Archives mensuelles : avril 2017

Coup de coeur
« Le vertige des falaises » de Gilles PARIS (Ed Plon)

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Marnie est une adolescente de 14 ans qui vit sur une île en toute liberté, entourée de deux couples : sa grand-mère, Olivia, grande bourgeoise,  hiératique et forte malgré le drame qu’elle vit de femme battue par son mari, Aristide, un type violent et barbare qu’elle a décidé de ne pas quitter et de vivre avec courage et abnégation ses coups renouvelés. Sa mère Rose, femme douce et aimante; hélas marié au fils d’Aristide et d’Oivia, un homme coureur, menteur, ivrogne et joueur, qu’elle aussi a décidé de ne pas quitter et de souffrir en silence.
Entre les deux, cette gamine avance dans l’âge adulte, à la fois fragile, forte, indomptable,n’en faisant qu’à sa tête, libre parce que les sujets de préoccupation de sa mère et sa grand mère sont ailleurs, malgré l’amour qu’elles lui portent. Vivant dans une immense maison de verre et d’acier construite  par le grand père, battue par les vents et les tempêtes, Marnie essaie de s’en sortir à sa manière : en rêvant beaucoup, s’inventant une vie, tenant tête à tout le monde. Elle découvre peu à peu tous les secrets que renferment cette maison glaciale et ces deux couples bouffés par les drames et les non-dits, à peine surveillée par Prudence, qui a été l’assistante d’Aristide avant de devenir la servante muette de la famille.
Mûrie trop vite, Marnie se forge un caractère semblable à cette maison, de verre et d’acier, de grâce et de force.
Dans un tout autre genre, Gilles Paris nous avait proposé « Autobiographie d’une courgette » dont le film tiré du roman a reçu plusieurs Césars et a été nommé aux Oscars, et « Au pays des kangourous » qui a obtenu plusieurs de prix littéraires.
Il nous propose là un drame intimiste et original où, chaque personnage à son tour prend la parole. Et à chaque prise de parole, un pan de ces secrets qui entourent cette maison perdue sur l’île, se révèle à nous, par petites touches, jusqu’au final où tout se précipite un peu et où l’on découvre tout ce qui se cache derrière tous ces personnages.
C’est un roman fort, émouvant, où les femmes, courageuses et fortes malgré leurs cassures, sont superbes, même si elles sont prisonnières de leurs secrets et de cette île qu’elles ne quittent pas, hormis Marnie qui s’enfuit en cachette sur le continent.
Au fur et à mesure on découvre tous les non-dits car nombre d’entre eux connaissent un morceau de l’histoire qui, tel un puzzle, se met en place au fur et à mesure que chacun prend la parole.
Par contre, les hommes n’ont pas le beau rôle : Aristide est un sadique, Luc est un flambeur, Côme, le curé, sait des choses sans rien pouvoir dire, le docteur, Géraud en sait tout autant mais est lié par la promesse faite à Olivia de ne rien dévoiler.
Ce roman est à la fois un thriller et un roman psychologique qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement final, entre Hitchcock, Agatha Christie, Daphné du Maurier, superbement écrit par un Gilles Paris très inspiré.
Cette histoire pourrait, une fois encore, faire l’objet d’un film tant l’histoire est aussi forte que ces personnages de femmes dont il fait le portrait, le décor sauvage de cette île perdue accentuant la lourde atmosphère dans laquelle vivent les personnages.
Un magnifique roman.

Jacques Brachet

Sanary
La Farandole à l’heure russe

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Eugeniya Plokhikh – Katya Pugacheva – Olesya Sudzhan – Georges Klimoff – Slava Likhachev

Au bord de la plage, à la limite de Sanary et Bandol, l’Hostellerie la Farandole se prélasse, le toit au soleil, les pieds dans l’eau..
Ce magnifique lieu est la propriété de trois investisseurs russes, l’épouse de l’un d’eux, Olesya Sudzhan étant également directrice d’une galerie à Moscou : « Kvartira », direction qu’elle partage avec Eugeniya Plokhikh.
Lorsqu’on possède un lieu aussi idyllique en Provence et une galerie d’art à Moscou, l’idée naît dans leur tête de créer un pont entre la France et la Russie et de faire venir leurs artistes dans ce lieu paradisiaque, afin de nous les faire connaître.
Et qui, mieux que l’ami Georges Klimoff, notre « russo-provençal » s’il en est ne pouvait mieux faire le trait d’union et organiser de concert une manifestation ?
Manifestation qui est donc née l’an dernier où des artistes russes sont venus chez nous pour travailler sue le thème : « L’automne en Provence », qui a remporté un franc succès.
Récidive donc cette année, du 29 avril au 13 mai, dans ce même lieu où, sur le thème « Le cinéma en Provence », sont invités deux artistes russes : Katya Pugacheva et Slava Likhachev, ainsi que le peintre sous marin André Laban.
Arrivés depuis une dizaine de jours, le but était, pour nos deux jeunes artistes russes, de découvrir des lieux cinématographiques provençaux mythiques comme Aubagne et les paysages de Pagnol, la gendarmerie de Cruchot, alias Louis de Funès, à St Tropez, l’Eden à la Ciotat où ont été projetés les premiers films des frères Lumière, les crêtes de cette même commune qui ont servi de décor à « Taxi 2″ ou encore Figuerolles où Hanin a tourné sa trilogie…
« L’air, l’atmosphère, l’ambiance de la Provence, sont favorables à l’expression intérieure – nous confie Olesya Sudzkhan – et nous voulions aussi exprimer notre amitié et notre art dans cette belle région qu’est la Provence, en faisant connaître nos artistes et, nous l’espérons, pouvoir aussi faire l’inverse en invitant des artistes de la région pour les faire connaître à Moscou.
2017 ayant été élue l’année du cinéma, le thème était tout trouvé d’autant que le cinéma français est très apprécié en Russie, comme les films russes, qui reçoivent toujours un excellent accueil en France.
– Il ne faut pas non plus oublier -ajoute Georges Klimoff – que le premier film de Jacques-Yves Cousteau, « Par 18 mètres de fond », a été tourné à l’île du Gaou, à Six-Fours ! »
Ainsi donc nos deux peintres auront-ils, durant quelque quinze jours, parcouru notre région et le soir du vernissage, le 29 avril à partie de 17 heures, nous découvrirons les œuvres que leur ont inspiré ces différents lieux. A eux, s’ajouteront les œuvres d’André Laban, qui fit partie de l’équipe Cousteau et qui, le premier, a peint des toiles sous l’eau. Et il nous proposera un très joli film qu’il a tourné sous la même eau. Ainsi peinture et cinéma se rejoignent.

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Slava Likhachev
Justement, Slava œuvre dans les deux arts à la fois : le cinéma et la peinture.
« Mon père était peintre – nous confie-t-il – et je me suis mis à dessiner dès l’âge de 3 ans. Depuis, j’ai toujours gardé ce plaisir et cette passion. J’ai suivi un cursus académique à Moscou où j’ai obtenu le plus haut diplôme. L’Académie terminée, j’ai reçu une proposition pour travailler dans des films d’animation, créer des personnages de jeux vidéo. Je suis parti travailler 15 ans dans des studios à San Francisco. Durant tout ce temps, je n’ai jamais cessé de dessiner, partout où j’étais. Même dans me métro où je m’amuse à caricaturer les gens ! »
(Entre parenthèses, il a profité de cette interview pour me prendre pour modèle… et c’est très réussi !)
Après ces années, j’ai eu envie de rentrer à Moscou et je suis entré au studios Gorki. Là j’ai inventé des décors et des personnages pour des films d’animation. J’ai créé à peu près un millier de personnages.
J’ai toujours gardé en moi la passion pour la peinture. J’ai fait beaucoup de voyages, ceux-ci m’ont beaucoup inspiré et pouvoir peindre ici, en Provence, était un rêve. C’est une grande joie pour moi d’être là »
Aujourd’hui reconnu comme un grand aquarelliste, Slava a déjà fait l’objet de quatre expositions dont bien sûr, à la galerie Kvartiras.

Katya Pugacheva
Le père de Katya était ingénieur dans le nucléaire et ne comprenait pas que sa fille veuille vivre de l’art.
« Aussi – nous dit-elle – j’ai dû suivre des études d’informatique durant cinq ans, tout en sachant que ce n’était pas ça que je voulais faire. Je ne voulais pas non plus d’un boulot stable, j’avais envie de bouger. Aussi, en parallèle, je me suis inscrite dans une école anglaise de design à Moscou. J’ai commencé à travailler en free lance comme décoratrice d’intérieur et peu à peu, je me suis éloignée de l’informatique. Quant à la peinture, elle a toujours été présente dans ma vie sans jamais imaginer qu’un jour j’exposerais. Aujourd’hui, je fais partie de la galerie Kvatiras et je suis heureuse d’avoir été invitée à faire ce voyage en Provence.
-Tous deux – ajoute Olesya – sont à la fois très différents et pourtant ils se ressemblent en beaucoup de points. Ils sont complémentaires, à la fois originaux et éclectiques ».
Eugeniya Plokhikh est une consœur puisqu’elle est journaliste, travaille dans la communication et écrit des livres pour enfants. Elle commence à parler « un peu » français, s’occupe des relations presse de la galerie et envoie chaque jour, depuis son séjour à Sanary, des articles pour divers journaux, revues et sites russes.

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Geneviève Canto – Georges Klimoff

Avec Olesya, elle a organisé la semaine dernière, une master class animée par la talentueuse plasticienne bandolaise, Geneviève Canto où, malgré la barrière de la langue, Français et Russes ont été réunis par l’art. Et Slava a même, dans la journée, réalisé un tableau, de la baie vitrée de l’hôtel où, au bout de la jetée, il y a à peine quelques semaines, pour les besoins du film « Tour de France », s’était installé avec son chevalet un certain Gérard Depardieu !
Avant qu’on ne se quitte, Olesya tenait à remercier Georges Klimoff :
« Il nous aide beaucoup et nous l’avons nommé notre curateur, responsable de tous les événements que nous organiserons dans la région ! »
Le vernissage de celui-ci se déroulera donc le samedi 29 avril à partir de 17 heures en présence de nos trois artistes invités. Il y aura de la musique, du cinéma, un spectacle de l’école russe de Toulon « Radouga »…
Bref, ce sera une belle fête russe au soleil de la Provence !

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Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta

Julie ZENATTI
Un beau voyage musical en Méditerranée

A

D’origine italo-algérienne, Julie Zenatti est une vraie Méditerranéenne très ancrée dans ses racines.
Et son nouveau disque le prouve, intitulé tout simplement « Méditerranéennes ». C’est un petit bijou de beauté, d’émotion, de musicalités diverses et d’humanité.
Sans compter qu’elle y a un affiche incroyablement belle, réunissant pas moins de quinze artistes venant de tous les pays bordant la Méditerranée, avec qui elle nous propose duos, trios et un peu plus. Une vraie fête où se mêlent les voix de Chimène Badi, Elisa Tovati, Sofia Essaïdi, Rose, pour les plus connues et de chanteuses peu connues en France comme Nawel Ben Kraïem, Lina El Arabi, Samira Brahmia, Cabra Casay ,le groupe vocal Insulatine. Sans oublier trois voix mâles : Claudio Capeo, Slimane et Enrico Macias, ce dernier étant en quelque sorte le parrain du projet.
Mais Julie me raconte toute l’histoire lors de notre rencontre à Aix-en-Provence.
« Mon projet est né d’une envie de rendre hommage à mes origines. J’ai un héritage familial que, devenant maman, j’ai eu envie de raconter et transmettre à ma fille, afin d’éveiller son intérêt à la fois pour son passé et son présent.
Je suis Méditerranéenne avant tout et je n’avais jamais encore exploré cette partie de moi. Et comme j’aime le partage, je n’avais pas envie d’être seule sur ce projet mais d’y emmener des chanteuses qui ont un parcours semblable au mien, qui ont la trentaine et sont mamans.
Qui a été la première ?
Celle dont je suis la plus proche : Chimène Badi. Je me suis dit que si elle aimait ce projet qui me titillait ce serait bon signe et j’irais plus loin. Elle a tout de suite été emballée et d’accord pour y participer. Du coup j’ai appelé d’autres copines : Sofia Essaïdi, Rose et Elisa Tovat qui été d’accord d’emblée. Je me suis donc dit que j’étais sur le bon chemin !

D C
B E

Et les autres ?
J’avais aussi envie de faire découvrir d’autres chanteuses qui sont connues dans leurs pays mais pas ou peu en France. Après vingt ans de carrière, c’était bien à mon tour de donner des coups de pouce.
Et les hommes ?
Dès le départ, je voulais chanter « J’ai quitté mon pays », chanson aussi emblématique que son auteur : Enrico Macias. Je lui ai demandé s’il acceptait. Il a tout de suite dit oui et mieux, il m’a proposé qu’on la chante en duo. J’étais très heureuse mais j’avais un peu peur qu’il soit le seul mâle de ce harem ! J’ai donc appelé Claudio Capeo et Slimane car j’aime ce qu’ils dégagent humainement. Ils délivrent de beaux messages dans leurs chansons, il y a beaucoup de profondeur dans leurs propos. Ils sont en quelque sorte des porte paroles, sans une once d’agressivité. Il y a à la fois un vrai réalisme et une vraie poésie.
Les chansons sont chantées en sept langues !
Sur le disque oui, mais il y en a une dizaine qu’on n’a pas mises sur le disque parce que les langues sont très difficiles à chanter comme le Grec,le Turc ou encore le Ladino, qui est une langue hébraï-espagnole. Nous avons abandonné l’idée et mis les chansons en Français.
Par contre, il y a « La Maritza » qui ne parle pas de Méditerranée et « Beautiful Tango », chanté par Sofia et Nawel en Anglais. Explication ?
(Elle rit). C’est vrai mais elles ne sont pas là par hasard. Peut-être ne savez-vous pas que la Maritza se jette dans la Méditerranée après avoir longé la Grèce et la Turquie. Elle est donc proche de la Méditerranée et je trouve que la musique des Balkans en est tout aussi proche, avec ce côté violons et mélancolie. Il est évident qu’il y a eu des rapprochements entre ces pays.
Et ce « Beautiful Tango » ?
C’est une chanson écrite par Hindi Zahra, sur une musique arabo-andalouse. Hindi est une chanteuse marocaine qui chante en Berbère, en Français, en Anglais. Ca donne une jolie bulle de modernisme et de tradition et je tenais à ce qu’elle soit sur ce disque.
J’avoue que j’ai trouvé bizarre, voire incongrue, la version de « Mustapha », tube des années 60… chanson que, je l’avoue, je n’ai jamais aimée!
Cette chanson est là parce qu’elle a une histoire : c’est la première chanson arabe qui a été enregistrée dans le monde entier, en de nombreuses versions. C’est un succès mondial, Bob Azzam en a fait avec succès la version française et aujourd’hui encore, elle est chantée dans tout l’Orient, en Egypte en particulier.
Elle est emblématique et chantée par trois filles, Lina, Nawel et moi, je trouve que ça donne un côté primesautier, festif… et évidemment très féminin !

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Chimène Badi est très présente dans cet album…
Ce qui est normal, d’abord parce qu’elle est mon amie, qu’elle été la première à adhérer au projet et aussi que notre histoire est à la fois similaire, différente mais très proche.
Et puis Chimène est une fille exceptionnelle, à la fois sensible et pudique et elle porte en elle une force presque animale.
Et, en dehors de sa voix et de son talent, c’est une fille très rigolote !
Comptez-vous faire un spectacle de cette album ?
Ce serait formidable mais c’est très difficile à monter. Pensez : réunir quinze artistes au même moment dans un même lieu ! Mais quand on veut on peut. On va essayer de faire un spectacle à Paris et dans le Sud… Ce qui s’impose !
Comment définiriez-vous cet album ?
C’est un voyage.
Un voyage musical à travers les peuples, les musiques, les langues de Méditerranée.
C’est aussi un message de paix, de partage, de tolérance, de liberté qui ne porte aucune revendication communautaire.
C’est juste un disque pour partager le plaisir de la musique.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

 

NOTES de LECTURES
Par les Plumes d’Azur

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Philippe BESSON : Arrête avec tes mensonges (Ed Julliard) 162 pages
Magnifique et bouleversant, le dernier livre de Philippe Besson est le récit d’une belle rencontre. Un roman autobiographique, une affaire de sentiments, la relation d’un premier amour.
A l’issue d’une signature, l’auteur/ narrateur Philippe Besson, devenu écrivain, reconnait une silhouette, un visage… Une vision de choc qui le projette vingt trois ans en arrière
Lui, c’est Thomas Andrieux, également élève du Lycée de Barbezieux, pour qui il avait éprouvé un sentiment immédiat et qui l’a troublé à jamais.
Flash back : nous sommes en 1984, l’un est fils d’instituteur, élève studieux mais timide et dévoreur de littérature ; l’autre est fils d’agriculteur, ténébreux, sauvage et mystérieux.
Dans la cour du lycée l’attirance est sans équivoque bien que tout les oppose.
S’ensuivent des étreintes clandestines où les deux adolescents découvrent avec émerveillement la possession de l’autre et la jouissance des corps.
L’écriture est sobre et précise et les sentiments décrits avec justesse.
Après les premiers émois cependant, viendront le manque, le chagrin, le doute, et l’absence suite à la rupture.
Car l’histoire se termine tragiquement.
L’un aura vécu son amour homosexuel avec vérité, comme un choix ; l’autre dans la clandestinité et le déni en mentant pour garder sa place.
Une option douloureuse à l’échelle de la vie.
A lire pour sa grande sincérité.

Claire Gallois : Et si tu n’existais pas( Ed Stock) 151 pages
Quelle enfance que celle de cette petite reine comme l’appelait « Yaya » sa nourrice bretonne qui l’a recueillie à deux mois alors que sa mère l’abandonnait en l’oubliant pendant six ans.
Six ans de bonheur fusionnel, d’attention et de mille souvenirs partagés par les deux femmes au fin fond de la Creuse où elles vivaient. Un bonheur parfait interrompu soudain par l’arrivée en trombe de la mère originelle dans sa superbe auto venue la récupérer et l’insérer dans sa famille réelle de petits bourgeois parisiens. Dur de s’immiscer dans ce cercle hors norme où nul ne l’attendait et qui fait d’elle une rebelle en recherche de sa Yaya d’amour. Un mélo direz-vous ? Pas du tout. Un vrai bonheur d’amour, de recherche, de complicité pour sa nourrice perdue au sein d’une famille refusée.
Pas mal dérangeant non pas par l’histoire elle-même mais par la façon de la traiter en petites phrases courtes et vives, bondissant du passé au présent, mettant le lecteur à rude épreuve. Mais que d’amour, de finesse, de justesse dans l’analyse des sentiments de l’enfant abandonnée heureuse dans son abandon. Roman délicat et sensible sans pathos qui touche et bouscule sans cesse le lecteur !

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Laurent GAUDE : Ecoutez nos défaites (Ed Actes Sud) 261 pages
Adam Graïeb agent de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d’élite américain soupçonné de trafics. A Zurich Assam croise Mariam une jeune archéologue irakienne chargée de retrouver les objets volés dans le saccage des musées du Moyen Orient. Leur rencontre d’une nuit éveille en eux plus que quelques heures d’amour. Bataille, victoires, défaites, c’est un retour sur une réflexion au sujet de la conquête des pays et des peuples au nom de qui, au nom de quoi sinon le résultat : des milliers de morts et de destructions.
En passant tour à tour D’Hannibal et ses éléphants vers Rome, au Général Grant et la guerre de sécession ou encore Haïlé Sélassier face à l’envahisseur fasciste on constate l’envers des victoires. :  des successions de morts, de mères en pleurs et de territoires ravagés.
Ces destins exceptionnels s’entrecroisent avec maestria sous la plume de Laurent Gaudé pour écraser la folie des hommes et célèbrent l’émotion ,l’art, la beauté. Splendide, émouvant mais désolant.

Marc LAMBRON : Quarante ans (Ed Grasset) 478 pages
Marc Lambron, éminent auteur couronné de succès après un parcours brillant : énarque, conseiller d’état et maintenant académicien publie le journal qu’il tenait en 1997 alors qu’il avait quarante ans et qu’il sortait son livre « 1941 » très controversé à l’époque.
Tenu au jour le jour, il brosse en fin psychologue, le portrait de ses contemporains tous hyperconnus et qui faisaient la une de tous les potins mondains. L’occasion pour nous de suivre leurs parcours savoureux ou leur retombée dans l’oubli depuis. Il s’attache à nous décrire les turpitudes soulevées par la parution de son dernier roman »1941 » au moment du procès Papon et nous fait assister aux affres d’un auteur attendant les résultats du Goncourt et qu’il n’aura pas. C’est l’occasion aussi pour lui d’évoquer avec beaucoup de tendresse ses liens familiaux avec son père mourant et son attachement à sa mère et à sa bonne ville de Lyon, ainsi qu’à ses deux petites filles.
Long roman certes, surtout autour de ses déboires au moment des sorties littéraires mais très agréable pour ses portraits et ses « tweets » dirions-nous aujourd’hui sur les « people » qui faisaient la une de cette année 1997. Très bon roman.

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Mathias MALZIEU : Journal d’un vampire en pyjama de (Ed Albin Michel) 234 pages.
Journal intime, presque quotidien, tenu durant un an, contre une maladie du sang rare et la mort personnifiée par « Dame Oclès ».
Mathias est un artiste touche à tout, prodigieusement doué, plein d’énergie et d’imagination. Au sortir d’une tournée, un malaise le conduit aux urgences où on découvre une « panne sèche de la moelle osseuse qui déraille ». D’où transfusion de sang permanente pour survivre. Traitement inefficace. Il faut attendre un donneur, fort rare, pour greffer du sang de cordon placentaire congelé. Ne pas déprimer est un jeu compliqué quand on est condamné à tourner en rond dans une chambre stérile. Sa résistance sera l’autodérision, l’humour, la poésie et surtout l’écriture, élément important de sa thérapie ainsi qu’une bonne dose de fantaisie créative. Mais « Dame Oclès », ombre constante, est toujours là qui attend son heure ; il la rudoie avec beaucoup de drôlerie. Il est magnifiquement épaulé par le corps médical (les infirmières), la famille et sa petite amie, tous soutiens indéfectibles.
C’est une chronique, grave et légère à la fois, de la maladie au quotidien. Mêlant beaucoup d’humour à la poésie le  chanteur Dionysos invite le lecteur dans son univers, ô combien créatif et drôle, transmettant au lecteur son énergie revigorante.

Saïdeh PAKRAVAN : Le principe du désir (Ed Belfond) 428 pages.
Nous sommes à New York, dans une galerie d’art lors d’un vernissage.
On y trouve  Sarah Bly. Elle est peintre, elle est douée, elle est jolie.
On y croise :Thaddeus Clark. Il est collectionneur et mécène, il est riche et beau…c’est le coup de foudre !
Navrante de banalité, de superficialité et de clichés cette intrusion dans le monde de l’art contemporain est de nature à lasser le lecteur.
Et pourtant !
Selon ce qu’elle a dénommé « le principe du désir »,  Sarah Bly, l’héroïne, va nous entraîner autour de sa folle construction d’un « fuis moi, je te suis, suis moi, je te fui »».
L’artiste, jeune femme moderne, tout juste sortie d’une aventure peu reluisante avec un aventurier égoïste et capricieux refuse de vivre son histoire sereinement. Elle feint l’indifférence comme une stratégie pour garder l’homme de sa vie.
Les conseils d’Edward, le psychothérapeute ami ou de Siobhan, la tante complaisante, n’y changeront rien et le couple de rêve finira par chanceler.
Le principe d’autodestruction s’arrêtera cependant lorsque chacun des protagonistes laissera passer un peu d’humanité dans son comportement ; Lui, en avouant une faute de jeunesse, elle en faisant le bilan de ses navrantes aventures.
Et tout est bien qui finit bien.
Bien écrit, bien documenté, mais tout est trop bien !
La désillusion demeure donc pour le lecteur même si les références constantes aux artistes contemporains et à la culture artistique le rassurent.

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Alexandre ROMANES : Les corbeaux sont les gitans du ciel (Éd de l’Archipel) 280 pages
« Les corbeaux sont les gitans du ciel » !
Semblable à un anathème, le titre de ce recueil de souvenirs, rédigé par un authentique tsigane prévient le lecteur : les tribus nomades aux lois et au mode de vie unique dérangent.
L’auteur, Alexandre Romanès devenu écrivain et poète, qui a fréquenté Jean Genet et qui cite Ernest Jünger est en réalité un homme de cirque.
Issus d’une famille de Rom venus d’Italie dans les années cinquante, apparentés aux Bouglione, les Romanès se racontent.
Successivement équilibriste, funambule, dresseur de fauves, l’homme évoque son quotidien, ses rencontres. Sa femme Délia et lui sont à l’origine du premier cirque tsigane d’Europe.
Les anecdotes foisonnent (cent seize rubriques exactement), racontées avec pudeur, et bien qu’elles soient parfois d’une banalité navrante, où l’on fait preuve de discrimination positive, le lecteur se montre impatient de pénétrer ce monde de traditions et d’itinérances.
Décrite par petites touches et programmée autours de maximes et proverbes, la vie des gitans, empreinte d’un sentiment d’injustice n’en demeure pas moins une ode à la liberté.
Nous retiendrons de cette lecture, l’histoire de l’évolution de la culture du cirque et des tsiganes et feront nôtres certains de leurs adages comme ce « Ne te moque jamais des riches, ça pourrait t’arriver ! »
Sympathique au final, même si corbeaux il y a.

Eric-Emmanuel SCHMITT : L’homme qui voyait à travers les visages
(Ed Albin Miche) 420 pages
Augustin le narrateur, vingt-cinq ans, abandonné de la vie, orphelin élevé par des familles d’accueil, qui vient d’atterrir comme stagiaire dans un journal local de Charleroi, est brusquement mis en vedette. Un attentat vient de se produire devant lui ! Un jeune Beur se fait sauter parmi l’assistance qui sort de l’église autour d’un cercueil. Choqué mais non blessé il devient le héros du jour et de son patron qui compte bien sur lui pour alimenter les colonnes de son journal. Or si Augustin a bien vu la scène il a aussi vu l’invisible, c’est à dire le petit personnage qui suivait le terroriste.
En fait il est coutumier pour lui de percevoir des silhouettes. des anges, des esprits, des fantômes ? Nul ne sait.
Commence alors une longue quête de renseignements afin de remonter la filière de Daesh et des tentatives d’explications.
Qui a tué ? le terroriste ? ou Dieu par sa main ? la religion qui engendre la violence ? Nous allons alors assister à de longues suppositions, à de longs débats sur Dieu et la violence dans lesquelles E.E Schmitt développe ses idées et ses réflexions. à propos de la croyance et des religions
Ce roman possède de multiples facettes où se mêlent les techniques de recherches policières, l’étude des caractères des protagonistes et jusqu’à la mise en scène de l’auteur par lui-même qui devient alors personnage de son roman. Et surtout une réflexion philosophique sur Dieu, la violence, la mort.
Du surprenant mais pas tant que ça chez cet auteur aux multiples facettes qui n’est pas que romancier mais aussi philosophe.
Un peu longuet;

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Laurent SEKSIK : Romain Gary s’en va-t-en guerre ( Ed Flammarion)
Laurent Seksik tente ici de percer le secret d’un destin aux contours souvent mystifiés . Avant de s’inventer Emile Ajar, Romain Gary, auteur au parcours incroyable, s’était inventé un père, un célèbre acteur russe . Ici l’auteur met en scène un père beaucoup plus vraisemblable, modeste fourreur, séparé de Nina la mère de Romain, vivant avec une autre femme dont il attend un autre enfant. Romain vit très mal cette situation familiale , c’est la fin de son enfance, son entrée dans l’âge adulte .
Nous sommes en 1943, Wilno (actuel Vilnius , capitale de la Lituanie) est occupé par les Allemands dont la grande occupation est l’anéantissement du ghetto juif Le jeune garçon trouvera une issue dans la fuite avec sa mère , mais ne se consolera jamais du déni de reconnaissance du père .
Une blessure qui aura peut-être fait de lui un très grand écrivain
Encore un très beau livre de 228 pages sur cet auteur magique !

Aki SHIMAZAKI : Sensui (Ed Actes Sud) 159 pages
Gôro, chef d’entreprise ramène tout à lui.
C’est l’homme parfait, héritier d’une société prospère, une femme docile, deux enfants, un garçon et une fille et deux maitresses. Son bureau est couvert de photographies qui le montrent vaniteux auprès d’hommes d’affaires ou de stars. C’est « monsieur selfie ».
Mais brusquement, l’édifice factice de sa vie craque. Cet homme, véritable despote qui aura abusé de tous, est désormais seul, abandonné de tout le mone.
Ses souvenirs d’enfance l’aideront-ils à s’humaniser ?
Roman sur l’égoïsme, le nombrilisme, que l’auteur décrit en phrases courtes à la première personne. Déjà dans ses romans précédents Aki Shimazaki observait avec justesse la nature humaine ; c’est élégant et plein de vérité.
Le glossaire est vraiment nécessaire à qui ne connait pas le japonais.

 

Olivier LEJEUNE
Tout bascule à Sanary !

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Jacques Lasségué (!) est un célèbre publicitaire doublé d’un éternel séducteur. Malgré cela, il va fêter ses cinq ans de vie commune avec Corinne. Mais durant la fête, sa sœur Lucie, éternelle maladroite, lui envoie un grain de riz dans l’œil.
Il n’aura suffi qu’un tout petit grain de riz pour que la machine s’enraye… et que tout bascule !
Coups de théâtre, quiproquos, catastrophes en tous genres vont s’enchaîner d’une façon totalement délirante.
Et cela, depuis quinze ans qu’Olivier Lejeune a écrit, scénarisé et joué cette pièce intitulée « Tout bascule ». C’était en 2002 et depuis tout ce temps, il reprend épisodiquement cette pièce, avec des comédiennes différentes (Marthe Mercadier, André Damant, Julie Arnold…) mais toujours le même succès.
Le revoici donc en tournée en compagnie de Grâce de Capitani, avec arrêt au théâtre Galli de Sanary le vendredi 28 avril à 20h30.

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Rencontrer Olivier Lejeune est toujours un plaisir tant il est charmant. Nous avons un ami commun : Francis Huster, avec qui il a joué, dans le cadre du festival « In Situ » de Carqueiranne « La guerre de Troie n’aura pas lieu » de Giraudoux et « Une folie » de Guitry.
« Et c’est avec plaisir – me confie-t-il – que j’y reviendrai cette année avec cette pièce, le 4 août. J’en suis ravi car j’ai tissé des liens amicaux avec Marc Giraud, le maire de Carqueiranne. Et le public est toujours superbement présent.
Alors Olivier, chose rare, depuis 2002, date de la création de cette pièce, vous la reprenez avec toujours le même succès !
Et toujours le même bonheur ! Nous l’avons jouée quatre ans à Paris, nous avons fait trois tournées, les salles sont toujours pleines… Et nous y revoilà ! Je suis d’ailleurs ravi de faire halte au théâtre Galli, qui est une belle salle, qui a toujours un public chaleureux et dont je garde d’excellents souvenirs.
Quand arrêterez-vous de la jouer ?
Le 7 août à la Baule où tout a commencé puisque c’est là qu’en 2002 je l’ai jouée pour la première fois. C’est un retour aux sources. Mais en fait… il est déjà question de faire une reprise à Paris suivie d’une tournée !
Toujours avec vous ?
Chaque fois je me dis que je vais laisser le rôle à un autre mais je prends un tel bonheur à la jouer que je ne me résigne pas à laisser ma place. Savez-vous que c’est la seule pièce de théâtre qui possède un certificat d’huissier stipulant qu’il y a un rire chaque seconde !!!
Sans compter qu’elle a té traduite et joué en italien et en espagnol !
Et pas seulement ! Il existe aussi une traduction turque, luxembourgeoise, flamande et même en patois belge ! Et toutes les compagnies qui la reprennent régulièrement.
Théâtre, écriture, music-hall… Vous y retrouvez-vous ?
Oui, j’aime varier les plaisirs . La seule chose qu’on oublie un peu c’est que j’ai fait le conservatoire et que j’ai joué les grands classiques, de Molière à Shakespeare en passant par Feydeau, Giraudoux que j’adore, Musset, Achard et bien d’autres.
En parlant de la Belgique, vous y avez été animateur à la télévision !
Oui, durant six ans dans une émission qui s’intitulait « Bon week-end ». C’était l’émission la plus populaire dans laquelle je réunissais dans une brasserie, des personnalités pour jouer des scènes, des sketches que j’écrivais. C’est de là que m’est venu le plaisir d’écrire, ce que j’ai également fait, par la suite, dans l’émission de Guy Lux « La classe ». j’ai d’ailleurs aussi animé durant deux ans une émission en Suisse Romande… qui s’est arrêtée pour cause de jeunisme !
Vous avez toujours été un touche à tout !
Oui, à tel point que le public oublie que j’ai fait le conservatoire et que j’ai joué les grands classiques, de Molière à Shakespeare en passant par Giraudoux que j’adore, Achard, Feydeau, Musset et bien d’autres. L’humoriste, « le comique » ont pris le dessus.
On ne sait pas beaucoup, non plus, que vous étiez au Lycée Pasteur avec une bonne partie de ce qui allait devenir l’équipe du Splendid !
Oui, c’est là que j’ai fait ma première mise en en scène. J’avais 16 ans.
Lorsqu’ils ont monté la compagnie, ils m’ont proposé d’en faire partie. Mais j’étais alors au Conservatoire et j’ai refusé l’offre. Lorsque je vois ce qu’ils sont tous devenus, je me pose des questions… Mais bon, j’ai pris une autre voie et je ne regrette rien. J’ai fait beaucoup de choses intéressantes.

D
Combien avez-vous écrit de pièces ?
J’en ai écrit 9 et je suis en train d’écrire la dixième avec acharnement. Plus je prends de l’âge, plus j’écris lentement. D’autant que je veux sortir des sentiers battus et qu’il faut à chaque fois trouver un sujet original. Comme « Le bouffon du roi » avec Michel Guidoni, qui tournait autour du président François Nicoly… Cherchez la ressemblance !
Vous avez également écrit des livres ?
Oui, pour le plaisir. Mon cheval de bataille a été, dès sept, huit ans, ma mnémotechnie. Ca ne m’a jamais quitté, j’ai repris la méthode et j’ai écrit « Mémoire d’éléphant » et « Mémoire au top ». Et puis je me suis amusé à « commettre » quelques autres livres comme « Le dictionnaire des horreurs » ou « Guide des petites méchancetés pour briller en société ».
Et le roman ?
Je suis vierge de tout roman ! J’avoue que j’aimerais bien m’y essayer mais il me faut un sujet et du temps.
Alors, quels sont vos projets ?
A part ceux dont je vous ai parlé, je vais terminer d’écrire ma pièce et je vais reprendre, de septembre à décembre « Une folie » avec Lola Dewaere.
Après… on verra.

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

 

Le « Jour J » est arrivé
pour Reem KHERICI et Julia PIATON

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Deux filles ravissantes, pleines d’énergie, d’optimisme, de drôlerie, de bonne humeur, débarquent sur la plage du Mourillon avec une joie non dissimulée. Le soleil est là, la mer est belle et si « le travail » ne les retenaient, elles iraient bien la goûter !
Ce joli duo se nomme Reem Kherici, scénariste, comédienne, réalisatrice du film « Jour J » et sa complice, Julia Piaton qui lui donne la réplique.
Un film totalement débridé, déjanté même, une comédie à cent à l’heure avec une éblouissante distribution, rôles principaux ou seconds rôle puisque, aux côtés de Julia, que je retrouve avec toujours autant de plaisir (La dernière fois c’était avec l’ami Charles Berling pour la série télé « Glacé »), tournent Nicolas Devauchelle, que l’on voit rire et sourire pour l’une des premières fois, Sylvie Testud, Chantal Lauby, François-Xavier Demaison, Lionel Astier, Shirley Bousquet, Stéphane Rousseau. Quelquefois juste pour une scène mais Reem est comme ça : elle est fidèle et aime avoir ses amis autour d’elle.
L’histoire est en fait une immense embrouille : Alexia (Julia) et Mathias (Nicolas) vivent en couple. Mathias a une aventure avec Juliette (Reem) qui est wedding planer (c’est à dire en français, organisatrice de mariages !). Alexia trouve dans la poche de Mathias une carte de Juliette et imagine que Mathias a décidé de l’épouser. Mathias se trouve donc acculé à se marier, le mariage étant organisé par sa maîtresse !
On ne vous en dira pas plus sinon que c’est une comédie désopilante, enlevée, intelligente servie par une troupe de comédiens magnifiques.
Autour d’un verre, au soleil, nous avons eu le plaisir d’avoir pour nous ce duo de charme, aussi passionnées que chaleureuses;

D E

 » J’ai trimé quatre ans sur ce film – confie Reem – et j’avais une folle envie d’entendre rire le public. C’est ce qui me donne la force.
C’est ce qui te pousse à faire des films ?
Oui, c’est l’envie de rendre les gens heureux, de les divertir, de leur apporter du bonheur avec une belle histoire, de beaux comédiens, de beaux décors, de beaux costumes… Dans mon précédent film « Paris à tout prix », je les avais fait voyager au Maroc. Là j’ai voulu leur faire découvrir la région varoise, le Verdon.
Pourquoi avoir choisi le Verdon ?
De 14 à 20 ans, je suis venue chaque année en vacances à Aups. Je suis tombée amoureuse du Var, j’avais envie d’y tourner et d’y retourner et de la faire découvrir à toute mon équipe et aux spectateurs. Le Verdon est l’un des plus beaux lieux existants. Et puis, j’aime les gens du Sud !
– Tu as dit la même chose aux gens de Lille, il y a deux jours, pouffe Julia !
Pourquoi un film sur le mariage ?
D’abord ce n’est qu’un prétexte au film et parce que je trouve que c’est un sujet très féminin, très glamour. Quelle est la fille qui n’a pas un jour rêvé au prince charmant, à être entourée de tous ses amis, dans une belle robe. Mais à travers les confettis et les paillettes, c’est un vrai sujet : pourquoi aujourd’hui se marie-t-on alors qu’on peut très bien vivre sans le faire ? Le fait-on avec le bon ? Pour les bonnes rasons ? En pensant que ça va durer toujours ?…
Julia, après le tournage de « Glacé », tu as vraiment changé d’ambiance !
C’est le moins qu’on puisse dire ! Même si ça a été un tournage formidable, ça été très fort, très pesant… et très froid ! Lorsque Reem m’a proposé le scénario, en dehors du fait qu’il m’a beaucoup intéressé, je changeais totalement d’atmosphère et ça m’a fait du bien. Il faut dire que l’histoire est totalement barrée, tout comme les personnages. Et puis, j’ai toujours aimé tourner des comédies. J’adore faire rire et là, je suis servie !
– Il faut dire – ajoute Reem – que Julia est un vrai clown dans la vie, Elle rit et fait rire tout le temps. Elle a apporté au film et au rôle, quelque chose d’essentiel car elle est irrésistible.
Julia, dans le film je te trouve une ressemblance avec Monica Vitti !
Ah bon ? Pourquoi pas ? D’habitude on me dit que je ressemble à Merryl Strip. Il se trouve que Meryl Strip et Monica Vitti font partie des comédiennes que j’adore. Donc je te remercie, c’est un beau compliment !

B C

Reem, tu as quelques belles pointures de comédiennes dans ce film !
J’aime écrire pour les femmes car je les aime vraiment. Chantal Lauby, j’ai vraiment écrit le rôle pour elle. C’est un honneur de l’avoir eue sur mon plateau Sylvie Testud, quant à elle, c’est une Rolls. J’avoue que j’ai été gâtée.
Être à la fois scénariste, comédienne et réalisatrice de son film, ce n’est pas un peu schizophrénique ?
Je dirais oui et non car c’est vrai que lorsque je joue, je ne dois pas perdre de vue que je réalise et je dois surveiller chaque scène, chaque comédien, la lumière, partir voir au combo ce que ça a donne, tout en restant dans mon propre rôle. D’un autre côté c’est plus facile puisqu’en jouant… j’ai une comédienne en moins à gérer, je n’ai pas à m’en soucier et c’est toujours ça de gagné ! Je connais l’histoire puisque je l’ai écrite, je sais où je dois aller et je connais mon rôle que j’ai travaillé en amont. Les deux Reem se sont parlées durant trois ans et nous étions au point.
Julia, comment définirais-tu Reem ?
J’ai plein d’adjectifs pour la définir : combattive, énergique, déterminée et en plus elle est très à l’écoute car, même si c’est elle qui a écrit le scénario, elle nous laisse libre de suggérer et changer des choses. Elle est très curieuse de ce qu’on peut lui apporter en plus, très à l’écoute.
Et puis, on est à l’aise avec elle, elle sait mettre l’ambiance sur un plateau, elle est attentive avec tout le monde et l’on a beaucoup ri sur ce tournage. Je sais que c’est un peu « bateau » de dire ça mais nous avons formé, grâce à elle, une vraie famille. Dès ma première scène avec Nico (Nicolas Devauchelle) j’ai compris qu’on allait bien s’amuser.
Reem, tu parles souvent de l’enfance, sujet sous-jacent de ce film…
Enfant, je me suis mise moi-même dans la peau du vilain petit canard. J’avais un drôle de nom, un drôle d’accent, une couleur différente des autres. Et lorsqu’on se sent différente, on se met en retrait. En fait, j’étais une gamine atypique. En grandissant, j’ai décidé d’accepter ma différence, de la faire accepter, de finir par la vivre comme une force. Ça a développé en moi plein d’histoires. Ca développé en moi plein d’histoires.
En fait, j’ai la chance d’avoir été malheureuse !
Et toi Julia ?
Moi, j’ai toujours aimé faire rire et le cinéma est tout naturellement venu à moi, mère oblige (Elle est la fille de Charlotte de Turkeim). Derrière le rire, on peut exprimer plein de choses, se faire aussi pardonner beaucoup de choses et faire sortir des choses en nous. Ça aide à traverser des moments difficiles. »

Dieu sait si nos deux belles comédiennes ont du tempérament et font mouche dans cette comédie délirante qui sortira le 26 avril. On ne peut que vous conseiller d’avoir la bonne idée d’aller prendre une bonne pinte de rire et d’apprendre plein de choses sur le mariage. !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Opéra de Toulon – Festival de Musique
Nuit du piano 2
7 récitals de 30 minutes & 1 concerto

Avec Guillaume Coppola – Claire Désert – Jonas Vitaud – Laure Favre-Khan
L’orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon dirigé par Maxime Tortelier
Samedi 29 avril de 18h à Minuit

nuit du piano

La nuit du piano est une autre façon d’aborder la musique classique : s’appuyer sur son histoire pour inventer son futur.
Moins de rituels, moins de clivages et une nouvelle proximité généreuse !
Un format de concert singulier : pas de récital, ni d’artiste unique, mais 4 pianistes de la nouvelle génération qui joueront 7 fois 30 minutes.
Le public pourra aussi se restaurer sur place, et profiter de l’architecture conviviale de l’Opéra de Toulon.
Ainsi, chacun composera son programme…
Avec cet événement, nous souhaitons que la musique classique s’épanouisse en séduisant un public de mélomanes et en suscitant l’envie de celles et ceux qui ne sont jamais venus.
La Nuit du piano permet au public de passer toute une soirée en compagnie de quatre pianistes talentueux et passionnés. Ils nous emportent à travers la littérature romantique et post romantique du nord au sud de l’Europe. Ce voyage dans le temps et l’espace, effectué sous les doigts de quatre personnalités différentes est une expérience exaltante.
La Nuit du piano 2017 est consacrée à la représentation musicale de la Nature et ses Eléments tels l’Eau, le Feu, le Vent, la Montagne, la Forêt…. Si l’Artiste est toujours présent dans cette Nature dont il s’inspire, l’art musical se révèle bien l’art suprême car il déroule ses artifices dans le temps et dans l’espace : la musique transporte notre temps et notre espace dans notre imaginaire, à la fois personnel et universel.
L’Art des sons peut-il être descriptif ? Beaucoup préfèrent le voir comme évocateur.

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Claire Désert – Guillaume Coppola – Laure Favre-Khan – Jonas Vitaud

Ce programme va nous permettre de découvrir des tableaux, plus ou moins développés, d’une richesse insoupçonnée. La variété des auteurs, dont certains sont rarement au répertoire des récitals, va nous entrainer dans un voyage au cœur d’une Nature, parfois idéalisée, parfois symbolique, ou même réaliste et surréaliste, dans le sillage de Beethoven, Chopin, Schumann, Liszt, Tchaïkovski, Grieg, Debussy, Falla, Granados, Ravel, Scriabine, Poulenc, Messiaen… bien connus des mélomanes. Et nous découvrirons des auteurs moins familiers comme Frédéric Mompou (1893-1987), Bruno Ducol (né en 1949) et Bruno Mantovani (né en 1974) qui nous montrent que le discours musical sur la Nature et sur les Eléments, n’est pas l’apanage du XIXème siècle.
Si Hegel soutient que l’art ne peut pas rivaliser avec la nature, ne pouvant qu’en proposer une caricature, nous voulons suivre Aristote : « Il faut préférer ce qui est impossible mais vraisemblable à ce qui est possible, mais incroyable. » (Aristote, Poétique. IIIème siècle avant notre ère)
Monique Dautemer, musicologue

Tortelier
Maxime Tortelier

pianos sauvages
Mercredi 26 avril 2017 de 10h à 19h
Quatre pianos en liberté. Pianistes, mélomanes, curieux… rejoignez-nous pour jouer ou écouter quelques notes !
Place Puget – Place Victor Hugo – Carré du port – Galerie du Centre Mayol

 

 

)

EUROVISION 2017
Match France -Italie

A

Pourquoi changer une équipe qui gagne ?
L’on retrouvera donc Marianne James qui commentera sur la 4 les demi-finales avec l’humoriste Jarry et la grande finale à Kiev le 13 mai sur la 2 avec Stéphane Bern, chacun se partageant le boulot : lui, parlera des pays concurrents, elle donnant son avis sur les artistes en compétition.
J’ai pu interviewer la toute jolie Alma qui représentera la France après son Ami Amir l’an dernier et voici un mini-portrait de celui qui représentera l’Italie : Francesco Gabbani.
Tous deux ont des chansons qui envoient, qui sont énergiques, avec des mélodies que l’on retient.
Seront-ils dans le peloton de tête ?
A découvrir le 13 mai !

B

Elle représentera la France : Alma : « Je suis une guerrière »

Alma est un pont parisien célèbre qui évoque une grande bataille qui eut lieu en 1854 en Crimée.
Ce nom, bientôt, va évoquer – et nous le souhaitons de tout cœur – la victoire d’une bataille qui se déroulera le 13 mai à Kiev, en Ukraine qui sera… l’Eurovision 2017 !
Eh oui, pour succéder à Amir, le comité de sélection a choisi un prénom commençant encore par un A : Alma.
Joli brin de voix, joli sourire, jolie chanson signée Nazim Khaled… qui a déjà écrit pour Chimène Badi, Kenji Girac et… Amir !
Alma est une belle, talentueuse et énergique jeune femme qui va donc partir défendre nos couleurs.

Alma, c’est une belle aventure qui vous arrive ?
Oui, je suis heureuse et fière de représenter la France. Tout a commencé il y a quelques mois. Mon manager a proposé ma chanson « Requiem » au comité de sélection et, à ma grande surprise et ma grande joie, le comité a pensé qu’elle correspondait parfaitement à ce concours.
Du stress ?
Pas encore ! Pour l’instant, je suis heureuse et très motivée quant à la pression, je préfère ne pas y penser. Mais je veux affronter cette compétition avec une bonne attitude, un bon état d’esprit… Je suis une guerrière !
Pour l’instant la chanson est en français mais elle va être modifiée pour le concours ?
Oui, je vais chanter le refrain en anglais afin que le plus grand nombre puisse comprendre le sens de la chanson et pour, je l’espère, séduire le plus grand nombre car c’est une compétition internationale.
« Requiem » parle de quoi ?
D’amour, d’espoir sur une mélodie métissée, aux accents orientaux, avec beaucoup de violons.
Vous parlez et chantez déjà en anglais ?
Oui, la première chanson que j’ai écrite, (car je suis auteur, compositeur et je joue de la guitare et du piano) était en anglais.
Pourquoi ?

Parce qu’alors je vivais aux Etats-Unis, j’étais très influencée par cette langue et cela me semblait plus naturel. Ecrire en français me semblait plus difficile car il faut que ce soit à la fois joli, poétique et compréhensible ! En anglais, le gimmick est plus important. Ce n’est pas le même exercice.
Vous parlez plusieurs langues parfaitement, je crois ?
Oui car, quoique française, mon père est allé travailler aux Etats-Unis où nous avons déménagé. Puis je suis allée poursuivre des études au Brésil où j’ai appris le portugais. Après quoi je suis allée travailler à Milan où j’ai appris l’italien. Et puis j’ai retrouvé mes parents à Bruxelles… où là, je n’ai pas appris le flamand !
Vous avez donc tout pour faire une carrière internationale !
Je l’espère !
Enregistrerez-vous « Requiem » dans d’autres langues, comme cela se faisait avant ?
Pour l’instant il n’en est pas question. Ce n’est pas prévu.

C D

Parlez-moi de votre rencontre avec Nazim.
On s’est rencontré il y a trois ans sur une émission de télé « La chanson d’abord » sur Farnce 3. Nous nous sommes bien entendus, il a écrit des chansons pour moi et pour d’autres. Il a le don de trouver les mots et les mélodies.
Il y a eu aussi la rencontre avec Claudio Capeo à qui vous avez écrit une chanson…
Oui. Nous avons créé, avec une dizaine d’auteurs, compositeurs une équipe qui écrit ensemble des chansons et nous les proposons à divers artistse. Nous écrivons à deux, des accords de guitare, de piano, ainsi naît une mélodie et nous trouvons un thème. Nous prenons le temps car il faut que ça corresponde à l’artiste, à ses envies, au thème qu’il propose. Et ça marche bien.
Auteur, compositeur, chanteuse… Où vous sentez-vous le mieux ?
Je me sens bien partout, pour moi, l’un ne va pas sans l’autre.
Un album est-il prévu ?
Oui, il sortira début mai, avant l’Eurovision. Et j’écris des chansons pour le nouvel album d’Amir.
Comment, d’Alexandra Marquet, êtes vous devenue Alma ?
Pour plusieurs raisons. D’abord il faut savoir que dans la famille nous sommes quatre filles dont les prénoms commencent tous par « Al ». Alma est en fait la contraction de mon prénom et de mon nom. Enfin, en portugais, Alma veut dire « Âme ».
Ce qu’il fallait démontrer !

Propos recueillis par Jacques Brachet

A

Il représentera l’Italie : Francesco Gabbani… Un bon karma !
Un visage mobile et rigolo derrière un sourire surmonté d’une petite moustache, des yeux qui roulent et une personnalité originale.
Francesco Gabbani est, depuis deux, trois ans, en train de se faire une place de choix dans le paysage musical italien.
Il y apparaît en 2014, le 27 mai exactement, date où il sort son premier album « Greitist ez », titre déjà fort original qu’il écrit et compose.
On le retrouve au Festival de San Remo en 2016 où, avec « Amen », il remporte la compétition dans la catégorie révélations. Le Seigneur était avec lui ! Dans la foulée, il gagne le prix « Mia Martini Critic Award », du nom d’une chanteuse qui fut une diva, hélas trop tôt disparue. Ce titre fait d’ailleurs partie de son second album « Eternamente ora », certifié disque de platine. Enfin, pour clore cette belle année, il signe la bande originale du film de Fausto Brizzi « Poveri ma ricchi » dont la chanson du film « Foglie al gelo » fait un carton.

C

Et le revoici au festival de San Remo 2017, 67ème du nom, où cette fois il joue dans la cour des grands et remporte le premier prix avec une chanson énergique et joyeuse « Occidentali’s Karma ». Il est à souligner qu’il est le seul chanteur à avoir gagné dans les deux catégories.
Du coup, ce succès lui ouvre les portes du 62ème festival de l’Eurovision qui se déroulera à Kiev le 13 mai. Il fera donc partie des dangereux concurrents de notre petite française, Alma.
A noter que le dernier chanteur italien à avoir remporté l’Eurovision est Toto Cottugno en 1990 avec « Insieme ». Cigliola Cinquetti l’ayant gagné en 1964 avec « Non hon l’età ».
Depuis, les meilleurs classements de l’Italie sont Raphaël Gualazzi qui est deuxième en 2011 avec Folia d’amore » et en 2015 c’est le trio Il Volo qui se classe troisième avec « Grande Amore »… L’amore toujours !
A noter encore que Francesco Gabbani a 34 ans, il est auteur-compositeur et a débuté dans un groupe de rock « Trikobald ».
Voilà. Vous savez à peu près tout sur ce jeune chanteur italien qui a ses chances pour cette 62ème mouture du concours Eurovision.
Entre le requiem d’Alma et le karma de Francesco, il faudra choisir… sans oublier tous les autres concurrents et les votes parfois… surprenants (pour ne pas dire autre chose !) de certains pays !
Que le meilleur gagne.

B

Jacques Brachet

 

Toulon – Le Liberté
Théma avril-mai : Qui a tué grand-maman ?

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Nouveau théma au titre énigmatique et provoquant. On sait que pendant la saison, le Liberté organise un théma deux mois par deux mois. C’est une façon de regrouper autour d’un thème fédérateur un ensemble de manifestations et d’intervenants divers.
« Qui a tué grand-mère ? » Ce titre choc pour nous faire poser la question du lien entre les générations, de la transmission des savoirs des anciens vers les jeunes. « Un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle » disait Empaté Bâ. Le Liberté pose la question : « Le lien des générations s’étiole-t-il ? C’est l’impression que nous donnent parfois les adolescents… »
Présentation de ce théma par Pascale Boeglin, co-directrice du Liberté, en compagnie de Simon Abkarian et Mohamed El Khatib.
Mohamed El Khatib présente avec simplicité et néanmoins chaleur sa pièce « C’est la vie » qui repose sur une idée forte et poignante : que se passe-t-il dans une famille quand un enfant meurt prématurément ?

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Simon Abkarian développe plus longuement sa pièce « L’envol des cigognes » qui est le dernier volet de sa trilogie sur les femmes et la Méditerranée ; tragi-comédie qui évoque le rapport entre une mère et ses enfants en temps de guerre. Puis son film « Une histoire de fou » qui tourne autour du génocide arménien et de la Turquie d’aujourd’hui. Il raconte succinctement, avec foi et passion, son histoire et celle de sa famille qui lui ont servi d’inspiration pour ces films. Pour lui tout passe par la famille, pas de thèse, il met en scène des personnages d’âme et de chair, qu’il a connus, avec lesquels il a vécu.
Dans le hall on peut encore voir « Natreen » (qui signifie : nous attendons) qui montre la réalité quotidienne des Syriens réfugiés au Liban. Exposition des photographies de Leila Alaoui, née en 1982, victime des terroristes à Ougadougou, elle a succombé en 2016.
Pour ce Théma, en plus des expositions, il y aura des tables rondes, des films, des documentaires, des rencontres, des conférences avec différents partenaires.
A partir du 20 mai, jusqu’au 27 juillet exposition, dans le cadre du festival Photomed, des photographies de Zineb Sedira, d’une modernité certaine. Nous y reviendrons

Serge Baudot

 

Programme détaillé et renseignements www.theatre-liberte.fr et dans les lieux habituels. Tel : 04 98 00 56 76

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Six-Fours – Six N’Etoiles
Philippe de Chauveron, Christian Clavier, Ary Abittan
accueillis… à bras ouverts mais pas longtemps !

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A bras ouverts mais en temps express !
Comme disait ma grand-mère : « une visite de docteur » !
En effet, comme tous les médecins, ils ne sont pas arrivés à l’heure et une fois arrivés et signé quelques autographes, quelques photos, nos trois mousquetaires sont passés d’une salle à l’autre (Il y en avait deux), on présenté le films et sont repartis comme ils étaient venus !
Pas le temps d’un moment d’entretien, trois petits tours et puis s’en vont !
Dommage. On aurait aimé en savoir un peu plus sur cette comédie signée Philippe de Chauveron, à qui l’on doit les « Ducobu » ou encore l’énorme succès « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? », avec, déjà, Christian Clavier et Ary Abittan. Comme à l’accoutumée ce film intitulé donc « A bras ouverts » traite d’un sujet grave traité avec recul et humour : les émigrés, sujet en ce moment on ne peut plus conflictuel.
Les accueillir ? Les renvoyer ?

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Jean-Etienne de Fougerolles écrivain soit-disant humaniste, marié à une riche héritière déjantée et vivant dans l’opulence, suggère, lors d’une interview, que les plus aisés prennent un émigrant chez eux…( Soit dit en passant, comme beaucoup de célébrités aujourd’hui, mais qui se gardent bien de le faire !). Et voilà que suite à ce débat, un Rom débarque au portail de sa somptueuse demeure avec toute sa famille.
Et là, les problèmes commencent !
L’écrivain est Christian Clavier, fidèle à lui même, en faisant des tonnes et plus énervé que jamais, dans ce rôle de mec dépassé par les événements, sa femme, c’est Elsa Zylberstein qui vit dans le monde des Bisounours et va se frotter à une réalité dont elle n’avait aucune idée et le Rom est l’irrésistible Ary Abittan, plein de fantaisie et de drôlerie. Il est incroyable !
Encore une comédie bien troussée de Philippe de Chauveron, qui parle de l’affrontement de deux cultures, de la tolérence, de l’écoute entre les hommes, quels qu’ils soient, de quelque pays qu’ils soient et qui devrait faire un carton et à l’affiche depuis hier.

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Jacques Brachet
Photos Christian Perrin