Archives pour la catégorie Musique

Juliette GRECO : «J’aime décliner le verbe aimer»

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Décidemment cette année verra disparaître de magnifiques artistes.
Après mon amie Annie Cordy, voici que disparaît celle qui fut la muse de Saint-Germain des Prés et qui devint l’une de nos plus grandes interprètes de la chanson française. On avait Piaf, on avait Barbara, il nous restait Gréco… Et la voilà partie aussi.
Elle fut l’une des plus belles interprètes que puissent avoir les auteurs et compositeurs qu’elle a toujours choisis sans jamais se tromper et souvent alors qu’ils étaient peu ou prou connus, de Brel à Béart, de Ferrat à Gainsbourg, de Ferré à Fanon, de Brassens à Leprestre… Et puis elle chanta Vian, Dimey, Prévert, Queneau, Sartre, Sagan, Jean-Claude Carrière, Mouloudji, Trenet, Jouannest… C’était encore la période où la chanson française possédait ses lettres de noblesse.
Mais elle s’intéressait beaucoup à la chanson d’aujourd’hui, comme Julien Clerc ou Etienne Roda-Gil, Maxime le Forestier, Bernard Lavilliers ou  encore Abd El Malik avec qui elle chanta.
Chacune de ses chansons avait une histoire qu’elle nous distillait avec gourmandise, avec sensualité, en grande comédienne qu’elle était, avec une gestuelle d’une finesse et d’une grâce incroyables : «Déshabillez-moi», «La Javanaise», «Voir un ami partir», «Si tu t’imagines», «Un petit poisson, un petit oiseau», «Je suis comme je suis», «Les feuilles mortes», «Il n’y a plus d’après», «Jolie môme»… La liste est longue de ces chansons, de ces petits bijoux qu’elle nous a offerts durant… 70 ans ! Incroyable !

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Avec Micheline Pelletier et Jacques Higelin

Elle était une magnifique comédienne mais le cinéma ne l’a pas gâtée, à part une incursion américaine avec Darryl Zanuck avec qui elle vécut, Huston, Fleisher, Welles… Mais ce ne fut pas l’ouverture à une carrière qu’elle aurait mérité… Même après la série télé «Belphégor» qui, pourtant, enflamma la France. Mais sa carrière d’interprète, de diseuse est tellement dense, riche, belle qu’il n’y a rien à regretter.
Je l’ai rencontrée à diverses reprises, en tant que journaliste mais le souvenir qui me reste fut cette journée que la Ville de la Valette du Var consacra à la période de Saint-Germain-des-Prés où elle fut l’invitée d’honneur, où elle donna un récital le soir et où elle rencontra le public l’après-midi. Rencontre que j’eus la chance d’animer.
Ce fut un feu d’artifice de bons mots, d’élégance, de liberté dans le langage car elle appelait un chat un chat et nous fûmes sous le charme car elle avait des souvenirs à la pelle, et, suite à cette rencontre, elle me félicita de mes connaissances de cette époque et d’avoir tenu deux heures avec elle…

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Et elle m’embrassa sur la bouche ! Ce sont des choses que l’on n’oublie pas !
Puis je devais la rencontrer souvent à Ramatuelle où, lorsqu’elle n’y chantait pas, elle venait voir les amis en voisine, s’étant établie dans ce village pour lequel elle eut le coup de foudre. Elle ne m’embrassa plus sur la bouche mais souvent nous avons partagé une coupe de champagne !
Alors que cette semaine, la Villa Tamaris recevait Yann Arthus-Bertrand, invité par l’association «L’œil en Seyne», sa présidente, qui n’est autre que Jacqueline Franjou, également présidente du festival de Ramatuelle me parla bien sûr d’elle avec beaucoup d’émotion :

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« Juliette venait chanter en 85 et dès notre rencontre une relation amicale s’instaura, qui a duré 35 ans. En 86, elle m’appelle pour me dire qu’elle a l’intention d’acheter un terrain à Ramatuelle et voudrait rencontrer l’architecte qui a créé le théâtre, Serge Mège. A quelque temps de là, elle s’installe donc dans sa villa avec son compagnon Gérard Jouannest qui est musicien et fut le compositeur et le pianiste de Jacques Brel avant de devenir le sien.
Et puis un jour, elle m’appelle pour m’annoncer leur mariage, et me demande de la marier (j’étais alors adjointe à la mairie) et d’être à la fois son témoin. Tu vois à quel point notre lien d’amitié était devenu un lien familial.
Plus tard, alors que Gérard ne voulait pas en entendre parler, avec quelques amis nous lui avons offert une chienne de race qu’elle nomma Rosebud. Aujourd’hui elle doit être bien malheureuse car elles ne se quittaient pas et elles dormaient ensemble.
Que gardes-tu de toutes ces années d’amitié ?
Tellement de choses !
C’était une personne d’une grande simplicité, qui aimait les gens mais détestait les sots. Elle avait le sens du mot et pour toute chose, son langage devenait poétique. Chez elle, les mots prenaient une vie assez étrange. Elle avait toujours un petit air malin et ses mains étaient d’une grâce infinie. Elle avait travaillé avec Marceau, avait fait de la danse et tout cela ressortait.
Elle avait gardé des yeux d’enfant et cherchait des réponses à tout.  «J’aime décliner le verbe aimer» m’avait-elle dit un jour. Mais souvent, elle nous offrait de belles phrases, des expressions comme celle-ci.

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C’était une guerrière, une chanteuse engagée. Elle était profondément corse est avait une liberté de vie et d’expressions invraisemblable. Mais elle avait su rester simple, dans la vie au quotidien elle était une personne ordinaire, elle ne joua jamais à la star.
Brel, Ferré, Brassens, tous l’ont faite chanter et je me souviens de cet hommage que nous avons consacré à ces trois artistes et qu’elle a voulu présenter elle-même. C’était magique…
Aujourd’hui elle me manque beaucoup et j’espère qu’elle aura des obsèques nationales car s’il en est une qui le mérite, c’est bien elle ».
A 90 ans passés, elle avait décidé d’arrêter de chanter et de faire une grande tournée d’adieu, intitulée « Merci » car, disait-elle, elle ne voulait pas qu’on la voit  affaiblie ou décatie. Malheureusement, elle dut arrêter cette tournée en chemin et elle se calfeutra chez elle, ayant déjà perdu sa fille et son mari.
Elle sera enterrée le 5 octobre à Saint-Germain-des-Prés d’où tout est parti… Voilà plus de 70 ans…

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Jacques Brachet



Six-Fours – Maison du Cygne
Gautier CAPUCON, le prince des violoncellistes

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On le sait, la Maison du Cygne, lieu magique six-fournais, accueille depuis son ouverture des plasticiens, peintres et sculpteurs, de prestige.
Elle y accueille aussi nombre d’événements entre sa galerie et son jardin remarquable mais jusqu’ici aucun grand concert n’avait eu lieu.
Et voilà que nous arrive, le plus talentueux, le plus romantique des musiciens mondialement connu : le violoncelliste Gautier Capuçon.
On avait vraiment envie, en cette période incertaine, d’un tel événement même si celui-ci, pouvait, d’un refus du préfet, être annulé et si, surtout, l’annonce d’un orage imminent pouvait annuler la fête.
Il n’en a rien été, même s’il fallut limiter le public qui était très demandeur et très nombreux et si l’orage éclata à minuit, alors que tout était terminé !

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Dans l’après-midi, l’on vit donc arriver ce musicien, pas grand par la taille mais immense par le talent, venu répéter avec son pianiste Samuel Parent.
A la fois très concentré et très souriant, il salua les petits violoncellistes en herbe venus du conservatoire,  invités à assister aux répétitions et durant une heure il répéta méthodiquement, allant de la scène à la salle afin de tester le son tant on sait qu’un concert en plein air est plus délicat que dans une salle adéquate.
A la fin de la répétition, tous ces mini-artistes, les yeux brillants mais hélas le sourire caché par ces maudits masques, purent l’approcher, lui parler, faire des photos, demander des dédicaces. Ils avaient en face d’eux leur dieu de la musique qu’ils avaient suivi durant toutes les répétitions en mimant ses gestes, comme s’ils avaient leur violoncelle entre les mains !
Fabiola Casagrande, adjointe aux Affaires Culturelles, eut le loisir de discuter avec cet artiste d’une grande simplicité, souriant et rieur derrière son masque qu’on enleva quelques secondes pour faire une photo, ce qu’il fit sans problème… ce qui nous changea de certains artistes d’aujourd’hui  (pas dans le théâtre ni la musique classique mais surtout dans la chanson) pour lequel il faut trois laisser-passer et dix autorisations pour faire une photo qu’ils demandent d’envoyer à l’attaché de presse avant de la publier !

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Là, c’est en toute simplicité qu’il s’est plié à toutes nos demandes, avant d’aller ce préparer et se concentrer pour son concert.
Déjà, le public affluait devant la barrière, avant de pouvoir venir s’installer sur les chaises qui avaient été réservées depuis l’annonce de ce concert exceptionnel. De nombreux élus étaient présents, dont Jean-Sébastien Vialatte, maire de Six-Fours et son épouse et peu à peu tout le monde trouva sa place… hormis tous ceux qui n’avaient pu en avoir et s’agglutinèrent à la barrière.
La nuit tombant, notre bel artiste s’installa, accompagné de son pianiste et nous offrit un brillant concert. Il avait choisi la première sonate pour violoncelle et piano en mi mineur de Brahms (Brahms n’en signa que deux) suivie de la sonate pour violoncelle et piano de Chostakovitch.

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Concert écouté dans un silence religieux. Et pour finir, un éblouissant Czardas des danses hongroises de Monti, souleva le public.
Le cocktail, servi dans les jardins, put se dérouler sans problème et ce fut un beau final pour un concert sensationnel auquel on aurait regretté de ne pas pouvoir assister.

Jacques Brachet



Toulon – Festival «Présences Féminines»

Nous vous l’avions promis, le festival Présences Féminines 2020 existerait d’une manière ou d’une autre. C’est donc une édition plus réduite et respectueuse des consignes sanitaires en vigueur, que nous vous proposons et pour laquelle nous vous donnons rendez-vous du 12 au 20 octobre prochain !
L’équipe du festival

Cosmicomiche

La compositrice en résidence
Nous n’avons pas complètement manqué notre rendez-vous avec la compositrice Edith Canat de Chizy qui sera bien des nôtres pour cette édition reportée ! Sa résidence au festival sera notamment marquée par la création de trois de ces œuvres : le 14 octobre avec l’ensemble Hélios et Françoise de Maubus au musée national de la Marine de Toulon, le 17 octobre à La Garde avec le quatuor Van Kuijk et le 20 octobre avec l’accordéoniste Pascal Contet.
Programme
Lundi 12 octobre,  Concert réservé aux scolaires

Conservatoire TPM Toulon / 10h et 14h30 :
«Chant de coton» – conte musical – Cécile Brochoire comédienne – Michaël Dian piano
Mardi 13 octobre, Conférence & projections
Conservatoire TPM Toulon / 18h30

Conférence : « Comment vivre sans inconnu devant soi ? » suivi de la projection du portrait documentaire « Edith Canat de Chizy, un portrait ». Edith Canat de Chizy compositrice – Michèle Tosi musicologue
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Mercredi 14 octobre ,Concert
Musée national de la Marine, Toulon / 20h
Ensemble Hélios – Françoise de Maubus harpe
De 8 à 15€
Vendredi 16 octobre, Concert
Théâtre Marélios, La Valette / 20h

Récital de piano Célia Oneto Bensaid
De 7 à 15€
Samedi 17 octobre, Concert
Chapelle médiévale, La Garde / 20h

Quatuor Van Kuijk : Nicolas Van Kuijk violon ; Sylvain Favre-Bulle violon Emmanuel François alto ; Anthony Kondo violoncelle
De 8 à 15€

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Dimanche 18 octobre, Journée non-stop
Musée national de la Marine, Toulon / De 10h à 19h

Compositrices au long cours et…contes de fées
Une journée organisée en partenariat avec le Musée national de la Marine de Toulon pendant laquelle musique et contes de fées côtoieront grands mats et histoires de marins !
Laetitia Cottave, hautbois & Olga Bondarénko, piano ; Lisa Heute, accordéon & Gabriella Bannura-Péhu, alto  – Duo Hælix ; Claire Laplace, piano ; Aniana Malalaharisoa, soprano & Léa Garnier, piano ; Marie-Louise Duthoit & Anna Veyrenc, conteuses.
Tarif unique 8€
Mardi 20 octobre, Concert  
A Musée national de la Marine, Toulon / 20h
Pascal Contet accordéon – Isabel Villanueva alto & François Dumont piano
De 8 à 15€
Samedi 21 novembre, Opéra contemporain   « LE Cosmicomiche »
Salle Jedrinsky de la Diacosmie, Nice / 16h
Deux opéras de poche de Michèle Reverdy. D’après deux nouvelles extraites de Le Cosmicomiche d’Italo Calvino : « Un segno nello spazio » et « Tutto in un punto ».
Léo Warynski direction, Victoria Duhamel mise en espace, Emily Cauwet-Lafont costumes et accessoires, David Simon-Deshais lumière, Mélanie Boisvert soprano, Albane Carrère mezzo-soprano, Francesco Biamonte baryton
Coproduction Opéra de Toulon, Festival Présences Féminines & Le Liberté, scène nationale de Toulon
12€ et 5€ pour les étudiants
Infos / Billetterie sur www.presencesfeminines.com
Réservation par e-mail : resapresencesfeminines@gmail.com
Réservations par téléphone (à partir du 1er septembre) : 06.13.06.06.92

 

Festival de musique de Toulon

Afin de vous accueillir dans le respect des consignes sanitaires en vigueur, les concerts initialement prévus les 5 et 12 septembre à 17h Place Puget se dérouleront Place des Savonnières (proche de la Place de l’Équerre et de la rue Pierre Semard). Ils sont «entrée libre» ;

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Programme de musique française :
Samedi 5 septembre 17h : «Made in France !»
Quintette de cuivres Ad Libitum Brass (Pascal Reymond & Stéphane Roux, trompettes, Serge Baudry, tuba, Mickaël Steinman, trombone, Didier Huot, cor. Un voyage du 19ème siècle à nos jours, avec des pièces d’Offenbach, Ravel, Debussy, Fauré, Satie et autour de chansons françaises de Nougaro, Gainsbourg, Montand, Edith Piaf…
Samedi 12 septembre 17h : Clarinettes, piccolo et compagnie.
Sextuor de clarinettes de la Musique des Equipages de la Flotte (Frédérique Besnard, Caroline Aubert,Christophe Sicard, Mathias Letourneur, Jean-Baptiste Legrand, Sylvain Thérond.
Du classique au jazz, en passant par les musiques folkloriques : les six musiciens explorent le vaste potentiel offert par la grande famille des clarinettes, de la petite clarinette à la clarinette contrebasse.


Six-Fours – La Collégiale
Amadeus et Matheus : «Jupiter», l’apothéose

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Troisième volet de ce Festival de la Collégiale avec la symphonie N°41 de Mozart, dite «Jupiter», qui fut l’ultime symphonie de cet illustre compositeur. Elle fut écrite en 1788. Il mourut en 1791.
De l’avis général de tous les musiciens et compositeurs, elle est considérée comme la plus grande symphonie jamais composée à cette époque.
Et c’est ce que Jean-Christophe Spinosi nous offrit en feu d’artifice final avec l’ensemble Matheus.
Tout d’abord il dut préciser qu’ils allaient jouer dans le cadre normal de la collégiale, c’est-à-dire dans la nef, comme il le fait habituellement.
Mais le projet originel était de faire participer tout le public en disposant les musiciens disséminés autour et au milieu des spectateurs. Hélas, faute encore à ce maudit virus, cela ne put se faire et l’on devait donc avoir un spectacle «normal».
Mais avec Jean-Christophe, la normalité étant rarement à l’ordre du jour, il nous offrit, avant  l’interprétation de cette symphonie, un prologue fort intéressant et fort brillant.
Tout d’abord, il devait faire la comparaison entre Mozart et Haydn qui fut en quelque sorte le père spirituel de ce premier. Pour cela, il vint au milieu des spectateurs pour nous donner une magistrale leçon de musique, extraits d’œuvres à l’appui. Puis il nous expliqua l’œuvre de Mozart qu’ils allaient jouer en ajoutant qu’à chaque fois qu’il décider d’interpréter une œuvre, avant de répéter, il en faisait de même avec ses musiciens afin qu’ils s’en imprègnent, au-delà de la partition.
Ce fut un joli moment où passion et humour furent de la fête.

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Puis vint le moment attendu : «Jupiter», roi des dieux et des cieux dont Mozart, au faîte de son génie musical, écrivit une œuvre, puissante et bien évidemment, notre ami Spinosi nous en offrit la substantifique moelle avec une force, une énergie jubilatoires qui galvanisa ses musiciens et le public.
La preuve en est qu’on n’avait jamais vu le chef trempé de la tête aux pieds, le cheveu dégoulinant, la chemise mouillée plaquée sur le corps.
Ce fut un moment intense où l’heureux public en resta abasourdi.
Mais le spectacle n’était pas fini car, avouant qu’il avait du mal à quitter ce lieu qui lui est devenu très cher et pour remercier le public venu malgré la pluie et le Covid il joua les prolongation et nous offrit une œuvre de Haydn, aussi forte que celle de Mozart, nous expliquant encore avec amusement, comment ces deux œuvres pouvaient être comparées et nous offrant un suspense réitéré à plusieurs reprises, le public applaudissant croyant que c’était fini et Jean-Christophe relançant la machine, avec la complicité de tout son orchestre.
Jolie récréation et final incroyable que le public, debout, applaudit à tout rompre.
Il faut dire que Spinosi ajouta que c’étaient ses premiers concerts depuis le confinement, que durant tous ces mois où les festivals étaient déprogrammés les uns après les autres, il avait beaucoup souffert de ne pas jouer et de ne plus rencontrer le public. C’est certainement ce qui fit qu’en cette ultime soirée, il se déchaîna et ne voulait plus quitter ce lieu qui est aujourd’hui sa deuxième maison.

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On se souviendra longtemps de ce moment de grâce qu’il nous offrit alors que nous étions aussi frustrés que lui d’être privés de concerts.
Merci à lui et à la mairie d’avoir maintenu ce festival qui nous a faits vivre d’intenses moments… Ça nous avait tellement manqué !

Jacques Brachet


Six-Fours, festival de la Collégiale, deuxième :
Magnifique Magnificat

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Nous avions démarré ce festival de la Collégiale avec la première des premières de l’opéra de Vivaldi «L’Olimpiade» de Vivaldi, que Jean-Christophe Spinosi est venu créer avec l’orchestre Matheus.
Cadeau extraordinaire qu’il a fait à la ville de Six-Fours dont il est aujourd’hui le fidèle résident estival. A noter qu’il vont parcourir la France dans des formes différentes, jusqu’aux Jeux Olympiques de Paris auxquels ils pourraient participer.
Affaire à suivre…
Alternant la générale gratuite avec les concerts, voilà que la seconde soirée est encore consacrée à Vivaldi dont il est un fervent admirateur et un extraordinaire interprète : le fameux «Magnificat».

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Pour cela, il avait doublé les équipes, aussi bien des musiciens que des chœurs de l’ensemble vocal «Millésimes» et des solistes, la nef de la Collégiale étant juste suffisante pour y faire entrer tout ce monde. Tout comme les spectateurs venus en nombre malgré le covid qui plane toujours sur nos têtes.
Ce «Magnificat» est l’une des œuvres les plus connues de Vivaldi et Spinosi et les siens en ont fait un moment somptueux qui restera inoubliable.
Avec sa fougue habituelle, il a mené sa troupe à la baguette avec tellement de conviction que tous furent parfaits… magnifiques, n’ayons pas peur de ce jeu de mots, à tel point que les spectateurs, Monsieur le maire et son épouse en tête, subjugués, leur offrirent une longue, très longue ovation, debout.

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Mais Jean-Christophe, avant cet incroyable chef d’œuvre de Vivaldi, nous offrit une mise en bouche en invitant Stéphane Fuget, qui interpréta un concerto de clavecin de Bach.
Le clavecin résonnant dans ce lieu sacré fut un grand moment de recueillement dans une interprétation magistrale.

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Stéphane Fuget est pianiste, organiste, claveciniste chef d’orchestre, enseignant, il travaille avec les plus grands, joue sur les grandes scènes internationales, Bach, Haendel, Lully, Vivaldi, Charpentier, Monteverdi… Les Baroques n’ont plus de secrets pour lui, il nous a montré sa virtuosité dans ce concerto en ré mineur de Bach et on l’a également retrouvé dans ce «Magnificat».
Bref, ce fut une grande, très grande soirée et l’on attend évidemment avec impatience la troisième, consacrée à la symphonie «Jupiter» de Mozart.
Merci à la Ville de Six-Fours, d’avoir eu le courage de ne pas supprimer ce festival qui a aujourd’hui dépassé le Var, devenant un incontournable de la vie musicale estivale.

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Jacques Brachet



Six-Fours – Collégiale : VIVALDI, SPINOSI & L’Olimpiade

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«L’Olimpiade» est un opéra baroque que Vivaldi créa en 1734, d’après Herodote et sur un livret du poète Metastase (On ne choisit pas son nom !)
L’histoire se passe durant les jeux olympiques il y a 2000 ans et Vivaldi y a ajouté une histoire d’amour. Donc, ces jeux se jouent à travers un mélodrame un peu abracadabrant où nombre de protagonistes entrent en jeu, ce qu’il peut être difficile à suivre lors d’un concert et non d’un opéra.
C’est à cette œuvre que notre ami Jean-Christophe Spinosi s’est attaquée pour la septième mouture du festival de la Collégiale de Six-Fours que nous avons eu la chance de ne pas voir disparaître cette année, comme nombre de festivals. Mais bien entendu, avec des mesures draconiennes et une collégiale à moitié pleine pour cause de coronavirus.
Plaisir de retrouver notre ami musicien et chef d’orchestre comme chaque année, avec toujours un programme original dont cette Olimpiade qui a une belle histoire.

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D’abord, nous explique-t-il, ce n’est pas pour rien qu’il s’est attaqué à cette œuvre peu ou mal connue car il a pensé que dans quatre ans, si tout va bien, auront lieu les Jeux Olympiques à Paris. Et il a décidé de proposer cette œuvre en ouverture de cet événement.
«Mais –ajoute-t-il – cette œuvre aura plusieurs versions car elle nécessite au départ beaucoup de monde, chanteurs et musiciens et comme nous espérons la jouer durant ces quatre années, un peu partout et le plus possible, nous devrons nous adapter aux lieux comme nous l’avons fait ce soir qui, je le précise, est la première des premières, que nous avons réservée à Six-Fours. D’ailleurs, nous avons fait notre premier filage aujourd’hui, notre première générale ce soir et notre première demain soir !» (Nous sommes le 24 août).
Nous avons donc eu la joie  d’assister à la naissance d’une œuvre que, je l’avoue, je ne connaissais pas.

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La musique est somptueuses, les voix* magnifiques et Jean-Christophe, pour la compréhension de l’histoire un peu compliquée et chantée en Italien, a trouvé une façon originale en faisant appel à un beau comédien, Emanuel Daumas qui joue avec plein d’humour et de fougue, un journaliste commentant les épreuves des JO, avec tous les aléas d’un direct et toutes les péripéties qui s’ensuivent au cours des épreuves où se mêle le sport et une intrigue amoureuse très particulière.
C’est du grand art que maîtrise avec le brio, l’énergie et la passion  qui le caractérisent notre  ami devenu incontournable de ce moment musical annuel six-fournais.
Dommage que ce virus ait un peu perturbé la manifestation, le nombre de places étant limité pour respecter la distance barrière.
Au cours de ce premier spectacle, l’on retrouvait avec plaisir Dominique Ducasse qui, durant des années, fut l’adjointe aux affaires culturelles et passait le relais (pour rester dans le sport !) à  Fabiola Cassagrande qui a pris la relève.
And the show must go on !

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Jacques Brachet

*Marlène Assayag, Blandine de Sansal, Ambroisine Bré, Emilie-Rose Bry, Jean-Jacques l’Anthoen, Mathieu Toulouse
Direction : Jean-Christophe Spinosi
Ensemble Matheus
Chœur de chambre Mélisme(s) dirigé par Gildas Pungier)
Prochain programme
Vendredi 28 août : «Magnificat» de Vivaldi
Samedi 29 août : Symphonie «Jupiter» de Mozart
Les concerts sont à 20h30, des navettes vous amèneront à la collégiale. Elles sont gratuites et vous attendent devant la salle Scarantino.




Sanary en Musique :
Emmanuelle BERTRAND & Pascal AMOYAL,
invités de Françoise GNERI

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Emmanuelle Bertrand

Françoise Gnéri, magnifique musicienne Alto a créé, on vous en a déjà parlé, le collectif «Fractales» afin d’aider les jeunes musiciens de talent à se faire connaître, à jouer sur une scène, accompagnés de grandes pointures de la musique classique.
Chaque année, dans le cadre de «Sanary sous les étoiles», elle nous offre «Sanary en musique» avec, à la clef quelques belles soirées où de jeunes talents se réunissent autour de grands noms de la musique classique.
Cette année elle y a entre autres invité le violoniste, pianiste, chef d’orchestre Pascal Amoyal et la violoncelliste Emmanuelle Bertrand, duo dans la vie comme sur la scène, tous deux également professeurs au Conservatoire de Paris et Lausanne.
Ils sont venus pour deux soirées : ce jeudi 20 août pour  un duo violoncelle- piano et vendredi 21 Emmanuelle reviendra avec le collectif Fractales.
Emmanuelle a toujours baigné dans la musique, toute sa famille y étant plongée et leurs enfants ayant suivi.
«Ça fait partie de ma vie», m’avoue-t-elle et depuis vingt ans elle partage donc sa vie et sa passion avec Pascal Amoyal. Ils ont enregistré de nombreux CD ensemble, ont fait de nombreuses tournées de par le monde et ont toujours de multiples projets dont Emmanuelle Bertrand a bien voulu me parler.

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Emmanuelle Bertrand, Pascal Amoyal, Françoise Gnéri

«Lorsqu’on est musicienne, que l’on vit sur scène, comment se sont passés ces derniers mois, Emmanuelle ?
Ça a été une période très particulière sans la joie de jouer depuis cinq longs mois. Nous avons vécu quelque chose d’unique et vous ne pouvez pas savoir la joie que nous avons de nous retrouver à Sanary,l’ unique festival «rescapé» de cette situation. Retrouver la scène et le public est un grand moment d’émotion. Même si les réseaux sociaux nous ont permis de ne pas tout arrêter, rien n’est plus beau que de jouer devant un public.
Jouer devant un public masqué, quel effet ça vous fait ?
Bien entendu, lorsqu’on arrive sur scène, ça surprend un peu mais très vite, on oublie tout pour ne se consacrer qu’à la musique. C’est une petite contrainte mais si ça nous permet de nous retrouver, c’est le principal. C’est un spectacle vivant, un grand moment de partage qui rassemble les gens, avec ou sans masques.
Lors d’un récital, on est seul face au public, on ne peut pas ne pas le regarder mais peu à peu on intègre cet obstacle et le principal est que le public soit là.
Votre rencontre avec Françoise Gnéri et Fractales, comment s’est-elle faite ?
Ce collectif existe depuis des années et Françoise est aussi une amie depuis longtemps et donc, à chaque fois qu’on se croise on en parle et nous avons depuis longtemps le projet d’y venir. Cette fois, ça y est !
Je trouve cette idée remarquable que de mélanger les générations, en faisant venir de jeunes musiciens pleins d’avenir avec des artistes confirmés. Nous sommes dans la même mouvance de cette transmission, nous donnons des cours et d’un coup nous voilà dans l’action, tous ensemble. C’est un grand moment de partage avec eux, avec le public. Et une belle expérience pour tous.
Le plein air ne vous gêne-t-il pas, vous qui êtes habituée à des salles, à plus d’intimité ?
Je crois qu’il faut dépasser cela, et nous devons nécessairement nous adapter à cette situation. C’est vrai que ce n’est pas toujours facile, qu’on peut avoir des problèmes d’acoustique mais je dois dire que les techniciens, à Sanary, ont fait du bon travail. C’est vrai aussi que le concert prend une autre dimension mais on s’adapte et on limite les risques… C’est le prix à payer si l’on veut continuer à faire notre métier.

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Photo de droite : Robin Renucci

Comme beaucoup d’artistes, je suppose que vos projets ont été suspendus depuis quelques mois…
Comme pour tout le monde, tout s’est arrêté mais petit à petit tout reprend.
Avant le confinement, Pascal Amoyal a créé au théâtre du Ranelagh, ce qu’il a appelé du théâtre musical. Intitulé «Looking for Bethoven», pour tout public qui raconte la vie du compositeur à travers son œuvre. Je jouais à ses côtés. Le spectacle a été enregistré et le CD devrait sortir ces jours-ci chez Harmonia Mundi.
Et puis, nous avons repris les répétitions d’un spectacle original «Oblomov» d’après l’œuvre d’Ivan Gontcharov, adapté par Nicolas Kerszenbaum et mis en scène par Robin Renucci pour les Tréteaux de France. C’est lui qui a fait appel à nous et pour la première fois, je ne serai pas seulement violoncelliste mais… comédienne ! J’y jouerai même deux rôles : celui de la nourrice et celui d’Agafia qui deviendra la femme d’Oblomov.
C’est pour moi une grande première et Robin a su nous communiquer l’âme russe. Ce projet m’a bloquée quatre mois, j’ai donc arrêté les concerts mais l’expérience est très excitante. Ca valait la peine. Nous ferons une tournée avec les Tréteaux de France ».
Avant de nous quitter elle voudrait ajouter quelques remerciements :
«J’aimerais dire un grands merci aux organisateurs de ce festival, à Françoise Gnéri évidemment et à tous les techniciens qui ont eu le courage de maintenir ces festivités. Tant d’autres ont préféré annuler que je veux les saluer tous… Ils nous ont redonner l’énergie et la joie de remonter sur scène».
Retrouvons donc Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyal jeudi 20 août sur l’esplanade pour un florilège de compositions de Fauré, Saint-Saëns, Liszt, Brahms et Emmanuelle Bertrand et Fractales vendredi 21 août à 21h30
Spectacle on ne peut plus alléchant !

Jacques Brachet




Sanary sous les étoiles
Amaury VASSILI, star de la tournée «Route 83»

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La première fois que je rencontrais Amaury Vassily, c’était en 2014 pour la sortie de son album hommage à Mike Brant. Il avait un air rieur et romantique sous sa blonde crinière. En 2018 pour la sortie de son album tout simplement intitulé «Amaury», je le retrouvai avec une coupe sage, très petit garçon. Et voilà que je le retrouve aujourd’hui dans le cadre de la tournée de Michel Mitran «Route 83» avec à nouveau une crinière blonde, avec toujours ce regard rieur et tellement abordable et sympa.
«Que veux-tu – me dit-il en riant – le confinement est passé par là !»
En fait, ça va plutôt mieux à ce baryton martin, une des plus belles voix de la chanson française qui peut aussi bien chanter de la variété, du rock, de la pop ou du classique.
Cette tournée est pour lui un réel bonheur et une bouffée d’air frais (même si ce soir il est plutôt très chaud à Sanary) et il est heureux de partager cette tournée avec un jeune chanteur belge de descendance espagnole, Fernando, qui a choisi de rendre hommage à… Julio Iglésias et à l’ami Henri Giraud qui, lui, a choisi de rendre hommage à Coluche dont il a la voix et le physique.
Ambiance cool et rieuse dans les coulisses où Michel Mitran nous offre un apéro bienvenu par cette chaleur et où tout le monde se retrouve en chahutant… Tout en écoutant le match de foot Lyon-Manchester City… C’est d’ailleurs juste avant d’entrer en scène qu’on entend un grand cri d’Amaury  pour célébrer la victoire de Lyon !

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On se retrouve dans sa loge-caravane pour faire le point sur sa carrière hors du commun puisqu’en dix ans, six albums (le premier, «Vincero» sorti en 2009) il a conquis un public français et étranger et a déjà parcouru le monde.
«Alors Amaury, depuis notre dernière rencontre, que s’est-il passé ?
Eh bien, il y a eu beaucoup de galas et de promo puis la création d’une tournée piano-voix qui a été stoppée dans notre élan avec le confinement. Mais qui va reprendre dès la fin de l’année*… Du moins je l’espère !
Quel en est le contenu ?
Ce sont des chansons que je n’ai jamais chantées sur scènes ou qu’on a adaptées.
Comme ?
Comme «L’hymne à l’amour» de Piaf, des classiques comme «Con te partiro» ou «Caruso», des indémodable, des chansons de mon dernier album
C’est un nouveau concept pour moi. Nous sommes donc deux sur scène plus un piano très spécial qui est tout doré. Ça donne une image forte. Nous avons déjà beaucoup de dates. Espérons qu’il ne faudra pas encore tout annuler.
Qu’as-tu fait de ces mois de confinement ?
J’ai beaucoup travaillé sur un nouvel album qui devrait sortir à la fin de l’année et que je produits, puisque aujourd’hui je suis mon propre producteur. Je l’ai réalisé avec 55 intermittents du spectacle, musiciens, techniciens de France et de Navarre. C’est un album de reprises sur un thème bien précis.
Mais pour le moment je ne veux rien dévoiler.
Les spectateurs masqués, ça te dis quoi ?
D’abord je dois dire que c’est une grande chance de faire cette grande tournée avec «Route 83». C’était inespéré et retrouver le public, même masqué c’est magnifique. On joue tous le jeu en espérant que tout ça va se terminer un jour. Avec tous ces événements, les gens ont besoin de se divertir psychologiquement et retrouver un semblant de normalité est le moindre mal, même si c’est compliqué.

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Amaury, Fernando, Henri Arnaud

Tu joues avec différents styles de musiques… A quand un nouveau disque classique ?
Tu sais, j’ai aujourd’hui une grande liberté d’esprit puisque je me produits, je produits d’autres artistes. Le classique reste mon premier amour mais je suis curieux et je veux explorer d’autres voies. Donc, je reviendrai certainement au classique. Peut-être d’ici un an.
Tu t’es d’ailleurs fait connaître dans le monde entier par le classique au départ.
Oui, c’est vrai car la musique classique est internationale. Je chante en français, en anglais, en italien, en espagnol et grâce à ça je suis parti au Japon, en Afrique du Sud, en Corée, au Canada… C’est une aventure extraordinaire. Et avec ce prochain album, je pense que je continuerai à me développer à l’étranger.
Parles-tu ces langues ?
Pas toutes, je parle en anglais, je me débrouille en italien et je suis heureux qu’on me dise que j’ai un excellent italien ! Et ça, ça fait plaisir !
Peut-être une carrière classique italienne ?
Ce sera difficile je crois car l’Italien est un perfectionniste, il a une formation classique et la moindre fausse ou mauvaise note, il est prêt à la dénoncer. Donc, je suis loin d’être prêt !
Je suis un autodidacte et l’Opéra c’est un régime de vie ascétique. On ne peut pas faire d’erreur. Et ça ne me fait pas rêver. De plus, le public italien ne se satisfait pas d’une émotion. Il lui faut de la précision dans la voix. Je pense que tout ça ne me convient pas.
Et la variété alors ?
Là encore, ils sont très chauvins et si tu n’es pas Italien, tu as du mal à faire une carrière dans leur pays. Et puis, le marché du disque en Italie va mal. Il y a un marché parallèle illégal et le disque est presque mort. Regarde le nombre de chanteurs italiens qui viennent en France. Ils sont peu nombreux par rapport aux années 60/70. Et pour nous c’est la même chose : s’imposer en Italie quand on est français est devenu très difficile.
Alors, je me contente de chanter en italien… en France !

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En scène : Fernando, Michel Mitran, Henri Giraud

Et en Corse pour l’Eurovision 2011 où tu as représenté la France avec une chanson Corse «Sognu» !
L’Eurovision est un magnifique souvenir, même si je n’ai pas gagné c’est une aventure hors du commun et que j’ai eu plaisir à vivre. D’abord, tu sais que tu es vu par cent millions de téléspectateurs… Ça donne le vertige ! Ça nous donne une visibilité internationale immense. Et puis il y a une ambiance incroyable, fraternelle, on côtoie des artistes de tous les pays, c’est très enrichissant.
Pourquoi choisir de chanter en Corse ?
Parce que c’est une langue régionale de France, qu’elle chante bien et que j’aime cette langue.
Est-ce que pour ta carrière, l’Eurovision a été un tremplin ?
Un très grand tremplin car je me suis fait connaître partout et que si j’ai pu faire toutes ces tournées internationales, c’est grâce à l’Eurovision.
Il y a eu aussi ce disque hommage à Mike Brant…
Il avait tout, ce mec, la voix, le charisme, le physique et je l’admirais beaucoup. C’est pour ça que j’ai voulu lui rendre hommage avec l’accord de la fille son frère, de toute la famille. Ils ont été satisfaits du résultat.
Comment as-tu choisi les titres ?
Il y a des tubes incontournable, indissociable de ca courte carrière. Du coup, tu arrives vite à l’essentiel. J’y suis resté fidèle tout en y imprégnant ma personnalité.
Tu es aujourd’hui producteur… Qui produis-tu ?
Moi en premier et puis des jeunes artistes auxquels je crois et que je veux aider. En ce moment, je m’occupe d’un jeune mentaliste : Clément Freeze.
On est loin de la chanson !
Et alors ? Il y a des talents partout et si je peux aider certains, pourquoi pas ?»

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Il est l’heure du spectacle et la soirée est loin d’être terminée.
Après la présentation, toujours pleine d’humour du maître de cérémonie Michel Mitran, après nous avoir présenté le groupe le groupe Margarita qui va assurer la partie musicale de tout le spectacle, il fera venir sur scène les trois artistes sélectionnés à Sanary, concourant pour la finale du trophée Laurent Gerra (Le parrain de Route 83) qui aura lieu le 28 août à la Crau : Patrick Oumier, d’Ollioules, qui a interprété «Au suivant», de Jacques Brel, Francine Casanobe de St Cyr sur Mer, qui a interprété «Amstrong» de Nougaro et Audrey Villa de Sanary qui nous a proposé «Pas sans toi» de Lara Fabian… et qui l’a remporté !
En piste alors pour Fernando qui nous vient de Belgique et qui est la voix bluffante de Julio Iglesias, qui nous interprètera quelques incontournables de l’artiste sans caricature, avec son physique de jeune premier et qui, lorsqu’on ferme les yeux, nous fait croire que l’idole ibère est parmi nous.
Autre voix, autre physique mais tout aussi bluffant : Henri Giraud, qui rend hommage avec le costume et la voix au grand humoriste tragiquement disparu et nous propose des histoires de son cru… Grand moment de drôlerie et de nostalgie.
Et voilà qu’Amaury Vassili se lance sur le podium en démarrant très fort avec «Land of hope and glory» d’Elgar. La voix est là, ample, forte semblant sortir sans effort de ce longiligne artiste au coffre magique. Viendront un patchwork de classique et de pop avec un hommage à Mike Brant, «Il a neigé sur Yesterday» de Marie Laforêt, «We are the champions» de Freddy Mercury,  et autres morceaux de bravoure comme «L’envie d’avoir envie» de Johny Hallyday où il nous montre qu’un chanteur d’Opéra peut être aussi un chanteur de rock. Des incontournables comme «Caruso» et «Con te partiro» sans oublier «Sugno» et «Tout» de son dernier album.
Un bel éventail de chansons de tous styles et une étendue de voix qui a fait frémir un public qui, malgré la chaleur, a eu de temps en temps la chair de poule tant l’émotion était omniprésente.
Du beau, du grand art et on attend avec impatience ce piano-voix qu’il nous a promis.

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Jacques Brachet
*16 décembre à la Garde – 17 décembre à Carnoux

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DOROTHEE… Merci
Dorothée et cette femme burinée par le soleil varois qu’elle ne maitrise pas encore tout à fait car elle est… de Lyon !
En 2013, elle a été engagée par la société Sécuri-France, entreprise de sécurité, comme son nom l’indique, de sureté et de gardiennage.
La voici responsable des entrées et sorties sur le festival «Sanary sous les étoiles» mais pour elle c’est plutôt «Sanary sous le soleil» et croyez-moi, devant le portail, il n’y a rien pour se protéger. Du coup elle a pris des coups de soleil mais, pleine de courage et d’optimisme, elle garde un sourire et une sérénité à toute épreuve. Et en plus, elle voit tous les artistes qui passent devant elle.
«Au début – me confie-t-elle – j’avais un peu d’appréhension de rencontrer l’équipe organisatrice, les techniciens et les artistes et puis, je me suis trouvée comme un poisson dans devant les équipes on ne peut plus sympathiques, organisées, avec qui ça s’est très bien passé. Et je les remercie de leur accueil.
Quant aux artistes, on ne pouvait pas être plus gentil. Lors de la venue des jeunes chanteurs de «The Voice», ma fille, qui est fan, était désespérée de ne pas pouvoir les voir. Du coup je leur ai demandé des autographes, de faire des photos ensemble. Le producteur m’a alors demandé mon numéro de téléphone et m’a dit : «On va faire une surprise à votre fille». Le lendemain, sur mon téléphone, ma fille découvrait qu’ils s’étaient filmés et lui envoyaient des messages !
Vraiment, je ne m’attendais pas à tant de gentillesse.
Pareil pour Amaury qui est venu spontanément faire une photo avec moi».
La gentillesse attire la gentillesse et je voulais dire merci à mon tour à Dorothée qui a été si sympathique, qui réglait les problèmes avec un grand sourire et qui nous a permis de vivre ce festival… en toute sécurité !




Sanary sous les étoiles : Eric BAERT le Fregoli de la voix

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Quel plaisir de retrouver Erick BAERT ce magnifique imitateur que l’on avait découvert l’an dernier sur la tournée de Var Matin, qui avait volé la vedette à Liane Foly et avait fait soulever une foule subjuguée par ses multiples voix…
Nous nous étions rencontrés justement à Sanary puis retrouvés au Casino de Hyères et, nullement rassasié par son spectacle… spectaculaire, je me précipitais donc pour le rencontrer à nouveau sous les étoiles de Sanary.
Ce Lillois a trouvé son premier grand public lors de cette tournée et il a été immédiatement adopté par des milliers de spectateurs hébétés de tant de folie, de présence et d’une voix qui va des castrats aux voix les plus graves.
Mis sur orbite mais hélas, comme beaucoup, coupé dans son élan à cause de ce maudit virus, le voilà qui reprend la route et nous revient, toujours aussi fringant, sa voix semblant s’être encore amplifiée et toujours aussi… stressé !

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Nous nous retrouvons aux balances où, consciencieusement il répète d’arrache-pied, avant que, toujours aussi simple et gentil, il m’accorde un grand moment d’entretien… pour faire le point depuis le printemps dernier.
D’emblée il me dit son plaisir de se retrouver ici :

«Quel plaisir d’être à nouveau à Sanary et dans le Var où je garde le souvenir d’un public exceptionnel. Et comme c’est bon de le retrouver après ces mois de confinement !
Justement, comment as-tu vécu ces mois d’enfermement ?
Comme beaucoup, très stressé… Déjà que je le suis pas mal ! Mais je n’ai pas arrêté de travailler en organisant des soirées «Live» sur les réseaux sociaux.
C’est-à-dire ?
J’ai trouvé un moyen de garder le contact avec mon public et c’est lui qui m’a fait travailler. Il me demandait des voix, des artistes, des chansons et crois-moi, j’ai eu de sacrées surprises car on me proposait tout et n’importe quoi et même des artistes que je ne connaissais pas ! Mais j’ai mis un point d’honneur à relever le challenge. Je choisissais les propositions, je travaillais les voix durant la nuit et le lendemain je leur offrais ce qu’ils m’avaient demandé. C’était dingue ! Mais ça m’a aussi permis de travailler ma voix.

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Et ça a donné quoi ?
De belles surprises à tel point que j’ai déjà mis quelques voix dans mon show et que je compte en mettre beaucoup dans le prochain spectacle que je proposerai le printemps prochain. Je fais un medley de 50 voix que je vais peaufiner.
As-tu eu des difficultés avec certaines propositions ?
J’ai eu surtout de grosses surprises, par exemple lorsqu’on m’a demandé de faire Casimir, Pierre Perret, Amanda Lear… Mais, même si ce n’était pas toujours facile, j’y suis toujours arrivé. L’un des défis le plus difficile a été d’imiter la voix de Jean-Baptiste Guégan. Je fais déjà la voix de Johnny mais, même s’il est «la voix» de Johnny, il reste Guégan et n’est pas vraiment Johnny. Il m’a fallu du temps pour trouver son truc ! Mais je pense y être arrivé car ses fans m’ont félicité.
Depuis la fin du confinement, tu as repris quelques dates. Quel effet ça fait de chanter devant un public masqué ?
Au début, c’est très bizarre car tu ne vois que des yeux, tu ne vois pas les sourires et même leurs voix sont étouffées lorsque je les fais chanter. Mais bon, on s’y fait, je retrouve le public avec plaisir, leur amour et ça fait chaud au cœur. De toute façon, il faut le faire. Mais j’espère que tout ça va très vite être un mauvais souvenir.
Alors justement, si tout rentre dans l’ordre, quels sont tes projets ?
Reprendre la tournée qui a été annulée. J’ai la chance que les dates aient été seulement reportées. J’avais peur au début que cet arrêt soit fatal mais je suis rassuré de voir que les producteurs jouent le jeu et surtout de voir que le public ne m’a pas oublié.
Je n’oublierai pas le Var grâce à qui je suis là aujourd’hui et qui est devenu ma seconde famille. Je ferai donc une quinzaine de dates varoises dont la Casino de Hyères le 3 avril où je ferai une captation de mon spectacle. Je tenais à ce que l’enregistrement de ce DVD soit varois !
Et je chanterai avec un orchestre».

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Mick Jagger – Joe Cocker – Yves Montand et Henri Salvador

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Duo virtuel avec Dalida

En attendant cette date, où nous nous retrouverons, bien entendu, nous avons passé une soirée magique où une centaine d’artistes sont venus tour à tour nous donner un spectacle magistral et où Erick nous a offert une palette impressionnante de voix et de duos qu’il appelle improbables… Il est vrai que Pavarotti et Joe Cocker chantant ensemble «Caruso», tout comme Luis Mariano et Julien doré reprenant «Coco câline» de concert, Hollande et Sarkozy conversant ensemble, Erick devenant Lama, chantant avec Maurane et Dalida virtuelles et Montand et Salvador, chantant «Syracuse», Erick changeant de voix et de chapeau avec une virtuosité inouïe… c’est du grand art.
Grand art encore avec «My way» qu’il chante avec une dizaine de voix, passant de Sinatra à Presley, de Ray Charles à Tina Turner, des Bee Gees à Barry White… C’est franchement impressionnant. Le trio anglais Bowie-The Cure-Dépêche Mode nous fait chavirer… Qui est qui ?
Enfin, estocade finale, «L’envie d’avoir envie» avec Johnny et tous les autres artistes, on se demande où Erick s’arrêtera.
Il a également esquissé les 50 voix que ses fans lui ont proposées, en un temps record.
Il nous a suffoqués, ébahis, étourdis, épatés, époustouflés… et s’il ne voyait pas leurs sourires, il a pu voir leur regard d’étinceler, la salle  se lever comme un seul homme, et les entendre chanter à tue-tête, applaudissant à tout rompre et le rappelant à l’infini…

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Edith Piaf & Joe Starr

Erick est un phénomène, un OVNI et il nous a propulsés avec lui dans les étoiles sanaryennes.
A propos de l’organisation, je voudrais saluer toute l’équipe, Serge Loigne et sa femme, Maryse, Noël Lebrethon et tous les autres, qui ont eu le courage de maintenir ce festival estival malgré tous les problèmes et les contraintes dus à la situation et surtout d’avoir pu gérer avec discrétion, patience et gentillesse quelques imbéciles qui se sont mis en travers des règles, comme ajouter des chaises entre la distance nécessaire, refuser de porter le masque et même entasser des chaises que tous les jours l’équipe doit remettre en place sous un soleil de plomb.
Bravo à eux et merci pour leur travail magnifique… et bénévole !

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Répet avec Maurane

Jacques Brachet