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Il était une fois… Zélie la pirate

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Zélie a 15 ans. Elle est la fille du capitaine-pirate MacPherson et de de sa femme Bella Rossa.
Elle a, d’après son père, le «sale» caractère de sa mère,  qui tient les galeries Laplayette, son père dont elle a l’énergie, le courage et la détermination de devenir pirate.
C’est le gentil marin Barbemolle qui veille sur elle avec beaucoup de difficulté et qui a offert à la jeune adolescente un superbe perroquet géant qu’elle a baptisé Hashtag. Bien entendu, dans l’histoire qui va vous être contée, il y a un prince charmant peut-être pas si charmant que ça, du nom de Charles de la Mare de l’Etang Sec, pirate diplômé, élégant, ambitieux et comme par hasard amoureux de Zélie qui n’en a que faire. N’est pas Cendrillon, Aurore ou Blanche Neige qui veut ! D’autant que le beau Charles, second du capitaine Macpherson, n’a rien moins l’intention que de prendre sa place. Et pour cela, il faut qu’il s’empare de leur mascotte : Hashtag.
Drôle d’histoire concoctée par un quatuor de jeunes artistes qui ont inventé l’histoire, mis en image, mise en paroles et mis en musiques.

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Il s’agit d’Aurélie Cabrel (la fille de…), auteure, compositrice, interprète, qui a déjà sorti deux albums depuis ses débuts en 2011. Esthen Dehut, son mari, compositeur, rencontré à Astaffort où Francis Cabrel a créé ses rencontres dans son village, et qui a collaboré aux deux albums de sa compagne. Bruno Garcia est réalisateur. Il a réalisé des séries comme «Sous le soleil», «Section de recherches», «Cassandre», «Camping Paradis» et bien d’autres. Enfin, Olivier Daguerre, grand musicien et compositeur, lui aussi issu d’Astaffort et ayant déjà collaboré avec Francis Cabrel pour le CD pour enfants «L’enfant porte», paru en 2010.
Ces quatre mousquetaires nous offrent dont ce livre-CD distribué par Baboo Music dont l’histoire est très drôle, les illustrations magique signées Aurélie Cabrel et Guylaine Lafleur et les chansons que, sans nul doute, les enfants vont très vite chanter. C’est un magnifique cadeau de fin d’année dont Aurélie Cabrel nous parle.

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«Aurélie, voici longtemps qu’on n’avait plus entendu parler de vous !
Oui, ça fait à peu près trois ans que le public ne m’a pas vue… Je vous rassure, la famille et les amis ont continué à me voir ! Mais, bon, j’ai entre temps donné naissance à Raphaël, mon second enfant, je n’ai pas arrêté de faire et d’écrire des projets avec Esthen Dehut, mon conjoint, nous avons fait repartir Baboo Music et bossé entre autre sur la production de deux artistes : Allan Védé dont le premier single «Rayon d’or» sortira le 4 décembre et Mayou, un artiste franco-brésilien…
Avez-vous aussi pensé à votre troisième album ?
Non, pas du tout, je me suis occupée de nos productions, je me suis un peu oubliée en tant que chanteuse mais c’est bon de s’occuper des autres, de faire preuve d’altruisme.
Vous dites avoir remonté votre maison de production Baboo Music… Vous l’aviez arrêtée ?
Non, nous l’avions mise en sommeil à cause d’abord des concerts et aussi de la naissance de notre premier enfant. Mais, confinement oblige, nous avons décidé de la faire repartir et nous avons produit le premier single d’uAllan Védé, Mayou et nous avons d’autres projets.
Et vous ? Un troisième disque à venir ?
Non, ce n’est pas d’actualité, nous avons préféré faire preuve d’altruisme et de produire de jeunes artistes. Je me suis un peu oubliée mais ça reviendra en temps utiles !
Par contre, durant ce confinement, nous avons fait un pont Internet avec mon père.

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C’est-à-dire ?
Nous avons travaillé sur la communauté Internet, Instagram, Facebook et mis en ligne tous les jours une chanson de mon père que nous avons filmée. Lui, ce n’est pas son truc, alors on l’a fait pour lui !
Alors, parlons de ce beau livre disque que vous nous proposez : «Zélie la Pirate». Comment est-il né ?
A la naissance de notre première fille, je cherchais, comme toutes les mamans, des histoires à lui raconter avec de la musique. J’avais en mémoire les disques de Chantal Goya qui racontait de jolis contes en musique, «Emilie Jolie», les histoires d’Henri Dès… Curieusement, je ne trouvais rien. Il y a plein de jolis livres, plein de jolis disques mais pas de conte musical avec une belle écriture, de belles musiques. Je me suis alors dit : Et pourquoi je n’écrirais pas un conte musical avec un esprit d’aventure, de légèreté, un état d’esprit enfantin et imaginaire ?
J’ai donc appelé des copains. Il y avait déjà Esthen, sont venu nous rejoindre Bruno Garcia et Olivier Daguerre, nous nous sommes mis tous les quatre autour d’une table et avons commencé à cogiter.
Aviez-vous déjà une idée de là où vous vouliez aller ?
Nous nous sommes très vite mis d’accord sur le fait que ce conte devait autant toucher les garçons que les filles, ce qui n’est pas toujours le cas. Très vite nous avons pensé à une aventure de pirates dont l’héroïne serait une fille…

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Aurélie & Zélie

A partir de là, comment vous êtes-vous distribué les tâches ?
Justement, nous ne nous sommes rien distribué, tout avons tout fait ensemble : nous avons échafaudé le squelette de l’histoire, nous avons inventé les personnages, écrit la narration et les dialogues à quatre. Il n’y a que pour les chansons où nous nous sommes divisés en duos. Mais des duos interchangeables au fur et à mesure de l’écriture. C’était vraiment un travail intime, fusionnel, nous étions tous les quatre sur la même longueur d’onde et nous avons signé à quatre à la SACEM dans une parité totale des droits d’auteurs.
Pour les illustrations, vous n’êtes que deux : vous et Gylaine Lafleur… Et c’est du bel ouvrage !
Merci, c’est gentil. Gylaine est québécoise et nous avions déjà travaillé ensemble sur un thème musical qu’hélas nous n’avons pas pu concrétiser.
Comme elle habite au Canada, nous avons travaillé ensemble par skype. Le problème est qu’avec le décalage horaire de six heures, je travaillais la nuit avec elle… Et je travaillais le jour à Paris : Des journées de 24 heures !
Guylaine a compris très vite et exactement ce que je voulais et ça a donné, je crois, de magnifiques illustrations.
Justement, c’est tellement réussi qu’on verrait très bien Zélie devenir une héroïne de film d’animation… et même d’un spectacle musical sur scène. Y avez-vous pensé ?
Evidemment, à force de voir et d’écouter, on y a forcément pensé. Pourquoi pas ? Ce serait une autre belle aventure !
Alors surprise, vous racontez l’histoire, vous êtes dans les chœurs mais vous auriez pu être Zélie, non ?
Non… Je suis Aurélie, je ne suis pas Zélie, même si le personnage commence à me ressembler !
Ça a été clair dès le début ; je ne suis pas comédienne et il faut savoir s’arrêter au bon moment et laisser la place à ceux qui savent faire afin de servir le projet au mieux. Même si je parais un peu timbrée, je considère Zélie comme une artiste que je produis et qui existe vraiment !

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Bon, vous êtes quand même fière et heureuse de ce bel objet ?
Vous savez, tout artiste a un égo plus grand que les autres et à chaque fois qu’on fait un album on pense que ce sera l’album du siècle ! Ce n’est pas rien d’assumer d’être artiste. Il faut y croire, sinon ce n’est pas la peine de le faire. J’ai rarement vu un artiste dire que son projet était mauvais… Dans ce cas, pourquoi le faire ?
Alors oui, je suis heureuse et fière de ce qu’on a fait.
Et le papa ?
Celui d’Aurélie ou de Zélie ?!
Oui le papa d’Aurélie est content et fier comme tout père est fier de sa progéniture.  Mais quand même, il a aimé et reconnait le talent de l’équipe. D’ailleurs il m’a offert une préface très touchante. Ça m’a d’autant plus touchée que c’est un peu une espèce de passation. Mais ça m’a plus touchée que ce qu’il avait pu dire sur mes disques».

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Vous pouvez commander le livre sur www.zelielapirate.com

 




Sanary-Théâtre Galli
Marcel AMONT… «Je reviendrai pour mes 100 ans !

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Je suis de la génération dite «yéyé», mais, dans les années 50, j’étais bercé par les chanteurs que ma mère écoutait : Trenet, Cordy, Amont et autres.
Sans savoir que, des années plus tard, je deviendrais ami avec ces deux derniers…Et que je retrouverais les deux comparses sur les tournées «Âge Tendre» et fêterais avec eux leurs 80 ans. Tout ça ne nous rajeunit pas, ma bonne dame !
« Bleu, blanc, blond», «Tout doux, tout doucement», «Le clown», «Le chapeau de Mireille», «Le mexicain», «L’amour ça fait passer le temps»… Il en a fait des succès, le père Miramon… On n’appelait pas encore ça des tubes !
Et le voici sur la scène du Théâtre Galli, en pleine répétition car, très consciencieux, il fera, ce qu’on appelle aujourd’hui «Les balances». Les termes changent, les coutumes restent les mêmes pour le vrai professionnel qu’il reste à 92 ans… Pardon, 91 ans et demi, me précise-t-il en riant !
«Et toujours bon pied bon œil,  lui dis-je en riant de même après la répet’
Bon… disons-le vite… On n’est pas à un mensonge près ! Mais il ne faut pas s’attendre à ce que je fasse des galipettes sur scène… Ça, c’est fini.
On n’aura donc pas droit à votre légendaire équilibre sur la chaise, comme vous le faisiez encore sur la tournée «Âge Tendre»… à 80 ans ?
Depuis, il s’est passé quelques années et je suis entré dans une zone de turbulence… Attention : je ne dis pas que je ne suis plus capable de le faire mais ça devient plus dangereux et, il faudrait quelqu’un pour me réceptionner au cas où je me casse la gueule !. Mais je vous jure que je peux encore le faire !
Ça vous fait combien d’années de spectacles aujourd’hui ?
Professionnellement, 70 ans. J’ai commencé en 49 à Bordeaux, je suis «monté» à Paris en 50. J’ai galéré quelques années en chantant dans des bals, des cabarets, tous les lieux où je pouvais chanter.
A l’époque vous ne faisiez pas de disques…
Non, bien sûr et il n’y avait pas de promos télé ou de sites face book comme aujourd’hui. Il fallait faire ses preuves sur scène d’abord. J’avais commencé dans un orchestre à Bordeaux où je faisais mes études car mes parents, qui étaient des gens modestes mais instruits, espéraient que je devienne instituteur ou même professeur. Mais j’ai vite dévié vers le conservatoire et quand je leur ai avoué que je voulais devenir chanteur, ils étaient catastrophés.
Mais moi, écoutant à la radio Georges Ulmer, Montand, Salvador, je savais que je voulais faire «ça»
Et vous avez fait «ça» !
Au départ, j’imitais Montand et ça marchait mais je me suis très vite rendu compte que si je voulais réussir, je devais me démarquer. Comme j’étais très sportif, j’ai commencé à chanter en marchant sur les mains, à faire des équilibres. Du coup j’ai été remarqué et je suis passé à Bobino, à l’Olympia avec Edith Piaf. Et je suis heureux que mes parents aient pu voir ça.
Toujours sans disque ?
J’ai enregistré mon premier disque en 56. Cela grâce au prix d’interprétation que j’avais gagné à Deauville en 53. Et là, les portes ont commencé à s’ouvrir.
Et puis sont arrivées les années «yéyé»…
Oui, ce qui a balayé beaucoup de choses dans ce qu’on n’appelait pas encore «le show business».
Je voyais naître avec curiosité Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, le rock… C’était si loin de moi…
Et alors ?
Alors, j’ai continué à chanter dans le monde entier où je représentais la chanson française que l’on appréciait.

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Tournées « Âge Tendre »

C’est pour cela que vous avez écrit la chanson «Démodé» ?
Si l’on veut car comme je ne me suis jamais senti à la mode, je ne me suis jamais senti démodé. Déjà, jeune, à Bordeaux, je n’étais pas à la mode. Je chantais des chansons qui passaient à la radio. Mais même dans les années 60, je pouvais concevoir qu’on aime écouter Brassens et Sheila. Je n’ai jamais eu d’à priori, nous sommes tous des artistes et chacun nous avons notre style.
C’est pour ça que vous avez accepté les tournées «Âge Tendre» ?
Oui, bien sûr et ça ne m’a jamais gêné de chanter entre Richard Anthony et Gilles Dreu. Et puis, il y avait ma copine Annie Cordy… (Silence). Quand je pense qu’elle nous a quittés alors qu’elle pétait le feu… Ça me rend triste…
Mais pour en revenir à la chanson «Démodé», je l’ai aussi faite car je ne supporte pas le mot «ringard» trop souvent employé pour des vieux chanteurs. A la limite, je préfère «Has been», c’est plus juste, on a été… et on est toujours là ! Je suis un ancien qui peut être possiblement démodé !
Mais vous chantez toujours, c’est bon signe !
Vous savez, l’énergie vient de l’intérieur et tant que je l’ai, cette énergie, je continue.
Donc, vous reviendrez fêter vos cent ans ?
Pourquoi pas… si je ne sucre pas les fraises !»

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Photos Christian Perrin

16 heures. Après un bon repas, voici notre ami sur scène.
La démarche est incertaine, la voix un peu hésitante mais il est là et commence à nous raconter sa vie… Il abrège car 92 ans, ce serait trop long ! Entre deux chansons il va nous à la raconter, parlant de ses amis comme Brassens qui, alors qu’il était dans la mouise, lui a offert «Le chapeau de Mireille», Aznavour qui lui a écrit «Le mexicain». Avec eux d’ailleurs, il nous offrira deux duos virtuels. Il nous parle de son tournage avec Bardot, qui l’a beaucoup fait salivé, de sa rencontre avec de Gaulle qui lui a assuré qu’il était «un bon chanteur», le tout agrémenté de ses chanson que le public, qui a son âge, reprend avec lui. Mais à travers les âges, il chante le Forestier,  Cabrel, Souchon, Julien Clerc qui lui ont écrit des chansons et avec lesquels il a fait un CD de duos. Entre autre le dernier duo qu’Aznavour ait enregistré avant de disparaître et un duo avec son fils Mathias.
C’est vrai, il se meut avec une certaine lenteur, la voix, quelquefois, a du mal à sortir, il a des trous de mémoire mais, tel un vaillant petit soldat, il ne se démonte pas, réagit avec humour, même lorsque le micro tombe en panne et que, en vrai pro, il comble le vide en attendant qu’on lui en ramène un autre.
«Ça valait la peine de répéter une heure !» dit-il en riant et le public… est bon public et marche avec lui. Et lui fait une ovation.
Tout ça est terriblement bon enfant, nostalgique et émouvant et on ne peut que saluer la performance.
En partant, il nous dit : «A bientôt… peut-être. Qui sait ?»

Jacques Brachet



Nicolas LAURENT :
Une comédie musicale, un single, un album

COMMUNIQUÉ BROADWAY

Il a tout juste 21 ans, il est beau, souriant, talentueux et il s’est fait connaître à 17 ans en tenant le rôle principal de la comédie musicale «Un été 44».
Ce jeune marseillais, chanteur, danseur, comédien, auteur, compositeur, est déjà de la graine de star et le revoici, mûri et prêt à tout pour concrétiser en solo ces débuts prometteurs. Après la comédie musicale qui l’a lancé, il n’est pas resté sans rien faire puisqu’il a décidé de continuer le chemin tout seul comme un grand en écrivant et composant ses propres chansons. Des chansons qui, durant le confinement, l’ont fait réfléchir sur le monde et qu’il a voulu partager avec son public :
«Mon premier album, que je produis de façon indépendante, aborde des sujets politiques souvent complexes, avec pour objectif de les vulgariser, de les rendre accessibles grâce
à une musique qui se veut émouvante et populaire. Mon premier single est une présentation de cette démarche artistique. C’est un titre qui donne envie de bouger car je souhaitais qu’il pousse ses auditeurs à se relever et à changer les choses quand ils se sentent en décalage avec le monde qui les entoure».
Ce titre, qu’il a donc écrit et composé, a été arrangé par Dino Sirius, que l’on connait pour avoir longtemps travaillé avec Vianney, Joyce Jonathan et Zaz.
Ce premier single est plutôt énergique et entraînant. Il s’intitule «Broadway», a une rythmique entraînante et mêle Français et Anglais, comme c’est de plus en plus courant chez les chanteurs français.

1 COMMUNIQUÉ BROADWAY

Il y dénonce les difficultés que ces derniers peuvent rencontrer lorsqu’ils tentent de percer. Un thème d’actualité renforcé par problématique que pose la Covid-19 vis à vis des spectacles vivants.
«J’avais envie d’un single qui défende l’importance des originaux. La première chose que le confinement a pu nous apprendre, c’est que les artistes, en nous permettant de nous divertir, participent à notre survie. Les aides pour les intermittents visant le soutien de leur carrière semblent plus que jamais nécessaires. Face à la crise sanitaire mondiale, mettre en avant l’importance de l’art et la rigueur que sa pratique nécessite, me semble essentiel.»
L’album solo est prévu pour 202 et s’intitule «Le Monde est en cartoon». Il y dénonce sans tabous la violence du monde contemporain : immigration, terrorisme, individualisme, syndrome de Peter Pan, acharnement médical, réseaux sociaux, et perte des cultures locales. Un album résolument engagé, qui entend bien faire parler de lui.
Fort de ses nombreuses expériences, il vient de créer une association, «Broadway Of  Life», qui défend la solidarité dans les disciplines du spectacle vivant et il monte aujourd’hui, en partenariat avec cette association, un spectacle qui reviendra sur les comportements que l’industrie du show-business peut engendrer.
Sur YouTube vous pouvez découvrir «Broadway», un clip très joyeux, très coloré, qui donne la couleur de ce que sera ce premier album dont nous vous reparlerons.

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Jacques brachet





Juliette GRECO : «J’aime décliner le verbe aimer»

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Décidemment cette année verra disparaître de magnifiques artistes.
Après mon amie Annie Cordy, voici que disparaît celle qui fut la muse de Saint-Germain des Prés et qui devint l’une de nos plus grandes interprètes de la chanson française. On avait Piaf, on avait Barbara, il nous restait Gréco… Et la voilà partie aussi.
Elle fut l’une des plus belles interprètes que puissent avoir les auteurs et compositeurs qu’elle a toujours choisis sans jamais se tromper et souvent alors qu’ils étaient peu ou prou connus, de Brel à Béart, de Ferrat à Gainsbourg, de Ferré à Fanon, de Brassens à Leprestre… Et puis elle chanta Vian, Dimey, Prévert, Queneau, Sartre, Sagan, Jean-Claude Carrière, Mouloudji, Trenet, Jouannest… C’était encore la période où la chanson française possédait ses lettres de noblesse.
Mais elle s’intéressait beaucoup à la chanson d’aujourd’hui, comme Julien Clerc ou Etienne Roda-Gil, Maxime le Forestier, Bernard Lavilliers ou  encore Abd El Malik avec qui elle chanta.
Chacune de ses chansons avait une histoire qu’elle nous distillait avec gourmandise, avec sensualité, en grande comédienne qu’elle était, avec une gestuelle d’une finesse et d’une grâce incroyables : «Déshabillez-moi», «La Javanaise», «Voir un ami partir», «Si tu t’imagines», «Un petit poisson, un petit oiseau», «Je suis comme je suis», «Les feuilles mortes», «Il n’y a plus d’après», «Jolie môme»… La liste est longue de ces chansons, de ces petits bijoux qu’elle nous a offerts durant… 70 ans ! Incroyable !

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Avec Micheline Pelletier et Jacques Higelin

Elle était une magnifique comédienne mais le cinéma ne l’a pas gâtée, à part une incursion américaine avec Darryl Zanuck avec qui elle vécut, Huston, Fleisher, Welles… Mais ce ne fut pas l’ouverture à une carrière qu’elle aurait mérité… Même après la série télé «Belphégor» qui, pourtant, enflamma la France. Mais sa carrière d’interprète, de diseuse est tellement dense, riche, belle qu’il n’y a rien à regretter.
Je l’ai rencontrée à diverses reprises, en tant que journaliste mais le souvenir qui me reste fut cette journée que la Ville de la Valette du Var consacra à la période de Saint-Germain-des-Prés où elle fut l’invitée d’honneur, où elle donna un récital le soir et où elle rencontra le public l’après-midi. Rencontre que j’eus la chance d’animer.
Ce fut un feu d’artifice de bons mots, d’élégance, de liberté dans le langage car elle appelait un chat un chat et nous fûmes sous le charme car elle avait des souvenirs à la pelle, et, suite à cette rencontre, elle me félicita de mes connaissances de cette époque et d’avoir tenu deux heures avec elle…

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Et elle m’embrassa sur la bouche ! Ce sont des choses que l’on n’oublie pas !
Puis je devais la rencontrer souvent à Ramatuelle où, lorsqu’elle n’y chantait pas, elle venait voir les amis en voisine, s’étant établie dans ce village pour lequel elle eut le coup de foudre. Elle ne m’embrassa plus sur la bouche mais souvent nous avons partagé une coupe de champagne !
Alors que cette semaine, la Villa Tamaris recevait Yann Arthus-Bertrand, invité par l’association «L’œil en Seyne», sa présidente, qui n’est autre que Jacqueline Franjou, également présidente du festival de Ramatuelle me parla bien sûr d’elle avec beaucoup d’émotion :

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« Juliette venait chanter en 85 et dès notre rencontre une relation amicale s’instaura, qui a duré 35 ans. En 86, elle m’appelle pour me dire qu’elle a l’intention d’acheter un terrain à Ramatuelle et voudrait rencontrer l’architecte qui a créé le théâtre, Serge Mège. A quelque temps de là, elle s’installe donc dans sa villa avec son compagnon Gérard Jouannest qui est musicien et fut le compositeur et le pianiste de Jacques Brel avant de devenir le sien.
Et puis un jour, elle m’appelle pour m’annoncer leur mariage, et me demande de la marier (j’étais alors adjointe à la mairie) et d’être à la fois son témoin. Tu vois à quel point notre lien d’amitié était devenu un lien familial.
Plus tard, alors que Gérard ne voulait pas en entendre parler, avec quelques amis nous lui avons offert une chienne de race qu’elle nomma Rosebud. Aujourd’hui elle doit être bien malheureuse car elles ne se quittaient pas et elles dormaient ensemble.
Que gardes-tu de toutes ces années d’amitié ?
Tellement de choses !
C’était une personne d’une grande simplicité, qui aimait les gens mais détestait les sots. Elle avait le sens du mot et pour toute chose, son langage devenait poétique. Chez elle, les mots prenaient une vie assez étrange. Elle avait toujours un petit air malin et ses mains étaient d’une grâce infinie. Elle avait travaillé avec Marceau, avait fait de la danse et tout cela ressortait.
Elle avait gardé des yeux d’enfant et cherchait des réponses à tout.  «J’aime décliner le verbe aimer» m’avait-elle dit un jour. Mais souvent, elle nous offrait de belles phrases, des expressions comme celle-ci.

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C’était une guerrière, une chanteuse engagée. Elle était profondément corse est avait une liberté de vie et d’expressions invraisemblable. Mais elle avait su rester simple, dans la vie au quotidien elle était une personne ordinaire, elle ne joua jamais à la star.
Brel, Ferré, Brassens, tous l’ont faite chanter et je me souviens de cet hommage que nous avons consacré à ces trois artistes et qu’elle a voulu présenter elle-même. C’était magique…
Aujourd’hui elle me manque beaucoup et j’espère qu’elle aura des obsèques nationales car s’il en est une qui le mérite, c’est bien elle ».
A 90 ans passés, elle avait décidé d’arrêter de chanter et de faire une grande tournée d’adieu, intitulée « Merci » car, disait-elle, elle ne voulait pas qu’on la voit  affaiblie ou décatie. Malheureusement, elle dut arrêter cette tournée en chemin et elle se calfeutra chez elle, ayant déjà perdu sa fille et son mari.
Elle sera enterrée le 5 octobre à Saint-Germain-des-Prés d’où tout est parti… Voilà plus de 70 ans…

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Jacques Brachet



Six-Fours – Maison du Cygne
Gautier CAPUCON, le prince des violoncellistes

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On le sait, la Maison du Cygne, lieu magique six-fournais, accueille depuis son ouverture des plasticiens, peintres et sculpteurs, de prestige.
Elle y accueille aussi nombre d’événements entre sa galerie et son jardin remarquable mais jusqu’ici aucun grand concert n’avait eu lieu.
Et voilà que nous arrive, le plus talentueux, le plus romantique des musiciens mondialement connu : le violoncelliste Gautier Capuçon.
On avait vraiment envie, en cette période incertaine, d’un tel événement même si celui-ci, pouvait, d’un refus du préfet, être annulé et si, surtout, l’annonce d’un orage imminent pouvait annuler la fête.
Il n’en a rien été, même s’il fallut limiter le public qui était très demandeur et très nombreux et si l’orage éclata à minuit, alors que tout était terminé !

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Dans l’après-midi, l’on vit donc arriver ce musicien, pas grand par la taille mais immense par le talent, venu répéter avec son pianiste Samuel Parent.
A la fois très concentré et très souriant, il salua les petits violoncellistes en herbe venus du conservatoire,  invités à assister aux répétitions et durant une heure il répéta méthodiquement, allant de la scène à la salle afin de tester le son tant on sait qu’un concert en plein air est plus délicat que dans une salle adéquate.
A la fin de la répétition, tous ces mini-artistes, les yeux brillants mais hélas le sourire caché par ces maudits masques, purent l’approcher, lui parler, faire des photos, demander des dédicaces. Ils avaient en face d’eux leur dieu de la musique qu’ils avaient suivi durant toutes les répétitions en mimant ses gestes, comme s’ils avaient leur violoncelle entre les mains !
Fabiola Casagrande, adjointe aux Affaires Culturelles, eut le loisir de discuter avec cet artiste d’une grande simplicité, souriant et rieur derrière son masque qu’on enleva quelques secondes pour faire une photo, ce qu’il fit sans problème… ce qui nous changea de certains artistes d’aujourd’hui  (pas dans le théâtre ni la musique classique mais surtout dans la chanson) pour lequel il faut trois laisser-passer et dix autorisations pour faire une photo qu’ils demandent d’envoyer à l’attaché de presse avant de la publier !

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Là, c’est en toute simplicité qu’il s’est plié à toutes nos demandes, avant d’aller ce préparer et se concentrer pour son concert.
Déjà, le public affluait devant la barrière, avant de pouvoir venir s’installer sur les chaises qui avaient été réservées depuis l’annonce de ce concert exceptionnel. De nombreux élus étaient présents, dont Jean-Sébastien Vialatte, maire de Six-Fours et son épouse et peu à peu tout le monde trouva sa place… hormis tous ceux qui n’avaient pu en avoir et s’agglutinèrent à la barrière.
La nuit tombant, notre bel artiste s’installa, accompagné de son pianiste et nous offrit un brillant concert. Il avait choisi la première sonate pour violoncelle et piano en mi mineur de Brahms (Brahms n’en signa que deux) suivie de la sonate pour violoncelle et piano de Chostakovitch.

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Concert écouté dans un silence religieux. Et pour finir, un éblouissant Czardas des danses hongroises de Monti, souleva le public.
Le cocktail, servi dans les jardins, put se dérouler sans problème et ce fut un beau final pour un concert sensationnel auquel on aurait regretté de ne pas pouvoir assister.

Jacques Brachet



Toulon – Festival «Présences Féminines»

Nous vous l’avions promis, le festival Présences Féminines 2020 existerait d’une manière ou d’une autre. C’est donc une édition plus réduite et respectueuse des consignes sanitaires en vigueur, que nous vous proposons et pour laquelle nous vous donnons rendez-vous du 12 au 20 octobre prochain !
L’équipe du festival

Cosmicomiche

La compositrice en résidence
Nous n’avons pas complètement manqué notre rendez-vous avec la compositrice Edith Canat de Chizy qui sera bien des nôtres pour cette édition reportée ! Sa résidence au festival sera notamment marquée par la création de trois de ces œuvres : le 14 octobre avec l’ensemble Hélios et Françoise de Maubus au musée national de la Marine de Toulon, le 17 octobre à La Garde avec le quatuor Van Kuijk et le 20 octobre avec l’accordéoniste Pascal Contet.
Programme
Lundi 12 octobre,  Concert réservé aux scolaires

Conservatoire TPM Toulon / 10h et 14h30 :
«Chant de coton» – conte musical – Cécile Brochoire comédienne – Michaël Dian piano
Mardi 13 octobre, Conférence & projections
Conservatoire TPM Toulon / 18h30

Conférence : « Comment vivre sans inconnu devant soi ? » suivi de la projection du portrait documentaire « Edith Canat de Chizy, un portrait ». Edith Canat de Chizy compositrice – Michèle Tosi musicologue
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Mercredi 14 octobre ,Concert
Musée national de la Marine, Toulon / 20h
Ensemble Hélios – Françoise de Maubus harpe
De 8 à 15€
Vendredi 16 octobre, Concert
Théâtre Marélios, La Valette / 20h

Récital de piano Célia Oneto Bensaid
De 7 à 15€
Samedi 17 octobre, Concert
Chapelle médiévale, La Garde / 20h

Quatuor Van Kuijk : Nicolas Van Kuijk violon ; Sylvain Favre-Bulle violon Emmanuel François alto ; Anthony Kondo violoncelle
De 8 à 15€

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Dimanche 18 octobre, Journée non-stop
Musée national de la Marine, Toulon / De 10h à 19h

Compositrices au long cours et…contes de fées
Une journée organisée en partenariat avec le Musée national de la Marine de Toulon pendant laquelle musique et contes de fées côtoieront grands mats et histoires de marins !
Laetitia Cottave, hautbois & Olga Bondarénko, piano ; Lisa Heute, accordéon & Gabriella Bannura-Péhu, alto  – Duo Hælix ; Claire Laplace, piano ; Aniana Malalaharisoa, soprano & Léa Garnier, piano ; Marie-Louise Duthoit & Anna Veyrenc, conteuses.
Tarif unique 8€
Mardi 20 octobre, Concert  
A Musée national de la Marine, Toulon / 20h
Pascal Contet accordéon – Isabel Villanueva alto & François Dumont piano
De 8 à 15€
Samedi 21 novembre, Opéra contemporain   « LE Cosmicomiche »
Salle Jedrinsky de la Diacosmie, Nice / 16h
Deux opéras de poche de Michèle Reverdy. D’après deux nouvelles extraites de Le Cosmicomiche d’Italo Calvino : « Un segno nello spazio » et « Tutto in un punto ».
Léo Warynski direction, Victoria Duhamel mise en espace, Emily Cauwet-Lafont costumes et accessoires, David Simon-Deshais lumière, Mélanie Boisvert soprano, Albane Carrère mezzo-soprano, Francesco Biamonte baryton
Coproduction Opéra de Toulon, Festival Présences Féminines & Le Liberté, scène nationale de Toulon
12€ et 5€ pour les étudiants
Infos / Billetterie sur www.presencesfeminines.com
Réservation par e-mail : resapresencesfeminines@gmail.com
Réservations par téléphone (à partir du 1er septembre) : 06.13.06.06.92

 

Festival de musique de Toulon

Afin de vous accueillir dans le respect des consignes sanitaires en vigueur, les concerts initialement prévus les 5 et 12 septembre à 17h Place Puget se dérouleront Place des Savonnières (proche de la Place de l’Équerre et de la rue Pierre Semard). Ils sont «entrée libre» ;

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Programme de musique française :
Samedi 5 septembre 17h : «Made in France !»
Quintette de cuivres Ad Libitum Brass (Pascal Reymond & Stéphane Roux, trompettes, Serge Baudry, tuba, Mickaël Steinman, trombone, Didier Huot, cor. Un voyage du 19ème siècle à nos jours, avec des pièces d’Offenbach, Ravel, Debussy, Fauré, Satie et autour de chansons françaises de Nougaro, Gainsbourg, Montand, Edith Piaf…
Samedi 12 septembre 17h : Clarinettes, piccolo et compagnie.
Sextuor de clarinettes de la Musique des Equipages de la Flotte (Frédérique Besnard, Caroline Aubert,Christophe Sicard, Mathias Letourneur, Jean-Baptiste Legrand, Sylvain Thérond.
Du classique au jazz, en passant par les musiques folkloriques : les six musiciens explorent le vaste potentiel offert par la grande famille des clarinettes, de la petite clarinette à la clarinette contrebasse.


Six-Fours – La Collégiale
Amadeus et Matheus : «Jupiter», l’apothéose

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Troisième volet de ce Festival de la Collégiale avec la symphonie N°41 de Mozart, dite «Jupiter», qui fut l’ultime symphonie de cet illustre compositeur. Elle fut écrite en 1788. Il mourut en 1791.
De l’avis général de tous les musiciens et compositeurs, elle est considérée comme la plus grande symphonie jamais composée à cette époque.
Et c’est ce que Jean-Christophe Spinosi nous offrit en feu d’artifice final avec l’ensemble Matheus.
Tout d’abord il dut préciser qu’ils allaient jouer dans le cadre normal de la collégiale, c’est-à-dire dans la nef, comme il le fait habituellement.
Mais le projet originel était de faire participer tout le public en disposant les musiciens disséminés autour et au milieu des spectateurs. Hélas, faute encore à ce maudit virus, cela ne put se faire et l’on devait donc avoir un spectacle «normal».
Mais avec Jean-Christophe, la normalité étant rarement à l’ordre du jour, il nous offrit, avant  l’interprétation de cette symphonie, un prologue fort intéressant et fort brillant.
Tout d’abord, il devait faire la comparaison entre Mozart et Haydn qui fut en quelque sorte le père spirituel de ce premier. Pour cela, il vint au milieu des spectateurs pour nous donner une magistrale leçon de musique, extraits d’œuvres à l’appui. Puis il nous expliqua l’œuvre de Mozart qu’ils allaient jouer en ajoutant qu’à chaque fois qu’il décider d’interpréter une œuvre, avant de répéter, il en faisait de même avec ses musiciens afin qu’ils s’en imprègnent, au-delà de la partition.
Ce fut un joli moment où passion et humour furent de la fête.

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Puis vint le moment attendu : «Jupiter», roi des dieux et des cieux dont Mozart, au faîte de son génie musical, écrivit une œuvre, puissante et bien évidemment, notre ami Spinosi nous en offrit la substantifique moelle avec une force, une énergie jubilatoires qui galvanisa ses musiciens et le public.
La preuve en est qu’on n’avait jamais vu le chef trempé de la tête aux pieds, le cheveu dégoulinant, la chemise mouillée plaquée sur le corps.
Ce fut un moment intense où l’heureux public en resta abasourdi.
Mais le spectacle n’était pas fini car, avouant qu’il avait du mal à quitter ce lieu qui lui est devenu très cher et pour remercier le public venu malgré la pluie et le Covid il joua les prolongation et nous offrit une œuvre de Haydn, aussi forte que celle de Mozart, nous expliquant encore avec amusement, comment ces deux œuvres pouvaient être comparées et nous offrant un suspense réitéré à plusieurs reprises, le public applaudissant croyant que c’était fini et Jean-Christophe relançant la machine, avec la complicité de tout son orchestre.
Jolie récréation et final incroyable que le public, debout, applaudit à tout rompre.
Il faut dire que Spinosi ajouta que c’étaient ses premiers concerts depuis le confinement, que durant tous ces mois où les festivals étaient déprogrammés les uns après les autres, il avait beaucoup souffert de ne pas jouer et de ne plus rencontrer le public. C’est certainement ce qui fit qu’en cette ultime soirée, il se déchaîna et ne voulait plus quitter ce lieu qui est aujourd’hui sa deuxième maison.

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On se souviendra longtemps de ce moment de grâce qu’il nous offrit alors que nous étions aussi frustrés que lui d’être privés de concerts.
Merci à lui et à la mairie d’avoir maintenu ce festival qui nous a faits vivre d’intenses moments… Ça nous avait tellement manqué !

Jacques Brachet


Six-Fours, festival de la Collégiale, deuxième :
Magnifique Magnificat

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Nous avions démarré ce festival de la Collégiale avec la première des premières de l’opéra de Vivaldi «L’Olimpiade» de Vivaldi, que Jean-Christophe Spinosi est venu créer avec l’orchestre Matheus.
Cadeau extraordinaire qu’il a fait à la ville de Six-Fours dont il est aujourd’hui le fidèle résident estival. A noter qu’il vont parcourir la France dans des formes différentes, jusqu’aux Jeux Olympiques de Paris auxquels ils pourraient participer.
Affaire à suivre…
Alternant la générale gratuite avec les concerts, voilà que la seconde soirée est encore consacrée à Vivaldi dont il est un fervent admirateur et un extraordinaire interprète : le fameux «Magnificat».

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Pour cela, il avait doublé les équipes, aussi bien des musiciens que des chœurs de l’ensemble vocal «Millésimes» et des solistes, la nef de la Collégiale étant juste suffisante pour y faire entrer tout ce monde. Tout comme les spectateurs venus en nombre malgré le covid qui plane toujours sur nos têtes.
Ce «Magnificat» est l’une des œuvres les plus connues de Vivaldi et Spinosi et les siens en ont fait un moment somptueux qui restera inoubliable.
Avec sa fougue habituelle, il a mené sa troupe à la baguette avec tellement de conviction que tous furent parfaits… magnifiques, n’ayons pas peur de ce jeu de mots, à tel point que les spectateurs, Monsieur le maire et son épouse en tête, subjugués, leur offrirent une longue, très longue ovation, debout.

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Mais Jean-Christophe, avant cet incroyable chef d’œuvre de Vivaldi, nous offrit une mise en bouche en invitant Stéphane Fuget, qui interpréta un concerto de clavecin de Bach.
Le clavecin résonnant dans ce lieu sacré fut un grand moment de recueillement dans une interprétation magistrale.

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Stéphane Fuget est pianiste, organiste, claveciniste chef d’orchestre, enseignant, il travaille avec les plus grands, joue sur les grandes scènes internationales, Bach, Haendel, Lully, Vivaldi, Charpentier, Monteverdi… Les Baroques n’ont plus de secrets pour lui, il nous a montré sa virtuosité dans ce concerto en ré mineur de Bach et on l’a également retrouvé dans ce «Magnificat».
Bref, ce fut une grande, très grande soirée et l’on attend évidemment avec impatience la troisième, consacrée à la symphonie «Jupiter» de Mozart.
Merci à la Ville de Six-Fours, d’avoir eu le courage de ne pas supprimer ce festival qui a aujourd’hui dépassé le Var, devenant un incontournable de la vie musicale estivale.

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Jacques Brachet



Six-Fours – Collégiale : VIVALDI, SPINOSI & L’Olimpiade

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«L’Olimpiade» est un opéra baroque que Vivaldi créa en 1734, d’après Herodote et sur un livret du poète Metastase (On ne choisit pas son nom !)
L’histoire se passe durant les jeux olympiques il y a 2000 ans et Vivaldi y a ajouté une histoire d’amour. Donc, ces jeux se jouent à travers un mélodrame un peu abracadabrant où nombre de protagonistes entrent en jeu, ce qu’il peut être difficile à suivre lors d’un concert et non d’un opéra.
C’est à cette œuvre que notre ami Jean-Christophe Spinosi s’est attaquée pour la septième mouture du festival de la Collégiale de Six-Fours que nous avons eu la chance de ne pas voir disparaître cette année, comme nombre de festivals. Mais bien entendu, avec des mesures draconiennes et une collégiale à moitié pleine pour cause de coronavirus.
Plaisir de retrouver notre ami musicien et chef d’orchestre comme chaque année, avec toujours un programme original dont cette Olimpiade qui a une belle histoire.

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D’abord, nous explique-t-il, ce n’est pas pour rien qu’il s’est attaqué à cette œuvre peu ou mal connue car il a pensé que dans quatre ans, si tout va bien, auront lieu les Jeux Olympiques à Paris. Et il a décidé de proposer cette œuvre en ouverture de cet événement.
«Mais –ajoute-t-il – cette œuvre aura plusieurs versions car elle nécessite au départ beaucoup de monde, chanteurs et musiciens et comme nous espérons la jouer durant ces quatre années, un peu partout et le plus possible, nous devrons nous adapter aux lieux comme nous l’avons fait ce soir qui, je le précise, est la première des premières, que nous avons réservée à Six-Fours. D’ailleurs, nous avons fait notre premier filage aujourd’hui, notre première générale ce soir et notre première demain soir !» (Nous sommes le 24 août).
Nous avons donc eu la joie  d’assister à la naissance d’une œuvre que, je l’avoue, je ne connaissais pas.

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La musique est somptueuses, les voix* magnifiques et Jean-Christophe, pour la compréhension de l’histoire un peu compliquée et chantée en Italien, a trouvé une façon originale en faisant appel à un beau comédien, Emanuel Daumas qui joue avec plein d’humour et de fougue, un journaliste commentant les épreuves des JO, avec tous les aléas d’un direct et toutes les péripéties qui s’ensuivent au cours des épreuves où se mêle le sport et une intrigue amoureuse très particulière.
C’est du grand art que maîtrise avec le brio, l’énergie et la passion  qui le caractérisent notre  ami devenu incontournable de ce moment musical annuel six-fournais.
Dommage que ce virus ait un peu perturbé la manifestation, le nombre de places étant limité pour respecter la distance barrière.
Au cours de ce premier spectacle, l’on retrouvait avec plaisir Dominique Ducasse qui, durant des années, fut l’adjointe aux affaires culturelles et passait le relais (pour rester dans le sport !) à  Fabiola Cassagrande qui a pris la relève.
And the show must go on !

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Jacques Brachet

*Marlène Assayag, Blandine de Sansal, Ambroisine Bré, Emilie-Rose Bry, Jean-Jacques l’Anthoen, Mathieu Toulouse
Direction : Jean-Christophe Spinosi
Ensemble Matheus
Chœur de chambre Mélisme(s) dirigé par Gildas Pungier)
Prochain programme
Vendredi 28 août : «Magnificat» de Vivaldi
Samedi 29 août : Symphonie «Jupiter» de Mozart
Les concerts sont à 20h30, des navettes vous amèneront à la collégiale. Elles sont gratuites et vous attendent devant la salle Scarantino.