l’a jouée durant dix ans avec succès qui m’a choisi. Il l’a jouée 800 fois et voulait qu’elle ait une seconde jeunesse. Il ne m’a rien imposé, il m’a laissé m’approprier le rôle à ma manière et jouer comme je le sentais.
Quant au metteur en scène, Stéphane Battle, il est génial, c’est un mec formidable. Je suis très heureux de cette rencontre et j’espère retravailler avec lui. J’aimerais qu’il soit mieux connu, il le mérite. Il m’a dit une chose essentielle : « Si tu ne ressens rien en toi, fais autre chose » !
C’est un type droit, sincère, très respectueux des comédiens et du public et c’est aussi comme cela que je conçois ce métier. Nous sommes sur la même longueur d’onde.
En tant que batteur, vous avez accompagné des artistes comme Nicoletta ou Manu di Bango !
Oui… une seule fois ! J’avais quinze ans et on ‘a demandé de les accompagner, eux et d’autres artistes comme Joyce Jonathan, pour une soirée en faveur du handicap. Ca reste un très beau souvenir car il y a eu de beaux échanges et accompagner de telles pointures, vivre ça à cet âge, c’est une chance.
En parallèle, vous avez tâté du cinéma, de la télé…
Oui, j’ai eu de petits rôles dans « Nos chers voisins », « Fais pas ci, fais pas ça » et au cinéma dans « Jamais contente ». J’ai fait du doublage pour le film « La traversée de Florence » et je joue en ce moment dans une série sur France 4 « Skim » qui est une sympathique et intelligente série sur les jeunes d’aujourd’hui, sans pathos, mais qui aborde tous les sujets qui préoccupent les jeunes. La deuxième saison vient de commencer.
Dans tout ça, que préférez-vous ?
J’ai envie de vous dire : tout ! car chaque discipline est différente. Être seul en scène, c’est une grande expérience, mais aussi un risque car on est… seul en scène ! En l’occurrence avec le public et deux batteries ! Au théâtre, on vit une expérience de groupe, on a toujours quelqu’un à qui se raccrocher et on partage une aventure. J’aimerais bien y revenir. Derrière la caméra, il n’y a pas le public et c’est moins risqué car on peut recommencer si ça ne va pas.
Mais je vais vous faire une confidence : le théâtre, c’est ma drogue… Je ne connais que celle-là et je sais que le théâtre est vraiment la vie que j’ai choisie; mon rêve : mourir sur scène… devant les projecteurs !!!
Le théâtre, c’est vraiment mon bonheur.

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Alors, l’avenir ?
L’avenir imminent c’est la tournée avec « Une vie sur mesure ». A Toulon, au Colbert, qui est un théâtre magnifique, j’ai fêté ma 150ème et le coup d’envoi d’une tournée que je vais faire durant un an et demi, jusqu’en 2019. Je ne pourrai donc pas faire grand chose d’autre !
Mais c’est galvanisant d’être tous les soirs sur scène. Vous vous rendez compte ? On me paie pour faire quelque chose que j’aime par-dessus tout !
Elle est pas belle la vie ?!!

Propos recueillis par Jacques Brachet

Sanary – Espace Saint-Nazaire
Raku : le bonheur dans le hasard

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S’il est un art ancestral, c’est bien celui du raku, de son vrai nom « Raku-Yaki », qui signifie « Cuisson confortable », technique d’émaillage qui a vu le jour au Japon et en Corée. Créée pour la cérémonie du thé, par le grand maître du thé Rikyu, il demanda à un potier, Chojiro, de créer un bol tout simple en argile, façonné à la main, aucun n’étant pareil à l’autre. Ces bols arrivèrent jusqu’à l’Empereur qui, charmé, accorda au potier et ses descendants l’honneur de signer leurs oeuvres du sceau portant l’idéogramme « raku » (prononcez « rakou »).
Ce bol exprimait la notion de bonheur, d’aise, de joie mais aussi du hasard car, comme nous l’explique Benoît de Souza, l’un des grands sculpteurs de notre région, sis à Digne et faisant partie des 14 exposants réunis pour la 4ème édition à l’Espace St Nazaire de Sanary, le hasard fait souvent bien les choses et ce n’est pas pour rien que cette exposition s’intitule « Le bonheur dans le hasard.

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Mais un hasard en effet qui fait que le bonheur n’est pas toujours au rendez-vous :
« Le raku nous réserve toujours de grandes surprises, belles ou mauvaises car il y a souvent de la casse et des échecs dans cette technique mais lorsque la pièce tient le coup, l’on a de merveilleuses satisfactions et de grandes joies. On ne sait donc jamais ce qui va sortir du four surtout au niveau des couleurs.
En France, si la base de la technique reste la même, des éléments ont été ajoutés au fur et à mesure que les artistes ont de mieux en mieux maîtrisé cet art, incluant des objets, du bois, du bambou, des émaux et bien d’autres choses.
Il faut savoir que cette cérémonie du thé au Japon fait partie des coutumes ancestrales mais que seuls les bols épurés sont en raku, et jamais la théière ».

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A noter que les 21 et 22 avril et les 9 et 10 mai, sur le port et devant l’Espace St Nazaire, l’on pourra assister à des démonstrations. Les artistes interviendront, émailleront devant le public et l’on pourra vivre avec eux ce merveilleux hasard qui fait qu’une pièce unique est réussie ou ratée.
En riant, Benoît de Souza ajoute : « Si vous faites de la mosaïque, surtout ne ratez pas ce rendez-vous car vous pourrez récupérer de très beaux débris d’objets ratés ! »
Pour revenir à cette exposition qui se tiendra jusqu’au 27 mai, elle regroupe 14 artistes, plus de femmes que d’hommes d’ailleurs, qui rivalisent d’inventivité et de talent pour nous offrir des oeuvres uniques, objets, sculptures, bijoux aux effets chatoyants, aux réalisations surprenantes dus à leur inventivité et à ce hasard qui, dans ce cas, a bien fait les choses, nous offrant des oeuvres minimalistes ou monumentales, drôles, inattendues, mystérieuses, somptueuses, nous faisant voyager dans des mondes imaginaires, traditionnels, figuratifs, abstraits, spirituels mais aussi très contemporains, ou le bestiaire et l’humain se mêlent dans une belle sérénité, dans un camaïeux infini de couleurs.

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De très beaux panneaux décoratifs vous expliquent cette technique très particulière.
De beaux artistes et des œuvres uniques à découvrir avec curiosité et plaisir.

Jacques Brachet
Artistes exposant : Karine Abril, Dominique Allain, Sophie Bayeux, Annie Chaigneau, Sabine de la Casinière, Sophe Delpy, Benoît de Souza, Fara, Mary Larsson, Bénédicte Montier, Emmanuelle Not, Christine Perrin, Philippe Plaisir, Clarisse Roche.

 

Le festival les Aoûtiennes de Bandol
une programmation 100% francophone

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Le festival Les Aoûtiennes revient pour une deuxième édition à Bandol (83) les 09, 10, et 11 août prochain. La première édition en 2017 a rassemblé près de 9000 personnes venus assister aux performances de Matt Pokora, Véronique Sanson ou encore The Avener sur la scène à ciel ouvert du stade Deferrari. Au programme cette année : un plateau de talents francophones éclectique et transgénérationnel.

A D

Le programme 2018 :
Top départ le jeudi 09 août avec les BB BRUNES : dix ans après leur premier album qui a déchainé les passions avec des tubes comme « Dis-moi », les BB rockeurs ont bien grandi et présenteront leur quatrième album « Puzzle » plus métissé : pop, rock, électro, groove. A leurs côtés la jeune marseillaise MARINA KAYE découverte en 2011 dans l’émission La France a un incroyable talent qui entame la tournée de son second album « Explicit ».
Le vendredi 10 août sera une nuit électro venue du Plat Pays dont les héros seront le jeune prodige de la « Tropical House » LOST FREQUENCIES et les mythiques Frères de 2MANYDJS fondateurs du groupe d’électro-rock Soulwax
Après 10 ans d’absence, l’interprète de « Bouge de là » et « Solaar pleure » revient en 2018 avec sa tournée « GÉOPOÉTIQUE », du nom de son nouvel album aussi inattendu qu’enthousiasmant. MC SOLAAR, à l’affiche de nombreux festivals, sera sur la scène des Aoûtiennes le 11 août prochain pour sa seule date de l’été dans le sud-Est.

B C

Jeudi 09 août : Voodoo Story // Marina Kaye // BB Brunes
Vendredi 10 août
 : Head on Television // 2manydjs // Lost Frequencies
Samedi 11 août
 : The Weird Art // MC Solaar

Informations pratiques :
Billetterie en ligne sur www.lesaoutiennes.com ou dans les points de vente habituels : FNAC, Digitick…
Tarifs : pass 1 jour à partir de 27€ (hors frais de location)
Pass 2 jours : 64€, -Pass 3 jours : 83€.
Contacts : Festival : lesaoutiennesbandol@gmail.com