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Emma DAUMAS : Un grand et beau retour

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Emma Daumas, nous l’avions un peu perdue de vue, après quatre albums.
Le premier, à sa sortie de la Star Ac, «Le saut de l’ange» date déjà de 2003. Puis elle nous propose «Effets secondaires» en 2006, suivi en 2008, de son troisième album «Le chemin de la maison» et le dernier album en date sera un livre-disque pour les enfants, «Les larmes de crocodile» en 2010, où l’on y retrouve des amis artistes comme Elodie Frégé, Alain Chamfort et même Marcel Amont. Un single en 2015 «Bahia en été» et puis… plus rien… Enfin presque car elle prendra le temps de faire un bébé et d’écrire un roman «Supernova».
Mais plus de scène, plus de disques et c’est donc avec plaisir qu’on la retrouve aujourd’hui avec ce très bel album intitulé «L’art des naufrages». Un disque qui ressemble à la femme qu’elle est aujourd’hui, une femme qui a mûri, qui a eu des moments de joie, de tristesse. Adieu au rock, bonjour la pop et surtout la belle chanson française car les textes sont des petits bijoux qu’elle chante de cette belle voix inchangée. Des chansons souvent plus graves, chargées d’émotion comme «L’art des naufrages» qui a donné son nom au disque. Une chanson en hommage à Danièle Molko, éditrice, agent et amie d’Emma disparue en 2017. Après la mort, la vie, avec une belle chanson d’amour, «Nouveau monde» qui lui a été inspirée par la naissance de son bébé, une chanson en toute intimité, dans un souffle : «Joue avec moi» façon Jane Birkin. Et puis on revient un peu au rock avec les guitares saturées de «Léthé », pour se rapprocher du Brésil et de la bossa avec »Amor l’amour», «Mermaids blues» qu’elle chante dans un anglais parfait…
Emma nous propose différentes facettes de ce qu’elle est avec de la vraie, de la belle chanson française, chose qu’on entend peu en ce moment. C’est plein de délicatesse et de poésie et ce sont ses propres paroles. Et de plus, elle en est productrice !
J’avais donc très envie de parler de nouveau avec elle, ce qu’on a déjà fait quelquefois, toujours avec le même plaisir de la retrouver… même si ce n’est que par la voix.

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«Emma, cet album est un peu différent des précédents qui étaient plutôt rock.
Déjà, je me posais la question de mon style, dès le troisième album. Les deux premiers étaient plus impulsifs. Entretemps j’ai évolué, j’ai écouté beaucoup de choses différentes. Je voulais que mes chansons soient dans la lignée de la belle chanson que j’aime tout en étant très pop. Pop, ça veut dire populaire, dans le bon sens du terme et c’est aussi multiculturel, Chaque pays à une couleur pop qui lui appartient, c’est une musique qui se partage, qui voyage dans le monde et qui est inspirante. D’où mes inspirations multiples.
Je voulais justement que ce disque soit accessible à tous et en même temps, je me suis de plus en plus affirmée dans mon goût pour l’écriture. Cela, grâce à Maxime Le Forestier, avec qui j’ai travaillé et qui m’a ouvert de nouvelles portes sur l’écriture.
Parlez-moi de lui 
Nous nous sommes rencontrés sur la Star Ac’ où nous avons chanté quelques chansons ensemble. Michel Haumont, son guitariste, s’est d’abord intéressé à moi parce sa fille était fan de moi ! Il s’est créé des liens et Maxime, qui préparait un album, m’a proposé une chanson qu’ils ont écrite ensemble «La racaille» qui est sur mon premier CD.
Nous sommes toujours restés en contact, nous nous retrouvons quelquefois pour travailler.
Il m’a dit un jour : « Je veux qu’en sortant de chez moi, tu sois capable d’écrire ».
Ce que j’ai fait.
Vous parliez de vos influences qui sont très larges, allant de Michaël Jackson à… Dalida !
Ce sont deux personnes très attachantes et ce, pour diverses raisons. Tous deux ont une sensibilité très forte. Michaël Jackson a totalement modifié la façon d’appréhender la musique, le monde musical, avec une originalité, une imagination, une inventivité incroyables. C’était un artiste total. Au plus je l’écoute, au plus je l’aime. Comme David Bowie.
J’aime Dalida car elle incarne LA femme, belle, désirable, élégante. Elle était à la fois forte et fragile, puissante mais aussi faillible. On sentait ses cassures, elle était authentique et pour moi c’est une crooneuse latine ! Je suis admirative et je suis très triste de la façon dont elle a disparu.

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Une influence importante aussi : le Brésil
C’est un pays qui, dès la première approche, m’a tout de suite attirée. Ça a été pour moi une révélation.
J’ai la chance d’avoir de la famille qui y a un pied à terre et je vais m’y ressourcer. C’est d’ailleurs là que j’ai recommencé à écrire. Ces paysages, cette culture ont joué un grand rôle dans mon inspiration.
Parlez-moi de ce disque. Comment est-il né ?
J’avais commencé à travailler avec Danièle Molko lorsqu’elle est décédée. J’ai été très malheureuse car c’était une véritable amie. Je me demandais comment j’allais continuer sans elle. Elle m’a inspiré «L’art des naufrages». Cette chanson était un peu comme une résilience. A partir de là, j’ai commencé à écrire en amorçant quelque chose de plus sensible, commençant une nouvelle aventure artistique et structurée.
C’est à partir de là que vous avez décidé d’être votre propre productrice ?
Oui, c’était en quelque sorte l’ouverture vers la liberté. Je pouvais décider de tout, je prenais le temps de réaliser mes rêves.
Et de là, vous avez eu une idée carrément originale !
Oui, car j’ai décidé de travailler mes chansons et un projet est né : le concert pour une personne !
Vous pouvez expliquer ?
Je me suis installée dans une cabine de plage avec mon accordéoniste, Laurent Derobert et nous avons accueilli une personne à la fois pour lui faire écouter ces chansons. C’était très singulier mais j’ai adoré ce rapport avec un seul individu à qui je chantais mes chansons, avec qui je parlais. Ca a nourri mon interprétation.
Mais comme vous n’êtes pas à une performance originale près, vous voilà sur un autre projet tout aussi fou !
C’était en juillet 2019, au festival off d’Avignon. Je me suis installé au théâtre du Chêne Noir avec trois musiciens Céline Olivier à la guitare, Jérémie Poirir-Quinot aux claviers et Etienne Roumanet à la contrebasse. Il y avait aussi Murielle Magellan, auteure, Justine Emard, plasticienne, Nicolas Geny, metteur en scène. Nous avons créé une trame narratrice à partir de mes chansons, une scénographie, une mise en scène, une vidéo interactive.
Ça a été une expérience incroyablement enrichissante que nous avons enregistrée.

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C’était le temps du rapprochement !

Durant quelques années, vous avez donc pris du recul, fait un bébé et écrit un livre. Pour le bébé je ne sais pas mais pour le livre, avez-vous envie d’y repiquer ?
Oui, j’ai pris le virus de l’écriture ! J’ai très envie de continuer mais il faut de l’inspiration, du temps et de la discipline et en ce moment, avec le bébé, le disque, la promo et la tournée à préparer, c’est difficile.
La tournée, ce sera avec le spectacle d’Avignon ?
Non, c’est trop compliqué. Ce sera tour de chant «normal» avec des musiciens.
Et pour la promo, avec ces temps de Covid, n’est-ce pas un peu difficile ?
On arrive à s’arranger. A Paris, ça ne pose pas de problème mais on fait beaucoup d’interviews par téléphone, comme aujourd’hui»

On attend donc cette tournée avec impatience, pour se retrouver «en vrai».
En attendant, il y a ce très beau disque que je vous conseille d’écouter, toutes affaires cessantes !



NICOLETTA – Hervé VILARD… Ils chantent, ils écrivent

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J’ai rencontré Nicoletta et Hervé Vilard le même jour, je l’ai souvent raconté.
Hervé faisait partie des trois mousquetaires révélations de l’année avec Michèle Torr et Christophe, partis en tournée d’été. Nous étions en 65.
Et puis, dans les coulisses, il y avait une jeune femme joyeuse et heureuse d’être là. Elle était habilleuse d’Hervé et se nommait Nicole Grisoni.
Dès ce moment, nous avons beaucoup ri ensemble sans savoir que quelques mois après, Nicole Grisoni deviendrait Nicoletta.
Hormis avec Christophe qui était toujours un peu à l’écart je suis, dès cette tournée, devenu ami avec les trois autres.
Nous avions le même âge, nous débutions tous (moi, dans le journalisme) et de cette tournée, nous ne nous sommes jamais perdus de vue, malgré le succès de chacun. A cette époque, les artistes ne se considéraient pas comme des stars, étaient abordables et tellement heureux de ce qui leur arrivait.
J’ai donc suivi leurs péripéties, leur succès, leurs tournées, leurs galas, leurs galères et je ne compte plus le nombre d’articles que j’ai pu faire d’eux.
Les décennies ont passé, avec elles leur carrière s’est prolongée jusqu’à ce jour où, hormis Hervé qui a décidé d’arrêter de chanter, les deux chanteuses continuent leur carrière avec des fans fidèles depuis les premiers jours.

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Chacun a déjà écrit sa biographie mais aujourd’hui, hasard des parutions, Hervé et Nicoletta sortent un livre.
Hervé VILARD : «J’ai des attitudes d’hommes mais je rêve encore comme un enfant ».
Hervé en est à son troisième livre, le premier, «L’âme seule», sorti en 2006, le second, «Le bal des papillon», sorti un an après.
Chacun a fait un tel carton qu’aujourd’hui ils sont entrés dans les écoles !
Depuis longtemps il était déjà sur le troisième mais entretemps il y a eu les tournées «Âge Tendre» auxquelles il a fini par participer après avoir refusé longtemps. Mais son amie Michèle Torr a fini par le faire capituler.
Et puis, un peu lassé par le métier, il a décidé de faire ses adieux à la scène en nous offrant un ultime Olympia en 2018.
Et il termine enfin, loin de la foule déchaînée, le troisième volet de ses mémoires : «Du lierre dans les arbres» (Ed Fayard)
C’est un livre triste et nostalgique. Celle d’un homme au crépuscule de sa vie, qui a laissé derrière lui un métier qu’il a adoré mais ne lui convient plus et qui s’enferme dans la solitude du presbytère de son enfance dans le Berry qu’il achète mais dans lequel il se retrouve seul avec son chien, les habitants du village étant méfiants vis-à-vis de «la vedette» qui revient et ne trouvant de la tendresse qu’avec la vieille Simone qu’il va aimer jusqu’à sa mort.
Ce livre est une errance d’un homme désabusé, mal dans sa peau, mal dans sa vie, qui fréquente un monde hétéroclite du show biz à la haute bourgeoisie, des voyous aux personnes de passage, ramenées chez lui les soirs de beuverie. Sexe, drogue, alcool…
Le livre démarre en Amérique Latine où il s’est exilé. Il va y perdre sa compagne et l’enfant qu’ils attendaient dans un accident. Du coup, il revient à Paris retrouver un métier qui l’a oublié mais il va y revenir en force en rencontrant Toto Cotugno qui lui offrira de grands succès : «Méditerranéenne», «Nous», «Reviens», «Venise pour l’éternité»…
Il retrouvera le village de son enfance dans ce presbytère qu’i rachète et rénove, où l’abbé Angrand l’a élevé et a été sa famille de substitution. Mais là encore, il ne se sent pas à sa place, les habitants le boudent, les fans le harcèlent… Il y a Simone et son chien qui le retiennent à un semblant de bonheur.
Et puis il y a des morts autour de lui : sa mère, Blanche, qu’il a retrouvée,
Dalida, Marguerite Duras, des amis très chers, puis Son chien, Simone… «La mort m’agrippe par les cheveux» écrit-il. Il n’a plus rien à faire en ce lieu qu’il revendra.
L’écriture est toujours magnifique, même si le livre est un peu décousu,  e surtoutt très sombre, à l’image de sa vie. Il laisse errer ses pensées qui ne sont pas des plus gaies et l’on sent un homme profondément triste, marqué par son enfance, solitaire, qui n’aura eu en fait de bonheur que sur scène. «Sur scène je me livre, à défaut de me révéler» écrit-il encore.
J’ai souvent rencontré Hervé et l’on avait eu l’occasion de parler de ses deux premiers livres qui avaient eu le succès que l’on connaît et qui lui avaient donné des moments de grand bonheur.

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Hervé, te voilà donc devenu écrivain ?
« C’est un bien grand mot par rapport aux grands écrivains qui existent. Disons que je suis un chanteur qui écrit. Ce virus de l’écriture, tu sais, il y a longtemps que je l’ai puisque, si j’ai pu écrire ce livre, c’est grâce à tous ces cahiers que je n’ai jamais cessé de remplir depuis mon plus jeune âge. Et ça m’a bien servi pour remettre les événements dans leur contexte et avec les dates certifiées Mais j’ai mis du temps à sauter le pas en me posant beaucoup de questions.
Lesquelles ?
D’abord, il me fallait les années, la maturité car écrire sa vie, il faut l’avoir vécue, c’est quelque chose de très singulier et des livres de chanteurs, il y en a des tonnes et tous ne sont souvent qu’anecdotiques avec quelques photos souvenirs au milieu.
Tant qu’à faire quelque chose, je voulais que ce soit parfait et je ne voulais pas « que » raconter ma vie. Je voulais qu’il y ait du ressenti, qu’à la limite, ceux qui ne connaissent pas Hervé Vilard puissent le lire comme un roman. Bien sûr, c’est ma propre histoire mais encore faut-il en faire quelque chose de bien, que ce ne soit pas écrit dans la douleur, que ce ne soit pas larmoyant.
Il fallait donc un temps d’assimilation et puis d’écriture, de réécriture car je suis perfectionniste… il y a quelques métaphores dont je suis content !
J’avoue que j’ai adoré ça.
A tel point que voilà ton troisième ! Comment travailles-tu ?
Je travaille et retravaille dès l’aube, en regardant par la fenêtre. C’est un très bel exercice, un travail sur soi et je prends le recul nécessaire pour écrire et relire mes carnets…
C’est quoi, ces carnets ?
J’ai pris des notes durant toutes mes tournées, mes voyages, dès le départ de  ma carrière. C’était pour passer le temps et puis, je pensais sincèrement que cette période serait éphémère, que je n’en ferais pas vraiment un métier parce que le succès était arrivé trop vite. A force, c’est devenu quelque chose d’habituel, de nécessaire. Et j’ai toujours continué !
Dans ce second volet, il était surtout question de ce succès autour de « Capri c’est fini » et de tes premières tournées… Nicoletta, Michèle Torr, Dalida, tes amies et… Claude François qui en prenait un coup !
Je voulais montrer les deux côtés de ce métier. Faire un parallèle, par exemple, entre Claude et Dalida, liés par les mêmes déracinements, les mêmes problèmes, heurs et malheurs mais dont le comportement était diamétralement opposé. Entre l’idole inhumaine et la femme de cœur. Entre la revanche et la passion du métier et au milieu, le public que l’un bafouait et l’autre adorait. Dalida était une personne humaine, sensible, qui s’intéressait aux gens, qui donnait une chance aux chanteurs comme moi, Mike Brant, Jean-Luc Lahaye. Claude avait un côté inhumain, il traitait  les gens avec qui il travaillait comme des esclaves, il ne supportait pas le succès d’autres chanteurs qu’il voyait toujours comme des ennemis. En fait, il ne pensait qu’à lui. Pour Nicoletta et Michèle, c’est la jeunesse qui nous a réunis et puis la tendresse qu’on se porte toujours.
Aujourd’hui tu as pris du recul avec le métier de chanteur. Comment le vois-tu ?

Comme on le voit tous. Sans humanité. La passion, l’amour du métier ont laissé la place au marketing. On lance une chanson, un artiste, on l’appelle d’ailleurs « produit », ce qui est significatif… Et après, il ne reste plus grand chose.
Les jeunes d’aujourd’hui, pour certains du moins, ont le même désir, les mêmes espoirs que j’avais. Mais moi je me sentais épaulé, j’avais autour de moi des gens qui me considéraient, qui m’aimaient, qui m’aidaient. Alors qu’aujourd’hui on les lâche dès que ça marche moins.
On vit une époque où tout est cloisonné. A la nôtre il n’y avait pas cette ségrégation !
Je me souviens d’une rencontre avec Brassens qui me chantait  «Capri» avec joie, de Brel lorsque j’ai chanté en première partie de son spectacle, qui était là avec son corps, ses yeux… Nous étions à Rio, il y avait 40.000 personnes et je chantais pour Brel. Il m’écoutait avec sa force, sa vérité. Ferré qui était un ange avec Nicoletta… Pour ceux-là, j’ai essayé de m’appliquer toute ma vie
Mais aujourd’hui, tout ça est en moi, avec moi et lorsque j’ai fait mon 13ème Olympia il y avait toutes ces mères qui me portaient et pour certaines… je pourrais être leur père !
Et puis je suis parti à Toronto, Chicago, New- York… J’ai quand même cinq Carnegie Hall à mon actif !… Pas mal non, après tout ce qu’on a pu dire sur moi !… Tant qu’il y aura du linge aux fenêtres, je chanterai pour ces gens et je serai fier d’être populaire.
Il faut se dire qu’on est des élus et qu’on fait le plus beau métier du monde»
Ce plus beau métier du monde, il l’a aujourd’hui occulté pour écrire et vivre sa vie d’homme laissant sa vie d’artiste derrière lui. Et devenir écrivain, même s’il préfère dire qu’il est un «chanteur qui écrit»
«Pour toi, qu’est-ce que ça représente, un livre ?
C’est un objet. Un bel, un magnifique objet. Lorsqu’on le prend, il n’y a plus de barrière entre l’auteur et le lecteur.
Mais tout ce que je te dis, c’est de la littérature. Pour moi, l’important est qu’on soit fier de moi et c’est pour ça que pour moi, remplir un Zénith ne veut rien dire. Ça ne m’intéresse pas. Je ne critique pas ceux qui le font, je n’ai pas à juger mais je préfère faire envie que pitié.
Le petit chanteur populaire a quand même chanté Brecht, Duras, Genet…
Oui et il faut être gonflé pour faire ça, non ? Et pourtant, quoi de plus naturel que de rendre ces gens magnifiques populaires ? De continuer à les faire vivre, à faire vivre leur œuvre ? Ils sont immortels.
Avec ces auteurs, j’ai l’impression d’être allé au bout de mes convictions.
Quel plus beau cadeau que de savoir que mon premier livre devient un sujet du bac, et surtout, qui aurait pu le prévoir ?
Après ça, on peut dire n’importe quoi. Je suis à la fois bouleversé et heureux et je tâche d’être à la hauteur d’un tel honneur.
J’ai des attitudes d’hommes mais je rêve encore comme un enfant « .
Un enfant blessé qui se prénommait René. Et ce René-là l’a suivi toute sa vie.

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NICOLETTA, cinquante ans de passion
Du jour où nous nous sommes rencontrés, j’ai suivi de près la carrière de Nicoletta. Carrière qui alla crescendo avec nombre de succès qui sont encore dans toutes les mémoires, de «La musique», reprise pour le générique de la Star Academy, à «Il est mort le soleil» dont son ami Ray Charles a fait une version américaine en passant par «Fio Maravilha» que lui a offert Jorge Ben «Mamy Blue» que Joe Starr a repris en duo avec elle, «Jeff» que Delon lui a demandé pour le générique du film éponyme, «Les volets clos» générique du film de Brialy que celui-ci lui a proposé, «Esmeralda» dont elle joua le rôle-titre de la comédie musicale de William Sheller… Par contre,  à cause de sa maison de disques, elle a raté le rôle de Dulcinée auprès de Jacques Brel, qui lui avait proposé le rôle de sa comédie musicale «L’homme de la Mancha»…
A ses débuts, elle fit la première partie d’Adamo, de Johnny, d’Eddy Mitchell, on ne compte pas les belles rencontres qu’elle fit, de Jimmy Hendrix à Charles Aznavour car sa voix s’adaptait à tous les genres, de la chanson traditionnelle au rock, au jazz, en passant par le gospel qui fut son premier amour et la décida à devenir chanteuse.
Depuis pas mal de temps déjà, elle continue à chanter le gospel dans les églises.
Au départ pourtant, elle était plutôt destinée aux arts plastiques car elle a un coup de crayon formidable. J’ai d’ailleurs un dessin qu’elle m’a offert.
C’est grâce à Hervé Vilard, avec qui elle partagea les mêmes galères qui la fit entrer dans la musique. Lui débutait, elle, n’allait pas tarder à le rejoindre. En attendant, elle fit plein de petits métiers, essentiellement dans des boîtes de nuit où elle pouvait pousser la voix, à tel point qu’enfin, Léo Missir, bras droit de Barclay, la découvrit.
Elle avait déjà raconté son enfance malmenée dans son livre «La maison d’en face». Petite fille savoyarde née d’un viol, sa mère étant déficiente mentale, elle avait rencontré son père par hasard, alors qu’il vivait en face de chez sa grand-mère qui l’élevait et qu’il ne voulut jamais connaître. Le seul mot qu’elle eut de lui, lorsqu’elle osa lui dire qu’elle était sa fille fut : «Et merde» !
C’est donc une belle revanche sur la vie que cette carrière magnifique qu’elle poursuit aujourd’hui. Entourée de son second mari, Jean-Christophe Molinier et de son fils Alexandre, issu de son premier mariage avec un bijoutier suisse, Patrick Chapuis. Hasard amusant, son prof de chant s’appelait le père Molinier et son prof de dessin se nommait Patrick Chapuis !
Dans ce magnifique album «Nicoletta, soul sister» (Ed Cherche-Midi), elle revient sur tous ces événements de sa vie de femme et d’artiste et c’est tout au long de ces pages qu’on remonte le temps jusqu’à aujourd’hui avec une magnifique iconographie, très souvent inédite où, de page en page, la brune Nicole Grisoni est devenue la blonde Nicoletta à la voix ample, puissante, «la seule chanteuse blanche à la voix noire» disait son ami Ray Charles !
Je me souviens d’un soir d’été où j’étais en vacances et elle en concert, dans sa Savoie natale. Après le concert où l’orage menaçait, il éclata alors qu’on était tous les deux dans la caravane. Durant une heure elle me parla de son enfance, racontant mille anecdotes marrantes même si ce ne fut pas toujours tout rose pour elle.

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D’où lui venait cette énergie ? Elle me l’expliqua :
 » La force de vaincre et d’avancer, oui, sûrement. Le talent, je crois qu’on l’a en soi et qu’il faut le cultiver mais ce n’est pas parce qu’on a été malheureux dans sa jeunesse que ça donne du talent. Il y a partout des gens qui ont du talent mais il est une chose certaine c’est que lorsque tu es dans la merde tu n’as que deux solutions : ou tu te suicides ou tu décuples tes forces pour t’en sortir, ce que j’ai fait. J’ai d’ailleurs fait les deux ! Il est évident qu’un mec qui vit dans une famille aisée, sans problème et à qui tout qui tombe tout cru dans la bouche, sera moins aguerri, plus ramolli et n’aura pas cette volonté farouche de sortir du trou. Après, ça dépend aussi de ton caractère.
Mon enfance, elle est en moi, dans mon cœur, dans ma tête. Elle ne m’a jamais quittée.
Et puis j’ai eu la chance que ça marche pour moi.
Et ça a été une période drôle et folle.
C’était la belle époque des grandes tournées !
Oui, on partait pour deux, trois mois, j’ai fait les premières parties d’Adamo, Eddy, Johnny, on s’amusait beaucoup, on était heureux de chanter. Rappelle-toi comme c’était joyeux ! Les tournées c’était quelque chose, pas comme aujourd’hui où tout le monde est coincé et se prend au sérieux.
Nous, nous faisions bien notre métier mais nous gardions du temps pour nous amuser et j’ai beaucoup de peine en pensant à C Jérôme, à Carlos, à Johnny, car on en a fait des rigolades ensemble…
Ce sont de sacrés beaux souvenirs. Aujourd’hui, le métier a beaucoup changé…Seul reste le public, fidèle et grâce à qui aujourd’hui, à plus de 50 ans de carrière, je suis toujours là. Mais c’est parce que j’ai toujours été près de lui et c’est la leçon que m’a apprise Adamo : toujours respecter le public.
Je suis rarement partie d’un spectacle sans saluer les fans, signer photos et disques… comme ne le font plus « les jeunes stars » d’aujourd’hui. Rencontrer les gens qui t’aiment et grâce à qui tu peux continuer de faire ce métier, c’est la moindre des choses, non ? Et en plus, ça me plait.
Alors, je ne fais pas de Zéniths, je fais des petites salles, des grandes salles, des salles moyennes, des églises et je suis heureuse !
Je suis devenue productrice, c’est la condition sine qua non pour continuer et pour pouvoir être maître de tout, même si les majors voient ça d’un mauvais œil et nous mettent les bâtons dans les roues car il y a de plus en plus de chanteurs qui le font !
Les radios, les télés, ne font plus beaucoup appel à nous sauf pour chanter nos sempiternels succès.
Mais aujourd’hui c’est comme ça, il faut s’y faire et prendre le bon lorsqu’il vient”.
Et c’est ce qu’elle fait

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C’était le temps des folles tournées !!!

Jacques Brachet


AGENDA

A
Gainsbourg… 30 ans…

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Francis Huster et Jérémy Banster, flics père et fils pour France 3

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Emma Daumas : un beau et grand retour

NUMEROS UTILES
AIX-en-PROVENCE
LE JEU DE PAUME : 04.42.99.12.00 – jeudepaume@lestheatres.netwww.lestheatres.net
BANDOL
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BRIANCON
THEÂTRE LA CADRAN : 04.92.25.52.52 – theatre-le-cadran@wanadoo.fr
CANNES
PALAIS DES FESTIVALS : 04.92.99.33.83 – sortiracannes@palaisdesfestivals.com
DRAGUIGNAN
THEÂTRE en DRACENIE : 04.94.50.59.59 – www.theatresendracenie.com
GAP
LA PASSERELLE : 04.92.52.52.52 – info@theatre-la-passerelle.com
GRASSE
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HYERES
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LA GARDE
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LA SEYNE-sur-MER
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LA VALETTE
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ESPACE ALBERT CAMUS : 04.94.23.62.06 – culture@lavalatte83.frwww.lavalette83.fr
LE CANNET
La Palestre : 04 93 46 48 88
LE PRADET
ESPACE DES ARTS : 04.94.01.77.34 – culture@le-pradet.fr
MARSEILLE
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LA CRIEE : 04.91.54.70.54 – www.theatre-lacriee.com
LE GYMNASE : 04.91.24.35.24 – gymnase@lestheatres.netwww.lestheatres.net
LE GYPTIS : 04.91.11.41.50 – www.theatregyptis.com
ODEON : 04 96 12 52 74   – www.contact-odeon@marseille.fr
OPERA : 04 91 55.11.10 – www.opera.marseille.fr
THEÂTRE DE LENCHE   – MINI-THEÂTRE DU PANIER : 04.91.91.52.22 – lenche@wanadoo.frwww.theatredelenche.info
LE SILO : 04 91 90 00 00 – www.lesilo-marseille.fr
THEÂTRE TOURSKY : 04.91.02.58.35 – www.toursky.org
NICE
NIKAÏA : 04 92 29 31 29 – www.nikaia.fr
PALAIS DE LA MEDITERRANEE : 04 92 14 77 00
THEÂTRE LINO VENTURA : 04 97 00 10 70
THEÂTRE FRANCIS GAG – 04 94 00 78 50 – theatre-francis-gag.org – theatre.fgag@ville-nice.fr
OLLIOULES
CHÂTEAUVALLON : 04.94.22.02.02 – www.chateauvallon.com
SANARY
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SIX-FOURS
ESPACE MALRAUX : 04 94 74 77 79 – www.espace-malraux.fr
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TOULON
LE COLBERT : 04 94 64 01 58 – www.lecolbert.fr
OPERA : 04.94.93.03.76 – operadetoulon@tpmed.org
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ZENITH-OMEGA : 04.72.32.09.29 – appel@appelspectacles.com

Par suite de la décision du gouvernement annulant ou reportant tous les spectacles, il n’y aura pas d’agenda en février… Attendons de voir la suite des événements.

CONCERTS – CHANSONS
AVRIL

Vendredi 2 avril 20h, le Dôme, Marseille : Stars 80
Samedi 3 avril 20h, Nikaïa, Nice : Stars 80
Dimanche 4 avril  19h, le Silo, Marseille : Iggy Pop
Mercredi 14 avril 20h, Espace Julien, Marseille : Dick Annegarn
Dimanche 18 avril 15h, la Palestre, le Cannet : Yannick Noah
Vendredi 27 avril 20h30, Théâtre Toursky, Marseille : Louis Chédid
Jeudi 29 avril 20h, Nikaïa, Nice : I Am
MAI
Mercredi 26 mai 20h, Zénith-Oméga, Toulon : Véronic Dicaire « Showgirl
Vendredi 28 mai 20h30, le Dôme, Marseille : Patrick Bruel
Dimanche 30 mai 18h, Zénith-Oméga, Toulon : Stars 80
JUIN
Jeudi 3 juin 20h, Nikaïa, Nice : Vitaa/Slimane « Versus »
Vendredi 4 juin 20h30, le Silo, Marseille : Carla Bruni
Lundi 7 juin 20h30, le Dôme, Marseille : Lara Fabian
Mardi 8 juin 20h30, la Palestre, le Cannet : Lara Fabian
Dimanche 13 juin 15h, Arena, Aix-en-Provence : Kids United
SEPTEMBRE
Dimanche 19 septembre 18h, le Dôme, Marseille : Christophe Maé « La vie d’artiste »
Samedi 25 septembre 20h30, le Silo, Marseille : Tryo
OCTOBRE
Vendredi 1er octobre 20h, Zénith-Oméga, Toulon : Dadju « ROA Miel Tour »
Samedi 2 octobre 20h, Arena, Aix-en-Provence : Dadju « ROA Miel Tour »
NOVEMBRE
Mercredi 3 novembre 20h, Nikaïa, Nice, Vitaa/Slimane « Versus »
Vendredi 5 novembre 20h, le Dôme, Marseille : Vitaa/Slimane « Versus »
Samedi 20 novembre 20h, le Dôme, Marseille : Section d’Assaut
Mercredi 24 novembre 20h, le Silo, Marseille : Jane Birkin « Oh pardon, tu dormais »

MUSIQUES du MONDE

JAZZ – BLUES – MUSIQUES ACTUELLES

OPÉRAS – SPECTACLES MUSICAUX
MAI
Mercredi 4 mai 20h, le Dôme, Marseille : Eric Serra « Le grand bleu »

CLASSIQUE-LYRIQUE

DANSE

HUMOUR
MARS
Samedi 13 mars 20h, le Silo, Marseille : 60 minutes avec Kheiron
Vendredi 26 mars 20h, la Chaudronnerie, la Ciotat : Vincent Dedienne
AVRIL
Jeudi 1er avril 20h, Espace Julien, Marseille : Jean-Luc Lemoine « Brut »
Vendredi 16 avril 20h30, Théâtre Galli, Sanary : Jeremy Ferrari « Anesthésie générale »
JUIN
Vendredi 11 juin 20h, Espace Julien, Marseille : Tom Villa « Les nommés sont… »
NOVEMBRE
Samedi 20 nocembre 20h30, Théâtre Galli, Sanary : « Certifié Mado »

THÉÂTRE
MAI
Dimanche 2 mai 17h, Théâtre Galli, Sanary : « Louis XVI.com » de et avec Patrick Sébastien, avec Virginie Pradal, Geneviève Gil, Jeanne-Marie Ducarré, Fred Vastaire. Mise en scène Olivier Lejeune
NOVEMBRE
Dimanche 21 novembre 17h, Théâtre Galli, Sanary : « Pair et manque » avec Vincent Lagaff et Christian Vadim

JEUNE PUBLIC – CIRQUE – ILLUSION – MAGIE












Julie ZENATTI… Un retour pop et seventies

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J’ai connu Julie Zenatti à ses débute dans la comédie musicale «Notre-Dame de Paris», puis nous nous sommes souvent rencontrés lors de promos dans le sud et jusqu’à l’été 2019 à Sanary où elle nous avait offert un superbe spectacle avec Chimène Badi intitulé «Méditerranéennes».
Autant dire que je l’ai vue grandir.
Depuis, l’année 2020 est passée avec cet affreux virus qui a mis tout le monde en quarantaine.
Mais Julie n’en a pas moins profité pour nous concocter un album, résolument pop, coloré, énergique, qui a eu du mal à sortir vu le contexte mais le voici, le voilà, tout rose, tout multicolore, intitulé «Refaire danser les fleurs» qui nous donne une pêche pas possible, très loin des chansons de soleil de son dernier album mais plutôt tourné vers son enfance et son adolescence.
Ne pouvant nous rencontrer nous nous sommes téléphoné pour en parler.

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«Julie, cette traversée du Covid, comment l’avez-vous vécue ?
Finalement pas si mal que ça car j’ai beaucoup travaillé sur cet album, j’ai eu le temps de le peaufiner, de faire des changements, des recadrages, je l’ai réinventé finalement, en attendant des conditions plus favorables.
Le voici donc, très loin de «Méditerranéennes», très dansant et dans le style imprégné des années 70… années où vous n’étiez pas née !
C’est vrai mais, toute petite, j’ai baigné dans ces années-là car j’ai des parents qui adorent la musique, la platine tournait tout le temps à la maison et toutes ces chansons de cette époque font partie de mon enfance. C’est en fait ma culture musicale, c’est une musique joyeuse, rassurante et dans ce climat d’aujourd’hui, j’avais envie de donner aux gens ce que j’avais ressenti étant gosse.
On y trouve des réminiscences de chansons de France Gall (Nos p’tits cœurs) de Véronique Sanson (Et pourquoi pas ?) et même du disco (Rien de spécial)…
France Gall, Véronique Sanson je les ai beaucoup entendues, beaucoup aimées, ce sont pour moi des voix familières et je m’y suis beaucoup identifiée car ce sont des femmes qui savent écrire, qui savent toucher au cœur. Quant au disco, il fait aussi totalement partie de ces années-là et j’en ai beaucoup écouté. Je suis donc imprégnée de tout cela et, sans vouloir les copier, c’est une sorte d’hommage.
Comment vous est venue cette idée qui est presque un concept ?
C’est une idée qui me taraude depuis longtemps mais ce n’est pas du tout dans les codes musicaux d’aujourd’hui et il est difficile d’y faire adhérer les maisons de disques. Ce n’est pas dans l’air du temps de ce qu’elles proposent, du coup, connaissant la réponse, je ne l’ai proposé à personne et j’ai décidé de le produire moi-même.
Nouvelle étape pour vous !
Tout à fait et ça m’a laissé une liberté artistique formidable, pas de règle, pas de code, liberté totale de décider, de faire des erreurs, de revenir en arrière. C’était devenu nécessaire pour moi et cohérent avec la vie que j’ai aujourd’hui.

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Il y a beaucoup d’auteurs-compositeurs nouveaux autour de vous… Comment ce sont fait ces rencontres ?
A part da Silva avec qui j’avais travaillé pour l’album «Blanc», ces rencontres se sont faites comme on les fait dans un café, autour d’une table ou un ami vous présente un ami qui vous présente un ami. C’est un peu comme ça que ça s’est passé et je me suis peu à peu entourée d’une équipe d’artistes très divers de ma génération, que je ne connaissais pas au départ.
Beaucoup d’ailleurs sont des hommes qui ont déjà écrit pour des femmes…
Mais pas que… puisqu’il y a Sylvie Hoareau du groupe Brigitte, qui n’avait jamais écrit pour d’autres. Il y a Barbara Pravi que j’adore, qui écrit des chansons qui pour moi, sont l’héritage de la vraie chanson française comme au temps de Piaf. Elle a grandi avec cette musique «d’Antan», je suis fière de notre travail et je lui souhaite bonne chance puisqu’elle fait partie des sélectionnés pour le prix Eurovision de cette année.
Il y a Martin Rappeneau, fils du réalisateur Jean-Paul Rappeneau et de la réalisatrice Elisabeth Rappeneau. Il écrit surtout des musiques de films mais je le connais depuis longtemps car nous avons travaillé tous les deux avec Rose.
Mais je tiens à préciser que ce ne sont pas des auteurs-compositeurs qui écrivent «pour» les femmes : au contraire, ils laissent la place aux femmes, ils ne leur imposent rien, ils les accompagnent avec leur savoir-faire, leur talent, leur écoute. Ce ne sont pas des mentors mais des collaborateurs qui travaillent dans la liberté totale et dans un total esprit d’équipe.
Comment avez-vous travaillé avec eux ?
Je suis à 99% auteur-compositeur et lorsqu’ils arrivent je leur fait écouter ce que j’ai écrit, ils y ajoutent des éléments, ils complètent, ils démontent quelquefois la chanson et on finit l’histoire ensemble.
Je suppose qu’en écrivant ces chansons vous avez donc pensé aux chanteurs de cette époque ?
Evidemment car ils sont toujours là. La preuve dans «Pour nos p’tits cœurs» où j’évoque Johnny et France Gall.
«Comment elle fera la France sans France et Jojo ?
Comment elle danse, danse le rock et le slow ?
Comment elle fera la France pour nos p’tits cœurs qui flanchent ?
Comment elle fera la France sans France et Jojo ?
Comment elle danse, danse le rock et le slow ?
Comment elle fera la France pour soigner nos bobos ?»

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Rencontre à Aix-en-Provence (Photos Christian Servandier)

Alors, aujourd’hui, tout est compliqué : les tournées reportées, les promos limitées. Comment faites-vous ?
Je dirais : je fais avec. Je fais beaucoup de promos par téléphone, le 4 février je ferai un concert en streaming afin de pouvoir retrouver mon public, en virtuel bien sûr mais ce sera quand même du live. Ce sera un spectacle très particulier.
Et puis, si tout rentre dans l’ordre je ferai un spectacle à la cigale, une tournée en France reportée en juin, selon les conditions et je suis déjà en 2022 où est prévu un spectacle le 6 février au Trianon.
Comment allez-vous composer ce nouveau spectacle ?
Comme je l’ai toujours fait, en mêlant les anciennes chansons que le public attend et les nouvelles. C’est comme un repas entrée-plat-dessert ! Depuis le temps j’ai évolué, les choses ont évolué et j’ai toujours envie de me surprendre et de surprendre le public. Je vais donc imbriquer ces nouvelles chansons avec celles de «Méditerranéennes» et les plus anciennes qui sont incontournables, qui appartiennent aux gens et dont je ne peux pas faire l’impasse.
Mais c’est passionnant de reconstruire un spectacle, de construire une histoire».

En attendant de la retrouver sur les routes (elle devrait passer en juin au théâtre Julien de Marseille) retrouvez notre jolie Julie grâce à ce disque plein de belles mélodies, de chansons émouvantes, quelquefois nostalgiques, dansantes aussi,  qui ressemblent à la femme qu’elle est aujourd’hui avec les souvenirs de l’enfant qu’elle a été, tant le passé construit le présent et l’avenir.
Un très joli moment de musique, de fraîcheur… dont on a tant besoin aujourd’hui !

Jacques Brachet


Vladimir COSMA – Vincent-BEER-DEMANDER
Grégory DALTIN – Alberto VINGIANO
Classique ou moderne ?

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Vladimir Cosma, on ne le présente plus tant ses musiques de films ont marqué le cinéma français, de «Rabbi Jacob» à «La gloire de mon père», en passant par «La boum», «Le grand blond», «Diva», «Le père Noël est une ordure» et bien d’autres, sans parler de deux tubes monumentaux pour des séries TV «L’amour en héritage» et «Châteauvallon».
Nana Mouskouri, Herbert Léonard mais aussi Marie Laforêt, Guy Marchand, Mireille Mathieu, Lara Fabian, Nicole Croisille… Que de belles voix, l’ont chanté.
Les plus grands musiciens ont joué avec lui : Chet Baker, Stéphane Grapelli, Jean-Luc Ponty, Ghorghe Zamfir, Ivry Giltis… Il a même composé un opéra autour des œuvres de Marcel Pagnol «Marius et Fanny» qu’ont interprété Roberto Alagna et Angela Gheorghiu.
Si ce compositeur prolifique, ce franco-roumain est connu pour ses musiques de films, il n’en est pas moins l’auteur de musiques dites «classiques».
Mais classique, lyrique, moderne… Où est la frontière ?
Vladimir Cosma n’en a pas et peut composer à son gré des chansons, des musiques folkloriques ou autres… Musiques avec un grand M.
Et il nous l’a prouvé tout au long de sa carrière impressionnante.
Il y a quelques temps d’ailleurs, il nous avait proposé un disque «24 caprices pour mandoline solo» (Larghetto Music) composé pour Vincent Beer-Demander, où l’on retrouvait  mélopées, ballades, gavottes, sérénades quelquefois issues de ses célèbres musiques de films.

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Il récidive avec Vincent Beer-Demander sur ce disque : «Suite populaires et œuvres pour mandoline et accordéon» (Larghetto Music), l’accordéoniste étant Grégory Daltin, de disque étant scindé en quatre volets : «La suite populaire» qui regroupe six danses qui se rapprochent de l’univers roumain de Cosma qui compose là un univers folklorique imaginaire allant de l’Italie à la Provence en passant par… la Transylvanie. Le «Concerto méditerranéen», c’est un désir de Beer-Demander dont le thème tourne autour de la Provence, qu’ils aiment tous les deux et où l’on retrouve le thème de «Marius et Fanny». «Fantaisie concertante» date de 1940 mais n’a pas perdu de sa jeunesse et de sa vigueur et surtout de sa virtuosité, sur des rythmes mêlés de tango, de mazurka, de pizzicato. Enfin «Cinéjazz» est le thème revu et corrigé de trois musiques de films : «Le dîner de cons», «Le jouet», «Le bal des casse-pieds» où l’o retrouve la verve jazzistique du compositeur. Et l’on comprend pourquoi les plus grands musiciens de jazz ont joué avec Cosma car il y prouve, là encore, son talent.
Voilà pour l’ami Vladimir, que j’ai eu l’occasion de rencontrer, que j’avais même invité au festival du premier film de la Ciotat et qui était d’une jeunesse et d’une énergie incroyables. J’en garde de jolis souvenirs.

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Et puis, revenons à Vincent Beer-Demander qui, avec un autre comparse, le guitariste Alberto Vingiano nous prose «La dolce vita» (VBD), une belle ballade italienne à travers les plus belles musiques de films des plus grands compositeurs italiens. On y retrouve «La vità è bella» de Nicola Piovani, «Cinema paradiso» ou encore «Le bon, la brute et le truand» d’Ennio Morricone, «Il padrino» (le parrain) de Nino Rota, «Omaggio a Fellini» de Simone Lanarelli… Et beaucoup d’autres grands compositeurs moins connus en France mais tout aussi magnifiques.
Alors qu’on connait ces musiques interprétées par de grands orchestres, on les retrouve ici épurées et intimistes avec ce son italien qui nous renvoie, avec ces deux instruments à cordes, aux années 40/50 qui leur donnent un côté à la fois désuet et nostalgique et nous revoient à ces promenades à travers l’Italie à cheval sur la fameuse Vespa. De très jolis moments musicaux… italianissimes !

Jacques Brachet




Rika ZARAÏ . Avec tout son amour

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Cette année 2020 aura décidément été une année désespérante.
Sans parler des gilets jaunes, du Covid, des attentats, les salles de spectacles fermées, il y a e une hécatombe d’artistes magnifiques qui nous ont quittés et ce dernier mois ne nous a laissé aucun répit.
La dernière en date est Rika Zaraï.
J’ai très peu rencontré Rika Zaraï. Deux, trois fois peut-être mais à chacune de ces rencontres, je garde un souvenir chaleureux comme c’est rare dans ce milieu même si, à l’époque, les artistes étaient très accessibles.
Mais, rencontrer Rika, c’était rencontrer le soleil, le sourire, la gentillesse. J’ai rarement eu affaire à une artiste aussi abordable, aussi volubile car elle aimait les rencontres, elle aimait parler et une interview avec elle devenait très vite une conversation à bâtons rompus, comme si l’on parlait à une amie que l’on connaissait depuis longtemps.
Sans compter que le visage de Rika était beau et rayonnant, le sourire éclatant et si l’on se disait bonjour avec une poignée de mains, on avait droit à la bise à la sortie !
Bref, lorsque je sus qu’elle ferait partie de la tournée “Age Tendre”, je me faisais un plaisir d’aller à sa rencontre et d’ailleurs, le rendez-vous fut pris bien à l’avance et ce fut un accord sans aucune difficulté.
Elle venait alors de sortir son autobiographie “L’espérance a toujours raison” (Ed Michel Lafont) et j’avoue avoir été très ému en la lisant.
Elle me reçut dans sa loge qui sentait bon, dans un peignoir orange et elle irradiait de beauté, de chaleur humaine, de gentillesse.
Elle qui, comme Michèle Torr, n’a jamais quitté le devant de la scène, pourquoi alors faire partie d’une tournée pour ne chanter que quelques chansons ?
C’est ce qu’elle m’expliqua avec une gentillesse extrême :
«J’ai vu le spectacle à Paris que j’ai trouvé exceptionnel et c’est vrai que j’ai eu très envie de participer à cette aventure. Et l’aventure est vraiment magnifique et nous donne une sacrée banane.
Le monde que ça attire, c’est inouï et c’est la fête à chaque gala. Les salles sont enthousiastes et cette tournée est vraiment une tournée-passion. La passion qu’ont tous ces artistes de monter sur scène, de se retrouver devant le public et aussi entre nous car l’ambiance est très familiale. On fait tous partie d’un groupe, on se renvoie la balle, on mange, on boit un verre ensemble, on laisse la place à l’autre. On a le temps de se parler, de mieux se connaître, de nouer des relations plus approfondies parce qu’on se côtoie journellement alors que d’habitude on se voit entre deux émissions.
J’ai l’âme tsigane et je retrouve ici ce que je faisais lorsque j’étais jeune, les tournées de mes débuts, en famille. De plus, Michel Algay nous a donné des moyens techniques magnifiques, ce qui fait que personne ne chante en play back car les conditions sont idéales. Et puis, grâce à ce beau générique nous remplissons des salles immenses qu’aucun de nous ne pourrait remplir seul….
Sans compter qu’on n’a pas, seul, toute la responsabilité du spectacle sur les épaules et ça, c’est très reposant !
C’est un peu votre nouveau service militaire !
Elle éclate de rire : Vous ne croyez pas si bien dire ! On participe à une chose commune, on s’aide les uns, les autres, on est toujours ensemble… C’est tout à fait ça. Et puis, pour faire ça, il faut avoir la fibre populaire, la gentillesse dans le cœur, l’acceptation les uns des autres… comme à l’armée !
A ce propos, on ne peut passer sous silence ce merveilleux livre de souvenirs que vous nous avez offert et qui nous a fait pleurer d’émotion : « L’espérance a toujours raison » (Ed Michel Lafon). C’est une page de votre vie mais aussi une page d’Histoire…
C’est l’histoire de mon humble petite personne qui s’est retrouvée sans le vouloir dans une tranche d’histoire très dure, très difficile à vivre. On ne savait pas qu’on vivait l’Histoire, on vivait surtout notre propre histoire et le plus important alors était de trouver une tranche de pain pour essayer d’éteindre un peu notrefaim. On cherchait à vivre, à survivre, tout simplement.
Mes parents, il est vrai, étaient très politisés et j’ai donc aussi vécu dans ce chaudron politique. C’est vrai que j’ai vécu beaucoup de choses, heureuses comme dramatiques et tout cela est revenu au fur et à mesure que j’écrivais, que je me renvoyais dans mes souvenirs. J’ai pu me rendre d’ailleurs compte que ma mémoire était intacte, exceptionnelle, même.
Avez-vous conscience, quand même, que vous avez vécu des moments historiques ?
Aujourd’hui j’ai conscience d’avoir vécu surtout un moment historique : la création d’un état, ça n’est pas rien. Maintenant je vis avec tous ces souvenirs, je me remémore combien, quelquefois, c’était dur et je me demande, si ça recommençais, si j’aurais le courage de revivre cette peur sans rien dire… Mais nous sommes libres, alors… assez pleurniché, c’est mauvais pour le moral ! Ce n’est pas en chialant que les choses se font et tous les événements qu’on vit forgent le caractère. Vivre après tout ça, c’est du bonheur, on relativise tout. On est vivant et c’est ça l’essentiel. Et puis, grâce à ces événements, j’ai connu la solidarité, la fraternité vraie, le vrai courage et l’espoir malgré tout et cela, je le garderai toujours en moi.

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Est-ce que ça vous a permis de vivre dans ce show biz qui n’est pas un monde gentils » ?
Et comment ! Et heureusement car, là aussi, j’ai fait ma guerre ! Mais beaucoup de choses passent sur moi et ça ne m’empêche pas d’aller de l’avant. Je ne dis pas que certaines choses ne m’ont pas touchée mais je suis restée étrangère à beaucoup de choses et j’ai continué à avancer. Je crois que je n’ai jamais changé, je ne suis ni amère, ni méchante. Sans vouloir me vanter je crois avoir une gentillesse naturelle qui a souvent fait tomber les armes. J’ai vécu ce que j’appelle «mes trois glorieuses», les années 60 à 90, en restant étrangère à beaucoup de choses de ce métier car je n’avais ni le temps, ni l’envie, ni l’énergie.
Je n’ai jamais fait partie d’une bande et j’ai tout assumé comme je continue à tout assumer.
C’est vrai qu’on n’a pas toujours été très gentil avec moi mais j’ai continué à avancer en sachant qu’on ne peut pas plaire à tout le monde.
Le métier a beaucoup changé… Je ne crois pas, moi, avoir beaucoup changé…»
Belle leçon de vie que nous donnait alors cette femme belle et attachante qu’était Rika Zaraï.
Quelques mois après elle était victime d’un accident vasculaire. Et c’est avec une force, une énergie et un courage qu’elle s’est battue pour reprendre une vie normale, parler et marcher à nouveau et surtout chanter,  ce qui était toute sa vie.
Elle a toujours eu cet espoir et garda un sacré optimisme jusqu’au bout.
Je l’avais appelée il y a quelques mois.
Bien entendu je lui demandai aussitôt de ses nouvelles
«On fait aller… Ce n’est pas l’idéal mais ce le sera. J’ai beaucoup d’espoir. Si j’insiste lourdement, je sais que c’est moi qui gagnerai. Comme je l’ai écrit dans mon livre, l’espérance a toujours raison !
Vous êtes toujours positive, Rika, et c’est le principal. Parlons donc de ce beau coffret de 4 CD et 100 chansons, qui vient de sortir. Comment avez-vous choisi ces chansons, tant vous en avez enregistré ?
En fait j’en ai fait plus de 1.000 et j’en ai enregistré près de 600 !
Il y a d’abord les coups de cœur, vous savez, celles que, après vingt ans et plus, vous écoutez avec toujours le même plaisir, celles qu’on trouve toujours belles et dont on retombe amoureux dès qu’on les écoute. Un refrain, un couplet et l’on sait que c’est une belle chanson. Celles dont je me souviens du studio où je l’ai enregistrée, de la robe que je portais et même du sac dans lequel étaient les partitions !
A ce point ?
Eh oui ! Le souvenir est tellement vif que je retrouve les sentiments dans lesquels je les ai enregistrées, avec lesquelles j’ai une relation fusionnelle. J’avoue que j’ai quand même été aidée par Mathieu Moulin, Elysa Rouillat et Jean-Pierre, mon mari. 600 chansons, difficile de tout écouter ! Mais certaines étaient incontournables. Par contre, je n’ai pas fait de compromis : j’écoute, je garde ou je jette et alors c’est un non absolu. C’est tellement physique, la relation avec une chanson ! C‘est un peu comme un vêtement que l’on porte parce qu’on l’aime, qu’il nous représente, parce que c’est élégant et de bon goût.
On sent tout l’amour que vous portez à votre métier…
Evidemment, sinon je ne l’aurais pas fait car c’est un métier très difficile, très dur physiquement, mais c’est un métier exaltant. Lorsqu’on l’aime, on surmonte toutes les difficultés, on ne pense pas au fait qu’il faut quelquefois se lever à 5 heures pour prendre la route ou un avion, affronter le temps ou tout autre chose. Il faut faire avec. C’est un métier envoûtant, il faut aimer les chansons, le public et chanter pour donner au public de l’amour. Et je peux chanter dix mille fois la même chanson si je l’aime et si cet amour est partagé. Impossible pour moi de chanter une chanson que je n’aime pas, ce ne serait pas sincère et le public s’en apercevrait.
Vous est-il arrivé d’enregistrer des chansons que vous n’aimiez pas ?
Ça m’est arrivé une dizaine de fois mais dès l’écoute j’ai très vite compris que c’était une catastrophe ! Dans ce cas, je savais que je ne pourrais jamais la chanter. Je ne peux pas partager une chanson avec mon public si je ne l’aime pas. C’est pour cela que ce coffret, c’est un coffret d’amour.

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Comme ce moment d’amour que vous partagez sur scène. Avez-vous le trac ?
La scène, c’est ma vie. C’est un mélange d’énergie, d’amour, de sentiments partagés. Il y a avec mon public un rapport immédiat. Dès que je suis sur scène je lui envoie des rayons bleus  et je les vois aussitôt revenir vers moi.
Le trac ? Je l’ai juste le temps de monter quelques marches et de me retrouver sur scène. Je suis dans un état second mais dès que j’entends l’orchestre et que le rideau s’ouvre, tout ça disparaît car j’ai un flot d’amour qui me fait face et je n’ai plus peur de rien.
Vous êtes positives, vous avez une âme de battante !
Je me suis toujours dit que, quoiqu’il arrive, la vie vaut la peine d’être vécue. Il y a des choses tellement belles à vivre qu’il ne faut jamais être négatif, ne jamais se laisser aller. Je pense que le plus beau mot qui existe c’est l’espoir. Il faut prendre pour exemple le peuple juif qui, depuis 3.000 ans, on ne sait pas pourquoi, a subi et continue de subir d’énormes souffrances. Et pourtant il n’a jamais perdu espoir. A tel point que leur hymne national s’intitule «Tiqvah», ce qui signifie «espoir». Et c’est cet espoir qui lui permet de vivre.
C’est pour cela que je le considère comme le plus beau mot de l’âme humaine.
En entendant ces paroles, je ne peux m’empêcher de vous demander quels sont vos projets, car vous en avez sûrement !
J’en ai deux : le projet N°1, le plus grand, le plus positif mais aussi peut-être le plus difficile c’est que j’ai décidé de remarcher normalement et de ne pas repousser la date. Ce sera à la fin de l’année. Je vais remarcher, c’est mon ordre de mission !
Mon projet N°2 est de trouver de belles chansons dont je tomberai amoureuse, de pouvoir les enregistrer pour offrir un nouveau disque à ce public que j’aime et qui m’est resté fidèle. Je le lui offrirai avec tout mon amour».
Hélas, elle n’en aura pas eu le temps et, tout comme Annie Cordy, elle nous a rendus heureux jusqu’à ce départ. Et j’en suis très triste.

Jacques Brachet


Michel MONACO à la voix de velours

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C’est un beau garçon à la voix de velours, cannois d’origine italienne avec lequel j’ai fait connaissance grâce à mon amie Mick Micheyl qui était sa marraine.
Lors d’une de nos nombreuses rencontres, Mick m’offre un disque de Michel Monaco chantant ses chansons : «Je suis sa marraine en chansons, je suis sûr qu’il va te plaire». Et en effet, cette belle voix chantant Mick, c’était un vrai plaisir à écouter.
Il fallait donc qu’on se rencontre un jour, ce qui fut fait et depuis, nous sommes devenus amis.

«Monaco est mon vrai nom – devait-il me confier – et ce sont mes grands-parents qui ont émigré en France, d’abord en Lorrainne puis éparpillés un peu partout et c’est ainsi que mes parents se sont installés à Cannes. Monaco en italien, veut dire moine, voilà certainement pourquoi j’aime chanter dans les églises ! »
Du plus loin qu’il s’en souvienne, il a toujours voulu chanter. A 20 ans, il faisait partie d’un orchestre mais il ne vivait pas encore de la musique.
«J’ai arrêté mon boulot à 25 ans et décidé de vivre de ma passion. J’ai travaillé dans une radio locale et j’aimais par-dessus tout la chanson française. Tout ce que je faisais était lié à la chanson. C’est au cours d’un stage de musique au cours duquel j’avais monté un spectacle que l’organisateur me propose de rencontrer Mick Micheyl. C’est en 90 et je vais la voir à Paris. Aussitôt le courant est passé, elle décidé de me «marrainer»… Et j’ai décidé de lui rendre hommage en lui consacrant ce disque ».

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Photos Christian Servandier

Mais il aime tous les styles de chansons, du moment que les chanteurs sont français, que les chansons sont belles et que les paroles ont un sens et c’est ainsi qu’il rend hommage à Jean Ferrat en écrivant une chanson, parmi celles du l’auteur-compositeur ardéchois : «Monsieur Jean». Il fera de même avec Joe Dassin en enregistrant «Salut Joe».
Il sait aussi s’entourer d’auteurs et de compositeurs avec qui naîtront des chansons : Alain Turban, Claude Lemesle, Didier Barbelivien, Guy Mattéoni, Jean-Jacques Lafon, Frédéric Zeitoun…
Mais depuis sa rencontre avec Mick, il n’a pas cessé de chanter, d’écrire, de composer et de parcourir les routes de France, de Belgique, de Suisse et d’Espagne où il est très connu.
Il adore, comme il me l’a dit, chanter dans les églises et c’est ainsi qu’il a partagé quelque 25 dates avec Michèle Torr. Il avait aussi entamé une autre tournée des églises avec Natasha Saint-Pier, tournée interrompue par le Covid mais qui devrait reprendre… si un jour le virus nous permet de reprendre une vie normale. Il a également en projet pour avril, une tournée en Espagne avec Chico et les Gypsies.
Il a beaucoup voyagé avec des croisières musicales parrainées par l’émission de télé «1, 2, 3 musette – 1, 2, 3, dansez» sur lesquelles il collabore.

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Sa marraine, Mick Micheyl, son amie, Michèle Torr

«Alors Michel, comment, lorsqu’on est chanteur, vit-on cette année 2020 ?
Pas très bien évidemment puisque spectacles et manifestations ont été annulés les uns après les autres. Mais j’en ai profité pour peaufiner un album que j’avais commencé avant le confinement. J’ai fini par le terminer et le voilà ! Il s’intitule «Week-end en amoureux»
Comment pourrais-tu le définir ?
C’est un mélange de chansons romantiques et nostalgiques et de chansons rythmées inspirées des pays ensoleillés. J’ai entre autre écrit une chanson en espagnol «La gitana de mi corason»
Tu chantes en espagnol… Tu parles espagnol… toi l’Italien ?
(Il rit). Oui, c’est une langue que j’aime et que j’ai apprise mais il n’est pas dit qu’un jour je fasse un disque en Italien !
Comment as-tu composé ce disque ?
J’ai écrit quelques chansons, j’en ai aussi choisies dans celles qu’on me proposait et j’ai beaucoup travaillé avec Rémi Baillat qui est le mari de Lisa Angel et que j’ai connu lors d’une tournée avec elle, organisée par Michel Algay, le producteur et créateur des tournées «Âge Tendre». Avec Lisa, sur la tournée, nous faisions quelques duos ensemble et c’est ainsi qu’on a décidé d’aller plus loin. C’est entre les deux confinements que j’ai posé ma voix sur ses arrangements. J’ai également travaillé avec Patrick Jaymes qui est auteur-compositeur avec qui j’ai eu un excellent feeling.
Les chansons sont nées peu à peu et j’ai tout confié à Rémi».

Ce disque est formidablement abouti, entre les musiques, les orchestrations et surtout des chansons dans un beau français comme on les aime et qui détonnent presque avec ce qu’on entend aujourd’hui.
Il y a ce côté délicieusement rétro et nostalgique des beaux slows d’avant, quand, dans les boîtes ou les soirées, on prenait le temps de flirter, de se serrer l’un contre l’autre. Des chansons chargées d’émotion telles «Comme une chanson de Barzotti», «Où sont passés les slows d’été ?» que caresse la voix de Michel sur fond de violons et puis, tout à coup, il nous emmène dans des chansons aux rythmes ensoleillés comme «La danseuse aux pieds nus», «Rita Caraïba», «Viens danser» et cette «Gitana de mi corazon», aux orchestrations efficaces qui en font un disque où il nous inocule le chaud et le froid, la douceur et la sensualité…
Un très beau disque où sa voix chaude nous enveloppe.

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«Aujourd’hui, alors que tout est encore arrêté, que fais-tu de tes journées, Michel ?
J’essaie de promouvoir ce disque par téléphone interposé et surtout, j’écris. Je n’arrête pas d’écrire, des chansons mais j’ai aussi démarré une livre, une sorte de biographie où je raconte mon grand-père qui a dû quitter son Italie natale, déraciné mais volontaire et courageux, qui a su se faire une place au soleil de France.
Et puis, j’espère que 2021 sera plus clément pour nous, artistes et qu’on pourra reprendre le fil de nos activités, de nos projets, retrouver le public et… revivre une vie d’artiste normale».

Propos recueillis par Jacques Brachet



Il était une fois… Zélie la pirate

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Zélie a 15 ans. Elle est la fille du capitaine-pirate MacPherson et de de sa femme Bella Rossa.
Elle a, d’après son père, le «sale» caractère de sa mère,  qui tient les galeries Laplayette, son père dont elle a l’énergie, le courage et la détermination de devenir pirate.
C’est le gentil marin Barbemolle qui veille sur elle avec beaucoup de difficulté et qui a offert à la jeune adolescente un superbe perroquet géant qu’elle a baptisé Hashtag. Bien entendu, dans l’histoire qui va vous être contée, il y a un prince charmant peut-être pas si charmant que ça, du nom de Charles de la Mare de l’Etang Sec, pirate diplômé, élégant, ambitieux et comme par hasard amoureux de Zélie qui n’en a que faire. N’est pas Cendrillon, Aurore ou Blanche Neige qui veut ! D’autant que le beau Charles, second du capitaine Macpherson, n’a rien moins l’intention que de prendre sa place. Et pour cela, il faut qu’il s’empare de leur mascotte : Hashtag.
Drôle d’histoire concoctée par un quatuor de jeunes artistes qui ont inventé l’histoire, mis en image, mise en paroles et mis en musiques.

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Il s’agit d’Aurélie Cabrel (la fille de…), auteure, compositrice, interprète, qui a déjà sorti deux albums depuis ses débuts en 2011. Esthen Dehut, son mari, compositeur, rencontré à Astaffort où Francis Cabrel a créé ses rencontres dans son village, et qui a collaboré aux deux albums de sa compagne. Bruno Garcia est réalisateur. Il a réalisé des séries comme «Sous le soleil», «Section de recherches», «Cassandre», «Camping Paradis» et bien d’autres. Enfin, Olivier Daguerre, grand musicien et compositeur, lui aussi issu d’Astaffort et ayant déjà collaboré avec Francis Cabrel pour le CD pour enfants «L’enfant porte», paru en 2010.
Ces quatre mousquetaires nous offrent dont ce livre-CD distribué par Baboo Music dont l’histoire est très drôle, les illustrations magique signées Aurélie Cabrel et Guylaine Lafleur et les chansons que, sans nul doute, les enfants vont très vite chanter. C’est un magnifique cadeau de fin d’année dont Aurélie Cabrel nous parle.

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«Aurélie, voici longtemps qu’on n’avait plus entendu parler de vous !
Oui, ça fait à peu près trois ans que le public ne m’a pas vue… Je vous rassure, la famille et les amis ont continué à me voir ! Mais, bon, j’ai entre temps donné naissance à Raphaël, mon second enfant, je n’ai pas arrêté de faire et d’écrire des projets avec Esthen Dehut, mon conjoint, nous avons fait repartir Baboo Music et bossé entre autre sur la production de deux artistes : Allan Védé dont le premier single «Rayon d’or» sortira le 4 décembre et Mayou, un artiste franco-brésilien…
Avez-vous aussi pensé à votre troisième album ?
Non, pas du tout, je me suis occupée de nos productions, je me suis un peu oubliée en tant que chanteuse mais c’est bon de s’occuper des autres, de faire preuve d’altruisme.
Vous dites avoir remonté votre maison de production Baboo Music… Vous l’aviez arrêtée ?
Non, nous l’avions mise en sommeil à cause d’abord des concerts et aussi de la naissance de notre premier enfant. Mais, confinement oblige, nous avons décidé de la faire repartir et nous avons produit le premier single d’uAllan Védé, Mayou et nous avons d’autres projets.
Et vous ? Un troisième disque à venir ?
Non, ce n’est pas d’actualité, nous avons préféré faire preuve d’altruisme et de produire de jeunes artistes. Je me suis un peu oubliée mais ça reviendra en temps utiles !
Par contre, durant ce confinement, nous avons fait un pont Internet avec mon père.

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C’est-à-dire ?
Nous avons travaillé sur la communauté Internet, Instagram, Facebook et mis en ligne tous les jours une chanson de mon père que nous avons filmée. Lui, ce n’est pas son truc, alors on l’a fait pour lui !
Alors, parlons de ce beau livre disque que vous nous proposez : «Zélie la Pirate». Comment est-il né ?
A la naissance de notre première fille, je cherchais, comme toutes les mamans, des histoires à lui raconter avec de la musique. J’avais en mémoire les disques de Chantal Goya qui racontait de jolis contes en musique, «Emilie Jolie», les histoires d’Henri Dès… Curieusement, je ne trouvais rien. Il y a plein de jolis livres, plein de jolis disques mais pas de conte musical avec une belle écriture, de belles musiques. Je me suis alors dit : Et pourquoi je n’écrirais pas un conte musical avec un esprit d’aventure, de légèreté, un état d’esprit enfantin et imaginaire ?
J’ai donc appelé des copains. Il y avait déjà Esthen, sont venu nous rejoindre Bruno Garcia et Olivier Daguerre, nous nous sommes mis tous les quatre autour d’une table et avons commencé à cogiter.
Aviez-vous déjà une idée de là où vous vouliez aller ?
Nous nous sommes très vite mis d’accord sur le fait que ce conte devait autant toucher les garçons que les filles, ce qui n’est pas toujours le cas. Très vite nous avons pensé à une aventure de pirates dont l’héroïne serait une fille…

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Aurélie & Zélie

A partir de là, comment vous êtes-vous distribué les tâches ?
Justement, nous ne nous sommes rien distribué, tout avons tout fait ensemble : nous avons échafaudé le squelette de l’histoire, nous avons inventé les personnages, écrit la narration et les dialogues à quatre. Il n’y a que pour les chansons où nous nous sommes divisés en duos. Mais des duos interchangeables au fur et à mesure de l’écriture. C’était vraiment un travail intime, fusionnel, nous étions tous les quatre sur la même longueur d’onde et nous avons signé à quatre à la SACEM dans une parité totale des droits d’auteurs.
Pour les illustrations, vous n’êtes que deux : vous et Gylaine Lafleur… Et c’est du bel ouvrage !
Merci, c’est gentil. Gylaine est québécoise et nous avions déjà travaillé ensemble sur un thème musical qu’hélas nous n’avons pas pu concrétiser.
Comme elle habite au Canada, nous avons travaillé ensemble par skype. Le problème est qu’avec le décalage horaire de six heures, je travaillais la nuit avec elle… Et je travaillais le jour à Paris : Des journées de 24 heures !
Guylaine a compris très vite et exactement ce que je voulais et ça a donné, je crois, de magnifiques illustrations.
Justement, c’est tellement réussi qu’on verrait très bien Zélie devenir une héroïne de film d’animation… et même d’un spectacle musical sur scène. Y avez-vous pensé ?
Evidemment, à force de voir et d’écouter, on y a forcément pensé. Pourquoi pas ? Ce serait une autre belle aventure !
Alors surprise, vous racontez l’histoire, vous êtes dans les chœurs mais vous auriez pu être Zélie, non ?
Non… Je suis Aurélie, je ne suis pas Zélie, même si le personnage commence à me ressembler !
Ça a été clair dès le début ; je ne suis pas comédienne et il faut savoir s’arrêter au bon moment et laisser la place à ceux qui savent faire afin de servir le projet au mieux. Même si je parais un peu timbrée, je considère Zélie comme une artiste que je produis et qui existe vraiment !

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Bon, vous êtes quand même fière et heureuse de ce bel objet ?
Vous savez, tout artiste a un égo plus grand que les autres et à chaque fois qu’on fait un album on pense que ce sera l’album du siècle ! Ce n’est pas rien d’assumer d’être artiste. Il faut y croire, sinon ce n’est pas la peine de le faire. J’ai rarement vu un artiste dire que son projet était mauvais… Dans ce cas, pourquoi le faire ?
Alors oui, je suis heureuse et fière de ce qu’on a fait.
Et le papa ?
Celui d’Aurélie ou de Zélie ?!
Oui le papa d’Aurélie est content et fier comme tout père est fier de sa progéniture.  Mais quand même, il a aimé et reconnait le talent de l’équipe. D’ailleurs il m’a offert une préface très touchante. Ça m’a d’autant plus touchée que c’est un peu une espèce de passation. Mais ça m’a plus touchée que ce qu’il avait pu dire sur mes disques».

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Vous pouvez commander le livre sur www.zelielapirate.com

 




Sanary-Théâtre Galli
Marcel AMONT… «Je reviendrai pour mes 100 ans !

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Je suis de la génération dite «yéyé», mais, dans les années 50, j’étais bercé par les chanteurs que ma mère écoutait : Trenet, Cordy, Amont et autres.
Sans savoir que, des années plus tard, je deviendrais ami avec ces deux derniers…Et que je retrouverais les deux comparses sur les tournées «Âge Tendre» et fêterais avec eux leurs 80 ans. Tout ça ne nous rajeunit pas, ma bonne dame !
« Bleu, blanc, blond», «Tout doux, tout doucement», «Le clown», «Le chapeau de Mireille», «Le mexicain», «L’amour ça fait passer le temps»… Il en a fait des succès, le père Miramon… On n’appelait pas encore ça des tubes !
Et le voici sur la scène du Théâtre Galli, en pleine répétition car, très consciencieux, il fera, ce qu’on appelle aujourd’hui «Les balances». Les termes changent, les coutumes restent les mêmes pour le vrai professionnel qu’il reste à 92 ans… Pardon, 91 ans et demi, me précise-t-il en riant !
«Et toujours bon pied bon œil,  lui dis-je en riant de même après la répet’
Bon… disons-le vite… On n’est pas à un mensonge près ! Mais il ne faut pas s’attendre à ce que je fasse des galipettes sur scène… Ça, c’est fini.
On n’aura donc pas droit à votre légendaire équilibre sur la chaise, comme vous le faisiez encore sur la tournée «Âge Tendre»… à 80 ans ?
Depuis, il s’est passé quelques années et je suis entré dans une zone de turbulence… Attention : je ne dis pas que je ne suis plus capable de le faire mais ça devient plus dangereux et, il faudrait quelqu’un pour me réceptionner au cas où je me casse la gueule !. Mais je vous jure que je peux encore le faire !
Ça vous fait combien d’années de spectacles aujourd’hui ?
Professionnellement, 70 ans. J’ai commencé en 49 à Bordeaux, je suis «monté» à Paris en 50. J’ai galéré quelques années en chantant dans des bals, des cabarets, tous les lieux où je pouvais chanter.
A l’époque vous ne faisiez pas de disques…
Non, bien sûr et il n’y avait pas de promos télé ou de sites face book comme aujourd’hui. Il fallait faire ses preuves sur scène d’abord. J’avais commencé dans un orchestre à Bordeaux où je faisais mes études car mes parents, qui étaient des gens modestes mais instruits, espéraient que je devienne instituteur ou même professeur. Mais j’ai vite dévié vers le conservatoire et quand je leur ai avoué que je voulais devenir chanteur, ils étaient catastrophés.
Mais moi, écoutant à la radio Georges Ulmer, Montand, Salvador, je savais que je voulais faire «ça»
Et vous avez fait «ça» !
Au départ, j’imitais Montand et ça marchait mais je me suis très vite rendu compte que si je voulais réussir, je devais me démarquer. Comme j’étais très sportif, j’ai commencé à chanter en marchant sur les mains, à faire des équilibres. Du coup j’ai été remarqué et je suis passé à Bobino, à l’Olympia avec Edith Piaf. Et je suis heureux que mes parents aient pu voir ça.
Toujours sans disque ?
J’ai enregistré mon premier disque en 56. Cela grâce au prix d’interprétation que j’avais gagné à Deauville en 53. Et là, les portes ont commencé à s’ouvrir.
Et puis sont arrivées les années «yéyé»…
Oui, ce qui a balayé beaucoup de choses dans ce qu’on n’appelait pas encore «le show business».
Je voyais naître avec curiosité Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, le rock… C’était si loin de moi…
Et alors ?
Alors, j’ai continué à chanter dans le monde entier où je représentais la chanson française que l’on appréciait.

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Tournées « Âge Tendre »

C’est pour cela que vous avez écrit la chanson «Démodé» ?
Si l’on veut car comme je ne me suis jamais senti à la mode, je ne me suis jamais senti démodé. Déjà, jeune, à Bordeaux, je n’étais pas à la mode. Je chantais des chansons qui passaient à la radio. Mais même dans les années 60, je pouvais concevoir qu’on aime écouter Brassens et Sheila. Je n’ai jamais eu d’à priori, nous sommes tous des artistes et chacun nous avons notre style.
C’est pour ça que vous avez accepté les tournées «Âge Tendre» ?
Oui, bien sûr et ça ne m’a jamais gêné de chanter entre Richard Anthony et Gilles Dreu. Et puis, il y avait ma copine Annie Cordy… (Silence). Quand je pense qu’elle nous a quittés alors qu’elle pétait le feu… Ça me rend triste…
Mais pour en revenir à la chanson «Démodé», je l’ai aussi faite car je ne supporte pas le mot «ringard» trop souvent employé pour des vieux chanteurs. A la limite, je préfère «Has been», c’est plus juste, on a été… et on est toujours là ! Je suis un ancien qui peut être possiblement démodé !
Mais vous chantez toujours, c’est bon signe !
Vous savez, l’énergie vient de l’intérieur et tant que je l’ai, cette énergie, je continue.
Donc, vous reviendrez fêter vos cent ans ?
Pourquoi pas… si je ne sucre pas les fraises !»

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Photos Christian Perrin

16 heures. Après un bon repas, voici notre ami sur scène.
La démarche est incertaine, la voix un peu hésitante mais il est là et commence à nous raconter sa vie… Il abrège car 92 ans, ce serait trop long ! Entre deux chansons il va nous à la raconter, parlant de ses amis comme Brassens qui, alors qu’il était dans la mouise, lui a offert «Le chapeau de Mireille», Aznavour qui lui a écrit «Le mexicain». Avec eux d’ailleurs, il nous offrira deux duos virtuels. Il nous parle de son tournage avec Bardot, qui l’a beaucoup fait salivé, de sa rencontre avec de Gaulle qui lui a assuré qu’il était «un bon chanteur», le tout agrémenté de ses chanson que le public, qui a son âge, reprend avec lui. Mais à travers les âges, il chante le Forestier,  Cabrel, Souchon, Julien Clerc qui lui ont écrit des chansons et avec lesquels il a fait un CD de duos. Entre autre le dernier duo qu’Aznavour ait enregistré avant de disparaître et un duo avec son fils Mathias.
C’est vrai, il se meut avec une certaine lenteur, la voix, quelquefois, a du mal à sortir, il a des trous de mémoire mais, tel un vaillant petit soldat, il ne se démonte pas, réagit avec humour, même lorsque le micro tombe en panne et que, en vrai pro, il comble le vide en attendant qu’on lui en ramène un autre.
«Ça valait la peine de répéter une heure !» dit-il en riant et le public… est bon public et marche avec lui. Et lui fait une ovation.
Tout ça est terriblement bon enfant, nostalgique et émouvant et on ne peut que saluer la performance.
En partant, il nous dit : «A bientôt… peut-être. Qui sait ?»

Jacques Brachet



Nicolas LAURENT :
Une comédie musicale, un single, un album

COMMUNIQUÉ BROADWAY

Il a tout juste 21 ans, il est beau, souriant, talentueux et il s’est fait connaître à 17 ans en tenant le rôle principal de la comédie musicale «Un été 44».
Ce jeune marseillais, chanteur, danseur, comédien, auteur, compositeur, est déjà de la graine de star et le revoici, mûri et prêt à tout pour concrétiser en solo ces débuts prometteurs. Après la comédie musicale qui l’a lancé, il n’est pas resté sans rien faire puisqu’il a décidé de continuer le chemin tout seul comme un grand en écrivant et composant ses propres chansons. Des chansons qui, durant le confinement, l’ont fait réfléchir sur le monde et qu’il a voulu partager avec son public :
«Mon premier album, que je produis de façon indépendante, aborde des sujets politiques souvent complexes, avec pour objectif de les vulgariser, de les rendre accessibles grâce
à une musique qui se veut émouvante et populaire. Mon premier single est une présentation de cette démarche artistique. C’est un titre qui donne envie de bouger car je souhaitais qu’il pousse ses auditeurs à se relever et à changer les choses quand ils se sentent en décalage avec le monde qui les entoure».
Ce titre, qu’il a donc écrit et composé, a été arrangé par Dino Sirius, que l’on connait pour avoir longtemps travaillé avec Vianney, Joyce Jonathan et Zaz.
Ce premier single est plutôt énergique et entraînant. Il s’intitule «Broadway», a une rythmique entraînante et mêle Français et Anglais, comme c’est de plus en plus courant chez les chanteurs français.

1 COMMUNIQUÉ BROADWAY

Il y dénonce les difficultés que ces derniers peuvent rencontrer lorsqu’ils tentent de percer. Un thème d’actualité renforcé par problématique que pose la Covid-19 vis à vis des spectacles vivants.
«J’avais envie d’un single qui défende l’importance des originaux. La première chose que le confinement a pu nous apprendre, c’est que les artistes, en nous permettant de nous divertir, participent à notre survie. Les aides pour les intermittents visant le soutien de leur carrière semblent plus que jamais nécessaires. Face à la crise sanitaire mondiale, mettre en avant l’importance de l’art et la rigueur que sa pratique nécessite, me semble essentiel.»
L’album solo est prévu pour 202 et s’intitule «Le Monde est en cartoon». Il y dénonce sans tabous la violence du monde contemporain : immigration, terrorisme, individualisme, syndrome de Peter Pan, acharnement médical, réseaux sociaux, et perte des cultures locales. Un album résolument engagé, qui entend bien faire parler de lui.
Fort de ses nombreuses expériences, il vient de créer une association, «Broadway Of  Life», qui défend la solidarité dans les disciplines du spectacle vivant et il monte aujourd’hui, en partenariat avec cette association, un spectacle qui reviendra sur les comportements que l’industrie du show-business peut engendrer.
Sur YouTube vous pouvez découvrir «Broadway», un clip très joyeux, très coloré, qui donne la couleur de ce que sera ce premier album dont nous vous reparlerons.

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Jacques brachet