Archives mensuelles : juillet 2014

La déferlante Sylvie VARTAN à Bandol

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Aujourd’hui, à part quelques pseudo-stars dont on n’entendra plus parler d’ici deux, trois ans, qui peut se targuer d’avoir un public aussi survolté et fidèle que Sylvie Vartan ?
C’est vrai, à Bandol c’était un concert gratuit mais on a vu s’agglutiner les fans de la première heure (et ils n’ont pas 16 ans, eux !) dès dix-sept heures l’après-midi et « tanquer » jusqu’à 21h45 que leur star arrive. Si ce n’est pas de l’amour !!!!
Drôle de les entendre discuter entre eux, comme les fans de Tal, de Maé, des conversations genre : « Je l’ai vue à tel endroit, elle était avec son mari. Elle avait l’air fatigué »… Ou bien « Regarde c’est à tel endroit, on a fait des photos… elle était adorable »… Ou encore : « Elle est toujours aussi belle… quand j’étais jeune on disait que je lui ressemblais… » Et des tas d’autres réflexions, photos à l’appui : « C’était à Paris, là c’était à Nice… »
Bref, on se serait cru 50 ans en arrière au plus beau temps des yéyés !

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Par contre, la soirée faillit tourner à l’émeute car, alors que la mairie avait offert 300 places assises aux Bandolais, un ticket faisant foi… il vint plus de 600 invités car de petits malins avaient photocopié l’invitation !
Du coup les premiers rentrés purent s’asseoir, les retardataires (dont certains « vrais » invités !) restèrent derrière la barrière à hurler, à râler, à fulminer, puis enfin à enfoncer les barrières et arriver comme une marée humaine, sinon aux places assises du moins devant la scène.
Et pas de service d’ordre ou très peu !
Bref, la paix revenue, Sylvie bondissait sur scène, toujours aussi énergique, prenant en deux chansons son public en main avec en fond sonore des « Sylvie on t’aime » ou des mots en bulgare que je ne vous traduirai pas mais qui devaient être certainement des mots d’amour.

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Pour une fois, personne pour interdire les photos et ces milliers de fans ne se génèrent pas, se retrouvant en fin de concert devant la scène, au pied de leur idole ravie et émue.
Un tour de chant où Sylvie mêla les titres de son dernier album « A Nashville » avec ses succès qui furent acclamés de « La plus belle pour aller danser » à « Bye bye Leroy Brown » en passant par « Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ? », « Mister John B » repris sur son dernier album, « Petit rainbow », « L’amour c’est comme une cigarette », des reprises de rock’n roll et une jolie version français-anglais du tube international de Gilbert Bécaud « Je t’appartiens »avec ses trois beaux choristes.
Bref, le public était électrique tout comme elle qui, à soixante-dix ans (mais oui !) s’éclate sur scène tout comme au bon vieux temps du rock’n roll.  !
Après le spectacle nous devions nous rencontrer mais là encore, pas de sécurité autour de la scène. Du coup, nous n’eûmes que le temps de la voir descendre de scène alors que les musiciens jouaient encore et, emportée par son mari et son secrétaire, elle sauta dans la voiture et s’éloigna dans la nuit, au grand dam des centaines de fans qui, ne croyant pas à son départ, se « tanquèrent » encore, cette fois dans la nuit, en espérant l’apercevoir.

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Mais la belle était déjà loin et… le rendez-vous est donc reporté, promesse de Didier, son secrétaire. Quand ? l’avenir nous le dira car, après quelques semaines de vacances le film de Tonie Marschall « Tu veux ou tu veux pas ? » dans lequel elle joue auprès de Sophie Marceau et Patrick Bruel, sortira et avant une nouvelle scène, on la découvrira donc sur grand écran.
Alors Bye, Bye, Sylvie et à très vite

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

 

CARQUEIRANNE « IN SITU » :
Le retour des mousquetaires

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Ils avaient triomphé l’an dernier à ce même endroit, ici même « In Situ » dans ce beau fort de la Bayarde à Carqueiranne.
Qui ? Nos trois mousquetaires : Christian Vadim, Philippe Lellouche et David Brécourt. Et comme dans toute histoire des trois mousquetaires, ils sont quatre et la quatrième est le charme incarné : Vanessa Demouy.
Après les énormes succès de « Boire, fumer et conduire vite » et « Le jeu de la vérité 1 et 2″, les revoilà donc réunis, toujours par le même complice puisque tous ces succès sont signés Philippe Lellouche et que les quatre as sont devenus inséparables.
Il étaient donc en ouverture de la quinzième édition du festival « In Situ » de Carqueiranne avec « L’appel de Londres ».
Petite visite dans les coulisses, pour leur dire un petit bonjour avant le spectacle, où l’atmosphère est toujours à la détente, à la complicité, où ça rigole bien, d’autant qu’une fois de plus notre quatuor a fait mouche et que le succès est de nouveau à la clef.
D’ailleurs, le fort a affiché « complet » durant deux soirées.

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Alors, voici cette fois nos quatre Français expatriés à Londres pour des raisons diverses : Marianne (Vanessa Demouy) y a ouvert un restaurant français faute de n’avoir pu le faire en France à cause des banques qui ne prêtent qu’aux riches. Jean-Christophe (David Brécourt) est un trader qui, devenu très riche, est venu s’installer en Angleterre pour payer moins d’impôts. Charles (Dominique Lellouche) est devenu un grand avocat à Londres et François (Christian Vadim) est un écrivain qui attend le succès et qui a suivi sa copine Marianne.
A part François et Marianne, les deux autres se retrouvent par hasard un soir de 14 juillet, dans le restaurant de Marianne, histoire de commémorer cette fête typiquement française.
A partir de là, autour d’une table, ils vont parler des problèmes de la France pas si lointaine,  avant d’avouer que celle-ci leur manque et qu’il faudrait peut-être penser à la regagner. Tout va y passer : la politique, les médias, les banques, les magouilles, tous les sujets d’aujourd’hui qui minent les Français.

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C’est un peu un melting’pot de tous les sujets qui fâchent le Français en ce moment. Et c’est aussi un peu une série de lieux communs que l’on entend tous les jours à la télé. Avec de longues tirades sur nos politiques, tellement décevants, qu’ils soient de droite ou de gauche, , sur la différence entre riches et pauvres, sur le coût de la vie, bref, beaucoup de sujets bateaux qui alourdissent un peu cette pièce qui se veut comique mais aussi un constat de la France qui va mal. En fait, une pièce un peu hybride qui n’a pas les mêmes fulgurances, les mêmes ressorts des deux autres pièces inspirées qu’à écrites Lellouche. On se perd un peu dans cette conversation à bâtons rompus qui aborde tous les sujets du jour. Ca manque un peu de profondeur et de rires, hormis Christian Vadim qui est irrésistible en écrivain raté, à la fois poète naïf, amoureux transi et obsédé sexuel. Ce comédien qu’on avait un peu trop vite classé dans les beaux ténébreux a des dons comiques incroyables et c’est lui qui, à chaque moment où les conversations se font un peu lourdes, désamorce la situation par une pirouette, une saillie qui fait repartir l’histoire.

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Même si nous avons passé un bon moment, on regrette un peu les vraies histoires et les ressorts comiques des autres pièces de Lellouche.
Mais les comédiens sont, comme dirait Drucker, toujours aussi épatants !

Jacques Brachet

TOULON – 26 au 28 septembre 2014 :
L’esprit méditerranéen souffle sur la programmation
culturelle de la Fête du Livre du Var 2014

Fête livre

La Fête du Livre du Var, c’est un programme littéraire riche, mais aussi une programmation culturelle s’annonçant généreuse et placée sous le signe de la Méditerranée.
Plus qu’un (vaste) territoire, la Méditerranée c’est une idée, des valeurs, un mode de vie. La preuve avec l’artiste portugaise de Fado Carla Pirès, qui donnera le coup d’envoi des spectacles autour de la Fête du Livre, vendredi 26 septembre à 12h30 : car si le Portugal n’a pas à proprement parler de rivage méditerranéen, il reste très imprégné par cette culture si singulière.
Un esprit résolument méditerranéen, donc, toujours en lien avec la lecture, la poésie, la beauté du texte. Et un esprit mis à l’honneur autour d’artistes talentueux, divers, et de performances qui s’achèveront dimanche à 17h avec le récital poétique “Trois poètes libertaires du XXe siècle”, mené par Jean-Louis Trintignant et Charles Berling.

Au programme : concerts, lectures, danses…
Tout au long de ces trois jours de festivités, de jeunes talents émergents (Carla Pirès, le Quator Jasser Haj Youssef, Sébastien Ly) côtoieront des valeurs sûres (Titi Robin et Michael Lonsdale, Rocío Márquez, Sandra Bessis et Rachid Brahim Djelloul), pour une série de concerts, de lectures et de spectacles de danses.
Dans des lieux emblématiques de la vie culturelle toulonnaise
A proximité immédiate de la place d’Armes, où se déroulera la Fête du Livre en elle-même, L’Hôtel des Arts, la Maison de la Photographie, le Musée d’Art de Toulon, le Théâtre Liberté et l’Opéra accueilleront les différentes manifestations.

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Au Théâtre Liberté : une lecture musicale et deux récitals poétiques :
Pluie de magnifiques comédiens pour trois rendez-vous littéraires :
« Trois poètes libertaires du XXème siècle : Vian, Prévert, Desnos » vendredi 26 septembre 20h30: avec Jean-Louis Trintignant, dimanche 28 septembre avec Charles Berling. Avec Daniel Mille, accordéon et Grégoire Korniluk, violoncelle.
« Gainsbourg, poète majeur », samedi 27 septembre 20h30 :  avec Jane Birkin, Michel Piccoli et Hervé Pierre, sociétaire de la Comédie Française, accompagnés par Fred Maggi.

Louis BERTIGNAC
« La musique, je lui dois tout ! »

10 minutes…
On nous avait donné dix minutes pour faire l’interview de Louis Bertignac qui passait au festival de Bandol, remplaçant au pied levé Emmanuel Moire souffrant. Rendez-vous à 20h30… Arrivée de l’artiste à… 21h20 et montée sur scène à 21h45 !
C’était limite et l’on venait nous faire des recommandation pour poser… les bonnes questions !
Mais le miracle Bertignac c’est que c’est un type profondément sympathique et surtout très volubile. Du coup ce furent en définitive 20 minutes de pur plaisir et d’une rencontre chaleureuse, mieux qu’au… Téléphone où se passent aujourd’hui le plus souvent les interviewes. Avoir le mec en face de soi, c’est quand même plus sympa et plus professionnel. Après quoi il s’éclata sur scène avec une belle énergie, ce qui déchaîna une foule venue en nombre. Encore une belle soirée sur le port de Bandol !

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Louis, l’événement de la rentrée c’est donc ce nouveau disque ?
Évidemment ! Il s’intitule « Suis-moi » et c’est un peu  tout ce que j’ai fait depuis trois, quatre ans. C’est la musique que j’écris lorsque personne ne me donne de conseils !

C’est-à-dire ?
Par exemple « Grizzly » ce n’était pas tout à fait moi parce que j’avais des gens autour qui m’influençaient, même si je ne le renie pas. Là, ça va rappeler l’époque de « Cendrillon ». C’est vraiment « mon » album. J’ai composé toutes les musiques. Quant aux paroles, j’ai voulu un peu changer et j’ai voulu des gens différents. J’ai envoyé mes musiques à cinq, six personnes comme des journalistes, l’écrivain Dominique Simonet, l’auteur Boris Bergman et même des gens que j’ai rencontré sur Internet ! Après j’ai fait le choix et j’ai pris ce qui me ressemblait le plus. Et il y a un duo avec la comédienne Mélanie Laurent.
Je ne fais pas de chansons à messages, je veux faire du bien aux gens, leur donner du plaisir, de l’amour, de la musique. mes chansons tournent autour de ces thèmes, je ne veux pas faire de prise de tête, j’ai envie d’être joyeux.

Es-tu plus guitariste ou plus chanteur ?
Tu sais lorsqu’on a été longtemps de guitariste d’Higelin ou de Jean-Louis Aubert, même si je faisais partie intégrante de Téléphone, j’étais derrière, plus ou moins dans l’ombre et ça m’allait très bien comme ça. Lorsque je me suis retrouvé seul, je me suis posé beaucoup de questions dont celle-ci : Tout seul… que vais-je faire ?
Et puis je me suis dit : « Tu vas pas te faire ch..er avec ça, fais comme si tu étais avec des potes, te poses plus de questions ». Aujourd’hui, j’ai 60 balais, j’aime toujours les trucs pas préparés et tout va bien !

Donc… tout pour la musique ?
La musique, je lui dois tout. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours rêvé d’être musicien, mon rêve a toujours été de faire ce job et j’espère que ce sera le cas jusqu’à la fin de mes jours. J’ai des rapports d’amour extrême avec la musique, elle m’a fait et me fait tellement de bien ! Quand je joue avec ma guitare je suis dans mon état normal. A tel point que j’arrive difficilement à prendre des vacances car je m’ennuie très vite et si je le fais, c’est pour ma copine ! Et encore : nous sommes partis en Thaïlande et j’ai travaillé tout le temps. Pour moi, ce n’est pas un boulot, c’est de l’amusement et du plaisir.

Donc, réaliser cet album a été du bonheur ?
Oui, à tel point qu’une fois terminé j’étais très déprimé ! Je n’arrivais pas à le finir, je trouvais toujours quelque chose à changer, à ajouter. Je fais toujours ça mais un jour on entre en studio et après, on ne peut plus rien changer !

Tu écris pour les autres, entre autres pour les femmes ?
Oui, parce qu’elles me le demandent mais je ne compose pas pareil pour Carla Bruni qui a un vrai talent d’écriture que pour Joyce Jonathan qui a une grand talent mélodique. Mais ça me plaît tout autant.

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Alors après avoir quitté le jury de « The Voice », te voilà juré de « The Voicc Kids »… Explique !
C’est vrai que j’arrivais à saturation pour « The voice » ou plutôt, je n’étais pas à l’aise dans mon rôle. J’aimais le fait de découvrir des talents, de se retourner et de découvrir leur personnalité, j’aimais être coach mais je détestais avoir à éliminer des gens talentueux avec qui j’avais un vécu, tissé des liens… Le fait de les coacher en sachant que j’allais les virer me déplaisait beaucoup car certains jouaient leur vie future.
Avec les gosses, ça reste un jeu, ils ne se posent pas de questions, ils s’amusent, ils sont enthousiastes, ils ne jouent ni leur carrière ni leur vie. C’est plus simple. Je les aide à découvrir ce métier, à savoir s’ils sont faits pour ça. Ça ne devrait pas les perturber plus que ça et c’est ce que j’aime.
On a déjà enregistré quelques émissions et c’est très sympathique.

Tu as fait quelques incursions dans la musique de film avec Luc Besson (Subway), Jean-Marie Périer (Téléphone Public)… Est-ce que ça te plairait ?
Oh, de très petites incursions. C’est déjà plus difficile car où tu as un réalisateur qui sait ce qu’il veut ou tu as celui qui hésite. Je préfère ceux qui décident, qui donnent des directives, qui savent oùils veulent aller, sinon on fait n’importe quoi. Il faut aussi être en osmose avec le réalisateur, le suivre dans son tournage, visionner les scènes au fur et à mesure qu’elles sont tournées afin qu’elles m’aiguillent et que la musique ait un vrai sens. j’avoue que ce n’est pas très facile.

Alors, la question qui tue : le retour de Téléphone, info ou intox ?
(Grand rire un peu gêné) Qu’est-ce que je peux dire sinon que… J’en ai rien à foutre ! Mais si ça devait se faire, pourquoi pas ? Mais chacun a pris des routes différentes, nous travaillons chacun de notre côté et c’est aussi et surtout une question d’envie… On peut toujours essayer mais en avons-nous envie ? Là est toute la question.

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Te voilà aujourd’hui avec une cigarette électronique… Nouveau ça ?
Depuis deux ans je n’ai plus touché une clope. J’ai été malade, je m’en suis sorti et aujourd’hui, de m’être arrêter a beaucoup d’avantages : d’abord je ne pue plus de la gueule, je ne tousse plus, je ne me fais plus engueuler par ma femme ou Lola et Lilli, mes filles et surtout, ma voix est plus solide. Rien que du positif !!! »

Propos recueillis par Jacques Brachet

BANDOL
LE CHOEUR DU SUD a encore frappé fort

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On avait découvert le spectacle de Franck Castellano et son fameux Choeur du Sud il y a quelques semaines au Zénith de Toulon.
Si le spectacle avait été prodigieux, l’accueil Zénith, lui, ne l’avait trop été puisqu’on nous avait interdit, on ne sait pour quelles raisons, la rencontre avec les artistes.
Les revoici à Bandol où là, l’accueil est on ne peut plus chaleureux, d’abord de la part de Hugues Corbières, responsable du théâtre Jules Verne et de ce programme estival (photo avec Mikelangelo Loconte) puis de la part de Laetitia Quilici, première adjointe au maire de Bandol.
Il ne restait plus qu’à être bien accueillis par les artistes…

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Ce qui fut le cas. Et je retrouvais avec plaisir mon ami Mikelangelo Loconte, le prodigieux Mozart de la comédie musicale éponyme, et les trois complices d’une autre comédie musicale : « Les 10 commandements » : Daniel Levi, Jenie Line et Pablo Villafranca, qu’on retrouvera d’ailleurs cet hiver, le 14 mars exactement, au Théâtre Galli de Sanary, partageant la vedette avec la grandiose Marianne James dans sa pièce « Miss Carpenter ».

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Ambiance donc au beau fixe après que tous aient été soulagés que l’orage ait oublié de crever sur Bandol et moment féerique lorsque, le soleil se couchant et le kiosque devenu le lieu de rassemblement des artistes se soit éclairé de voir s’y éparpiller des silhouettes toutes de blanc vêtues… L’on aurait dit une image tirée de « Gatsby le Magnifique » !
Une foule immense chanta avec les artistes les couplets archi-connus des deux comédies musicales, le succès fut au rendez-vous et les artistes, en toute simplicité, se prêtèrent au jeu des photos, des bisous et des dédicaces… aussi bien du public que des choristes qui voulaient
toutes leur photo avec eux !

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Ce fut une superbe soirée, en attendant Bertignac mercredi 23 juillet, remplaçant Emmanuel Moire souffrant et la belle et mythique Sylvie Vartan dimanche 27 juillet.
Rien que du beau monde… Rien que du bonheur !

Jacques Brachet

JAZZ A TOULON
Olivier LEROY : hommage au Genius
Il fête les 30 ans de ses Gospel Singers

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Arrivé tôt dans l’après-midi sous un soleil qui plombe la place Bouzigue des Routes. Olivier Leroy, perfectionniste jusqu’au bout des notes, fait consciencieusement sa balance pour le concert qu’il donnera ce soir dans le cadre de « Jazz à Toulon ». Un hommage tout particulier à celui dont il dit qu’il est son maître : Ray Charles dont on commémore cette année les dix ans de la disparition de celui qu’on a surnommé « The Genius ».
Après la répet’, on se retrouve dans la fraîcheur toute relative d’un barnum qui sert de loge et de pièce à vivre.

« Pourquoi Ray Charles, Olivier ?
Pour de nombreuses raisons. D’abord parce qu’il a été le héros de mon enfance, grâce à mon père qui me l’a fait découvrir alors que j’étais tout petit. A sa disparition, voici dix ans, j’avais monté ce spectacle autour de ses chansons avec le même formation qu’il avait en 63 avec quatre cuivres et les fameuses « Raelets », ces choristes aux voix superbes qui l’ont accompagné jusqu’à la fin. Ce spectacle a beaucoup tourné durant un temps, je l’ai joué quatre ans en quartet et, je ne sais pourquoi, du jour au lendemain on ne me l’a plus demandé.
Je suis donc passé à beaucoup d’autres choses. Mais je me suis dit que pour commémorer les dix ans de sa disparition, je pouvais le reprendre. Comme c’était aussi le 25ème anniversaire de « Jazz à Toulon », je l’ai proposé à Daniel Michel car je n’avais jamais participé, je ne sais pourquoi, à ce festival. Me revoilà donc sur les routes avec ce spectacle et ce quartet qui m’est fidèle depuis treize ans.

Ce spectacle t’a beaucoup apporté ?
Oui, d’abord parce qu’il m’a permis de me faire connaître d’un public qui ne me connaissait pas plus que ça, que je l’ai joué au festival de Tourves avec Dee Dee Bridgewater qui m’a rejoint sur scène – grand moment ! – que j’en ai fait un CD et que le dernier spectacle, je l’avais fait avec trente choristes blancs. Moi qui suis très épris de gospel, je retrouvais cette musique chez Ray Charles dont l’éventail est très large puisque du gospel au rock en passant par le blues, le rythm’n blues, la country, il a excellé dans tout et on l’a trouvé dans tous les hits du monde, traversant les décennies et les modes parce qu’il était vraiment un génie.

Alors, parlons aussi de ton école de gospel…
Qui fêtera l’an prochain ses trente ans !
Ça a été une gageure car au départ, bizarrement, il n’y a jamais eu en France d’école de gospel. J’en ai créé une, puis deux, puis trois puis, grâce au maire de la Londe, j’ai pu l’installer dans cette ville. De cinq élèves, nous sommes très vite passés à cinquante. L’idée m’est alors venue de monter un chœur régional qui se composait de vingt-sept choristes. Durant cinq ans, nous avons fait cent-vingts concerts, nous sommes également passés trois fois su TF1, sur France 3 et nous avons enregistré un disque intitulé « Cumbaya »

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Trente ans, ça se fête ?
Evidemment ! Ca va se fêter avec un album  de 14 titres qui devrait sortir en octobre avec le chœur, des rythmiques plus importantes que pour le premier disque, des cuivres et le piano tenu par mon fidèle Stéphane Bernard.

Qu’y trouvera-t-on ?
Entre autre deux chansons de « Sister act » : « I win fellow him » et Hail holly queen », des classiques comme « Nobody knows », « Don’t by the river side » et de très vieux negro spirituals moins connus :  » When the stars begin to fall » ou encore « Give me that old time religion »  que j’ai traité en imaginant le déplacement des esclaves, dans un style country. Il y aura également un hommage à Martin Luther King ouisque nous reprendrons son hymne utilisé en 68 sur les droits civiques « We shall over come ». Ce sera d’ailleurs le titre de cet album qui sera hyper tonique et qui a été enregistré dans les locaux de l’école de musique de Solliès-Toucas.

Sacré projet !
Oui, je suis en plein mixage mais en parallèle  j’organise une tournée avec les Gospel Singers et j’écris de nouvelles chansons qui feront aussi plus tard l’objet d’un autre disque. Entre temps, je suis tout l’été par monts et par vaux et l’on me reverra dans la région ».
A noter que le lendemain de « Jazz à Toulon », il était à Vilar de Lans pour ce spectacle Ray Charles, augmenté d’une section rythmique cuivres dans laquelle joue le neveu de Franck Zappa qui est trompettiste.
La vie est vraiment jazz and gospel pour Olivier Leroy !

Propos recueillis par Jacques Brachet

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Le concert
Trompettiste, chanteur et chef d’orchestre Olivier Leroy, pour commémorer les dix de la disparition de Ray Charles, a remis sur les rails du succès son show d’hommage au grand Ray ; et pour cela il s’est entouré de son compagnon de route depuis treize ans, le remarquable pianiste Stéphane Bernard, du contrebassiste Jean Cortez, du saxophoniste Guy Lopez et du batteur Thierry Larosa ; autrement dit la fine fleur des jazzmen vivant dans le Sud.
Pour le morceau d’introduction apparaissent les quatre musiciens, costume et cravate noirs, chemise blanche, puis Olivier Leroy bondit sur scène, costume blanc, chemise et cravate rose. Belle présentation de tradition jazz. Olivier Leroy agit en showman, il s’empare immédiatement de la scène, doué d’une belle présence. D’entrée il entre en communication avec le public, et on note la belle connivence entre les musiciens. Tout cela se fait simplement, avec le sourire, une facilité bon enfant toute de simplicité, et la distanciation d’un humour léger. Ce qui rend la prestation sympathique, prestation à laquelle on adhère sans réticence.
On sait que Ray Charles (1930-2004) est considéré comme l’un des plus grands chanteurs de jazz et qu’il a, tout en y mettant sa marque, aborder différents styles : rythm-and-blues, rock-and-roll, blues, country, folk, voire gospel. Il était souvent tragique, et savait créer un suspens vocal par une maîtrise totale des techniques vocales. C’était un écorché vif qui se livrait à fond sur la scène.
Alors entre chaque morceau Olivier Leroy raconte avec amour et passion le parcours musical du grand disparu, nous le rendant proche, avec les grands moments de sa vie et de sa musique, ponctués de quelques anecdotes amusantes, comme quand Ray Charles a voulu conduire sa voiture et a foncé droit dans le mur d’en face. On suivra ainsi tout au long du concert la carrière de Ray. Depuis ses 7 ans à la mort du frère noyé dans une bassine, dont il se sent responsable et qui va entraîner sa cécité. Les débuts, les rapports avec les producteurs, les labels comme Atlantic, sa Georgia natale (né à Albany), comment furent recrutées les « Raelets ». Olivier rappelle que Ray avait aussi joué du saxophone, en plus du piano et de l’orgue. Sa passion pour les femmes, et comment il s’est emparé  des différents styles de la musique noire, et même du rock-and-Roll des Blancs. Tout cela illustré par les grands « hits » du chanteur depuis « What’d say »,  » I got a woman » jusqu’à des reprises des Beatles, un somptueux « Yesterday » avec un inoubliable contrechant du pianiste ou bien » Imagine » de John Lennon, pour clore le spectacle sur un message de paix.

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Au début du concert on sentait beaucoup de retenue vocale et soudain sur « Georgia on my min »», c’était parti, l’osmose avait lieu, et Olivier Leroy se donna à fond, avec un engagement total et une belle sincérité. Il devait nous dire en coulisses que souffrant d’une laryngite, il se retenait au début car il avait peur que sa voix le lâche. Tant la voix est un instrument fragile qui crée toujours cette angoisse de la perdre chez les chanteurs.
Quand vint le le tour de « Hit The road Jack », la foule féminine se transforma spontanément en Raelets en chantant le fameux refrain, « No more, no more, no more ». Olivier sut mettre la chose à son profit et à en faire un beau moment de partage avec le public.  D’autres grands moments avec « Drown in my own tears », « I can’t stop loving you », « Mess around », « Hallelujah I love her so », et un prenant « Unchain my heart », qu’avait popularisé un certain Joe Cocker.
Manifestement les musiciens avaient du plaisir, et même plus, à être là sur scène ensemble, ce qui donna lieu à pas mal de beaux solos de la part du pianiste, du saxophoniste dont une belle envolée à la flûte. Le contrebassiste est d’une efficacité rythmique absolue, et le batteur met toute la chose en place, relançant et soutenant le chanteur avec une facilité et un à propos dignes d’éloges. Et jamais d’outrecuidance. On reste dans la sobriété et la musique, au service de l’expression du groupe et du chanteur.

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Un beau et bon concert propre à satisfaire toutes les couches du public, débordant la place jusqu’au rond-point !

Serge Baudot 

 

 

La Poste met à l’honneur la Marine Nationale à Toulon

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Vendredi 18 juillet sur la Base navale de Toulon La Poste du Var a présenté son « prêt-à-poster » consacré à la Marine Nationale en présence du Capitaine de corvette Brunet du CIRFA*, du Capitaine de frégate Lucas, chef de la CEPHISMER, et de M. Levassort, Directeur commercial du Réseau des bureaux de poste du Var.
C’est la seconde fois que La Poste réalise, en partenariat avec la Préfecture Maritime et la
CEPHISMER (cellule de plongée humaine et d’intervention sous la mer de la Marine), un lot de prêt-à-poster (PAP) consacré à la Marine Nationale à Toulon.
En effet, la première collaboration date de 2010, année du centenaire de la base aéronavale de Hyères – Centre d’Information et de Recrutement des Forces Armées
La série est constituée de 4 enveloppes pré-timbrées illustrées par le porte-avions Charles-de-Gaulle, le Rafale, le scaphandrier en « Newtsuit », et des plongeurs en action.
Ces PAP mettent à l’honneur les forces de la base navale varoise ainsi que le scaphandre« Newtsuit », fleuron de la Marine, qui prendra sa retraite en fin d’année. Chacune de ces
enveloppes porte le timbre de Toulon lancé en 2008 par La Poste.

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Edité à 5000 exemplaires, ces PAP seront mis en vente, au prix de 3,90.
La série est constituée de 4 enveloppes pré-timbrées illustrées par :
– le porte-avions Charles-de-Gaulle en mer
– le Rafale saisiné en mer
– le scaphandre atmosphérique Newtsuit 1993-2014 en profondeur
– les plongeurs en action.
Ces Prêt-à poster seront commercialisés dans les 12 communes de l’agglomération Toulonnaise, sur 17 principaux bureaux de poste concernés de Toulon, la Seyne, la Garde, le Pradet, la Valette, Hyères, Carqueiranne

Tania MARIA : Tout pour « LA » musique

Toulon 1990.
Daniel Michel, « Nanou » pour les intimes, créait avec une équipe toulonnaise un festival de jazz.
Le principe : investir places et quartiers de Toulon en changeant chaque soir de lieu, faire venir de grandes pointure du jazz, le tout offert gratuitement aux Toulonnais… et aux autres.
Utopie ? Que nenni : promesse tenue. « Jaz is Toulon » était né, rebaptisé par la venue du FN « Jazz à Toulon ».
Et depuis 25 ans ont défilé sur ces scènes, les plus grands noms du jazz international.
La première à « essuyer les plâtres » : la Brésilienne Tania Maria.
25 ans après, la revoici ouvrant ce festival-anniversaire, aussi énergique et talentueuse, heureuse de se retrouver au même endroit 25 ans après.
Auparavant elle était venue chanter à Châteauvallon et nous avions déjeuné ensemble au bord de l’eau avec l’un des chanteurs du duo « Les étoiles », Rolando. Et Tania et lui n’avaient pas engendré la mélancolie. Car, même si elle se dit timide, la flamboyante Tania a dans la vie une pêche incroyable et un humour corrosif.
Je la retrouve telle quelle, avec chacun de nous, quelques années en plus !

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 « Je ne suis pas souvent venue à Toulon mais j’y ai de beaux souvenirs. D’abord parce que j’adore cette région de soleil et de mer, ce qui est important pour moi et puis parce que l’on joue en plein air devant une foule immense, ce qui ne me fait pas peur ! C’est vrai que le son n’y est pas si bon que dans un théâtre, c’est moins intimiste, il y a les bruits ambiants mais il y a des vibrations humaines et je les ressens. Et lorsque je les ressens, je joue de mon mieux pour que les gens soient heureux. Et j’aime rendre les gens heureux ! »
Et il est un fait que sur cette place de la Liberté de Toulon noire de monde, elle a vraiment rendu les gens heureux, qui ont chanté avec elle dans une atmosphère survoltée. Il faut dire que lorsqu’elle est au piano, elle est transfigurée et se déchaîne avec son beau trio complice de musiciens.

Alors, Tania, vers quelle tendance musicale vous classez-vous : jazz, samba ?
Je ne penche pas plus vers l’une que vers l’autre. Je n’ai pas de préférence pourvu que je fasse de la musique. Pour moi, la samba, ce sont mes racines, je l’ai en moi mais le jazz c’est une passion et c’est un total espace de liberté. Je pense être plus « jazziste » que « sambaïste » mais mon rythme reste brésilien. Et puis, on me classe où on veut, je m’en moque. Je fais de « LA » musique, je vis ma musique. Alors que dans la vie je suis timide, je m’éclate sur scène, je n’ai plus d’inhibitions.
Et avec ma musique, je peux aller partout.

Justement, vous venez du Brésil, vous avez vécu en France puis aux Etats-Unis…
Et aujourd’hui je revis en France ! Je suis née au Brésil et je reste brésilienne au fond de moi. Mais je suis venue jeune à Paris où j’ai débuté ma carrière. J’ai appris à aimer la France et j’ai aussi appris la langue que je maîtrise… presque ! Pour mon métier je suis partie aux Etats-Unis mais c’est une vie trop effrénée et je préfère le  calme de la France.
Mais vous savez, je sui toujours en voyage. J’ai traversé 67 pays. Il n’y a qu’en Chine que je ne suis jamais allée. J’irai en 2015.

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Pourquoi n’y être pas allée avant ?
Je pensais qu’il étaient restés, vous savez… (elle mime des clochettes !) avec ces petit ding ding. Mais je pense qu’aujourd’hui ils sont ouverts à d’autres musiques que la leur. Et puis, ils ont un pianiste fantastique : Lang Lang. Qu’est-ce que j’aimerais jouer avec lui… mais je suis trop vieille pour lui !

Comment, du Brésil, vous êtes-vous retrouvée en France ?
C’est Claude Nougaro qui m’a entendue et qui m’a demandé de faire sa première partie à l’Olympia. J’ai dit pourquoi pas ? C’était en 74. Je suis venue, après l’Olympia, nous avons fait une tournée  de 35 concerts, il m’a présenté à Eddie Barclay qui m’a fait faire un disque, puis deux… et je suis restée sept ans en France. Je dois tout à ces deux hommes et surtout à Nougaro qui m’a aidé a planter une petite graine qui a pris racine.

Et les USA ?
Ca a été à peu près la même histoire : je donnais un concert en Australie et le grand guitariste Charles Birds m’a entendue. Il m’a demandé une cassette qu’il a remise à un producteur américain… Un mois après j’enregistrais un disque aux Etats-Unis. J’y suis restée 15 ans. Je suis revenue en France en 96. Ce qui ne m’empêche pas de jouer aujourd’hui sur les cinq continents.
Mais j’ai eu beaucoup de chance de rencontrer ces gens.

Retournez-vous au Brésil ?
Oui, au moins une fois par an. J’y ai toute ma famille et je suis très famille. Mais je ne vais pas y jouer, sinon dans la rue avec les gens et les enfants !

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Votre père était musicien ?
Oui et il a été très heureux le jour où j’ai annoncé que j’arrêtais mes études et que je voulais vivre de la musique. Ca n’a pas été pareil pour ma mère qui a beaucoup pleuré en disant que j’allais devenir une prostituée ! A l’époque ça n’était pas courant qu’une fille s’engage dans ce métier.

Sinon, qu’auriez-vous fait ?
Je pense que j’aurais été juge pour enfants. J’ai fait deux ans d’études de droit et à l’époque il n’y avait pas beaucoup de juges pour enfants chez moi. Et puis, j’ai toujours adoré m’occuper d’enfants. Si j’étais restée au Brésil, je me serais occupée d’eux, leur enseigner les arts, les travaux manuels, la musique… Il y en a tant qui ne peuvent pas y accéder. »

Malheureusement pour eux, heureusement pour nous, Tania Maria a choisi la musique.
Et le festival « Jazz à Toulon » a eu une sacrée bonne idée de commémorer ses 25 ans avec une artiste hors pair qui nous a montré ce qu’est le talent et la passion pour la musique et qui nous a emportés avec elle le temps d’une soirée.

Jacques Brachet

Deux auteurs varois

Daniel GONZALES : « Les feux du printemps » (Ed de Borée)
Giuanin est Piémontais. Comme beaucoup d’Italiens, la guerre et la politique, la pauvreté et le manque de travail, l’ont obligé à courir les routes vers la France d’où il revient après avoir fait plein de petits boulots dont le dur travail des chantiers à la Seyne. Mais il ne revient pas seul : Ercole, un autre Italien rencontré dans son périple l’accompagne. Homme rustre et ambigu, qui ne dit jamais un mot et dont on ne sait rien, est devenu son ami. Du moins le croit-il parce qu’il lui a rendu quelques menus services. Il s’est mis dans l’idée de lui faire épouser sa sœur Célia qui, devant frère, père et mère ligués contre elle, est obligée de céder alors qu’elle aime ailleurs.
Et la voilà partie sur les routes avec les deux amis devenus beaux-frères. Elle se retrouve seule à Toulon, sans amis, ne parlant pas le Français, avec un homme qui boit, qui court les filles et qui la bat alors que son frère est reparti travailler aux chantiers.
Seule et désespérée, elle trouve une alliée en Isotta, sa petite voisine, gaie, pétillante, qui la soutiendra dans ses malheurs. Arrivera-t-elle à se sortir de cette histoire qu’elle croit sans issue dans un pays où tout lui est étranger ?
C’est une belle histoire d’amitié et un beau portrait de femme que nous offre ici Daniel Gonzalès, ce bel écrivain seynois qui est enraciné dans sa terre et sa mer provençales et, s’il nous dépeint ce portrait touchant de cette italienne, il dépeint par la même occasion ses paysages varois qu’on sent qu’il aime profondément. De plus, il nous raconte cette histoire imbriquée dans l’Histoire et l’on apprend plein de choses sur la vie de cette région d’après-guerre mais aussi sur ce Piémont où la famine était telle que les femmes vendaient leurs cheveux pour quelques sous et les hommes partaient vers ce qu’ils croyaient être l’Eldorado : la France.
Bien évidemment, ce beau roman ne peut que toucher les gens de la région mais aussi les autres car cette femme déracinée et battue c’est l’histoire universelle de nombre de femmes et même aujourd’hui elle n’est que de trop d’actualité, hélas. C’est aussi l’histoire universelle de tous ces peuples désespérés qui partent sur les routes en espérant trouver une terre promise et qui, souvent, ne trouvent que rejet, humiliations et haine.
Un très beau roman que nous offre, une fois de plus, Daniel Gonzalès, tout en nuances, en émotion, en sobriété, sous le soleil du Midi qui, qui, sous ses aspects riants, est souvent dur aux miséreux et aux étrangers.

FeuxPrintempsPT 9782809814774FS

Arlette AGUILLON : « L’assassin est à la plage » (Ed archipel)
Arlette Aguillon est l’une des plus belles plumes de notre région.
Elle nous a entre autre offert de superbes romans historiques, de grandes épopées, l’histoire dans l’Histoire de notre région et, chose rarement faite et peut-être unique, elle a sorti simultanément « Vincent, gentilhomme galant », une saga en cinq volumes sur lesquels elle a travaillé des années.
Son inspiration, elle la prend sous ses oliviers centenaires de Néoules, un lieu on ne peut plus zen alors que ce n’est pas le cas de ses fresques chevaleresques, souvent violentes mais aussi teintées d’érotisme, choses peu courantes chez « une auteure » !
Voilà qu’aujourd’hui elle nous propose un polar tout à fait contemporain et très méditerranéen puisque l’histoire se situe entre Toulon et St Cyr.
Comment définir ce roman qui ne manque ni de personnages, ni de coups de théâtre, ni d’humour ? Car ce sont deux histoires, deux narrations parallèles qui tournent autour de cinq meurtres dont on retrouve les cadavres sur les ronds-points environnants. Un tueur en série opère en plein jour, à la barbe de tous, sans que ces meurtres semblent avoir des accointances.
Voilà notre jeune journaliste, Maxime, qui, tel Rouletabille, va mener son enquête de concert avec la police, encadrée de Madeleine, propriétaire du journal « Le réveil » aux 80 ans bien sonnés et Jasmine, photographe en herbe de 14ans qu’il entraîne dans ses reportages. A noter que toutes deux sont amoureuses de lui et lui… on n’en dira pas plus !
Ces deux narrations sont quelquefois difficiles à suivre tant il y a de personnages qui tournent autour de cette affaire, ces histoires qui se croisent et s’entrecroisent, mais on ne lâche pas le roman tant on veut savoir qui est ce tueur en série !!!
Autre petite critique : est-ce qu’Arlette avait besoin d’émailler ses dialogues de tant de mots grossiers qui alourdissent la narration. Est-ce pour faire « d’jeun » ? Etait-ce vraiment nécessaire ?
Au demeurant, son écriture fluide et énergique fait merveille dans ce polar cocasse, original et bien provençal, avec des personnages bien campés et attachants.
Un excellent livre d’été.

Jacques Brachet

LA SEYNE-sur-MER : LA NACELLE revient à Balaguier

La Nacelle est de retour sur les planches de Balaguier cet été.
Cathy Hennemann nous offre chaque saison de très beaux spectacles avec sa compagnie et lorsqu’elle les présente dans ce merveilleux site  de la cour du Musée de Balaguier, c’est un enchantement même si, certains soirs de vent, chacun se réfugiait dans des couvertures ou se lovait dans sa petite laine.
Cette année, promis, le vent ne sera pas de la fête mais la musique oui avec deux spectacles de cabaret… très différents de « L’allée du Roy » que nous avions eu la joie d’apprécier l’an passé.
La nacelle vous propose donc cet été deux soirées sous le signe de la musique, des flonflons du bal, et du music-hall.
Nul doute que ces soirées sous les étoiles vous donneront envie de danser et de chanter avec la troupe !

LE PETIT CABARET Retour au cabaret

JB
– vendredi 18 juillet à 21h :  « LE PETIT CABARET » création 2013 de La Nacelle Théâtre
– mercredi 30 juillet à 21h :  « RETOUR AU CABARET » création 2014 de La Nacelle Théâtre (la suite du petit cabaret)
Ce sont deux spectacles musicaux et théâtraux, balade au temps du music-hall et des chansonniers.
Sur scène: piano, accordéon, guitare, violoncelle, et notre troupe de comédiens, musiciens et chanteurs pour une soirée de détente sous les étoiles du fort Balaguier.

www.lanacelletheatre.fr