Archives mensuelles : mai 2016

Théâtre Liberté – L’Egypte à Toulon

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Dans le cadre des Rendez-vous en Méditerranée le Théâtre Liberté propose : « L’Égypte à Toulon », en relation avec l’Hôtel des Arts, Châteauvallon, le Metaxu, le Cinéma Le Royal, le Conservatoire de Toulon Provence Méditerranée et la Maison de la Photographie.
Le théâtre Liberté poursuit sa politique d’ouverture initiée en 2014 avec les structures de TPM en proposant cette année un partage autour de l’Egypte. L’an prochain ce sera le Liban.
A l’Hôtel des Arts ce sera le danseur et chorégraphe égyptien Mohamed Fouad pour une performance qui « prend sa source dans le juste équilibre entre la solidité et la fragilité, secret de la survie. Tels des arbres, solides par le tronc et fragiles par les branches, Mohamed Fouad propose d’instaurer un dialogue intérieur et extérieur avec le public mais également l’espace, les lignes, les œuvres et l’architecture du centre d’art départemental. » Le samedi 14 mai à 18h30. Spectacle déjà présenté à Paris à Chaillot et à Marseille aux Friches de La Belle de Mai.
A Châteauvallon, Metaxu présentera Taxiphone, en rapport de ces taxiphones qui permettent aux exilés d’appeler leurs proches au pays laissé, une façon de faire un pont entre l’Égypte et la France. Chaque cabine proposera des vidéos, des œuvres lumineuses ou sonores. Il y aura aussi un parcours guidé les 20 et 21 mai, ainsi qu’une ballade urbaine le 18 mai à 21 h départ place du Globe.
Le cinéma Le Royal présentera le documentaire D’Anna Roussillon sur la révolution égyptienne « Je suis le peuple » le 10 mai à 19h30.
Le Conservatoire de Musique de TPM donnera un concert de musique arabo-andalouse le 12 mai à 19h15 au Théâtre Liberté sous la direction de Fouad Didi avec Avec Abderrazzak Barham, Myriam Benharroch, Malika Boumaza, Gilles El Baz, Claudine Herrero, Thierry Kriegel, Hassan Mahboub, Leïla Maiza Benhissen, Caroline Roulleau, Xavier Roulleau, Aziza Vanhoutte et Natalia Voronova. Avec des musiques qui tournent autour de l’Égypte : classique, Hawzi, Chaâbi et Melhoune.
Le théâtre Liberté les 12 et 13 mai à 20h présentera « Le Prince séquestré », texte et mise en scène de François Cervantes.
On pourra voir aussi le film de Hind Medded en continu dans le hall sur l’électro Chaâbi, et « Driving/Telling » des courts métrages de Margot Zanni, une traversée du Caire en taxi dans différents quartiers du Caire.

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Et dans le Thema « Des mots pour le dire », à l’image de ce qu’à fait Jean-Pierre Moulères pour Toulon (voir evasionmag du 8 avril 2016) un plan de cette immense ville du Caire de plus de 15 millions d’habitants avec des témoignages de Cairotes sur leur présent ; témoignages recueillis par Sondos Shabayek.
Le musée de la photographie, place du Globe, présente « Egyptomania », en rappelant que Napoléon Bonaparte était parti de Toulon pour son expédition en Egypte, avec des photos de Maxime Du Camp (1822-1894) prises entre 1849 et 1850 en compagnie de Gustave Flaubert, alors qu’on était aux balbutiements de la photographie. Photos émouvantes de l’Égypte antique. Et quelques photos des dessins sublimes de Pascal Coste (1787-1879) qui fut l’un des premiers à s’intéresser à l’architecture arabe.
Ces différents événements furent présentés par Pascale Boeglin-Rodier directrice adjointe du Liberté, Gérard Bouillaut pour l’Hôtel des Arts, Rémy Kartegnan pour la Maison de la photo, Nathalie Anton pour Châteauvallon, Régis Laugier pour TPM.
Voici donc un programme d’une grande richesse et d’une ample diversité pour découvrir, appréhender, ou mieux connaître ce grand pays qu’est l’Egypte en proie à ses immenses difficultés actuelles, pays qui a toujours fasciné la France et qui a un long passé commun avec notre pays.

Serge Baudot

Renseignements : (04 98 00 56 76) – www.theatre-liberte.fr

Bruno SALOMONE plus « euphorique » que jamais !

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Bruno Salomone, c’est « Nous C nous », « Brice de Nice », « Fais pas ci, fais pas ça »…
C’est donc un comédien classé dans les acteurs dits comiques ou humoristes.
Mais ce n’est pas que ça car il nous l’a déjà prouvé maintes fois et d’ailleurs, souvent, les comiques se révèlent d’excellents comédiens dramatiques… à condition que, le métier – et c’est une spécialité bien française ! – veuille bien ne pas se contenter de caser l’artiste dans le tiroir qui a fait son succès. On peut faire rire et savoir faire pleurer comme on peut être aussi bon à la télé qu’au ciné… La preuve : Bruno Salomone, qui nous a déjà bien fait rire et nous a tellement ému dans cette série qu’est « Le secret d’Elise ».
Et le voici de retour, seul sur scène et « euphorique ». Il passera par Toulon le mardi 31 mai à l’Oméga Live de Toulon.

« Euphorique – me confie Bruno – raconte l’histoire d’un enfant qui est né en riant. Rire est sa seule émotion possible, ce qui pour lui est un grand handicap, d’autant que son entourage n’est pas très sympa avec lui, le prenant pour un débile, un imbécile, un démon et certains, même, voulant faire des expérience sur lui. Il grandit donc ainsi, adoré ou détesté mais toujours inadapté.
Mais vous verrez, le public ne s’attend pas à ce qu’il va voir !
Vous avez écrit ce one man show avec Gabor Rassov. Qui est-il ?
C’est lui qui a écrit, avec Artus de Penguern « La clinique de l’amour », que nous étions venus présenter à Toulon. Sur le tournage, nous sommes devenus amis et nous avions envie de travailler ensemble et de faire un film. Le projet de film c’est en fait transformé en one man show.
Qui a fait quoi ?
J’avais déjà l’idée de départ, j’avais un peu démarré l’écriture mais je n’avais pas d’idée de construction. Je savais que je voulais raconter une histoire et que ce ne soit pas une succession de sketches. Il m’a donc aidé à faire cette construction et il a fait la mise en scène. J’aime bien que quelqu’un ait un regard extérieur.

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Fais pas ci, fais pas ça – Le secret d’Elise – Meurtre sur l’île de Ré

Il y a longtemps que vous ne vous êtes pas retrouvés seul sur scène !
13 ans exactement. Il se trouve que ma boîte a été rachetée par une production, ce qui a arrêté la période « one man ». Et puis, je commençais à avoir ma dose, je voulais faire autre chose. Aujourd’hui, c’est le contraire : j’ai beaucoup tourné, j’avais envie de me retrouver sur une scène, mais je n’avais pas envie de faire de la scène pour faire de la scène, ni pour de l’argent, je ne voulais pas faire de stand up car ce n’est pas mon truc. Je voulais qu’il y ait l’envie, l’impulsion, avoir des choses à dire et délirer.
Pour le délire, il y a eu l’époque « Nous C nous » qui a cartonné !
Vous savez qu’on m’en parle encore ! Ca a vraiment marqué les gens. Ca a été un moment magique – et je dirai même… euphorique ! – de notre jeunesse, de nos débuts à tous Dujardin-Collado-Joucla-Massot et moi. Je crois que nous avons vécu nos plus belles années. Nous en gardons comme un regard d’enfance. Et puis on est passé à autre chose.
Vous revoyez-vous, aimeriez-vous vous retrouver ?
Eh bien, ça vient de se faire sur le tournage de « Brice 3, je casse le 2 ! » où tous sont venus faire un petit rôle avec Jean et moi. Quant à nous retrouver sur une scène, pourquoi pas mais chacun est parti dans une direction et ça me paraît difficile. Mais tout est ouvert
Alors, parlons de ce « Brice 3″ alors qu’il n’y a pas eu de 2 ! Pourquoi ce titre ?
Tout simplement pour rigoler, pour faire le buzz car beaucoup se demandent où est passé le 2 ! Mais c’est dans la droite ligne de Brice, complètement déjanté ! Le film est au montage et le tournage s’est super bien passé. Le scénario est costaud, surprenant et encore plus fou que le premier… si c’est possible !
Autre carton : « Fais pas ci, fais pas ça » !
Oui et l’on tourne la saison 9 qui sera la dernière.
Pourquoi, alors que ça marche ?
Justement, pour partir avant de lasser les gens, sur un succès. Je crois qu’on a fait le tour de l’histoire et des personnages. Alors, avant l’épuisement total, on fait une fin. Une belle et surprenante fin dont je ne vous révèlerai rien. Mais on s’est bien amusé et l’on en gardera de beaux souvenirs.

025 - Copie - Copie

L’on vient de vous voir dans deux téléfilms, très différents : « Le secret d’Elise » dans un rôle très dramatique et « Meurtre sur l’île de Ré » où vous jouez un flic… Vous virez de bord !
Non, j’ai déjà joué des rôles dramatiques même s’il est vrai qu’on me propose plus de comédies. Mais vous savez, on ne choisit… que ce qu’on nous propose !
J’aime les deux à partir du moment où il y a une belle histoire et un beau rôle ! Ca reste du jeu, quel que soit le genre Mais j’ai adoré jouer, pour la première fois, un flic sérieux et le sujet du « Secret d’Elise » était un mélange de thriller, de fantastique, de drame, de comédie et c’est ce mélange des genres qui m’a plu.
Avec Elie Semoun, vous faites les voix d’une web-série, un film d’animation intitulé « Coquille ».
Oui et j’adore faire du doublage, j’en ai fait beaucoup. Ce qui est bien c’est qu’on n’est pas à l’écran et qu’on peut se lâcher dans ce genre de film. Et retrouver Elie Semoun, avec qui j’avais joué dans « Avalanche sharks », la saison 2 des Impitchables sur la chaîne Syfy, a été un réel plaisir.
On s’est bien amusé.
Donc votre actualité aujourd’hui c’est ce nouveau one man show ?
Oui, que j’ai débuté en Bretagne, il y aura d’autres dates avant Toulon et à la rentrée je le jouerai au Petit Montparnasse à Paris ».

Rendez-vous donc à Toulon le 31 mai pour découvrir ce spectacle qui devrait être… euphorique !

Propos recueillis par Jacques Brachet

Caroline VIGNEAUX.. coupable et acquittée !

A

Caroline Vigneaux est une avocate défroquée.
Ayant quité la robe qui sied à ce métier, elle l’a enlevée pour mieux la remettre et l’enlever sur scène… Vous suivez ?
Vous me direz, avocate, comédienne, ce sont deux métiers qui se rapprochent, ne serait-ce que par le fait que l’une défend un accusé, l’autre défend un texte et pour cela, il faut prendre des postures, jouer de sa voix et de sa persuasion.
Et cela, Caroline le fait bien, boule d’énergie sur scène, entre textes écrits et improvisation, elle prend le public dans ses filets et le garde jusqu’à la dernière minute avec elle.
Dans la vie, elle est pareille. Petit bout de femme on ne peut plus jolie, séduisante, souriante, on s’assied dans le bar du Théâtre Galli où elle joue le soir-même et l’interview devient vite une conversation pleine de chaleur et d’humour.

Caroline, comment, de la Sorbonne on se retrouve sur une scène ?

J’ai toujours voulu être avocate, je n’avais jamais fait de théâtre et je n’avais peut-être – je dis bien : peut-être – jamais eu de velléités d’en faire. J’ai participé à une soirée de l’Union des Jeune Avocats où chacun faisait des sketches. J’ai amusé tout le monde et ils m’ont demandé de les rejoindre. Et là… ça a fait tilt.
Je pense qu’enfouie, l’envie était là mais, venant d’un milieu catholique, le métier de comédienne n’était tout simplement pas évoqué, encore moins envisageable. Il fallait que je fasse « un vrai métier » !
A l’école, faisiez-vous rire vos copains ?
Oui, j’étais une gamine assez survoltée même si j’étais la première de la classe, ce qui était préférable car si j’étais 2ème c’était la fin du monde à la maison ! Mais certains profs n’en pouvaient plus de mon énergie. J’étais toujours la première à lever le doigts et les profs en avaient marre ! J’adorais dire les textes à l’église, car bien sûr, on allait à l’église !
Et puis mon grand père m’a un jour montré une cassette vidéo de Jacqueline Maillan et j’ai été épatée qu’une femme puisse faire rire autant de monde.
Alors ?
Alors j’ai un jour décidé de quitter la robe, au grand dam de mes parents qui ont vécu un tremblement de terre ! Je suis allée au cours Florent mais c’était très scolaire et j’avais le même âge que ma prof. J’ai commencé à écrire des textes, toujours pour faire rire mais aussi, étant très féministe, pour défendre les femmes.

C D

Justement, être femme, belle et ex avocate, est-ce que ça n’a pas posé de problème ?
Je n’ai pas ressenti de réticence ni quelque animosité à mon égard. Le plus difficile c’est de se faire connaître, qu’on soit une femme ou un homme. Du coup, j’ai décidé de gagner ma liberté, de ne pas attendre le désir des autres, je me suis auto-produite. J’en ai bavé, j’ai perdu beaucoup d’argent mais j’ai tenu le coup et ça a fini par marcher.
Durant ce temps, avez-vous pensé à tout lâcher et revenir au métier d’avocate ?
Jamais et je crois que jamais je ne reprendrai ce métier. Je ferai autre chose si ça ne marche pas. J’ai adoré être avocate mais pour moi, y revenir ce serait un constat d’échec. Etre comédienne est pour moi le plus beau métier du monde. Il me rend heureuse, même si c’est un métier souvent stressant car on sait que c’est toujours aléatoire et qu’il peut s’arrêter comme il est venu. J’ai toujours cette crainte que la salle soit vide, que le public ne rit pas. Mes deux soirées à l’Olympia devant une salle pleine, ça a été magique, ça m’a mis des étoiles dans les yeux. Je crois que ce sont les plus belles soirées que j’ai jamais vécues.
Quels sentiments éprouvez-vous devant le public ?
Un sentiment de bonheur extrême qui m’est devenu indispensable. Lorsque je ne joue pas, je suis en manque et j’ai un gros besoin de sentir qu’on m’aime. C’est après le spectacle que c’est difficile car, après avoir joué devant des centaines d’amis, on a une heure où il faut que redescende l’adrénaline et puis, tout retombe, on se retrouve seule dans une chambre d’hôtel et là, c’est l’angoisse absolue.
On n’a qu’une envie : être au lendemain pour se retrouver sur scène !
Qu’avez-vous, jusque là, connu de pire dans ce métier ?
Mon passage à « On ne demande qu’en rire »… où je n’ai pas ri du tout tant les critiques ont été méchantes. On m’a même dit que je ne ferais jamais ce métier… Comme quoi !
J’ai mis trois semaines à m’en remettre. Je suis restée cloîtrée chez moi sous la couette. Je ne voulais plus sortir. Et puis en fait, ça m’a boostée et je suis repartie de plus belle !

B

Aujourd’hui, voulez-vous varier les plaisirs en faisant du théâtre, du cinéma ?
Bien sûr ! Je viens d’ailleurs de tourner un film de Nicolas Benamou « A fond » avec José Garcia et André Dussolier et ça a été un moment magique, d’abord parce que je ne disais pas un texte de moi et puis parce que, partager avec d’autres acteurs c’est formidable. J’espère qu’on me proposera d’autres rôles, au cinéma comme au théâtre.
Vous pensez déjà au prochain spectacle ?
Ca commence même si c’est encore loin car je serai en juin et juillet au Palais des Glaces à Paris puis à nouveau en tournée jusqu’en décembre. J’ai déjà des idées en tête que je mets sur mon Iphone, j’écris des choses. J’empile jusqu’à ce que, petit à petit, tout s’imbrique pour faire un spectacle.
Alors, pas de regrets d’avoir quitté la robe ?
Non, même si, de temps en temps, j’en ai la nostalgie comme lorsque je vois deux ados se bécoter sur un banc et que je repense à mes 17 ans qui ne reviendront pas. Car c’est un beau métier, que j’aime encore. Mais la page est tournée.
Pas de regret non plus, d’être considérée comme « une comique » ?
Loin de là car c’est ce que j’ai toujours voulu faire ! Je n’ai pas de frustration de ne pas jouer les grands classique ou de faire pleurer. Faire rire, ça me va très bien !

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Et pour nous avoir tant fait rire, mesdames et messieurs les jurés, nous déclarons Caroline Vigneaux coupable… Et nous l’acquittons !

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Jacques Brachet et Yann Etesse