Archives mensuelles : mars 2018

L’HERMIONE fera escale à Toulon du 5 au 9 avril

TPM et la ville de Toulon sont très heureux d’accueillir ce voilier prestigieux lors de son voyage 2018. L’Hermione sera amarrée au quai de la Corse à Toulon du 5 au 9 avril 2018. Mais dès aujourd’hui, la réservation des places pour la visite du voilier légendaire est disponible en ligne.

A

Lundi 9 avril, l’Hermione-La Fayette fera escale au nord de Porquerolles, de 16 à 21h au large de la commune d’Hyères.
Un message pour la Méditerranée
Profitant de cette escale, les élèves en bac professionnel « Gestion des milieux naturels et de la faune » du Lycée Agricampus embarqueront sur l’Hermione–La Fayette. Ils seront porteur d’un message pour la préservation de la Méditerranée dans le cadre du projet pédagogique mené tout au long de l’année scolaire avec le Parc national de Port-Cros.
C’est une journée entière en mer qui attend ces élèves car elle débutera sur le Brigantin, gréement de 14m, sur lequel ils navigueront dans la partie est de la rade d’Hyères et apprendront à réaliser une lecture de paysage afin d’aborder les modifications de ces dernières années liées au changement climatique avec l’association des « Amis de la Presqu’île de Giens ».
Par ailleurs ils travailleront sur l’écotourisme dans le Var avec le soutien de Charlotte Grégoire ambassadrice de la marque « Esprit parc national »
La présence de l’Hermione-La Fayette au large de Porquerolles symbolise l’engagement du Parc national de Port-Cros pour la conservation du patrimoine maritime naturel et historique.
L’Hermione-La Fayette, une longue histoire
L’Hermione, le bateau du Marquis de La Fayette, a été construit au XVIIIème siècle. Il lui a permis de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance.
Navire de plus de 65 mètres de longueur hors tout, doté d’une voilure de 1500 m² répartie sur trois mâts, l’Hermione fut construite sur les plans de l’ingénieur Chevillard Aîné.
Appartenant à la catégorie de frégates dites légères, caractérisées par leur vitesse et leur maniabilité, l’Hermione était équipée de 26 canons tirant des boulets de 12 livres, d’où son nom de « frégate de 12″.
C’est en juillet 1997 que l’association Hermione-La Fayette s’est lancée un défi : celui de reconstruire ce bateau à l’identique. Reconstruire l’Hermione c’est faire revivre un élément unique de notre patrimoine maritime.
Prochaine escale
Après cette invitation du Parc national de Port-Cros, l’Hermione-La Fayette continuera sa route en direction de Marseille, étape suivante de son long périple
Les partenaires.
Ce projet bénéficie du soutien de RTE – Réseau Transport d’Électricité, SUEZ Environnement ainsi que la TLV-TVM. Cette escale se prolongera jusqu’à 20h30 au large de Porquerolles.
Le Parc national de Port-Cros accueillera le public sur un stand à Toulon, Quai de Corse du 5 au 8 avril aux côtés de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, de la ville de Toulon, de l’Office de Tourisme Intercommunal, de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur ou encore du Département du Var.

La programmation de l’escale toulonnaise est disponible sur le site de la Métropole Toulon Provence Méditerranée : https://metropoletpm.fr/agenda/escale-de-l-hermione
Parc national de Port-Cros Porquerolles
Communication
Tél. 0494128230 – Fax 049412823 – communication@portcros-parcnational.fr

Toulon – Le Liberté, scène nationale
Les mardis liberté avec le groupe BAT

A

Pour ce « Mardi Liberté » de mars 2018 le Liberté invitait le duo BAT, acronyme ambigu qu’on peut entendre « comme bon à tirer, brigade anti terroriste et quelques autres significations, dont la chauve-souris en anglais ». Foin du sémantisme, il s’agit de musique.
Un duo avec Baptiste Giuliano, auteur, compositeur, chanteur, accordéoniste et claviériste et Martin Baudu, remarquable violoncelliste et percussionniste. Baptiste Giuliano n’est pas un inconnu dans notre région puisqu’il a fait partie pendant 10 ans du célèbre groupe les « Grosses Papilles ».
BAT, c’est un trio, qui s’est privé du batteur pour une prestation plus intime dans le cadre du Hall du Liberté. Il faut reconnaître que la réussite du duo fut exceptionnelle tant par la qualité musicale que par la présence scénique.
La musique de Baptiste Giuliano est belle, avec de somptueuses mélodies distillées par le violoncelliste. Quant aux paroles elles sont dans la grande tradition des chansons engagées, au sens où elles parlent d’aujourd’hui, de notre quotidien, des espérances, de l’amour, de la famille, des enfants, du travail… mais sans être ni pesantes, ni didactiques, sur un fond d’optimiste et d’humour. Je parlerais de « réalisme poétique », car il y a un vrai travail poétique sur le langage, la recherche d’images et de formules choc ; par exemple : J’ai tant de choses à dire, comment les faire sortir ; Je n’arrive pas moi-même à savoir qui je suis ; Je me perds au hasard de ta peau ; Je ne veux pas être un touriste, de passage dans la vie ; Il ne me reste qu’une vie et 20 ans de crédit ; Qui voit l’argent ne voit pas les gens ; Je ne me souviens jamais de mes rêves ; Demain sera mieux qu’hier ; Et toi, tu m’aimes combien ?

B C

Les chansons sont assez longues ; toutes racontent une histoire qu’on peut s’approprier, comme par exemple « En Ile de France » : en prologue Baptiste Giuliano nous rappelle qu’il est né à Hyères et qu’enfant son île c’était Porquerolles. Mais il va nous chanter une île à 3h40 de Toulon, l’Ile de France. C’est un portrait réaliste, sans concession, mais plein d’humour, de cette région autour de Paris, qu’il conclut par « En Ile de France y’a toujours pas la mer ». Une autre chanson, très astucieuse, est basée uniquement sur des acronymes : HLM, RMI, SNCF, CQFD, SOS…Ce n’est pas un jeu gratuit, car le choix de la succession de ces acronymes nous offre un bilan de notre époque en France.
Une autre chanson « Mauvais genre » est subtilement bien d’actualité, sur le « genre masculin, ou féminin», et le portrait des enfants conditionnés par l’environnement culturel : « Elle a déjà sa vie en Barbie ! »
A la mi concert, la comédienne et chanteuse Marie Blondel se joindra au duo pour chanter « Point par point », ou comment une histoire se construit point par point et se délite de même.
Concert très vivant, les chansons reposent sur des rythmes divers. Baptiste Giuliano occupe la scène avec son accordéon, il chante avec une belle voix grave et chaude, sur une faible tessiture, ce qui donne du poids aux mots, donc pas d’esbroufe, articulant parfois à la façon rap, jouant sur les assonances et les allitérations. Martin Baudu possède un beau son de violoncelle ; il sait développer les mélodies avec sensibilité, lyrisme et retenue. Ces deux musiciens sont en parfaite osmose. Ils sortiront bientôt leur premier disque. La chanson française à texte à encore de beaux jours. A suivre.

Serge Baudot

On pourra les entendre en première partie de « Dominique A » le vendredi 27 avril à 20h30 à l’Espace Culturel André Malraux à Six-Fours
Pour les mardis : Renseignements : www.theatre-liberte.fr – Tel : 04 98 00 56 76

Draguignan – Théâtres en dracénie – 3 au 7 avril
Festival l’ImpruDanse – 2ème édition

A

La première édition du festival L’impruDanse fut un moment mémorable de la saison passée. Comment oublier « Plan B » d’Aurélien Bory où les artistes ont défié la gravité avec une aisance sans pareil ; « Bataille » de Pierre Rigal jouant sur l’humour et la dérision ; « Stimmlos » d’Arthur Perole mêlant émotion et pureté du geste ? Comment oublier « La Fresque », magnifique création que nous a offerte Angelin Preljocaj ?
Et surtout comment oublier tous les instants partagés, les échanges, les verres qui trinquent au bar du Comptoir, la fatigue des lendemains, les retrouvailles heureuses ?…
La 2ème édition sera à coup sûr un nouveau temps fort de partag
Des rendez-vous incontournables avec les œuvres d’Andrés Marín et Jean-Claude Gallota, de la grâce à l’état pur avec Fanny Soriano, de la prouesse et de la voltige avec Joris Frigerio et Matthieu Renevret, de l’intelligence du verbe mêlé à celle du corps avec Christophe Garcia et Erika Tremblay-Roy, des retrouvailles émouvantes avec Frank Micheletti… Ne manquez pas le spectacle hybride et hypnotique de Romain Bertet et la pièce, véritable œuvre de salut public, de Hillel Kogan…
Que de temps forts nous vivrons ensemble…
La danse à l’honneur, le mouvement et le geste, à l’unisson…

C D
My ladies rock (Ph Stéphanie Para) – We love Arabs (Ph Gadi Dragon)

PROGRAMME
Mercredi 4 avril
16h – Auditorium Pôle Culturel Chabran
Lettre pour Eléna – Chorégraphie Christophe Garcia
La partition dansée et jouée est vive comme l’été, rouge comme les robes qui virevoltent, profonde comme l’amitié, brodée comme une fine dentelle
Jeudi 5 avril
19h – Chapelle de l’Observance
De là bas – Chorégraphie Romain Bertet
Danse de contact avec la matière, danse de lumière et de mémoire, la performance de Romain Bertet de découvre à tâton
21h – Complexe Saint-Exupéry
D.Quixote – Chorégrphie Andrès Marin
Virtuose et grisant, « D.Quiwote » ressuscite l’esprit fr Cervantès avec une inventivité exceptionnelle, entremêlant chant, danse, image et texte
Vendredi 6 avril
19h – Auditorium Pôle Culturel Chabran
Hêtre et phasmes – Mise en scène Fanny Soriano
Deux courtes pièces qui ouvrent sur l(ailleurs avec sensualité et fougue : le songe et la métamorphose pour « Hêtre », l’animalité et les mirages pour « Phasmes »
21h – Auditorium Pôle Culturel Chabran
We love Arabs – Chorégraphie Hillel Kogan
Pièce engagée et audacieuse « We love Arabs » réunit le chorgraphe israëlien Hillel Kogan et le danseur arabe Adi Boutrous dans un acte de foi et d’espérance
Samedi 7 avril
16h – Chapelle de l’Observance
City – Joris Frigerio
« City » entrelace acrobatie, danse, texte et vidéo en une seule séquence qui fait du cirque contemporain un formidable terreau de création
19h – Auditorium Pôle Culturel Chabran
No.W.here – Frank Micheletti
U duo féminin magnétique en prise directe avec une création musicale live : de quoi donner le vertige de l’ici et maintenant
21h – Complexe Saint-Exupéry
My ladies rock – Jean-Claude Gallotta
La revue rock’n roll de Jean-Claude Gallotta est à son image, tonique et mélancolique, intrépide et optimiste. Elle fait mouche à tous les coups !

B
D.Quixote (Ph Alain Scherrer)

Renseignements – réservations : 04 94 50 59 50 – 04 94 50 59 59 – www.theatresendracenie.com

 

Bandol – Théâtre Jules Verne
ART en SCÈNE : Superbe et émouvant hommage
à Charles Aznavour

D

Quarante chansons, trois heures de spectacle autour d’un des plus grands monsieur de la Chanson Française, l’homme aus multiples succès, l’artiste français connu du monde entier : Monsieur Charles Aznavour.
C’est le thème qu’a choisi l’association Art en Scène, présidée par Solange Montegrandi et animée par Gisèle Bisogno-Bellanger, l’âme de l’association, pour présenter leur spectacle annuel.
Pourquoi Aznavour ? D’abord parce que… Aznavour, ce qui est une excellente raison et puis, comme chaque année cette magnifique troupe de bénévoles reverse la recette de la soirée à des associations caritatives, le choix s’étant porté cette année sur l’Association Culturelle des Arméniens de la Ciotat-Ceyreste et l’Abri’s Club de l’Aire Toulonnaise.

A B
Solange Montegrandi – Jean-Paul Joseph

C
Samuel Kabarian -Maryse Grigorian

Le Théâtre Jules Verne de Bandol, qui accueillait le spectacle grâce au Maire de la ville Jean-Paul Joseph et le directeur du lieu Marc Davin, avait fait plus que salle comble puisque l’on dut refuser plus d’une centaine de personnes !

J K I
H

Il faut dire qu’aujourd’hui Gisèle et l’association, sur leur seul nom, attirent un public qui sait qu’il va voir un spectacle hors du commun, ce qui fut encore le cas cette année, ces quelques vingt artistes amateurs pouvant en remontrer à nombre de professionnels.
Le choix des chansons dût être difficile tant Charles Aznavour compte de nombreux succès ajoutés au fil des quelques soixante-dix ans de carrière, de « La Bohème » à ‘Emmenez-moi » en passant par « La mamma », « Que c’est triste Venise », « Je m’voyais déjà » « Et pourtant », « Désormais », « Trousse Chemise », « Mourir d’aimer », passant de »Paris au mois de mai » à « Paris au mois d’août » et jusqu’à ce sublime « Ave Maria » magistralement interprété.

F G
T U

Des costumes magnifique, allant des plus sobres et élégants aux plus chatoyants, des orchestrations superbes, un montage diapo original pour chaque chanson, des lumières mettant les tableaux en valeurs dans des décors pleins d’invention… et des voix car tout est là aussi, Gisèle faisant faire, d’année en année, des prouesses à des gens qui, pour certains, ne chantaient pas ou peu ou pas très bien en entrant à Art en Scène.
Même Monsieur le Maire est chaque fois estomaqué de l’incroyable et superbe travail accompli, d’autant que cette année, nous avouait-il, s’il est un féru de musique classique il n’empêche qu’il admire Aznavour et, pianiste à ses heures, il rêverait d’accompagner le grand Charles sur sa chanson préférée « Être ». Cette chanson qui était en ouverture du spectacle, chanté par Gisèle qui lui a promis, faute d’Aznavour, de l’interpréter avec lui pour une prochaine occasion !

N P
Q O

Si l’association s’est promenée avec délice dans l’œuvre remarquable de ce bel artiste, évidemment elle ne pouvait pas oublier les grands sujets de la vie d’aujourd’hui comme « Le droit des femmes », les amis, les amours, les emmerdes de tous les jours et bien sûr la cause pour laquelle tous étaient réunis : l’Arménie avec cette émouvante chanson écrite « Pour toi, Arménie » que tous les artistes français avaient enregistré pour elle et qui, reprise par toute l’équipe fut le bouquet final de cette incroyable soirée faite de rires et d’émotions.

L M
R S

Bravo et merci, Charles.
Bravo et merci Art en Scène
On se souviendra longtemps de ces trois heures passées en votre compagnie.

Jacques Brachet

Catherine LARA… L’amour du BÔ

1

Catherine Lara est une artiste à part dans ce monde de plus en plus formaté de la musique en France.
Après 20 ans de violon, quelques albums « classiques » qu’elle a écrit et chantés accompagnée de son violon magique et de sa voix d’ange, elle est partie vers une musique plus « rockmantique » comme elle aime à la définir, avec des succès énormes comme « Johan », « Nuit magique », « La rockeuse de diamants », « Sand et les Romantiques » et bien d’autres sur 30 albums qui jalonnent sa carrière. Elle a aussi écrit pour Johnny, Barbara, Françoise Hardy…
La voix d’ange s’est transformée en voix rock mais son violon reste toujours aérien et se rit des modes. De plus en plus musicienne, elle nous a offert quelques sublimes disques musicaux comme « Graal », « Au cœur de l’âme yiddish » et « Aral » qui a conquis le monde. Après un retour en chansons pour un hommage à Ferré, la revoici après une dure parenthèse où elle a dû se faire opérer d’un pneumothorax et ou elle a perdu sa maman… à 102 ans tout de même!

5 6
Avec Giuliano Peparini (Photo Eric Bongrand)

Des spectacles qui nous font voyager
La revoici donc dans le feu des projecteurs avec un second spectacle après « Au delà des murs » qu’elle nous avait offert en 2009, spectacle concocté avec le célèbre chorégraphe italien Giuliano Peparini, cet artiste surdoué, issu des ballets de la RAI, et de la Schoolof American Ballet de New-York, qui a travaillé avec Roland Petit aux Ballets de Marseille, Franco Dragone avec qui il a créé de superbes spectacles pour Céline Dion avec le Cirque du Soleil, pour Las Vegas. Il a également chorégraphié la comédie musicale « Les amants de la Bastille ».
Ne changeant pas une équipe qui gagne, la voici donc avec ce nouveau spectacle intitulé « Bô », donc le CD est sorti chez Warner et qui se joue à Paris jusqu’au 16 avril dans la nouvelle salle parisienne « Le 13ème Art ».

2
Photo Eric Bongrand

Musique et danse
Tous deux se sont entourés du nec plus ultra de la musique et de la danse, pour la musique Rémi Delangle à la clarinette, Didier Malherbe au duduk, Eric Mouquet aux claviers, Cyrille Lehn au piano, l’Orchestre Lamoureux, le tout dirigé par Philippe Aïche et la participation des Muvrini et de MC Solar. Et bien sûr au violon… Catherine Lara soi-même !
Côté danse, la scénographie est signée Emmanuelle Favre, qui oeuvre énormément dans l’Opéra mais qui a également travaillé pour Johnny Hallyday, Michel Sardou, Michel Fugain.
On y retrouve donc cet incroyable danseur qu’est devenu Brahem Aïache qui, après des débuts prometteurs dans le football a dû être amputé d’une jambe suite à une erreur médicale. Et le voici sur… trois jambes, la sienne et ses deux béquille, accomplissant des prouesse autant sportives qu’artistiques.
Gabriele Beddoni, danseur, acrobate et chanteur a participé à la version italienne de « La France a un incroyable talent » intitulée « Tu si que vales », a travaillé aux côtés de Giuliano Peparini dans « Casse Noisette » et « La légende du Roi Arthur » entre autres.
Jocelyn Laurent s’est frotté au jazz, au classique, au hip hop et a travaillé auprès d’immenses chorégraphes comme Maguy Marin et Pina Bauch. Il était aussi des l’aventures « Résiste ! » et « Saturday Night Fever ».
Olivier Mathieu, venu du hip hop, suite à de nombreuses performances diverses et variées, s’est retrouvé dans la comédie musicale « 1789, les amants de la Bastille » et dans « Lorenzaccio » avec Marie-Claude Pietragala et Daniel Mesguish.
Andrée Mettray se forme à l’Académie Internationale de Paris avant de rejoindre Giuliano Peparini mais a aussi collaboré avec Blanca Li et Andrien Ouaki.
Adrien Ouaki qu’on retrouve aussi sur « BÔ », issu de la même Académie qu’Andrée Mettray,
a fait nombre de workshops avec plusieurs chorégraphes, a fondé sa propre compagnie. Il réalise des courts métrages et aime varier les plaisirs.
Sinan Bertrand est chanteur. Il a travaillé avec Roman Polanski, Alfredo Arias, Jean-Michel Ribes, on a pu aussi le voir dans « Hair », « Ali Baba », « West Side Story », « Le bal des vampires »….

3 4


« Ils sont sept. Ils ne se connaissent pas.
Ces sept personnages se retrouvent au bord d’une rivière.
Sans le savoir, ils prennent tous la mer pour la même destination. Il partiront en quête de « la beauté » dans tout les sens du terme. Certains l’ont perdue de vue, d’autre jamais rencontrée ou ne savent même pas ce que c’est. Grâce à leurs expériences passées et à leurs rêves, ils vont entamer un périple ensemble sur des thèmes universels comme la tolérance, la haine, l’immigration ou encore l’homosexualité. A chaque fois qu’un personnage racontera son histoire, les autres deviendront acteur de son récit sous forme d’acrobaties, de danse ou de chanson
« Bô », nous confie Catherine, est une ode à la beauté, une déclaration d’amour à la vie nous emportant avec fougue et audace vers un formidable ailleurs. Avec Bô, je souhaite que le public ait les poils qui se dressent … les larmes aux yeux … un sourire …. une émotion. »
On découvre dans ce spectacle original, de la musique, bien sûr, de la danse, du théâtre, du cirque, à la manière du Cirque du soleil avec des musiques qui nous entraînent autour du monde, dans un monde fantasmé et musical magique, comme le violon de Lara et la chorégraphie de Peparini.
« Ces sept personnages, nous parlent chacun à leur manière, de sujet d’aujourd’hui comme le harcèlement, la tolérance, les problèmes sexuel… Chacun a son histoire et nous la raconte de façon personnelle et onirique. C’est une ode à la beauté et à la liberté »
Si Catherine ne chante pas, elle est omniprésente avec ce violon qui est, aime-t-elle à dire, le prolongement de son bras, de son cœur aussi car c’est avec lui, avoue-t-elle encore, qu’elle est la plus sincère. Et grâce à qui elle nous offre un spectacle poétique, émouvant, intersidéral, comme elle seule sait nous les offrir.
Elle nous réserve encore beaucoup de nuits magiques, notre « Lala » !

Jacques Brachet

Mars en musique, du Var aux Bouches du Rhône

Du 23 au 31 mars, il faudra vadrouiller dans le Var, entre Toulon et la Valette, en passant par St Mandrier et le Pradet.
Du 26 mars au 8 avril, c’est à Aix-en-Provence qu’il faudra aller de théâtre en théâtre.
Pourquoi ? Tout simplement parce que, si vous êtes amateur de musique classique, deux grands festivals vous seront proposés. Dans le Var, pour découvrir le 8ème festival « Présences Féminines », créé par Claire Bodin. A Aix pour assister au 5ème Festival de Pâques, organisé par Dominique Bluzet et Renaud Capuçon.

Tiziana de Carolis anne baquet
Taziana de Carolis – Anne Baquet

Présences Féminines
Une fois n’est pas coutume, la parité ne sera pas respectée et sera remportée par les femmes car les hommes y seront rares. Mais le titre du festival annonce la couleur !
Ce sont donc des concerts, des rencontres, des conférences, des balades musicales que Claire Bodin, claveciniste reconnue, et son équipe nous proposent dans divers lieux culturels varois.
Le 23 mars, le Musée National de la Marine de Toulon accueillera le quatuor Alcea, qui proposera des oeuvres de trois compositrices : Maddalena Laura Lombardini Sirmen, Laura Aulin Valborg et Iris Szeghy.
Le 24 mars, direction de foyer Campra de l’Opéra de Toulon qui recevra un magnifique trio d’artistes: la pianiste Anne le Bozec, la violoniste Olivia Hughes, violoniste et Marion Grange, soprano. Sous le titre « Dans les jardins de Lili Boulanger, cent ans après », elle lui rendront hommage ainsi qu’à sa sœur Nadia, en interprétant quelques-unes de leurs oeuvres.
A noter une conférence qui sera proposée par Fiorella Sassanelli, dans ce même lieu le samedi 24 mars à 18h, sur le thème « Lili Boulanger, une clairière dans la musique française »
Le 25 mars, rendez-vous au théâtre Marc Baron de St Mandrier pour écouter la claveciniste Marie Van Rhijn et découvrir un danseur et chorégraphe : Pierre-François Dollé. Sous le titre « L’inconstante », ils interprèteront des pièces d’Elisabeth Jacquet de la Guerre. En lever de rideau des pièces d’Asaoka Makiko seront interprétées par Emmanuel Arakelian au clavecin et par la danseuse Eléonore Pinet.
Le 26 Mars au conservatoire TPM de Toulon, une master class sera animée par la soprano Jazmin Black-Grollemund et le pianiste David Jaackson

marie van rhijn Marie Ythier
Marie Van Rhijn – Marie Ythier

Le 27 mars, l’Espace des Arts du Pradet, recevra un quatuor composé de Jazmin Black-Grollemund, soprano, Angélique Charlopain, violoniste, Et deux Hommes encore : le contrebassiste Jérémie Decottignies et le pianiste David Jackson, qui dirigera ce quatuor et interprètera, en création mondiale « L’heure exquise » de Tiziana de Carolis ainsi que 22 mélodies d’Irène Régine Poldowski sur des textes de Verlaine. A noter une rencontre avec Taziana de Carolis, le vendredi 23 mars 16h45 au Café-Culture de Toulon.
Le 29 mars, il faudra se retrouver au Théâtre Marélios de la Valette pour un duo… mixte composé de la violoncelliste Marie Ythier et du pianiste Jonathan Fournel qui interprèteront des oeuvres de trois compositrices : Kaija Saariaho, Ethel Smyth, Dora Pejacevic. à 18h30 ce même jour, la Médiathèque de la Valette proposera « Un espace à soi » pour découvrir l’univers de Taziana de Carolis
Enfin, ce festival se terminera le 30 mars salle Fanny Ardant, au Liberté de Toulon qui, sous litre « Sur un piano perché » recevra un second duo mixte : la soprano Anne Baquet et le pianiste Damien Nédonchelle qui interpréteront des oeuvres diverses et variées d’Isabelle Aboulker, Christiane Verger, Marie-Paule Belle, Tiziana de Carolis et quelques autres compositrices. En première partie, la pianiste Léa Garnier interprètera « Tarentella » de Sophie Lacaze.
Un petit plus, les samedis 24 et 31 mars à 10h30, où l’association vous proposera, sous le titre « Suivez les femmes », une balade dans les rues de Toulon à la découverte de quelques figures et histoires de femmes, promenade guidée et animée par Anna Veyrene.
Pour tous renseignements et réservations :
06 13 06 06 82 –  presencesfeminines.contact@gmail.com – www.presencesfeminines.com

CAPUCON-R.-BUNIATISHVILI-Franck-Grieg-Sonates
Renaud Capuçon et Khatia Buniatishvili

Festival de Pâques
Ce sont 23 concerts que nous offrent Dominique Bluzet, directeur du Grand Théâtre de Provence et du Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence, ainsi que du Théâtre du Gymnase à Marseille, aidé dans cette aventure par le violoniste internationalement connu Renaud Capuçon.
Ils recevront dans les deux théâtres aixois ainsi qu’au conservatoire Darius Milhaud et en la cathédrale St Sauveur, le nec plus ultra de la musique classique internationale dont le London Symphony Orchestra, la Camerata de Salzbourg, l’Orchestre National de France, le Luzerner Sinfonieorchester, l’Orchestre National de Russie et quelques autres.
Un magistram tour du monde musical avec des artistes connus du monde entier comme la pianiste Khatia Buniatishvili, les violonistes Alina Pogostkina Vadim Gluzman, la mezzo-soprano Catherine Trottman, le quatuor Hagen, le ténor John Irvin, le flûtiste Emmanuel Pahud, le chef d’orchestre Raphaël Pichon et bien d’autre encore.
Le programme étant particulièrement riche et chargé, nous ne pouvons vous le présenter dans son entièreté .
Nous vous conseillons donc de le consulter sur : www.festivalpques.com – 08 20 13 20 13

Alina Pogostkina Catherine Trottmann
Alina Pogostkina – Catherine Trottmann

Jacques Brachet

Toulon – le Colbert
Rebecca HAMPTON – Anouk FRANCHINI
Deux superbes comédiennes… bien vivantes !

B

Deux comédiennes se rencontrent sur le tournage de la série « Plus belle la vie ».
Rebecca en est l’une des comédiennes récurrentes, Anouk Franchini est répétitrice. Mais elle est aussi comédienne et auteure de pièces de théâtre.
Elle écrit une pièce sur un couple qui a décidé de mourir: « On meurt si on veut ». Puis elle rencontre Rebecca et imagine la pièce autrement. Pourquoi pas deux femmes marquées par la vie, qui vont se retrouver dans une clinique très particulière, destinée à assister des gens en bonne santé qui ont décidé d’en finir avec la vie !
Laura (Rebecca Hampton) est déjà installée et prête à mourir dans quelques jours, quand surgit Stéphane (Anouk Franchini) qui va perturber le calme et le silence dans lequel Laura s’est plongée. Une vraie tornade qui, malgré la mort de son fils le jour de son enterrement de vie de garçon dont elle ne se remet pas, a une pêche d’enfer et finit par sortir Laura de son mutisme, de son mal de vivre. Une complicité va alors lier les deux femmes venues là pour en finir.
Mourra ? Mourra pas ? Vont-elle aller jusqu’au bout et sauter le pas, décision non dénuée de peur et de questionnements. La vie vaut-elle d’être vécue ? Les raisons de mourir sont-elle les bonnes ? Retrouvera-t-on « après », le repos que l’on recherche, les gens que l’on aime, les problèmes que l’on fuit ?
C’est une pièce douce-amère, où se mêlent rires et émotion, superbement jouée par deux comédiennes magnifiques, qui représentent le yin et le yang, la blonde et la brune, la blonde, comédienne, qui rêvait de gloire à Hollywood, et que la famille rejette pour n’avoir pas réussi. La brune qui, elle, est marquée à vie depuis la mort de son fils dans un accident, le jour de son mariage.

CD

Peut-on se remettre de la vie d’un enfant et continuer à vivre normalement ?
Peut-on continuer à vivre lorsqu’on est face à un échec et que la famille vous tourne le dos ?
Ce sont tous ces questionnements que vont évoquer ces deux femmes dans ce huis clos quelquefois étouffant, quelquefois très drôle, l’une voulant convaincre l’autre de ne pas aller au bout du bout de leur vie.
Le texte est ciselé, les répliques percutantes, l’action rebondit sans arrêt et l’on se prend à aimer ces deux femmes tourmentées, totalement différentes mais unies par un destin…
Un destin qui est ce qu’il est, pour chacune d’elles avec des raisons différentes, où la liberté et le libre arbitre peuvent toujours le modifier… On peut mourir… si on veut !
Nos deux comédiennes nous font passer des frissons et ce qui est formidable c’est qu’à chaque fois que le moment devient trop oppressant, une pirouette va le désamorcer et nous faire rire.
Un bel exercice de style, une belle leçon d’écriture et la confrontation de deux superbes comédiennes.

A

Dommage qu’à Toulon, lorsqu’il y a concurrence entre la culture et le sport (en l’occurrence le rugby !) ce soit toujours le sport qui ait le dernier mot !
Si vous voulez vous rattraper, retenez l date : samedi 7 avril 17h salle de l’Etoile Bandolaise, 5è rue Didier Daurat à Bandol. Une partie de la recette sera reversée au profit de l’Etoile Solidaire.

Jacques Brachet

« Carnivores » de Jérémie et Yannick RENIER
2 frères filment deux sœurs

007

Mona (Leïla Bekhti) et Sam (Zita Handrot) sont deux sœurs comédiennes, la trentaine.
Mais si Sam vit sa vie d’actrice prometteuse, Mona court toujours après « le » rôle qui la verra sortir de l’anonymat.
Mona, fauchée, squatte chez sa sœur qui, en échange, lui slui demande de servir de nounou puis de répétitrice pour son rôle.
Si Mona est renfermée sur elle-même et passe son temps à servir les autres l’autre, Sam est exubérante, même envahissante et égoïste.
Mais aucune n’est bien dans sa peau, l’une étant frustrée de courir après un rôle, l’autre dépassée par son rôle d’actrice, de femme, de mère et ne supportant plus les violences verbales de son réalisateur.
Un jour elle disparaît de la circulation. Au fil du temps, Mona reprend les rênes de la maison, s’occupe du gamin, devient la maîtresse du compagnon de sa sœur et trouve enfin le rôle « de sa vie ». En fait, elle devient la doublure de sa sœur;
Jusqu’au jour où Sam réapparaît.

0225627.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx 0150626.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Le film est fort, noir à tous niveaux, par le sujet, par l’image souvent très sombre, glauque par momenst, avec une tension qui va crescendo jusqu’au mot fin. Les deux femmes sont souvent filmées par des plans rapprochés, qui les enferment toutes deux dans leur vie. Nos deux comédiennes sont magistrales et pour la première fois nos demi-frères belges se retrouvent scénaristes et réalisateurs d’un film très abouti, un thriller psychologique efficace avec une fin assez inattendue et… pas très morale mais qui ne nous lâche pas jusqu’à la fin.
Deux frères comédiens tournant un film sur deux sœurs comédiennes, voilà qui est original et qui sent quelque peu l’autobiographie… Ce que nous expliquent avec un charme fou nos deux Rénier réunis au Pathé Liberté de Toulon.
« En fait – nous explique Jérémie – on retrouve dans ce film des choses que nous avons vécues étant tous deux dans le même univers. En dehors d’une vie de frères où se mêlent l’amour, la concurrence, il y a une vie d’artistes où l’on retrouve les mêmes ingrédients sans que jamais cet amour soit remis en question. La preuve en est qu’on avait très envie de travailler ensemble sur un scénario.
– Mais pour l’anecdote – précise Yannick – il est vrai que Jérémie est plus connu que moi et un jour, alors que nous étions tous eux à la Mostra de Venise pour présenter « Nue propriété » de Joachim Lafosse où nous jouions tous deux, pendant que Jérémie téléphonait, je tenais ses affaires et tout à coup l’on a vu l’équipe nous regarder bizarrement en se disant : le frère moins connu sert de domestique à l’autre… Et ça a déclenché l’envie de traiter ce sujet, qui nous semblait être un duo intéressant, en choisissant deux actrices. Et puis, nous avons voulu étoffer le sujet en prenant le parti d’un faire un thriller psychologique, aller au plus profond, dépasser le thème de la fratrie.
– Nous avons voulu garder ce qu’il y a de plus universel dans une fratrie mais nous avons très vite fantasmé en allant plus loin en allant vers les relations de haine, de violence contenue et voir jusqu’où l’on pouvait aller. Et nous avons voulu faire passer tout cela à travers les yeux de Mona, personnage plus opaque chez qui l’on sent monter un désir, cette violence et trouver un équilibre entre les deux sœurs sur le sujet dominé-dominant qui peu à peu s’inverse.

004 003

Le choix du « thriller psychologique » ?
Justement parce que l’histoire est vue à travers Mona, à travers son vécu mais aussi ses fantasmes, ses rêves, nous voulions traverser l’histoire à travers ses yeux en lui donnant malgré tout un trajet psychologique vraisemblable, une part de mystère aussi. Nous n’avons surtout pas voulu intellectualiser le propos. C’est une forme de huis clos oppressant. Les deux filles sont emprisonnées dans un cadre qui ne leur permet pas d’en sortir. Jusqu’au moment où, peu à peu, le cadre de Mona commence à s’ouvrir jusqu’à l’explosion.
Le choix des comédiennes ?
Jérémie :
Je connaissais Leïla et elle s’est très vite imposée dans le rôle de Mona. Pour le rôle de Sam, nous avons fait un casting et nous avons aussi très vite choisi Zita Hanrot car on leur a trouvé des ressemblances tout en étant très différentes. A leur première rencontre, le courant est passé très vite et nous avons compris que ça allait fonctionner. L’alchimie s’est faite aussitôt, elles se sont très vite fait confiance.
J’ai ressenti deux influences dans ce film : celle des frères Dardenne, réalisateurs belges avec qui vous avez travaillé mais aussi peut-être une influence avec Andrzej Zulawski.
Jérémie :
Oui certainement pour les frères Dardenne, qui sont d’ailleurs co-producteurs du film, mais en prenant peut-être plus de distance avec les comédiennes mais c’est vrai que leur regard était important. Chez eux, il y a toujours une grande justesse de jeu. Pour Zulawski, c’est vrai que ça peut se retrouver mais il y a aussi beaucoup d’autre références comme, par exemple « Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? » de Robert Aldrich et quelques autres. Notre père avait une impressionnante collection de vidéos. Nous y avons été nourris et même si quelquefois c’était chiant, ça a aussi été très inspirant !

0136564.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Le film s’intitule « Carnivores »… D’où vient cette idée ?
-Yannick :
Nous voulions un titre fort sans être explicatif, le sujet étant deux proies qui se disputent le même territoire. Ma femme un jour me parle d’un livre intitulé « Les carnivores et les édentés ». Le film étant construit sur l’idée de « Qui mange l’autre ? », ça nous a paru évident et intéressant de prendre mot de carnivores.
Vous êtes tous deux scénaristes, comédiens, réalisateurs… Comment vous sont venues ces envies de vous exprimer ?
Jérémie :
J’ai toujours été attiré par l’image. Avec mes potes, nous avons fait plein de films (immontrables !). Ca a toujours été une façon de m’exprimer puis je suis devenu comédien, tout en me rapprochant toujours du réalisateur avec la velléité de voir ce qu’il y avait derrière la caméra. De le faire avec mon frère, ça a été de vraies vacances, même si, tourner un film n’est pas de tout repos.
Yannick : Ça a été la même chose pour moi mais j’ai été très vite attiré par l’écriture. Et je me suis dit : pourquoi pas les deux, voire les trois ? Et puis, avec mon frère, nous avions cette envie d’écrire et de réaliser ensemble car nous avons chacun mené notre carrière de notre côté.
Ça a été un plaisir d’être sur le même bateau, de partager cette complicité, cette confiance.
Lorsqu’on est comédien et qu’on passe de l’autre côté, que ressent-on ?
Yannick :
la peur, le trac bien sûr mais aussi très vite le plaisir de faire un travail d’équipe.
Jérémie : Le plaisir de partager une aventure à la fois avec les comédiens et tous les techniciens, être à l’écoute des comédiens comme on aimerait qu’on soit écouté lorsqu’on l’est !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Charles BERLING et Pascale BOEGLIN-RODIER
s’installent à Chateauvallon

005 - Copie

D’un côté le Liberté à Toulon, devenu aujourd’hui le théâtre incontournable de la région varoise où la culture, toutes les cultures devrais-je dire, sont mises à l’honneur. Il est né en 2008..
De l’autre, le mythique centre de la culture, longtemps considéré comme le pôle de la danse, tous les danseurs et chorégraphes internationaux y étant passé. : Chateauvallon. Il est né en 1964, depuis plus de 50 ans aujourd’hui grâce à deux fous, deux génies, deux utopiste : Gérard Paquet et Henri Komatis.
Pour chacun de ces lieux, deux duos : Charles Berling et Pascale Boeglin-Rodier pour le Liberté, Christian Tamet et Nathalie Anton pour Chateauvallon, depuis vingt ans.
L’un entraînant l’autre, ces deux lieux se partagent le titre de scènes nationales.
Mais voilà : le duo de Chateauvallon a décidé de tirer sa révérence.
Et dans la foulée, on apprend que le duo du Liberté va grimper sur les hauteurs d’Ollioules pour y devenir codirecteurs, sans pour autant abandonner le Liberté.
Ils ont dit oui à la proposition qu’on leur a faite, après avoir réfléchi aux conséquences car diriger deux lieux de cette dimension ne va pas être de tout repos.

003 - Copie Pascale

 « Comme tout le monde – me confie Charles – nous avons été surpris de cette décision, suivie de cette proposition. Nous avons évidemment réfléchi mais nous avons pensé que ces deux lieux réunis sous la même tutelle avec une direction unique pouvaient, chacun trouver leur voie, garder leur personnalité, répondre aux attentes d’un public tout au long de l’année.
Ça va être un sacré boulot !
Ça c’est sûr mais il y a quand même l’équipe de Chateauvallon qui reste en place, avec qui on va travailler de concert. Nous allons prendre le temps de la concertation, de l’organisation, la saison prochaine étant déjà préparée par Christian Tamet et Nathalie Anton. Nous avons des idées et on va imaginer la chose tous ensemble.
Chateauvallon est un lieu mythique que tu connais bien.
Oui, je l’ai connu tout jeune, j’y ai de beaux souvenirs et je me suis replongé dans son histoire avec joie. Le site est magnifique, les plus grands noms y ont laissé leurs traces et j’ai envie de préserver ce lieu et de lui redonner sa spécificité.
Alors que tu es déjà surbooké, que tu passses de la scène l’écran, de Toulon à Paris sans compter les tournées… comment vas-tu faire ?
(Il rit). Mais je ne suis pas seul puisqu’il à toute une équipe à Chateauvallon, toute une équipe à Toulon, sans compter Pascale avec qui on passe du temps au téléphone, sur Internet. En ce moment je joue à Paris « Art » de Yasmina Reza et tous les dimanches soir je reviens à Toulon pour y travailler le lundi
Tu as le temps de te reposer dans la journée ?
Oui… enfin, pas en ce moment, puisque je tourne à Paris le prochain film de Safy Nebbou à qui l’on doit entre autres le film « Dans les forêts de Sibérie ». C’est le metteur en scène de la pièce tirée du film de Bergman « Scènes de la vie conjugale » qui vient de passer au Liberté avec Laetitia Casta et Raphaël Personnaz. Le film s’intitule « Celle que vous croyez » et j’y ai quelques scènes avec Juliette Binoche, qui est aussi venue au Liberté. J’ai un film qui va sortir à la rentrée et il y a quelques projets dans l’air.
Alors, heureux ?
Joyeux même car, même si ça va ajouter des heures de travail à un planning déjà chargé, c’est une belle nouvelle aventure qui démarre et une nouvelle ère qui va s’ouvrir sur ce site fantastique.

Propos recueillis par Jacques Brachet

Les larmes de combat
de Brigitte BARDOT

bardot

Adorée autant qu’haïe, encensée autant que décriée, Brigitte Bardot est, depuis 60 ans, celle dont on parle, dont on a toujours parlé, icône de cinéma ou égérie des animaux et ce, dans le monde entier.
Elle est celle qui scandalisa, celle que l’on adula, celle qu’on vilipenda, ça continue et ça continuera tant qu’elle sera sur cette terre.
Après nous avoir offert plusieurs tomes de ses mémoires, qui, elles aussi, furent tout aussi abreuvées de critiques que d’éloges, aujourd’hui, « presque » pleine d’usage et raison, elle nous propose de parler de ce combat qu’elle mène depuis des décennies, depuis qu’elle a quitté en 73 à l’âge de 38 ans, le cinéma pour la cause animale à laquelle elle se consacre corps et âme, nuit et jour, au point d’avoir vendu tous ses biens au profit de celle-ci.
Ce livre, écrit avec l’aide de la Toulonnaise Anne-Cécile Huprelle, s’intitule « Larmes de combat », (Ed Plon) joli titre pour ce combat qu’elle mène et qui lui survivra, tant il y a encore de choses à faire.
Bien sûr les âmes bien pensantes vont encore la décrier mais aujourd’hui elles crient de moins en moins, les gens se rendant compte qu’il faut bien quelqu’un pour mener ce combat.
Et s’il n’en reste qu’une…
Alors, comme elle l’a toujours fait, elle se fout de ce que ceux-là continueront à dire. Elle est sincère, elle n’a peur de rien ni de personne, elle tient tête dans les bourrasques, elle monte au créneau sans peur et sans regrets, elle est « jusqu’auboutiste » et ne lâche jamais rien.
On connaît son franc parler, elle n’a jamais eu un brin de diplomatie, elle est forte en gueule et c’est ce qui fait sa force, n’en déplaise aux esprits chagrins.
Si elle est toujours en tête du combat, sa fondation oeuvre dans l’ombre et a déjà accompli de grandes choses, des miracles car la défense des animaux est sa mission, son sacerdoce, le combat de sa vie. Un combat comme un puits sans fond.
« Mes réactions sont plus animales qu’humaines » dit-elle en précisant qu’elle ne fait pas partie de l’espèce humaine avec laquelle elle partage peu de choses.
Elle nous raconte dans ce livre les choses atroces qui sont faites aux animaux, avec une grande émotion, un vrai chagrin qu’elle nous fait partager.

DSC00021

Passionnaria impulsive qui peut être excessive, ce qui la dessert quelquefois mais qu’elle ne regrette pas, elle a toujours déchaîné les passions, positives ou négatives, et ça ne va certainement pas changer aujourd’hui !
Elle avoue pourtant « J’ai réussi ma vie mais je n’ai pas été heureuse » tant il est vrai qu’elle s’est souvent trouvée démunie devant l’horreur, la sauvagerie et la bêtise humaine mais elle a tellement fait pour les animaux qu’il lui est beaucoup pardonné. D’ailleurs elle dit aussi : « Je n’ai peut-être pas été complètement un monstre, alors ».
Ce livre risque de la réhabiliter auprès d’un nombreux public, tant il est émouvant, poignant, tant elle a fait de belles chose que personne ne peut lui enlever. Quant aux autres… ils lui sont tellement acquis ! Et ils son plus nombreux qu’on ne le croit !
En fait… et si Brigitte Bardot était un animal ?!

Jacques Brachet