Archives mensuelles : décembre 2017

Le Liberté – Toulon
Jane BIRKIN revient avec Gainsbourg symphonique

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Gainsbourg-Birkin.
Une histoire sans fin. L’histoire d’un amour mais aussi d’une osmose musicale qui continue même 25 ans après que le génie soit parti, laissant sa muse œuvrer pour que cette histoire hors du commun continue à vivre à travers une œuvre incroyablement riche, à travers les décennies.
Et pour cela, Jane, qui l’a chanté tant et tant , continue à le faire perdurer, à travers ses mots et ses musiques, le disant, le chantant, à l’orientale et aujourd’hui dans un grand élan symphonique, avec toujours la même émotion, les larmes au bord du cœur mais heureuse de se rendre compte que, le temps passant, les générations continuent à aimer ces « œuvres mineures », comme Serge aimait le dire en provocateur qu’il était.
Et la voici donc, conquérante une fois de plus, partant sur les routes pour chanter le poète-musicien, cette fois avec un orchestre symphonique.
Ce sera au Liberté, le jeudi 14 décembre à 20h30, où elle prendra place avec l’orchestre de l’Opéra de Toulon dirigé par son complice et ami de tant d’années, Philippe Lerichomme, son directeur artistique, avec, au piano Nobuyuki Nakajima qui a signé les arrangements.
Jane est une amie de longue date. On s’est rencontré très souvent et, alors que j’étais attaché de presse du studio photo de Pierre-Jean Rey à Toulon « Baobab », durant près de trois ans nous nous sommes côtoyés souvent, car elle venait y faire des séances photos.
Avant de nous retrouver au Liberté, petit coup de fil pour parler de ce spectacle.
Jane, comment est venu ce projet ?
Tout à fait par hasard, comme beaucoup de choses que je fais et qui font partie des coïncidences de ma vie. A la mort de Kate, ma fille, j’étais totalement désemparée et je me suis enfermée chez moi durant près de deux ans. Voyant cela, Philippe Lerichomme a voulu me sortir de chez moi en me proposant de monter un spectacle avec Hervé Pierre et Michel Piccoli, où nous disions à tour de rôle des textes de Serge. J’ai trouvé que c’était une bonne idée et nous avons promené ce spectacle dans de petites salles, en France et en Italie.
Et l’idée de ce symphonique ?
Elle m’a été soufflée par une amie journaliste québécoise, Monique Giroux qui m’a dit que Serge, étant très en prise avec la musique classique, il aurait certainement aimé que ses chansons prennent cette teinte « classique ». C’est vrai que souvent, Serge a écrit des textes sur des musiques classiques comme « Zeste de citron » pour Charlotte, « Initial BB » pour Bardot et « Jane B » entre autres, pour moi. Du coup, elle m’a fait rencontrer l’Orchestre Symphonique de Montréal, alors que j’étais en tournée avec Michel et Hervé et les Francofolies m’ont proposé de faire avec eux l’ouverture du festival 2016. Ça a été un moment magique et très émouvant et je suis sûre que Serge aurait été heureux et fier de cette idée.
Et le projet de disque s’est alors concrétisé ?
Oui et ce qui est drôle c’est qu’au départ, ce devaient être deux concerts au Francofolies à Montréal t ça devait s’arrêter là.

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Du coup, l’idée est venue de prolonger cet instant en enregistrant le disque. On l’a fait avec l’Orchestre de la radio polonaise de Varsovie et c’est Nobuyuki Nakajima qui a fait ces splendides arrangements.
Ta rencontre avec Nobuyuki ?
« Nabu » je l’avais rencontré après le tsunami à Tokyo, au moment des événements nucléaires où, avec Kate je suis venue apporter mon soutien en proposant quelques petits concerts. Ma productrice m’avait alors présenté quelques musiciens dont Nobuyuki. j’avais adoré les arrangements au piano qu’il avait fait sans savoir alors qu’il était aussi compositeur et arrangeur. J’ai donc pensé à lui et il a tout de suite été d’accord. Ça a été un travail de six mois par Internet et le résultat est là, à la fois gai et émouvant,
Ce disque est le treizième album que tu as enregistré. Comment as-tu choisi les chansons ?
C’est Philippe et Nobuyuki qui ont choisi la plupart des chansons. Moi, je voulais celles que Serge m’a écrites après notre séparation car je trouvais que c’étaient les plus belles. Mais ils ont trouvé » que c’était trop mélancolique, trop triste et ils ont alors choisi d’autres chansons plus gaies  et on a mélangé le tout »
Ainsi se mélangent « Pull marine » et « La javanaise », « Lost Song » et « Baby Alone, « , « La chanson de Pévert » et « Amour des feintes », « Requiem pour un con »…
Il était presque naturel que Serge, qui avait une formation classique, qui appréciait cette musique et qui a tant « piqué » les grands compositeurs, de Dvorak (Initials BB) à Brahms (Baby Alone), en passant par Beethoven (Poupée de cire), Chopin (Jane B) et bien d’autres, soit un jour « intronisé par la musique, sinon classique, du moins symphonique.
Un bien bel hommage – une fois de plus – que notre Jane rend à son Pygmalion.

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Te revoilà donc en tournée, Jane !
Oui et pour au moins deux ans car les propositions sont venues du monde entier ! Nous allons donc jouer dans de nombreux pays et c’est formidable que Gainsbourg puisse être connu et reconnu partout.
Après « Arabesques » et « ce « Symphonique », sans parler du récital de poésie, as-tu encore des idées pour continuer à rendre hommage à Serge ?
Tu sais, ce sont les deux plus belles choses que j’ai faites autour des chansons de Serge et là, j’en ai pour un moment. Mais je n’ai jamais eu aucun plan de carrière, les idées, les projets viennent et s’ils me plaisent, je les réalise. Donc, pourquoi si quelque autre coïncidence se présente ? Mais pas avant longtemps car après cette très longue tournée, je suis en train de traduire en français mon journal intime que j’ai commencé à 12 ans, en anglais, bien sûr. C’est un énorme travail et je me demande quand je vais pouvoir le terminer !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Toulon – Le Liberté
Théma # 27 : « La Pyramide Humaine ».

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Pour ce nouveau Théma qui va durer de Décembre à janvier le Liberté, scène nationale, s’est mis aux couleurs de l’Afrique avec un hommage appuyé à Jean Rouch, ingénieur au Niger, puis photographe, cinéaste, ethnologue, dont le titre d’un de ses films « La Pyramide Humaine » sert d’intitulé à ce Théma#.
Présentation dans le Hall du théâtre par Pascale Boeglin-Rodier co-directrice avec Charles Berling du Liberté, scène nationale, en compagnie de Thiefaine Samson responsable des programmations thématiques, et des artistes invités : Catherine Ruelle, grand reporter et critique de cinéma, présidente de l’association Centenaire Jean Rouch 2017 ; Andrea Paganini, philosophe, anthropologue chercheur dans les archives de Jean Rouch, également délégué général de l’association ; et René Giraud organisateur des expositions de L’ « Atelier Avant Seize » en divers lieux de la ville.
D’entrée Le Liberté pose la question : « Que seraient les hommes sans les hommes ? Certainement que la plus belle de toutes les pyramides du monde est bien celle que forme l’humanité elle-même. » Chercher et trouver des réponses tout au long de ses deux mois.
Catherine Ruelle nous rappelle que Jean Rouch (1917-2004) fut dès le départ un révolutionnaire dans l’art de filmer, avec une petite caméra légère qui lui permettait de tourner autour des personnage, de filmer d’une façon très fluide. Ajoutons qu’il est avec Edgar Morin, fondateur du cinéma-vérité, mouvement qu’il a théorisé dans son film manifeste « Chronique d’un été » en 1961, et qu’il influença les cinéastes de la « Nouvelle Vague » dont Jean-Luc Godard, et au théâtre Jean Genêt et Peter Brook. Il réalise 120 films (on vient d’en redécouvrir 26), plus de 30 000 photos. Il mourut dans un accident de voiture au Niger ; il est enterré près de Niamey. Il reçut les plus grandes récompenses pour ses différentes œuvres.
René Giraud présente des photos prises par des Africaines qui allaient de village en village, y vivant, assistant et participant aux diverses cérémonies. Résultat, environ 5000 photos desquelles René Giraud en a extrait une sélection présentée dans quelques boutiques de Toulon.
Après cette présentation on pouvait assister au film « La Pyramide Humaine » phrase qui vient d’un poème assez obscur de Paul Eluard. On est au lycée d’Abidjan en classe de première en 1959. Noirs et Blancs, filles et garçons, sont dans la même classe, ils sont copains, les Noirs plus travailleurs aident parfois les Blancs, assez paresseux, dans leurs devoirs. Une jeune fille, Nadine, arrive de Paris, elle trouve bizarre qu’ils ne se fréquentent pas en dehors de la classe. Jean Rouch va les faire jouer, improviser, cet essai de mixité.

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Après bien des réticences des deux côtés, on tente l’aventure et ça marche, malgré quelques troubles, surtout à cause de Nadine, belle, qui enflamme les garçons et leur donne des espoirs par sa coquetterie inconsciente. Elle ne connaît pas tous les problèmes inhérents à la colonisation. Le film se termine par un drame, un garçon se noie, Nadine rentre à Paris. Le groupe reste soudé. Jean Rouch dit alors que le film, qui existe maintenant, a créé une réalité. Hélas l’Histoire nous a montré que ce n’était qu’un rêve.
Outre le naturel des acteurs amateurs, ce qui frappe c’est qu’il n’y a aucune différence physique, hors la couleur de peau, entre ces jeunes gens. Même élégance, même façon de s’habiller (ah ! les jupes vichy !), de se coiffer, de bouger ; même goûts, même lectures, amour des mêmes poèmes, de la musique, mêmes réactions devant l’amour, les choses de la vie, même morale. L’intégration était réussie, et pourtant chaque groupe avait une grande lucidité sur les différences de conditions entre Blanc et Noirs, mais ils avaient réussi à les surmonter. C’est là qu’on se dit que la décolonisation a été un dramatique ratage.
Après la projection un débat fut animé par Catherine Ruelle et Andrea Paganini.
Pendant ces deux mois on pourra voir l’exposition des photos de Jean Rouch dans le hall, l’exposition hors les murs, des films, assister à des conférences, des rencontres, des chorégraphies, des concerts, une nuit de la lecture, une nuit liberté danse/DJ Set, participer à des ateliers, et les enfants ne sont pas oubliés. De quoi finir cette année et commencer la suivante en beauté.

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Serge Baudot
Programme détaillé et renseignements www.theatre-liberte.fr et dans les lieux habituels.
Tel : 04 98 00 56 76

JOHNNY pour toujours et à jamais

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Lorsqu’on a vécu son adolescence dans les années 60, on ne peut pas avoir manqué ce jeune blondinet de 16 ans, qui arrivait avec sa guitare électrique, chantait des chansons d’un autre monde – qu’on appelait USA – en se roulant par terre.
On aimait ou on n’aimait pas, on vilipendait ou on adorait mais une nouvelle musique, une nouvelle façon de chanter, une nouvelle manière de vivre était en marche et rien ne pourrait l’arrêter, qu’on le veuille ou non.
Le rock arrivait chez nous, bouleversant tout sur son passage tel un tsunami et la chanson ne serait plus jamais pareille…
Adieu André Claveau, Gloria Lasso, Maria Candido, Luis Mariano (que des noms en O !).
Bonjour le rock, le blues et bonjour Johnny qui, à l’instar d’Elvis aux États-Unis, allait imposer le rock’n roll !
Un rock’n roll à la française puisque notre Johnny n’a toujours chanté, ou presque, qu’en français.

B C

Une idole était née, qui avait 16 ns et qui, durant 60 ans, allait allumer le feu dans toutes les plus grandes salles, dans tous les plus grands stades de France.
Et pourtant alors, on ne lui donnait que quelques mois à vivre avant de repartir avec ses « souvenirs souvenirs ». N’est-ce pas Lucien Morisse, alors patron d’Europe 1 et de plus mari d’une certaine Dalida, qui cassa son premier disque à l’antenne, l’enterrant avant qu’il ne devienne une « vedette » !
Aujourd’hui, des millions de fans le pleurent, lui rendent hommage car, en près de 60 ans, toutes les générations qui se sont succédées ont quelque chose en eux de Johnny, une chanson, qu’elle soit sentimentale ou bourrée d’énergie.
J’avais 20 ans lorsque j’ai décidé de devenir journaliste.
L’âge de tous les possible, de toutes les ambitions, de toutes les envies. Et l’envie de rencontrer ces nouvelles idoles des jeunes nommées Johnny, Cloclo, Eddy, Sylvie, Françoise… et les autres.
Je les rencontrerai toutes, à divers degrés, devenant ami de certains, restant lointain des autres. Mais c’était une époque de joie, de bonheur et surtout, tout petit journaliste qu’on était, on pouvait approcher ces artistes en herbe sans problème.
Il fallait donc bien qu’un jour je rencontre Johnny. Ce que je fis dans de drôles de conditions, grâce à son attaché de presse Gil Paquet qui me convia à suivre le Johnny Circus en 72.
Avant cette première rencontre, il y eut celle que je fis sur l’île de Bendor en 70 où Tony Franck, photographe de SLC était venu avec Johnny faire des photos pour un calendrier qui serait inséré dans le magazine « Salut les copains ».
On rencontra un Johnny décontracté, rieur, blagueur que l’on put aborder sans problème. Il faut dire que le secret avait été bien gardé et qu’il n’y avait que nous sur l’île.
Revenons à ce « Johnny Circus », qui était, déjà à l’époque, un projet fou de notre idole : partir sur les routes, comme le faisait Medrano ou Bouglione, avec un chapiteau et des artistes qui sillonnaient la France et s’installaient sur de grandes places.
Il y avait donc cette année, en première parie, le groupe Ange qui n’avait d’Ange que le nom et une certaine Nanette Workman dont on disait qu’elle était en train de prendre la place de Sylvie Vartan.

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Atmosphère on ne peut plus survoltée et – disons-le – avinée, dès 17 heures où l’alcool passait d’une caravane à l’autre. Atmosphère aussi surchauffée sous le chapiteau où, en plein été dans le Midi, déjà à 17 heures, l’air était irrespirable.
Ça riait, ça criait, ça jouait, ça répétait, ça chantait, ça picolait sec et au milieu de cette cour des miracles arriva Johnny, superbe, souriant, décontracté mais qui, au contraire de cette foule en délire, était d’un calme olympien, passait dire un petit bonjour à tout le monde, avant de rejoindre sa loge et de se préparer à répéter.
Durant les quelques trois ou quatre dates que j’ai faites en suivant le Barnum, j’arrivais, à un moment où à un autre, à discuter dix minutes avec Johnny qui, au contraire de ce qu’on voyait sur scène, où il était l’énergie, la folie mêmes, où il s’éclatait comme une bête, était alors discret, parlant d’une voix posée, presque timide devant le jeune journaliste que j’étais.
Cela m’avait surpris mais j’allais retrouver ce Johnny-là, chaque fois que l’occasion se présenterait de réaliser avec lui un moment d’entretien.
Il y en eut pas mal, même si je ne suis jamais devenu un intime auprès lui. Il était bien trop encadré par une meute de gens qui le collaient, beaucoup profitant de sa célébrité… et de son fric !
Mais grâce à Eddie Barclay, chez qui j’étais souvent invité, grâce à Patricia Carli, auteur-compositeur, mariée à Léo Missir, le bras droit d’Eddie devenue une amie, qui, plusieurs fois, m’arrangea des rendez-vous, je pus ainsi, sporadiquement, avoir des moments de tête à tête avec cet être qui était le charme incarné, la gentillesse et la simplicité dans la vie de tous les jours et qui semblait gêné lorsqu’on lui disait qu’il était le meilleur !
C’est dans ces moments-là qu’on pouvait l’aborder car en tournée, outre qu’être à l’heure n’était pas sa qualité première, dès le spectacle terminé, il s’enfuyait dans ce qu’on appelait « un panier à salade », pour être à l’abri de la folie ambiante et retrouver sa voiture cachée à quelques kilomètres du lieu du concert.
C’est ainsi qu’un jour, un ami, qui était fan de Johnny, eut envie de le suivre en voiture en suivant le camion de police à toute allure. Sacrée virée mais, arrivé à la voiture, c’est avec gentillesse qu’il voulut bien poser avec mon copain pour une photo, avant de repartir, trempé et échevelé, comme il était arrivé !
Avec le temps, il fut plus difficile de l’approcher mais il y eut des occasion, comme ce repas intime organisé à Nice pour la sortie du film « Conseil de famille » de Costa Gavras, où la tablée n’était que de deux ou trois journalistes, dont moi. Comme aussi en 95 où, au MIDEM, il fut élu « The man of the year » où l’on put le rencontrer en petit comité. Comme cette houleuse tournée qu’il partageait avec Sylvie alors que le couple n’allait pas très bien et que, grâce à la gentillesse de Sylvie, je pus encore le rencontrer. Enfin, cette fois – incroyable moment – où, alors que Laeticia venait d’entrer dans sa vie, on se retrouvait dans un grand pique-nique à St Tropez et où il arriva, avec les cheveux super longs, accompagné de cette jolie petite poupée qui ressemblait alors à Shirley Temple et qui déjà veillait sur lui férocement, surtout lorsque le phénomène Lollo Ferrari déboula sur Johnny pour l’embrasser !

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Et puis, cette soirée à Ramatuelle, où, venu voir chanter Eddy Mitchell, celui-ci ne vint pas au repas mais l’on s’y retrouva avec Jean-Claude Brialy et Bernard Montiel et ce fut un joli moment de convivialité.
Il y eut donc de jolis moments avec Johnny et j’aimerais juste citer ce qu’il me dit un jour sur la vieillesse :
« Dans la vie, on grandit plus qu’on ne vieillit et je ne serai jamais un vieux rocker, car être rocker est un état d’esprit. Lorsqu’on me demandait ce qu’est un rocker, j’ai longtemps répondu que le rocker idéal, c’est le physique de James Dean, la voix d’Elvis et la rébellion contre l’ordre établi. Je me suis longtemps retrouvé dans ce portrait et aujourd’hui, même si je me suis quelque peu assagi, cette définition est toujours en moi… »
Johnny, toujours rocker. Rocker à jamais et pour toujours, qui a su fédérer cinq générations qui le pleurent aujourd’hui mais qui le garderont dans leur cœur.

Jacques Brachet

Camille LOU… Chanteuse ou comédienne ?

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Un regard rieur, un sourire éclatant, toute blonde sous son joli petit chapeau… Quoi de plus mignon à regarder que Camille Lou, alias Olympe de la comédie musicale « 1789, les amants de la Bastille », alias la reine Guenièvre de « La légende du roi Arthur », alias… toute jeune chanteuse qui rend hommage à notre Sheila nationale en lui consacrant 13 de ses chansons (le chiffre 13 étant le chiffre porte bonheur de Sheila), des fameux « Rois Mages » à « Spacer » en passant par « Gloria », « Les gondoles à Venise », « Vous les copains », « Love me baby » entre autres et un joli duo avec son aînée « L’écuyère », l’une des plus jolies chansons de Sheila.
CD quelque peu inattendu et original, notre jolie demoiselle étant loin d’avoir connu ces années dites « yéyé » et Sheila étant aussi loin de son répertoire.
Si loin ? Peut-être pas tant que ça. Et elle nous en parle lors de notre jolie rencontre. Qui est la seconde puisque nous nous étions vus au MIDEM à Cannes pour le présentation, avec Dove Attia et toute la troupe de « 1789, les amants de la Bastille ».

Elle rit car évidemment je ne suis pas le premier à lui poser cette question : Pourquoi Sheila ?
C’est vrai qu’on me pose beaucoup cette question… Et sachez que je me la suis aussi posée lorsque le directeur artistique de ma maison de disques, Warner, me l’a proposé. D’abord, c’est vrai, je croyais ne pas connaître grand chose du répertoire de Sheila et j’ai failli refuser en lui disant : encore des reprises ?
Mais il m’a rétorqué que je lui faisais beaucoup penser à elle car elle chante, elle danse, elle joue, tout comme moi. Et il m’a demandé de l’écouter.
Ce que j’ai fait en me rendant très vite compte que je connaissais pas mal de ses chansons. Ce qui m’a décidé, c’est en découvrant, alors que je revenais de chez mes parents à Montpellier la chanson « C’est le cœur ».

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Photo droite Monique Scaletta

Alors ?
J’ai adoré et du coup j’ai accepté de faire un essai, une maquette. Sans compter que je trouve que ce sont de jolies chansons, gaies, légères, fraîches et qu’aux jours d’aujourd’hui, ce genre de chansons ça fait du bien au moral !
Et Sheila dans tout ça.?
Elle avait été contactée et avait donné un oui de principe, attendant ce que ça allait donner. Lorsqu’elle a écouté les maquettes, elle a trouvé ça très chouette, a dit OK en me disant : « Amuse-toi mais surtout ne fait pas « du Sheila ». Fais à ta manière ». Elle a été très bienveillante et a même décidé de faire en duo avec moi, l’une de ses chansons préférées : « L’écuyère ».
A-t-elle choisi des chansons ?Vous a-t-elle conseillée ?
Non, elle n’est pas du tout intervenue, ma’ laissé faire et j’ai donc tout choisi moi-même.
Comment choisir devant tant de chansons ?
Je ne vous dirai pas que j’ai écouté les quelque 600 titres qu’elle a enregistrés mais il y en avait quelques-unes qui étaient incontournables, comme « Les rois Mages », que j’ai faite en duo avec Augustin Galiana ou « Vous les copains » que j’avais entendue dans une pub (Justin Bridou !) et que j’avais beaucoup aimée.
Revenons à vos comédies musicales et avec Dove Attia qui vous a engagée deux fois… La rencontre ?
Le hasard. Je venais d’assister au spectacle de Dove « Mozart, l’Opéra rock » avec mes parents. Nous mangions au restaurant et mon ami musicien Merwan Rim, me dit que Dove Attia est là. Du coup il me donne une guitare et me dit d’aller lui chanter quelque chose. J’étais très impressionnée d’autant que j’ai toujours rêvé de jouer dans des comédies musicales et que j’adorais Dove Attia… et Michelangelo Loconte ! J’avais alors 17 ans et Dove me propose de rencontrer son amie prof de chant et coach vocal, Nathalie Dupuy, en vue d’un prochain casting pour « 1789 ». L’histoire a duré deux ans entre les cours et le choix des artistes car Dove n’était jamais satisfait du groupe, changeait tout le temps et je commençais à être sérieusement découragée.

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Avec Dove Attia et l’équipe de « 1789, les amants de la Bastille » (Photo Christian Servandier)

Et pendant ce temps ?
J’ai quitté la Fac, je suis venue à Paris, j’ai travaillé pour Jenifer en espérant que je n’avais pas fait une bêtise de tout lâcher. Un soir, réunis chez Dove, il nous a un peu mis sur le grill avant de sortir une bouteille de champagne et de nous annoncer qu’on était pris !
Et il vous a reprise pour « Le Roi Arthur » ?
Oui, ce qu’il fait rarement. Il l’a fait aussi pour Florent Mothe qui jouait dans « Mozart ». Entre temps j’ai fait l’émission « Les chansons d’abord » avec Natasha St Pier. Mais avec Dove je serai toujours présente car il a représenté mon rêve… En quelque sorte… C’est mon Dieu ! On dit « jamais deux sans trois »… Alors…
Après ça vous avez fait beaucoup de duos : Garou pour « La belle et la bête », David Carreira, Amir pour « Les Gentleman » et même « Danse avec les stars » avec Laurent Maistrat !
J’adore travailler en équipe, l’esprit de groupe et j’aime varier les plaisirs. Même si, par goût, je préfère la comédie à la chanson !
Curieux pour une chanteuse, non ?
(Elle rit)… Je ne devrais pas le dire mais j’écoute très peu de chansons, je vais rarement voir des spectacles, des concerts. D’abord je suis très casanière, j’aime rester chez moi et… je préfère regarder des films ou des télé-films. Je trouve qu’il y a aujourd’hui beaucoup de séries intéressantes… Et de belles B.O !
Alors pourquoi vous chantez ?
Pourquoi pas ? J’aime ça aussi mais c’est vrai qu’aujourd’hui je suis plus tournée vers la comédie. J’ai tourné pour TF1, une série très dramatique : « Les bracelets rouges » d’Albert Espinosa, avec Pascal Elbé qui joue mon compagnon, plus âgé que moi, qui a un fils atteint d’un cancer et qu’il a du mal à prendre en charge. C’est moi qui, malgré mon âge, vais m’en occuper. C’est à la fois drôle, triste, émouvant. Et je termine pour France 2 « Maman a tort », un polar réalisé par François Velle avec encore Pascal Elbé, Anne Charrier, Gil Ama… Tout ça sortira en 2018. Et j’ai un autre projet dont je ne parle pas encore.
Alors dans tout ça, la scène ? Et ce disque ?
Bon, ce disque, c’est un peu un cadeau de Noël, une parenthèse dansm a vie d’artiste et je ne compte pas faire ce que fait Mat Pokora avec Claude François. ! Je ne me vois pas faire un « spectacle Sheila », ou alors quelques-unes de ces chansons mêlées à d’autres de mes chansons. Mais j’avoue que ce n’est pas vraiment d’actualité ».

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Donc il faudra attendre la comédienne avant la chanteuse.. D’autant que, m’avoue-t-elle encore, chanter est un plaisir mais elle ne brigue pas un statut de star ou de faire le Parc des Princes… Du moment qu’elle fait des choses qui la passionnent c’est le principal.
« Et si ça ne marche pas, ce n’est pas grave : je trouverai autre chose à faire !
Ah, autre joli scoop qu’elle nous confie : elle vient de tourner une sorte de pub pour la SNCF. Et savez-vous avec qui ? Kevin Costner !!!
Excusez du peu !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Six-Fours – « Star Wars » se pose aux Six N’étoiles

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A l’occasion de la sortie de l’épisode VIII de « Star Wars », « Les derniers Jedi », le Six N’étoiles vous propose la deuxième édition de la Fan Wars, du 8 au 16 décembre.
Cette manifestation se déroulera avec la participation du CES – Cercle d’Escrime Seynois, le Neko Light Orchestra dirigé par Nicolas Chaccour et Star Toys 83.
Une semaine consacrée à la mythique saga imaginée par George Lucas… il y a 40 ans !

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PROGRAMME
– Soirée Fan Wars – Vendredi 08 décembre à partir de 18h (partenaires: Star Toys 83; La Poste; Cultura; CES )
* Concert « Star Wars » par le Neko Light Orchestra en formation trio (flûte, violoncelle et piano) à 20h30, Vivez une heure de concert avec les plus grands thèmes de la saga  Tarif 15€
* Stands animations  : entrée libre
* Concours de cosplay
* Fan Films, parodies…

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Nicols Chaccour, Neko Light Orchestra

– Le réveil des fans – Mercredi 13 décembre (partenaires: Star Toys 83; La Poste; Cultura; CES )
* Diffusion de l’épisode 7 à 7h30 avant de vivre la première séance publique de l’épisode 8 à 10h15  Tarif: 11€ les 2 films
* Petit déjeuner offert
* Stands animations…

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– Fan Wars, le combats – Samedi 16 décembre
(partenaires: Star Toys 83; La Poste; Cultura; CES )

* Démonstration de combat au sabre laser  avec le Cercle d’Escrime Seynois sur les séances de 16h30 et 21h15 Tarifs habituels
* Stands animations…

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Toute l’équipe de « Star Wars »

NOTES de LECTURES

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Estelle MONBRUN : Meurtre à Petite Plaisance (Ed Viviane Hamy – 236 pages)
Estelle Monbrun est le nom de plume d’une proustienne émérite qui s’est lancée dans une carrière de professeur de littérature française contemporaine aux USA
Spécialiste de Proust et de Marguerite Yourcenar elle écrit des polars pour Viviane Hamy. Après « Meurtre chez tante Léonie », puis »Meurtre chez Colette » elle se lance dans « Meurtre à Petite Plaisance » qui est le nom de la maison de Marguerite Yourcenar sur l’ile de Monts déserts dans l’état du Maine. On y retrouve Adrien Lampereur, journaliste français venu enquêter au sujet de la guerre du homard et que l’on retrouve mort étranglé au petit matin dans le jardin de la villa. L’enquête s’installe faisant intervenir policiers français et yankies . Tous se mêlent et démêlent l’écheveau des intérêts de chacun quand à l’avenir de cette île mais déterrant au passage les cadavres enfermés dans les placards depuis des décennies avant d’arriver à l’incroyable vérité de l’affaire Yourcenar.
Comme toujours le récit est bien mené et nous amène à rencontrer des personnages déjà croisés chez Tante Léonie. De la connivence,.des éclats d’esprits, de très belles évocations de ce lieu enchanteur en font un roman agréable mais sans plus.

Youssef Samir GERMANOS : Petites morts à Beyrouth (Éditions Famyras – 289 pages)
Nous sommes à Paris en 2058, et il est désormais possible de visionner le passé, depuis un centre de rétro vision.
Séduit par cette nouvelle technologie, Christian K. le personnage principal de ce roman, accède au centre prétextant des études approfondies sur le langage du corps et les expressions faciales.
Nous allons donc découvrir avec lui, en réalité à la recherche de ses origines, le Liban de la fin du XXème siècle  « celui de la guerre civile et des excès » et surtout celui de ses parents qu’il a trop peu connus. L’auteur nous obligera alors à de nombreux allers et retours dans le temps.
Dès les premières pages, la salle de visionnage nous est ouverte : « Beyrouth, Cave 69, mai 2012″…Images chocs, la mère du héros « s’envoie en l’air à la va vite dans les toilettes d’un bar à la mode.
Indignation du fils qui poursuit néanmoins ses recherches. Il s’ensuit une sorte d’enquête policière, d’une grande complexité narrative avec un réseau considérable de personnages, la famille, les proches, les amis. Le récit rapporte également l’atmosphère d’un Beyrouth bouleversé par les conflits mais qui reste une ville de fête.
L’intérêt d’une telle lecture réside peut être alors dans les considérations qui jalonnent le récit.
La rétro vision permet un éclairage différent sur le passé ; il s’agit de comprendre les conflits et de prendre du recul. Les révélations sur des faits historiques comblent les lacunes imposées par les temps et le regard sur les comportements humains et leurs dérives, replacés dans un contexte, se veut modérateur de pulsions.
Serait-il ainsi possible d’empêcher les crimes, les guerres et de changer le monde ?
Que penser cependant de la curiosité malsaine qui transforme tout visionneur en voyeur impénitent?
L’intimité reste et doit rester privée. C’est la seule vraie réflexion qui pourrait enrichir ce texte.
Tout était donc dit, dès la page dix !
Un roman d’anticipation peu convaincant !

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François-Henri DESERABLE : Un certain M.Piekielny (Ed Gallimard – 259 pages)
M.Piekielny habite au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka à Wilno.
Du moins habitait lorsque Romain Gary l’affirme dans son premier roman « La promesse de l’aube » et nul n’est venu le démentir.
François-Henri Désérable entraîne le lecteur dans une quête persévérante à travers l’histoire et la géographie pour retrouver cet étrange M.Piekielny, au manteau gris, très discret qui aurait demandé au jeune Roman Kacew, alias Romain Gary, tant vanté par sa mère comme futur écrivain célèbre, de rappeler son existence dans ses œuvres. Et, sur ce fil ténu, tel un équilibriste, l’auteur déroule un roman pétillant et grave sur le ghetto de Vilnius, mais aussi sur la vie extraordinaire de Romain Gary, ses apartés avec les grands de ce monde rencontrés soit pendant la deuxième guerre mondiale soit pendant ses fonctions d’ambassadeur ou simplement en tant que double lauréat du Prix Goncourt, ce monde à qui il confiait toujours qu’au 16 de la rue Grande-Pohulanka habitait un certain M.Piekielny ! « Une vie se réduit à peu de choses mais les pages demeurent » et c’est cette réflexion sur la littérature que l’auteur poursuit, à la recherche d’une question : l’auteur fait-il « naître ou renaître » ses
personnages ?
D’une langue alerte, alliant faits historiques et une imagination pure maniée avec une jouissance toujours renouvelée pour retomber sur ses pattes, l’auteur échafaude scenario sur scenario pour tracer un portrait enlevé de Romain Gary. C’est même un virtuose dans ce domaine pour le plus grand plaisir du lecteur qui démêlera le réel de la fiction.
Mais n’est-ce pas cela la littérature « l’irruption de la fiction dans le réel » ?

Didier DECOIN : Le bureau des jardins et des étangs (Ed Stock – 384 pages)
Empire du Japon, XII° siècle.
Nous pénétrons au cœur d’un petit village où coule le fleuve kusagawa. Sur ses berges, un jeune pêcheur de carpes destinées aux étangs sacrés de la cité impériale, vient de mourir noyé. Sa jeune veuve Miyuki n’a d’autre recours que de le remplacer. Pour la première fois elle va quitter sa pauvre cabane afin d’accomplir le périple inconnu qu’accomplissait son époux sur lequel comptait le village pour subsister.
Elle s’élance alors, lourdement chargée de sa palanche où sont suspendues les carpes sacrées . Rude périple qui lui fait affronter tous les dangers : brigands, orages, séismes, afin de parvenir à son but, livrer les carpes en bonne et due forme.
On imagine que Didier Decoin possède une sérieuse connaissance de ces lieux et de cette période tant il parvient à nous transporter par ses évocations et ses émotions à travers ce conte fait de sensations, de sensualité, de subtilités. Un grand voyage initiatique qui se termine en apothéose, mais peut-être un peu long parfois