Archives pour la catégorie Musique

La Seyne-sur-Mer
Art Bop – Jazz au Fort Napoléon

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Art Bop, membre de Jazz sur la Ville, propose pour 2020 un programme digne des meilleurs festivals. Du jazz, rien que du jazz, du style New Orleans le plus pur aux expressions contemporaines.
Michel Le Gat et son équipe de bénévoles dévoués à la cause jazz méritent la médaille d’or pour la persévérance, la durée (24 ans d’âge), l’accueil et la programmation. Qu’on se le dise, haut et fort !
Car les nombreuses tentatives de faire vivre un lieu véritable et permanent de jazz dans la région toulonnaise ont souvent fait long feu. Il est bien que dans ce Fort Napoléon qui accueillit pendant plus de 30 ans l’un des meilleurs festivals de jazz en France, lieu dont les murs résonnent de cette musique, qu’Art Bop donc continue à accueillir d’excellents groupes deux fois par mois.

Serge Baudot

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Programme  2020 :
17 janvier 2020 « Jean Paul Daroux Project – La légende des 7 sages »
Jean Paul Daroux (piano) –   Jean Christophe Gautier (contrebasse) –  Luca Scalambrino (batterie)
07 février 2020 « i love Garner trio »
Lionel Dandine (piano) – Nicolas Kodinger (contrebasse) –  Thierry Larosa (batterie)
06 mars 2020  Hot Jazz Band
Jean Dionisi (trompette, cornet, chant) –  Jean François Bonnel (clarinette, sax) –  Stéphane Matthey (piano) –  Jean Claude Tycock (batterie)
20 mars 2020 « Michel Petrucciani Souvenirs »
Alexis Tcholakian (piano) –  Christophe le Van (contrebasse) – Philippe le Van (batterie)
03 avril 2020 « Ananda »
Rudy Piccinelli (batterie, voix) –  Romain Thivolle (guitare) – Nicolas Grassone (contrebasse) –  Geoffrey Nicolas (claviers)
08 mai 2020 « Christian Brazier Trio Origine »
Christian Brazier (contrebasse) – Gérard Murphy (sax) – Nicolas Aureille (batterie)
29 mai 2020 Fred Pasqua Trio
Frédéric Pasqua (batterie) – Robin Nicaise (sax) – Pierre Fénichel (contrebasse)

 Renseignements : Fort Napoléon, La Seyne sur mer, chemin Marc Sagnier ;
Ouverture des portes : 21h – Concert 21h30 – Pas de réservation.
04 94 09 47 18 – 06 87 71 59 30 – michel.le-gat@orange.fr



La rentrée à l’Opéra de Toulon

vendredi 24 janvier – 20h – dimanche 26 janvier – 14h30 – Mardi 28 janvier – 20h
Le Comte Ory, opéra de Rossini
Opéra-comique en deux actes de Gioacchino Rossini (1792-1868)

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Livret de Eugène Scribe (1791-1861) & Charles-Gaspard Delestre-Poirson (1790-1859)
Création : Paris, Opéra Le Peletier, 20 août 1828
Mise en scène Denis PodalydèsChorégraphie Cécile Bon
Avec : Marie-Ève Munger, Ève-Maud Hubeaux, Sophie Pondjiclis, Khatouna Gadelia, Francisco Brito, Armando Noguera, Thomas Dear, Laurent Podalydès & Léo Reynaud
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon
Direction musicale Jurjen Hempel
Denis Podalydès
Entré en 1997 à la Comédie-Française, Denis Podalydès en devient sociétaire en 2000. Il joue entre autres dans Le Revizor (Molière de la révélation théâtrale), La Forêt, La Grande Magie, L’Avare, Hamlet, et cette année Les Damnés.
Il joue dans de nombreux films au cinéma, notamment avec son frère Bruno, Emmanuel Bourdieu, Arnaud Desplechin, Bertrand Tavernier, François Dupeyron, Yves Angelo…
Il a notamment mis en scène Cyrano de Bergerac (Molière de la mise en scène), Fantasio, Lucrèce Borgia et plus récemment Les Fourberies de Scapin. À l’opéra, il a signé les mises en scène de Fortunio, Don Pasquale, La Clémence de Titus. Il a publié plusieurs livres dont Voix off (prix Femina Essai 2008) et récemment l’album Pléiade Shakespeare. Il est officier dans l’ordre des Arts et Lettres.
Francisco Brito Le Comte Ory
Né en Argentine Francisco Brito y commence ses études musicales. En 2004, en Italie , il approfondit le répertoire Rossinien avec William Matteuzzi à l’Académie d’Art Lirica d’Osimo, puis à Scuola dell’Opera Italiana (Bologne). Il fait ses débuts en 2006 à Pesaro sous la direction d’Alberto Zedda. De Rossini, il chante notamment Lindoro, Belfiore, Eacide, Bruschino Jr… Il chante Ernesto/Don Pasquale (Darmstadt, Trento, Francfort), Fenton/Falstaff à Francfort, Don Ramiro/ La Cenerentola (Dresden Semperoper), Almaviva/Il Barbiere di Siviglia (Wiesbaden, Erl, Venise), Dorvil/La Scala di Seta (Mannheim, La Fenice, Circuit Lombardo), Conte Alberto/L’Occasion de il Ladro (Trieste), Il Signor Bruschino et La Cambiale di Matrimonio (Venise), L’Italiana à Alger (Trevise), Ariodante (Dublin), Donna del lago (Pesaro), Giannetto/La Gazza Ladra (Francfort, Bari, Milan), Otello (Naples), I Puritani (Stuttgart), Così fan tutte (Dubaï), Il Barbiere di Siviglia (Erl, Venise), L’Italiana in Algeri (Trieste), Don Pasquale (Moscou), Il Barbiere di Siviglia et Il Signor Bruschino (Venise), Il Viaggio a Reims (Mascate), Il Castello di Kenilworth et Pietro il Grande de Donizetti (Bergame).
Prochainement, il chantera dans L’Italiana à Alger au Filarmonico de Vérone et Il Barbiere di Siviglia à Nancy.

samedi 1er février 2020 – 20h
En partenariat avec le Festival de Musique de Toulon et sa Région
«Passion Galliano»

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Richard Galliano accordéon
Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon dirigé par Marzena Diakun
Richard Galliano
Richard Galliano étudie le piano et l’accordéon avec son père Lucien Galliano, accordéoniste et professeur.
Particulièrement doué et investi, il entre au Conservatoire de Nice et suit les cours d’harmonie, de contrepoint et de trombone à coulisse. Il obtient un 1er Prix en 1969 pour cet instrument. Il arrive à Paris en 1975 et rencontre Claude Nougaro dont il deviendra l’ami, l’accordéoniste et le chef d’orchestre, et ce jusqu’en 1983. De cette étroite collaboration naîtront bon nombre de chansons qui font partie du patrimoine de la chanson française.
La deuxième rencontre déterminante aura lieu en 1980, avec le compositeur et bandonéoniste argentin Astor Piazzolla qui l’encourage à créer le «New Musette» français, comme il a lui-même inventé auparavant le «New Tango» argentin.
Au cours de sa longue et prolixe carrière, Richard Galliano enregistre plus de 50 albums sous son nom. Il collabore en parallèle avec un nombre impressionnant d’artistes et de musiciens prestigieux : Chet Baker, Eddy Louiss, Ron Carter, Wynton Marsalis, Charlie Haden,Gary Burton, Michel Portal, Toots Thielemans, Kurt Elling, pour le jazz; Serge Reggiani, Claude Nougaro, Barbara, Juliette Greco, Dick Annegarn, Georges Moustaki, Allain Leprest, Charles Aznavour, Serge Gainsbourg, pour la chanson française; Nigel Kennedy pour le répertoire classique et un grand nombre d’orchestres. Au cours de ses tournées dans le monde, il se produit dans les théâtres les plus prestigieux.
En 1997, il est récompensé par une Victoire de la Musique Jazz pour son album New York Tango. Il l’est à nouveau en 1998 pour l’album Blow Up, enregistré en duo avec Michel Portal. En 2009, il est nommé Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres. Il enregistre un album Bach en 2010.
Il est nommé Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2011. Il obtient la Victoire de la Musique Classique en 2014 et reçoit également le Prix du Meilleur Compositeur de l’année.
Il enregistre en 2016 un nouvel album dédié à Mozart et un second en quartet New Jazz Musette.
En 2016, il est promu Officier de l’Ordre National du Mérite par le Président de la République François Hollande.

Musique – Mes coups de cœur

J’ai toujours aimé la musique, les belles mélodies, qu’elles soient classiques ou modernes, les belles voix, qu’elles soient d’opéra ou de la variété. Et me voilà servi en cette fin d’année avec quelques CD qui m’ont particulièrement marqué et je je voulais partager avec vous.

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Vladimir COSMA « 24 caprices pour mandoline solo » (Larghetto Music)
Vladimir Cosma est un musicien et compositeur de légende que j’ai eu la joie de rencontrer et qui plus est un homme d’une grande simplicité. Il est surtout connu pour ses nombreuses musiques de films à succès comme «La boum», «Rabbi Jacob», «La gloire de mon père», «Diva», «L’amour en héritage», «Dîner de cons», «Le père Noël est une ordure» et bien d’autres célébrissimes musiques.
Il a multiplié les expériences musicales, écrivant des chansons, collaborant avec des orchestres symphoniques où il nous a offert de sublimes envolées lyriques.
Cette fois, il nous offre un disque on ne peut plus intimiste où il a quitté son piano et sa baguette de chef d’orchestre… pour une mandoline qu’il partage avec un autre célèbre mandoliniste : Vincent Beer-Demander.
A l’instar d’un Vivaldi ou d’un Paganini, il nous propose 24 caprices, tous tirés de ses propres musiques où l’on retrouve tous ses plus grands succès façon classique et c’est à la fois original, magnifique et joyeux Si on ne les connaissait pas par cœur, on pourrait penser que ces musiques nous viennent d’Antan, car c’est de la véritable musique classique que l’ami Vladimir nous propose.
Et pour couronner le tout, une pochette fort originale nous prouve l’humour que ce bel homme de près de 80 ans qui est resté un grand enfant passionné de musique.

GAROU «Soul City» (Universal)
A sa manière, Garou est une grande voix, loin du classique, une voix éraillée c’est vrai, mais reconnaissable entre toutes et inoubliable voix de Quasimodo dans la comédie musicale «Notre Dame de Paris»
Ce québécois tombé en amour avec la France, a voulu rendre hommage à la Tamla Motown qui fête ses 60 ans et qui berça nos années 60 de rythm’n’blues et de soul.
Créée par Berry Gordy, celui-ci  a fait éclater la black music avec un son unique et fait découvrir nombre de chanteurs noirs comme Diana Ross et les Suprêmes, la famille Jackson, Stevie Wonder, les Four Stops, Martha and the Vandellas, Marvin Gaye, The Temptations, Les Pointer Sisters, Lionel Ritchie et bien d’autres et quelques magnifiques auteurs et compositeurs comme Lamont Dozier, les frères  Holland, Norman Whitfield…
Les tubes mémorables, il y en a à la pelle, créés par ces artistes mais repris par d’autres, et qui ont fait le tour du monde. Le choix de Garou s’est porté sur 13 tubes incontournables comme «It’s the same old song des Four Stops (que Cloclo a repris sous le titre «C’est la même chanson»), «Reach out i’ll be there», des mêmes Four Stops et du même Cloclo sous le titre «J’attendrai», «You can’t hurry love» des Suprêmes et encore Cloco avec «Des filles et des fleurs», «My girl» de James Newton avec encore qui ? Cloclo sous le titre «Ma fille» mais aussi Nancy Holloway sous un autre titre «Bye bye».
Un monument : «Dancing in the street» créé par Martha and the Vandellas mais repris cent fois entre autres par Pétula Clark, le duo David Bowie/Mick Jagger, The Mamas and the Papas, Phil Collins, Little Richard, The Who, Neil Diamond…
Bref, que des tubes à qui Garou redonne une nouvelle jeunesse et un nouveau son musical que sa voix transcende dans une atmosphère joyeuse et nous montre que les bonnes chansons traversent les âges. Grâce à lui un nouveau public va les découvrir… Et c’est du solide !

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Jean-Baptiste GUEGAN «Puisque c’est écrit» (Sony Music)
Johnny ressuscité ? On pourrait le croire en fermant les yeux et en écoutant ce phénomène qu’est Jean-Baptiste Guégan, non pas sosie mais clone vocal de Johnny, de la voix chantée à sa voix parlée… Bluffant !
On n’en fera pas des tonnes sur lui qui, en quelques mois, a pulvérisé les ventes d’albums et rempli des zéniths comme au bon vieux temps de l’idole disparue.
Du coup, en voici un qui est content : Michel Mallory, qui a retrouvé la voix de son ami et lui a refilé les chansons qu’il lui avait écrites avec son fils Jean-Thomas. Rien, à changer, du rythme à la tessiture, juste changement de mec… et ça marche !
L’expression «Bon endroit au bon moment» a dû être créée pour lui qui s’est présenté à l’émission «Incroyable talent», qui a fait pleurer le jury qui croyait retrouver Jojo et qui a estomaqué un public qui, fidèle à Johnny, a reporté son amour sur Guégan !
Il est vrai aussi que les Mallory ont fait du sur mesure et que les chansons accrochent et sont impeccablement servies. Et en plus il est beau gosse et n’essaie pas de ressembler physiquement à Johnny comme les font ces pathétiques sosies !
Espérons que le feu qu’il a allumé dans le cœur des fans qui retrouvent leur idole disparue, ne s’éteindra pas trop vite et que Jean-Baptiste trouve sa route personnelle.

Johnny HALLYDAY «Johnny symphonique» (Panthéon)
Pour le coup, c’est bien lui, revu et corrigé par le magicien de la musique, Yvan Cassar.
Johnny rêvait, paraît-il, d’enregistrer avec un orchestre symphonique. Cassar l’a fait avec 70 musiciens, 42 choristes et le London Symphonic Orchestra. Et c’est du grand, du très grand Johnny dont les musiques ont été choisies par Yvan Cassar après avoir écouté nombre de versions chantées par l’idole au mieux de sa voix et de son charisme.
C’est tout simplement magnifique et «Diego», «Que je t’aime», «Non, je ne regrette rien», «Requiem pour un fou», «Vivre pour le meilleur», «L’envie», toutes prennent souffle, une amplitude, une force encore plus grandioses que ses concerts live et Dieu sait si pourtant il dégageait sur scène, le Johnny.
En fait, on retrouve le Johnny qu’on a aimé, qu’on aime et qu’on aimera toujours avec en plus des orchestrations semi-classiques dues au génie d’un Cassar qui connaissait bien son chanteur pour l’avoir accompagné. Et voilà qu’il l’accompagne somptueusement, pour un dernier concert.

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Sarah BRIGHTMAN «Hymn» (Universal)
Cette soprano britannique aux trois octaves est une voix venue du ciel. Comédienne de théâtre, star des comédies musicales dont «Cats» ou d’opérettes (La veuve joyeuse), danseuse, elle est dans la pure tradition de ces artistes anglaises ou américaines qui savent tout faire .
Elle a déjà vendu des millions de disques et pourtant en France on a l’air de la découvrir grâce au duo qu’elle vient d’enregistrer avec Vincent Niclo «Sogni» qu’on retrouve sur les deux disques. Le douzième de l’artiste.
Elle a choisi pour ce nouvel album intitulé «Hymn», des thèmes d’opéra connus mais par forcement chantés par des femmes. Mais avec sa voix, elle peut s’attaquer à quelque chant que ce soit. Du coup, elle passe sans problème de Morricone à Franz Lear, de John Lees à Yoshika Hayaghi.
Une très belle version de «Quand te partiro» d’Andrea Boccelli entre autres mais un superbe album dont la voix sublime est accompagnée par le London Symphonic Orchestra (comme Johnny !)

Vincent NICLO  «Ténor» (Warner)
Vincent Niclo, c’est, avec Pagny, la plus belle voix qu’on ait en France.
C’est aussi, plus que Pagny, un homme d’une extrême élégance.
C’est encore un chanteur hors normes, multi-styles qui nous chante aussi bien de la variété que de l’opéra en passant par l’opérette, les chansons de crooner, le tango ou les musiques de Michel Legrand ou encore les nombreuses comédies musicales qu’il a interprété (Autant en emporte le vent, entre autre).
Il sait tout chanter et surtout, tout bien chanter et ce nouveau disque «Ténor» (Warner) ne me contredira pas puisqu’il passe de Verdi à Saint-Preux, de Haendel à Tchaïkovski, de Ravel à Puccini, nous proposant un éventail de thèmes connus et quelques duos remarquables : «Le chœur des esclaves» de Verdi avec Nana Mouskouri, «La sarabande» de Haendel accompagné par les merveilleuses sœurs Berthollet, un extraordinaire Christmas  avec le fabuleux Placido Domingo, un inattendu «Boléro de Ravel», façon incantation africaine avec Angélique Kidjo et… un improbable duo : «Loin d’ici» (que Dalida a chanté sous le titre «Fine la comédie») avec Laetitia Milot, loin d’avoir la voix d’une diva mais plutôt de Jane Birkin. Le problème est que Jane chantait avec Gainsbourg et que Laetitia chante avec un ténor avec lequel elle ne fait pas le poids. Mais le clip est joli !
Ce disque est un enchantement, enregistré à Abbey Road. Jusqu’à la pochette noir et or avec un beau Niclo en nœud pap ‘s… L’élégance jusqu’à la fine moustache à la Reth Butler !

Jacques Brachet

Hyères – théâtre Denis
Concert les Quatre Vents et Three Days of Forrest

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Pour sa session d’hiver Jazz à Porquerolles (partenaire de Jazz sur la Ville) présentait au Théâtre Denis, ce joli petit théâtre à l’italienne dont l’acoustique est un modèle, deux concerts avec deux groupes : Three Days of the Forrest et Les Quatre Vents. Concerts précédés d’un cocktail qui réunissait des personnalités, la presse, le personnel du théâtre et les musiciens.
Three Days of the Forrest, c’est un trio avec une instrumentation rare : une chanteuse, Angela Flahaut, un batteur Florian Satche, et Séverine Morfin au violon alto, instrument rarissime aussi bien dans le jazz, le rock que dans la variété. Et pourtant par sa tessiture grave et a puissance cet instrument devrait y avoir une place de choix. Avec cet alto Séverine assure des parties de basse pizzicato, des tenues, des accompagnements divers, ou un phrasé traditionnel. La chanteuse est assez étonnante ; dans les ballades elle chante avec une voix au charme de celle des chanteuses celtiques (Irlande, Ecosse), et dans les tempos rapides ou les morceaux emportés, elle déploie une puissance rageuse, avec des growls, et des aigus à briser les verres. Florian joue de la batterie tambours battus, à l’africaine, dans une polyrythmie fracassante et un tempo à faire pâlir les métronomes.
Les morceaux reposent sur une mise en musique des textes de poètes afro-américaines dont Rita Dove et Gwendolyn Brooks (elle fut la première Afro-Américaine à gagner le prix Pulitzer). Avec ce trio c’est parfois une tornade qui s’abat sur la scène, avec un engagement, une énergie, une frénésie, une puissance à couper le souffle. On est parfois à la limite de la transe. Difficile de classer cette musique ; c’est du rock, peut-être alternatif, en tout cas c’est l’expression personnelle d’un groupe, qui a trouvé ses voi(es)x. Mais hiatus, il se présente sous Jazz à Porquerolles, pourtant ce n’est en aucun cas du jazz, ni même du free jazz et je comprends mal que ce trio ait été lauréat de « Jazz Migrations 2018 ». Tant mieux pour eux, et ce que je dis là n’enlève rien aux qualités du groupe. Question de vocabulaire, dans un festival Wagner on ne vient pas écouter du Mozart.

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En deuxième partie on revient au jazz avec Les Quatre Vents, bien connus dans la région, d’autant que les quatre musiciens vivent à Marseille. Ce sont Perrine Mansuy au piano, Christophe Leloil à la trompette, Pierre Fénichel à la contrebasse et Fred Pasqua à la batterie, dans un répertoire issu du disque éponyme.
Ce quartette joue ce qu’on pourrait appeler des « suites » où se mêlent écriture savante (Mansuy, Fénichel, Leloil) et improvisation ; ils s’inventent collectivement leur moyen d’expression à quatre voix. Chacun a joué avec pas mal de grosses pointures, et ils ont déjà une discographie qui compte, c’est dire qu’on les attendait et on ne fut pas déçu, au contraire.
Dès le premier morceau « Kin Hin » on baigne dans une atmosphère où règne la beauté des sons, la profondeur de l’expression. Perrine Mansuy, buste droit devant son clavier jouant essentiellement dans le médium et le grave du piano, choix qui donne toute sa chaleur communicative à cette musique. Pierre Fenichel, la tête pratiquement posée sur sa contrebasse, ancre le groupe à la terre ; beau son, impros mélodiques, et une pompe hors des sentiers habituels. Fred Pasqua est un batteur très fin, prévoyant, soulignant, accompagnant les ruptures de rythme, il tient le groupe du bout de ses baguettes. Il nous gratifiera d’un époustouflant solo à la caisse claire et à la grosse caisse, chose devenue rare de nos jours. Quant à Christophe Leloil c’est l’olympien de la trompette. Un son venu de la Nouvelle-Orléans, une virtuosité à toute épreuve, il se ballade sur une grande tessiture avec une puissance égale sur tous les registres, donnant de beaux graves bien ronds, et des aigus  himalayesques. Son phrasé rapide vient en contraste de l’ensemble et procure un décalage qui fait toute la saveur des morceaux.
Qu’on soit sur des tempos lents « Kin Hin ou Time Eats Us Alive » ou médium « Prima Luce » le quartette fonctionne à merveille dans une mise en place et un équilibre parfaits. On a même parfois une musique à tendance descriptive comme « First Light on Muskoka » qui dépeint l’atmosphère du lac Muskoka que Perrine a découvert au Canada.
Pas de frime, pas d’exploits, ils s’expriment au service de leur musique, baignant aux mêmes sources, dans une connivence et un partage qui ravissent l’auditeur-spectateur.
Et le public ne s’y est pas trompé à en juger par les applaudissements.
On peut retrouver les morceaux de cette musique riche et exquise, pour ceux qui étaient au concert, ou la découvrir sur leur nouveau disque qui bénéficie d’une qualité d’enregistrement assez exceptionnelle.

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Serge Baudot
Les Quatre Vents – Music for a Quartet…
Morceaux : Time Eats Us Alive, Kin Hin, Prima Luce, Libeccio, The Bright Suite, First Light on Muskoka, Blake, Deval in Time, West of the Moon.
Musiciens : Perrine Mansuy (p), Christophe Leloil (tp), Pierre Fenichel (b), Fred Pasqua (dm).
Enregistré à La Buissonne les 1 et 2 novembre 2018 – Durée : 57’ – Laborie Jazz 56 (Socadisc)

 

Six-Fours – Théâtre Daudet : OLDELAF… LOL !

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Olivier Delafosse, alias Oldelaf, est un cas dans le monde du Music-Hall.
Auteur, compositeur, musicien, chanteur, comédien, humoriste… Où le caser ? Il sait tout faire et tout faire bien !
Et en plus, il a une sacrée belle voix avec laquelle il aurait pu devenir un chanteur «normal». Mais la normalité n’est pas dans ses aspirations cat il n’y a rien de normal chez lui. Il utilise cette voix ample et bien posée pour chanter des chansons décalées, voire iconoclastes, pleines d’humour, de fantaisie, d’absurdités, de temps en temps de poésie «ma non troppo»
Grâce à sa «Tristitude», postée un jour sur les réseaux sociaux, en quelques jours il a été connu et reconnu. Aujourd’hui il remplit les salles et c’est une vague de rires discontinus durant tout un spectacle dans lequel il s’est adjoint un longiligne barbu lunaire, limite autiste, Alain Berthier ce qui fait de ce duo improbable un numéro de clowns irrésistible qui se renvoie la balle à la vitesse grand V.
Durant tout le spectacle, il nous raconte la vie et la mort de Michel Montana, illustre inconnu, incompris, malchanceux, qui a écrit des tas de tubes, qui a inventé des tas de rythmes mais qui, à chaque fois, se les ai fait piquer par des artistes qui sont devenus célèbres grâce à lui : Michel Jonasz, Carlos, la Compagnie Créole, Claude François…
Il est même l’inventeur de la guitare électrique et de quelques autres inventions qu’il a testées un jour de 11 septembre dans une tour américaine….
C’est donc une histoire musicale poignante, ponctuée par son acolyte qui, s’il n’ouvre pas souvent la bouche sinon pour lâcher quelques borborygmes, joue de multiples instruments, gesticule et a des mimiques qui en disent long.
En fait, ces deux loustics ne seraient-ils pas frères ? Et leur père ne serait-il pas un certain Michel Montana ?
C’est drôlissime, délicieusement loufoque et l’on prend un plaisir extrême à ce spectacle déjanté, inventif, unique en son genre.
De l’Oméga Live de Toulon au Théâtre Daudet de Six-Fours, grâce aux «Fantaisies Toulonnaises » et à Jérôme Leleu, nos deux ostrogoths ont mis le feu, et les rires ont fusé durant une heure et demie.
Beau chanteur, trublion génial, humoriste impertinent, Oldelaf nous réserve toujours de sympathiques surprises, que ce soit en disques ou en spectacles.
La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, il m’avait servi un gag  qui, en fait, n’en n’était pas un. Il venait d’avoir un accident. A la question : «Comment vas-tu ?» il m’avait répondu : «Ouais, ça va… enfin, si on veut car l’ai un problème de bras et de doigt qui m’handicape, puisque je suis en pleine tournée et que je ne peux plus jouer de la guitare !

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Que s’est-il passé ?
Juste avant la tournée, un médecin un peu trop zélé m’a opéra de l’épaule par erreur sans mon accord et je suis bloqué pour des mois. Et pour couronner le tout, je me suis cassé la figure sur scène… et je me suis cassé un doigt !
Du coup, quand j’arrive sur scène et que je raconte mon histoire, les gens rigolent. En attendant, j’en ai pour quatre à six mois de rééducation. C’est assez violent, c’est vraiment galère. Mais bon, j’ai le moral et je continue ma tournée, avec mon complice Alain Berthier qui a pris ma place à la guitare ».
Avouez que ça ne pouvait arriver qu’à lui !
Aujourd’hui ce n’est plus qu’un mauvais souvenir et, sa guitare bien en main, il chante, il raconte, il vocifère pour notre plus grand plaisir
Comment te vient l’inspiration ?
D’un instant vécu, d’une situation, d’un mot, d’une phrase, d’une idée… Ce sont des instants fragiles et à ce moment-là, plus rien ne compte autour de moi, la vie s’arrête et j’ai un besoin impérieux d’être seul et d’écrire. Ce ne sont pas toujours des moments qui durent longtemps mais ce sont des moments très précieux et j’oublie tout ce qui tourne autour de moi.
Tu n’as donc jamais le stress de la page blanche ?
Jamais ? Il m’est arrivé quelquefois de me dire : «J’arrête tout, je pars m’isoler et j’écris»… Et je peux t’assurer que, quelquefois, je reviens sans une chanson, avec seulement… quelques kilos en plus !

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Ce qui doit être le cas en ce moment puisqu’il nous avoue préparer un nouvel album qui sortira au printemps et qui sera suivi d’un nouveau spectacle.
On a hâte de le retrouver pour pouvoir rire un bon coup en cette période où l’actualité n’est pas très rigolote !

Jacques Brachet

OPERA de TOULON : Les pêcheurs de perles

vendredi 27 décembre – 20h – dimanche 29 décembre – 14h30 – mardi 31 décembre – 20h

Les Pecheurs ©Dominique Jaussein Opéra de Nice

Opéra en trois actes de Georges Bizet (1838-1875)
Livret de Michel Carré (1822-1872) & Eugène Cormon (1810-1903)
Création : Paris, Théâtre Lyrique, 30 septembre 1863
Mise en scène Bernard PisaniScénographie Alexandre Heyraud
Avec : Leila Anaïs Constans – Nadir Reinoud Van Mechelen – Zurga Jérôme Boutillier Nourabad Jacques-Greg Belobo
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon dirigé par Robert Tuohy
« Les Pêcheurs de perle »s, un conte oriental qui invite à la rêverie à partir de légendes et fables d’autrefois.
Une plage sur l’île de Ceylan, la mer, omniprésente, allant jusqu’à la brûlure… Je laisse délicieusement vagabonde rmon imagination à l’écoute de cette partition sensuelle, envoûtante et soudain les images hollywoodiennes des films de mon adolescence défilent et se bousculent…
Comment Bizet, n’ayant jamais quitté Paris mis à part un voyage à Rome en 1857, peut-il ainsi s’imprégner d’espaces lointains et nous distiller leurs effluves enchanteurs ?
Les premières vagues glissent sur le plateau bleuté, cinq hommes du haut de leurs mâts sont en observation ! Ce sont cinq danseurs, cinq danseurs-pêcheurs, omniprésents tout au long de l’ouvrage. Puis un Temple doré dans le lointain se meut tandis que Leïla, irréelle, surgit de l’onde et se hisse au sommet d’un rocher improbable !
L’antre nacré de Zurga, le dégradé ocre orangé des costumes et le camaïeu bleuté du décor sont les tons dominants de cette conception scénographique flirtant avec le baroque.
Ainsi mon rêve commence… Et si ce rêve devenait réalité !…

Bernard Pisani, metteur en scène

Le coffret d’amour de Rika ZARAÏ

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Rika Zaraï est l’une des chanteuses que j’ai peu rencontrée durant mes 50 ans de journalisme. Pourquoi ? Je ne sais pas. Tout simplement peut-être parce qu’elle n’est pas souvent venue dans notre région.
Je l’ai donc interviewée il y a… quelques décennies puis, il y a moins longtemps, sur la tournée «Age Tendre» où là, nous avons eu le temps de bavarder très longuement. Il faut dire qu’entre les deux spectacles, les artistes avaient le temps de se reposer et de rencontrer des journalistes.
J’ai donc eu cette joie de passer du temps avec elle, dans l’intimité de sa loge. Elle venait de publier son livre de souvenirs «L’espérance a toujours raison» (EdMichel Lafon). C’était quelques temps avant qu’elle ne fasse un AVC qui allait hélas l’éloigner de la scène.

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Aujourd’hui ce n’est pas pour un livre que nous reprenons contact mais pour un coffret de quatre CD, paru chez Marianne Melody, qui regroupe cent titres, une anthologie allant de 1959 à 2000 d’une richesse incroyable tant on voit l’étendue de son répertoire car, comme Dalida, elle a suivi sinon devancé toutes les modes musicales avec toujours le même succès qui va de «Balappa» à «Et pourtant », de «Sans chemise sans pantalon» à «Exodus», de «Hava Naguila» à «Prague», de «Michaël» à «Alleluia et bien d’autres succès encore signée des plus grands : Charles Aznavour, Jean-Max Rivière, Jacques Plante, Jean-Jacques Debout, Pierre Delanoé, Serge Lama et Alice Dona, Claude lemesle, Vito Palaviccini, Catherine Desage avec qui elle a fait un bon bout de chemin… La liste est longue. (
Sa carrière aussi est longue et belle, traversée de belles rencontres : Denise Glaser, Jacques Brel, Charles Aznavour, Bruno Coquatrix, Eddie Barclay, Claude Lelouch…
Si elle a beaucoup fait parler d’elle en tant que chanteuse, son livre aussi a fait couler beaucoup d’encre, celui où elle nous enseigne la médecine par les plantes.
Il faut quand même savoir qu’elle a étudié durant onze ans la médecine dite «non conventionnelle» et qu’elle a un diplôme de conseillère de santé holistique…
Si sa vie a été ralentie par cet accident, il n’en demeure pas moins qu’elle a gardé une énergie, un courage et un optimisme que je retrouve dans sa voix emplie d’amour et de gentillesse.

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Lors de notre rencontre sur la tournée « Âge Tendre »

«Rika, tout d’abord, comment ça va ?
On fait aller… Ce n’est pas l’idéal mais ce le sera. J’ai beaucoup d’espoir. Si j’insiste lourdement, je sais que c’est moi qui gagnerai. Comme je l’ai écrit dans mon livre, l’espérance a toujours raison !
Vous êtes toujours positive, Rika, et c’est le principal. Parlons donc de ce beau coffret de 4 CD et 100 chansons, qui vient de sortir. Comment avez-vous choisi ces chansons, tant vous en avez enregistré ?
En fait j’en ai fait plus de 1.000 et j’en ai enregistré près de 600 !
Il y a d’abord les coups de cœur, vous savez, celles que, après vingt ans et plus, vous écoutez avec toujours le même plaisir, celles qu’on trouve toujours belles et dont on retombe amoureux dès qu’on les écoute. Un refrain, un couplet et l’on sait que c’est une belle chanson. Celles dont je me souviens du studio où je l’ai enregistrée, de la robe que je portais et même du sac dans lequel étaient les partitions !
A ce point ?
Eh oui ! Le souvenir est tellement vif que je retrouve les sentiments dans lesquels je les ai enregistrées, avec lesquelles j’ai une relation fusionnelle. J’avoue que j’ai quand même été aidée par Mathieu Moulin, Elysa Rouillat et Jean-Pierre, mon mari. 600 chansons, difficile de tout écouter ! Mais certaines étaient incontournables. Par contre, je n’ai pas fait de compromis : j’écoute, je garde ou je jette et alors c’est un non absolu. C’est tellement physique, la relation avec une chanson ! C‘est un peu comme un vêtement que l’on porte parce qu’on l’aime, qu’il nous représente, parce que c’est élégant et de bon goût.

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On sent tout l’amour que vous portez à votre métier…
Evidemment, sinon je ne l’aurais pas fait car c’est un métier très difficile, très dur physiquement, mais c’est un métier exaltant. Lorsqu’on l’aime, on surmonte toutes les difficultés, on ne pense pas au fait qu’il faut quelquefois se lever à 5 heures pour prendre la route ou un avion, affronter le temps ou tout autre chose. Il faut faire avec. C’est un métier envoûtant, il faut aimer les chansons, le public et chanter pour donner au public de l’amour. Et je peux chanter dix mille fois la même chanson si je l’aime et si cet amour est partagé. Impossible pour moi de chanter une chanson que je n’aime pas, ce ne serait pas sincère et le public s’en apercevrait.
Vous est-il arrivé d’enregistrer des chansons que vous n’aimiez pas ?
Ça m’est arrivé une dizaine de fois mais dès l’écoute j’ai très vite compris que c’était une catastrophe ! Dans ce cas, je savais que je ne pourrais jamais la chanter. Je ne peux pas partager une chanson avec mon public si je ne l’aime pas. C’est pour cela que ce coffret, c’est un coffret d’amour.
Comme ce moment d’amour que vous partagez sur scène. Avez-vous le trac ?
La scène, c’est ma vie. C’est un mélange d’énergie, d’amour, de sentiments partagés. Il y a avec mon public un rapport immédiat. Dès que je suis sur scène je lui envoie des rayons bleus  et je les vois aussitôt revenir vers moi.
Le trac ? Je l’ai juste le temps de monter quelques marches et de me retrouver sur scène. Je suis dans un état second mais dès que j’entends l’orchestre et que le rideau s’ouvre, tout ça disparaît car j’ai un flot d’amour qui me fait face et je n’ai plus peur de rien.
Vous êtes positives, vous avez une âme de battante !
Je me suis toujours dit que, quoiqu’il arrive, la vie vaut la peine d’être vécue. Il y a des choses tellement belles à vivre qu’il ne faut jamais être négatif, ne jamais se laisser aller. Je pense que le plus beau mot qui existe c’est l’espoir. Il faut prendre pour exemple le peuple juif qui, depuis 3.000 ans, on ne sait pas pourquoi, a subi et continue de subir d’énormes souffrances. Et pourtant il n’a jamais perdu espoir. A tel point que leur hymne national s’intitule «Tiqvah», ce qui signifie «espoir». Et c’est cet espoir qui lui permet de vivre.
C’est pour cela que je le considère comme le plus beau mot de l’âme humaine.

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En entendant ces paroles, je ne peux m’empêcher de vous demander quels sont vos projets, car vous en avez sûrement !
J’en ai deux : le projet N°1, le plus grand, le plus positif mais aussi peut-être le plus difficile c’est que j’ai décidé de remarcher normalement et de ne pas repousser la date. Ce sera à la fin de l’année. Je vais remarcher, c’est mon ordre de mission !
Mon projet N°2 est de trouver de belles chansons dont je tomberai amoureuse, de pouvoir les enregistrer pour offrir un nouveau disque à ce public que j’aime et qui m’est resté fidèle. Je le lui offrirai avec tout mon amour.

Propos recueillis par Jacques Brachet

OPÉRA de TOULON

samedi 9 novembre – 20h – dimanche 10 novembre – 14h30
INTO THE WOODS – Promenons-nous dans les bois…
Comédie musicale de Stephen Sondheim (né en 1930)

IntoTheWoods©Frédéric_Iovino - 2 IntoTheWoods©Frédéric_Iovino

Lyrics Stephen Sondheim – Livret de James Lapine (né en 1949)
Création : Broadway, Martin Beck Theatre, 5 novembre 1987
Mise en scène originelle sur Broadway de James Lapine
Orchestrations de Jonathan Tunick – Direction musicale Samuel Sené
Mise en scène Olivier BénézechChorégraphie Johan Nus
Avec Dalia Constantin, Jasmine Roy, Charlotte Ruby, Alyssa Landry, Scott Emerson
Grégory Garell, Jérôme Pradon, Sinan Bertrand, Bastien Jacquemart, Jean-François Martin
Orchestre de l’Opéra de Toulon dirigé par Samuel Sené
Pour une nouvelle plongée dans l’univers fascinant de Stephen Sondheim, dieu vivant du théâtre musical, dont la Clef des Chants a produit en juillet 2014 l’horrifique thriller musical Sweeney Todd.
Créé à Broadway en 1987, Into the Woods mêle au fil d’une histoire inédite l’intrigue de quatre contes des Frères Grimm et de Charles Perrault (Cendrillon, Le Petit Chaperon rouge, Jack et le haricot magique et Raiponce) au destin d’un couple victime du mauvais sort d’une sorcière et dont le désir de fonder une famille va bouleverser le cours des événements.
Dans la forêt, lieu commun à toutes ces histoires, symbole du monde obscur de notre inconscient selon le psychanalyste Bruno Bettelheim, les personnages se perdent, se retrouvent, s’échappent pour mieux y retourner, jouant sur les rivalités ou la solidarité pour tenter de satisfaire leurs désirs. Une première version d’Into the Woods fut présentée à San Diego, au Old Globe Theatre, le 4 décembre 1986. C’est le 5 novembre
1987 que débute la production à Broadway. Au cours d’une année pourtant dominée par Le Fantôme de l’Opéra, l’oeuvre remportera plusieurs Tony Awards, dont celui de la meilleure partition originale (Stephen Sondheim), du meilleur livret (James Lapine) et de la meilleure actrice dans une comédie musicale (Joanna Gleason).
La comédie musicale a été produite à plusieurs reprises, avec une tournée américaine en 1988, une production dans le West End en 1990, une production télévisée en 1991, un concert anniversaire en 1997, une reprise à Broadway en 2002 et une reprise à Londres en 2012.
En 2014, le réalisateur Rob Marshall (Chicago -2002, Nine – 2008) en fait une adaptation cinématographique pour les Studios Disney avec dans les rôles principaux Meryl Streep, Emily Blunt, James Corden, Anna Kendrick, Chris Pine, Tracey Ullman, Christine Baranski et Johnny Depp.

Samedi 16 novembre – 20h
Serpette : LE SINGE D’UNE NUIT D’ETE – Offenbach : POMME D’API
Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon – Direction musicale Chloé Dufresne

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OPERAS du SUD
À l’initiative de la Région Sud, « Opéras au Sud » associe quatre maisons d’opéras régionales : Avignon, Marseille, Nice et Toulon – pour mettre en place un dispositif unique et innovant de soutien à la production lyrique. « Opéras au Sud » permet de concevoir et de réaliser en région de nouvelles productions ambitieuses et de haut niveau.
L’objectif de cette initiative est d’inviter les maisons d’opéra à mutualiser leurs ressources afin d’optimiser leurs capacités de production et de diffusion à l’échelle régionale, nationale et internationale.
Deux créations sont prévues en 2019 et 2020 :
Une petite forme, Le singe d’une nuit d’été & Pomme d’Api, mis en scène par Yves Coudray, est destinée à tourner dans la région,
Une grande forme, La Dame de Pique de Tchaïkovski, mis en scène par Olivier Py.
C’est la Régie culturelle régionale qui accompagne la mise en œuvre de ce dispositif et coproduit ces deux créations.
Au-delà de sa position de coproducteur, la Régie culturelle régionale apportera un soutien important à la diffusion régionale de Le singe d’une nuit d’été & Pomme d’Api en prenant en charge les coûts techniques des tournées. Cela devrait permettre de développer la présence de l’art lyrique dans les théâtres de la Région, dès la saison 2020-2021, au bénéfice d’un public élargi.
Le singe d’une nuit d’été & Pomme d’Api Création au Théâtre de L’Odéon – Opéra de Marseille : les 3, 4 et 5 octobre 2019Opéra de Toulon : les 15 et 16 novembre 2019Opéra d’Avignon : les 11 et 13 mars 2020Opéra de Nice : les 15 et 16 mai 2020

Vendredi 29 novembre – 20h
En partenariat avec le Festival de Musique de Toulon et sa Région
L’OISEAU de FEU – Création mondiale – Camille Pépin

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Alexandra Conunova – Camille Pépin – Oksama Lyni

«Aether» Concerto pour harpe, marimba et orchestre
Tchaïkovski – Stravinski
Alexandra Conunova, violon – Anaëlle Touret, harpe – Thibault Lepri, marimba
Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon dirigé par Oksama Lyniv
Camille PEPIN
Née en 1990, Camille Pépin étudie au CRR d’Amiens, puis au Pôle Supérieur de Paris et au CNSMDP où elle obtient cinq premiers prix. Elle apprend notamment auprès des compositeurs Thierry Escaich, Guillaume Connesson et Marc-André Dalbavie.
Elle est lauréate de divers concours et distinctions dont le Prix de l’Académie des Beaux-Arts 2017. Ses œuvres sont jouées par de nombreux orchestres : Orchestre national d’Île de France,
Orchestre national de Lyon, Orchestre Colonne, Orchestre de Picardie, Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon, Orchestre de Picardie… Elle est régulièrement invitée par des festivals : Festival Présences, Festival Messiaen au Pays de la Meije, Festival d’Aix-en Provence, Festival international de musique de Besançon-Franche-Comté, Festival Présences Féminines… En 2018  au Concours Long-Thibaud-Crespin, elle écrit l’œuvre contemporaine imposée aux finalistes. Ses œuvres sont jouées dans les salles les plus prestigieuses : Philharmonie de Paris, Auditorium de Radio France, Concertgebouw Amsterdam, Elbphilharmonie de Hambourg, Wiener Konzerthaus, Kölner Philharmonie, Barbican Center London, Müpa Budapest, Bozar à Bruxelles, Konzerthuset Stockholm…
Camille Pépin est lauréate de la Fondation d’Entreprise de la Banque Populaire. Ses œuvres sont éditées aux éditions Jobert et Durand-Salabert-Eschig

 

Festival de Musique Toulon & sa région
Présentation du programme 19/20

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Le président Claude–Henri Bonnet ouvrit la séance du 14 octobre par des souhaits de bienvenue et laissa la scène à Didier Patoux, vice président chargé du développement, pour présenter les lignes directrices de cette saison et remercier les différents sponsors et l’association des Amis du Festival qui ont une grande part à la bonne marche et à la réussite des événements. Puis ce fut au tour de Monique Dautemer, musicologue et pilier du festival, en compagnie de Patrick Jago, trésorier, de présenter et expliciter le programme. Sous le regard attentif de Claude Pinet, président d’honneur.
En fin de séance Catherine Triscornia annonça une exposition d’instruments de musique au Musée d’Histoire de Toulon dans lequel une vitrine présentera des objets de son père, Henri Triscornia, le fondateur du Festival.
La saison musicale se déroulera du 14 octobre 2019 au 6 avril 2020 avec sept grands concerts, des conférences, des actions auprès des jeunes avec le concours de diverses institutions, des concerts pédagogiques avec l’orchestre de l’Opéra de Toulon, et une master class.
Les grands concerts prendront place dans les lieux habituels : églises Saint Louis, Saint Paul, Palais Neptune, Foyer Campra Opéra de Toulon, Auditorium du Conservatoire, Lycée Dumont d’Urville.
On y entendra :
L’Ensemble à cordes Nico, « New Ideas Chamber Orchestra » pour une réinterprétation appropriation de grands classiques.
L’Ensemble vocal Calmus pour des chants de Noël a cappella, issus de diverses cultures.
« Tous les matins du monde » sur la musique du film d’Alain Corneau (1991) avec La Chapelle Harmonique.
Le concert des élèves du conservatoire.
La Nuit du piano 5 : Beethoven & Co avec les pianistes Tanguy de Williencourt, Igor Tchetuev, Florian Noack, Olga Bodarénko, plus Fanny Clamagirand au violon et le trio Gabbiano.
« Grand piano » avec le pianiste Nelson Goerner.
Les conférences
Les Préludes de Debussy (12 sur les 24 qu’il a écrits) : concert-conférence avec les pianistes Frantz Baronti,  Bertrand Massei, et la conférencière Coline Miallier qui seront en résidence au Lycée Dumont d’Urville pour des rencontres avec les élèves.
La « Conférence des Amis du Festival », Beethoven & Co, animée par Monique Dautemer, Dominique Dragacci-Libbra et Ingrid Tedeschi
La master Class avec le jeune pianiste Florian Noack et les élèves du Conservatoire TPM.
S’ajouteront à ces prometteuses manifestations les sept concerts symphoniques à l’Opéra de Toulon avec l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon et divers invités. Nous y reviendrons.
Le traditionnel pot de l’association des Amis du Festival, présidée par Colette Gluck, devait clore cette présentation, suivie du concert « Nico » à l’église Saint Louis.

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Ensemble à cordes NICO – Eglise Saint Louis
En ce lundi 14 octobre 2019 l’Ensemble à cordes NICO « New Ideas Chamber Orchestra » donnait un concert en l’église Saint Louis de Toulon, austère nef à l’acoustique exemplaire : l’idéal pour de la musique de chambre sans micros.
L’ensemble Nico ce sont six musiciens, trois femmes, trois hommes, dans la beauté de leur jeunesse, se présentant avec une élégance raffinée. Ils viennent de Lituanie.
Ce sont Augusta Jusionyte, Dalia Simashka, Julija Ivanovaite (violon, alto), Deividas Dumčius (violoncelle), Vincas Bačius (contrebasse), Gediminas Gelgotas (direction, clavier et chant).
Premier étonnement, les six musiciens jouent sans partition, on imagine le travail de mémorisation. Deuxième étonnement, ils ont chorégraphié leur performance, prenant des attitudes, se déplaçant, même dans la nef centrale, en un somptueux ballet qui ajoute le plaisir des yeux au plaisir de l’oreille. Troisième étonnement, et c’est le plus fort : ils s’emparent de transcriptions de grands classiques utilisant avec brio toutes les possibilités des instruments, ôtant ou ajoutant des notes aux œuvres, y mêlant d’autres éléments, les découpant différemment, changeant les tempos, utilisant des motifs en forme de refrain comme dans cet époustouflant « Hiver » de Vivaldi pris à la vitesse de la lumière dans un emportement à la tzigane.

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La mise en place, la précision, le dynamisme, l’engagement sont tout simplement dignes d’éloges. Et le tout avec une apparente facilité, qui vous propulse dans un tableau de Botticelli. Sont interprétées ainsi des œuvres de Bach, Mozart, Vivaldi, Richter, Nymann, Gelgotas, qui est le chef d’orchestre, également pianiste sur un Yamaha électrique, qui peut donner le son d’un clavecin, il est aussi chanteur sur certaines œuvres.
Nico, c’est une façon révolutionnaire d’aborder la musique de chambre. Certes un puriste pourrait s’offusquer du fait qu’on ose toucher à une grande œuvre classique. On peut lui répondre que cela s’est toujours fait dans la musique, Liszt s’empare de Chopin, la liste est longue, sans parler de l’improvisation. Souvent aussi ces grands compositeurs du passé laissaient une grande liberté d’interprétation. Certes on a le droit de refuser la chose. En tout cas à en juger par la chaleur, la longueur et la force des applaudissements, NICO avait réussi son pari.
On est pris dans un tourbillon. C’est virtuose, c’est brillant, époustouflant, beau comme un envol de flamants roses. Mais quand même un petit regret, cela manque un peu d’émotion, de sentiment, tel le « duende » du flamenco.

Serge Baudot
Renseignements : www.festivaldemusiquetoulon.com  – festival.billetterie@orange-business.fr  tel : 04 94 93 55 45

 

Françoise FABIAN, entre musique et cinéma

FRANCOISE FABIAN

Lorsqu’on évoque le nom de Françoise Fabian, on évoque tout un pan du cinéma français, de «Ma nuit chez Maud» à «La bonne année», en passant par «Raphaël ou le débauché», «Le prénom», «Partir… revenir» ou encore «Trois places pour le 26» où la comédienne devenait aussi chanteuse.
C’est aussi des rôles marquants à la télévision : «Les dames de la côte», «La femme coquelicot», «Les petits meurtres d’Agatha Christie», «Dix pour cent», sans parler d’une carrière théâtrale exemplaire.
Elle jouait ? Eh bien aujourd’hui elle chante !
Depuis le conservatoire d’Alger où elle est née, elle n’a jamais cessé de chanter pour le plaisir et toujours l’envie d’aller plus loin. Ce qu’elle fit à quelques occasions mais son métier de comédienne a pris le dessus et après quelques projets avortés voici qu’aujourd’hui elle s’est dit «C’est maintenant ou jamais» et sa rencontre avec ce beau musicien, compositeur et chanteur qu’est Alex Beaupain fera que, voici quelques mois, Françoise Fabian sort son premier album, aidée en cela par Charles Aznavour, Julien Clerc, Jean-Claude Carrière, la Grande Sophie, Vincent Delerme, Dominique A, le tout orchestré par Alex.

FRANCOISE FABIANFRANCOISE FABIAN

Et du coup, la voilà sur les routes de France pour partager ses chansons avec le public qui la découvre chanteuse.
C’est ce qui s’est passé au Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence où, accompagnée de Victor Paimblanc à la guitare, Valentine Duteil au violoncelle et Antoine Tiburce au piano (Il n’y avait pas Alex mais faute de Beaupain nous eûmes du Paimblanc ! et c’est lui qui le remplaça pour chanter en duo avec elle) elle nous offre une heure dix de ses chansons, autour desquelles elle raconte des anecdotes, immisce un très beau moment avec «Un jour tu verras» de Mouloudji, ou encore «J’attendrai», version Rina Ketty sa créatrice puis version inattendue, celle disco de Dalida !
Elle nous parle d’Aznavour, le chante et nous lit la dernière chanson que celui-ci lui a écrite. Elle nous offre une chanson inédite qu’elle avait interprétée à la télévision pour une émission de Jean-Christophe Averty, plus, bien sûr, les chansons de son album.
Chansons poétiques, souvent nostalgiques qu’elle dit plus qu’elle ne chante car, elle en est consciente, elle n’est pas la Callas mais elle a une voix reconnaissable entre toutes, douce, sensuelle qu’elle nous inocule par petits morceaux poétiques qui nous enveloppent. D’ailleurs elle nous raconte une anecdote à propos de Gainsbourg avec qui elle a failli travailler et qui lui avait dit : « Ne prend pas de cours de chant, garde ta voix»… «Je l’ai gardée – nous dit-elle en riant – et ça s’entend !»
Plus qu’une chanteuse, c’est une diseuse, une vraie comédienne à la façon de Gréco, Barbara, Marie-Paule Belle et le public est sous le charme.

FRANCOISE FABIAN

Après la séquence chanson, retour au cinéma le lendemain à l’Eden de la Ciotat, le plus ancien cinéma di monde où son président, Michel Cornille, la recevait pour lui rendre hommage. C’est à la Ciotat que, voici quelques années, je l’avais invitée au Festival du Premier Film dont je m’occupais alors. Je l’avais rencontrée au Festival de la Fiction TV alors à St Tropez où mon ami Jean-Pierre Cassel me l’avait présentée. Ils jouaient danst un très beau film «La femme coquelicot» que je leur avais proposé de présenter à la Ciotat. Héla, Françoise y vint seule, Jean-Pierre nous quittant quelques jours avant. Mais j’eus la joie et l’honneur de lui remettre le Lumière d’Honneur.
La revoici dons à l’Eden où nous avons rendez-vous entre deux films que notre Maître Cornille proposait un public : «Je n’ai rien oublié» de Bruno Chiche et «L’arbre et la forêt» d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau.
Toujours ce beau regard Méditerranée, cette classe, cette beauté hiératique et ce sourire renversant.

FRANCOISE FABIAN

C’est devant un sympathique petit en-cas chinois que nous nous retrouvons avec Michel Cornille, l’ami Jean-Louis Tixier, adjoint à la Culture de la Ciotat et la sœur de Françoise au même regard bleu et nous découvrons avec surprise que nous sommes voisins à Six-Fours !
Françoise a déjà présenté le premier film «Je n’ai rien oublié» de Bruno Chiche dans lequel elle est entourée de Gérard Depardieu, Nathalie Baye et Niels Arestrup. Après le repas, elle présentera «L’arbre et la Forêt» d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau avec pour partenaire Guy Marchand.
«Est-ce vous, Françoise, qui avez choisi ces deux film ?
Tout à fait car d’abord, j’ai tellement présenté le mythique «Ma nuit chez Maud» depuis des années que j’ai eu envie que le public découvre ces deux films que j’aime beaucoup et qui, faute de communication, n’ont pas beaucoup été vus. De plus, je ne les ai moi-même jamais revus depuis leur sortie en 2010 et ça donne deux aspects de la comédienne que je suis, l’un étant un drame, l’autre, une comédie.
Avant de revenir au cinéma, parlons donc de ce disque et de ces concerts, chose nouvelle pour vous.
Pas tant que ça en fait car à Alger, j’ai mené à la fois des études de piano (J’ai joué l’Appassionata de Beethoven !), de chant et d’art dramatique. J’aurais donc pu choisir entre ces trois arts. Il se trouve que mon professeur d’art dramatique m’a fait interpréter un poème de Baudelaire et que l’amour du théâtre m’a alors envahie. Et je suis partie pour Paris avec le consentement de mon père. J’ai fait le conservatoire où j’avais comme copains Girardot, Rochefort, Belmondo, Rich et quelques autres.
Le théâtre m’a donc prise, le cinéma a suivi.
Et la chanson ?
J’ai souvent chanté à la télévision, dans des films, j’ai toujours aimé ça mais le temps passant, je jouais beaucoup au théâtre, je tournais beaucoup et pas seulement en France et du coup, la chanson est un peu restée en suspens avec quelques projets avortés avec Gainsbourg, Béart, Sagan, Dabadie….
Il a fallu ma rencontre avec Alex Baupain pour qu’enfin ça se concrétise… Il était temps !
Parlez-moi de votre rencontre
Alex m’a un jour appelée pour interpréter deux chansons dans un projet qui s’intitulait «Des gens dans l’enveloppe». Il a aimé ma voix et travailler avec moi et m’a alors demandé si je n’avais pas envie de faire un album avec lui. Pourquoi pas ? Me suis-je dit, depuis que l’idée était dans l’air.
Tous ces gens qui sont sur l’album, auteurs, compositeurs, comment sont-ils venus à vous….
C’est Alex qui leur a demandé s’ils voulaient bien m’écrire des chansons et ils ont dit oui. Entre autres Aznavour qui ne voulait me donner qu’une chanson et qui m’a envoyé plus tard, alors que le disque était enregistré, le texte que l’ai lu dans mon spectacle.
Il y manque Bruel avec qui vous avez travaillé sur le film «Le prénom» !
Oui mais ça viendra, il m’écrira une chanson !
Car vous comptez continuer ?
Et comment ! Tant que de beaux artistes voudront bien m’écrire des chansons !

FRANCOISE FABIAN FRANCOISE FABIAN

Et la scène ?
C’est venu tout naturellement. Je ne vous dirai pas que je n’ai pas hésité mais je me suis lancée et je dirais que c’est… un délice épouvantable ! Délicieux car j’avais envie de monter sur scène pour défendre ces chansons et en même temps j’avais très peur de la réaction du public. Et ça a l’air de marcher. Mais c’est très intimidant de chanter devant une salle comme hier soir. Je dois dire que le public a toujours été adorable avec moi.
J’ai trouvé très dôle et très culottée votre version de «J’attendrai», version classique et version disco à la Dalida !
Mais figurez-vous que je ne savais pas alors que Dalida avait fait cette version. C’est amusant.
Figurez-vous que j’avais 6 ans lorsque j’ai chanté cette chanson et à l’époque, lors d’une fête à Argelès-Gazost où l’on passait les vacances, c’était osé de chanter ça pour une petite fille !
Alors un prochain disque de vieilles chansons peut-être ?
Alors là, pas du tout ! J’en mets deux ou trois dans mon tour mais je préfère chanter des chansons écrites pour moi. J’ai déjà celle d’Aznavour mais aussi de Georges Delerue, de François Maurel et bien sûr d’Alex.
Avez-vous ‘autress concerts ?
Oui, une tournée même. Je sais que je vais chanter à Béziers, à Sète, à Nice, j’ai une trentaine de dates dont une chez Laurent Gerra qui veut à tout prix que j’aille chanter chez lui.
Télé, chanson, cinéma, théâtre… Où vous sentez-vous le mieux ?
Ce sera toujours le théâtre, d’abord parce que j’aime la scène, j’aime les textes, j’aime raconter une histoire, j’ai toujours aimé raconter des histoires, même petite, au grand dam de ma sœur qui, quelquefois, en avait assez ! J’aime être proche de mes partenaires, j’aime avoir une idée et aller jusqu’au bout.
Le cinéma, c’est différent car on tourne rarement des scènes dans l’ordre, on doit être patient. Je ne dénigre ni la télé ni le cinéma qui m’ont apporté tellement de beaux moments mais le théâtre et la chanson, c’est du direct, le spectateur est face à vous et il faut lui donner ce qu’il attend.
De beaux réalisateurs vous ont offert de beaux rôles : Lelouch, Bunuel, Rhomer, Thompson, Rivette, Malle, Companeez, Demy… Êtes-vous passée à côté de certains ?
Oui, souvent et par ma faute. Est-ce timidité ou orgueil mais je n’ai jamais su aller vers eux et demander un rôle. Je ne l’ai fait que pour Bunuel, au début de ma carrière. Mais bon, je n’ai pas vraiment de regrets, c’est comme ça et j’ai été gâtée.
Aujourd’hui, quels sont vos projets ?
Ils sont toujours multiples car si je ne travaille pas je m’ennuie. Ou alors je voyage et je fais beaucoup de photos. Entre autres d’animaux sauvages. Ce que j’adore. Mais pour l’instant, j’ai en projets deux pièces de théâtre, un film et certainement un second disque. Rien n’est signé donc je n’en parle pas !»

FRANCOISE FABIAN
Françoise Fabian entourée de Jean-Louis Tixier et de Michel Cornille

Comment ne pas être sous le charme de ce beau regard qui vous scrute, de cette voix qui vous happe et de cette simplicité alors qu’elle est l’un de nos derniers monstres sacrés que nous ayons en France.
La retrouver là où je l’avais quittée a été un joli moment inoubliable.

Jacques brachet
Photos Patrick Carpentier