Archives mensuelles : août 2016

Petits commentaires sur le Festival d’Avignon

Surmale
Surmâle(s)

Qu’est-ce que le théâtre ?
Dans le plus grand festival de théâtre du monde, on est en droit de se poser la question.
Il n’est certes pas facile de choisir parmi les 1400 spectacles proposés dans le Off du Festival d’Avignon.
Une valeur sure pour le public reste le répertoire, les auteurs appartenant au patrimoine littéraire. Comment se tromper en allant voir un Molière ou un Shakespeare ? Et cela ne peut pas faire de mal au programme scolaire des ados. Il y en a au demeurant de très bons comme « Le Marchand de Venise » de La Compagnie 13 ou « Dom Juan 2.0″ de Luca Franceschi, teintant savamment le texte à la Commedia dell’arte, tous les deux au Théâtre de l’Oulle. Encore mieux, Candide, mis en chanson et en danse par Alberto Nason et sa Mirandole & Cie. La Cour du Barouf est l’espace du Festival dédié à la Commedia dell’arte et l’on n’y sera jamais déçu. Légèrté et rire y sont au rendez-vous dans le respect du texte. Comment oublier l’excellente Madragola de Machiavelli de l’édition 2014 ?
One man shows
Il est en effet plus aisé de choisir des spectacles si l’on affectionne un genre en particulier : Commedia dell’arte, spectacles pour enfants, cirque, danse, magie, improvisation et surtout innombrables one man shows comiques. Comiques ou pas, la majorité des spectacles proposés dans le off mette en scène une seule personne.
Certaines de ces pièces ont remporté un immense succès populaire. Le public s’est battu pour voir :

Le chien 2
Le chien d’après Eric-Emmanuel Schmitt (Espace Roseau Teinturiers). Mathieu Barbier et Patrice Dehent y sont certes excellents, mais ils ne se regardent jamais ! Pas de déplacement , presque pas de gestes, ils récitent les mains dans les poches. Ils pourraient tout aussi bien lire. De même, le texte de Monsieur « Motobécane » est superbe, amusant et glaçant à la fois, mais Bernard Crombey ne bouge pas d’un pouce. L’élément visuel y est quasiment absent. On pourrait les apprécier les yeux fermés, c’est de la radio.
Dans le genre, on compte bien sûr des exceptions. Dans Pierre et Mohamed d’Adrien Candiard (Chapelle de l’Oratoire), Jean-Baptiste Germain incarne magistralement Mgr Pierre Claverie et son chauffeur algérien Mohamed Bouchikhi accompagné par le hang du metteur en scène Francesco Angnello présent sur scène. Dans Le gorille de Franz Kafka, Brontis Jorodowsky, fils du réalisateur et metteur en scène Alejandro Jorodowsky livre une véritable prouesse physique en utilisant tout l’espace scénique.

obus

Mon coup de cœur va toutefois à Un obus dans le cœur du libano-cabadien Wajdi Mouawad
mis en scène par la Compagnie L’Autre Monde. Julien Bleitrach y est époustouflant d’intensité. Il joue tant de personnages en modifiant son corps et sa voix que l’on en oublie qu’il est seul. Avec deux autres membres de la compagnie Gérard Gérard cette fois, Julien Bleitrach joue dans un autre spectacle, l’ébouriffant Sur Mâle(S.
Un interprète à suivre de près.

Myrto Konstantarakos

La Rochelle
18ème Festival de la Fiction Télé

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Professionnels et amateurs de fictions se retrouveront à La Rochelle pour découvrir le meilleur de la création audiovisuelle francophone et européenne du 14 au 18 septembre 2016.
À l’image des beaux succès d’audience et d’exportation de la fiction française, le Festival de la Fiction TV est le rendez-vous incontournable de la rentrée audiovisuelle des acteurs du secteur qui se réuniront pour débattre et construire la fiction de demain autour d’études de cas, de tables rondes, de masterclass et d’une journée spéciale consacrée à la BBC, invitée d’honneur du festival.
Plus de 35 000 spectateurs et 2 000 professionnels sont attendus pour découvrir plus de45 œuvres inédites françaises et internationales, sélectionnées en compétition et horscompétition, et partager leur passion pour la télévision.

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Stéphane Strano, président du festival et Yves Bigot, responsable du comité de sélection

Une fenêtre unique sur la création européenne et internationale
Le Festival consacrera sa journée du vendredi 16 septembre à son invitée d’honneur, la BBC, et accueillera Tim Davie, CEO, BBC Worldwide and Director, Global, accompagné de ses équipes.
Une intervention exceptionnelle de Tim Davie précèdera, à 10h, le traditionnel Grand Débat du vendredi matin. Deux workshops autour de la BBC complèteront cette journée.
10 fictions européennes seront présentées parmi les 35 oeuvres de la compétition officielle. 3 séries québécoises, présentées en projections spéciales, feront l’objet d’un coup de projecteur.
Une rencontre avec Michaela Coel, créatrice et actrice principale de la série anglaise « Chewing Gum » sera organisée lors des Ateliers de la fiction européenne, ainsi qu’un focus sur la mini-série allemande « Ku’damm 56″ en présence du producteur Marc Lepetit (UFA Fiction) et de l’auteure Annette Hess.
L’ensemble des créateurs de l’audiovisuel (diffuseurs, producteurs, comédiens, réalisateurs, scénaristes, compositeurs et techniciens) se réunira le vendredi 16 septembre à 10h30 au Théâtre Verdière, La Coursive, Scène Nationale, autour du Grand Débat dont le thème cette année est « La fiction française se donne-t-elle les moyens d’exister à l’international ? »
24 œuvres françaises inédites, en Compétition officielle, reflèteront le meilleur de la rentrée audiovisuelle : 6 Téléfilms, 7 Séries, 3 Séries de 26’, 4 Programmes courts, 4 Web-séries
Ces œuvres seront soumises au regard du Jury qui décernera 14 récompenses lors de la Cérémonie de Remise des Prix, le samedi 17 septembre à 21h à La Coursive, Scène Nationale.

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Isabelle Carré

Le jury
Le Jury sera présidé cette année par Isabelle Carré, Comédienne, et réunira Pascale Arbillot, Comédienne, Erwann Kermorvant, Compositeur, Elsa Marpeau, Scénariste, Jean Nainchrik, Producteur et François Velle, Réalisateur.
En marge de la Compétition officielle, les chaînes présenteront en hors compétition leurs fictions inédites, grands rendez-vous de la rentrée audiovisuelle 2016-2017, lors de projections qui se tiendront chaque soir.
Fort du succès d’audience rencontré par un grand nombre de séries françaises auprès des téléspectateurs, le Festival remettra le Prix de la Meilleure Série de l’année, attribué à une œuvre diffusée entre septembre 2015 et août 2016, en partenariat avec Télé Star et Télé Poche.

Le rendez-vous du grand public avec le meilleur de la fiction TV
Le Festival de la Fiction TV, c’est toute la fiction tv qui vient à la rencontre de son public. Plus de 35 000 téléspectateurs se donnent rendez-vous chaque année sur le Cours des Dames à La Rochelle.
Les projections sont accessibles au grand public gratuitement, dans la limite des places disponibles. Les passionnés de séries et de fictions pourront rencontrer les nombreux comédiens présents à La Rochelle, à l’issue des séances photos qui se dérouleront chaque jour et à l’occasion des séances spéciales de dédicaces organisées dans le Village du Festival.

Seront notamment présents cette année au 18ème Festival de la fiction TV de La Rochelle du 14 au 18 septembre :

Isabelle Adjani, Pascale Arbillot, Leila Behkti, Rayanne Bensetti, Charles Berling, Blandine Bellavoir, Valérie Bonneton, Eva Darlan, Guillaume de Tonquedec, Armelle Deutsh, Franck Dubosc, Melanie Doutey, Arié Elmaleh, Elodie Frenck, Grégory Fitoussi, Julie Gayet, Isabelle Gélinas, Joeystarr, Ana Ka (The Voice 2016), Valérie KarsantiSamuel LabarthePhilippe Lefebvre, Yannis Lespert, Elsa Lunghini,  Mathieu Madenian, Corinne Masiero, Jean-Baptiste Maunier, Anne Marivin, Olivier Marchal,  Barbara Schulz, Bruno Solo, Bruno Wolkowich, Michael Youn, et Slimane (Gagnant The Voice 2016 parrain de l’association Juste Humain, soutenue par le festival)…

Alain TURBAN, de Montmartre à l’Ardèche

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Si l’on est confortablement assis à l’ombre de la place du Tertre… la chaleur, le soleil… et les moustiques nous signalent que nous ne sommes pas à Montmartre.
On en est loin… sous le soleil exactement de Ruoms en Ardèche, où nous reçoit l’ami Alain Turban qui, quoique pur et dur Poulbot de Montmartre, a trouvé depuis longtemps, comme un certain Jean Ferrat, un havre de paix dans cette raison, maison de sa presque enfance, puisqu’il l’a découverte à 10 ans.

« C’est grâce à mon beau-père, nous confie-t-il – qui, Ardéchois, à fait connaître aux deux montmartrois que nous étions, ma mère et moi, ce coin de Paradis pour lequel j’ai eu le coup de foudre. Et j’y reviens dès que je le peux car c’est devenu ma seconde patrie ».

 Et il s’y est tellement enraciné qu’il a consacré tout un disque « De ton village à mon village… » (Pony Music) où il évoque la caverne du pont de l’Arc, la Grotte Chauvet, l’eau et les vieilles pierres, la maison d’Antraigues en hommage à Ferrat, la Ferme Théâtre où il se produit en toute amitié…

Pendant que sa chienne vient chercher des câlins, nous discutons à bâtons rompus et bien sûr, nous ne pouvons ne pas parler de sa rentrée parisienne qui se fera à l’Olympia le 11 septembre à 16h… pour la dernière fois, souligne-t-il.

« Pourquoi la dernière fois, Alain ?
Parce que c’est une salle mythique dans laquelle je me suis produit deux fois. Aujourd’hui c’est un peu devenu un garage que l’on loue… et crois-moi, c’est un investissement !
A quand remonte son second spectacle ?
En 2013. Il était axé sur Montmartre. Je voulais offrir une dernière fois au public qui me suit depuis des décennies, un spectacle fait de ces chansons qui ont jalonné ma vie en 40 ans. Il y en en exactement 138 et c’est un véritable casse-tête pour en choisir 25 !
Pour ceux qui en voudraient plus, elles sont toutes ressorties en CD. Sans compter toutes celles que j’ai écrites pour d’autres chanteurs, dont « Route 66″ pour Michèle Torr dans son album « Diva »

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Avec Michèle Torr et Jean Vallée à l’Olympia

Tu as tout de même une carrière atypique puisque, après avoir surfé sur la vague disco, avec entre autres « Santa Monica » et quelques autres succès, tu as très vite pris d’autres voies !
Je ne voulais pas me vautrer dans le disco, je voulais faire des choses différentes et j’ai bien fait. Tu me vois, à presque 70 ans, chanter encore ces succès ! Ce serait ridicule.
C’est vrai que je n’ai pas choisi la facilité en bifurquant souvent sur des chemins où l’on ne m’attendait pas. Mais en tant que mon propre producteur, j’ai pu me payer ce luxe, même si ça n’a pas toujours été payant.
Ce début de parcours, tu l’avais raconté dans ton premier livre « Un taxi dans les étoiles » puisque ce fut ton premier métier. Tu récidives avec « Variétés citron pressé » (Grrr art éditions). Explication !
Mon premier livre s’arrête aux années 74, quand arrive le succès. Dans le second, je vais jusqu’à aujourd’hui. Quant au titre, je crois qu’il représente bien le monde de la chanson où, à l’époque, on n’avait pas besoin d’avoir beaucoup de talent pour devenir « vedette » mais où les maisons de disques te pressaient comme un citron jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de jus et qu’on te jette pour trouver un autre citron à presser ! Remarque, ça n’a pas beaucoup changé !
En même temps que la sortie du livre, j’ai sorti un single éponyme et un clip qu’on peut voir sur youtube et qui est très drôle.
As-tu pris goût à l’écriture ?
J’ai toujours aimé écrire des chansons et j’en écris tous les jours. Ces deux livres ont été un vrai plaisir mais comme j’ai raconté ma vie jusqu’à aujourd’hui, je ne sais pas combien d’années la vie me réserve pour un troisième livre ! Mais j’ai l’idée d’un roman et d’une pièce de théâtre… A suivre…

Alain Turban 6M - Copie

Tu arrêtes la chanson ?
Pas tout de suite mais je commence à l’envisager avec les années qui passent, je ne voudrais pas faire la scène de trop et puis, le métier devient de plus en plus difficile. J’ai toujours fait plein de choses diverses mais à chaque fois c’est un combat et ça commence à être fatigant. Il n’empêche que je continue à écrire des chansons et que j’ai toujours deux ou trois projets en tête.
Tu viens d’ailleurs d’écrire et produire un disque avec un duo original : Michou et Annie Cordy !
J’avais déjà écrit une chanson pour les 80 ans de Michou qui est un ami et une figure emblématique de Montmartre. J’ai récidivé pour ses 85 ans car on vient de fêter les 60 ans de son mythique cabaret. Le titre en est « 85% d’amour et 60 ans de cabaret ». J’y ai associé ma vieille amie Annie qui est une femme extraordinaire. Le titre est à la fois rigolo et émouvant car tous les deux sont magnifiques.
D’autres projets ?
Ici à Ruoms, il y a un grand festival qui s’intitule « Festiv’Aluna » où passent les plus grandes pointures. C’est Jean Boucher qui en est le président fondateur. L’an prochain l’on fêtera les 10 ans du festival et j’écris une chanson qui en sera en quelque sorte l’hymne. C’est un jeune chanteur niçois qui l’interprètera, Fabrice Soler, que l’on pourra d’ailleurs retrouver avec moi à l’Olympia.
Quoi d’autre pour cet Olympia ?
J’ai écrit une chanson sur Piaf « De l’Olympiaf à l’Olympia », qu’a beaucoup appréciée Charles Dumont et qui a accepté de venir la chanter avec moi. Mon rêve serait d’avoir Zaz, mais c’est tellement compliqué de pouvoir joindre ces artistes aujourd’hui…
On te sent un peu blasé…
Tu sais, c’est fatigant de se battre contre des moulins à vent… J’ai assouvi depuis longtemps mon fantasme d’être « une vedette ». J’ai toujours envie de faire des choses mais ça devient de plus en plus compliqué. Par contre, j’ai très envie de remonter ma comédie musicale « La légende de Montmartre » avant de disparaître et de le faire avec plein de jeunes talents… Sinon je le ferai dans une autre vie !
Tu y crois ?
Je crois que rien de ce qu’on vit n’est dû au hasard. Je crois, sinon en Dieu, du moins à quelque chose qui nous dépasse. Je ne crois pas à la réincarnation mais à l’incarnation. Chacun a un chemin de vie et je suis persuadé que si je n’y croyais pas, je ne me serais pas battu comme je l’ai fait.

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J’ai aussi envie de passer plus de temps en Ardèche.
Je viens d’écrire une chanson pour clore mon Olympia :
« Même si on est à l’Olympia
Moi le Poulbot de la rue Francoeur
C’est sous le soleil ardéchois
Qu’un jour j’irai poser mon cœur »

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta et Christian Servandier

Sanary
Les disques d’or sous les étoiles ont fêté leurs 40 ans

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A

Si durant tout l’été Noël Lebrethon, président de l’association « Sanary Animations » et Serge Loigne l’organisateur nous ont offert tout un panel de concerts aussi variés que gratuits, il est un point d’orgue dans ce « Sanary sous les étoiles », ce sont les Disques d’Or, concours de chansons qui a un énorme succès et ce, depuis… 40 ans cette année !
Nombre de chanteurs en herbe viennent aujourd’hui de loin et prennent leurs vacances aux dates où se déroule le concours !
40 ans, c’est quand même quelque chose et surtout c’est une belle continuité puisque Serge Loigne a pris la suite de son père, Jean, dans ce rôle d’organisateur. Et l’on a eu la joie de pouvoir applaudir avec émotion, deux concurrents du premier disque d’or, venus chanter en duo à la seconde demi-finale : François Belmont et Paul Moutte, Sanaryens bon teint et amis d’enfance… et pour la vie, qui nous ont chanté une chanson de circonstance « Quand on est deux amis », qu’avaient immortalisé Luis Mariano et Bourvil. Nos deux « concurrents » avaient alors 17 ans !
Le temps est passé et ils ont toujours la même pèche.
Un grand bravo à eux.

Jury
Jury et équipe de Sanary Animations

Deux demi-finales donc pour trouver les perles rares car sur 40 concurrents 20 sont retenus, (10 à chaque soir) ainsi que 6 enfants sur 12 en compétition.
Un truculent animateur plein d’humour, Yves Julien, pour présenter les concurrents, un pianiste pour accompagner ceux qui n’ont pas de bande orchestre : Jean-Marc Paloc et un jury pour sélectionner les candidats : le producteur Jacky Lacomba, les musiciens du groupe Guitar ZZ, Nadine et Claude Millour; Brigitte Ben Abida, du service culturel de la mairie de la Ciotat; Geneviève Machto, productrice et Jean-Michel Machto, son époux et néanmoins bel artiste, chanteur et imitateur, Sonia Biancotto, professeure de chant, Daniel Darigot, ancien président de Comité des Fêtes de la Ciotat et votre serviteur représentant la presse.
En finale, nous eûmes ,même droit à un juré d’honneur : Jean-Pierre Savelli, chanteur auteur, compositeur et connu pour un tube incontournable : « Besoin de rien, envie de toi » qu’il chantait en duo sous le nom de Peter et Sloane.
Toulonnais de souche, il vient se réinstaller chez lui pour créer un atelier de comédie musicale, ce qui pourrait être fort intéressant pour nos concurrents !

Damien Marty Salvatore Marino Alan Sasch
Moutte-Belmont Savelli
Damien Marty – Salvatore Marino – Alan Nasch
François Belmont et Paul Moutte – Jean-Pierre Savelli

Durant chaque délibération du jury, après que tous les candidats aient chanté, un invité vedette venait se produire et l’on eut le plaisir de découvrir encore de belles voix : Damien Marty, Salvatore Marino et Alan Sasch.
Comme chaque année nous eûmes un podium éclectique : de grandes et belles voix, quelquefois de moins belles avec quelques faussetés, des retours de « concurrents récurrents » qui s’accrochent et reviennent d’année en année, des qui chantent en français, des qui chantent en anglais… et des qui… ne devraient pas chanter !
Mais tout se passe dans la joie et la bonne humeur, chacun ayant famille et supporters.
En lever de rideau, pour l finale, nos deux compères Moutte/Belmont sont revenus chanter, pour le grand plaisir du public, surtout les Sanaryens qui ont applaudi leurss deux bouchers-chanteurs. Et comme Jean-Pierre Savelli était venu se joindre au jury, il nous a offert un meddley de chansons de Michel Legrand, qui fut son premier producteur et qui l’invite souvent pour chanter dans ses films. Souvenez-vous du film « Les uns et les autres ». Et puis, même sans Sloane, il ne pouvait pas ne pas chanter le tube mythique des années 80 « Besoin de rien, envie de toi » et Sloane fut largement remplacée par un public, debout, enflammé par la fougue de notre chanteur.
Quant à nous, nous sommes toujours merveilleusement reçus par Noël et Serge et surtout, ne l’oublions pas, sa sympathique et chaleureuse équipe, tout sourire, toute gentillesse et avec laquelle on se marre bien.

Marie Heinrichs Clara Kehlhoffner Sarah Obert
Marjorie Huerdoux Sophie Damiani Serge De Gea
Marie Heinrichs – Clara Kelhoffner -Sarah Obert
Marjorie Guerdoux – Sophie Damiani – Serge de Gea

And the winners are :
Catégorie juniors :
1ère : Marie Heinrichs, 10 ans, de la Ciotat, qui a chanté « Bagdad »
2ème : Clara Kehlhoffner, 12 ans, de Carnoux, qui a chanté « New York, New York » version française
3ème : Sarah Obert, 12 ans, de Six-Fours, qui a chanté « J’y étais encore »
Catégorie adultes :
1ère : Marjorie Guerdoux, de la Valentine, qui a chanté « All by Myself »
2ème : Sophie Damiani, d’Aix-en-Provence, qui a chanté « It’s so quite »
3ème : Serge de Gea, d’Ollioules qui a chanté « L’esclave »
Ce dernier sauve l’honneur, puisqu’il est le seul homme de la promotion 2016.

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Les deux triplés gagnants

Il est vrai qu’on a eu de très belles voix, que les gamines (6 en finale, pas un garçon !) sont pour certaines prêtes à prendre la relève avec un peu de travail. Quant aux trois adultes, on ne peut que reconnaître la superbe voix de Serge de Gea, l’originalité de Sophie Damiani avec cette incroyable chanson de Björg et enfin la fantastique performance de Marjorie Gurdoux qui peut sans honte rivaliser avec Céline Dion dans cette chanson on ne peut plus « casse gueule »… C’est du grand art et une place de première bien méritée.
Chacun est donc parti avec son trophée ainsi qu’un chèque de 150 euros pour les deux premières et de 100 euros pour les quatre autres. Pour les deux premières encore, Jean-Pierre Savelli leur a offert, par l’intermédiaire de Pop Studio à Hyères, l’enregistrement d’un single.
Quant à Marjorie, elle empoche également un séjour d’une semaine pour deux personnes, tous frais compris offert par la station de ski de Puy St Vincent, partenaire du concours depuis 15 ans.

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Noël le Brethon – Marjorie Guerdoux – Yves Julien – Serge Loigne

Et voilà.
Les projecteurs se sont éteints sur la scène de « Sanary sous les étoiles » 2016, certains sont partis prendre un repos bien mérité, pas très long car déjà la rentrée s’annonce, les fêtes de Noël se dessinent au loin et toute l’équipe a du travail sur la planche.
On se retrouvera donc tous très vite autour d’autres manifestations dont ils ont le secret et le talent.
Encore merci à tous pour ces belles soirées passées en leur compagnie et celles des beaux artistes qu’ils nous ont offert.

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Jacques Brachet

 

FESTIVAL D’AVIGNON 2016
par notre correspondante Annie Ravier

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Malgré la tragédie du 14 juillet à Nice, le Festival d’Avignon a fait le plein cette année, 95% contre 93% en 2015.
Le directeur du festival, Olivier Py, parle d’un « public engagé qui est devenu un public résistant »
Cette soixante-dixième édition ( du 6 au 24 juillet), malgré l’horreur de l’attentat commis à Nice, a présenté 63 spectacles au In : 120 000 spectateurs sur 126 000 billets mis en vente soit 4 941 de plus qu’en 2015.
Une nouveauté pertinente est à signaler cette année:
Au jardin Ceccano, spectacle gratuit -l’histoire du festival -de 1947 à …2086 par la compagnie de Thomas Jolly, « La Piccola Familia ».
C’est intelligent, vif, humoristique. 47 000 personnes ont écouté cette création joyeuse et foutraque: « Le ciel, la nuit et la pierre glorieuse »
Coups de griffe et coups de cœur, de l’énergie à revendre.
La fréquentation totale du Festival qui comptait pourtant trois jours de moins que l’an dernier, s’établit à 167 000 entrées contre 161457 en 2015, soit une augmentation de 6,5%.
« Avignon n’est pas un festival de divertissement, on y va pour y mettre plus exacte l’horloge de la conscience » a dit Olivier Py lors d’une conférence de presse.
Je ne passerai pas sous silence que le 16 juillet, j’ai été choquée qu’il n’y ait aucune phrase de compassion pour les victimes de Nice, lors d’un spectacle, au texte sulfureux, « 20 November » de Lars Noren : Comment comprendre un gamin qui s’empare d’une arme pour transformer les salles de cours de son école en un champ de massacre ?
L’auteur s’est inspiré d’une histoire vraie d’un jeune homme ayant commis une tuerie en 2006 dans son lycée à Emstetten en Westphalie. Compréhension « psychologisante » de la mentalité de ce tueur: « C’est la faute à maman; c’est la faute à papa; c’est la faute à l’école; c’est la faute à la société »
Tout en connaissant le travail documentaire de l’auteur, je ne puis m’empêcher de penser que, au vu des évènements niçois, ce spectacle aurait pu être déprogrammé.
A titre d’information, je tiens à dire que, suite au tragique évènement niçois, le festival de Jazz à Nice et celui de Juan les Pins, ont été annulés, malgré les engagements d’artistes internationaux et l’espérance de recettes non négligeables.

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50 ans de Off – Le Off change de visage
Pour trois ans, un nouveau président a été nommé : Raymond Yama.
Du 7 au 30 juillet, le Off, 123 théâtres ont accueilli 1416 spectacles dont 1042 pour la première fois à Avignon, 292 spectacles non francophones, 135 venus de l’étranger, 8 d’Outre-mer et 1273 de France Métropolitaine dont 604 d’Ile de France! Que la Fête commence!
Le tri sélectif s’impose car le Off n’est pas un festival: il n’y a pas de programmateur.
Si vous avez mon âge (je ne vous le dirai pas!, mais vous saurez le déduire au vu de mes commentaires) vous ne serez pas tentés par la nième version de Molière, Racine, Corneille, (étudiée, rabâchée au collège, au lycée, à la fac), par les spectacles de marionnettes, de cirque, etc., puisque vous serez sans vos petits enfants…
Alors, quel choix ferez-vous? Et comment?
Pour ne pas vous égarer dans les 400 pages d’un programme du Off qui finit par avoir autant de conscience artistique que les Pages Jaunes; quand des jeunes continuent d’y perdre des sommes folles au profit d’investisseurs que l’argent étouffe plus que la honte, utilisez votre GPS culturel en repérant auteurs, dramaturges et théâtres permanents.
Et là vous aurez le plaisir de découvrir quelques pépites qui valent le détour!
Car l’art est toujours plus fort que l’institution.

CA VA, CA VA le MONDE 2016 – Quand RFI fait se croiser les imaginaires
Avec cette exclamation, ce salut, RFI invite spectateurs et auditeurs à appréhender l’actualité du monde par les mots du théâtre.
Du 15 au 20 juillet, cycle de lectures au jardin de la rue de Mons.
L’entrée est libre. Ce lieu a été réaménagé, offrant plus d’espace. Une disposition harmonieuse de la scène permet au public d’écouter avec un maximum de sérénité des textes à l’actualité brûlante. Les auteurs contemporains francophones sont issus d’Afrique, du Proche-Orient et de l’Océan Indien.
Du programme, j’ai pu écouter :
Le 15 juillet:
« TAIS-TOI ET CREUSE » de Hala Moughanie (Liban), lauréate Prix RFI du théâtre 2015; Publié aux Editions Arcane.
C’était le lendemain de l’attentat de Nice. Je n’oublierai pas la délicatesse de l’équipe dans l’hommage aux victimes.
« Tais-toi et creuse »: cette injonction est d’une telle violence qu’on imagine sans peine le contexte dans lequel elle a pu être dite: Guerre au Liban.
Dans ce pays, une bombe tombe dans la mer, les survivants dansent à la montagne. « Tais-toi et creuse » est le premier texte de théâtre d’Hala Moughanie. Il s’inspire des situations humaines dont elle a été témoin en juillet 2006 et qui font écho à sa propre expérience de la guerre, celle de 2006 et la « guerre civile » qu’elle a vécues enfant.
Le ton est donné: autodérision, mise à distance. Texte culotté, cruauté et humour. La pièce est mordante. Envoyée à la face de la tradition de l’oralité. Et si le monde arabe arrêtait de parler et allait chercher ce qui est à l’œuvre au-delà de la résilience qu’imposent la guerre, la violence, la souffrance toujours là?
Et si la réflexion s’articulait autour de la mémoire?
Le 16 juillet:
« A LA GUERRE COMME A LA GAME BOY » d’Edouard Elvis Bvouma (Cameroun)
Le caporal Boy Killer se réveille et apprend par la radio que la guerre est finie.
Du camp, la nuit, dans les herbes, il ne reste que lui sa « Kalache » et une jeune fille qui a été violée par le commandant., .
Pour la décider à la suivre, il lui raconte sa vie, cette vie qui n’est pour lui, que jeu vidéo où chacun est un personnage de BD ou de film. Au fil du discours de celui qui parle comme il tire, on saisit qu’il a mué en redoutable « Révolo »
Ce texte est à paraître à l’automne chez Lansman. Le fil est tendu de manière répétitive, exacerbée, entre des souvenirs de jeunesse riches en supports intellectuels (BD, cinéma, vidéo), et une logorrhée excessive signifiant une mutation qui fait froid dans le dos.
En raison de la fin de ma semaine avignonnaise, je n’ai pas pu hélas terminer ce cycle de lectures. Ils seront diffusés sur les antennes de RFI, tous les dimanches du 24 juillet au 28 août à 12h10 (rediffusion le lendemain à 00h10), et à retrouver en vidéo sur rfi.fr.
Au programme:
« Parfois le vide » de Jean Luc Raharimanana (Madagascar)
« e.passeur.com » de Sedef Ecer (Turquie)
« Si tu sors, je sors. Si je sors, tu sors » de Gustave Akakpo (Togo)
« Sank ou la patience des morts » de Thristide Tarnagda (Burkina Faso)
Par ailleurs, le prix théâtre RFI 2016 sera remis à Limoges dimanche 25 septembre dans le cadre du Festival « Les Francophones en Limousin ».
Soyez attentifs à ce théâtre, tel qu’il s’écrit sous les latitudes des pays cités précédemment: Les auteurs ont décidé de faire face au monde ou d’être tangents avec l’actualité. Théâtre qui n’est jamais loin de la vie, du combat pour la justice, la démocratie ou la dignité.

SPECTACLES du IN

LES DAMNES -  D' aprés Luchino VISCONTI, Nicola BADALUCCO et Enrico MEDIOLI - Mise en scène : Ivo VAN HOVE - Scénographie et lumière : Jan VERSWEYSELD -
Costumes : An d'HUYS - 
Vidéo : Tal YARDE- 
Musique et concept sonore:  Eric SLEICHIM -
Dramaturgie : Bart VAN DEN EYNDE -  Avec la Troupe de la Comédie-Française :  Sylvia BERGE - Éric GENOVESE - Denis PODALYDES - Alexandre PAVLOFF - Guillaume GALLIENNE - Elsa LEPOIVRE - Loïc CORBERY - Adeline D HERMY - Clément HERVIEU LEGER - Jennifer DECKER - Didier SANDRE - Christophe MONTENEZ - 
Et Basile ALAIMALAIS - Sébastien BAULAIN - Thomas GENDRONNEAU - Ghislain GRELLIER - Oscar LESAGE -  tephen TORDO - Tom WOZNICZKA - 
Avec Bl!ndman [Sax] : Koen Maas, Roeland Vanhoorne, Piet Rebel, Raf Minten - Dans le cadre du 70ème Festival d'Avignon - Lieu : Cour d'Honneur du Palais des Papes - Ville : Avignon - Le : 05 07 2016 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

LES DAMNES – 

LES DAMNES d’après le scénario de Luchino Visconti – Mise en scène Ivo Van Love. Spectacle évènement du Festival 2016
Come-back de la troupe de la Comédie Française, après vingt-cinq ans d’absence. Jeu épuré, affûté, resserré. Epoustouflante fluidité du bal des techniciens sur scène.
Propos sulfureux de Visconti dont le film et son esthétique encombrent certainement les spectateurs qui ont vu le film.
L’enjeu n’est pas ici d’adapter le film culte. Van Love déclare vouloir « revenir au scénario pour le mettre en scène au théâtre ».
Y est-il parvenu? Manifestement oui, car le dramaturge utilise ce qui est connu mais dans une ordonnance première.
Objet essentiel de son travail : l’éloignement du sens, des sens, jusqu’à l’universalité.
Les Damnés ne sont pas seulement cette famille particulière, les soldats d’une cause monstrueuse ou ce peuple malheureusement fasciné, non: la damnation est bien plus vaste. On est ramené aux tragédies antiques, à l’origine de la violence. Ce sont les enfers que nous voyons. C’est la célébration du Mal.
L’histoire
Celle de la famille Essenbeck à l’heure du triomphe des nazis en Allemagne. Pour protéger leurs intérêts, ces maîtres de la sidérurgie ne voient d’autre alternative que de s’allier au nouveau régime et assassinent leur patriarche que cette idée répugne. Je vous laisse deviner la suite…
Ivo Van Love dit : « Comment ne pas penser à ces hommes tous jeunes qui, aujourd’hui, commettent des massacres parce qu’ils ne sont pas inspirés mais instrumentalisés par une idéologie ? »
Le monde des Damnés est absolument noir ! La fin de la pièce est terrible. Il n’y a presque pas d’espoir sauf, chez Herbert, l’humaniste. Il est le seul à ne pas accepter ce qui se passe, à dire qu’il est contre. A la fin, après l’assassinat de sa femme à Dachau, il revient parce que ses enfants sont menacés mais aussi pour dire qu’il faut que quelqu’un sache.
C’est là, que réside l’espoir, si mince soit-il, de la pièce.

ALORS QUE J’ATTENDAIS de Mohamed Al Atlar – Mise en scène: Omar Abusaada
Ce spectacle créé le 21 mai 2016 au Kunsten Festival des Arts à Bruxelles est une pièce engagée.
La pièce : Arrêté à un check point à quelques kilomètres de Damas, un homme jeune, 30ans, est battu par des militaires et se trouve dans un coma profond.
Il entend le chagrin, les secrets, les déchirures, les silences et les espoirs de ses proches qui composent avec la guerre.
Si la pièce a le mérite de dépeindre le quotidien damascène, ses faiblesses dramaturgiques sont hélas évidentes. Le spectacle manque d’ampleur poétique.

tristesses

TRISTESSES
La Wallonne Anne-Cécile Vandalem a écrit, mis en scène et joue une pièce policière sur la montée de l’extrême-droite.
Comme le titre le laisse entendre, il n’y a pas qu’une seule tristesse, pas juste cette île où le politique change le cœur de chacun. Non, ce sont différents états de ce sentiment dévastateur, à l’ombre d’une jeunesse sacrifiée. Les humiliations du passé et du présent lui cèdent la place. Le cynisme s’efface devant l’émotion. Anne Cécile Vandalem cherche avec force à bousculer les consciences. Dans « Tristesses », elle joue une femme qui dirige le Parti du Réveil Populaire à Copenhague et se rend sur l’île où sa mère vient d’être retrouvée pendue.
Une île en plein déclin depuis la fermeture de ses abattoirs. Il reste huit habitants liés par un secret que Martha manipule…
La pièce mêle très intelligemment tous les genres: théâtre et cinéma. Les scènes qui se déroulent dans des maisons sont filmées et projetées sur un écran. On se croirait dans un film d’Aki Karismaki. Les pièces policières sont rares au théâtre. « Tristesses » en est une. Comédie, polar, film d’horreur, impressionnante. Essentiellement, parce que ces personnages incroyablement cruels sont paradoxalement très drôles.Son titre doit beaucoup à Gilles Deleuze pour qui « La tristesse, c’est « la diminution de la puissance d’agir ».
Le questionnement de la dramaturge est celui-ci: Comment faire pour l’empêcher dans le contexte de l’Europe d’aujourd’hui ? A.C.V. concrétise cette sensation, celle qui fait dire que l’extrême droite se nourrit de la misère qu’elle sème, répand et attise au sein des populations.
Ce thriller théâtral à partir d’une histoire vraie s’impose comme un réel coup de cœur. La destruction d’une communauté où la mort est vue comme l’apothéose de l’humiliation et de la culpabilité est glaçante. Les rapports extrêmes sont poussés à leur paroxysme et la pièce cruelle n’est cependant pas dépourvue d’humour.
« Tristesses » est une vraie réussite dramaturgique au goût de coup de maître qui marquera durablement cette 70° édition du Festival d’Avignon.
Deux heures de théâtre brillant, à l’humour froid, méchant et aux acteurs impeccables. La réalisation est formellement convaincante. A l’aide d’un dispositif musical et surtout vidéo; avec un beau travail sur la photographie, elle souligne la tragédie humaine qui se joue en individualisant le malaise collectif et en utilisant les gros plans comme un outil de direction des perversions.
A.C.V. est résolument une artiste à suivre dans les mois et les années à venir

KARAMAZOV - D apres les freres karamazov de Fiodor DOSTOIESKI - de JEAN BELLORINI - Mise en scène, scénographie et lumière : Jean BELLORINI - Traduction : André MARKOWICZ - Adaptation : Jean BELLORINI, Camille DE LA GUILLAUNNIERE - Costumes, accessoires : Macha MAKEIEFF - Musique : Jean BELLORINI, Michalis BOLIAKIS, Hugo SABLIC - Son : Sébastien TROUVE - Coiffures, maquillage : Cécile KRETSCHMAR - Assistanat à la mise en scène : Mélodie-Amy WALLET - Avec : Michalis BOLIAKIS - François DEBLOCK - Mathieu DELMONTE - Karyll ELGRICHI - Jean-Christophe FOLLY - Jules GARREAU - Camille DE LA GUILLONNIERE - Jacques HADJAJE - Blanche LELEU - Clara MAYER - Teddy MELIS - Marc PLAS - Geoffroy RONDEAU - Hugo SABLIC - Dans le cadre du 70eme festival d Avignon - Lieu : Carriere de Boulbon - Ville : Avignon - Le : 09 07 16 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE


KARAMAZOV

KARAMAZOV, d’après « Les frères Karamazov » de Dostoïevski – Mise en scène Jean Bellorini – Durée 5h30
Argument :
« On compare parfois la cruauté de l’homme à celle des fauves, c’est faire injure à ces derniers. » (Dostoïevski) Roman fleuve et spectacle au long cours par un metteur en scène talentueux d’un théâtre exigeant et populaire sachant conjuguer le terrible et le joyeux, adaptation réalisée avec Camille de la Guillonnière, acteur, intronisé commère, récitante sur scène.
« Les Frères Karamazov » est un roman à tiroirs, réunissant intrigue policière, histoires d’amour et exposés métaphysiques. Les personnages inoubliables, déchirés par leurs conflits intérieurs recherchent une vérité qui n’a rien à voir avec une quête de la raison.. Quatorze comédiens dont un enfant souffre-douleur de ses petits camarades, pour camper cette fresque dans l’espace grandiose de la Carrière de Boulbon.
Il y a des rails, des chariots, des cabines de verre, datcha ou prison. Elles matérialisent l’enfermement et en même temps, donnent tout à voir, par effet de loupe. Entouré de sa troupe de comédiens-musiciens-chanteurs, le dramaturge souhaite rendre toute la force poétique et lyrique de l’œuvre.
Dans le roman, l’auteur condense sa conception du monde autour de la nécessité du Bien et du Mal. Dostoïevski pose la question de la nécessité de Dieu. Pourquoi invente-t-on Dieu: pour tenir debout et donner un sens à tout?
C’est l’obsession de Bellorini qui pense que l’homme croit par essence. Sa question est: « -Pourquoi a-t-il besoin de s’inventer ces figures pour se façonner? »
Le spectacle s’ouvre sur un magnifique chant russe en sourdine qui introduit d’emblée une notion de sacré. Il y a les fils légitimes, brillants de passion et de questions: Dimitri l’amoureux passionné, Ivan le philosophe, Aliocha le mystique. Face à eux, le bâtard, Smerdiakov, cynique et haineux, dégoûté par sa condition de domestique.
Au hasard de la vie, ces quatre frères se retrouvent dans la villa paternelle et se construisent tant bien que mal entre amour et abjection filiale. Les confrontations des frères à partir d’un enjeu financier concret génèrent une quête de la compréhension de l’autre et de soi.
Ils se heurtent à un père bouffon et jouisseur, face auquel aucune de leur ligne de vie ne tient. Le meurtre qui fait vriller le roman philosophique en roman policier met cette fratrie tourmentée face à la question de la responsabilité et de la culpabilité.
L’abandon de Dieu, le libre arbitre, les mécanismes de haine ordinaire sont questionnés. Pourquoi l’homme a-t-il besoin de s’inventer Dieu pour vivre et s’élever? Question plus que jamais prégnante. Jean Bellorini se dit fasciné par les questions et contradictions que l’auteur soulève.
Dans Karamazov, « il n’y a ni justice morale, ni justice divine, ni justice citoyenne. C’est un grand chaos ». Les personnages sont loin d’être des archétypes! Il est d’ailleurs troublant de penser que le roman devait être suivi par un second Opus où Aliocha revient en terroriste fanatique afin de renverser l’Empire. L’enquête policière est noyée dans la réflexion métaphysique. Les longs monologues où les personnages débattent à l’infini du péché, de la rédemption, de la morale, de l’injustice et de l’ordre du monde ont aujourd’hui du mal à passer la rampe.
Cependant je ne puis passer sous silence que ce spectacle se différencie de la sophistication géniale, mais sans émotion des « Damnés » dans la cour d’Honneur car il se joue sans écrans témoins, sans cinéma, à mains nues, face aux spectateurs: formidable spectacle prolétaire.

SPECTACLES du Off
MA FOLLE OTARIE. Texte -Mise en scène – chansons: Pierre Notte, avec Brice Hillairet
Épopée en forme de monologue: exercice statique difficile déjoué par la véritable aventure dite par un seul comédien dans l’espace réduit d’un appartement, entouré de spectateurs à l’imaginaire prêt à s’envoler pour plusieurs raisons:
Originalité de l’histoire, finesse du propos, humour pince-sans-rire, personnalité du comédien.
Une heure dix de bonheur.
L’histoire n’est pas banale. « Ma folle otarie » dresse le portrait d’un homme ordinaire transparent qui n’a jamais rien vécu dont soudain les fesses vont tripler de volume. Je vous laisse imaginer toutes les situations de la vie courante auxquelles il va être confronté et incompris. Alors que jusqu’alors il n’avait jamais ni accepté ni refusé quelque chose, qu’il n’avait jamais connu l’indignation, ni la révolte, ni l’enthousiasme, ni la passion, un homme en deuil de sa propre vie, sans comprendre, sans savoir: il fuira la ville, le monde et rencontrera au milieu de l’océan une otarie qui le sauvera peut-être de sa situation mais pas que…
Récit cocasse, au rythme soutenu. « Ma folle otarie » est donc cette épopée fantastique, cette folie douce. Récit monstrueux à la fois très tendre et malicieux, plein de charme et de poésie.
C’est un conte. -façon Topor -admirablement servi par la richesse interprétative de ce grand comédien, délicat et remarquable par la candeur qu’il dégage.
« -Le salut, c’est toujours l’autre, fut-il une otarie… » Pierre Notte

evita

EVITA, AMOUR, GLOIRE,ETC… de Stephan Druet, avec Sébastien Galcota
Eva Duarte quitte sa province natale et arrive à Buenos Aires.
Avant de devenir Eva Perón, elle sera comédienne à la radio puis au cinéma et gravira les marches du succès après avoir rencontré plusieurs hommes dont Juan Perón. Vient sa vie de femme publique, de femme politique, de femme à part entière, jusqu’à sa mort précoce. Adulée par certains, haïe par d’autres, aujourd’hui encore Eva Perón (1919 -1952) divise les Argentins.
Qui était-elle en fait ? Pour essayer de le comprendre, Stephan Druet imagine les propos du coiffeur et confident d’Eva. Femme fascinante jusque dans ses contradictions. La maladie, la mort sont révélées avec une qualité d’écriture indéniable.
Le texte est souvent drôle, parfois grave, toujours riche et original.
C’est éblouissant. Dans une immense et magnifique robe blanche (créée par Franck Sorbier) , chignon blond tiré au cordeau, maquillage raffiné Sébastian Galcota , artiste argentin, réalise une performance remarquable: le comédien ne bouge pas. Seuls le visage, le regard, les mains, les bras peuvent jouer.
La robe monumentale, la robe sculpture, illumine la pièce et recevra au cours du spectacle les projections des évènements argentins. Je n’oublierai pas, vous l’avez saisi, cette robe mais aussi la voix de ce comédien qui n’en est pas à sa première composition féminine! Avec lui on oublie totalement le masculin, on n’entend à aucun moment un homme contrefaire le timbre d’ne femme. Il ne joue pas Eva Perón: il est Eva Peron

LES TROIS SŒURS d’Anton Tchekhov. Joué et mis en scène par la  Cie Hayal Perdesi
La compagnie Hayal Perdes a été fondée par la comédienne Selin Iscan en 2013 dans le but de créer un espace alternatif pour la création contemporaine turque et internationale. La compagnie est dotée de sa propre scène de théâtre située à Taksim, dans le cœur d’Istanbul.
« Les trois sœurs » est la dernière production de la compagnie,; (La première a eu lieu à Istanbul en Mai 2016.)
C’est une lecture ô combien contemporaine d’un des grands classiques du théâtre.: Trois filles bloquées à la frontière. Elles attendent de quitter L’Est pour l’Ouest dans l’espoir d’une vie meilleure. Trois actrices qui rêvent d’aller à Berlin pour y jouer « Les trois sœurs ». En attendant, là, à la frontière, elles se mettent à interpréter des extraits de la pièce de Tchékhov…
La maestria des actrices et la foi en leur création ont établi une pièce pour laquelle j’ai été frustrée de n’avoir que les sur titrages car les propos en turc des comédiennes ne laissaient passer que la souffrance, le manque, aujourd’hui toujours d’actualité, les mêmes que ceux exprimés dans la pièce. Les réfugiés qui arrivent en Europe ne s’expriment-ils pas au travers des personnages de Tchekhov, en partageant avec eux leurs mots remplis d’angoisse, de fragilité et de rêves?

D'UN RETOURNEMENT L'AUTRE

D’UN RETOURNEMENT L’AUTRE, de Frédéric Lordon, Cie « Ultima chamada »
En quatre actes, dix scènes et en alexandrins, cette farce pétillante pertinente, à la précision jubilatoire est très jouissive.
Avec un humour féroce, est évoqué l’enchaînement des faits qui ont plongé la France dans la CRISE : puissants ressorts de la magnifique histoire d’amour entre le monde de la finance et la sphère politique.
Création très originale avec sept comédiens, une chanteuse lyrique Carlita             – non plutôt Carla Bruni, en potiche plante verte!… et son alter égo, le Président de la République qui ne joue pas Sarko: -il est Sarko! (belle performance! Bravo…) et un piano, portent à la scène la virtuosité, l’intelligence, l’humour du texte de l’économiste Frédéric Lordon.
Celui-ci, lors de trois émissions avec Daniel Mermet, sur France Inter, avait rapporté que le fameux « On ne peut rien contre ce système mondialisé » était un formidable mensonge fabriqué par une partie des classes dirigeantes pour s’accaparer la richesse.
Le texte, qu’a écrit ensuite Lordon pour la scène, rend compte de l’art de rendre les agences de notation, la dette souveraine et les mécanismes de crédit aussi simples qu’un jeu d’enfant!
Tous les comédiens, très bons lecteurs, donnent vie à ce texte: c’est un acte militant qui a fait suite à des réunions dont le thème était: la place de la Société Civile dans l’élection présidentielle à venir .
Contribution dans le plaisir de l’intelligence pour mieux saisir cette économie aux ordres de la finance mondiale dont les actuels soubresauts ont des répercutions multiples sur l’existence des uns et des autres.

Sanary sous les étoiles
Michaël JONES : « Ça fait 44 ans que je m’amuse ! »

B

Rencontrer Michaël Jones est un réel plaisir car, à l’inverses de ces jeunes « stars qui se la pêtent », Michaël est d’une gentillesse extrême, d’une simplicité désarmante et d’une grande disponibilité. Avec lui, une interview prend tout de suite la couleur d’une amicale conversation et il n’y a pas d’heure réglementaire pour terminer l’entretien… Quel plaisir !
Plaisir également de ce concert qu’il nous a donné sous les étoiles car, en plus d’être un beau chanteur, il est un guitariste hors pair qui prend un plaisir extrême à jouer de ses instruments qu’il change après presque chaque chanson. Des pointures l’accompagnent dans une osmose et une euphorie totales car Michaël, ce n’est pas un chanteur accompagné par trois musiciens, c’est un vrai concert collégial qu’il nous offre où chacun a sa partition musique-chant à jouer en toute complicité, tout comme au bon vieux temps du trio Goldman-Fréderick-Jones… Que de souvenirs, d’ailleurs, égrène-t-il avec toutes ces chansons qu’il a composées avec JJG et que le public, venu nombreux, reprend avec lui dans une ambiance de folie.
Après la balance, nous nous installons confortablement pour presque une heure d’amicale conversation.

A

Michaël, comment un Gallois devient-il une star de la chanson française ?
Star ? … oublions ce mot.
Ca s’est passé par accident. Ma maman était française et nous venions voir sa famille en vacances. J’ai rencontré des musiciens avec qui j’ai commencé à m’amuser, avec qui je me suis entendu… Et je suis resté ! Et voilà 44 ans que je m’amuse et que je suis heureux car vivre de sa passion, c’est exceptionnel.
Au Pays de Galles, jouais-tu déjà ?
Oui, j’ai joué avec quelques groupes mais juste pour le plaisir car au départ je n’étais pas destiné à la musique. Pour moi, la musique était simplement un plaisir et il n’était pas concevable que j’en fasse un métier, même pour gagner de l’argent.
A quoi te destinais-tu ?
La musique, comme Obelix, je suis tombé dedans très jeune. C’est ma potion magique. Mais j’ai passé un diplôme d’ingénieur de la médecine du sport. Mon ambition était de faire de l’assistance sur des rallyes… Tu vois, on était loin de la musique, même si je ne l’ai jamais quittée. Jusqu’au jour où il y a eu le déclic et je me suis dit que peut-être, mon avenir était dans la musique.

C D
F E

Et te voilà donc dans le groupe Thaï Phong où tu rencontre Jean-Jacques Goldman.
C’était en 71 mais la rencontre alors a été très brève puisque je venais le remplacer dans le groupe. Il se lançait alors dans une carrière solo. C’est lors de l’enregistrement du troisième album que, grâce à Jean Maresco, nous nous sommes mieux connus et il s’est alors passé quelque chose entre nous. On a commencé à travailler ensemble.
Comment s’est formé le trio ?
Au cours de la seconde tournée que nous avons faite ensemble, il y avait une chanson intitulée « America, long is the road » où l’on avait besoin d’une voix gospel. Jean-Jacques avait Carole Fredericks comme choriste. Elle avait une voix et un talent exceptionnels. Je lui ai conseillé de la prendre. De là, il a eu envie de créer un groupe avec une voix de fille… La fille était toute trouvée !
(Il chante d’ailleurs sur scène une chanson n hommage à Crole « Souviens-toi » et l’on entend sa voix avec beaucoup d’émotion)
Lorsque le groupe s’est arrêté, ne t’es-tu pas senti un peu seul sur scène ?
Non, ça n’a jamais été le cas car jamais je n’ai été et voulu être un chanteur accompagné de musiciens. J’ai toujours voulu que ce soit un groupe. Avec Christophe Bosch et Jacky Mascarel on se connaît depuis trente ans et l’aventure continue donc en groupe… sinon je ne serais pas Gallois !
Tu as écrit quelques musiques de films. C’est une autre façon de faire de la musique, non ?
Pas vraiment, il suffit d’être inspiré par des images et que ça tourne avec. Au début d’ailleurs, j’ai fait des musiques pour des films d’entreprises puis pour des concours hippiques. Le challenge était d’écrire de la musique à partir des bruits de sabots des chevaux… Ça a été une belle expérience.

G

Le fais-tu toujours ?
Je l’ai un peu fait comme « L’union sacrée » d’Arcady ou « Pacific Palissades » de Bernard Schmitt, mais aujourd’hui je n’ai plus le temps. Je me contente de faire des chansons, pour moi. J’ai même arrêté de faire des disques. Je préfère faire des projets, de me lancer dans des aventures.
Par exemple ?
Par exemple lorsque je suis invité par Jean-Félix Lalane sur la nuit « Autour de la guitare » et que je me retrouve sur scène avec plein de guitaristes comme Dan Ar Braz, Axel Bauer, Paul Person, Ron Tal, le guitariste de « Gun and Roses » ou encore John Jorgenssen qui, malgré un nom suédois est un guitariste de Country magnifique…
Tu t’es même produit avec une harpiste…
Ça aussi, ça a été une belle aventure que ce duo harpe-guitare avec Caroline Bonhomme, autour de mes chansons adaptées en acoustique dans le style des musiques celtiques. Nous avons aussi fait de belles reprises des chansons des Beatles. Tu vois, j’essaie de faire des choses hors du commun.
Que penses-tu de la chansons française aujourd’hui ?
(Il réfléchit un moment). Je crois que je suis en décalage avec les chanteurs d’aujourd’hui. Peut-être suis-je trop vieux. Je me sens beaucoup plus proche des groupes anglo-saxons. J’ai beaucoup de mal avec l’électro, peut-être encore parce que je suis guitariste avant tout. Par contre, même si ce n’est pas ma musique de prédilection, j’aime ce que fait Stromaé.
Comme je l’ai demandé à Liane Foly, comment vois-tu l’avenir des Enfoirés, suite au départ de Jean-Jacques Goldman ?
D’abord, je pense que Jean-Jacques n’aurait pas pris cette décision s’il n’avait pas été assuré qu’une équipe assurerait le relais. Il y a d’abord et toujours Anne Marcassus qui est le cœur de l’équipe. Et puis il y a déjà des gens comme Bénabar, Mimie Mathy qui s’investissent beaucoup et le nouveau venu Michaël Youn qui est venu avec des projets clés en main, qui a proposé des choses qu’il a créées et qu’il a financées. Et Dieu sait qu’il est inventif. C’est vrai que ce genre d’événement prend beaucoup de temps. Mais je pense que certains le prendront.
On a commencé avec le Pays de Galles, on va terminer avec : y retournes-tu pour des concerts ? Y vis-tu une partie de ton temps ?
Non, je vis ici dans l Midi. Je suis resté six ans à St Maximin. Je n’y vais que pour aller visiter la tombe de mes parents ou pour faire visiter ce beau pays à des amis. Pays que j’aime mais dont je n’ai pas la nostalgie. Ma vie est en France. Et si je suis farouchement pour garder l’Histoire et le souvenir, je ne suis jamais nostalgique du passé. Je tourne les pages et j’avance.

H

Propos recueillis par Jacques Brachet

Liane FOLY, notre belle crooneuse

A

Liane Foly, nous l’avions connue chanteuse, puis imitatrice, puis comédienne, au théâtre, au cinéma, à la télévision.
Aujourd’hui elle nous revient chanteuse. Mais pas n’importe laquelle : crooneuse.
Nous connaissions les crooners, qu’ils soient français ou américains mais à ce jour, nous ne connaissions aucune crooneuse. Aurait-elle inventé le mot ?

Elle rit à cette question :
« En fait, je n’en suis pas sûre et j’avoue que je ne me suis pas posé la question mais pour moi, ça coulait de source. Aujourd’hui on dit bien auteure, professeure… pourquoi pas crooneuse ? »

En tous cas, à l’hippodrome d’Hyères, elle nous a prouvé que ça existait en nous offrant un récital on ne peut plus musical et jazzy, accompagnée de six musiciens remarquables avec qui l’on sent la totale complicité.
Très classe, en costume-cravate dans des lumières magiques, elle nous a prouvé qu’elle était une vrai entertaineuse (et celui-là, il existe ?) nous offrant mêlés, les titres de son nouvel album éponyme, ses succès incontournables et quelques standards américains, parfaitement interprétés dans la langue de Sinatra. Un feu d’artifice musical auquel le public, venu très nombreux, a applaudi à tout rompre.

B C

Rencontre
 » Liane, raconte-nous la genèse de ce dernier opus…
C’était d’abord l’envie de revenir sur scène en tant que chanteuse, après mes trois parenthèse d’imitatrice et de comédienne de théâtre avec « Jamais deux sans trois ». Mais j’avais envie d’y revenir par le jazz avec de grands succès français, remaniées jazzy. J’en ai parlé à mon directeur artistique Philippe Russo qui m’a aussitôt dit : « J’ai la personne qu’il te faut ». Et Franck Eulry est entré dans ma vie musicale. Ca a tout de suite fonctionné entre nous, nous nous sommes trouvés plein de points communs, nous avons les mêmes goûts musicaux et il a tout de suite compris que ce disque amènerait la scène.
Le choix des chansons était infini. Comment l’as-tu fait ?
Très facilement en définitive, avec des chansons que j’aime depuis longtemps et quelques propositions que m’a faites Franck auxquelles je n’aurais pas pensé, afin de créer la surprise, comme « C’est extra », « J’aime regarder les filles… », pour la plupart d’ailleurs, des chansons d’hommes.
Avec Franck, comment cela s’est-il passé ?
Merveilleusement. Je peux dire qu’il a été une heureuse rencontre dans ma vie artistique. L’enregistrement a été joyeux, très satisfaisant et je pense qu’on ne va pas se quitter de sitôt !Tu avais abandonné la scène depuis pas mal de tant en tant que chanteuse. As-tu tout de suite retrouvé tes repères ?
Tu sais, chanter, jouer, imiter, ce sont des disciplines, des exercices très proches puisque tout se joue sur la voix. Ca a donc été sans difficulté pour moi. D’autant que, je peux l’avouer, la chanson me manquait. Je me retrouve en plus avec des musiciens qui sont des pointures en jazz et avec qui la complicité est totale. Je pense que le public s’en rend compte.
Michel Legrand a beaucoup compté pour toi. N’as-tu pas eu l’idée ou l’envie de faire appel à lui ?
C’est vrai que c’est un ami mais il vit sa propre vie avec ses propres musiques. Il m’avait d’ailleurs proposé de collaborer à son album de duos. Mais c’était trop proche de la sortie de mon propre disque et ma maison de disques n’était pas très chaude.
Comme c’est devenu la mode, tous les chanteurs font des reprises de leurs propres chansons ou de celles des autres, comme tu l’as fait. N’as-tu pas envie de nouvelles chansons ?
D’abord, ce sont nos maisons de disques qui nous incitent à le faire et puis, tu le sais, aujourd’hui, le métier du disque n’est pas des plus florissants. La tournée « Crooneuse » n’est pas prête de se terminer, après la France il y aura le Québec, l’Angleterre, les Etats-Unis. Alors, faire un nouveau disque n’est vraiment pas d’actualité. Je ne me projette pas dans l’avenir lointain.
Tu vas chanter aux Etats-Unis ?
Oui mais je l’ai déjà fait plusieurs fois, dans des salles, des grands hôtels. Ca ne se sait pas en France mais je le fais depuis longtemps.

D E

Alors, chanteuse, comédienne, imitatrice… Et puis quoi encore ???
(Rires) Rassure-toi, je ne vais pas me lancer dans la peinture ou la sculpture ! D’abord je me laisse aller aux propositions qui m’arrivent, aux désirs que peuvent éprouver des auteurs, des réalisateurs et, comme je te le disais, tout ce que je fais tourne autour de la voix. De plus, je n’ai pas de plan de carrière, je laisse venir les événements. J’ai la chance de pouvoir jouer sur plusieurs tableaux et je ne m’en prive pas.
A ce propos, tu viens de tourner avec Claude Lelouch !
Oui, nous venons de terminer le tournage de « Chacun sa vie » qui s’est déroulé en juillet à Beaune, où il a créé son atelier. Le film sortira certainement à la rentrée.
Qu’y joues-tu ?
Je suis… une chanteuse de jazz de province. Je me nomme Eugénie Flora, plus communément surnommée Nini… Et je suis blonde, afin qu’on ne confonde pas Nini et Liane ! J’y chante d’ailleurs quelques chansons de l’album « Crooneuse » et le générique du film*, une superbe chanson signée Francis Lai. Comme tous les films de Lelouch, il y un générique… de folie !. L’ambiance a été extraordinaire… Mais ne compte pas sur moi pour te raconter l’histoire… Avec Lelouch c’est toujours difficile !
Tu chantes entre autres « Toute la musique que j’aime »… devant Johnny qui est aussi de l’aventure ! Qu’a-t-il pensé de ta version ?
(Rires). Oui, c’était très drôle. Johnny est un ami de longue date et il a beaucoup aimé ma version.
Autre ami : Jean-Jacques Goldman qui quitte « Les enfoirés ». Toi qui y est depuis des années, comment vois-tu l’avenir de cette belle aventure ?
Il est évident que Jean-Jacques va nous manquer. C’est un grand artiste, une belle âme, un grand ami et c’est difficile de lui ire adieu… sur « Les enfoirés » s’entend ! Lui-même a dit que nul n’était irremplaçable et nous sommes nombreux autour de lui, chanteurs, techniciens, costumiers… Nous restons soudés et le plus important, c’est la cause pour laquelle nous faisons ça et qui doit donc continuer. Il restera certainement dans l’ombre, du moins pour la première année sans lui. Je suis à la fois triste et curieuse de savoir comment ça va s’organiser.
Pour le reste, aujourd’hui on ne sait pas grand chose mais il faut que ça continue.
Et le public va continuer à nous suivre ! »

F

Propos recueillis par Jacques Brachet

*Générique de « Chacun sa vie » : Jean Dujardin,, Elsa Zylberstein, Christophe Lambert, Johnny Hallyday, Liane Foly, Thomas Dutronc, Mathilde Seigner, Antoine Duléry, Vincent Perez, Julie Ferrier, Gérard Darmon, Audrey Dana, Déborah François, Béatrice Dalle, Francis Huster, Philippe Lellouche, Vanessa Demouy, Michel Leeb, Jean-Marie Bigard, Rufus, Nadia Farès…

Carqueiranne – Festival In Situ
Un Guitry dans le vent – Un Huster magnifique

D A
C B

Atmosphère bon enfant avec cette compagnie qui débarque au Fort de la Bayarde pour jouer « un Guitry ». Un peu inquiète tout de même car le vent souffle fort et l’on sait que les comédiens n’aiment pas beaucoup ça même si c’est souvent de circonstance lorsqu’on joue en plein air. Mais déjà, ils sont conquis par le site, même si Eole n’aura pas la délicatesse de s’arrêter pendant la représentation.
Le Guitry en question est « Une folie » et porte bien son nom. Mis en scène par Francis Huster, parrain de ce festival qui, deux jours plus tard sera sur cette même scène, il est porté par de beaux comédiens : Olivier Lejeune qui retrouve le site avec joie, Manuel Gélin (fils de Daniel), Lola Dewaere (fille de Patrick), Marianne Giraud, Alice Carel qui, elle aussi est venue avec Huster jouer Lorenzaccio dans le rôle titre. Eh oui, on se souvient que lorsque Musset a écrit cette pièce, Lorenzaccio fut interprété par une femme. Mais on se souvient plutôt de la création de Gérard Philipe. Huster avait voulu reprendre la tradition.

E H
F G

Qui dit Guitry dit humour, dit couchage, dit trio et c’est ce qu’on a pu voir avec l’originalité du maître génial puisque un psychiatre va recevoir séparément un couple dont chacun reproche les mêmes choses à l’autre : d’avoir un amant et une maîtresse, d’être suivi par un détective, de ne plus supporter son caractère… et de vouloir divorcer.
A l’époque où Guitry écrit la pièce, le divorce est loin d’être dans les mœurs même s’il en aura lui-même plusieurs fois usé !
Et il prouve donc dans cette pièce qu’il est bon de pouvoir se marier pour pouvoir se tromper et pouvoir divorcer. Tout simplement !
On ne peut pas dire que ce soit terriblement moral mais c’est terriblement drôle même si c’est quelquefois terriblement bavard.. Mais le texte est ciselé et surtout servi par de superbes comédiens qui ont eu la force de jouer avec le vent dont ils ont fait un partenaire, ce qui est très fort.
Si le fort affichait complet, le public quelque peu transi a chaleureusement applaudi la performance des artistes qui ont joué sous l’égide de Molière, le maître à tous, dont le buste chancela sur la table mais resta stoïque et les protégea.
On dira ce qu’on veut mais Guitry, ça reste furieusement moderne et nos comédiens furent parfaits.

L

Huster le magnifique
Et le parrain est arrivé… Francis Huster est aujourd’hui chez lui dans ce théâtre et ce festival et nous en montre, dès son arrivée, un flagrant exemple :
« Tu vois, j’ai les mains dans les poches… Et quand on est chez soi on a cette attitude… »
Ça vaut ce que ça vaut mais dit par Huster, ça a valeur de vérité !
Heureux de retrouver l’ami de quelques décennies, le repas, avec son équipe dont Steve Suissa, son ami et metteur en scène, c’est un moment de charme, de rires et l’on écoute l’intarissable Huster parlant sur le métier, les comédiens qu’il adore et fait de temps en temps des apartés inattendus comme : « Tu te rends compte, celui qui a trouvé que la terre était ronde et comment le faire comprendre aux gens ? » Ou encore, alignant sept prunes représentant les notes de musique : « Imagine le mec qui a créé six sons avec lesquels on écrit des milliers de musiques ! ».
Voilà, c’est Huster le magnifique comédien que l’on aime tout autant que l’homme qui est chaleureux, volubile et fidèle en amitié.
On l’écoute, on rit, on est surpris par les quelques projets de films ou de pièces de théâtre qu’il imagine en un seul repas, sous les regards de Steve qui, habitué du fait, reste souvent stoïque et prenant du recul avec ses idées baroques ou drôles mais toujours intéressantes.
Durant deux soirs à guichets fermés, Francis a joué, tout seul comme un grand et mis en scène par Steve, « Amok » de Stefan Zweig, pièce difficile et tragique s’il en est ,qu’aucun comédien ne pourrait à ce point interpréter, le regard halluciné, le texte arrivant par saccades, faisant monter une tension palpable par le silence et l’écoute de la salle.

I

K J

Un homme rencontre un médecin sur un bateau les ramenant de Malaisie vers l’Europe. L’inconnu va lui raconter sa tragique histoire d’une rencontre avec femme mariée qui vient se faire avorter de son amant, ce qu’il refuse. Ayant des regrets, il se met à sa recherche et la retrouvera trop tard, baignant dans son sang, s’étant faite avorter, l’opération ayant tourné au tragique. Afin de ne pas être confronté au mari et à l’amant, il emporte le cercueil et après avoir narré son histoire, il se jettera à l’eau avec celui-ci.
Texte dur, histoire poignante dans laquelle Francis fait passer une émotion intense avec maestria.
Durant le repas, il me parlera de ses mois à venir qui sont toujours très chargés, l’ami étant un boulimique de travail. Il vient de terminer « Chacun sa vie », le film que Claude Lelouch vient de terminer à Beaune avec une pléiade de comédiens dont lui, qui interprète un avocat :
« Qu’on ne me dise pas que Lelouch improvise : j’ai dû apprendre par cœur ma plaidoirie pour un plan séquence de vingt minutes ! Ca n’est pas vraiment de l’improvisation ! »
Et puis, dès son retour à Paris, il attaquera les répétitions de la nouvelle pièce de Laurent Ruquier « A droite, à gauche », mise en scène évidemment par Steve Suissa, dans laquelle il partage la vedette avec Régis Laspalès, au Théâtre Antoine.

M N

« Le sujet aborde le fait d’âtre de droite ou de gauche. Qu’est-ce qui fait qu’on choisit un bord ou l’autre ? Peut-on être riche, célèbre et de gauche ? Peut-on être ouvrier et voter à droite ? Y a-t-il en fait une différence entre l’un et l’autre ? C’est une confrontation entre deux personnages, deux idées ».
Francis et Steve ont donc clos ce beau festival avec panache et déjà, ils pensent à ce qu’ils proposeront pour celui de 2017…
D’autres belles soirées en perspective !

Jacques Brachet

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Sanary, sous les étoiles
Alice DONA : La chanteuse a toujours 20 ans

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Quel plaisir de retrouve une fois de plus l’amie Alice dans ce lieu ensoleillé et chaleureux qu’est « Sanary sous les étoiles » !
Avec Alice, ce sont 40 ans de souvenirs heureux placés sous le signe de la complicité, des rires, de l’humour… C’était l’époque où l’on pouvait rencontrer les artistes en toute simplicité, sans devoir passer des barrages qui sont aujourd’hui de mise avec les soit-disant stars de la chanson.
Première tournée avec Lama… Ce n’était pas triste… et ça continue de ne pas être triste.
En attendant les étoiles, c’est sous le soleil que, consciencieusement, Alice répète et répète encore car pour jouer en plein air, il faut faire avec les éléments et c’est quelquefois compliqué. Là, ces derniers seront avec elle : pas trop de chaleur, pas de vent… soirée idéale… si ce n’est le manège d’à côté qui laisse filtrer ses flonflons entre deux chansons.
Alice chante et, par chansons interposées, raconte sa vie d’artiste qui a commencé au Petit Conservatoire de la Chanson avec Mireille, puis ses rencontres avec Brassens, avec Lama, avec Reggiani, avec Bécaud et beaucoup d’autres car, pour qui n’a-t-elle pas composé avec la complicité de Lemesle, Lama, Delanoé et quelques autres…
Elle joue du piano à merveille, est aussi complice avec ses musiciens qu’avec le public avec qui elle égrène ses souvenirs.
C’est donc un florilège de la vraie, de la belle, de la grande chanson française qu’elle nous offre avec des clins d’œil à tous ces gens avec qui ou pour qui elle a composé de si belles chansons avec bien sûr en point d’orgue, le célébrissime « Je suis malade » que tout le monde a repris avec elle.
Elle a aussi chaleureusement remercié la ville de Sanary ainsi que Serge Loigne, l’organisateur de ces belles nuits sous les étoiles et le président de Sanary Animation Noël Lebreton pour avoir eu le courage de maintenir ces spectacles malgré les dramatiques événements de ces derniers mois.

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Comme à chaque fois qu’elle passe dans les parages, elle retrouve famille et amis, amis qu’elle s’est souvent faits alors q’elle vivait en partie dans le Var et lui sont restés fidèles même si elle a aujourd’hui préféré les Alpilles pour se retrouver au frais !
Et enfin, jolie surprise qu’on attendait depuis longtemps, à la rentrée elle nous offrira un nouveau disque avec de nouvelles chansons qu’elle a écrites avec quelques beaux noms – et pas les moindres ! – où qu’ils lui ont offertes.
« Bien sûr, j’ai retrouvé mon complice de toujours avec qui nous avons commis pas mal de chansons, Serge Lama. Charles Aznavour m’a fait l’honneur de m’offrir deux chansons et même Pierre Palmade qui, de temps en temps, peut devenir sérieux et qui écrit fort bien. Et puis, comme j’aime aider les jeunes artistes en devenir, j’ai accepté une chanson d’un certain… Jean-Jacques Goldman !!! Et je n’en suis pas peu fière ».
Elle m’avait aussi parlé d’une collaboration avec Catherine Lara qu’elle avait rencontrée sur les tournées « Age Tendre » mais il semble que ça n’ait pas eu de suite. Dommage.
Durant ces discussion avec tous ses amis, le public fidèle n’avait pas lâché prise et e’est avec plaisir, patience et gentillesse qu’elle signa disques et photos et se plia aux désormais traditionnels selfies !
Merci Alice, une fois de plus, tu as laissé passer la chanson, « la » chanson française que l’on aime et qui continue à vivre grâce à toi et tes complices.

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Jacques Brachet

Elie Semoun retrouve l’élève Ducobu

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L’on se souvient de ces deux films de Philippe de Chauveron, mettant en scène l’élève Ducobu, petit garçon rondouillard et malin, dont François Viette fut le héros du deuxième volet « Les vacances de Ducobu ».
Natif de la Seyne-sur-mer, François est aujourd’hui un grand garçon, étudiant, qui après un stage à UGC, travaille aujourd’hui au cinéma Six N’Etoiles de Six-Fours mais avec toujours la grande envie de poursuivre cette carrière d’acteur qu’il avait continuée avec Jean-Pierre Mocky.
Resté ami avec celui qui était dans le film son professeur, Elie Semoun, alias Pr Latouche, il a demandé au comédien de venir faire halte à Six-Fours alors qu’il est en pleine tournée avec son one man show « A partager ». Il a été tout de suite d’accord et est donc venu ce 4 août au Six N’Etoiles, partager ses souvenirs de tournage de ce film avec son élève préféré… et remplissant encore deux salles du cinéma, quatre ans après !
Il nous a accordé un moment d’entretien à l’hôtel Rives d’Or de la Seyne et c’est toujours cet artiste gentil, qui semble toujours s’excuser d’être là que l’on rencontre.
Patient et bien élevé alors qu’une journaliste tentait de monopoliser l’entretien, c’est avec cette même gentillesse qu’avec François Viette ils ont évoqué quelques souvenirs.

« Je garde – nous dit-il – de jolis souvenirs de tournage. Ca a été une vraie fête et je me sentais comme en colonie de vacances. Je dois dire que tout jeune j’étais déjà un petit déconneur et j’ai toujours fait rire mes camarades. Je le suis toujours d’ailleurs… à tel point que sur le tournage, Philippe de Chauveron, le réalisateur, avait mis quelqu’un pour me gérer tant je déconnais avec les enfants !

Et toi, François, quels souvenirs gardes-tu de ce tournage ?
Pour moi c’était à la fois merveilleux et difficile. C’était mon premier tournage, le trac se mêlait au plaisir mais c’était aussi très fatigant. Le soir, on devait me porter pour aller me coucher car je m’endormais d’épuisement.
– Je l’ai même vu pleurer – ajoute Elie – car c’est vrai, si Philippe est un grand réalisateur, il est aussi très exigeant, ce qui n’est pas un défaut, et lorsqu’on travaille avec des enfants, il faut beaucoup de rigueur. Et il lui en fallait, même avec les adultes.

B C

Aujourd’hui, Elie, vous êtes multiple : vous écrivez, vous jouez au théâtre, au cinéma, à la télé, vous faites des disques… Et tout marche ! Heureux ?
Evidemment que je suis heureux, surtout dans cette période difficile que nous vivons. Je suis surtout heureux de donner du plaisir aux gens avec de l’humour. Aujourd’hui, l’humour, faire rire, c’est pour moi une obligation car en faisant rire les gens, on les fait réfléchir. Le rôle de l’humour dans ce monde complexe est indispensable et il ne faut pas avoir peur de parler de ce qui se passe aujourd’hui que ce soit avec le djihad, l’homophobie, le racisme… Tout comme avant, au temps des rois, nous sommes des bouffons et nous sommes là pour désamorcer tous ces graves problèmes.

Vous faites des one man show, vous avez été deux sur scène, vous jouez au théâtre ave d’autres comédiens, tout comme au cinéma…. Que préférez-vous dans tout ça ?
Tout car j’aime varier les plaisirs et ce ne sont jamais les mêmes tracs, les mêmes joies, les mêmes satisfactions. Lorsqu’on est deux ou plusieurs, tout est à la fois multiplié et divisé.
Avec Dieudonné, il y avait une complicité fantastique, on se permettait tout, on inversait même nos répliques et nous avons eu des fous-rires incroyables. Seul, c’est tout à fait différent puisque la complicité ne vient qu’avec le public et il y a toujours un risque qu’elle ne se fasse pas ! Mais j’ai cette chance de ne rien calculer d’avance et de faire selon mes envies et les propositions qu’on peut me faire.
Le cinéma ?
Je vous avoue qu’en ce moment, je suis un peu en manque de cinéma, même si je suis heureux de traverser la France avec mon one man show.
Qu’est-ce qui vous en empêche ? Vous ne trouvez pas de scénario qui vous plaise ?
C’est pire que ça… c’est qu’on ne me propose rien !
Vous savez, dans ce métier, il y a des hauts et des bas, des moments où tout arrive, d’autres où on attend et c’est le cas en ce moment. Je ne me plains pas car je travaille beaucoup mais j’attends que viennent les propositions.
Vous ne pouvez pas écrire une histoire ?
Je ne sais pas faire ! Autant j’écris facilement des poèmes, des chansons, des sketches, c’est à dire des choses courtes, très concentrées, autant je ne sais pas écrire sur la longueur.
Et la chanson alors ?
Aujourd’hui, les chanteurs ne vivent plus de la vente de leurs disques, alors vous pensez, moi qui ne suis qu’un chanteur occasionnel ! C’est vrai, mes deux disques ont bien marché, grâce aussi à des gens comme Henri Salvador et Karen Ann avec qui j’ai travaillé. J’ai aussi fait la première partie de Laurent Voulzy à l’Olympia et ça a été quelque chose de très particulier… surtout pour le public qui m’avait vu quelques jours avant sur cette même scène pour mon one man show et qui me retrouvait comme chanteur. Ca a été une jolie expérience.
Vous écrivez toujours de la poésie ?
Oui, j’aime toujours ça et écrire des chansons c’est un peu ça. J’ai sortie deux recueils de poésie alors que j’avais 17/18 ans et j’ai toujours continué à écrire.
Et pour vos sketches ?
J’écris seul souvent mais j’aime aussi collaborer avec des gens comme Muriel Robin ou Franck Dubosc. Ce sont des moments de complicité.
Il y a aussi Gad Elmaleh ?
Je n’ai jamais écrit avec lui. Nous sommes très proches, très amis, mais il joue plutôt le rôle de conseiller.

A

Ce soir, vous revoilà après 4 ans avec Ducobu. Comment appréhendez-vous la soirée ?
Comme une récréation car ç a vraiment été un film de vacances et j’en ai de jolis souvenirs. Je dois dire que je n’ai plus vu le film depuis la sortie et je pense que je le reverrai avec plaisir.
Beaucoup de comédiens n’aiment pas se revoir sur l’écran. Et vous ?
Moi, je n’aime pas me revoir dans des reportages ou des interviewes car c’est moi. Mais dans un film, ce n’est pas moi, c’est un rôle que j’endosse et je ne vois que le personnage que je joue.
Alors, y aura-t-il un troisième Ducobu ?
Il en est question mais ce sera pour la télévision. Un producteur d’UGC est venu me le proposer et ça devrait se faire. Ca dépendra de l’audimat que fera « Les vacances de Ducobu » sur TF1 le 25 août.
Pourquoi la télé alors que les deux films ont bien marché ?
Alors ça… il faudra le demander au producteur ! J’avoue que moi aussi cela m’a surpris… Mais je vais vous donner ses coordonnées et si vous pouvez arranger ça !!! »

Evidemment, si se tourne ce troisième Ducobu, il y aura un troisième garçon pour l’incarner.
Et notre ami François Viette n’y sera pas, ce qu’il regrette tout en le comprenant.Il a grandi depuis et n’a plus l’âge du rôlee.
Dernière question pour ce jeune garçon toujours aussi gentil et timide.
« La suite pour toi ?
Le cinéma, c’est ma vie et j’aimerais bien continuer. Le théâtre non car je n’ai pas l’assurance d’Elie et je n’oserais jamais me montrer sur scène. J’aurais trop peur du bide !

Mais le cinéma… je suis prêt à continuer ! »
Avis aux producteurs !

E

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photo : Elie et François entourés de Noémie Dumas, directrice du Six N’Etoiles et de Dominique Ducasse, ajointe déléguée aux Affaires Culturelles.