Archives pour la catégorie Musique

La Seyne sur Mer
ART BOP : Jazz au Fort Napoléon

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Rappelons qu’Art Bop, depuis 2017, fait partie du collectif « Jazz sur la ville » qui regroupe la majorité des structures jazz du Var et des Bouches du Rhône, profitant ainsi d’une large ouverture vers les public du Sud.
Voici donc Art Bop qui repart en beauté sur les chemins du jazz pour la saison 2018-2019. Ajoutons qu’Art Bop est la seule structure qui programme régulièrement tout au long de l’année du jazz sur l’aire toulonnaise depuis plus de 20 ans. Et que le mérite principal en revient à Michel Legat et à sa femme.
19 octobre 2018 : « Ronald et Claude »
Claude Basso (guitares 6 et 7 cordes) – Ronald Baker (trompette, vocal)
Ronald Baker est un jeune trompettiste et chanteur américain qui s’est installé en France. Il s’exprime dans le langage bebop lignée Freddie Hubbarb. On dit qu’il se réclame de George Benson pour le chant. Mais je ne l’ai pas encore entendu chanter. Il tourne en France avec un excellent quintette. Il sera en duo avec Claude Basso, guitariste émérite, pilier du Fort Napoléon. Nul doute qu’il y aura de la poussière d’étoiles sous les voûtes.

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09 novembre 2018 : «  Michael Cheret 5tet »
Michael Cheret (sax tenor) – Fabien Mille (piano) – José Caparros (trompette, bugle) – Jean Marie Carniel (contrebasse) – Thierry Larosa (batterie)
D’autres grands habitués du Fort. Jean Marie Carniel a fait un concert remarquable, et remarqué, à Jazz à Toulon 2018. Assurément un quintette d’enfer.
23 novembre 2018 : « Frédéric Chopin Jazz Project »
Claudio Célada (piano) – Jean Cortes (contrebasse, arrangements) – Piéro Iannetti (batterie, percussions)
Trois remarquables musiciens très connus dans le coin. Les voici en trio pour un projet singulier qui titille les oreilles de tout amateur de musique. A découvrir, sans préjugés.

Serge Baudot
Ouverture des portes à 21 heures – concert à 21 heures 30 – pas de réservations
Renseignements: 04 94 09 47 18 – 06 87 71 59 30 – michel.le-gat@orange.fr

Opéra de Toulon – RIGOLETTO

VENDREDI 5 OCTOBRE 20H – DIMANCHE 7 OCTOBRE 14H30 – MARDI 9 OCTOBRE 20H
Opéra en trois actes de Giuseppe Verdi (1813-1901) – Livret de Francesco Maria Piave d’après Le Roi s’amuse de Victor Hugo – Création : Venise, Teatro La Fenice, 11 mars 1851
Mise en scène Elena Barbalich –
Avec : Mihaela Marcu – Sarah Laulan – Nona Javakhidze – Alice Ferrière – Francesco Landolfi Marco Ciaponi – Dario Russo – Nika Guliashvili – Vincent Ordonneau Mikhael Piccone – Federico Benet – Orchestre et chœur de l’Opéra de Toulon dirigés par Daniel Montané

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Francesco Landolfi Rigoletto (baryton)
Francesco Landolfi a étudié au Conservatoire de Benevento. Il se perfectionne au Centre du Bel Canto de Vignola, à l’Académie Internationale de la voix à Turin. Il est lauréat de plusieurs concours : Toti Dal Monte, Mattia Battistini, Ruggero Leoncavallo, Mario Lanza, Maria Caniglia, Giacomo Lauri-Volpi, As.Li.Co et Adriano Belli. Il se produit dans des théâtres prestigieux et collabore avec des chefs tels que Riccardo Muti, Renato Palumbo, Bruno Bartoletti, Lorenzo Viotti, Giuliano Carella, Fabrizio Maria Carminati, Roberto Rizzi Brignoli, Diego Matheuz… Ces dernières saisons, il a chanté Nabucco au Mai Musical Florentin et à Leipzig, Lescaut/Manon Lescaut et Rigoletto à Rome, Scarpia/Tosca à Gozo, Athènes, Cosenza et Prague, Amonasro/Aïda à Monte-Carlo et au Festival de Taormina, Ford/Falstaff à Ravenne, Savone et Lucques, Rigoletto et Nabucco à Leipzig, Germont/La Traviata à Florence, Rigoletto à Stuttgart, Berlin et Francfort, Amonasro/Aïda à Berlin, Germont/La Traviata au Japon en tournée avec le Comunale de Bologne. En 2017/18, il chante Stankar/Stiffelio à Parme, Rigoletto à Pavie, Jesi, Côme, Brescia, Crémone et Bergame, Germont/La Traviata à Trévise, Ferrara, Rovigo, Scarpia à Parme et Prague.

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Mihaela Marcu Gilda (soprano)
Originaire de Timisoara, Mihaela Marcu y étudie le chant et y commence sa carrière au sein du Choeur de l’Opéra. Elle assiste aux master classes de Corneliu Murgu, Vladislav Piavko et Renee Corenne. Elle est invitée à participer à des concerts dans plusieurs théâtres européens dont le Staatsoper de Vienne. Depuis 2009, elle est soliste à l’Opéra National de Timisoara. Son répertoire comprend notamment les rôles de Lauretta/Gianni Schicchi, Musetta et Mimì/La Bohème, Micaela/Carmen, la Contessa/Le Nozze di Figaro, Hanna Glavary/Die Lustige Witwe et Rosalinde/Die Fledermaus, Violetta/La Traviata et Donna Anna/Don Giovanni. Elle se produit régulièrement dans de nombreux théâtres en Italie, Belgique, Pays-Bas, Allemagne et Autriche. Ces dernières saisons, elle a chanté Anna Glavary/Die Lustige Witwe à Cagliari, Gilda/Rigoletto au Filarmonico de Vérone, Musetta/La Bohème à Sao Paulo, Rosalinde/Die Fledermaus et Leila/Les Pêcheurs de Perles à Trieste, Gilda/Rigoletto à Nice, La Traviata à Bucarest, Venise et Séoul, Adina/L’Elisir d’Amore à Florence, La Veuve Joyeuse au Filarmonico de Vérone, Giulietta/I Capuleti e i Montecchi à Lisbonne, Juliette/Roméo et Juliette à Pékin

OPERA de TOULON – Samedi 15 septembre 20h
Ouverture en majeur

« Vituose » avec Gauthier Capuçon au violoncelle et l’Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon, dirigé par David Wroe
En partenariat avec le Festival de Musique de Toulon et sa Région

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Gauthier CAPUCON est un des violoncellistes français les plus recherchés de la jeune génération.Initié au violoncelle dès l’âge de 4 ans, Gautier Capuçon étudie avec Annie Cochet-Zakine et Philippe Muller, avant de se perfectionner à Vienne avec Heinrich Schiff. Parallèlement, il parfait son expérience au sein de l’Orchestre des Jeunes de la Communauté Européenne avec Bernard Haitink, puis du Gustav Mahler Jugendorchester avec Kent Nagano, Daniele Gatti, Pierre Boulez, Seiji Ozawa et Claudio Abbado. Il est primé dans plusieurs concours internationaux et reçoit notamment le 1er Grand Prix du Concours International André Navarra à Toulouse. Parmi les nombreux chefs d’orchestre qui l’ont dirigé, citons Myung-Whun Chung, Gustavo Dudamel, Charles Dutoit, Christoph Eschenbach, Valery Gergiev, Bernard Haitink, Philippe Jordan, Herbert Blomstedt, Semyon Bychkov, Stéphane Denève, Paavo Jarvi, et ce avec les orchestres les plus prestigieux.
Gauthier Capuçon pratique également la musique de chambre depuis son enfance : sa soeur, pianiste amateur, et son frère ainé Renaud, lui ont transmis cette passion.
Il continue à jouer très souvent avec son frère et participe régulièrement à des festivals tels que le Festival de Lugano de Martha Argerich : parmi ses partenaires réguliers figurent Yuri Bashmet, Hélène Grimaud, Katia et Marielle Labèque, Angelika Kirchschlager, Viktoria Mullova, Mikhail Pletnev, Stephen Kovacevitch, Menahem Pressler, Vadim Repin, Antoine Tamestit, Jean-Yves Thibaudet, Maxim Vengerov, ou les quatuors Artemis et Ebène.
Parmi ses modèles, il réserve une place particulière à Henri Dutilleux, dont il a interprété les œuvres à plusieurs reprises.
Parmi ses très nombreux enregistrements citons, Brahms, Haydn, Beethoven avec le Philharmonique de Berlin et Gustavo Dudamel ; Fauré avec Renaud Capuçon, Gérard Caussé, le Quatuor Ebène, Nicholas Angelich, Michel Dalberto ; Prokofiev, Tchaïkovski avec l’Orchestre du Théâtre Mariinsky et Valery Gergiev ; Saint-Saëns avec Renaud Capuçon et l’Orchestre Philharmonique de Radio France, dirigé par Lionel Bringuier…
Il a enregistré le Concerto de Dvorák avec l’Orchestre de la Radio de Francfort avec Paavo Järvi.
Dernières parutions : Chostakovitch avec l’Orchestre Mariinsky et Gergiev, le Quintette de Schubert avec le Quatuor Ebène et l’Intégrale des Sonates de Beethoven avec Frank Braley, Intuition, avec l’Orchestre de Chambre de Paris dirigé par Douglas Boyd, et Jérôme Ducros au piano.
Gautier Capuçon joue un «Matteo Goffriler» de 1701.

David Wroe étudie à la Manchester University puis à la Northwestern Bienen School of Music de Chicago. Il est récipiendaire de la Bourse Seji Osawa à Tangelwood et finaliste du 1er Bernstein International Conducting Competition…
Au début de sa carrière, il est chef assistant au Boston Symphony Orchestra.
Il est actuellement directeur musical du New Jersey Festival Orchestra, chef principal du Phoenicia International Festival of the Voice à New York et invité régulier de l’Orchestre Régional de Normandie. David Wroe a très souvent été invité au New York City Opera où il a notamment dirigé la création mondiale de John Eaton, Jim Jones en 2004.
Il a dirigé les orchestres suivants : Boston Symphony Orchestra, Saint Louis Symphony Orchestra, Royal Scottish National Orchestra, Orchestre National de Lille, Symphony Nova Scotia, New Jersey Symphony, Kansas City Symphony, Santa Fe Symphony, New York City Ballet, Ensemble Orchestral de Paris, Neue Brandenberg Symphony, Orchestre Lamoureux avec Mstislav Rostropovitch, Jerusalem Symphony Orchestra, Philharmonische Orchester Heidelberg, Delaware, Harrisburg, Huntsville, De Moines Symphony, Vorarlberg Symphony…
En Asie, il dirige les orchestres de Pusan, Macao, Shenzhen, Wuhan, Guiyang, Taipei, Nanjing et le Taiwan National Symphony.
En plus de sa résidence au New York City Opera de 1997 à 2002, il a été chef invité principal à l’Opéra de Heidelberg, dirigeant la majeure partie du répertoire lyrique. Il a été aussi chef principal de l’Opéra Delaware. Il a inauguré le Fresno International Grand Opéra avec une production de La Bohème.
David Wroe consacre beaucoup de temps à la formation musicale des jeunes musiciens en dirigeant notamment l’Orchestre Symphonique de Jeunes de Taipei ou celui de l’Université de New York et en donnant des master classes au New England Conservatory ou à l’Université d’Harvard.

 

Festival Quatuors à cordes en pays de Fayence

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Événement majeur de la vie culturelle régionale porté par les neuf communes du pays de Fayence au sein de la communauté de communes dont il est un emblème culturel fort, le festival de quatuors à cordes fêtera ses 30 ans d’existence du 13 au 16 septembre 2018 septembre mêlant le patrimoine immatériel des plus grands compositeurs passés et actuels aux acoustiques somptueuses des églises et chapelles patrimoniale,s qui accueilleront la fine fleur des quatuors internationaux.
Le festival de quatuors à cordes en Pays de Fayence vous invite à fêter trente belles années, entièrement dévolues à la forme quatuor, cadre privilégié de l’expression musicale intimiste.
Le festival se déroulera du 13 au 16 septembre durant les Journées du Patrimoine auquel il est désormais marié et proposera huit concerts et une master class publique.
Pour fêter cet anniversaire, le violoncelliste Frédéric Audibert, directeur artistique depuis deux ans, a invité des quatuors prestigieux et de très jeunes quatuors en devenir, offrant ainsi un panel très large des tendances dans l’expression musicale des meilleurs quatuors internationaux.
Certains sont déjà venus jouer plusieurs fois, d’autres y feront leur première apparition. Quatuors invités : Les Prazak, Mosaïques, David Oïstrakh String Quartet, Doric, Terpsycordes, Yako, Cuareim, Cadences.
C’est avec un très grand plaisir que le festival acceuille à nouveau le quatuor Mosaïques avec le répertoire dans lequel ils excelle : Haydn et Mozart. Les Prazak qu’on ne présentent plus, ont proposé un programme de musique hongroise tout à fait original, avec le sublime quatuor n°1 de Janacek, incroyable commentaire lyrique du livre de Léon Tosltoï, la Sonate à Kreutzer. Vous découvrirez un quatuor russe absolument extraordinaire fondé en 2012, qui marche sans coup férir sur les traces du quatuor Borodine. Ses membres sont tous titulaires de grands concours internationaux, l’ensemble est impressionnant de lyrisme et de force. A découvrir absolument ! Parmi les formations britanniques actuelles, le quatuor Doric s’impose avec élégance et probité dans la grande tradition du quatuor à cordes. Le quatuor belge Terpsycordes dont le nom est un jeu de mot faisant référence à la muse Terpsychore, a remporté le concours international de Genève, il y a quelques années de cela. C’est une formation marquante en raison de son extraordinaire créativité car le quatuor maitrise aussi bien le répertoire baroque et classique que la création contemporaine. La jeune génération des quatuors qui monte sera très bien représentée par le quatuor Yako fondé en 2014 au CNSM de Lyon et promis à un bel avenir.

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Quatuor Mosaïques – Quatuor Prazak

Le festival a aussi invité le quatuor Cadences, quatre jeunes musiciens tunisiens, formés à l’Académie d’Aix-en-Provence et parrainés par le quatuor Bélà. Ils étaient venus jouer dans le cadre des Concerts à l’école il y a deux ans, et reviennent faire un concert en ouverture du festival dans un programme très alléchant de musique classique et de musique traditionnelle tunisienne.
Pour marquer pleinement l’événement, le festival a passé commande d’une œuvre en court format, à la compositrice française Florentine Mulsant qui, en toute simplicité, l’a baptisée : Happy Birthday ! Malgré une baisse drastique de ses moyens, le festival poursuivra sa vocation à diffuser les œuvres contemporaines au même titre que le grand répertoire traditionnel.
Le festival de quatuors est désormais ouvert au jazz. Lors de son concert sur l’Esplanade Dior, le 15 septembre à Montauroux, le quatuor à cordes Cuareim jouera l’intégralité du disque qu’il a enregistré pour Harmonia Mundi et qui sortira en 2019. Lors de la précédente édition, le Vision Quartet, vainqueur du concours international de Genève en 2016, avait joué un programme en deux parties, l’une purement classique et l’autre jazz.
Le festival fera durer le plaisir de ce bel anniversaire jusqu’à l’édition 2019, grâce à l’organisation d’une vaste Opération Concerts à l’école durant laquelle les quatuors joueront de toute leur séduction auprès des jeunes publics. Entre le 13 septembre et le 30 juin 2019, le festival programme un minimum de 30 concerts pour symboliser le chemin parcouru, tout en s’inscrivant dans une perspective d’avenir en s’appuyant sur les liens qu’il noue avec les jeunes générations.
Les quatuors s’invitent également dans le cadre des visites patrimoniales commentées organisées par les neuf villages perchés du Pays de Fayence. De délicates virgules musicales, d’une vingtaine de minutes, intégrées dans les parcours de visite des villages, une occasion exceptionnelles pour les néophytes d’entendre de jeunes quatuors faire résonner les merveilleux édifices patrimoniaux du territoire en compagnie de passionnés d’histoire.
Vivez quatuors, vibrez quatuors, rêver quatuors durant ces trois jours de réjouissances musicales tout en sillonnant les routes bucoliques du Pays de Fayence.

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David Oïstrakh String Quartet – Quatuor Doricok

PROGRAMME
Vendredi 14 septembre

– 18h30, Chapelle des Ormeaux, Seillans : Concert en aparté – Quatuor Cadence
– 20h30, Eglise de Seillans : Quatuor Mosaïques (Haydn, Mozart)
Samedi 15 septembre
– 9h30, Chapelle Dior, Montauroux : Réveil en musique – Quatuor Yaka (Schubert, Glass)
– 15h30, Eglise de Tourrettes : Quatuor Terpsycordes (Mulsant, Schubert)
– 18h30, Chapelle Dior, Montauroux : Cuareim Quartet « Jazz à tous les étages »
– 21h00, Eglise de Callian : Quatuor Prazak (Dvorak, Schulhoff, Janacek, Smetana)
Dimanche 16 septembre
– 9h30, Chapelle Dior, Montauroux : Master class publique
– 16h00, Eglise de Mons : Quatuor Doric
– 20h30, Eglise Saint-Jean-Baptiste, Fayence : David Oïstrakh Quartet (Chostakivitch, Tchaïkovski, Mendelssohn, Paganini)

Réserver un hébergement : 04 94 19 10 60
http://www.cotedazur-reservation.com – reservation@esterel-cotedazur.com
Renseignements : Bureau du festival : 04 94 47 64 71
04 04 94 76 20 08 – Du lundi au vendredi de 09h à 12h et de 14h à 17h30.
quatuors.paysdefayence4@orange.fr

 

Sanary sous les étoiles
De belles révélations au concours des Disques d’Or

En 2016, le concours « Les Disques d’Or » a fêté, à Sanary, son lieu de naissance, ses 40 ans.
Plus de 40 ans donc, que ce concours est un tremplin pour des artistes en herbe dont le plus beau fleuron n’est autre qu’Hélène Ségara. Mais aujourd’hui, la télévision s’intéresse à cet événement puisque, pour la finale, était présente Valérie Mendez.

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Le jury avec, à l’extrême droite, Noël Lebrethon : Jacques Brachet, Geneviève Machto, Brigitte Julien, Marjorie Guerdoux, Jean-Michel Machto, Nadine Millour, Claude Millour, Daniel Darigot.

Valérie Mendez, la reine du casting
En avril 2013, notre belle Marseillaise décide de créer un grand concours de chant sur la région PACA, pour donner la chance aux artistes de se faire connaître. Elle contacte alors Bruno Berbères, directeur de casting, qui devient très vite parrain du projet, et c’est lui qui choisit le nom de « La meilleure voix ».
A partir de 2014, elle propose un grand casting régional destiné à présélectionner les artistes pour les présenter à Bruno Berbéres pour ses différents projets : The Voice ou des comédies musicales.
Et ça marche puisque, depuis, l’on a pu découvrir Alexandre Bertrand dans la saison 3, Francesca et Delphine Mailland dans la saison 5, Imane dans The Voice Kids 2017, Florent Marchand The Voice 2017, gagnant des Disques d’Or la même année.
Il y a eu aussi aux Voice Kids, Iliana, Victoria Adamo, Eva Giordano, présente cette année sur les Disques d’Or, Angelina qui a gagné aux Voice Kids 2017… Beau palmarès !
Si Valérie a été chanteuse très peu de temps et a gagné pas mal de concours elle a vite compris que, comme la chanson d’Alice Dona, elle préférait être derrière celui qui est devant et s’occuper du devenir de ces graines de stars.

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Valérie Mendez (en blanc), entourée de ses concurrents des Disques d’Or 2018

La preuve cette année, ont participé aux Disques d’Or , Marie Heinrich et Eva Giordano, arrivées 1ère et 2ème des kids, Clara Kehlhoffner, Tessa Cernacciaro, Océane Perrault, Celia Justibelli, et enfin, le grand gagnant de cette année, Pacey Marine-Jacquot… C’est dire si elle a du flair !
Après avoir écumé la région PACA, aujourd’hui elle s’étend sur Montpellier, Monaco et même l’Italie.
Mais ce n’est pas tout : propriétaire du restaurant « L’étoile des Artistes », à Pont de l’Etoile, , elle y organise des master class, aidée de deux coaches, la chanteuse Julia Eden et le metteur en scène Valéry Rodriguez pour préparer des chanteurs de haut niveau à de gros castings. Et elle les présente sur scène lors de soirées intitulées « Les Talents de l’Etoile ».
On la retrouve aussi au Novotel du Vieux Port, à Marseille où tous les samedis soir elle présente des artistes en herbe. Pour cela elle a créé l’association « Open Mic » et le parrain n’est autre que, une fois de plus, Bruno Berberès. Avec cette association et avec l’aide d’Ahmed Moussi (Les 10 commandements) elle organise des soirées en faveur de l’association « Stop à la violence, espoir pour les enfants », enfants victimes de viol afin de passer un message.
Comme on le voit, Valérie est une passionnée, une femme de cœur d’une énergie folle, fière du travail qu’elle fait, et on le serait à moins
Et de voir le palmarès de cette année aux Disques d’Or, qui ne le serait pas ?
Surveillez de près les prochaines émissions de « The Voice » et de « The Voice Kids »… et vous reconnaîtrez certains de nos lauréats de cette année !

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Symphonie in yellow : Jacky Lacomba, producteur et une partie de l’équipe « Sanary Animations  » : Maryse Loigne, Noël Lebrethon, Serge Loigne – Yves Julien, animateur des trois soirées.

Alors, la « promo 2O18″… Qu’en penser ?
Eh bien, comme chaque année, l’on a découvert de superbes voix, de vrais talents et… quelques concurrents qui croient savoir chanter, qui veulent chanter, qui reviennent malgré tout chaque année (On n’en peut plus de certains !) qui veulent se faire plaisir… et qui ne font pas toujours plaisir, ni aux spectateurs, ni au jury qui, quelquefois, grince des dents ! Il faudrait peut-être une sélection plus sévère.
Juste quelques mises au point : faire chanter du Piaf à une enfant de 5/6 ans, est-ce vraiment raisonnable ? « Non, je ne regrette rien »… Qu’a-t-elle à regretter à cet âge et comprend-t-elle ce qu’elle chante alors qu’elle n’a pas encore vécu ? Avec toutes les jolies chansons d’ados qui existent aujourd’hui, il serait temps de passer à autre chose que de chanter sempiternellement du Piaf. Pour le faire, il faut des voix et le talent d’un Johnny Hallyday, d’une Céline Dion, d’une Michèle Torr.
Pareil pour les chansons en anglais : Est-ce que tous ces apprentis chanteurs savent qu’il existe une chanson française d’une richesse incroyable ? Chanter en anglais pourquoi ? Pour envisager une carrière internationale dont certains sont loin car il faudrait déjà maîtriser l’anglais. Alors pitié, chantez français ! D’ailleurs, cette année, des voix dans le public se sont élevées contre cette cascade de chansons souvent en anglais mal maîtrisé.
Malgré cela, 2018, en général, a été un bon cru et ce qui est étonnant, c’est qu’à la première demi-finale, sur les huit retenus, un seul garçon est resté et sur la deuxième demi-finale, deux seules filles sont restées, ce qui faisait une presque parité pour la finale.

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Lyana Pouilly – Eva Giordano – Marie Heinrich

Par contre, côté enfants, ce fut du 100% filles puisque nous avons eu droit à huit gamines dont certaines étaient un peu petites mais d’autres ayant déjà tout de grandes et une belle aisance sur scène, ce qui était quelque peu difficile à comparer.
Parmi elles, la petite Lola Martin-Teissère qui a eu l’honneur de partager une chanson sur scène avec Amandine Bourgeois, lors de son passage à « Sanary sous les étoiles »…
Un jury fidèle, qui suit le président de « Sanary Animations » et organisateur des Disques d’Or, Noël Lebrethon, était encore réuni pour sélectionner ces graines de stars : Nadine et Claude Millour (régisseurs du groupe Guitar ZZ), Brigitte Julien, responsable cinéma à la Ciotat, Geneviève Machto, productrice et son époux Jean-Michel musicien et chanteur, Marjorie Guerdoux, chanteuse, gagnante des Disques d’Or 2016, Daniel Darigot, ex président du comité des fêtes de la Ciotat et un certain jacques Brachet.
Comme chaque année, nous retrouvions avec plaisir « l’animateur de service », l’ami Yves Julien qui, avec sa faconde et son accent que l’on prend en naissant du côté de… la Ciotat, rassurait certains candidats un peu stressés et anima les trois soirées.

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Julien Quillet – Florian Ringuet – Pacey Marine-Jaquot

Le Palmarès
Parité totale puis chez les kids, on retrouve trois filles, et côté adultes, ce sont trois garçons qui se sont placés en tête.
Les kids :
-3ème : Lyana Pouilly, de St Mandrier qui a chanté « Dommage » en demi-finale et « Je serai là » en finale.
– 2ème : Eva Giordano, d’Allauch, qui a chanté « Yallah » en demi-finale et « Creep » en finale.
– 1ère : Marie Heinrich, de la Ciotat qui a chanté « Bella Ciao » en demi-finale et « All by myself » en finale… Fallait le faire !
Chacune a reçu un trophée et un bon d’achat de 100€
Les Adultes :
– 3ème : Julien Quillet , d’Avignon, qui a chanté « Plus je pense à toi » en demi-finale et « L’envie d’aimer » en finale.
– 2ème : Florian Ringuet, de la Seyne-sur-Mer, qui a chanté « Zombie » en demi-finale et  » I can’t stand the rain » en finale
– 1er : Pacey Marine-Jaquot, de Sanary (quand même !) qui a chanté « A friend like me » en demi-finale et  » Old man river » en finale.
Trois vois superbes, trois personnalités qui devraient faire leur chemin.
Chacun a reçu un bon d’achat de 150€, un trophée et le 1er, un séjour d’une semaines pour deux personnes à la station de ski du Puy St Vincent, partenaire des Disque d’Or.

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Serge Loigne – Robert Porcu – Yves Julien – Noël Lebrethon – René Hoquet

Noël Lebrethon a fêté ses 20 ans
Moment d’émotion cette année, en début de soirée de la finale : la célébration des 20 ans du président de « Sanary Animations », Noël Lebrethon, 80 ans passés ! Succédant à René Hoquet qui créa voici plus de 40 ans « Les micros d’or » devenu « Les Disques d’Or », celui-ci vint nous raconter la genèse de cette manifestation, saluer Noël et rappeler que le technicien d’alors n’était autre que Jean Loigne, père de Serge Loigne, complice de Noël. L’adjoint au service animation de la mairie de Sanary, Robert Porcu vint également féliciter Noël, dit Nono et qui, malgré son nom, est normand bon teint !
La soirée était loin d’être finie puisque, après la remise des prix, une fête attendait le héros du jour avec discours, diplôme et cadeaux émanant de toute son équipe. Ce fut une bien belle et émouvante soirée.

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Ainsi se terminait la saison 2018 de « Sanary sous les étoiles » avec entre autres ces « Disques d’Or » toujours très attendus et qu’on espère retrouver l’an prochain… avec notre infatigable Nono !

Jacques Brachet

 

 

 

Sanary sous les étoiles
Les chemins de traverse d’Amandine BOURGEOIS

A

Quel plaisir de rencontrer une belle jeune femme a regard azur, au sourire lumineux, pétillante et drôle… Et quelle voix ! Elle a tout pour elle et surtout, la musique dans le sang.
On l’a découverte dans l’émission « La nouvelle star » qu’elle a gagné haut la main en 2008. Depuis elle a fait nombre d’expériences mais il y a eu un avant. Un avant pas banal, comme tout ce qu’elle fait, entre autre entre le conservatoire de musique de Nice pour apprendre… la flûte traversière et l’école hôtelière. Beau grand écart !
Elle rit lorsque je le lui fait remarquer :
« Je dois vous dire que je viens d’une famille de musiciens, mon père était guitariste, mon beau-père a accompagné nombre de chanteurs en tant que bassiste. Moi, je rêvais d’être Mariah Carey ou Witney Huston ! Mais lorsque je me suis entendue chanter, mon rêve s’est aussitôt écroulé. J’avais alors une voix entre celle de Jane Birkin et de Vanessa Paradis ! Et lorsque j’ai dit à ma mère que je voulais chanter, elle m’a tristement regardée et a dit : « la pauvre ! ».Je suis donc entrée au Conservatoire de Nice où j’ai appris à jouer de la flûte traversière. Je m’y suis vite ennuyée car ce n’était pas assez ludique.
Alors ?
Alors j’ai monté un groupe de rock avec ma meilleure amie et en parallèle j’ai fait des études d’hôtellerie. Je suis allée en Angleterre où là, j’ai découvert la culture musicale anglo-saxone très riche et l’envie de chanter m’a repris. Je dois dire qu’à chaque dîner en famille tout le monde devait chanter. Si vous étiez venu, vous y auriez été obligé ! Un jour j’ai chanté trois notes de blues et tout le monde a été éberlué.

C B

Et ça a été le déclic ?
Un peu oui et j’ai alors écumé les orchestres de bal, j’ai fait du rock, du rythm’n’blues, je faisais tout ce qui se présentait. J’ai fait aussi un école de jazz. Jusqu’à ce que la production de M6 me propose de faire le casting de « Nouvelle Star ». J »avoue y être allée en dilettante mais j’ai franchi toutes les étapes jusqu’à la finale que j’ai gagnée.
Ça a été une étape importante ?
Oui, ça a été un sacré tremplin ! Ca m’a ouvert beaucoup de portes, d’opportunités, d’autres univers. J’ai fait mon premier disque qui a été disque d’or, j’ai fait une grande tournée en France, Suisse, Belgique, j’ai travaillé avec l’équipe d’Amy Winehouse, Johnny m’a prise sur sa tournée et j’ai fait avec lui le Royal Albert Hall, puis j’ai fait la tournée des Zéniths avec Thomas Dutronc. Et il y a eu l’Eurovision.
Autre étape importante…
Je dois dire qu’au départ j’étais très réticente. Mon manager m’a fait changer d’avis mais j’ai mis une condition : je ne voulais pas qu’on m’impose une chanson, je voulais chanter « ma » chanson, composée avec Boris Bergman et que je comptais enregistrer pour mon prochain disque. C’était « L’enfer et moi »
Même ne gagnant pas, l’Eurovision est-il un tremplin ?
Oui, vraiment. Vous chantez devant une salle immense, devant des millions de téléspectateurs, médiatiquement j’étais partout, ça vous donne une incroyable visibilité et pas seulement en France. C’est une expérience qui m’a fait grandir. Et j’aime à dire que je suis arrivée troisième… en partant de la fin !!! Et ça m’a donné l’opportunité d’enregistrer mon troisième disque : « Au masculin ».

E F

Original, celui-là !
Oui, parce que Warner m’a ouvert ses portes et que j’ai pu faire ce disque avec des chansons uniquement écrites et composées par des hommes comme Souchon, Gainsbourg, Ferré, Jonasz, Cali, Stromae, Higelin, Johnny…
Facile de choisir ces chansons ?
Oui, assez facile car ce sont des chansons qui ont jalonné mon enfance, mon adolescence, ma vie de femme, des chansons qui m’ont donné des émotions, des vibrations. par exemple Higelin, que j’ai découvert à 13 ans lors du premier concert live que j’ai vu. « Mona Lisa klaxon », j’adorais… sans comprendre les paroles !
« Ma gueule »… Fallait oser !
(Elle rit). Oui mais c’est une chanson que j’adore et que j’ai recomposée. D’ailleurs Johnny a été très heureux de ma version en soulignant justement que je n’avais pas fait une copie de sa version. J’étais très heureuse.
On a entendu parler d’un quatrième album. Où en est-il ?
Il est prêt depuis… 2016 ! Je ne sais pour quelle raison ma maison de disque a mis tant de temps à le sortir. Elle devrait le faire pour octobre. C’est un disque totalement écrit avec Marc Bastard, l’ex chanteur du groupe Skip the Use. Nous avons enregistré dans le plus grand studio d’Europe, ICP à Bruxelles, pendant qu’à côté, enregistraient Polnareff et Renaud ! Ca a été une super expérience et j’ai rencontré le producteur de la maison Périscope qui a décidé de développer ma carrière sur scène, la scène étant le lieu que j’aime le plus au monde.

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Il y a donc de la promo dans l’air ?
Je ne sais pas car le projet date déjà et depuis, j’ai vécu d’autres choses, j’ai écrit d’autres chansons et je prépare un nouvel album. J’avoue que ça me concerne moins car ça a été trop long.
Et ce nouvel album ?
Il me tient très à cœur car il va être 100% moi, ce sera, comme on dit, l’album de la maturité… car j’avance en âge, mon bon monsieur ! (Elle rit).
On parlait tout à l’heure de la flûte traversière… Pourquoi avoir choisi cet instrument inattendu ?
Je ne sais pas ! C’était n’importe quoi ! J’étais jeune, je ne savais pas trop ce que je voulais. En plus, avec cet instrument, je ne peux pas chanter ! Il n’y a que Jethro Tull qui savait bien le faire (Et voilà qu’elle me fait une petite improvisation !)
En fait, avec tous ces chemins de traverse musicaux que vous avez pris, où vous sentez-vous le mieux ?
Le blues… c’est mon feeling et justement, mon prochain disque balancera entre rock et blues, un truc très incarné, très puissant, où se mêleront interprétation et émotion ».

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Et c’est ce qu’elle nous a offert sur cette scène à Sanary où elle nous a prouvé qu’elle avait cette fibre là, véritable bête de scène à la voix puissante, allant de la force d’une Amy Winehouse et la folie de Nina Hagen, haranguant le public, jouant avec lui, avec ses musiciens qui sont de belles pointures, chantant avec Lola, une petite sanaryenne « L’enfer et moi », recevant Julie, gracieuse danseuse venant des Alpes Maritimes. C’est une bombe qui explose sur scène et qui en fait une chanteuse hors du commun, radieuse et élégante dans son ensemble-short noir, montée sur des talons aiguille qu’elle enlèvera pour se déchaîner sur scène.
Un show de folie qui a fait trembler les spectateurs… et les habitants des environs !
Amandine est certainement la nouvelle diva du rock !

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Jacques Brachet

Jazz à Toulon 2018 – 29ième édition

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Remember Petrucciani

Le 29ième festival « Jazz à Toulon » s’est achevé par des tornades de basses sur les plages du Mourillon avec The Stanley Clarke Band.           
Stanley Clarke, physique de colosse américain avec casquette de base-ball sur les yeux, montre d’emblée ce qu’il sait faire. Il tentait parfois de retrouver le feeling de School Days ; ce furent les meilleurs moments. Ainsi qu’avec son hommage à John Coltrane « Song For John », également quand il se mit à jouer vraiment de la contrebasse dans quelques morceaux, démontrant qu’il restait un très grand bassiste, comme sur « No Mystery ». A la basse électrique il usa et abusa de son fameux slap jusqu’à la caricature.
Il était en compagnie de 3 jeunes musiciens comme il y en a tant, qui jouent à fond du n’importe quoi sans intérêt : Cameron Graves(clav), Beka Gochiashvili (p) et Shariq Tucker qui jouait si fort qu’il éclata sa grosse caisse ! Du cirque !
Dommage que Stanley Clarke n’ait pas su, ou pas pu, résister aux sirènes du showbiz.
La foule en délire lui fit une ovation à faire décrocher la lune qui se tenait à l’écoute derrière la scène. Il en fut ainsi à tous les concerts, même sans la lune !
Retour sur quelques concerts. Tout d’abord les concerts d’après midi de 17h30 à 19h au centre de Toulon sur quelques jolies places ombragées.
Place Dame Sibille :
Sur cette place, noire de monde, officiait le groupe « ALF and Half » qui tourne avec succès dans la région depuis de nombreuses années, dont les musiciens sont très connus, à savoir Marc Abel à la guitare et au chant, Stéphane Leroy à la basse électrique et Frank Farrugia à la batterie. Ils présentaient leur nouveau disque « Wacky ».
Place Puget :
Jean Dionisi, 81 ans, joue toujours de la trompette et du cornet, avec la même fougue, le même plaisir, la même joie et la même force qu’à ses débuts. Voilà plus de 60 ans qu’il fait vivre le jazz traditionnel dans la région et au-delà, ayant toujours été à la tête des meilleurs groupes New-Orleans. Et celui d’aujourd’hui ne nous démentira pas, avec Jean-François Bonnet (cl,ss), Raphaël Porcuna (tb) Christian Lefèvre (soubassophone), Jean-Claude Proserpine (dm), Eric Méridiano qui remplaçait au pied levé, et avec brio, le pianiste en titre, et un invité de poids venu de Clermont-Ferrand, l’excellent banjoïste Henri Lemaire.
Jean-Philippe Sempéré Quartet avec Gérard Murphy (as), Pierre Fenichel (b) et Cédrick Bec (dm) sur le répertoire du guitariste Grant Green, auquel le leader à la guitare voue une grande admiration, pour un concert riche en subtilités et en contrastes.
Après avoir enregistré un disque éminent « This I Dig For You », salué par la presse musicale, le trio de Jean-Marie Carniel, l’un des meilleurs contrebassistes d’aujourd’hui, se produisait avec Denis Césaro (p), Cédrick Bec (dm) plus un invité Olivier Chaussade (ts), pour de grands moments sur quelques titres du disque entre autres.
« Sub Jazz Project » c’est le groupe de l’excellent batteur-chanteur-compositeur Rudy Piccinelli, avec avec Olivier Debourrez (tb), Benoît Eyraud (clav) Julian Broudin (s), Mathieu Maurel (tp), Antoine Borgniet (b), et Fortuné Muzzupapa (perc). Le répertoire du groupe est basé sur des chansons connues, réinterprétées en jazz. Magnifique travail et quelle prestation, avec 5 étoiles au percussionniste.

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Jean Dionisi – Carlos Maza Familia Septeto


Quelques grands concerts du soir :
Place Victor Hugo :
De l’avis général et du mien, le concert de Youn Sun Nah – « She Moves on » fut l’acmé du festival, et une belle découverte pour la plupart des gens.
Un ange est descendu du paradis de la musique, un bel et doux ange bleu, petite femme d’apparence si fragile sous sa robe bleue qui flotte au vent, et qui pourtant possède une voix d’une puissance exceptionnelle, capable des graves les plus profonds jusqu’aux aigus les plus fracassants, Yun Sun Nah offrit un concert mémorable, dont le moment le plus incroyable fut son interprétation fabuleuse de « Momemtum Magicum » de Ulf Wakenius qui fut son guitariste dans « Breakfast in Bagdad ». Elle était accompagnée à minima par Frank Woeste (clav), Brad Christopher Jones (b), Tomek Miernowski (g) et Dan Rieser (dm).
Jamais la qualité d’écoute dans les concerts n’avait atteint cette intensité.
Place Saint-Jean à Saint Jean du Var :
La fine fleur des musiciens de jazz habitant la région, et les proches de la famille Petrucciani, étaient réunis pour un hommage public au grand pianiste, Michel Petrucciani, en ce « Remember Petrucciani ». A noter la présence du saxophoniste Yvan Belmondo, figure patriarcale et grand formateur de musiciens, dont ses fils le saxophoniste, Lionel, et Stéphane, le trompettiste. Pour le répertoire il s’agissait de thèmes que Michel aurait aimé mettre en chanson, nous dit Nathalie Blanc. Elle s’est chargée de le faire avec des paroles en français, changeant les titres, exemple : « I Wrote Your Song » devient « Soir de mai ».
Étaient donc réunis l’un des frères de Michel, le sympathique Philippe Petrucciani, leader et à la guitare, auteur des arrangements, la chanteuse Nathalie Blanc, Nicolas Folmer (tp), Lionel Belmondo (s), Francesco Castellani (tb) Dominique Di Piazza (eb), Manhu Roche (dm). Ils sont tous amis, pratiquent le même langage musical, et comptent parmi la crème des jazzmen qui vivent dans le Sud.

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Subjazz Project – Yun Sun Nah

Les paroles n’étant pas transcendantes et la façon de chanter trop linéaire, malgré le scat, on ressenti un certain ennui. C’est dans le morceau en rappel que Nathalie Blanc va « se lâcher » comme on dit, et faire exploser ses qualités vocales assez époustouflantes, en galvanisant l’orchestre, avec l’habituel et roboratif délire de Lionel Belmondo. Dommage que tout le concert n’ait pas été de cette trempe.
Place de l’Equerre : La fête cubaine avec Carlos Maza & Familia Septeto,
Cinq femmes, deux hommes, la parité s’effondre ! Affaire de famille, le père, Carlos Maza (p), la mère, Mirza Maza (eb) et deux filles : Hilda Camila Maza (vln), Ana Carla Maza (cello). Noyau familial renforcé par Nino de Luca (acc), Rita Payes (tb), Naile Sosa (dm, perc).
Ana Carla Maza va mener la fête, aussi belle que déchaînée, elle maltraite son violoncelle, mais sait en jouer, chante, hurle et danse, ne tenant pas en place, occupant toute la scène : elle provoque le délire, au détriment de la musique souvent. Mais quel emportement, et quel charme sensuel ! Le spectacle fut abracadabrantesque. Ce fut une tornade qui emporte les corps dans un tourbillon de sons et de couleurs. Il faut se laisser emmener, chanter et danser. Nada màs !
Place Louis Blanc : Trilok Gurtu Quartet
Trilok Gurtu est un percussionniste-batteur indien d’abord joueur de tablas traditionnels, qui découvre les congas, bongos et autres percussions, puis la batterie et le jazz vers 1970. Il va alors jouer avec les plus grands, dont Don Cherry et Paolo Fresu. On se souvient de sa participation au « Mahavishnu Orchestra » de John Mc Laughlin, il vint d’ailleurs une première fois à Jazz à Toulon avec ce dernier.
Jean Cocteau appelait la batterie « Le bar des rythmes », on peut appliquer cette formule à Trilok Gurtu tellement il étale d’éléments de percussion autour de lui, jusqu’à un assemblage de bouchons plastiques multicolores, remplaçant les habituels coquillages, et un seau d’eau qui lui sera prétexte à un concerto pour eau, seau et baguette : beau spectacle. Sa démonstration de scat indien laissa pantois ; c’est ce scat qui permet aux joueurs de tablas de mémoriser les figures rythmiques.
Il jouait avec un groupe très européen : Jonathan Ihlenfeld Cuniado, espagnol (eb), Tulug Tirpan, Turc (p), et Frederik Köster, Allemand, (tp); trois excellents instrumentistes, fougueux et brillants. Le trompettiste est un des meilleurs en Allemagne, il lancera à la nuit quelques solos lumineux.
L’essentiel du concert fut dévolu au percussionniste qui fit la preuve de son immense savoir faire en la matière, et nous offrit un véritable festival. Il est impressionnant aux tablas, jouant l’équivalent d’une batterie avec seulement deux petits tambours et ses dix doigts.
A la batterie il joue dans la cour des bons batteurs jazz. Jazz qu’il n’a pas oublié, avec notamment un vibrant hommage à Paolo Fresu, intitulé « Berchidda », village de Sardaigne qui a vu naître Paolo ; ou encore « Pop Corn » dédié à Miles Davis.
Trilok Gurtu et ses musiciens m’avouèrent avoir été très émus et portés à se donner à fond par l’accueil toulonnais ; j’ajoute que j’eus le même aveu de la part de tous les grands leaders. Donc Toulon sait recevoir les artistes.
Des bons points sont à distribuer pour le son et la présentation des concerts.

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Trilok Gurtu Quartet – Stanley Clarke

Le Festival « Jazz à Toulon 2018 » fut égal à lui-même, dont le point culminant fut la prestation de haute tenue de Youn Sun Nah ; et les concerts d’après-midi qui ont tous présenté quelques-unes des meilleures facettes du jazz qui se joue aujourd’hui.
Les choix étaient bons, finalement bien dans la philosophie de « Jazz à Toulon » qui est d’animer différents quartiers de la Ville avec des concerts gratuits. Concerts qui sont concoctés avec courage, abnégation et persévérance, par Bernadette Guelfucci, présidente du Comité officiel des fêtes et des sports de la Ville de Toulon, aidée encore et heureusement par quelques subventions, épaulée par une solide équipe dévouée, travailleuse et efficace. L’an prochain le festival fêtera sa trentième édition, gageons qu’il y aura de belles surprises.

Serge Baudot

Sanary sous les étoiles
Julie Zenatti – Chimène Badi…
Voyage musical en Méditerranée

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Au départ, c’était un disque imaginé par Julie Zenatti, ex Fleur de Lys, ex Esméralda de la comédie musicale « Notre-Dame de Paris ». Son idée était d’offrir un album où seraient représentées toutes les musiques méditerranéennes, chantées par des artistes méditerranéens.
Tous ont répondu présent, de Chimène Badi à Sofia Essaïdi, d’Enrico Macias à Slimane, d’Elisa Tovati à Claudio Capéo, de Rose à Samira Brahmia et quelques autres moins connus…
Ainsi dans ce disque magique qu’est « Méditerranéennes », nous visitons les pays bordant la Méditerranée avec des chansons pleines de soleil comme « Zina », « Le café des délices », « Le dernier qui a parlé » et même « Mustapha » !
Le projet était original mais pour un spectacle, réunir tous ces gens sur une scène le même jour n’était pas des plus faciles. Pourtant, ça s’est passé en février au Bataclan dans la joie et l’émotion qu’ont voulu prolonger Julie Zenatti et Chimène Badi en partant toutes les deux sur les routes de France, ce qui était encore un projet original, partager à deux une scène en tournée n’étant pas si courant que ça.
Et les voici, sur l’esplanade de Sanary sous les étoiles où ce fut une nuit magique, accentuée par une éclipse qui ajouta au charme de la soirée.
Car ce fut une soirée de charme avec ces deux belles filles du Sud, aux voix puissantes et ensoleillées. On n’avait pas vu, depuis longtemps, un tel spectacle fait d’amour et d’émotion, de sensualité et de bonne humeur, les deux filles se partageant la vedette en duo, en solo, en trio parfois avec un violoniste magnifique, plus trois autres musiciens énergiques, qui nous entraînés sur les chemins de l’Orient et d’ailleurs car les langues se mélangent, de l’arabe au turc, de l’espagnol au grec… sans oublier le français.
Leurs voix s’accordent à merveille, l’une, Chimène, dans les graves, l’autre, Julie, dans les aigus, l’une, Julie, volubile, entraînant le public avec un grain de folie, l’autre, plus réservée, plus hiératique, plus en retenue, mais toutes deux respirant la complicité et le bonheur de partager cette scène.
Elles sont lascives, ondulantes, elles ont un charme fou et se partagent les chansons qu’elles ont chantées en duo sur le disque et quelques autres que chantaient les autres artistes, avec un plein soleil dans la voix. Entre toutes ces chansons méditerranéennes, quelques succès personnels comme « Si je m’en sors » pour Julie, « Entre nous » ou la bien nommée « Je viens du Sud » de Chimène.
Ça a été un régal pour les oreilles et pour les yeux, un vrai grand spectacle festif où le public venu nombreux et se bagarrant pour avoir les meilleures places, s’est mis à l’unisson pour chanter, danser, taper des mains.
Une soirée unique avec, cerise sur le gâteau, une rencontre après concert car, après avoir mouillé leurs belles tenues de scène, elles prennent le temps de nous recevoir, ce qui devient rare à l’heure d’aujourd’hui.
A peine reposées et heureuses, les voici toutes deux, belles, rayonnantes et heureuses.

A C
J I

« Mon projet – nous confie Julie – est né d’une envie de rendre hommage à mes origines. J’ai un héritage familial que, devenant maman, j’ai eu envie de raconter et transmettre à ma fille, afin d’éveiller son intérêt à la fois pour son passé et son présent.
Je suis Méditerranéenne avant tout et je n’avais jamais encore exploré cette partie de moi. Et comme j’aime le partage, je n’avais pas envie d’être seule sur ce projet mais d’y emmener des chanteuses qui ont un parcours semblable au mien, qui ont la trentaine et sont mamans.
Et vous, Chimène, comment êtes-vous arrivée sur ce projet ?
Avec Julie, nous nous connaissons depuis le départ de ma carrière. Dès le début elle a été l’artiste la plus sympa avec moi, elle est venue vers moi, avait envie de me découvrir. Nous avons fait des promos ensemble, les Restos du cœur, elle est venue me rejoindre sur mon troisième album. Des liens très forts d’amitié se sont noués et lorsqu’elle m’a parlé de ce projet, j’ai bien sûr été tout de suite partante. D’autant que nous avons, sinon une histoire, du moins des origines communes.
– Lorsque j’ai eu l’idée de ce projet – ajoute Julie – j’ai aussitôt pensé à Chimène car c’est d’elle dont je suis la plus proche. Je me suis dit que si elle aimait ce projet qui me titillait ce serait bon signe et j’irais plus loin. Elle a tout de suite été emballée et d’accord pour y participer. Du coup j’ai appelé d’autres copines : Sofia Essaïdi, Rose et Elisa Tovat qui ont été d’accord d’emblée. Je me suis donc dit que j’étais sur le bon chemin !

G F

Comment s’est fait le choix des chansons ?
Chimène : Julie est arrivée avec une liste et nous a fait choisir ce qu’on avait envie de chanter. J’ai tout de suite eu envie de chanter avec elle « Zina » car le titre me plaisait et j’aimais ce qu’elle racontait. Et puis nous avons encore chanté ensemble « Le café des délices », « Amal », et en en fait je ne chante qu’une chanson seule : « Ssendu ». C’est la première fois que je chante en kabyle.
Les adaptations pour la scène ont-elles été faciles  ?
Julie : Oui, même si nous avons dû faire un choix et réadapter des chansons que nous chantions avec d’autres. On les a aussi choisies en fonction de nos voix, de nos liens, de nos racines et ce qu’on avait envie de dire…
Et pas d’italien ?
Non car la chansons que je chante sur disque avec Claudio Capéo n’avait pas de rapport avec l’énergie du spectacle, même si la chanson est superbe, elle ne s’adaptait pas au concept de ce spectacle.
Comment s’est imposé ce choix de faire le spectacle en duo ?
Julie : Dès le départ, nous avions envie de faire cette tournée avec ces chansons car nous voulions dire des choses qui ont un rapport avec nos vies de femmes, des choses qui résonnent pour beaucoup de gens car ce sont nos racines…
Chimène : Nous venons tous de quelque part et donc, ça parle à tout le monde.
Avant la tournée, il y a eu le Bataclan…
Julie : Oui et ça a été un moment magnifique où d’abord, pour une seule soirée, tous les chanteurs du disque ont été réunis. Ça a été un grand moment d’émotion, surtout dans ce lieu aujourd’hui devenu tellement symbolique.

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Avez-vous fait une captation pour un éventuel DVD ?
Chimène : C’est vrai que pour les fans ç’aurait été un joli souvenir. Mais pour nous, le souvenir est dans notre cœur, dans notre tête, ça restera un moment inoubliable et, vu les circonstance, nous avons pensé qu’il serait mieux, par pudeur, que ça ne soit pas enregistré.
Julie : Nous avons les images dans notre tête, ce sont des instants particuliers de notre vie, un moment unique que nous n’oublierons pas.
Cette tournée va-t-elle se prolonger ?
Chimène : Nous tournerons jusqu’au mois de mars 2019 et l’on est à la fois heureuses et surprise de ce succès.
Pourquoi ?
Julie : On ne pouvait imaginer un tel succès car les gens aujourd’hui sont très versatiles. Ils ne connaissent pas obligatoirement le disque et l’affiche où nous sommes toutes les deux parlent-elles vraiment au public ? Sait-il ce qu’il va venir voir ? Mais c’est vrai que le bouche à oreille fonctionne bien !
Je suppose que quelques chansons n’ont pas été enregistrées… Verra-t-on naître un second album ?
Julie : Vous savez, ça a été un moment de notre vie, un moment fort, inoubliable dont ce disque est le témoin. Mais on n’envisage pas de faire de ce projet un concept à répétition.
Chimène : Ça a été beau parce que fait dans l’instant, sur une envie, sur un instant de partage. C’est cela qu’il faut retenir et il n’est peut-être pas nécessaire de le reproduire.

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Monique Scaletta
Prochaines dates dans la région : 27 octobre, Théâtre François Mitterrand à Lorgues – 12 janvier : Théâtre Toursky à Marseille – 9 mars : Le Galet à St Martin de Crau (Festival Voix de Femmes) – 10 mars : Théâtre Molière à Marignane.

Ramatuelle
Trois « Nuits classiques » sous les étoiles

Festival de Ramatuelle : Orchestre Philharmonique de Nice

Cela fera 34 ans que Jean-Claude Brialy et Jacqueline Franjou ont créé, en quelques semaines, à la fois un théâtre en plein aire et un festival où se mêlent comédiens, chanteurs, danseurs, humoristes.
Et cela va faire 10 ans que Michel Boujenah a pris la suite de Jean-Claude, disparu trop tôt.
Mais ce lieu, en trois décennies, est devenu mythique et ce festival résiste aux tempêtes qui ont vu, en peu d’années, disparaître nombre d’événements de ce type.
Il faut dire que notre duo se dépense sans compter pour que ce festival reste ce qu’il a toujours été : un maelström de talents, de spectacles divers, un lieu chaleureux où chaque nuit sous les étoiles est un enchantement.
Un festival de jazz y a vu le jour mais aussi, Jacqueline Franjou étant une férue de musique dite « classique », y a ajouté, en avant-propos du festival, trois nuits éponymes où le musicien et chef de l’orchestre philharmonique de Nice Laurent Petitgirard, vient prêter main forte à notre présidente.
Donc, comme les autres années, ils nous proposeront trois soirées de prestige qui démarrera
le samedi 28 juillet nous plongerons dans les musiques de films avec Laurent Petitgirard et son orchestre qui rendront hommage à deux des plus grands compositeurs de BO de l’histoire du cinéma : Jerry Goldsmith et John Williams.
Jerry Goldsmith est décédé en 2004 mais, depuis sa première musique de films en 1957 (L’homme au bandeau noir), sa vie est jonchée de 18 nominations aux oscars (Star Trek, La planète des singes, Basic Instinct, Chinatown, Rambo, Mulan…) mais aussi d’Emmy Awards et de Golden Globes.
John Williams, est, depuis 1958, date où il signe la musique de film de « Daddy-O » certainement le plus titré des compositeurs de musiques de films, dont on ne compte plus Oscars, Golden Globes, Grammy Award, Bafta et autre prix dans le monde entier.
Certainement aussi le plus populaire car, qui ne connaît pas les thèmes de « Indiana Jones », « Superman », « Jurassik Park », « Les dents de la mer », « E.T » ou encore la série des « Stars Wars » dont il vient de signer les deux derniers épisodes.
Bref, une soirée musico-cinématographique menée à la baguette par Laurent Petitgirard.

Les Virtuoses, Erquinghem-Lys décembre 2014 les-nuits-classiques-jean-marc-luisada_4969384_1

Le dimanche 29 juillet, viendront les Virtuoses, mélange de musique, de magie, de burlesque. C’est fou, c’est poétique, c’est un grand moment de spectacle musical.
Les Virtuoses, ce sont deux frères Mathias et Julien Cadez qui apprennent le piano et font leurs gammes au Conservatoire de Lille. Leurs carrières de concertistes étaient toutes tracées, mais les deux frères ne tiennent pas en place devant le clavier : dès que Bach a le dos tourné, ils s’amusent à jouer debout, à quatre mains et, en dignes héritiers d’une famille d’illusionnistes, ils prennent un malin plaisir à faire apparaître des colombes ou à faire voler le chandelier du piano au rythme d’une gymnopédie. Ils ont la musique au bout des doigts et la magie dans le sang.
Ces Nuits classiques termineront par un concert de piano interprété par Marc Luisada, le 30 juillet.
Marc Luisada étudie le piano à Paris puis à l’école de musique de Yehudi Menuhin et remporte le premier prix au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 1977. Il gagne en 1983 le concours Dino Ciani en Italie. Et en 1985, il est lauréat du concours Chopin.
Il a enregistré plusieurs disques en particulier les Valses et l’intégrale des Mazurkas de Chopin, mais aussi Bach, Beethoven et Mozart et entre autres « L’Histoire de Babar » de Francis Poulenc avec Jeanne Moreau et « Feu sacré » au théâtre avec Macha Méril, superbe George Sand, lui jouant, dans tout le sens du terme, Frédéric Chopin.
Le réalisateur Alejandro Amenabar a d’ailleurs choisi son interprétation de Chopin pour la bande originale de son film « Les Autres » avec Nicole Kidman.
Comme on le voit, trois nuits aussi classiques que magiques sous les étoiles de Ramatuelle.

Jacques Brachet
www.festivalderamatuelle.com

Jazz à Toulon – Michelle HENDRICKS & Olivier TEMINE

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Après la pause du dimanche, troisième grand concert en ce lundi 23 juillet, cette fois à la périphérie de Toulon, Square Guy Rapale au 4 Chemin des routes, Square qui jouxte la Place Bouzigue, plus favorable aux concerts, mais refusée pour cause de Sécurité. Néanmoins le lieu offre un écrin de verdure, plus intimiste, avec une scène en hauteur qui permet à chaque spectateur, où qu’il soit, de voir tout le spectacle. Et quel spectacle ! D’ailleurs les cigales ont arrêté leur concert, dépitée devant la supériorité de la chanteuse, Michelle Hendricks, grande show-woman, aussi à l’aise que si elle nous recevait dans son salon.
Michelle Hendricks, digne fille de Jon Hendricks (1921-2017) qui fonda l’un des plus grands trios vocal du jazz sous le nom de Lambert-Hendricks-Ross. Michelle (née en 1953) a chanté avec son père dès l’âge de 8 ans, c’est dire le métier. Adolescente elle fut éblouie par Ella Fitzgerald qui la marqua à jamais ; d’où cette hommage à la grande Ella. Certes l’influence d’Ella sur la façon de chanter de Michelle Hendricks saute aux oreilles. Elle chante essentiellement en scat, ayant d’ailleurs repris le phrasé et les onomatopées de son inspiratrice. (Pour les non-initiés : le scat est une façon de chanter non pas avec des paroles, mais avec des onomatopées afin de traiter la voix comme un instrument, et donnant toute liberté pour improviser. Chaque interprète doit trouver les articulations qui lui conviennent le mieux.)
Voix grave, mais qui peut monter dans l’aigu, puissante, chaude avec du grain, maîtrise absolue des registres, et swing galvanisant, qui pousse les musiciens, survoltés sur la profession de foi d’Ellington, qu’elle partage et le prouve : « It don’t mean a thing if it ain’t got that swing ». Elle se donne à fond, avec une conviction qui emporte l’adhésion. Beaucoup d’émotion quand elle interpréta une chanson de son père, décédé l’an dernier, » I’ll die Happy » (Je mourrai heureux). Un grand moment à la fin du concert, quand elle imita la contrebasse d’une façon époustouflante, battant le contrebassiste sur son propre terrain. Du grand art. Ajoutons qu’elle chanta quelques-unes de ses chansons dont elle écrit paroles et musique, chansons qui tiennent la route à côté des standards.

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Elle était accompagnée par un quartette en en or avec Arnaud Mattei, qui s’envola magnifiquement vers la fin galvanisant l’orchestre, Bruno Rousselet, contrebassiste puissant, qui pousse la chanteuse à donner le maximum, Philippe Soirat, batteur serein qui offrait un tapis rythmique qui soude l’ensemble, et Olivier Temime au ténor, qui a gagné en profondeur et en chaleur de son, qui manifestement se régalait de dialoguer avec la chanteuse, sans oublier ses grandes qualités du soliste. Il fallait voir la tendresse de ses regards vers Michelle quand il l’écoutait ; osmose parfaite entre les deux, comme avec tout le groupe d’ailleurs. Rappelons qu’Olivier Temime a fait ses débuts il y a quelques années à Jazz à Toulon.
Saluons ce choix judicieux du COFS de Toulon mené par Bernadette Guelfucci et sa vaillante équipe.

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Concert d’après-midi
A 17h30 sur la place Dame Sibille, noire de monde, officiait le groupe « ALF and Half » qui tourne avec succès dans la région depuis de nombreuses années, dont les musiciens sont très connus, à savoir Marc Abel à la guitare et au chant, Stéphane Leroy à la basse électrique et Frank Farrugia à la batterie. Ils présentaient leur nouveau disque « Wacky ». C’est un trio qui se sert également de machines électroniques diverses non seulement pour étoffer le groupe, mais cela fait partie intégrante de leurs compositions. ALF pour les initiales , Half (demi, moitié) pour l’ajout des machines.
Ils pratiquent à leur manière un jazz assez proche du jazz rock, qui ne s’interdit pas d’autres influences, présentant un répertoire divers et riche. Ils avaient invité pour l’occasion le saxophoniste Cyril Goinguené, excellent au ténor. Grand succès public pour ce groupe qui le mérite amplement.

Serge Baudot
Renseignements : www/jazzatoulon.com – COFS : 04 94 09 71 00