Archives mensuelles : décembre 2016

Notes de lectures
par les Plumes d’Azur

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Jean-Baptiste DEL AMO : Le règne animal ( Ed Gallimard)
L’auteur nous conte l’histoire d’une exploitation familiale vouée à l’élevage des porcs tout au long du XXème siècle. Les pères rudes à la tâche et intransigeants exigent beaucoup des fils uniques qui rêvent de tout autre chose. La famille traverse deux guerres, les choses évoluent mais le travail reste le même : les hommes à l’élevage, les femmes aux corvées familiales et les enfants s’adaptent comme ils peuvent, le tout sans beaucoup de moyens .
La vie de ces éleveurs est décrite sans complaisance, avec précision et empathie. Chaque caractère est bien étudié, la réalité de ce qu’’ils supportent est exposée sans pathos mais sans concession.
Le sujet n’est pas nouveau, on nous a rebattu les oreilles de la vie difficile des paysans tout au long du XXème siècle, mais ici il ne s’agit pas de cultures, de terres et d’engrais ni même de vaches mais de cochons… Et ça change tout !
Gaël FAYE : Petit pays (Ed Grasset)
Le jeune Gabriel vit ses dix, onze ans au Burundi avec ses parents dans un confortable quartier d’expatriés. Tout est bonheur avec les copains qui se réunissent au fond d’un jardin, du personnel de maison attentionné, une nature luxuriante. La séparation de ses parents est la première secousse du séisme qui va suivre. La guerre entre les Hutus et les Tutsis répand ses ondes de choc et frappe de plein fouet cette famille. La peur s’installe, le monde privilégié de Gabriel se fissure. Sa mère reviendra traumatisée de son voyage au Rwanda, prisonnière de la folie meurtrière des hommes.
Gabriel fuit son pays aimé avec, glissé dans sa poche un poème, cadeau ultime de cette femme qui lui a fait découvrir la beauté de l’écriture et nous permet aujourd’hui de lire avec respect et admiration ce récit.
De chanteur de rap, Gaël Faye est devenu écrivain, il écrit un livre tendre et original, livre primé par le Goncourt des lycéens et qui devrait être lu et étudié par tous les jeunes.

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Vincent JOLIT : Un ours qui danse (Ed de la Martinière)

Nous sommes au XXème siècle , l’auteur raconte la vie de trois personnages, la lutte pour réaliser leur rêve de danse, les embûches rencontrées aussi bien familiales que sociales, financières et autres. Bien que très différents par leur âge, leur nationalité et leur milieu social, ils sont portés par la même passion.
Le style est très agréable, un découpage astucieux facilite la lecture et évite une forme de lassitude puisque du début à la fin il n’est question que de danse .
On se laisse emporter par cette passion, ce n’est jamais monotone et vraiment agréable à lire même si on ignore tout de l’art de la danse .
Le titre est lié à l’un des trois personnages, un petit garçon qui va danser avec un ours de cirque et n’oubliera jamais le bonheur qu’il en a ressenti.
Yasmina KHADRA : Dieu n’habite pas la Havane (Ed Julliard)
Yasmina Khadra situe son récit au moment du basculement de la Havane vers le libéralisme et l’aborde par la petite histoire d’un chanteur de cabaret.
Nous suivons donc Juan del Monte Jonava, alias Don Fuego, qui règne, au Buena Vista en maître incontesté de la rumba.
Quand il apprend que ce cabaret mythique a été racheté par une américaine pour en faire un club de reggaeton, ce «raffut bâtard» qui fait vibrer la nouvelle génération, Juan est désespéré car ses amours, sa famille, sa réussite sociale tout passe au second plan devant le plaisir d’enflammer la scène par sa voix hors du commun et la fierté d’être reconnu par les touristes étrangers.
Dès lors il erre dans la Havane à la recherche d’un hypothétique cachet et rencontre Mayensi. Juan tombe aussitôt amoureux d’elle et se met en tête de la sauver. Une de ses chansons ayant fait un tabac à la radio, il fait le tour de l’île et retrouve le succès mais la jeune fille disparait.
Roman sur l’amour de la musique cubaine  et sur la Havane, avec la décrépitude de ses habitants à la fin de l’ère castriste. De bonnes descriptions de la ville, loin des clichés habituels, de l’ambiance familiale comme du chômage chronique, du désœuvrement qui guette la plupart des jeunes et des combines nécessaires pour survivre.
C’est aussi le roman d’une passion amoureuse, le lecteur suit les tentatives du personnage pour «apprivoiser» Mayensi puis sa quête lorsqu’elle disparait.
Un roman intéressant et bien écrit mais qu’on attendait moins convenu, en particulier la fin
assez décevante.

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Jean François PRE : Double je  (Ed Eaux Troubles)
Vrai thriller mêlant actualité et roman noir des années 50, situé à Nice sur fond de Baie des Anges, c’est le drame de deux frères jumeaux Marc et Nestor qui s’aiment et se haïssent.
Un crime est commis et Nestor est identifié par une caméra de surveillance mais est-ce vraiment lui ou plutôt son frère machiavélique qui veut lui faire porter le chapeau ?
Un fin limier sur le retour, est appelé au secours par l’accorte avocate de Nestor. Tous deux se liguent pour dénouer cet imbroglio.
Ce polar sexy et enlevé s’appuie sur des faits actuels qui rendent l’histoire plausible si on n’entre pas trop dans les détails, Nous sommes dans l’action, sa vivacité nous entraine dans cette aventure divertissante avec des dialogues un peu surannés à la Audiard, le tout ponctué de réflexions un peu faciles sur des sujets aussi graves que la Franc-Maçonnerie, les attentats ou les services généraux.
C’est léger.
Andreï MAKINE : L’archipel d’une autre vie (Ed Seuil)
Andreï Makine raconte avec talent le parcours incroyable de Pavel Gartsev, simple soldat parti à la recherche d’un évadé du goulag dans les années cinquante alors que la Russie se prépare à une troisième guerre mondiale. Une équipe de cinq hommes et d’un chien poursuit un rêve car celui qui ramènera le fugitif gagnera des étoiles sur la manche de son uniforme et la reconnaissance du pays.
Tout se passe dans la Sibérie extrême orientale et malgré la rigueur des lieux, Makine décrit une taïga «donnant l’illusion de pouvoir s’élever vers le vitrail du ciel encadré de branches, inspirer l’ivresse de l’air, l’immensité de l’horizon et surtout le vent qui venait de l’océan et reliait la moindre aiguille de cèdre à cet infini lumineux.»
Cette équipe de cinq hommes se réduira au seul Pavel car l’évadé a plus d’un tour dans son sac et déjoue tous les pièges. C’est le fuyard qui donne la cadence de la poursuite. Cette course folle permet à Makine de replacer l’homme dans un contexte hostile face à son caractère, son ambition mais aussi sa générosité. L’homme est habité par un pantin qui rend chimérique toute idée de s’améliorer, ce pantin qui pousse à violer, tuer, haïr, mentir mais sans qui il n’y aurait ni histoire ni guerre ni grands hommes. Pavel lutte pour sa survie et veut faire disparaître le monde où les hommes se haïssent tant. Ne restera alors que le silence ensoleillé, la transparence du ciel et le tintement des feuilles saisies par le gel, oui, juste la décantation suprême du silence et de la lumière.
Garstev transmet ce message sublime au jeune Makine, l’homme reste l’ennemi de l’homme, sa petitesse, sa méfiance, son agressivité, sa perfidie. Le monde est déformé par une haine inusable, une violence devenue art de vivre, embourbée de mensonges pieux et de l’obscène vérité des guerres, oui, Makine se souvient de cet homme qui a choisi de vivre au-delà de notre monde en s’échouant sur une grève de galets de l’archipel des Chantars, l’archipel d’une autre vie, dont cet homme est l’ultime espoir.Dans une langue merveilleuse qui nous fait aimer l’immensité et la solitude de la taïga, l’auteur donne une sublime leçon de vie. Il transmet au lecteur le message de Garstev, il y a toujours à l’horizon une fameuse voile carrée aperçue par un pêcheur.

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Yukiko MOTOYA : Comment apprendre à s’aimer (Ed Philippe Picquier)
Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako.
Si ce charmant roman de Yukiko MOYOYA invite à la réflexion, il n’est en aucune sorte un mode d’emploi.
«Comment apprendre à s’aimer» n’est autre que la vie racontée de Linde, héroïne de ce texte aux différents âges de sa vie. Pas de vraie chronologie non plus, mais une série de plans fixes sur des scènes de la vie courante.
Comme au cinéma, nous suivons l’enfant, la jeune fille, la femme, par plans-séquences à trois, vingt, trente , puis cinquante ans et plus dans des situations particulières, révélatrices de sa quête à la recherche du bonheur.
L’écriture est courte et rapide mais détaillée. On s’imagine lisant un script pour film; tout est mentionné : les circonstances, les lieux, les dates, les moments, les objets. Chaque chose a sa place, chaque moment importe.
On découvre cette adolescente jouant au bowling avec ses camarades, puis fiancée dans une chambre d’hôtel avec une robe à repasser, ou encore au restaurant choisissant son menu de repas d’anniversaire de mariage ou enfin plus âgée à la recherche d’une guirlande de Noël.
Linde rate des choses, des relations, des projets. Il y a toujours quelque chose qui lui fait défaut pour que ce soit parfait. Très consciente d’être exigeante, toujours hésitante, elle ne sait pas vraiment ce qu’elle veut avec ses amies, son amoureux, son mari, sa famille et son prétendant potentiel.
A chaque fois les circonstances, même anodines sont pour elle sources de questionnement. Comment mettre à profit ces petits moments de bonheur sans gâcher sa relation aux autres ? Elle attend de la vie ce que personne ne peut lui donner.
Le texte s’inscrit autour du ressenti du personnage, si raisonnable et prudent dans son discours avec toujours derrière, cette peur d’être rejetée. Le lecteur comprend ses hésitations.La solution ? Elle finit par dire à son chat  «Si j’arrivais à penser que c’est le bonheur de découvrir ainsi une petite rue inconnue, je n’aurais besoin de rien de plus»
Tout ça pour ça !

Une chronique de Serge Baudot
Patrick LORENZINI : Et toi quel bateau ?  (Ed. Parole d’Auteur)
Patrick Lorenzini, écrivain, poète et journaliste, ancien de Var Matin, est bien connu des Toulonnais et profondément ancré dans le milieu culturel de la ville. Il vient de publier un recueil de courts textes, poèmes libres, en prose ou rimés, et des sortes de petites nouvelles, qui dépeignent parfaitement cette ville-port qu’est Toulon.
Il nous dit qu’il s’assoit à la terrasse d’un café du port devant un expresso, qui devient une métaphore dans pas mal de textes, sort son carnet à spirale, et attend l’inspiration…qui ne vient pas !
Néanmoins il va nous faire vivre cette ville allant de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud par ses quartiers, ses rues, ses places, ses bars, le port, les quais, les plages, la rade, et quelques personnages. Cela avec une discrète nostalgie pour les moments du passé, les gens, les choses qui ont disparu. Mais on est bien dans le temps présent.
J’aime particulièrement cette façon d’écrire à côté, parfois, nous obligeant à nous concentrer sur le lieu, et nous faire en somme construire notre propre poème. Par exemple : « Rue Chevalier-Paul »
Dans ce port aux filles lasses / comme des nuits délunées / vont nos soirs infortunés / et j’étais celui qui passe / une étoile dans le nez.
On y lit des hommages aux disparus qui ont marqué la vile, et leur époque. Au poète Léon Vérane (1885-1954) dans son square : L’été s’en va sur ses béquilles / c’est ainsi que tout doit finir / mon vieux Léon bientôt la quille / ô gué dansons devant la grille / du jardin clos des souvenirs.
Ou encore à Jean Rambaud (1923-2005) qui fut poète, journaliste et romancier – qui ne connaît « Adieu la Raille » – à qui Toulon a donné son nom à une rue. Citons quelques lignes de « Rue Jean Rambaud » : …Il était notre grand frère, notre professeur d’élégance, celui aussi dont il fallait craindre qu’il partirait en premier…
Patrick Lorenzini a de l’humour, et parfois la dent dure contre certains personnages infatués d’eux-mêmes, ou contre des institutions comme par exemple La Fête du Livre : …on voit une diaphane Marie Ramponneau retranchée derrière sa pile d’invendus comme derrière un rempart de sacs de sable, avec son rictus de femme trompée dont le pauvre bouquin n’intéresse personne, et à qui nul ne tendra jamais le moindre micro pour qu’elle puisse expliquer elle aussi comment cela lui est venu. C’est triste une Fête du libre, ça n’a pas pitié des petits.
Terminons sur une note plus gaie, mais néanmoins nostalgique du Toulon disparu. « Centre ville » : Pantoufles pompons chauffage faïences / on trouvait de tout aux Dames de France / rognons chez Bertrand bottes chez Gorlier / la vie disait-on était en vacances / et le temps un bail non résilié.
Et plus poétique : « Quai de la Sinse » : C’était un de ces jours éternels, comme on en voit quelquefois se lever sur le port de Toulon, lumière immobile d’un bord à l’autre du ciel, air d’eau pâle lavé par la nuit à peine retirée, buée de mer où reste encore un peu de la jeunesse d’Ulysse.
Les ancien Toulonnais y retrouveront des parfums, des souvenirs de leur jeunesse, les jeunes auront un autre regard sur cette ville bizarre qui tourne le dos à son port et qui semble plutôt terne aux visiteurs.
L’ouvrage s’enrichit de quelques photos bien à propos de L.E.A.
La Mairie devrait distribuer ce livre à tous les touristes.
En vente à la librairie « Le Carré des mots » – 4, place à l’Huile – Toulon
Sur commande auprès de « Paroles d’auteurs » – Même adresse.

 

 

Toulon, le Liberté
Avant-première du troisième film de Michel Boujenah
« Le cœur en Braille »

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Marie (Alix Vailleo) est une adolescente brillante et passionnée de violoncelle. Elle est en train de perdre la vue et ne veut pas que ça se sache. Victor (Jean-Stan du Parc) est un écolier dilettante qui ne fait que peu d’efforts en classe. Il tombe amoureux de Marie qui va l’aider à mieux travailler en classe. Lorsqu’il apprend sa future cécité, il décide de l’aider et de la protéger. Ce duo, improbable au départ, va vivre ses premiers émois amoureux à travers ce malheur.
Si je vous dis que c’est Michel Boujenah qui signe ce film, vous vous souviendrez aussitôt de ses autres films, « Père et fils », « Trois amis » et vous comprendrez que, dans cette lignée, le film ressemble à l’auteur qui, sous des dehors de « comique » est un être écorché vif, empli d’amour et de tendresse, qui nous offre des films pleins d’émotion, d’humanité comme ce troisième opus où l’on ne peut sortir sans la larme à l’œil devant ce petit couple attachant.
Ses deux jeunes comédiens sont magnifiques et super doués, sans oublier le copain, Haïcam (Antoine Khorsand, fils de Philippe), dont l’humour involontaire vient en contrepoint dans l’histoire.
Plein de « guest stars » pour jouer les seconds rôles : Charles Berling, père psychorigide de Marie, Pascal Elbé, père un peu à l’ouest de Victor, Vincent Taloche, prof qui se rend compte de la situation que Marie veut cacher.

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Pascale Boeglin-Rodier et Charles Berling ont invité Michel Boujenah au Liberté

Charles qui joue dans le film et a invité Michel à venir présenter son film au Liberté.
« Mon film – nous confie Michel – est tiré du roman éponyme de Pascal Ruter. J’étais en train de batailler pour trouver un scénario original pour mon troisième film et j’avoue que j’étais près d’abandonner. Pascal Elbé, qui fait aujourd’hui partie de ma famille, arrive un jour avec ce livre et me dit : « Lis-le, tu vas aimer ». J’ai mis du temps à le lire mais une fois fait, je me suis dit que j’avais trouvé mon sujet.. Et là, une fois décidé – et Dieu sait si je suis lent pour le faire ! – c’est allé très vite, comme à chaque fois, Six mois après le scénario était écrit. Je suis le vrai mec méditerranéen !
Le choix de tes petits comédiens a-t-il été facile ?
Le casting a duré de septembre 2015 à avril 2016. J’ai rencontré 300 enfants. Ca a été un choix très long, très réfléchi, très intuitif car avec les enfants – et même avec les professionnel s! – on ne sait pas comment va prendre la sauce. Il faut une confiance réciproque et ce qui m’intéresse, c’est l’émotion. On devait rester ensemble 45 jours, il fallait donc que l’on ait une équipe soudée. Je crois que je ne me suis pas trompé. Jean-Stan est un acteur né. A 12 ans, c’est un animal qui comprend tout de suite à condition qu’on lui montre. Il veut devenir acteur et il a ça dans le sang. C’est une pure merveille. Alix, c’est « une tronche » qui a un QI très largement au-dessus de la moyenne. Elle m’a fatigué tellement elle est intelligente ! Elle est violoniste et donc n’a pas eu de mal à jouer du violoncelle. Elle jouait sur une musique pré-enregistrée et elle nous a bluffés. J’ai été fasciné par la relation qu’elle a avec l’instrument.
Tu as aussi écrit le scénario ?
Oui, avec Alfred Lot, nous avons adapté l’histoire de façon totalement libre et j’en ai écrit les dialogues.

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Et pour le montage ?
Au montage, je suis très pénible, très angoissé, car je sais qu’on ne peut plus revenir en arrière. Ce sont des moments à la fois très beaux et très difficiles car on voit naître le film et on n’a qu’une idée en tête : le réussir, donc ne pas se tromper. Un mauvais montage met le film par terre.
Tes seconds rôles ?
J’ai choisi entre autres parmi les membres de ma famille : Pascal Elbé et Charles Berling. On se connaît et on s’aime depuis des années. On a été soudés grâce à Philippe Noiret pour « Père et fils » et cette amitié dure.
L’amitié, la famille, la fraternité… Ce sont des sujets qui te touchent ?
Oui. Et la preuve est que je suis en train d’écrire le scénario de mon quatrième film, l’histoire de deux frères fâchés à mort qui se retrouvent dix ans après pour le remariage de leur mère.
Toulon, C’est ta seconde maison ?
Je ne sais pas si je ne vais pas m’installer dans ce théâtre, c’est presque mon théâtre et je suis toujours très heureux de m’y retrouver. D’ailleurs, je serai l’an prochain le parrain du projet pédagogique « Dignités », mené avec les collèges toulonnais.

Jacques Brachet

Jean-Pierre SAVELLI devient Le Chevalier Cristal

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Jean-Pierre Savelli est Toulonnais de naissance et de cœur.
Toulonnais il est, Toulonnais il reste et la preuve en est qu’aujourd’hui il revient s’y installer. Il est vrai qu’à notre époque Internet, les avions, les trains, permettent aux artistes de travailler hors Paris et beaucoup repartent donc dans leur région pour y vivre et y mener leur carrière loin de la capitale.
C’est donc ce qu’a fait Jean-Pierre – alias Peter de « Peter et Sloane » – qui, aujourd’hui, a tourné la page de ce fameux duo pour redevenir à temps plein -ou presque ! – Jean-Pierre Savelli chanteur. Mais il a également repris un nom d’emprunt pour incarner le Chevalier Cristal qu’il a inventé de toutes pièces, histoires, paroles, musiques, mise en scène pour un conte musical réservé aux enfants.

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Merveilleux et magique conte que les enfants de Solliès-Pont ont pu apprécier puisque c’était le cadeau de Noël que Marie Aurore Smadja, adjointe à la Culture et André Garron, maire de cette commune varoise leur ont offert.
Devant un château flambant neuf, malgré le froid de cette fin décembre et quand même grâce à un temps particulièrement beau, tous ces personnages imaginaires vêtus de somptueux costumes, on évolué devant des yeux ébahis et heureux de centaines d’enfants et leurs parents.
Noël magique s’il en fut d’autant qu’après le spectacle, tous sont descendus de scène pour les approcher et signer des autographes à n’en plus finir.
Au fait, notre ami a-t-il signé Peter, Cristal ou tout simplement Jean-Pierre ?. De quoi devenir schizophrène !
Il faut rappeler que notre ami est le fils d’un grand chanteur, Carlo Cotti, célèbre en son temps et que Jean-Pierre a donc dignement et passionnément pris la relève.

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Révélé par un certain Michel Legrand qui produisit son premier 45 tours avec une de ses chansons « Un goût de soleil, de pomme et de miel », il doubla ensuite la voix de Jacques Perrin dans le film de Jacques Demy « Peau d’Âne » (déjà un prince !) du même Michel Legrand il gagna la Rose d’Or d’Antibes avec « Ciel » en 72. Et la carrière était partie avec pas mal de tubes, la comédie musicale « La Révolution Française », la rencontre avec Lelouch qui lui fait chanter en voix off avec Nicole Croisille, les chansons du film « Les uns et les autres », musique de… Michel Legrand ! Puis il y eut les fameux génériques de « Goldorak », « Albator » et autres « Capitain’ Flam »
Enfin ce sera l’énorme succès jamais démenti à ce jour du duo Peter et Sloane, avec plus de 2 millions de disques vendus de « Besoin de rien, envie de toi » qu’on a pu retrouver sur les tournées « Age Tendre » et « Stars 80″.

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La troupe avec Marie-Aurore Smadja et André Garron

Aujourd’hui donc il se réinstalle à Toulon, accompagné de sa femme, danseuse et professeur de Zumba, qui joue dans « Le Chevalier Cristal » et sa fille Lola qui a déjà des envies de scène… L’exemple est là !
En dehors de ses divers spectacles, Jean-Pierre ouvre bientôt une école de comédie musicale et projette de monter des spectacles avec les plus doués de ses futurs élèves.
On le reverra au printemps dans la seconde mouture du film « Stars 80″, le premier ayant fait un carton et il viendra donc le présenter à Toulon avec quelques copains.
Et certainement lors d’autres spectacles avec son tour de chant et un spectacle en hommage à son père.
A noter qu’il a gardé sa voix… de cristal !

Jacques Brachet

Toulon – Le Liberté
Utopie et Poésie, pouvons-nous habiter poétiquement le monde ?

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En cette douce mi-décembre le Liberté organisait, dans le cadre de son nouveau Théma, une table ronde sur le thème « Utopie et Poésie, pouvons-nous habiter poétiquement le monde ? » devant un public composé essentiellement d’un grand nombre d’artistes : peintres, photographes, comédiens, musiciens, poètes dont ceux des groupes Teste et Amateurs Maladroits.
Pour débattre de cette question essentielle étaient réunis sur la scène : Guillemette Odicino, de Télérama, en fonction de modératrice ;
David Ayala, comédien, metteur en scène ; Charles Berling, comédien, chanteur, metteur en scène et co-directeur du Liberté ; Frédéric Brun, éditeur (Poesis), romancier, essayiste ; Raphaël Glucksmann, philosophe, réalisateur ; Jean-Pierre Siméon, poète, romancier, dramaturge, critique et directeur du « Printemps des Poètes » ; Fabienne Servan-Schreiber, réalisatrice TV, engagée dans plusieurs associations.

La table ronde développa trois grands thèmes : Le poète et la poésie, l’utopie et la culture, le monde d’aujourd’hui.
Charles Berling ouvrit la séance sous le signe de Friedrich Schlegel, l’un des fondateurs, avec Novalis et quelques autres, du romantisme allemand à la fin du XVIII° siècle. Pour Schlegel « La poésie romantique est une poésie universelle progressive. Elle n’est pas seulement destinée à réunir tous les genres séparés de la poésie et à faire se toucher poésie, philosophie et rhétorique. Elle veut et doit aussi tantôt mêler et tantôt fondre ensemble poésie et prose, génialité et critique, poésie d’art et poésie naturelle, rendre la poésie vivante et sociale, la société et la vie poétiques… » C’est à dire habiter poétiquement le monde. Mais Comment ? Les intervenants allaient chacun, avec érudition, brillant et conviction, essayer de donner leurs propositions, voire leurs solutions.
Raphaël Glucksmann s’employa d’abord à définir le mot Utopie : C’est l’ailleurs, se projeter ailleurs, la fascination de l’horizon. Mais les utopies peuvent aussi mener au désastre, par exemple au XX° siècle, Staline et Mao. Aujourd’hui le monde est vide d’utopie, de sens, il n’y a plus d’idéal collectif. On a mis les poètes au placard et on les a remplacés par des gestionnaires.
L’absence d’utopie c’est la revanche des religions, dit Charles Berling.
Glucksmann reprend en citant Thomas Moore qui dans « Utopia » propose de remplacer la religion par un genre littéraire ; l’imaginaire de l’être sans dieu. Il montre alors comment les Français sont parmi les peuples les plus pessimistes. Il faut donc habiter poétiquement le monde.
David Ayala lit un texte de Guy Debord sur « Poésie Utopie » de 1978 dans lequel celui-ci fait le constat d’échec ou de semi réussite de son action avec l’internationale situationniste. Ayala rappelle que c’est ce mouvement qui est à l’origine de Mai 68. Il développera comment la poésie intervient dans le cinéma.
Jean-Pierre Siméon s’attache d’abord à définir ce qu’est un poète en affirmant avec véhémence ce qu’il n’est pas : un doux rêveur qui regarde la lune et chante les petits oiseaux et les jolies fleurs, c’est à dire tous les clichés véhiculés par la plupart des gens. Puis il affirme que la poésie n’est jamais idéologique. Il y a toujours eu des poètes qui sont au cœur de l’expression humaine. Il cite Georges Perros qui dit que la poésie est une manière d’être, d’habiter le monde et de s’habiter. Pour JP Siméon il n’y a pas d’autre solution : il faut habiter poétiquement le monde. Le poète parle du monde, autant personnel que collectif. Il parle du concret charnellement et avec émotion. Citant Novalis : « Plus il y a de poésie, plus il y a de réalité ». Il faut poser cette question : Qu’est-ce qui nous domine ? Réponse : Le pouvoir, l’avoir (la finance), et le paraître : la réalité est confisquée dans un reflet, dans un langage vide, tout est devenu informatif, ça parle pour ne rien dire. On est sans arrêt dans le divertissement.
Charles Berling : Le divertissement c’est la peur de voir, de comprendre ; c’est humain.
JP Siméon : Oui, c’est vrai. On naît dans la catastrophe et on va vers la mort. C’est cette lucidité qui permet à l’artiste de créer. Les grands héros en sont Van Gogh et Antonin Artaud. Il faut maintenir éveillée en chacun de nous la lucidité de la conscience humaine. Le divertissement est la machine du pouvoir ; on recule et il y a un ravin derrière nous.
Raphaël Glucksmann : Cela donne Trump, sa télé réalité et son mur mexicain.

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Fabienne Servan-Schreiber : La télé a aussi beaucoup apporté. Les gens connaissent le monde par la télé, ils apprennent des tas de choses, et cela touche des millions de personnes. Personnellement j’ai toujours lutté pour la qualité. Il faut créer de la fraternité par la culture. Après les attentats du 13 novembre nous avons touché deux millions de personnes avec 600 événements. Je citerai Edgar Morin et son utopie réaliste, humaniste, pour répondre à la colère des peuples, en fraternité. Il faut tisser des liens, que chaque citoyen prenne les choses en main, pour réparer le tissu déchiré du monde.
Charles Berling lit un texte de Georges Sand qui est une belle définition du poète, plus que jamais valable.
Frédéric Brun parle de son anthologie « Habiter poétiquement le monde » (éd. Poesis) qui réunit 100 auteurs sur 200 ans, ayant en commun de placer la poésie au centre de l’univers, au dessus de la division, pour en faire l’unité. Il cite Emmerson : Chaque homme est assez poète pour être ouvert aux enchantements de la nature. Chacun peut être le poète de sa vie.
Charles Berling lit un texte de Walt Whitman de 1855 qui donne une définition complémentaire du poète.
Et Charles ajoute : On entre dans la modernité au début du XX° siècle, il y a une autre façon de s’exprimer.
Et chacun d’offrir d’autres citations pour élargir le thème : La poésie viendra purifier le cœur des hommes (Paul Eluard) ; La poésie ne doit appartenir à aucun système d’idée (Pierre jean Jouve) ; Partager la beauté du monde et être solidaire de ses souffrances (Edouard Glissant).
Puis Charles lit un texte de Romain Gary qui ajoute une pierre au portrait du « Poète poète.
Raphaël Glucksmann reprend la parole pour nous ramener à notre quotidien. L’indifférence devant l’horreur d’Alep. L’absence de voix européennes. L’Europe laissée entre Poutine et Trump. Il faut recréer l’utopie européenne, et il cite le texte de Victor Hugo au Congrès international de la Paix à Paris le 21 août 1849, pour une Europe unie : Comme les provinces ont fait la France, les nations feront l’Europe. Et d’autres textes sur la nécessité de créer les Etats-Unis d’Europe, afin qu’il n’y ait plus de guerre, de massacre, de carnage. Et Raphaël Glucksmann d’affirmer qu’il faut créer une Utopie européenne, c’est l’urgence, c’est le réalisme.
Jean-Pierre Siméon d’ajouter : il faut une révolution, une insurrection poétique. La culture est contaminée au trois quarts par le divertissement, c’est l’air du temps. Il faut que l’art et la culture soient quotidiens.
David Ayala rappelle qu’il n’y a pas d’autres pays au monde où la culture soit autant subventionnée qu’en France.
On passe alors aux réactions de la salle. Plusieurs poètes interviennent. Paul Simon pour dire qu’il n’aime pas l’intitulé « Printemps des Poètes » car pour lui ça renvoie aux fleurs et aux petits oiseaux ; ce à quoi JP Siméon répond qu’il n’a pas choisi ce titre, qu’il n’aime pas, et rappelle que c’est Jack Lang qui a créé ce « Printemps des Poètes », qui est une réussite poétique depuis 17 ans. Michel Costagutto cite Guy Debord : Le léopard meurt avec ses taches… Gilbert Renouf rappelle l’aphorisme de Jean Luc Godard : « La culture est la règle, l’art est l’exception », ce qui fut une belle conclusion à cette dense, riche et profitable table ronde qui dura deux heures et demie.

Serge Baudot

 

 

 

 

 

 

 

 

Toulon – Le Liberté
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En ce beau mardi de décembre 2016 le Liberté en coréalisation avec Jazz à Porquerolles présentait un duo «  La Ultima ! » qui s’affiche comme mariant le jazz et le flamenco.
Ce groupe composé de la chanteuse Sylvie Paz et du guitariste Diego Lubrano s’est créé à Marseille en 2012 avec l’ambition de « mêler les compas du flamenco au swing jazz ». Je n’ai jamais entendu le groupe au complet, peut-être qu’alors il y a du jazz ; mais dans ce que j’ai entendu du duo mardi, je n’y ai point trouvé de jazz, si ce n’est une douzaine de mesures dans le genre swing manouche sur « Cosmos Lady ».
Je rentre justement d’Espagne où j’ai passé quelques soirées dans des « Tablaos », donc j’ai dans les oreilles du flamenco pur et dur, mais aussi celui qui flirte avec les musiques d’aujourd’hui. Il y a pas mal d’essais pour faire rencontrer jazz et flamenco, les réussites sont rares, comme toujours dans ce genre de projet. J’ai aussi dans l’oreille les rencontres de Paco de Lucia avec de grands jazzmen, et surtout avec deux guitaristes de poids, John McLaughlin et Al di Meola. Je n’écris pas cela pour écraser les deux duettistes, mais simplement pour dire où je place la barre.
Revenons au spectacle. La chanteuse chante assise à côté du guitariste. Cela fige complètement la prestation. Je sais que souvent les » flamenquistes » chantent assis, mais dans une autre ambiance. Debout la force expressive est plus forte, le corps parle. Je pense aussi aux chanteuses de fado.
Sylvie Paz possède une voix bien timbrée, avec un côté « acier » dans les forte qui est très prenant, et colle parfaitement au genre. Elle chante dans une tessiture assez resserrée, avec engagement et sincérité. Ponctuant les chansons d’anecdotes et de quelques traductions bienvenues. Techniquement Diego Lubrano est un bon guitariste, à l’écoute de la chanteuse, mais pourtant l’accompagnement m’a semblé quelque peu laborieux. Ce n’est jamais fluide, jamais vraiment dans l’emportement.
Les morceaux sont des originaux, œuvres des deux protagonistes. Ils ne sont en rien basé sur le jazz (du moins ceux que l’ont a écoutés) mais sur différents rythmes flamencos, rumba, tango flamenco (ne pas confondre avec l’argentin), buleria, voire des pointes de bossa et de samba. Les paroles sont souvent très poétiques ou chargées de messages.
Les spectateurs semblaient ravis, et l’ont prouvé par leurs applaudissements et leur demande « d’encore ». Et c’est d’ailleurs dans le dernier rappel que le duo a été le meilleur. La mayonnaise prenait…

Serge Baudot

 

Fabienne CARAT, une passion d’enfance

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Photo Agence Bestimage

Fabienne Carat est une femme on ne peut plus énergique. On a pu s’en rendre compte dans l’émission « Danse avec les stars » où elle a travaillé avec fougue et passion, comme elle le fait à chaque fois qu’elle se lance dans un projet.
Elle a déjà une carrière bien remplie et très diverse, passant de « Plus belle la vie » à « Danse avec les stars » et elle a formidablement bien évolué.
Et la voilà aujourd’hui au théâtre où, après quelques pièces à plusieurs, puis à deux, elle se retrouve seule avec son one-woman show que l’on pourra découvrir vendredi 9 décembre à 20h30, au Théâtre Daudet de Six-Fours, invitée par notre amie Ghislaine Lesept.
« L’amour est dans le prêt ? » en est le titre.

« C’est – me confie-t-elle – la première fois que je me retrouve seule en scène…
Pourquoi ce choix ?
C’est pour moi un nouveau saut dans la vie. L’envie d’être toute seule, d’avoir la liberté totale de raconter plein de jolies choses dont les étapes de ma vie et plein de petites astuces et anecdotes. L’envie aussi de dire mes propres mots puisque c’est moi qui ai écrit le texte. Je peux totalement me lâcher et je ne suis pas cachée derrière un rôle, un personnage, une histoire qui n’est pas la mienne. J’ai aussi la liberté de faire évoluer ce spectacle et d’avoir un autre rapport avec le public qui me suit.

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Ça a été aussi le cas de « Danse avec les stars » où vous ne jouiez pas un personnage !
C’est vrai, on me voyait sous un jour nouveau, au naturel, dans le travail, dans l’effort, appréhendant une technique que je ne connaissais pas puisque je ne suis pas danseuse. Cela a été une expérience très enrichissante même si cela a aussi été intense et quelquefois fatigant.
Il fallait qu’on offre un show parfait chaque semaine, qu’on fasse rêver les gens, montrer les coulisses mais pas trop afin de garder la magie.
Il y avait quand même des prises de risques ?
Oui mais ça faisait partie de ce qui m’a fait accepter ce challenge. N’étant pas danseuse, je me suis posé la question de savoir si j’en étais capable. Le goût du risque a pris le dessus avant que je ne l’oublie pour me plonger totalement dans l’aventure.
Alors, comment de l’école hôtelière, on passe à la vie de comédienne ?
Ah… Longue histoire. Je dois vous dire que la première fois que je suis montée sur scène… j’avais 3 ans. C’était pour un spectacle à l’école, évidemment et je me suis dit que ce que je venais de vivre, je le vivrais plus tard. Je suis entrée dans un atelier théâtre car j’avais cette envie dans les veines. Encore fallait-il que j’en ai les possibilités.
J’habitais le Sud-Ouest, je n’avais pas de connaissances artistiques et ça me paraissait irréel. C’était de l’ordre du rêve, du fantasme.
C’est pour cela que vous vous êtes tournée vers l’hôtellerie ?
Oui, j’avais 15 ans et je dois dire que c’est une rude école qui vous apprend la vie. Ca a été très dur, très violent mais très formateur. C’était une façon de travailler quasi militaire et de plus j’avais dû quitter mes parents. Ca m’a fait très vite devenir adulte. Mais ça m’a appris le travail, le respect, la discipline et ça me sert encore.
L’envie de théâtre était-elle toujours là ?
Plus que jamais ! J’ai eu mon BTS d’hôtellerie, j’étais dans les premières. Et là, je me suis demandé si, à 40 ans, j’aurais toujours envie d’être dans l’hôtellerie, si c’était là ma vraie vie. J’ai eu la sensation de ne pas être dans la bonne voie. La soupape a explosé et j’ai eu envie de me battre pour être heureuse et faire ce que j’avais vraiment envie de faire.

Exclusif  Fabienne Carat Filage de la pièce "  L'amour est dans le prêt " au théâtre Ciné-Théâtre Chaplin à Paris

Photo Coadic Guirec/Bestimage

Et donc, d’entrer dans ce métier du spectacle !
On n’entre pas comme ça dans ce métier, on y va pas à pas. Avec mon BTS, je n’ai pas eu de mal à trouver du travail à Paris. J’ai pris des cours de théâtre, j’ai joué quelques rôles, j’ai fait quelques courts-métrages, j’ai tapé à beaucoup de portes. Je n’avais rien à perdre car sur mille demandes , il y en a une qui aboutit…
Et vous vous retrouvez dans « La vérité si je mens 2″ !
Entre autres. Mais j’ai fait plein de trucs différents avant d’arriver à Marseille.
Avec détour par les Etats-Unis ?
C’est Universal qui m’a castée pour y présenter des séries américaines. J’ai navigué entre Chicago et Los Angeles. J’étais plus animatrice que comédienne. On m’a proposé un rôle dans une série mais la série ne s’est pas faite.
Alors aujourd’hui ?
Aujourd’hui je cours entre la tournée, le tournage à Marseille de « Plus belle la vie » et j’ai pas mal de projets qui sont en train de se concrétiser.
Je fais ce que j’ai toujours eu envie de faire !

 Propos recueillis par Jacques Brachet