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Le Liberté – Toulon
Jane BIRKIN revient avec Gainsbourg symphonique

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Gainsbourg-Birkin.
Une histoire sans fin. L’histoire d’un amour mais aussi d’une osmose musicale qui continue même 25 ans après que le génie soit parti, laissant sa muse œuvrer pour que cette histoire hors du commun continue à vivre à travers une œuvre incroyablement riche, à travers les décennies.
Et pour cela, Jane, qui l’a chanté tant et tant , continue à le faire perdurer, à travers ses mots et ses musiques, le disant, le chantant, à l’orientale et aujourd’hui dans un grand élan symphonique, avec toujours la même émotion, les larmes au bord du cœur mais heureuse de se rendre compte que, le temps passant, les générations continuent à aimer ces « œuvres mineures », comme Serge aimait le dire en provocateur qu’il était.
Et la voici donc, conquérante une fois de plus, partant sur les routes pour chanter le poète-musicien, cette fois avec un orchestre symphonique.
Ce sera au Liberté, le jeudi 14 décembre à 20h30, où elle prendra place avec l’orchestre de l’Opéra de Toulon dirigé par son complice et ami de tant d’années, Philippe Lerichomme, son directeur artistique, avec, au piano Nobuyuki Nakajima qui a signé les arrangements.
Jane est une amie de longue date. On s’est rencontré très souvent et, alors que j’étais attaché de presse du studio photo de Pierre-Jean Rey à Toulon « Baobab », durant près de trois ans nous nous sommes côtoyés souvent, car elle venait y faire des séances photos.
Avant de nous retrouver au Liberté, petit coup de fil pour parler de ce spectacle.
Jane, comment est venu ce projet ?
Tout à fait par hasard, comme beaucoup de choses que je fais et qui font partie des coïncidences de ma vie. A la mort de Kate, ma fille, j’étais totalement désemparée et je me suis enfermée chez moi durant près de deux ans. Voyant cela, Philippe Lerichomme a voulu me sortir de chez moi en me proposant de monter un spectacle avec Hervé Pierre et Michel Piccoli, où nous disions à tour de rôle des textes de Serge. J’ai trouvé que c’était une bonne idée et nous avons promené ce spectacle dans de petites salles, en France et en Italie.
Et l’idée de ce symphonique ?
Elle m’a été soufflée par une amie journaliste québécoise, Monique Giroux qui m’a dit que Serge, étant très en prise avec la musique classique, il aurait certainement aimé que ses chansons prennent cette teinte « classique ». C’est vrai que souvent, Serge a écrit des textes sur des musiques classiques comme « Zeste de citron » pour Charlotte, « Initial BB » pour Bardot et « Jane B » entre autres, pour moi. Du coup, elle m’a fait rencontrer l’Orchestre Symphonique de Montréal, alors que j’étais en tournée avec Michel et Hervé et les Francofolies m’ont proposé de faire avec eux l’ouverture du festival 2016. Ça a été un moment magique et très émouvant et je suis sûre que Serge aurait été heureux et fier de cette idée.
Et le projet de disque s’est alors concrétisé ?
Oui et ce qui est drôle c’est qu’au départ, ce devaient être deux concerts au Francofolies à Montréal t ça devait s’arrêter là.

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Du coup, l’idée est venue de prolonger cet instant en enregistrant le disque. On l’a fait avec l’Orchestre de la radio polonaise de Varsovie et c’est Nobuyuki Nakajima qui a fait ces splendides arrangements.
Ta rencontre avec Nobuyuki ?
« Nabu » je l’avais rencontré après le tsunami à Tokyo, au moment des événements nucléaires où, avec Kate je suis venue apporter mon soutien en proposant quelques petits concerts. Ma productrice m’avait alors présenté quelques musiciens dont Nobuyuki. j’avais adoré les arrangements au piano qu’il avait fait sans savoir alors qu’il était aussi compositeur et arrangeur. J’ai donc pensé à lui et il a tout de suite été d’accord. Ça a été un travail de six mois par Internet et le résultat est là, à la fois gai et émouvant,
Ce disque est le treizième album que tu as enregistré. Comment as-tu choisi les chansons ?
C’est Philippe et Nobuyuki qui ont choisi la plupart des chansons. Moi, je voulais celles que Serge m’a écrites après notre séparation car je trouvais que c’étaient les plus belles. Mais ils ont trouvé » que c’était trop mélancolique, trop triste et ils ont alors choisi d’autres chansons plus gaies  et on a mélangé le tout »
Ainsi se mélangent « Pull marine » et « La javanaise », « Lost Song » et « Baby Alone, « , « La chanson de Pévert » et « Amour des feintes », « Requiem pour un con »…
Il était presque naturel que Serge, qui avait une formation classique, qui appréciait cette musique et qui a tant « piqué » les grands compositeurs, de Dvorak (Initials BB) à Brahms (Baby Alone), en passant par Beethoven (Poupée de cire), Chopin (Jane B) et bien d’autres, soit un jour « intronisé par la musique, sinon classique, du moins symphonique.
Un bien bel hommage – une fois de plus – que notre Jane rend à son Pygmalion.

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Te revoilà donc en tournée, Jane !
Oui et pour au moins deux ans car les propositions sont venues du monde entier ! Nous allons donc jouer dans de nombreux pays et c’est formidable que Gainsbourg puisse être connu et reconnu partout.
Après « Arabesques » et « ce « Symphonique », sans parler du récital de poésie, as-tu encore des idées pour continuer à rendre hommage à Serge ?
Tu sais, ce sont les deux plus belles choses que j’ai faites autour des chansons de Serge et là, j’en ai pour un moment. Mais je n’ai jamais eu aucun plan de carrière, les idées, les projets viennent et s’ils me plaisent, je les réalise. Donc, pourquoi si quelque autre coïncidence se présente ? Mais pas avant longtemps car après cette très longue tournée, je suis en train de traduire en français mon journal intime que j’ai commencé à 12 ans, en anglais, bien sûr. C’est un énorme travail et je me demande quand je vais pouvoir le terminer !

Propos recueillis par Jacques Brachet

JOHNNY pour toujours et à jamais

A

Lorsqu’on a vécu son adolescence dans les années 60, on ne peut pas avoir manqué ce jeune blondinet de 16 ans, qui arrivait avec sa guitare électrique, chantait des chansons d’un autre monde – qu’on appelait USA – en se roulant par terre.
On aimait ou on n’aimait pas, on vilipendait ou on adorait mais une nouvelle musique, une nouvelle façon de chanter, une nouvelle manière de vivre était en marche et rien ne pourrait l’arrêter, qu’on le veuille ou non.
Le rock arrivait chez nous, bouleversant tout sur son passage tel un tsunami et la chanson ne serait plus jamais pareille…
Adieu André Claveau, Gloria Lasso, Maria Candido, Luis Mariano (que des noms en O !).
Bonjour le rock, le blues et bonjour Johnny qui, à l’instar d’Elvis aux États-Unis, allait imposer le rock’n roll !
Un rock’n roll à la française puisque notre Johnny n’a toujours chanté, ou presque, qu’en français.

B C

Une idole était née, qui avait 16 ns et qui, durant 60 ans, allait allumer le feu dans toutes les plus grandes salles, dans tous les plus grands stades de France.
Et pourtant alors, on ne lui donnait que quelques mois à vivre avant de repartir avec ses « souvenirs souvenirs ». N’est-ce pas Lucien Morisse, alors patron d’Europe 1 et de plus mari d’une certaine Dalida, qui cassa son premier disque à l’antenne, l’enterrant avant qu’il ne devienne une « vedette » !
Aujourd’hui, des millions de fans le pleurent, lui rendent hommage car, en près de 60 ans, toutes les générations qui se sont succédées ont quelque chose en eux de Johnny, une chanson, qu’elle soit sentimentale ou bourrée d’énergie.
J’avais 20 ans lorsque j’ai décidé de devenir journaliste.
L’âge de tous les possible, de toutes les ambitions, de toutes les envies. Et l’envie de rencontrer ces nouvelles idoles des jeunes nommées Johnny, Cloclo, Eddy, Sylvie, Françoise… et les autres.
Je les rencontrerai toutes, à divers degrés, devenant ami de certains, restant lointain des autres. Mais c’était une époque de joie, de bonheur et surtout, tout petit journaliste qu’on était, on pouvait approcher ces artistes en herbe sans problème.
Il fallait donc bien qu’un jour je rencontre Johnny. Ce que je fis dans de drôles de conditions, grâce à son attaché de presse Gil Paquet qui me convia à suivre le Johnny Circus en 72.
Avant cette première rencontre, il y eut celle que je fis sur l’île de Bendor en 70 où Tony Franck, photographe de SLC était venu avec Johnny faire des photos pour un calendrier qui serait inséré dans le magazine « Salut les copains ».
On rencontra un Johnny décontracté, rieur, blagueur que l’on put aborder sans problème. Il faut dire que le secret avait été bien gardé et qu’il n’y avait que nous sur l’île.
Revenons à ce « Johnny Circus », qui était, déjà à l’époque, un projet fou de notre idole : partir sur les routes, comme le faisait Medrano ou Bouglione, avec un chapiteau et des artistes qui sillonnaient la France et s’installaient sur de grandes places.
Il y avait donc cette année, en première parie, le groupe Ange qui n’avait d’Ange que le nom et une certaine Nanette Workman dont on disait qu’elle était en train de prendre la place de Sylvie Vartan.

D E

Atmosphère on ne peut plus survoltée et – disons-le – avinée, dès 17 heures où l’alcool passait d’une caravane à l’autre. Atmosphère aussi surchauffée sous le chapiteau où, en plein été dans le Midi, déjà à 17 heures, l’air était irrespirable.
Ça riait, ça criait, ça jouait, ça répétait, ça chantait, ça picolait sec et au milieu de cette cour des miracles arriva Johnny, superbe, souriant, décontracté mais qui, au contraire de cette foule en délire, était d’un calme olympien, passait dire un petit bonjour à tout le monde, avant de rejoindre sa loge et de se préparer à répéter.
Durant les quelques trois ou quatre dates que j’ai faites en suivant le Barnum, j’arrivais, à un moment où à un autre, à discuter dix minutes avec Johnny qui, au contraire de ce qu’on voyait sur scène, où il était l’énergie, la folie mêmes, où il s’éclatait comme une bête, était alors discret, parlant d’une voix posée, presque timide devant le jeune journaliste que j’étais.
Cela m’avait surpris mais j’allais retrouver ce Johnny-là, chaque fois que l’occasion se présenterait de réaliser avec lui un moment d’entretien.
Il y en eut pas mal, même si je ne suis jamais devenu un intime auprès lui. Il était bien trop encadré par une meute de gens qui le collaient, beaucoup profitant de sa célébrité… et de son fric !
Mais grâce à Eddie Barclay, chez qui j’étais souvent invité, grâce à Patricia Carli, auteur-compositeur, mariée à Léo Missir, le bras droit d’Eddie devenue une amie, qui, plusieurs fois, m’arrangea des rendez-vous, je pus ainsi, sporadiquement, avoir des moments de tête à tête avec cet être qui était le charme incarné, la gentillesse et la simplicité dans la vie de tous les jours et qui semblait gêné lorsqu’on lui disait qu’il était le meilleur !
C’est dans ces moments-là qu’on pouvait l’aborder car en tournée, outre qu’être à l’heure n’était pas sa qualité première, dès le spectacle terminé, il s’enfuyait dans ce qu’on appelait « un panier à salade », pour être à l’abri de la folie ambiante et retrouver sa voiture cachée à quelques kilomètres du lieu du concert.
C’est ainsi qu’un jour, un ami, qui était fan de Johnny, eut envie de le suivre en voiture en suivant le camion de police à toute allure. Sacrée virée mais, arrivé à la voiture, c’est avec gentillesse qu’il voulut bien poser avec mon copain pour une photo, avant de repartir, trempé et échevelé, comme il était arrivé !
Avec le temps, il fut plus difficile de l’approcher mais il y eut des occasion, comme ce repas intime organisé à Nice pour la sortie du film « Conseil de famille » de Costa Gavras, où la tablée n’était que de deux ou trois journalistes, dont moi. Comme aussi en 95 où, au MIDEM, il fut élu « The man of the year » où l’on put le rencontrer en petit comité. Comme cette houleuse tournée qu’il partageait avec Sylvie alors que le couple n’allait pas très bien et que, grâce à la gentillesse de Sylvie, je pus encore le rencontrer. Enfin, cette fois – incroyable moment – où, alors que Laeticia venait d’entrer dans sa vie, on se retrouvait dans un grand pique-nique à St Tropez et où il arriva, avec les cheveux super longs, accompagné de cette jolie petite poupée qui ressemblait alors à Shirley Temple et qui déjà veillait sur lui férocement, surtout lorsque le phénomène Lollo Ferrari déboula sur Johnny pour l’embrasser !

F

Et puis, cette soirée à Ramatuelle, où, venu voir chanter Eddy Mitchell, celui-ci ne vint pas au repas mais l’on s’y retrouva avec Jean-Claude Brialy et Bernard Montiel et ce fut un joli moment de convivialité.
Il y eut donc de jolis moments avec Johnny et j’aimerais juste citer ce qu’il me dit un jour sur la vieillesse :
« Dans la vie, on grandit plus qu’on ne vieillit et je ne serai jamais un vieux rocker, car être rocker est un état d’esprit. Lorsqu’on me demandait ce qu’est un rocker, j’ai longtemps répondu que le rocker idéal, c’est le physique de James Dean, la voix d’Elvis et la rébellion contre l’ordre établi. Je me suis longtemps retrouvé dans ce portrait et aujourd’hui, même si je me suis quelque peu assagi, cette définition est toujours en moi… »
Johnny, toujours rocker. Rocker à jamais et pour toujours, qui a su fédérer cinq générations qui le pleurent aujourd’hui mais qui le garderont dans leur cœur.

Jacques Brachet

Camille LOU… Chanteuse ou comédienne ?

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Un regard rieur, un sourire éclatant, toute blonde sous son joli petit chapeau… Quoi de plus mignon à regarder que Camille Lou, alias Olympe de la comédie musicale « 1789, les amants de la Bastille », alias la reine Guenièvre de « La légende du roi Arthur », alias… toute jeune chanteuse qui rend hommage à notre Sheila nationale en lui consacrant 13 de ses chansons (le chiffre 13 étant le chiffre porte bonheur de Sheila), des fameux « Rois Mages » à « Spacer » en passant par « Gloria », « Les gondoles à Venise », « Vous les copains », « Love me baby » entre autres et un joli duo avec son aînée « L’écuyère », l’une des plus jolies chansons de Sheila.
CD quelque peu inattendu et original, notre jolie demoiselle étant loin d’avoir connu ces années dites « yéyé » et Sheila étant aussi loin de son répertoire.
Si loin ? Peut-être pas tant que ça. Et elle nous en parle lors de notre jolie rencontre. Qui est la seconde puisque nous nous étions vus au MIDEM à Cannes pour le présentation, avec Dove Attia et toute la troupe de « 1789, les amants de la Bastille ».

Elle rit car évidemment je ne suis pas le premier à lui poser cette question : Pourquoi Sheila ?
C’est vrai qu’on me pose beaucoup cette question… Et sachez que je me la suis aussi posée lorsque le directeur artistique de ma maison de disques, Warner, me l’a proposé. D’abord, c’est vrai, je croyais ne pas connaître grand chose du répertoire de Sheila et j’ai failli refuser en lui disant : encore des reprises ?
Mais il m’a rétorqué que je lui faisais beaucoup penser à elle car elle chante, elle danse, elle joue, tout comme moi. Et il m’a demandé de l’écouter.
Ce que j’ai fait en me rendant très vite compte que je connaissais pas mal de ses chansons. Ce qui m’a décidé, c’est en découvrant, alors que je revenais de chez mes parents à Montpellier la chanson « C’est le cœur ».

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Photo droite Monique Scaletta

Alors ?
J’ai adoré et du coup j’ai accepté de faire un essai, une maquette. Sans compter que je trouve que ce sont de jolies chansons, gaies, légères, fraîches et qu’aux jours d’aujourd’hui, ce genre de chansons ça fait du bien au moral !
Et Sheila dans tout ça.?
Elle avait été contactée et avait donné un oui de principe, attendant ce que ça allait donner. Lorsqu’elle a écouté les maquettes, elle a trouvé ça très chouette, a dit OK en me disant : « Amuse-toi mais surtout ne fait pas « du Sheila ». Fais à ta manière ». Elle a été très bienveillante et a même décidé de faire en duo avec moi, l’une de ses chansons préférées : « L’écuyère ».
A-t-elle choisi des chansons ?Vous a-t-elle conseillée ?
Non, elle n’est pas du tout intervenue, ma’ laissé faire et j’ai donc tout choisi moi-même.
Comment choisir devant tant de chansons ?
Je ne vous dirai pas que j’ai écouté les quelque 600 titres qu’elle a enregistrés mais il y en avait quelques-unes qui étaient incontournables, comme « Les rois Mages », que j’ai faite en duo avec Augustin Galiana ou « Vous les copains » que j’avais entendue dans une pub (Justin Bridou !) et que j’avais beaucoup aimée.
Revenons à vos comédies musicales et avec Dove Attia qui vous a engagée deux fois… La rencontre ?
Le hasard. Je venais d’assister au spectacle de Dove « Mozart, l’Opéra rock » avec mes parents. Nous mangions au restaurant et mon ami musicien Merwan Rim, me dit que Dove Attia est là. Du coup il me donne une guitare et me dit d’aller lui chanter quelque chose. J’étais très impressionnée d’autant que j’ai toujours rêvé de jouer dans des comédies musicales et que j’adorais Dove Attia… et Michelangelo Loconte ! J’avais alors 17 ans et Dove me propose de rencontrer son amie prof de chant et coach vocal, Nathalie Dupuy, en vue d’un prochain casting pour « 1789 ». L’histoire a duré deux ans entre les cours et le choix des artistes car Dove n’était jamais satisfait du groupe, changeait tout le temps et je commençais à être sérieusement découragée.

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Avec Dove Attia et l’équipe de « 1789, les amants de la Bastille » (Photo Christian Servandier)

Et pendant ce temps ?
J’ai quitté la Fac, je suis venue à Paris, j’ai travaillé pour Jenifer en espérant que je n’avais pas fait une bêtise de tout lâcher. Un soir, réunis chez Dove, il nous a un peu mis sur le grill avant de sortir une bouteille de champagne et de nous annoncer qu’on était pris !
Et il vous a reprise pour « Le Roi Arthur » ?
Oui, ce qu’il fait rarement. Il l’a fait aussi pour Florent Mothe qui jouait dans « Mozart ». Entre temps j’ai fait l’émission « Les chansons d’abord » avec Natasha St Pier. Mais avec Dove je serai toujours présente car il a représenté mon rêve… En quelque sorte… C’est mon Dieu ! On dit « jamais deux sans trois »… Alors…
Après ça vous avez fait beaucoup de duos : Garou pour « La belle et la bête », David Carreira, Amir pour « Les Gentleman » et même « Danse avec les stars » avec Laurent Maistrat !
J’adore travailler en équipe, l’esprit de groupe et j’aime varier les plaisirs. Même si, par goût, je préfère la comédie à la chanson !
Curieux pour une chanteuse, non ?
(Elle rit)… Je ne devrais pas le dire mais j’écoute très peu de chansons, je vais rarement voir des spectacles, des concerts. D’abord je suis très casanière, j’aime rester chez moi et… je préfère regarder des films ou des télé-films. Je trouve qu’il y a aujourd’hui beaucoup de séries intéressantes… Et de belles B.O !
Alors pourquoi vous chantez ?
Pourquoi pas ? J’aime ça aussi mais c’est vrai qu’aujourd’hui je suis plus tournée vers la comédie. J’ai tourné pour TF1, une série très dramatique : « Les bracelets rouges » d’Albert Espinosa, avec Pascal Elbé qui joue mon compagnon, plus âgé que moi, qui a un fils atteint d’un cancer et qu’il a du mal à prendre en charge. C’est moi qui, malgré mon âge, vais m’en occuper. C’est à la fois drôle, triste, émouvant. Et je termine pour France 2 « Maman a tort », un polar réalisé par François Velle avec encore Pascal Elbé, Anne Charrier, Gil Ama… Tout ça sortira en 2018. Et j’ai un autre projet dont je ne parle pas encore.
Alors dans tout ça, la scène ? Et ce disque ?
Bon, ce disque, c’est un peu un cadeau de Noël, une parenthèse dansm a vie d’artiste et je ne compte pas faire ce que fait Mat Pokora avec Claude François. ! Je ne me vois pas faire un « spectacle Sheila », ou alors quelques-unes de ces chansons mêlées à d’autres de mes chansons. Mais j’avoue que ce n’est pas vraiment d’actualité ».

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Donc il faudra attendre la comédienne avant la chanteuse.. D’autant que, m’avoue-t-elle encore, chanter est un plaisir mais elle ne brigue pas un statut de star ou de faire le Parc des Princes… Du moment qu’elle fait des choses qui la passionnent c’est le principal.
« Et si ça ne marche pas, ce n’est pas grave : je trouverai autre chose à faire !
Ah, autre joli scoop qu’elle nous confie : elle vient de tourner une sorte de pub pour la SNCF. Et savez-vous avec qui ? Kevin Costner !!!
Excusez du peu !

Propos recueillis par Jacques Brachet

MONTY, chanteur, auteur, producteur…
encore très… « verts » !

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Monty avec Michel Bourdais, ex collaborateur de SLC, qui a co-écrit le livre avec Monty

Il a le culot d’avoir le même prénom que moi. Il va jusqu’à avoir les cheveux blancs et la barbichette… comme moi ! Et à l’entrée des artistes du Nikaïa de Nice, sur la tournée « Age Tendre », voilà qu’on vient me demander des autographes !
Ça ne peut pas durer et je le dis tout de go à Monty… qui se marre bien !
Entre notre rencontre et aujourd’hui, la barbichette a disparu… chez les deux Jacques !
Monty, c’est, à partir de 1964, des tubes qui s’enchaînent : « Même si je suis fou », « Ce n’est pas vrai », « Un verre de whisky », « Bientôt les vacances », « Mes rêves d’enfant », « Brasilia » et en 1970 le fameux et devenu mythique « Allez les Verts ».
La première fois que je l’ai rencontré, c’était sur la tournée d’Europe 1 où Dalida, qui était sa marraine, qui revenait sur scène après son suicide, remontait sur scène. Ce devait être en 67.
Ce fils de parents Ukrainiens émigrés en Pologne puis en France, à Chezal-Benoit, dans le Cher, était un garçon adorable, plein d’entrain et de joie de vivre qui surfait sur les hit parades. Il a encore continué à chanter durant quelques temps
Et puis un jour, plus rien. Le chanteur disparaît en pleine gloire même s’il continue d’être sur les pochettes de disques, en tant qu’auteur compositeur, des copains : Sheila (Petite fille de Français moyen), Dallda (Mama), Eric Charden (Le monde est gris, le monde est bleu), Petula Clark (Si tu prenais le temps), Jeane Manson (Fais-moi danser) et puis Mitchell, Gall, Vartan, Vilard, Alamo… Tous sont passés à la méthode Monty… Avant qu’il ne parte s’exiler quinze ans aux USA.
Il est le tout dernier chanteur à être venu se joindre à la tournée « Âge Tendre ».
Une vie de folie avec des hauts et des bas, trois mariages huit enfants, d’énormes succès comme de grosses galères. d’énormes déceptions aussi avec par exemple Charden, avec qui il était complice et a écrit plein de chansons dont « Quand le matin » qu’Eric est allé proposer à Claude François, celui-ci faisant enlever le nom de Monty pour être accrédité en tant qu’auteur… Ce que Charden a accepté sans le dire à Monty.
Et puis, ce regret d’être passé à côté de Patrick Hernandez et son fameux « Born to be alive » et Madonna qui ne demandait qu’à travailler en France… Et que, alors drogué à mort, son ami et co-producteur a laissé filer !
Bref, des galas, des galères, des joies, des peines, comme en ont tous les artistes, Jacques nous les raconte dans ce bel album paru aux Editions & Co : « Du showbiz au chaudron », le chaudron étant le surnom donné au stade Geoffry Guichard de St Etienne, stade de la fameuse équipe de St Etienne, les Verts, dont Monty est un plus que fan et pour qui il a écrit la chanson « Allez les Verts », énorme succès qui est allé jusqu’au States et qui est une histoire incroyable.
Jacques s’est toujours partagé entre sa vie de chanteur, auteur, producteur et sa vie de fan qui reste liée aux Verts. On a pu le voir en tournée « Age Tendre » où chaque matinée, chaque soirée, la foule immense se levait, comme dans un stade, pour chanter cet hymne avec lui. Hymne qu’on retrouve en bonus sur un CD accompagnant le livre.

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Du temps des « Yéyé »

Rencontre avec un pote
Jacques Bulostin, alias Jacques Bulkowstein, comment es-tu devenu Monty ?

Tout à fait par hasard. D’abord parce que, lorsque en 1963, je vais voir Eddie Barclay, c’est pour lui proposer des chansons pour ses propres artistes. J’en écris et compose depuis l’âge de 14 ans mais je n’ai pas une seconde des velléités de les chanter… Bien trop timide ! Lorsqu’il écoute mes chansons, il me dit que c’est ma voix qui lui plaît et qu’il me veut comme chanteur. Hésitations, angoisse… Je mets du temps à dire oui. Arrive alors la question du nom : il n’aime pas le mien et comme la mode est à la consonance anglaise, il me propose… Jack Kennedy ! Que je refuse aussitôt et pour cause ! Comme j’adorais Montgomery Clift qu’on appelait Monty, je lui propose Jacques Monty qu’il accepte et lorsque le premier disque sort… Jacques a disparu. Voilà mon cher Monsieur, comment l’auteur compositeur Jacques Bulostin est devenu Monty le chanteur ! Bien m’a pris de refuser son pseudo puisque le jour de ma première télé… Kennedy est mort !!!
Tu as alors pu vaincre ta timidité ?
Ça a été long et difficile mais ça m’a passé lorsque j’ai vu le plaisir que je donnais aux gens et surtout les yeux brillants de mon père, fier que je réussisse. J’ai chanté pour lui jusqu’à sa disparition.
Alors, pourquoi cet arrêt brusque quand tout marchait ?
Je préférais écrire des chansons que chanter et puis j’avais envie d’autre chose. J’ai voulu tâter de la production et je suis parti aux USA. Arrivant avec mon succès « Allez les Verts », je suis allé avec mon disque frapper à la porte d’un des plus grands producteurs, Ahmet Artegun, qui avait fondé l’équipe de foot de New-York, le Cosmos. Je lui ai fait passer mon disque, il m’a aussitôt ouvert la porte et j’ai travaillé pour lui. Il m’a tout appris et m’a fait travailler avec Stevie Wonder, La Toya Jackson et j’ai travaillé sur la prod’ de « Trhiller »… Des dieux pour moi ! C’est à l’époque où Nougaro s’est fait virer de Polygram. Je l’ai fait reprendre chez Warner… et il a fait « Nougayork » !

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Après quinze ans d’Amérique, pourquoi revenir ?
Parce que la France me manquait, comme ma famille et mes amis. Car aux USA, si tu travailles, tu peux réussir mais tu ne te fais pas d’amis. J’ai donc décidé de rentrer.
Et de redevenir chanteur en rejoignant « Age Tendre » !
Oh non, pas directement : j’ai mis quatre ans pour dire oui à Michel Algay. Je n’avais pas tu tout envie de revenir sur scène. Mais il a insisté et on a fait un deal : « Si ça me gonfle, j’arrête ». Il a été OK… et je n’ai pas arrêté car de voir chaque soir cette foule chanter et danser avec moi, c’est un vrai plaisir.
Tu vas donc remonter sur scène tout seul ?
Que non ! Ce n’est pas un come back, je suis lucide, « Age Tendre » ça marche parce qu’on est nombreux sur scène. Mais tout seul, je ne remplis rien et je ne veux pas me ridiculiser. Par contre, j’ai retrouvé des tas d’amis chanteurs et j’ai des projets de chansons pour Michèle Torr, Herbert Léonard. Je continue d’écrire, j’ai des chansons plein les tiroirs et je vais essayer de les placer.
C’est toi qui proposes ?
Oui bien sûr, ou on me demande aussi. Un jour que j’étais chez Jeane Manson, elle me demande si je n’ai pas une chanson pour elle. Je lui dis oui, me mets au piano et lui joue une mélodie. Elle me dis : « OK, je prends ». Le problème est que je venais de l’inventer ! Sitôt dans l’ascenseur je l’ai écrite sur un bout de papier… C’était « Fais-moi danser » !
Que penses-tu de la nouvelle génération ?
J’adore Zaz, je trouve qu’elle a une voix et une personnalité extraordinaires. Par contre, je n’arrive pas à me faire au rap. A part I Am car ils ont des textes fabuleux.
Et ton histoire avec les Verts ?
C’est une histoire d’amour qui dure depuis… quarante ans ! J’étais au stade de France avec eux… Ça a été un grand moment d’émotion !

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

 

Toulon – Le Liberté, scène nationale
Les mardis liberté

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Deuxième Mardi Liberté de la saison avec Mata Gabin qui mêle les origines : née en Côte d’Ivoire, Guinéenne par la mère, Martiniquaise par le père, élevée en Corse ; et les emplois : comédienne au théâtre dans quelques 20 pièces (on l’a vue « Dans la solitude des champs de coton » de Bernard Marie Koltès au Théâtre Liberté à Toulon en compagnie de Charles Berling), dans une douzaines de longs métrages et presque autant de courts métrages, une vingtaine de téléfilms ou séries télévisées, ainsi que dans des One Woman Show. C’est dire le bagage pour affronter la scène en chansons. Tout cet arrière-plan, tout cet acquis lui donnent une aisance, une maîtrise du corps et de la scène époustouflantes. Long corps mince, pantalon noir, chemise blanche fluide, d’élégantes mains aux longs doigts fins, très expressives dans l’espace, et des bracelets couleurs aux deux bras, elle habite la scène, elle capte le regard, prend le spectateur sous son charme.
Pour ce Mardi elle était en trio avec deux excellents guitaristes : Miss Nath à la guitare rythmique mais aussi mélodique dans certaines chansons ; Franck Pétrel à la guitare mélodique, auteur des musiques et chanteur dans les duos. Trio qui joue parfaitement en place, tout à fait à l’aise, et qui respire le plaisir de jouer ensemble.
Le groupe, habituellement un quintette, s’est formé aux alentours de 2010, d’abord sous le nom des « Cravates à pois », pas très porteur, pour prendre définitivement le nom de Mata Gabin Muzik.

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La chanteuse possède une voix de contralto, grave et chaude. Dotée d’une diction parfaite elle chante les mots, se les approprie, en extrait tout le contenu, avec sensualité, le corps exprimant le non chanté. Elle est d’une élégance suprême, un visage sculpté emblématique des beautés africaines, avec une gestuelle simple, souple, ou dramatique, voire violente ; un pur enchantement.
Les musiques sont de rythmes divers, rythmes des îles du soleil, chaloupés, ou d’essence rock-pop. Les mélodies sont belles, simples d’apparence, elles s’immiscent tout de suite dans la tête. Mata Gabin s’affronte même au rap avec bonheur sur « Tellement de souvenirs ». A noter une reprise très personnelle de « Comme la lune » de Joe Dassin, seule chanson d’emprunt.
Le répertoire est varié avec une tonalité optimiste qui respire la joie, le bonheur de vivre, mais aussi la lucidité, sans oublier les problèmes de l’amour, l’infidélité, la jalousie, et quelques graves préoccupations de notre époque qui perd la boussole.
Quelques exemples parmi les treize chansons à nous offertes : « On n’a qu’une vie et tu la gâches – Je n’attends personne… on a des jours avec et des jours sans – Tout va mal mais le reste, ça va – C’est fou ! On a chanté la Liberté…On nous a trompés. Où s’est caché la vérité…On se moque de nous. Je vois régner l’indifférence – Un baiser volé du regard – Quand je n’ai pas le moral je me dis que je ne suis pas la seule, et ça me rassure pour un moment. »
Spectacle qui prouve qu’on peut encore créer dans la grande tradition de la chanson française sans être ringard. Une belle réussite.

Serge Baudot
Prochain mardi le 19 décembre: « Transit », danse, avec Désiré Davids.
Renseignements : www.theatre-liberte.fr – Tel : 04 98 00 56 76

 

CONCERTS CLASSIQUES

OERA DE TOULON
Vendredi 1er décembre 20h
En partenariat avec le Festival de Musique de Toulon et sa Région
« IL PLEUT DES CORDES »
Rick Stotijn contrebasse – Camille Thomas violoncelle – Lise Berthaud alto
Simone Lamsma violon – Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon dirigé par Sergio
Concert présenté par Joël Nicod

C D

CAMILLE THOMAS violoncelle
La jeune violoncelliste franco-belge Camille Thomas s’est formée auprès de Marcel Bardon et Philippe Muller à Paris, puis de Stephan Forck, Frans Helmerson et Wolfgang-Emanuel Schmidt en Allemagne. 2014 est un tournant important de sa vie musicale : elle est nommée aux Victoires de la Musique dans la catégorie Révélation Soliste instrumental puis choisie par la radio Musiq’3 – RTBF pour représenter la Belgique au Concours de l’Union européenne de radio-télévision (UER) où elle remporte le 1er Prix et est nommée «New Talent of the Year». En 2016, elle sort son deuxième album, «Réminiscences», récompensé notamment d’un «Choc» de Classica.
La saison 2017/18 sera celle de la sortie de son premier enregistrement avec l’Orchestre de Lille dirigé par Alexandre Bloch. Elle créera également au Théâtre des Champs-Elysées le premier Concerto pour violoncelle de Fazil Say qu’il écrit spécialement pour elle. Ses autres engagements la feront jouer avec, entre autres avec l’Orchestre National de Bordeaux, le Staatsorchester Hambourg, le North Czech Philharmonic, le Krakow Philharmonic, le Festival Strings Lucerne, l’Aarhus Symphonie Orchester, l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège, le Sichuan Symphony Orchestra, le Young Belgian Strings… Elle est régulièrement invitée des plus grandes salles. Camille Thomas joue un violoncelle de Ferdinand Gagliano datant de 1788, le «Château Pape Clément», généreusement mis à sa disposition par Bernard Magrez de Canard.
SIMONE LAMSMA violon
Originaire des Pays-Bas, Simone Lamsma commence l’étude du violon dès l’âge de 5 ans, dans son pays. Elle étudie ensuite au Royaume-Uni à la Yehudi Menuhin School auprès de Hu Kun et à la Royal Academy of Music auprès de Maurice Masson. Elle est lauréate de concours internationaux : Indianapolis (2006), Concours International de Violon de Chine (2005), Concours Benjamin Britten (2004), Concours National des Pays-Bas (2003). En tant que soliste Simone Lamsma a travaillé avec des chefs de renom tels que Sir Andrew Davis, Owain Arwel Hughes, James Judd, James Loughran, Sir Neville Marriner, Lord Yehudi Menuhin, Michel Tabachnik, Yan Pascal Tortelier, Allin Vlasenko, Jaap van Zweden, apparaissant avec de nombreux orchestres, dont l’Orchestre Symphonique de Londres, l’Académie St Martin in the Fields, London Soloists Chamber Orchestra, le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, Radio Orkest Filharmonisch, Radio Symfonie Orkest Residentie Orkest, Nederlands Orkest Philharmonisch, Noord Nederlands Orkest, Qingdao Symphony Orchestra, l’Orchestre Philharmonique du Cap, KZN Philharmonic Orchestra, l’Orchestre Symphonique National de l’Ukraine…
Parmi ses partenaires de musique de chambre citons, les pianistes Robert Kulek et Valentina Lisitsa, le violoncelliste Andreas Brantelid…
Elle joue le Stradivarius «ex Chanot-Chardon» (Cremona 1718).

EGLISE ST PAUL
Jeudi 14 décembre 20h30
« NOËLS »
Anders J Dahlin -haute-contre) – Emiliano Gonzalez-Toro (taille) – Benoît Arnould (basse-taille)
Les Talents Lyriques : Atsushi Sakaï & Mrion Martineau (dessus de viole) – Mikko Perkola (basse de viole) – Christophe Rousser (direction, clavecin, orgue)

A B

Christophe ROUSSET
Fondateur de l’ensemble Les Talens Lyriques et claveciniste internationalement reconnu, Christophe Rousset est un musicien et chef d’orchestre inspiré par sa passion pour l’opéra et la redécouverte du patrimoine musical européen.
L’étude du clavecin à La Schola Cantorum de Paris avec Huguette Dreyfus, puis au Conservatoire Royal de la Haye avec Bob van Asperen (il remporte à 22 ans le prestigieux 1er Prix du 7ème concours de clavecin de Bruges), suivie de la création de son propre ensemble, Les Talens Lyriques, en 1991, permettent à Christophe Rousset d’appréhender parfaitement la richesse et la diversité des répertoires baroque, classique et préromantique.
Christophe Rousset est aujourd’hui invité à se produire avec Les Talens Lyriques dans le monde entier : Opéra de Paris, Opéra national des Pays-Bas, Concertgebouw Amsterdam, Théâtre des Champs-Élysées, Philharmonie de Paris, Opéra de Lausanne, Teatro Real, Theater an der Wien, Opéra Royal de Versailles, La Monnaie de Bruxelles, Wigmore Hall de Londres, Carnegie Hall de New-York, Aix-en-Provence etc.
Parallèlement, il poursuit une carrière active de claveciniste et de chambriste en se produisant et en enregistrant sur les plus beaux instruments historiques. Ses intégrales des œuvres pour clavecin de F. Couperin, Rameau, D’Anglebert et Forqueray et les divers enregistrements consacrés aux pièces de J.-S. Bach (Partitas, Variations Goldberg, Concertos pour clavecin, Suites anglaises, Suites françaises, Klavierbüchlein, Clavier bien tempéré) sont vus comme des références.
La dimension pédagogique revêt une importance capitale pour Christophe Rousset qui dirige et anime des masterclasses et académies de jeunes : Accademia Chigiana, CNSMD de Paris, Académie d’Ambronay, OFJ Baroque, Junge Deutsche Philharmonie ou encore le Britten-Pears Orchestra. Il s’investit également avec énergie aux côtés des musiciens des Talens Lyriques dans l’initiation de jeunes collégiens de Paris et d’Île-de-France à la musique.
Christophe Rousset poursuit enfin une carrière de chef invité : Orchestre Trondheim Barrok, Liceu Barcelone, San Carlo de Naples, la Scala de Milan, Opéra Royal de Wallonie, Royal Opera House, Orchestre national d’Espagne, Orchestre philharmonique de Hong Kong, l’Orchestre du Théâtre Royal de la Monnaie ou the Royal Opera House. Il se consacre également à la recherche musicale et à l’écriture, à travers des éditions critiques et la publication de monographies consacrées à Rameau (2007, Actes Sud) et à François Couperin (2016, Actes Sud). En 2017 paraît un livre d’entretiens sur la musique réalisé par Camille de Rijck : « L’impression que l’instrument chante » (La Rue Musicale)
Christophe Rousset est Chevalier de La Légion d’Honneur, Commandeur des Arts et des Lettres et Chevalier de l’Ordre national du Mérite.

 

OPÉRA DE TOULON

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Vendredi 17, mardi 21 novembre 20h, dimanche 19 novembre 14h30
Madama Butterfly
Opéra en trois actes de Giacomo Puccini (1858-1924) – Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica, d’après la pièce de David Belasco
Création : Milan, Teatro alla Scala, 17 février 1904 – Version révisée : Brescia, 28 mai 1904
Direction musicale Valerio Galli – Mise en scène & lumières Daniel Benoin – Décors Jean-Pierre Laporte – Costumes Nathalie Berard-Benoin & Françoise Raybaud
Avec Deniz Yetim, Qiulin Zhang, Anna Destraël, Roberto De Biasio, Lionel Lhote, Colin Judson
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon
Production Opéra de Nice
« Madama Butterfly » est une sorte de pont entre La Bohème et Turandot, entre la simple histoire d’amour impossible à cause de la maladie et la tyrannique impératrice qui aime malgré elle. Dans Madama Butterfly, pas de maladie ou d’excès de pouvoir mais un vrai conflit de cultures, un choc de civilisations.
Que l’envahissement américain soit celui de la fin du XIXe siècle, époque à laquelle Puccini situe son opéra, ou quand le conflit devient terrifiant (1941-1945), l’histoire est la même : un officier Américain vainqueur face à une jeune Japonaise fascinée par l’homme, sa prestance, sa victoire et prête à tout sacrifier à son bonheur interdit.
J’ai préféré choisir le Nagasaki d’août 45, après la bombe A, à celui d’après les coups de canon du cuirassé Abraham Lincoln. Les tensions sont plus fortes, le drame plus extrême, le folklore moins présent.
Daniel Benoin (metteur en scène)

c. 1920s: Buster Keaton with Women in Swimsuits

c. 1920s: Buster Keaton with Women in Swimsuits

Samedi 18 novembre 20h
Dans le cadre de la 13e édition du Festival International des Musiques d’Écran, l’Opéra de Toulon propose un ciné-concert autour du film de Buster Keaton « Les fiancés en folie » avec l’orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon dirigé par Hugo Gonzalez-Pioli
En 1re partie : « Charlot fait une cure » (The cure). Court métrage muet américain en noir et blanc de Charlie Chaplin sorti le 16 avril 1917 (durée 23 mn). Avec Charlie Chaplin, Edna Purviance, Eric Campbell, Henry Bergman.
Coproduction de l’Opéra de Toulon, de l’Association Filmharmonia et du Pôle JeunePublic.

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HUGO GONZALEZ-PIOLI musique originale & direction musicale
Hugo Gonzalez-Pioli a commencé la musique à l’âge de 7 ans en suivant des leçons de solfège et de trompette aux conservatoires de La Seyne sur Mer et Toulon. À l’âge de 10 ans, il commence à composer et très vite, s’intéresse à la relation entre l’image et la musique. Il intègre la classe de composition, harmonie, contrepoint et orchestration au Conservatoire de Marseille, puis en 2008, le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon (CNSMD), dans la classe de composition musique à l’image où il obtient sa licence.
Afin d’achever ses études, il se rend à Los Angeles dans la prestigieuse école USC (University of Southern California) dans le cadre du programme SMPTV (Scoring for Motion Pictures and Television), où il obtient son Master et finit Major de promotion.
Il démarre de nouvelles collaborations notamment avec le compositeur Armand Amar grâce auquel il signe ses premières musiques additionnelles et arrangements sur des longs métrages français (24 jours: la vérité sur l’affaire Ilan Halimi, Les caricaturistes : fantassins de la démocratie, Le promeneur d’oiseau), téléfilms (Trois mariages pour un coup de foudre) et séries françaises.

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Jeudi 23, vendredi 24 novembre 20h
« Casse-Noisette »,

Ballet en 2 actes de Piotr Ilitch Tchaïkovski – Chorégraphie d’après Marius Petipa et Lev Ivanov
Création à Saint-Pétersbourg, Théâtre Mariinski, décembre 1892
Directeur artistique Vladimir Yakovelev – Décors Anatoly Neznyi – Costumes Anna Neznaya
Ballet de l’Opéra National de Kazan – Tatarstan
Production de l’Opéra National de Kazan
La République de Tatarstan est située au bord de la Volga.
Son opéra national constitué d’une troupe de plusieurs centaines de personnes, présente de splendides mises en scène, possède un choeur de grande qualité et un ensemble de solistes remarquable.
L’Académie d’Opéra et de Ballet «Musa Djalil» a son siège dans le prestigieux théâtre de la capitale, Kazan, située sur la Volga à environ 800 km à l’Est de Moscou.
Ce théâtre est considéré comme l’un des meilleurs de la Fédération de Russie.
Son nom vient de celui du plus grand poète tatar, Musa Djalil.
Depuis 1874, la ville possède sa propre troupe d’opéra et de ballet, dont sont issus de célèbres artistes.
Rudolf Noureev était très lié avec le ballet avec qui il collabora régulièrement jusqu’à sa mort. Depuis 1993, se déroule à Kazan un festival de ballet qui porte le nom de Noureev.

Isabelle AUBRET nous dit au-revoir

B

Lorsque j’écoute Isabelle Aubert, les larmes me montent aux yeux.
Ça peut paraître puéril mais c’est comme ça.
Elle arrive sur scène, toute menue, tout de blanc ou de noir vêtue, le regard éperdument bleu sous sa mousse de blonde chevelure, elle paraît tellement fragile… Pourtant elle est forte.
Et puis, elle chante. Et qu’elle chante Ferrat, Brel, Debronckart, Chelon, Lemesle, Dabadie, Aragon, de cette voix limpide, claire, d’une voix d’une divine musicalité, qui n’a pas bougé d’un iota depuis ces décennies, elle nous offre ses messages de paix, de fraternité, d’amour, de liberté. Même si quelquefois elle gronde, c’est toujours pour une cause juste. Même si elle sait que ses chansons ne sauveront pas le monde mais nous apporteront l’espoir de jours meilleurs, l’espoir que l’homme se réveille et réalise que, si on le veut… c’est beau la vie.
Il y a une telle émotion en elle que tout naturellement elle nous la communique de sa voix douce et nous la fait partager.
Isabelle, s’il n’en reste qu’une pour défendre la vraie, la grande chanson française, ce sera elle.
Et pourtant…
Pourtant elle tire sa révérence après plus de 50 ans de bons et loyaux services. Après cet ultime et bouleversant Olympia*, qui sera suivi d’une grande tournée à travers la France, et où elle nous offre pas moins de 32 chansons qui ont jalonné son exceptionnelle carrière.
Sa voix se taira, à notre grand désespoir. Au mien qui, au dernier spectacle, me tirera les larmes une dernière fois.

E

Elle rit lorsque je le lui dit :
« Tu sais, nous ne sommes que des artisans et nous devons bien nous arrêter un jour. Ce qui est sûr, c’est que c’est le dernier Olympia… Je vais doucement sur mes 80 ans et il faut être raisonnable. Je ne veux pas faire le spectacle de trop. J’ai 55 ans de chansons et j’aimerais que, comme toi, les gens regrettent que je m’arrête plutôt que de penser qu’il est temps que je le fasse ! Et puis, j’ai trop d’amour et de respect pour ce public qui me suit depuis si longtemps, pour lui offrir un spectacle « presque » parfait. Je ne veux surtout pas le décevoir.
Donc après l’Olympia, c’est terminé ?
Pas tout à fait puisque je vais, durant trois mois, faire la tournée Age Tendre (La tournée des Idoles) qui fêtera ses dix ans. Mais je n’y chante que trois ou quatre chansons. Donc, après cette tournée, je repars sur les routes avec mon récital et je parcourrai toute la France et les pays limitrophes.
Toutes tes chansons sont reliées à la vie, à l’espoir, à l’amour…
D’où le texte de Claude Lemesle que je dis : « Il faut vivre ». Je crois encore et toujours aux hommes. Je voudrais qu’ils comprennent que Dieu, c’est nous. Il suffit de s’entendre, de se regarder, de se parler, de prendre le temps de faire connaissance. Allons au bout de nos idées, de nos impressions, apprenons à nous connaître.
Je le dis avec des mots simples, des mots qui parlent au cœur car chaque chanson que j’interprète est une histoire et j’y amène mon univers, mes émotions, mes convictions, mes espoirs.
Tu démarres ton récital avec une chanson de Claude Lemesle et Roland Vincent : « L’Olympia » et tu le termines avec une chanson du même Claude Lemesle et Jean-Pierre Bourtayre « Dans les plis rouges du rideau ».
La scène, c’est ma vie, ça l’a toujours été et à chaque concert c’est comme au premier jour, comme une première, à l’Olympia ou ailleurs avec cette émotion qui m’étreint avant que le rideau ne se déplie et que je me retrouve face au public.
On ne peut pas ne pas évoquer Brel et Ferrat qui t’ont tellement portée et que tu as beaucoup chantés. Tu les chantes d’ailleurs dans ce récital, encore et toujours.
C’est Brel qui m’a choisie alors que nous ne nous connaissions pas. On lui avait proposé, en première partie de sa tournée, Michèle Arnaud. Il a seulement dit : « C’est la petite que je veux… ». Je croyais rêver, jamais je n’aurais pensé à un tel geste. Après, nous sommes devenus amis et je l’ai beaucoup chanté. Je lui ai consacré un disque.
J’ai encore une autre jolie histoire avec lui : Alors que je venais d’avoir mon accident, que j’étais explosée de partout, il est venu me voir à l’hôpital et a dit à mon entourage : «Je lui donne «La Fanette». Jolie histoire, non ?

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Et Jean Ferrat ?
C’est grâce à Gérard Meys que je l’ai rencontré. Gérard vient un jour me dire : » je crois avoir une chanson pour vous ». C’était « « Deux enfants au soleil « » que chantait Ferrat mais qui n’avait pas fait un succès avec. Je lui ai répondu : « Je fais l’Eurovision, après on en parle ! « »
J’ai gagné l’Eurovision, on en a parlé, j’ai rencontré Jean, j’ai enregistré sa chanson… Elle est restée 27 semaines au hit parade !
De ce jour, une amitié indéfectible est née…
Ferrat a écrit de magnifique choses sur moi. Certaines m’ont fait pleurer de joie, d’émotion. Il a toujours su choisir le mot qu’il faut en toute circonstance, tout en restant très pudique. Et c’est vrai que je l’ai beaucoup chanté.
Lorsqu’on parle de la tournée « Age Tendre » essentiellement tournée vers les années dites « yéyé », que faisais-tu dans ces années 60 ?
(Elle rit) Mais je chantais ! Je gagnais l’Eurovision en 62 avec « Un premier amour », je rencontrais Ferrat qui me donnait « Deux enfants au soleil » puis plus tard, « C’est beau la vie ». Je faisais l’Olympia avec Brel en 63. J’étais en tournée avec Salvatore Adamo en 65… Par contre, je ratais « Les parapluies de Charbourg » à cause de mon accident. J’ai toujours eu quelque chose de formidable et qui ne m’a jamais une fois manqué : la tendresse du public et ça, ça me bouleverse toujours. Je ne regrette rien. J’ai quand même eu de beaux succès, de belles récompenses, j’ai fait de belles rencontres. J’ai eu, comme tout le monde, des hauts et des bas mais j’ai toujours été une fonceuse, je n’ai jamais baissé les bras et ce caractère, ce tempérament, ça me vient du sport car j’ai été une championne de gym ! Je faisais le saut périlleux, j’ai même fait du trapèze…
Avec d’ailleurs un accident à la clef !
Oui, mais j’ai eu un accident de voiture autrement plus grave et j’ai toujours lutté… Et ça ne m’a pas empêchée de faire aussi du deltaplane !!! »

C D

Aujourd’hui, plus de trapèze ni de deltaplane mais une belle aventure avant de quitter la scène : cette tournée pour retrouver ce public qui l’a portée pendant tant d’années et qu’elle a enchanté tout autant.
Peut-être après, se retrouvera-t-elle dans sa maison d’Ardèche où elle y rencontrait celui qu’elle appelait tendrement « Tonton ».
Silence lorsque je lui en parle. Le silence s’installe.
Gérard Meys, son producteur et mari, nous raconte comment ils s’y sont retrouvés :
« Jean est tombé amoureux de l’Ardèche et décide de s’y installer et donc, d’acheter une maison. Il a le coup de foudre pour celle qu’il habite toujours et un jour, il me téléphone : « Pour avoir cette maison, j’ai dû en acheter deux. La mienne est en bon état, l’autre beaucoup moins… Si tu la veux, pas de problème ! »
Isabelle m’avoue après un grand silence chargé d’émotion : « Nous avions envie de rejoindre Jean, d’habiter pas loin de lui mais… assez loin au cas où on se serait fâchés ! Et nous sommes à notre tour tombés amoureux de cette belle région… Il nous l’a faite aimer Aujourd’hui on l’aime toujours infiniment, mais depuis que « Tonton » est parti, je n’y suis plus allée. Je ne peux pas. Pourrai-je y retourner un jour ? Je ne sais pas.. ».

I. Aubret 4 - Copie

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

*Coffret « Isabelle Aubret – Dernier rendez-vous – Olympia 2016″
Un très beau coffret contenant deux CD avec les 32 chansons de cet unique récital et le DVD du spectacle.

Le nouveau disque d’I MUVRINI
Jean-François BERNARDINI… Un message d’humanité

A

Écouter chanter Jean-François Bernardini et I Muvrini est déjà un plaisir musical et un grand moment d’émotion.
Écouter parler Jean-François Bernardini est un immense moment d’émotion, de sagesse, d’humanité, de joie.
Nous nous connaissons depuis près de vingt ans et le plaisir de la rencontre est intact, toujours renouvelé.
Plaisir retrouvé à Aix-en-Provence pour la première interview de la tournée-promo qu’il démarre avec leur tout nouveau disque intitulé « Luciole » (Sony Music). Un disque exceptionnel qui prône la paix, la liberté, la fraternité, l’amour avec des accents évidemment venus de son île natale, mêlés à du gospel et des mélodies arabisantes. Un disque un peu différent de ceux qu’ils nous ont donné à écouter. Un disque universel qui apporte la foi en l’humain, sinon à l’homme et à la fois un cri d’alerte, de non-violence et l’espoir de sauver le monde, s’il en est encore temps.

Jean-François, d’abord pourquoi le titre « Luciole » ?
Parce qu’une luciole est le seul être vivant qui éclaire sans brûler. C’est donc un exemple extraordinaire qui dit à sa manière : apprenons à faire la lumière, à la partager sans crainte. On veut t’apprendre à ne pas briller, il y a trop de gens aujourd’hui qui veulent te voler la lumière.
On a quelquefois du mal à reconnaître ta voix, dans certaines chansons !
(Il rit). C’est normal car lorsque je chante en corse, il y a une certaine façon de le faire. Par exemple en Corse, le son « U » n’existe pas. Et puis, tu ne peux pas chanter de la même façon du français, de l’arabe, avec Lena Chamamyan ou du gospel, avec « Gospel pour 100 voix »..
Pour chaque chanson, il y a un thème, une écriture, un rythme, une tonalité… Tu ne joues pas avec un violon comme avec une guitare. D’une certaine manière, à chaque fois tu te réinventes, tu t’exposes. Nous devons apprendre à nous réinventer afin d’avancer, de ne pas tourner en rond.
Comment qualifierais-tu ce disque ?
Le contenu est fait à la fois de tendresse et de colère au sens politique, noble du terme.
Il me semble assez mystique.
Il y a toujours d mysticisme dans la musique car elle vient du ciel pour aller vers la terre. Je viens aussi du monde de la polyphonie qui est un chant sacré. Le sacré est en nous, est omniprésent. Ces sources sont précieuses, elles nous invitent à monter sur la colline pour voir plus haut, plus loin.

D C

Serait-ce aussi un disque engagé ?
Je dirais que c’est un disque… engageant ! J’ai toujours été engagé dans le sens de « concerné ». Je préfère cet adjectif. Durant quinze jours, j’ai parcouru les lycées de France. J’étais d’ailleurs à Hyères avec 700 élèves, pour leur parler de la non-violence. Grâce à eux, j’en suis ressorti milliardaire tant ils m’ont apporté car je sens que je réponds à une urgence.
Je ne suis pas seulement un chanteur mais un faiseur. C’est ça mon engagement et c’est totalement bénévole. Un artiste, ou il crée de la lumière ou il n’est rien. Après, ce n’est pas à moi de décider.
Tu chantes donc « Ma sœur musulmane » avec Lena Chamamyan. Bel hymne à l’amour.
Lena, c’est la plus belle voix de l’Orient.
Ça a été une belle rencontre grâce à une journaliste d’Arte, Sophie Rozenzweig, qui savait que je cherchais une voix pour cette chanson. En 2016, en concert à Strasbourg, elle me l’a présentée. Je lui ait fait écouter la chanson. Elle a été étonnée, touchée et quelques jours après nous l’enregistrions.
Sa voix est sublime, ça a été un moment de bonheur extraordinaire. C’est vrai, c’est une sorte d’hymne à l’amour, à la communion, à la vie, un pont qui relie les rivages de « La madre universale »
L’amour… un grand mot !
Un gros mot !
Le mal contamine le monde, on le voit dans le comportement des hommes. Il n’y a que des héros négatifs à la Une. Amour devient presque un gros mot, il semble louche. Et pourtant il y a les guerres, la famine et bien d’autres choses et c’est là que la non-violence est nécessaire. Il faut semer des graines ensemble mais ce qui manque aujourd’hui, ce sont les semeurs. C’est pour en trouver que je fais le tour des écoles, non pas en chantant mais en parlant, en échangeant. Il faut trouver les solutions, avancer pas à pas en essayant de décontaminer ce monde de crocodiles et afin que les jeunes, aidés par leurs enseignants, contaminent les adultes avec ces idées.
Le rôle d’un artiste, aujourd’hui, c’est ça.
« Ma sœur musulmane » et donc le premier single de l’album, suivi d’un clip. Ca a l’air de fonctionner ?
Sur scène, ça fonctionne, elle est accueille bras et cœur ouverts. Reste à savoir si les médias suivront.
Pourquoi ne suivraient-ils pas ?
Parce qu’elle va indisposer nombre de programmateurs français. Cette chanson est un défi. J’espère seulement que certains penseront qu’elle vaut la peine qu’on l’entende.
C’est un peu une chanson-vaccin contre les peurs qu’on nous inflige. Dans la chanson, je dis « Allahou akbar », ce qui est très fort et panique les gens à juste titre lorsqu’on voit comment certains l’utilisent aujourd’hui. Et pourtant, 99% des musulmans le prononcent plusieurs fois par jour à d’autres fins, à des fins de paix.

B

Les médias en font peut-être un peu trop à ce sujet ?
La violence fait vendre. Avec la violence tu vends tout ce que tu veux aujourd’hui. La peur fait vendre et elle est extraordinaire pour diviser un peuple. Nous sommes tous saturés de cette surmédiatisation. Les belles choses, on n’en parle jamais car elles ne vendent pas.
Que faut-il faire ?
Il faut que les justes s’unissent aux justes, sinon nous sommes en danger. Nous avons la chance de ne pas être en dictature, donc on peut le faire. Au moins le tenter. La non-violence va aussi de pair avec l’écologie qu’on détruit aujourd’hui. On ne devrait plus appeler les ouragans, qui sont de plus en plus nombreux, que « Donald », lorsqu’on voit ce qu’il veut en faire.
Que penses-tu du problème de la Catalogne, qui se rapproche quelque peu de ce qu’a vécu la Corse et le vit encore ?
(Un grand silence) Les Catalans, comme les Corses, ne l’oublions pas, sont des peuples qui ont été humiliés dans leur Histoire. Ils vivent avec ce traumatisme, c’est fondamental de le reconnaître. Ils ont su se reconstruire et ce n’est pas en les réprimant parce qu’ils votent, que ça s’arrangera. Au contraire ça ne peut que renforcer la violence et le divorce.
Par ailleurs, être indépendant, est-ce la solution ? Je ne vois pas comment un drapeau peut les aider, d’autant qu’ils n’auront pas plus de pouvoir. Ce sont les multinationales qui gèrent le monde.
Les Catalans sont un peuple qu’on a voulu détruire, comme les Corses. Mais si l’on veut s’en sortir on ne peut le faire qu’ensemble, France/Corse, Catalogne/Espagne.
L’humain est aveuglé par le pouvoir et l’argent et ce n’est pas dans la séparation qu’on trouvera le bonheur. »

Le bonheur, la paix… Ce disque est un bel exemple, un bel hymne. Un hymne aussi à la diversité linguistique.
C’est un magnifique témoignage que nous apportent Jean-François et ses Mouflons.
Un grand message d’humanité.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photo de JFA : Christian Servandier
I Muvrini en tournée, à Marseille au Silo le 8 mars 20h30

Opéra de Toulon

Vendredi 13 octobre 20h – Dimanche 15 octobre 14h30
Le Palazzetto Bru Zane et l’Opéra de Toulon présentent
MAM’ZELLE NITOUCHE (1883)
Vaudeville-opérette en 3 actes d’Hervé – Livret de Henri Meilhac et Albert Millaud
Direction musicale Jean-Pierre Haeck
Mise en scène Pierre-André Weitz, assisté de Victoria Duhamel
Costumes, scénographie et maquillage Pierre-André Weitz
Assisté de Pierre Lebon et Mathieu Crescence
Production Bru Zane France – Coproduction Opéra de Toulon – Angers Nantes Opéra –
Opéra de Limoges – Opéra de Rouen Normandie – Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie
Avec : Lara Neumann, Eddie Chignara, Antoine Philippot, Damien Bigourdan, Samy Camps, Olivier Py, Pierre Lebon, David Ghilardi, Piero (alias Pierre-André Weitz), Miss Knife, Sandrine Sutter, Clémentine Bourgoin, Ivanka Moizan
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon

 Mam'zelle Nitouche-1

L’organiste Célestin, professeur de musique au Couvent des Hirondelles où il a pour élève la jeune Denise de Flavigny, devient chaque soir « Floridor », compositeur à succès de musique légère.
Attirée par les feux de la rampe, Denise suit son mentor et se fait bientôt rebaptiser « Mam’zelle Nitouche », chanteuse à succès. C’est sous ce déguisement qu’elle séduit son propre fiancé, le lieutenant des dragons Fernand de Champlâtreux.

PIERRE-ANDRÉ WEITZ
Mise en scène, costumes, scénographie et maquillage

Mam'zelle Nitouche-6

Pierre-André Weitz fait ses premiers pas sur scène au Théâtre du Peuple de Bussang à l’âge de 10 ans. Il y joue, chante, fabrique et conçoit décors et costumes jusqu’à ses 25 ans. Parallèlement, il étudie à Strasbourg l’architecture et rentre au conservatoire d’art lyrique. Pendant cette période, il est choriste à l’Opéra National du Rhin.
En 1989, il rencontre Olivier Py. Il réalise depuis tous ses décors et costumes. De cette collaboration décisive va naître une pensée de scénographie où les changements de décor sont dramaturgiques et revendiqués comme chorégraphie d’espace. Il signe plus de 150 scénographies depuis ses 18 ans avec divers metteurs en scène au théâtre comme à l’opéra (Jean Chollet, Michel Raskine, Claude Buchvald, Jean-Michel Rabeux, Ivan Alexandre, Jacques Vincey, Hervé Loichemol, Sylvie Rentona, Karelle Prugnaud, Mireille Delunsch, Christine Berg…).
Cette recherche sur l’espace et le temps le pousse à se produire comme musicien ou comme auteur sur certains spectacles. À l’Opéra de Paris dans Alceste de Gluck, il dessine pendant trois heures tous les décors en direct affirmant ainsi une esthétique picturale de l’éphémère ; métaphore de la musique.
Sa première mise en scène à Strasbourg est une recherche de l’espace et du temps, jouant trois fois de suite la Soeurinette d’Olivier Py dans trois dispositifs différents et trois esthétiques différentes créés avec vingt scénographes. Il prouve ainsi que la scénographie peut changer le sens et l’essence d’une oeuvre sans la trahir.
Il enseigne cette discipline depuis vingt ans à l’école Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Samedi 21 octobre 20h
«PASTORALE»
Par l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon dirigé par Dmitri Liss
Piano : Yulianna Avdeeva
DMITRI LISS direction musicale

Dmitri Liss est diplômé du Conservatoire de Moscou où il étudie avec Dmitri Kitaenko, directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Moscou. Dmitri Liss commence à travailler avec cet orchestre en tant qu’assistant. Après avoir obtenu son diplôme en 1984, il devient chef de l’Orchestre Symphonique de Kuzbass. En 1995, Dmitri Liss remporte le premier Concours International des Jeunes Chefs d’orchestre «Lovro von Matacic» à Zagreb. Il est depuis directeur musical et principal chef de l’Orchestre Philharmonique de l’Oural. Entre 1997 et 1999, il est le principal chef russe de l’American-Russian Young Orchestra, puis de 1999 à 2003, chef associé du Russian National Orchestra. Il effectue des tournées aux États-Unis, Canada, Japon, Corée, Taiwan et dans de nombreux pays d’Europe. En tant que chef invité, il se produit dans de prestigieux festivals et de nombreuses salles avec les orchestres russes comme l’Orchestre National Russe, l’Orchestre Philharmonique de Moscou, l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, le Grand Orchestre d’Etat Tchaïkovski ainsi que de nombreux orchestres de l’ex-URSS. Il a également dirigé l’Orchestre National de France, l’Orchestre National de Lille, le KBS Symphony Orchestra (Corée), le Bergen Philharmonic Orchestra, le Trondein Symphony Orchestra, le Dutch Radio Symphony Orchestra, l’Orchestre de la Résidence de la Haye, l’Orchestre National d’Ile de France… Il se produit avec de grands solistes comme Mstislav Rostropovich, Mikhail Pletnev, Andrey Gabrilov, Gidon Kremer, Wynton Marsalis, Yuri Bashmet, Alexander Kniazev, Shlomo Mintz, Akiko Suwanai, Natalia Gutman, Cyprien Katsaris… Il est invité dans de nombreux festivals internationaux prestigieux tels que : La Folle Journée de Nantes et Tokyo, le Festival de Radio France et Montpellier, le Festival de La Roque d’Anthéron, le Festival Europalia, le Festival of the World’s Symphony Orchestras à Moscou…
Dmitri Liss a enregistré de nombreux CD parmi lesquels l’intégrale des concertos de Rachmaninov avec le pianiste Boris Berezovsky.

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YULIANNA AVDEEVA piano
Yulianna Avdeeva commence ses études de piano à l’Académie Russe de Musique Gnessine avec Elena Ivanova et Vladimir Tropp, elle intègre ensuite la Hochschule der Künste de Zurich où elle étudie avec Konstantin Scherbakov, puis l’Académie Internationale de Piano du Lac de Côme où elle reçoit l’enseignement de William Grant Naboré, Dmitri Bashkirov et Fou Ts’ong.
Après avoir remporté plusieurs concours internationaux, dont celui de Brême en 2003 et de Genève en 2006, elle se distingue en 2010 lorsqu’elle reçoit le Premier Prix du Concours Chopin de Varsovie. Elle est alors la première femme à obtenir ce prix depuis Martha Argerich en 1965. Elle poursuit depuis lors une exceptionnelle carrière qui l’amène à se produire en récital sur les plus belles scènes du monde et en soliste avec des orchestres renommés : NHK Symphony Orchestra, Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin, Royal Stockholm Philharmonic, Finnish Radio Symphony, London Philharmonic Orchestras, Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, Orquestra Sinfônica do Estado de São Paulo, Tchaikovsky Symphony Orchestra, Orchestre Symphonique de Montréal, Orchestre National de Lyon, Orchestre de chambre d’Europe…
Chambriste accomplie, elle joue régulièrement avec la violoniste Julia Fischer, la Kremerata Baltica ou les membres de la Philharmonie de Berlin. Le répertoire de Yulianna Avdeeva s’étend de Bach aux compositeurs du XXe siècle. Elle a collaboré avec des chefs tels que Frans Brüggen, Sir Neville Marriner, Kent Nagano, Vladimir Fedosseïev, Marek Janowski…