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Sanary – Théâtre Galli
Christophe WILLEM… « La vie est belle » !

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Plus gentil que Christophe Willem, difficile à trouver, alors que très souvent aujourd’hui il faut se farcir le parcours du combattant pour rencontrer un artiste !
Lui, c’est en toute simplicité, en toute gentillesse qu’il accepte une rencontre amicale et à chacune de nos rencontres je le retrouve inchangé, souriant, chaleureux.
Il est en pleine répétition au Théâtre Galli de Sanary, à la fois concentré et d’une belle humeur avec ses musiciens. On a rendez-vous à 18h15. A l’heure dite il arrête la répétition et vient me rejoindre, aussi heureux que moi de nos retrouvailles.

« Alors Christophe, cette tournée ?
Nous l’avons démarrée en mars et allons la continuer jusqu’en mars 2019. Je suis heureux d’être sur scène, le public est au rendez-vous, alors tout va bien !
Un an de tournée, ce n’est pas long, fatigant ?
Pas pour moi. Je suis heureux de retrouver un public fidèle et mon vrai métier c’est vraiment sur scène qu’il se passe. Il y a les enregistrement, c’est une chose qui me plait aussi, il y a les promos, la télé qui sont des choses nécessaires. Mais c’est sur scène que je me sens le mieux.
Déjà des projets, un prochain disque en préparation ?
(Il rit), il n’en est pas encore question car je ne sais pas faire deux choses à la fois, aussi, je suis uniquement concentré sur la tournée. Jusqu’au mois d’avril je ne pense à rien d’autre même si j’ai toujours quelques idées qui trottent dans ma tête. Mais je ne sais pas du tout ce que sera le prochain disque. Tout vient à point… La seule chose que je sais, c’est qu’il sera complètement différent. J’ai rejoint Pascal Nègre sur son nouveau label, où je retrouve Carla Bruni et Zazie entre autres. Je suis heureux de pouvoir retravailler avec lui.
J’ai l’impression que pour cette tournée vous avez opté pour des salles plus petites ?
Je dois avouer que je suis plus à l’aise dans ce genre de salles que dans des Zénith où l’on est loin du public. Des salles comme Galli sont à la fois spacieuses et intimes. Le public me voit bien, dans de bonnes conditions, et moi aussi je le vois mieux. Je peux mieux communiquer.

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Entre la fin de la tournée et le prochain disque, replongerez-vous à l’Eurovision ?
Si la production le désire, je suis partant. J’ai été heureux de vivre ce moment avec une belle équipe, même si c’est une grosse responsabilité de décider qui va représenter la France. Par contre, je me suis beaucoup amusé à commenter le concours…
Avec pas mal de surprises et d’improbabilités, non ?
Il faut avouer qu’on voit quelquefois de drôles de choses. Mais ça a toujours été le cas et c’est le côté amusant. Mais on a pu se rendre compte que, même si la mode de la pop est partout, certains pays gardent leur langue, leur culture, leur spécificité.
Par conte, je n’ai pas voulu faire l’Eurovision junior…
Pourquoi ?
Je n’aime pas ce genre de concours où l’on pousse des enfants, des ados sur scène, où certains ne veulent pas être chanteurs mais seulement connus… Être connu n’est pas un métier.
C’est pareil chez les adultes, non ?
Peut-être mais là, on expose des jeunes à quelque chose qui me dérange, qui peut être très violent. Lorsque je vois la pression que nous avons, adultes, alors qu’on peut relativiser les choses, faire vivre ça à des enfants, leur donner souvent de faux espoirs qui risquent de n’aboutir à rien, ça me gène et ça me fait peur ».

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On arrête l’entretien car ses musiciens l’appellent.
Il revient et tout en s’excusant, il m’explique :
« Il y aura une captation du spectacle pour la télé le dimanche 2 décembre à 15h, salle Pleyel. Je dois ajouter quelques chansons que je ne chante pas sur cette tournée. Aussi, je profite des répétitions pour les mettre en place, les peaufiner.
Le choix est difficile ?
Un peu car je ne peux pas tout chanter, il faut à chaque fois faire un choix, enlever des chansons au profit d’autres. Donc je réfléchis à ce que sera ce concert particulier. »

Nous devons nous quitter car il est pour lui l’heure de s’enfermer dans la loge pour se concentrer et pour manger le plat de pâtes traditionnel qui lui apporte les sucres lents pour tenir sur scène. Après le spectacle, il partira sagement rejoindre l’hôtel pour se reposer et être en forme pour le prochain concert. Car en tournée, Christophe mène une vie, sinon d’ascète, du moins d’artiste responsable et consciencieux pour pouvoir donner au public le meilleur.
Comme il l’a fait ce soir-là au théâtre Galli où il a soulevé une salle comble composée d’un public très mélangé qui l’a suivi comme un seul homme, chantant, dansant avec lui.
Sur scène Christophe est une véritable pile électrique. Il ne reste pas en place, parle, chante, danse, saute, totalement complice avec ses quatre musiciens, tout aussi complice avec son public et, moment de délire, lorsqu’il descend dans la salle, chantant au milieu d’un public aussi déchaîné et survolté que lui , tout cela dans une ambiance de fête à son comble.
Sa voix est un véritable instrument de musique et il nous offre entre autre une version de « Sunny » totalement personnelle, inspirée et folle.
Il nous explique aussi son émotion de se retrouver au théâtre Galli qui fut, voici trois ans la scène de son retour sur scène après les attentats : « J’avais alors un peu peur de la réaction du public après ce drame et d’arriver là juste pour distraire. Mais j’ai compris que distraire était en fait un moment important de la vie de tous. Il faut se dire que la vie est belle et qu’il faut la vivre à fond ».

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Cette phrase sera d’ailleurs son leitmotiv durant tout le spectacle et au moment des au-revoir.
Avant d’arriver sur scène, Christophe nous avait fait un cadeau : la venue d’un jeune chanteur qui fut de l’émission « The Voice 6″ : Marvin Dupré pour lequel les quatre coaches s’étaient retournés sur sa version de « Let me love » de Justin Bieber. Éliminé en quart de finale, il a malgré tout pu sortir son premier album « Au plus près » dont il nous a offert quelques titres très poétiques d’une voix chaude.
C’est vrai qu’avec Christophe Willem… la vie est belle !

Jacques Brachet

CD NOSTALGIE

Les-Gens-du-Nord-decouvrez-le-clip-de-Tout-in-haut-deuch-terril-interprete-par-Dany-Boon

LES GENS DU NORD (Sony Music)
Belle réunion de ch’tis pour ce CD original qui, sous le titre « Le Ch’ti Fonds », regroupe des chansons on ne peut plus « nordistes », avec flonflons et accordéon à gogo qui va faire danser jeunes et vieux de ce qu’on appelle aujourd’hui les Hauts de France… Et peut-être aussi quelques autres alentour car c’est vraiment un disque pour faire la fête, d’autant qu’elle réunit une affiche on ne peut plus alléchante de chanteurs quelquefois très inattendus, comme par exemple la famille Souchon, Pierre, Alain, Ours et en prime Cécile Hercule qui nous offrent « Perds pas l’Nord ». Souchon qu’on retrouve dans la jolie « Côte d’Opale ». Dany Boon, je crois, ne fera jamais une carrière de chanteur… quoiqu’en fait, avec « Tout in haut deuch terril », il pourrait être le fils de Bourvil et de Fernandel !
Line Renaud ne pouvait pas ne pas être de la fête et retrouve son complice de « La ch’ite famille », Pierre Richard pour « Que j’te ker », version très personnelle de « Que je t’aime »… à faire se retourner son filleul dans sa tombe. Dommage qu’elle n’arrive qu’à la fin de la chanson. Plus émouvante est sa version du chef d’œuvre de Brel « Le plat pays ». Le plus sudiste Enrico Macias reprend avec Pauline, l’incontournable « Les Gens du Nord ». On retrouve aussi « Les Corons » de Bachelet chanté par Guy Lecluyse et Hakob Chasabian, dans une version qui vous fiche toujours le frisson.
Pas loin du Nord est la Belgique et Adamo a choisi l’inaltérable « P’it Quinquin ». Encore une qu’on ne pensait pas trouver là et qui, après nous avoir un CD hommage à Sheila, reprend « Un clair de lune à Maubeuge » que, depuis les débuts de Cloclo, personne n’avait osé reprendre ! Arno et sa voix d’outre tombe, très hard rock, nous propose l’unique tube de Raoul de Godewaesvelde « Quand la mer monte ». N’oublions pas Maxime le Forestier qui se la joue java réaliste avec « Tu n’es qu’un employé ».Yolande Moreau, plus Deschiens que jamais, s’allie à Franck Vandercasteele pour nous offrir « Les tomates ». Attention de ne pas en recevoir ! Avec les Fatals Picards on se boit « I bot un d’mi » qu’aurait pu chanter Renaud !
Et, cerise sur le gâteau, voici cinq miss, Camille Cerf, Maëva Coucke, Elodie Gossuin, Rachel Legrain-Trapani et Iris Mittenaere, qui ont volé le succès de notre Line donnant une seconde jeunesse pleine de charme à cette indémodable « Mademoiselle from Armentières »
Un disque qui représente on ne peut mieux ces gens du Nord qu’on aime pour leur humour et leur joie de vivre mais aussi leur profondeur et leur humanité.
En prime, une pochette et une affiche, absolument délirants et réussis, signés François Boucq.
Et dernière chose : Le Ch’ti Fonds a été réalisé pour financer des projets à caractère humanitaire, médico-social, culturel de protection et de mise en valeur de l’environnement, s’adressant aux habitants des Hauts de France. Raison de plus pour l’acheter !
www.fondationdefrance.org/fr/fondation/le-chti-fonds
Herbert LEONARD « L’essentiel » (Wagram)
Notre chanteur à la voix d’or a traversé les décennies avec plusieurs périodes dans sa carrière. D’abord chanteur des années 60, il démarre avec des groupes comme les Jets, les Lionceaux, il est même guitariste d’Antoine puis, en tant que chanteur solo, il collectionne quelques tubes comme « Quelque chose en moi tient mon cœur », « Si je ne t’aimais qu’un peu », « Pour être sincère », « Une lettre », version française du tube de The Box Tops The letter », autre version, cette fois du Spencer David Group « Keep and running » qui devient « Elle est divine ». Puis en 69, un grave accident de voiture l’éloigne des studios de longs mois. Il n’arrivera pas à revenir en vedette et change de direction : fou d’aviation il devient journaliste spécialisé. Jusqu’en 80 ou il rencontre Vline Buggy et Julien Lepers qui lui font des chansons-tubes sur mesure et limite érotiques : « Pour le plaisir », « Sur des musiques érotiques », « Amoureux fous » qu’il chante en duo avec Julie Pietri « sensuellissime »… Les succès s’accumulent comme « Puissance et gloire », générique de la série « Chateauvallon », « Petite Nathalie »…
Les galas, les tournées se suivent jusqu’aux tournées « Age Tendre ». Et surtout jusqu’au moment où, une fois encore, la santé lui joue des tours. Sorti miraculeusement du coma, le revoici de nouveau sur pied et nous offrant ce double album qui nous propose toutes les facettes d’une carrière originale, riche, même si elle fut chaotique. On y retrouve tous ces succès et quelques jolies surprises. Faisant des infidélités à Julie Pietri, le voici en duo avec Corinne Hermès, autre rescapée, représentant le Luxembourg à l’Eurovision 83 avec « Si la vie est cadeau ». Elle reprend avec lui « Amoureux fous » et « Ces instants magiques ». Et puis, parmi les surprises, les reprises de « Nuit magique » de Catherine Lara, « La dame de Haute Savoie » de Cabrel, « Je vais t’aimer » de Sardou, « Show me » en anglais, tube de Kid Ink, dont Claude François avait fait une version sous le titre de « Cherche ». Quelques autres surprises, en tout 27 chansons en deux CD et pour finir en beauté la magnifique chansons qu’ont chanté Kenny Rogers et Joe Cocker, « You are so beautiful ».
Du rythme, de la sensualité et cette voix magique et restée intacte de ce beau crooner français.
Bernard SAUVAT « Mes silences d’autrefois… » (Universal)
Il est l’un de nos derniers poète-musicien-chanteur et cet ancien professeur reste aussi un éternel rêveur. Il y a mis du temps mais du coup, il nous offre un double album plein d’amour, de tendresse, de nostalgie et nous avoue qu’il fait des chansons pour les gens seuls. Ce qui n’empêche pas que ceux qui ne sont pas seuls peuvent écouter à tête reposée et s’imbiber de cette voix cassée qui parle beaucoup de ruptures, de chagrins d’amour, d’amours brisés, comme cette fille de « Stockholm », « Ingrid », « Je t’aime, oh toi oh toi, je t’aime » sur des musiques simples et belles, une orchestration minimaliste (guitare, piano, accordéon) dirigée par Lucien du Napoli, qui habille ces textes à la perfection. On est ému lorsqu’il nous raconte « Le papa que je suis », où qu’il nous chante « Mon père », il nous fait voyager en « Italia », belle hymne à la ville éternelle. Il a de belles phrases comme dans « L’absence » : « C’est dans ma chambre un peu de désordre qui n’est plus qu’à moi ». Et quand la vie vous cabosse, il se prend à nous dire « Heureusement qu’la vie s’occupe un peu de moi ».
A noter la reprise d’une chanson qui me rappelle des souvenirs : « La pluie ne mouille pas l’été » que chantait une jeune chanteuse en 74 : Monique Pianéa. Lors de son enregistrement j’étais avec elle dans le studio. Elle est aujourd’hui décédée mais cette chanson revit, grâce à Bernard. Et c’est un joli moment d’émotion. Comme tout le disque d’ailleurs.

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Mireille MATHIEU « Mes classiques » (Abilène Disc)
Encore une voix française… Et quelle voix !
Celle de Mireille Mathieu qui fut encensée en France puis boycottée on ne sait trop pourquoi mais qui représente la France dans le monde entier, chantant dans toutes les langues, ce qu’aucune chanteuse n’a su faire, même Piaf qui, en dehors des États-Unis, n’a jamais fait le quart du tour du monde qu’a fait, et que continue de faire notre petite avignonnaise.
Voilà que sort chez nous un album magnifique avec des chansons « classiques », musiques empruntées aux plus grands compositeurs du monde et qu’elle chante dans toutes les langues qu’elle maîtrise à merveille.
18 titres dont beaucoup sont des morceaux de bravoure que tout le monde peut reconnaître, sans peut-être savoir qui les a composés.
Ainsi trouve-ton « Le premier regard », signé Tchaïkovski, « Gold falit auf die zeit » sur une musique de Brahms, « Ave Maria » de Shubert », « La barcarolle » d’Offenbach, « Comme une larme » dont la musique est signée Mozart, « Lascia ch’io pianga » de Handel, « La valse des regrets » de Brahms … On pourrait tout citer.
L’une des plus émouvantes est « Après un rêve » sur une musique de Fauré.
Les paroles françaises sont signées Claude Lemesle et Mireille a fait appel aux plus grands auteurs de chaque pays dont elle chante la langue, c’est à dire allemand, italien, russe, espagnol, anglais.
Quelques » traditionnels » comme « Panis Angelicus » ou « Amazing Grâce », « La romance de Maître Patelin »… Un bel éventail de très belles musique que la voix de Mireille sublime et en fait un vrai grand disque qu’on peut classer parmi les « vrais » disques classiques. A noter qu’elle est accompagnée du Prague Symphonic Ensemble, dirigé par Jérôme Kuhn.

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Jacques Brachet

Novembre à l’Opéra de Toulon

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Jurjen Hempel

Vendredi 9 novembre 20h – Dimanche 11 novembre 17h
MOZART – Requiem
Concert commémorant le centenaire de l’Armistice de 1018
1791 est une année aussi exceptionnelle que funeste pour Mozart. En plus de sa Cantate maçonnique et de l’opéra La Clémence de Titus, il compose La Flûte Enchantée et son fameux Requiem, une oeuvre entourée de légendes et laissée inachevée par sa mort, à 35 ans seulement, dans la pauvreté et la maladie. Chef-d’œuvre et testa­ment musical, Mozart l’aurait composée en pressentant sa propre mort. Il s’agissait en fait d’une commande du Comte Walsegg pour les funérailles de son épouse. C’est Franz-Xaver Süssmayr, l’élève de Mozart qui l’a ache­vée. Ce dernier est choisi par Constance pour son style d’écriture très proche de celui de son maître. Il s’inspire en grande partie des fragments laissés par Mozart et de certaines de ses œuvres de jeunesse.
Chanté en latin – Durée 55 mn environ

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Anna-Maria Sarra – Taël Raanan-Vandor – Marco Ciaponi – Edwin Crossley-Mercer

Avec : Anna Maria Sarra, soprano – Yael Raanan-Vandor, contralto – Marco Ciaponi, ténor – Edwin Crossley-Mercer, basse
Le chœur de l’Opéra de Toulon, dirigé par Christophe Bernolin,
Le chœur de chambre Kallisté, dirigé par Régine Gasparini,
La chorale La Clef des Champs, dirigée Madalina Spataru,
Le chœur Euterpia dirigé par Philipe Médal,
L’orchestre de l’Opéra de Toulon, dirigé par Jurjen Hempel

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Pierre Dumoussaud

Vendredi 23 novembre 20h
« Soir de bataille »
Concert commémoratif du centenaire de l’Armistice de 1918
L’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon propose un programme original constitué d’œuvres rares, voire inédites, écrites pendant la Grande Guerre, évoquant non seulement le conflit, ses morts innombrables mais aussi dans un sursaut d’espoir, la confiance dans l’avenir que doivent conserver leurs descendants.
Soirée présentée par Joël Nicod
Œuvres de Jean Cras, Frank Bridge, Frédérick Septimus-Kelly, Ernest Farrar, Jacques de la Presle, Maurice Ravel
Orchestration de Samuel Campet
Par l’Orchestre de l’Opéra de Toulon dirigé par Pierre Dumoussaud
En partenariat avec le Festival de Musique de Toulon et sa Région

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Samuel Campet – Joël Nicod

Alain MAROUANI
BREL, BALAVOINE, FERRAT… et les autres

Marouani

Qui n’a pas vécu les années Barclay ne peut pas savoir que les artistes, la presse, les acteurs du métier de la musique vivaient alors les années bonheur. Et j’en faisais partie, partageant les soirées les plus folles au MIDEM, à la Rose d’Or d’Antibes et surtout lors de ces fameuses soirées blanches où se retrouvait le nec plus ultra du show biz dans cette mythique maison d’Eddie à Bonne Terrasse à Ramatuelle, où les palmiers poussaient au milieu de la piscine.
A ces soirées, se côtoyaient à ses tables aussi bien les artistes Barclay que les autres car il n’était pas sectaire et connaissait le monde entier.
Autour de lui, son bras droit Léo Missir et l’épouse de celui-ci l’originale chanteuse et compositrice Patricia Carli et le discret mais omniprésent Alain Marouani.
Alain fut, durant trente ans le photographe officiel de la maison Barclay, signant nombre d’affiches, photos, pochettes de disques et s’occupant de la communication de Brel, Ferrat, Ferré, Dalida, Nicoletta, Aznavour, Balavoine, Mireille Mathieu et bien d’autres encore. Car il y avait « le style Marouani ».
Il a évidemment des souvenirs à la pelle de ces années où le show et le business se mêlaient allègrement dans une sorte de légèreté et de fêtes permanentes.
Déjà auteur de quelques beaux portraits (Balavoine, Ferrat, Ferré…) il nous offre aujourd’hui un magnifique album hommage à Jacques Brel dont il a été, durant des décennies, son photographe et ami. On y retrouve notamment nombre de photos que l’on a pu admirer sur ses disques, ses affiches, ses programmes et il nous raconte « son » Brel qu’il a côtoyé jusqu’à sa mort. S’y adjoignent nombre de documents et articles, une préface de son neveu Bruno Brel, de Claude Lelouch avec qui il tourna « L’aventure c’est l’aventure ». Le livre s’intitule sobrement « Brel », édité chez Flammarion.
Avec Alain, nous nous sommes donc souvent croisés et c’est un plaisir de le retrouver pour parler de ce livre.

A B

« Ta première rencontre avec Brel remonte à quand, Alain ?
Professionnellement, dès que j’ai commencé à travailler avec Barclay, c’est à dire vers 67. Mais je l’avais rencontré en 66 à l’Olympia, mon oncle, Charley Marouani s’occupant de lui
Dès que j’ai pris mes fonctions, je me suis occupé de lui pour ses photos, ses campagnes de pub, j’ai travaillé avec lui jusqu’à la fin puisque j’ai fait la photo de son album posthume.
Avec les fameux nuages..
Oui, celle qui est également en 4ème de couverture du livre. Cette pochette a toute une histoire car au moment de la préparation du disque, Barclay me dit que Brel veut une pochette rouge et noire. J’ai trouvé ça bizarre venant d’un homme à qui on venait d’enlever un poumon !
Barclay, qui n’aimait pas les conflits, n’était pas d’accord pour que je fasse autre chose. J’ai quand même fait cette photo en lui disant que de toutes manières ce serait Brel qui choisirait. Lorsqu’il la découvre, il me dit : « C’est quoi, ça ? ». Je lui explique alors que cette photo est symbolique de sa vie, l’espoir, les orages, l’aviation qu’il pratique, ce qu’il voit de son bateau mais aussi le ciel de Paris qu’il a découvert en y arrivant et bien sûr, celui des Marquises.
« C’est OK » me dit-il au bout d’un moment. La pochette se fait, je la signe… et on vend un million de disques ! Un événement. Lorsqu’il voit que j’ai signé la photo, il a cette réflexion : « Le ciel n’appartient à personne ! »

H I
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En dehors de Brel, tu as photographié tous les artistes de l’époque !
C’est vrai. Et tu sais pourquoi ? J’avais la réputation de rendre les gens beaux ! Je savais gommer leurs imperfections. Par exemple, j’évitais de photographier Dalida lorsqu’elle avait le problème avec son œil.
Lenorman avait un gros nez et je m’étais aperçu que lorsqu’il inspirait, ça disparaissait. Je l’ai donc fait inspirer à chaque fois que je cliquais !
Balavoine n’aimait pas sa tête et il a fallu attendre le troisième album pour qu’elle apparaisse, après qu’il m’ait fait confiance.
A propos de Balavoine, tu as une anecdote…
Oui, il avait déjà fait deux disques chez Barclay, qui n’avait pas marché. Léo Missir, qui s’occupait de lui, propose à Barclay un troisième disque. Comme Eddie était près de ses sous, il s’écrie : « Il va nous ruiner, je n’en veux plus ». Léo lui met alors le marché en main : « D’abord, si tu n’en veux plus, je pars avec lui. Et puis, tu n’as qu’à te débarrasser de cinq chanteurs et tu garde Balavoine ». Ce qu’il a fait. C’était « Le chanteur » !
Avais-tu une approche particulière pour photographier les artistes ?
J’ai toujours eu une règle : rester en tête à tête avec eux. Je n’ai jamais eu d’assistant. Au départ nous discutions de ce qu’ils voulaient ou pas, ce qui les gênait chez eux afin d’y remédier. Nous parlions beaucoup, je les mettais en confiance. J’installais une connivence. On travaillait vraiment ensemble. Je peux te dire que deux heures de séance photo crée une intimité plus forte que 20 ans de connaissance.

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Est-ce que c’était facile de travailler avec Barclay ?
Quelquefois, lorsqu’il n’était pas décidé, ça pouvait être difficile. Il avait ses moments. je l’ai vu gifler Nicoletta parce qu’elle voulait chanter Piaf. Mais avec moi c’était assez tranquille, il me foutait la paix du moment qu’il avait ses photos.
Avais-tu un contrat d’exclusivité ?
Heureusement non car, comme il nous payait au lance-pierres, j’allais faire des photos ailleurs. J’ai ainsi photographié Lama, Céline Dion, j’ai beaucoup travaillé avec des musiciens de jazz et avec tous les chanteurs québécois qui venaient chanter à Paris. Pour eux, c’était très important pour leur promotion de repartir dans leur pays avec un reportage photo.
Tu allais au Canada ?
Je n’y ai jamais mis les pieds ! Trop de boulot. Tu te rends compte du travail que j’avais à Paris entre les photos, les affiches, la communication, la pub… Je n’étais jamais libre mais j’aimais ça !
Pour en revenir à Brel, as-tu demandé l’autorisation à la famille ?
Non, ils ne voulaient pas en entendre parler, du coup je n’ai rien demandé à personne, d’autant que le responsable de la fondation est un mec très compliqué. J’ai préféré aller voir Bruno Brel ou Lelouch qui avait de belles choses à dire.
Brel parti au Marquises, l’as-tu revu ? Es-tu allé le voir ?
Non, tant qu’il était là-bas, je ne l’ai plus vu. La dernière fois que je l’ai vu, il était mort.
Averti de son décès, je me suis précipité à l’hôpital. D’autres personnes étaient là mais seules deux personnes ont voulu le voir mort : Barbara et moi. Je revois le scène : moi regardant Brel et Barbara pleurant dans son coin…
Il y avait là une photo à faire !
(Il rit) Oui et je regrette de ne pas l’avoir faite. Tu te rends compte le scoop, Barbara pleurant devant Brel mort ! Je suis aussi allé voir Dalida. Elle était très belle, je l’ai trouvée toute petite mais c’était magnifique. Je n’ai pas l’appréhension d’aller voir des gens décédés. Il y a une certaine paix en eux.
Pourquoi avoir ajouté au livre quelques Unes parues lors de sa mort ?
C’est un clin d’œil par rapport à ce qu’ont écrit certains comme France Dimanche qui avait, dix ans avant sa mort, écrit : » Jacques Brel : plus que dix ans à vivre »… Quelle drôle de prémonition ! A un jour près il est mort dix ans après. Il y en a eu d’autres comme : « Brel est mort. L’incident est clos » et, plus violent encore : « Le cancer lui a fermé sa grande gueule » !
Aujourd’hui, que fais-tu ?
Plein de choses, de photos, des livres sur ces gens que j’ai côtoyé, aimé et admiré.
Nous avons vécu de belles années.

Propos recueillis par Jacques Brachet

Marcel AMONT : 90 ans l’an prochain
Bon pied, bon oeil, bonne plume, bon humour…
et toujours belle voix !

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Il est né le 1er avril 1929… Après ça, l’on comprend son esprit facétieux !
Il traverse les décennies comme l’amie Annie Cordy, avec une pêche d’enfer. Les années glissent sur lui, il est toujours beau, svelte, ses cheveux sont blancs depuis si longtemps qu’ils font partie de cette silhouette longiligne qui devient, sur scène, un de ses atouts. D’autant qu’ils saute, danse et virevolte comme lorsqu’on l’a connu voilà…plus de 50 ans !!!
Il fait tellement partie de notre beau paysage de la chanson française que même nos grands parents parlent de lui. Lui, il rigole et à chaque concert il fait un malheur, tout comme lors de la tournée Age Tendre où il était plus jeune que nombre d’autres artistes qui avaient 20 ans de moins que lui. Il faut dire que, si sur scène il ne se ménage pas, il suit un régime draconien,
condition sine qua non pour continuer cette vie trépidante…
« Ordre de mon médecin après une petite alerte cardiaque… Mais rassurez-vous, tout va bien ! »
Il est disert, volubile et très heureux de vivre, de chanter, chose qu’il n’a jamais arrêté de faire, même durant « sa traversée du désert », où on ne le voyait plus à la télé, poussé par… ceux avec qui il partagea la vedette sur la fameuse tournée et qui, à leur tour, furent poussés par des petits nouveaux… qu’on retrouve aujourd’hui sur la tournée !!! Il en a beaucoup ri :
« J’ai trouvé ça très amusant que l’on se retrouve tous sur un même programme… C’est un clin d’œil du destin !
Ce qui me fait rire c’est lorsque j’entends des gens dire : « Oh la la… il a pris un sacré coup de vieux, celui-là » ! Mais finalement c’est le principe même de cette tournée : que sont-ils devenus ? comment sont-ils ? Le but est de faire entendre aux gens les chansons de leur jeunesse…. Et l’on vous parle d’un temps… comme disait son ami Aznavour !
Cet ami que l’on retrouve en duo avec lui pour ce nouvel album paru chez Universel où se mêlent anciennes et nouvelles chansons, anciennes et nouvelles voix puique, pour l’accompagner, il a réuni Charles donc, pour la chanson que celui-ci lui écrite et qui fait partie de ses plus gros succès : « Le mexicain ». Puis « Bleu, blanc, blond » autre grans succès revisité par les Nouveaux compagnons de la Chansons, recrée par Julien Dassin,fils de Joe et formé de chanteurs et comédiens vus dans diverses comédies musicales. Marcel est aussi l’un des seuls chanteurs à qui Georges Brassens ait écrit une chanson. C’est « Le chapeau de Mireille », qu’il reprend avec son « pays » de l’Ouest, Francis Cabrel. Participent à cet opus, Maxime le Forestier, auteur, avec Julien Clerc de la chanson « La galère », Alain Souchon de même avec « Viennois », François Morel (Monsieur) un certain Mathias fils de Marcel, né Miramon, et quelques autres. Pour ouvrir l’album une chanson d’Igit « Par-dessus l’épaule » qui donne le titre du CD et pour conclure, « Les moulins de mon cœur » de Michel Legrand.
Un bel album plein de souvenirs, sans aucune nostalgie et quel plaisir de retrouver ce magnifique artiste qu’on n’avait jamais perdu de vue.

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Le rencontrer est toujours un grand plaisir.
Marcel, vous avez commencé quand, exactement ?

Je suis « monté » à Paris en 51. J’avais un peu plus de 20 ans et je me destinais à un métier honorable », quelque chose comme enseignant . Mais très vite j’ai l’appel du théâtre puis de la musique et à 20 ans on me voyait plus sur les planches du conservatoire que sur les bancs de la fac. J’ai donc décidé de quitter Bordeaux où il ne se passait rien à cette époque et de tenter Paris. J’ai eu quelques années un peu dures mais j’ai commencé à percer en 56, date de mon premier Olympia, et je suis vraiment devenu une vedette reconnue avec quelques tubes (qu’on appelait alors succès populaires !)… en 60 ! Voyez, on n’en est pas si loin. Et voyez pourquoi ça m’a fait drôle de chanter aux côtés de ceux qui nous ont chassés !
En 60, je n’avais quand même que 30 ans mais avec leur arrivée j’ait fait office de « vieux briscard » ! Tout est relatif !
Et aujourd’hui, vous paraissez l’un des plus jeunes… Comment faites-vous ?
J’ai toujours fait attention à ma santé, à ma façon de vivre, de boire et de manger, à entretenir mon corps. Sans une certaine hygiène de vie, on ne tient pas longtemps dans ce métier et lorsque vous dites cela de moi ou d’Annie, ça prouve qu’il n’y a pas de secret !
Que pensez-vous du métier aujourd’hui ?
Il a complètement changé, c’est évident et je doute que nombre de tous ces chanteurs qui fleurissent en ce moment fassent de longues carrières Il y a une grande partie d’entre eux qui sont interchangeables et donc, ceux qui s’en sortiront, sont ceux qui ont une réelle personnalité, un réel talent. Il faut savoir que dans ce métier il n’y a pas de place pour tout le monde et qu’on ne peut pas lancer un chanteur comme un produit ménager, ce qui est aujourd’hui souvent le cas.
J’ai quatre enfants dont le plus jeune a plus de 30 ans. Il veut faire de la musique et, si je ne l’en empêcherai jamais, je lui dis : « Sois sûr de ton coup sinon, tu rejoindras le banc des oubliés ».

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Vous n’avez jamais arrêté ce métier ?
Non, jamais et j’ai eu du bol car, lorsque les contrats se sont mis à se faire rares en France, j’allais chanter en Allemagne, en Italie et beaucoup plus loin car je chante en huit langues. J’ai animé des émissions et fait beaucoup de galas et de disques ailleurs, entre autres en Italie. J’ai beaucoup parcouru la planète. Même aux jours les plus difficiles, j’ai pu résister et subsister avec ce métier. Je n’ai jamais arrêté de vivre de la chansonnette et puis, j’avais un autre violon d’Ingres : écrire. J’ai toujours écrit des chansons, des textes, des livres, même si je ne me considère pas comme un écrivain. Si je n’avais pas chanté j’aurais peut-être pu être écrivain ou journaliste ».

Il aurait pu mais il l’est, écrivain, il quelques livres à son actif dont son autobiographie : « Il a neigé… ».
Vous avez mis du temps à sortir votre autobiographie !
Oh la la… Ca a été un long travail… C’est que je n’ai pas dix ans de carrière, mon bon monsieur !!! J’avais quelque deux mètres cubes de doc à compulser !
Lorsqu’il a été question que je fasse mes papiers pour ma retraite et faire valoir mes droits, ma femme a fait des recherches entre disques, programmes, articles de presse, documents divers… Après, il a fallu tout trier. Bien sûr que je ne raconte pas tout, il faudrait plusieurs volumes mais… il a fallu faire un choix ! Sans compter qu’il n’était nullement question que je raconte mes galipettes car ce n’est pas mon genre, même si je sais que ça plait au public »
Après cette autobiographie, il a continué avec un livre fort original tout simplement intitulé « Lettres à des amis ». Comme son nom l’indique, il nous offre, sous forme épistolaire, des bouts de vie partagés avec des artistes comme Serge Lama qui était en tournée avec lui lorsqu’il a eu son terrible accident, Michel Drucker, Pascal Sevran, qui ne l’ont jamais laissé sur le bord du chemin lorsque les télés ne l’invitaient plus, Georges Moustaki avec qui il fit ses débuts, Alain Souchon avec qui il a « souchonné » et qui lui a écrit une chanson, Brassens, vieux complice qui lui a offert « Le chapeau de Mireille », Jacques Brel qu’il a vu débuter… Evidemment, quelques-uns ont aujourd’hui disparu… Mais ça, c’est l’effet de l’âge car, » mon bon monsieur », si le Marcel sautille comme un jeune homme, il n’en a pas moins loin de 90 ans et certains de ses amis l’ont quitté, comme Charles Aznavour, il y a peu. Mais le joyeux drille n’est jamais dans le pathos. Tout dans l’émotion, lorsqu’il s’adresse à ses parents, ses enfants, sa femme, l’amitié, la fraternité. Souvent aussi dans l’humour et le dérisoire comme cette lettre à JFK ou celle, soit-disant écrite à George Sand par un amoureux de la langue française qui – et c’est un euphémisme ! – ne la maîtrise pas.
On pourrait toutes les citer car toutes ont leur originalité, leur clin d’œil, leur style et le Marcel, il a du style et il manie la langue française avec un rare bonheur.

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Lorsqu’on vous voit sur scène, on se rend compte de tous les succès que vous avez fait !
Pas tant que ça vous savez. Bon, c’est vrai, j’ai plus de 60 ans de carrière mais peu de grands succès populaires. J’ai sorti mon premier disque à 27 ans et il se trouve que j’ai eu, avec Gainsbourg, le grand prix du disque… sans tube ! le premier « Tout doux, tout doucement » est arrivé après, suivi de quelques-uns comme « Bleu, blanc, blond », « Le Mexicain » que m’a écrit Aznavour, « Le chapeau de Mireille » que m’a écrit Brassens, « Dans le cœur de ma blonde », « L’amour ça fait passer le temps »…. Je n’ai jamais fait « la chanson qui tue » mais je me suis toujours plus considéré comme un homme de scène. Lorsque j’ai vu Montand pour la première fois, j’ai été sidéré et je me suis dit : C’est ça que je veux faire »
Aujourd’hui vous nous offrez un nouveau disque !
J’ai toujours continué à écrire des chansons et c’est bien dans ce but mais surtout de pouvoir les chanter sur scène car aujourd’hui, qui achète les disques ? les croulants comme moi qui se rabattent sur leur jeunesse… Les jeunes achètent de moins en moins de disques et de plus, il n’iront pas acheter Marcel Amont. Mais mon désir de faire de nouvelles chansons vient du fait que je n’ai pas envie de toujours tourner en rond avec les mêmes succès que je chante depuis des décennies. C’est pour cela que je n’ai pas continué la tournée Age Tendre. Je ne crache pas dans la soupe, je suis très heureux d’avoir fait cette tournée mais j’ai besoin d’une autre nourriture et, sinon de remplir des Zéniths de cinq mille personnes, de remplir une petite salle de mille personnes. Je préfère chanter dans un théâtre ou en tournée seul, avec mon répertoire et non finir ma carrière sur un pot-pourri de quelques succès. C’est mon but ultime ».
Les surprises ne sont pas toujours mauvaises. Cet album est de ces imprévus qui se dégustent. C’est inespéré, je suis fou de joie »
Dont acte… avec ces quelques succès remaniée et « duotisés » pour la circonstance… à ne pas traiter par-dessus l’épaule !

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Le Festival de Musique de Toulon et sa Région
L’Hivernal 2018-2019

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Pour la 69ième édition du Festival de Musique de Toulon et sa Région grand changement dans son administration. Pour des raisons personnelles le Président Claude Pinet n’a pas représenté sa candidature aux élections statutaires, c’est Claude-Henri Bonnet, Directeur de l’Opéra de Toulon, qui a été élu à cette Présidence. Le Président Bonnet connaît bien la « maison » puisqu’il en a été le directeur artistique sous la Présidence de feu Henri Triscornia, et également sous la présidence de Claude Pinet. C’est dire qu’il n’y aura pas de hiatus dans la marche de ce grand festival. Le Conseil d’Administration voit l’arrivée de nouveaux membres auprès d’anciens.
Claude Pinet, très ému, vint faire ses adieux de président, rendant hommage à celui qui fut son mentor et le fondateur du festival, Henri Triscornia secondé par sa femme Jacqueline, réaffirmant combien il avait été heureux d’assumer cette présidence aidé des membres du bureau, des salariés et des bénévoles des Amis du Festival.

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Claude Pinet – Claude-Henri Bonnet – Monique Dautemer

Claude-Henri Bonnet vint prendre sa place sur le podium aux côtés de la musicologue du Festival, Monique Dautemer. Après que le nouveau Président a fait l’éloge de son prédécesseur et de Ghislaine, et les remerciements d’usage, la présentation de l’Hivernal était lancée dans un savant duo, chacun des protagonistes ajoutant des détails aux propos de l’autre dans une sorte de ballet verbal érudit et joyeux.
L’Hivernal se déroulera du 10 décembre 2018 au 13 mai 2019 avec neuf grands événements menés par de très grands artistes dans différents lieux : Église Saint-Paul, Opéra de Toulon, Palais Neptune, Lycée Dumont d’Urville, Port des Créateurs.
Le 10 décembre, première avec le « Concert de Noël » du duo clavecin violon intitulé « Café Zimmerman » (nom du café où Bach jouait à Leipzig), pour du Telemann et du Bach.
Chaque concert porte un nom générique, une sorte de thème : De Vienne à Paris – Le concert des élèves du conservatoire de TPM – Piano 1900 – Les Saisons – Grand Piano.
Nous retrouverons la « Nuit du Piano » rallongée cette année, de 17h30 à 23h30 précédée d’une Master Class Publique de la pianiste Fanny Azzuro avec les élèves du Conservatoire TPM. L’occasion de voir comment s’enseigne la musique à haut niveau.
Chaque année le Festival mène une forte action pédagogique pour la gloire de la musique auprès de quelques 20 000 élèves du primaire au lycée.
Le Président annonça que le Conseil d’Administration envisage des réformes profondes qui seront annoncées en leur temps. Il rappela que les concerts symphoniques se dérouleront à l’Opéra entre le 15 septembre 2018 et le 4 ami 2019 sur des thèmes très porteurs.
En guise de conclusion il fit remarquer que peu de villes ont un tel programme de concerts de cette qualité.

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Mateo Camivassa – Julia Lopiccolo – Nicolas Goudin

Ensuite place à la musique avec un concert donné par trois jeunes guitaristes du Conservatoire TPM, présentés par leur professeur : Mateo Camivassa en solo, Julia Lopiccolo en solo et en duo avec Nicolas Goudin sur un répertoire Tango Argentin. Nous avons admiré la maîtrise des doigtés et des accords de ces très jeunes musiciens dans l’interprétation de morceaux extrêmement difficiles à exécuter. Le public leur fit une longue ovation très méritée.
La présentation de l’Hivernal se termina par le traditionnel verre de l’amitié offert par les Amis du Festival.

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Le nouveau conseil d’administration présidé par Claude-Henri Bonnet

Serge Baudot

 

 

Renseignements : www.festivalmusiquetoulon.com – tel : 04 94 18 53 07

Point de vente : Office du tourisme de Toulon – place Louis Blanc – 83000 TOULON
tél : 04 94 18 53 07 – mardi & vendredi de 13h à 17h

Vincent NICLO : « Je suis un chanteur… hybride ! »

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Vincent Niclo, c’est le charme, la gentillesse, le sourire qui en fait craquer plus d’une, la passion, la voix et le talent… Il y en a qui sont nés sous une belle étoile !
Mais il y a aussi son éclectisme car, depuis ses débuts, il n’est jamais là où on l’attend, il prend sans arrêt des chemins de traverse qui l’amènent chaque fois au succès, passant de la variété française avec Fiori, Obispo, Lama, puis à l’opérette avec un hommage à Luis Mariano. On le retrouve avec les chœurs de l’Armée Russe, puis crooner avec les Gentlemen ou encore chanteur d’Opéra avec Alagna, Domingo, Dessay, Miguenes, sans parler des comédies musicales comme « Autant en emporte le vent » ou « Les parapluies de Cherbourg » avec Michel Legrand avec qui il part en tournée jazz.
Et le voilà aujourd’hui chanteur et danseur de « Tango », voix suave, port de tête espagnolissime, regard noir…
Quoiqu’il entreprenne musicalement, il le transforme en succès et pourtant, il garde cette simplicité qu’on retrouve avec plaisir avec cet entretien qu’il m’accorde à Cultura à Plan de Campagne, où est en promo « show case – dédicaces ».

C H

« Vincent, pourquoi le tango ?
C’est une envie que j’ai depuis longtemps. J’ai toujours aimé les sonorités latines, j’adore Julio Iglesias, Pavarotti, Domingo lorsqu’il chantent du tango et lorsque j’ai fait « Danse avec les stars », on m’a dit que j’avais l’attitude d’un danseur de tango ! J’aime ces rythmes lancinants, sensuels et le tango est une danse, une musique qui ont traversé les décennies. D’ailleurs, tous les chanteurs ont un tango à leur répertoire. Le tango n’est jamais démodé. Souvenez-vous de Gotten Project. D’ailleurs, lorsque j’ai proposé ce thème à ma maison de disques, je n’ai eu aucune réticence, aucune difficulté à la convaincre. Et des copains comme Fiori et Slimane ou Obispo et Lionel florence,sont venus spontanément me proposer de m’écrire une chanson ! Et puis il y a eu le duo électro Sky Dancers à qui j’avais demandé une participation sans trop y croire… Ils ont en fait, fait tout le disque. Vous voyez, c’est en fait hyper branché !
Comment, avec tous les tangos existants, avez-vous fait votre choix ?
Vous savez, ce n’est pas nous qui choisissons une chanson, c’est la chanson qui vous choisit. Et si elle ne me choisit pas, je l’abandonne. Je voulais à la fois des classiques et des inédits, du français et de l’espagnol. J’ai fait une liste de classiques auxquels je pensais et des auteurs et compositeurs m’ont proposé des inédits. J’ai même écrit les paroles de « Libertango » devenu « Mi amor » un que j’aurais abandonné s’il n’avait pas été choisi. Il se trouve qu’il est arrivé dans le top 3 !
Justement, « Libertango » de Piazzola, a déjà eu deux versions : celle de Guy Marchand et celle de Grâce Jones. Vous avez préféré cette dernière !
Il y a là deux méthodes et faire un mélange des deux me paraissait difficile. Celle de Grâce Jones
me semblait plus sensible, plus exprimée. En fait, il y a deux chansons en une, l’une mettant en valeur le refrain, l’autre le couplet. Pour ma voix, j’ai choisi celle qui me convenait le plus.
Choisir de chanter ces chansons en français ou en espagnol… Dilemne ?
Non, pas vraiment, en dehors du fait qu’il est vrai que la langue espagnole s’adapte d’évidence mieux pour le tango. C’est plus musical, plus sensuel, ça dégage plus d’émotion. Mais je voulais que mon public s’y retrouve. J’ai donc fait la part des choses.
Depuis le début, Vincent, vous nous surprenez par vos choix éclectiques et inattendus !
Je vous avoue que je déteste faire à chaque fois la même chose car je m’ennuie très vite. Alors, par goût, par plaisir, par curiosité, j’essaie de me diversifié car j’aime toutes les musiques et je fais des essais. Je n’ai pas envie de m’enfermer dans un style. J’ai la chance d’avoir toujours eu cette liberté et surtout que mon public me suive car c’est vrai qu’à chaque fois c’est un risque de faire de tels écarts… quelquefois le grand écart ! D’ailleurs, j’ai encore d’autres idées !

G F E

J’ai lu quelque part que vous regrettiez qu’une certaine presse vous considère comme « ringard »…
C’est vrai, j’ai dit ça après quelques articles d’une certaine presse parisienne qui l’a écrit. Ca n’est jamais agréable à entendre mais en fin de compte, c’est ce que pense le public qui est important et de ce côté-là ça marche au-dessus de mes espérances. Et puis ce n’est qu’en France puisque ça marche aussi en Angleterre, en Allemagne et même en Russie… Alors, la presse parisienne !…
On me reproche, comme à d’autres, d’être un chanteur « à voix »… C’est un pléonasme car être chanteur, c’est bien avoir une voix, non ?
J’arrive aujourd’hui de Russie où j’ai chanté au Kremlin pour les 45 ans des Chœurs de l’Armée Rouge. J’étais le seul invité étranger, c’est une expérience incroyable et émouvante et un honneur. J’ai fait deux tournées avec eux et la première partie de Céline Dion qui a souvent eu les mêmes critiques que moi. Alors, si c’est ça être ringard, je veux bien continuer à l’être !
On se perd un peu dans votre parcours : chanson, télé, théâtre, cinéma… En fait, par quoi avez-vous commencé ?
Par l’opéra. J’ai fait mes classes à l’Opéra de Wallonie puis celui d’Avignon. J’ai donc au départ un parcours classique mais j’avais envie de faire d’autres choses et l’un de mes professeurs m’a dit que si je continuais à chanter l’Opéra, le « classique » prendrait le dessus. Comme une danseuse classique, qui a plus de mal à faire du contemporain. J’ai donc décidé d’être un chanteur « hybride », un 4xA, un chanteur tout terrain !
Et le reste ?
C’était pour payer mes cours. Il faut savoir qu’une heure de cours classique, c’est entre 150 et 200€. J’ai donc fait tout ce qui se présentait pour les payer : mannequin, défilés, photos, télé, cinéma, castings en tous genres…
Ce qui est drôle c’est que j’ai joué mon premier rôle avec… Guy Marchand, dans « Nestor Burma ». Puis ça a été « Sous le soleil »… en plein hiver et en plein froid !
Il y a eu aussi les comédies musicales…
Oui, « West Side Story », « Titanic », « Roméo et Juliette », « Autant en emporte le vent »… J’adore cette discipline qui allie musique, chanson, danse, comédie ». J’aime par-dessus tout entrer dans une histoire et, il y a cet esprit de troupe qui est formidable.

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Et Michel Legrand aussi ?
Oui, qui m’a proposé « Les parapluies de Cherbourg ». Entrer dans son monde, chanter avec Nathalie Dessay a été un cadeau et la tournée que j’ai faite avec lui et un jazz band a été un grand moment de ma carrière.
Il y a encore eu « Danse avec les stars » !
Grande expérience mais aussi l’un des plus éprouvants moments de ma vie d’artiste car, en dehors des répétitions intenses et épuisantes, je faisais la promo de mon disque anglais en Angleterre, des galas en Allemagne et j’enregistrais un disque en studio. J’avais un planning de folie et je mangeais en voiture entre deux avions ! C’était hallucinant ! Mais je suis content de l’avoir fait… même si j’espère chanter mieux que ce que je danse !
Vous avez donc fait un album en anglais ?
Oui, il s’intitule « Romantique » et il m’a permis de devenir… animateur !
Racontez.
La BBC2 cherchait un animateur « hors circuit » pour présenter une émission sur la St Valentin. Grâce au succès du disque et à son titre, elle a fait appel à moi. Ça a très bien marché. On m’a alors appelé pour une deuxième émission puis sollicité pour animer une émission qui s’appelle « Carte Blanche », où je reçois des personnalités française connues en Angleterre. Ils voulaient Brigitte Bardot comme elle refuse tout, je pensais que ça ne se ferait pas. Elle a accepté et nous avons enregistré l’émission chez elle, à St Tropez. Une fois fait, elle m’a avoué qu’elle avait accepté parce qu’elle aimait mes chansons qu’elle écoutait. C’est un honneur pour moi. J’ai aussi fait Jane Birkin, Michel Legrand, Charles Aznavour… La BBC voulait Alain Delon. BB m »a dit « Je l’appelle ». Ca devrait se faire !
Avec tous ces termes abordés, je suppose que monter un spectacle est un peu difficile ?
Oui et ce ne peut être qu’un spectacle… « hybride » ! Alors j’ai imaginé le faire autour de ma vie d’artiste en racontant au public toutes les étapes de cette vie, de mes expériences , en espérant que ça les intéresse. En fait, ma vie est le fil conducteur et chaque chanson est un tableau, une facette de ce que j’ai fait.
J’ai toujours été très friand des coulisses de ce métier, de comment se font les choses. J’espère que le public aimera ça ».

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Après cette heure d’interview, Vincent recevait 10 gagnants qui avaient concouru sur France Bleu d’Aix-en-Provence. C’est avec toujours la même gentillesse qu’il discuta avec eux, fit des photos et des dédicaces… avant d’aller faire son show case et à nouveau dédicacer avec la même patience, à la grande joie des fans venus nombreux le rencontrer.

Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Perrin

Opéra de Toulon – Samedi 27 octobre 20h
Récital « Voix nouvelles » des lauréats 2018

Initié en 1988 par le Centre français de promotion lyrique (CFPL) et la Fondation France Télécom, aujourd’hui Fondation Orange, les trois précédentes éditions du concours »Voix Nouvelles » (1988, 1998, 2002) ont permis de révéler des chanteurs aujourd’hui reconnus sur la scène internationale lyrique comme Natalie Dessay, marraine de cette édition 2018.
L’objectif principal du concours est de détecter, auditionner et sélectionner de nouveaux chanteurs lyriques et de les aider dans la réussite de leur insertion professionnelle.
Il permet à de jeunes chanteurs, y compris ceux dont la formation ne s’inscrit pas dans un parcours dit «classique», de se faire entendre par des professionnels de l’art lyrique (directeurs d’opéras et de structures de productions, chefs d’orchestre, chefs de chant, metteurs en scène, agents artistiques).
Sa spécificité est d’aller à la rencontre des chanteurs en maillant le territoire : les pré-sélections sont organisées en région, grâce à la participation d’opéras « points relais » en France métropolitaine, mais aussi dans les départements ultra-marins, en Belgique, en Suisse et au Canada.
Ils étaient 607 candidats inscrits pour cette 4e édition, le 10 février 2018, ils n’était plus que 12 à s’affronter lors de la finale à l’Opéra-Comique à Paris.

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HÉLÈNE CARPENTIER soprano
Hélène Carpentier est l’une des artistes lyriques les plus prometteuses de sa génération : 1er Prix et Prix de la meilleure interprète du répertoire français du concours «Voix Nouvelles 2018», elle est désignée «Révélation Classique 2018» de l’ADAMI. En 2017, elle est lauréate du 1er Prix «Femme Opéra», 2e Prix «Mélodie Française», Prix Jeune Espoir, Prix du Public et Prix Spécial du Jury du 29e Concours International de chant de Marmande, Grand Prix et Prix de la meilleure interprète du répertoire italien du 3e Concours Opéra Raymond Duffaut Jeunes Espoirs d’Avignon, Prix Jeune Espoir du 2e Concours International de Chant Robert Massard de Bordeaux.
Pianiste et flûtiste de formation, elle étudie d’abord le chant à Amiens. Admise en 2015 au sein du choeur d’adultes de la Maîtrise Notre-Dame de Paris, elle intègre le CNSM de Paris dans la classe de Marcel Boone. Durant ses études, elle chante sous la direction de chefs tels que Laurence Equilbey, Paul Agnew, David Reiland, Lionel Sow, Yann Molénat et Bruno Cocset : elle est soliste des cantates de Bach, chante Hanna/Die Lustige Witwe et Gabriel/La Création et participe à la création du Laudes Creaturarum d’Arthur Oldham à la Philharmonie de Paris. Elle invitée par l’Opéra de Rennes dans le cadre d’un «Révisez vos classiques !» consacré à Roméo et Juliette de Gounod et se produit au Festival au Bolchoï de Minsk.
Durant l’été 2018, elle se produit à «Musiques en fête» aux Chorégies d’Orange et lors de concerts au Festival Debussy à Argenton-sur-Creuse, aux Musicales du Luberon, à Volcadiva, aux Musicales de Pommiers et au Festival de la Haute-Clarée. Parmi ses projets : un «Hommage à Gabriel Fauré» à l’Auditorium de Bordeaux, Albina /La Donna del Lago à Marseille, Gabriel/La Création avec l’Orchestre national de Lorraine ainsi que Micaëla/Carmen à Rouen et au Théâtre des Champs-Elysées. Hélène Carpentier est soutenue par le Fonds de Tarrazi ainsi que par la Fondation Meyer en 2016.
CAROLINE JESTAEDT soprano
Née à Bruxelles, la soprano franco-allemande Caroline Jestaedt étudie au Conservatoire royal de Bruxelles. Elle se perfectionne ensuite à l’Académie de musique Hanns-Eisler de Berlin avec Janet Williams et Michail Lanskoi, étudie le bel canto avec Peter Berne, le lied avec Wolfram
Rieger et l’opéra avec Julia Varady. Elle entre en 2014 à l’Académie de musique et des arts du spectacle de Vienne dans la classe de chant de Claudia Visca et les classes de lied et oratorio de Robert Holl et Florian Boesch. Elle se spécialise ensuite dans le domaine de l’opéra lors de sa dernière année de master (2016). Elle a récemment rejoint le Studio de l’Opéra national de Lyon.
En 2007, elle fait ses débuts dans Die Zauberflöte à la Monnaie, elle y retourne en 2011 et 2014 pour Cendrillon et Les Mamelles de Tirésias. Elle participe à de nombreuses productions dans les conservatoires et universités qu’elle fréquente : Adele/Die Fledermaus, Nanetta/Falstaff, Anna Reich/Les Joyeuses Commères de Windsor, Blondchen/L’Enlèvement au Sérail, La petite Renarde rusée. Elle est invitée à la Schubertiade Dürnstein (2016-2017) et au Festival international de lied de Zeist (2016-2017-2018).
En 2016, elle participe au projet Songbook en collaboration avec Arte et l’ORF (Radiodiffusion autrichienne) et chante en soliste au Festival Allegro Vivo (Basse-Autriche).
En 2018, elle est la voix du ciel/Don Carlos (mise en scène de Christophe Honoré) à l’Opéra national de Lyon et la fée/Pinocchio de Philippe Boesmans (mise en scène de Joël Pommerat) à l’Opéra national de Bordeaux.
AMBROISINE BRÉ mezzo-soprano
Ambroisine Bré intègre le Département Supérieur pour Jeunes Chanteurs Professionnels du CRR de Paris, puis en 2013, le CNSMDP dans la classe d’Yves Sotin et se perfectionne auprès de Michel et Emmanuel Plasson, Sophie Koch, José Van Dam, Teresa Berganza, Christophe Rousset, Anne le Bozec, Jeff Cohen, Dietrich Henschel, Fritz Schwinghammer, Susan Manoff, Christoph Pregardien. En 2015, elle est Chérubin/ Le Nozze di Figaro lors d’une tournée en France. Elle chante le Requiem de Donizetti au Festival de Saint-Denis. En 2016, elle chante aux côtés de Sabine Devieilhe, Robert Getchell et Alain Buet dans un programme autour de Brahms dans le cadre des Musicales de l’Orne. En 2014, elle se distingue lors du Concours International de Marmande en obtenant le prix Jeune Espoir, le 2e Prix mélodie et le 2e Prix opéra, puis le Prix d’Excellence du Concours de l’UPMCF 2016. Elle est lauréate de la Fondation Royaumont. Elle remporte quatre prix au concours Paris Opéra Compétition 2017 lors de la soirée « Les Mozart de l’Opéra » au Théâtre des Champs-Élysées. En 2017, elle chante dans Alceste de Lully au Festival de Beaune avec Christophe Rousset et participe à l’enregistrement de l’oeuvre. On l’entend au Festival de Colmar lors d’un concert en hommage à Michel Plasson. Plus récemment, elle est soliste dans La Nuit de Walpurgis de Mendelssohn avec l’orchestre de Paris. Avec sa pianiste Qiaochu Li, elle remporte le Grand Prix Duo du concours international Nadia et Lili Boulanger. Elle chante dans Vanda de Lionel Ginoux à Reims puis Avignon, elle est Sesto/La Clémence de Titus sous la direction de Marc Minkowski à Prague. Dernièrement, elle chante dans un programme autour de l’oeuvre de Cavalli sous la direction de Leonardo Garcia Alarcon. On pourra également l’entendre cet été au Festival de Radio France de Montpellier dans un programme de mélodies Françaises, à Orange pour le concert de l’Adami, ainsi qu’au Festival de Menton dans Actéon de Charpentier ainsi que dans Didon et Enée avec Christophe Rousset.
Ambroisine Bré est également Révélation classique de l’ADAMI 2017.

Mathieu Pordoy piano

MICHEL FUGAIN :
« Je chante pour le public,, pour partager… »

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Michel Fugain, c’est une boule d’énergie.
Il déboule sur scène avec une pèche pas possible et une joie qu’on ressent aussitôt.
Et aussitôt, il va enchaîner succès sur succès… 50 ans de chansons et ce jeune homme de 76 ans nous en fout plein les yeux et les oreilles. Il est terriblement et pour toujours ancré dans la chanson française car il a fait des chansons inoubliables.
En dehors du fait qu’aujourd’hui il a les cheveux cours, blancs et qu’il est imberbe, il est aussi svelte et léger qu’au temps du Big Bazar où il avait barbe et cheveux longs bruns !
Il bouge, il danse, il virevolte et nous raconte sa vie à travers ses chansons. Et le public de tout âge vibre avec lui et reprend en chœur ses refrains.
Il y a une totale osmose entre lui, ses musiciens et ce public.
Je l’ai rencontré aux Studios de la Victorine à Nice alors qu’il avait son école et que se préparait le Big Bazar. C’est dire que ce n’est pas d’hier ! Après la tournée que je fis avec ce groupe enfin monté, nous nous revîmes épisodiquement, lorsque ses galas l’amenaient dans la région. Toujours avec cette même amicale chaleur qui fait partie de lui.
Avec Véronique Aïache, fan de la première heure, il s’est confié en toute liberté, en toute pudeur aussi car Michel est un être pudique, qui cache ses peines (la perte de sa fille, son divorce) derrière un sourire toujours rayonnant, une énergie folle. Il sait se reconstruire, ce qui ne lui fait rien oublier mais c’est ce qui fait qu’il continue son chemin, aux côtés de Sanda aujourd’hui, qui est un appui essentiel, indissociable de lui. Dans ce livre « En confidence » (Ed flammarion), il confie de belles choses à Véronique, comme cette phrase : « Dans sa globalité, la vie est difficile et cruelle mais elle est aussi enchanteresse. Il faut la vivre telle qu’elle est ». Même s’il dit encore : « L’attitude que j’ai eue à la mort de Laurette et que j’ai encore, je la dois à mon instinct de survie. J’ai dit, je répète et j’affirme que j’ai reçu un coup de sabre japonais qui m’a coupé en deux »…
Dan ce livre, il se révèle juste ce qu’il faut pour comprendre que ce bonhomme est exceptionnel de gentillesse, de simplicité et d’optimisme… malgré tout.
Il y a quelques temps, nous avions pu bavarder un long moment.

C D

« Le public, me confiait-t-il – est ce pourquoi je fais ce métier et je suis content lorsque je le vois heureux et attentif. Je lui raconte une histoire, mon histoire et lorsque je vois qu’ils me suit, je trouve ça… gouleyant ! Ils m’envoient une telle tendresse ! Aussi je donne pour recevoir ça !
Tu tournes tout le temps, Michel ?
Oui, tant qu’on me demande et surtout parce que j’aime ça et qu’avec avec mes musiciens, on est une équipe soudée. Ils ont besoin de travailler et surtout, je ne reste jamais très loin d’eux car je ne voudrais pas que cette complicité, cette amitié, se délitent. Nous avons besoin d’être ensemble.
L’on est étonné, en voyant ton spectacle, du nombre de succès que tu as accumulés… et que les gens n’ont pas oubliés et chantent avec toi…
Parce que ces chansons sont entrées dans la mémoire collective. Ce sont des chansons populaires – et le mot n’est pas péjoratif ! – qui sont étroitement liées à la société de cette époque. Aujourd’hui, tout le monde se regarde le nombril et si ça continue, il n’y aura plus de chanson populaire.
Mes chansons évoquent une époque essentiellement heureuse où tout semblait facile, sans problèmes. C’était une époque porteuse d’espoirs. Les gens s’accrochent à ces chansons, le feu n’est pas éteint… il suffit d’une étincelle…
Toi qui fut un précurseur des comédies musicales à une époque où ça n’était pas la mode (Un enfant dans la ville), aujourd’hui que c’est redevenu « tendance », n’as-tu pas envie de t’y recoller ?
Depuis déjà longtemps je suis sur un projet musical autour de l’œuvre d’Edmond Rostand « Chanteclerc ». Là encore, gros challenge car je garde les merveilleux alexandrins de l’auteur !
Et si ce n’était pas si démodé, je dirais que ce serait plutôt une opérette qu’une comédie musicale où tout est chanté. Moi j’y veux le texte, la musique, la théâtralité. A te dire vrai, c’est assez ardu à monter et je ne le fais pas parce que c’est la mode !

B A

Pas facile à monter dans le show biz d’aujourd’hui…
Le show biz ? c’est aujourd’hui devenu un sous-métier et je m’en éloigne au galop. Je ne suis pas prêt à accepter leur diktat parisien car ce sont des freineurs de projets qui ne savent parler que de marketing. L’artistique, ils ne savent même pas que ça existe !
Alors ?
Alors je ferai ça pour la télé. Ce sera plus facile. Mais ça se fera !
Tu n’aimes pas la tournure qu’a pris le métier ?
Bien évidemment ! Aujourd’hui un chanteur n’est plus considéré comme un artiste mais comme un produit qu’on lance, qu’on presse et qu’on jette. Les jeunes sont formatés, tout comme les radios, ce qui fait qu’il y a de moins en moins de chanteurs et de chansons populaires. Chaque radio a une spécificité et du coup, aujourd’hui, un chanteur a du mal à se faire entendre de tous. Quant à nous, ceux de ma génération, nous sommes interdits d’antenne ! Tout juste si l’on nous appelle pour une soirée nostalgie ou caritative et on doit chanter pour la dix millième fois « notre tube » !
Tu es nostalgique des années Big Bazar, que j’ai un peu partagées avec toi sur les routes ?
Je n’aime pas être nostalgique mais dans ces années-là on rêvait d’espoir et on le faisait partager. Et puis les marchands sont revenus et ça a été le commencement de la fin. Aujourd’hui on oublie l’être humain, on ne voit que l’image et l’argent et si ça ne change pas, c’est la mort de la chanson populaire.
C’est ce qui te fait continuer à écrire et chanter des chansons ?
Je ne fais pas des chansons pour moi mais pour le public, pour communiquer, pour partager. Sinon ce n’est pas la peine. Et si l’artiste oublie ça, il meurt ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet
Michel est en tournée avec « La causerie musicale » où il mêle chansons et souvenirs.
Lundi 26 mars 20h30, Casino du Colombet à Sanary

La Seyne-sur-Mer… Un petit air de Russie

C
Agnès et Sacha Vikouloff, Paulina et Génia Leriche, Georges et Marie Klimoff

Que font les Russes lorsqu’ils se retrouvent ? Ils chantent.
Qu’ils soient chez eux ou ailleurs, ils chantent.
Georges Klimoff, s’il est seynois, n’a jamais oublié ses origines et dès qu’il parle de la Russie, son regard s’allume. C’est lui qui, lorsqu’il est venu se reposer quelques jours à Bendor, a accueilli et servi de traducteur à Youri Gagarine. C’est d’ailleurs grâce à lui qu’aujourd’hui une place porte son nom sur cette île varoise.
Il fait partie de nombreuses associations et l’un de ses lieux favoris est devenu l’hôtel la Farandole à Sanary, tenu par des russes avec qui il organise des échanges franco-russes en recevant des artistes peintres venues de cette lointaine contrée, en faisant se rencontrer deux cosmonautes, le français Jean-Pierre Haigneré et le russe Oleg Kotov, voici quelques mois.
Chez lui tout respire la Russie et son épouse, Marie, s’est mise au diapason.
La communauté russe dans le Var est importante et nombre d’en eux sont des artistes.
Artistes que l’on retrouve de temps en temps chez Georges et Marie où chacun y va de ses chansons empreintes de nostalgie et de joie mêlées.
C’est ce qui s’est passé samedi soir où nos amis nous avaient conviés à une soirée aussi amicale que musicale où les langues russe et française se mêlèrent allègrement mais où la musique fut uniquement russe, pour notre grand plaisir.

A B

Tout d’abord Génia Leriche, qui vint, avec sa fille Pauline, vêtues du costume traditionnels, nous chanter une belle berceuse, leurs voix à l’unisson faisant frissonner les inviter. Génia est la fondatrice à Toulon de l’Ecole Russe qui enseigne théâtre, musique, danse. Elle est diplômée de musicologie du Conservatoire de Kazan, en Russie, s’est spécialisée dans l’Opéra et, si elle est d’une grande modestie, elle est aussi un puits de sciences musicales.
Et voici Sacha et Agnès Vikouloff, qui sont chanteurs et musiciens. Ils ont fait, durant quinze ans, les beaux soirs d’un cabaret russe mythique à Paris, hélas aujourd’hui disparu « Raspoutine ». Ils chantent un peu partout en France et, s’ils vivent entre Montmorency et le Mourillon, à Toulon, il se peut que, sous peu, ils viennent définitivement s’installer dans notre région.
Chanter est leur respiration et ils nous ont offert, au son de leurs deux guitares, des chansons traditionnelles qui ont soulevé ce mini-public, qu’il soit français ou russe.
Encore un joli moment, un moment suspendu, dans la fraîcheur d’une soirée dont l’été ne finit pas.

Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta