Archives pour la catégorie Musique

Toulon -Théâtre Liberté – Scène nationale
Songbook

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Benjamin Biolay et Melvin Poupaud ont trouvé le titre idéal avec « Songbook »pour leur spectacle, puisque le Songbook est un répertoire de chansons. C’est donc à un florilège de chansons françaises, et des meilleures, tant anciennes que d’aujourd’hui auquel nous allons assister. Preuve que la grande chanson française ne meurt pas.
Grand piano côté jardin, batterie côté cour, un block de synthétiseurs au centre en arrière plan, deux guitares et une basse électrique posées sur leur stand, deux chaises en bois, deux micros. En fond de scène un rideau qui va capter les éclairages, doux et discrets, chaque fois en accord avec l’esprit de la chanson. Voilà pour le décor.
Entrent en scène les deux protagonistes. Benjamin Biolay en costume gris de jeune homme de bonne famille, chemise blanche col ouvert, souliers noirs. Melvil Poupaud costume gris croisé, cravate, Borsalino sur la tête, chaussures blanches et noires façon Derby. Un vrai caïd des années 20/30. Puis le pianiste-claviériste-accordéoniste tout de noir vêtu.
Contrastes vestimentaires qui vont servir très subtilement d’éléments de mise en scène.
Les deux chanteurs-comédiens, nés la même année, sont aussi des musiciens accomplis. Melvil : batterie, guitare, basse électrique et harmonica. Benjamin : piano, guitare, et trompette avec un bon son new-orleans, mais quel concerto de canards, on lui pardonne tant ceci se passe dans la bonne humeur et l’humour.
Benjamin Biolay possède une voix chaude de baryton, avec du grain et une puissance maîtrisée. Melvin Poupaud a une voix plus douce, très crooner, là encore le contraste dans les interprétations apporte des attraits supplémentaires.

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Tout est donc en place pour une belle soirée cabaret, et telle fut-elle, très belle même. On se sent très proche des artistes, avec l’impression d’être assis à la première table devant la scène.
Chaque chanson est mise en scène selon son climat. Par exemple « Tu t’laisses aller » d’Aznavour est jouée d’une façon drôle et délicieuse, chacun étant à tour de rôle le mari, ou la femme. « Maman-Papa » de Brassens (chanté jadis avec Patachou) en tempo très rapide reprend une nouvelle vie. Idem avec la chanson de Léo Ferré «Jolie Môme », ils détaillent avec gourmandise et postures « T’es toute nue sous ton pull… ». Beau moment de nostalgie quand Melvin Poupaud s’accompagnant à la guitare susurre « Le jardin d’hiver » que Benjamin avait composé pour Henri Salvador. Il y aura même un hommage à Rina Ketty (seuls les plus de 70 ans doivent se souvenir d’elle, et encore !) avec son fameux tango « Pardonne-moi » de 1939, interprété avec une gentille moquerie. Gainsbourg, et d’autres ne furent pas oubliés. Etonnant qu’ils n’aient pas mis « Vieille Canaille » à leur répertoire.
Toutes les chansons, quels que soient les auteurs, sont à citer. Chacune est un bijou rutilant. Bien sûr ils en interprétèrent quelques-unes, parmi les plus fortes, de Benjamin Biolay, l’un des grands compositeurs de chansons d’hier et d’aujourd’hui. Il nous a offert pas mal de chefs-d’œuvre, et un bon nombre d’artistes lui doivent une part de leur succès.
Gros bémol à propos de la sono : trop forte pendant au moins les trois quarts du spectacle; cela empêche de comprendre les paroles et gâche la sonorité des instruments et la beauté des voix.
Fin de spectacle original, des hommes en blouse blanche viennent sur scène et emportent petit à petit les instruments, sous les huées amusées de la salle pleine à craquer ; le concert se termine en trio accordéon, caisse claire, guitare… puis plus rien.

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On sent la connivence, le plaisir des trois artistes à être là, sur scène, entre eux et pour nous. Tout est fait avec légèreté, élégance et un brin d’humour. On ne peut que se laisser prendre et emporter par le charme de ce spectacle.

Serge Baudot

Six-Fours les Plages
de Malraux à Daudet, de la musique à l’humour

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Grâce à une municipalité et un service culturel très actifs et ouvert, Six-Fours s’est doté d’un cinéma, le Six N’étoiles , où il se passe plein de choses grâce à Paul Bertin, Jérôme Quaretti et Noémie Dumas, d’une salle de concerts avec l’Espace Malraux où Vincent Lechat nous propose un programme éclectique qui va du pop au jazz, du rap au reggae, de l’électro à la chanson française. Enfin, le Théâtre Daudet où, grâce à Jérôme Leleu, l »humour est roi, décliné sous toutes ses formes du stand up à l’impro en passant par les one man shows, la comédie, la magie, l’hypnose et même le mime !
Les six-fournais et les habitants des villes alentours sont très gâtés donc et Six-Fours fait partie de ces villes varoises où l’on peut découvrir plein de spectacles et d’artistes.
Pour cette rentrée 2019, Jérôme Leleu et Dominique Ducasse, adjointe au service culturel de la ville, nous avaient donné un sympathique rendez-vous pour nous présenter leurs vœux et nous parler de cette saison qui démarre et ne s’arrêtera pas jusqu’à l’été.
Rencontre d’autant plus sympathique que Jérôme venait avec, d’abord son épouse qui aujourd’hui prend en main l’accueil de Daudet, Jérôme devant aussi s’occuper d’autres salles de spectacles dont l’Oméga Live de Toulon. Et aussi avec Guillaume Bats, qui est une des révélations de ces dernières années du spectacle seul en scène. Personnage « hors cadre », comme le titre de son one man show l’indique, Guillaume avait à la base tous les handicaps possibles mais il avait la foi, l’humour, l’énergie, la volonté et a fait de son handicap, une réussite aujourd’hui incontestable.
La vie ne l’a pas épargné et aujourd’hui il n’épargne pas la vie et le lui rend bien et peut tout se permettre même si quelquefois son humour est irrévérencieux et corrosif.
« Il est – nous dit Jérôme, qui est devenu son ami – le miroir de notre société, de nos états d’âme, des états du temps, des travers de l’homme ». Et ça le définit bien.
« A ma naissance – nous avoue-t-il – on ne donnait pas cher de ma vie et pourtant je suis là aujourd’hui. Mon parcours a été chaotique. Jusqu’au jour où je me suis dit que, puisqu’on riait de moi, autant que j’en rie moi-même et que je fasse rire les autres. Je suis alors monté à Paris bien décidé à maîtriser ce rire à mon avantage, en abordant plein de thèmes à travers mon histoire, avec beaucoup d’autodérision »

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Et c’est vrai que sur scène il décape, le bougre et ne s’interdit rien qu’il parle de handicap, de sexe, de politique, toujours avec un humour qui peut quelquefois être à la limite du cynisme et de la bienséance tant il est impertinent, insolent et pourtant tellement drôle et touchant.
Guillaume Bats a su se faire aimer « malgré tout », aussi bien du public que de ses confrères comme Kavanagh, Bigard, et deux autres lurons nommés Arnaud Tsamère et Jeremy Ferrari avec qui il a créé à Paris, un sketch dans son spectacle. Tous deux sont venus improviser « Notre Dame de Paris » et, nous avoue-t-il : « Le sketch est complètement partie en c…les, d’abord parce que j’ai oublié mon texte, que nous avons improvisé et que ce qui devait durer dix minutes s’est prolongé vingt-cinq minutes ! Sans compter qu’Arnaud en Esméralda, ça n’était pas triste ! »
Guillaume, accompagné de son chien blanc de blanc nommé… Obama, ça vaut le détour et l’année humoristique a donc bien commencé à l’Oméga Live où il se produisait vendredi, suivi de Daudet ce samedi.
Après que Dominique Ducasse nous ait présenté la saison musicale de Malraux*, Jérôme nous a présenté sa saison à Daudet, où il a u mêler les genres, les nouveaux à qui il offre une scène, les « vedettes » d’aujourd’hui et même les stars qui lui font aujourd’hui tellement confiance qu’elles viennent roder et tester leur nouveau spectacle avant Paris. Ainsi au fil des mois verra-t-on revenir Tano (18 janvier), Warren Zavatta (2 février), Patrick Cottet Moine (9 février), Yves Pujol (23 mars), Maxime (29 mars) et quelques autres, pour finir en beauté avec le retour d’un « two man show » avec les frères Taloche.
Bien évidemment nous vous tiendrons informés de la programmation que vous pouvez d’ores et déjà découvrir en son entier sur www.fantaisie-prod.com.
Le duo Jérôme-Dominique semble fonctionner à merveille puisque Jérôme a remercié Dominique pour son accueil et son accompagnement et que Dominique en a fait autant en le félicitant pour la qualité de sa programmation et son accueil avec le public.
Bref, l’atmosphère fut sur le signe de l’amitié, de l’humour bien sur et Obama manifesta sa joie d’être en si bonne compagnie !
Un peu de rire et de chaleur en ces temps perturbés, ça fait du bien à tout le monde !

Jacques Brachet
*Prochaines dates à Malraux : 15 mars : Odezienne – 16 mars : Dafur Arnalds – 4 avril : Miossec – 11 avril : Tiken Jah Fakdy – 19 avril : RK – 23 mai : Hailey Tuck

La Seyne sur Mer
Art Bop 2019: Jazz au fort Napoléon

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Rappelons qu’Art Bop, depuis 2017, fait partie du collectif « Jazz sur la ville » qui regroupe la majorité des structures jazz du Var et des Bouches du Rhône, profitant ainsi d’une large ouverture vers les public du Sud.
Voici donc le programme pour le premier semestre 2019. On y retrouve avec plaisir des musiciens habitués d’Art Bop, et qui savent inviter avec générosité quelques autres de leurs compères de plus ou moins grand renom, mais toujours de qualité et parfaitement ancrés dans le jazz, prolongeant ainsi la philosophie du défunt et regretté festival de Robert Bonaccorsi et André Jaume, qui se tint pendant une trentaine d’années dans la cour de ce magnifique lieu.
Art Bop sait aussi provoquer des rencontres (voir le programme), donner une place à de jeunes artistes, telle Andrea Caparros par exemple, ainsi qu’à de nouveaux groupes.
J’ajouterai que c’est le seul endroit de Toulon et sa région où l’on peut écouter du jazz régulièrement, et ce dans une ambiance club très sympathique.

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11 janvier 2019 « Andrea Caparros 4tet »
Emile Melenchon : guitare – Andrea Caparros : piano, chant – Arnaud Pacini : contrebasse
Jessy Rakotomanga : batterie
01 février 2019 « Daoelectro »
Pierre de Bethman : piano – Christophe dal Sasso: flûte claviers – Sylvain Ghio: batterie
01 mars 2019 « Soul Jazz Rebells »
Christian Tonton Salut : batterie – Jean Vernhères : sax tenor – Cyril Amourette : guitare
Hervé Saint Guirons : orgue
05 avril 2019 « Philippe Duchemin Trio »
Philippe Duchemin : piano – Christophe Le Van : contrebasse – Philippe Le Van : batterie
10 mai 2019 « Duo »
Enzo Carniel : piano – Olivier Miconi : trompette
24 mai 2019   «Anne Santelli Trio »
Anne Santelli : piano, chant – Pierre Fenichel :contrebasse – Paul Pioli : guitare

 Ouverture des portes à 21 heures – Concert à 21h30 – Pas de réservations
Renseignements: 04 94 09 47 18 – 06 87 71 59 30 – michel.le-gat@orange.fr

Opéra de Toulon – TURANDOT – de Puccini

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vendredi 25 janvier 20h – dimanche 27 janvier 14h30 – Mardi 29 janvier 20h
Opéra en trois actes de Giacomo Puccini (1858-1924) – Final complété par Luciano Berio (1925-2003) – Livret de Giuseppe Adami et Renato Simoni – D’après la pièce de Carlo Gozzi
Mise en scène Federico Grazzini – Chorégraphie Marta Iagatti
Avec Gabriela Georgieva – Adriana Gonzalez -Amadi Lagha – Luiz-Ottavio Faria – Olivier Dumait Frédéric Goncalves – Antoine Chenuet – Vincent Ordonneau – Sébastien Lemoine
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon dirigés par Jurjen Hempel

UN OPERA INACHEV -. Notes de Federico GRAZZIANI
(…) Le final est le moment le plus important de cet opéra. Pour compléter le travail inachevé de Puccini, nous avons choisi le final de Luciano Berio.
Berio, par une utilisation intelligente des coupures, augmente l’ambiguïté et la signification latente de l’histoire qui transcende les catégories traditionnelles du drame. Les catégories «fin heureuse» ou «fin tragique» perdent leur sens. Dans la musique de Berio nous avons une fin suspendue sans triomphalisme. Le corps sans vie de Liù est sur scène jusqu’à la fin, sa présence tragique ajoute au duo un troisième pôle dramatique. La mort de Liù ne doit pas être interprétée d’un point de vue réaliste. À notre avis, toute sa force réside dans sa valeur symbolique. Le thème central de Turandot est la rédemption. Turandot et Calaf, grâce à la mort de Liù, peuvent renaître et être régénérés.
Le récit du prince Calaf et de la princesse chinoise raconte comment le soleil peut transformer l’obscurité, victoire de la conscience sur les pulsions les plus primitives par le biais de l’amour.
Le rideau se ferme montrant le corps de Liù sur une scène vide, éclairée par la lumière naturelle d’un nouveau jour.
Tout changement nécessite le sacrifice d’une partie de nous-mêmes (…)
Federico GRAZZIANI
Originaire de Florence, Federico Grazzini a d’abord étudié le théâtre en tant que comédien et plus tard comme metteur en scène. Il a fait ses débuts au Teatro Puccini de Florence avec La Casa di Asterione de Jorge Luis Borges en 2004. Il étudie la dramaturgie à l’Académie d’Art Dramatique Shukinskaja de Moscou. Il obtient son diplôme en 2008 à la «Scuola d’Arte Drammatica Paolo Grassi» à Milan, où il met en scène Expoi au Piccolo Teatro di Milano.
Il a travaillé pour le projet éducatif Operadomani, Operait et OperaKids d’après Nabucco, les représentations ont eu lieu en 2011 au Teatro Sociale de Come et en 2012 à l’Opéra Royal de Wallonie, dans sa version française. Les productions de Federico Grazzini en Italie et en Europe incluent Carmina Burana au Teatro Dal Verme de Milan (2008), Hänsel et Gretel et Rigoletto au Teatro Sociale di Como (2009), Gianni di Parigi de Donizetti au Festival della Val d’Itria à Martina franca (2010) et au Wexford Opera Festival (2011), Little Sweep de Britten au Teatro Regio de Turin (2013) et Der Fliegende Holländer au Teatro Ponchielli di Cremona (2013), Pagliacci et Gianni Schicchi au Teatro Regio di Parma (2014), Turandot à l’Opéra de Nice (2014), Hänsel et Gretel à l’Opéra de Rouen (2014).
En 2015 au Festival de Macerata, il a réalisé la nouvelle production de Rigoletto qui a connu un grand succès. En 2016, sa nouvelle production de Nabucco a été présentée aux Thermes de Caracalla à Rome. La même année, il a signé Pagliacci et Il Tabarro à l’Opéra national de Corée.
En 2017 pour le théâtre d’Erfurt, il réalise Roméo et Juliette de Gounod et à Rome il fait revivre Nabucco aux Thermes de Caracalla. à Spoleto, il a mis en scène la création mondiale de l’opéra Fammi udire la tua voce d’Adriano Guarnieri.

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Gabriela Georgieva, soprano (Turandot)
Gabriela Georgieva est diplômée de l’Académie nationale demusique de Sofia. Elle se perfectionne à l’Académie «BorisChristoff» de Rome. Elle travaille avec Kaludy Kaludow et GhenaDimitrova. Elle commence sa carrière à Varna, en Bulgarie avecLeonora/Il Trovatore en 2002 puis chante à l’Opéra nationalde Sofia, Amelia/Un Ballo in Maschera. Elle est lauréate denombreux concours nationaux et internationaux. Son répertoire comprend entre autres Didon/Didon et Énée, Abigaille/Nabucco, Odabella/Attila, Leonora/Il Trovatore, Amelia/Un ballo in maschera, Elisabetta/Don Carlo, Aïda, Maddalena/Andrea Chenier, Tosca, Suor Angelica, Manon Lescaut, Santuzza/ Cavalleria Rusticana, La Gioconda… En 2009, elle interprète Turandot à Sofia puis Abigaille/Nabucco à Graz, Aïda à Barcelone et à Madrid. Entre 2010 et 2012, elle chante notamment les rôles d’Abigaille/Nabucco et d’Amelia/Un Ballo in Maschera à Zürich, Tosca à Berne, Turandot et Abigaille/Nabucco à Sofia, Aïda à Rome. En 2013, elle chante à Zürich le rôle d’Amelia, puis celui d’Abigaille avec Roberto Alagna, au Wiener Staatsoper. En 2014, elle chante Tosca, Aïda et Elisabetta aux opéras de Sofia et Zagreb. En 2018, elle a chanté Odabella/Attila, Elisabetta/Don Carlo, Abigaille/Nabucco et Turandot à Sofia, Mexico et Maribor.
Elle a aussi chanté Yana/Yana’s Nine Brothers de Lubomir Pipkov à Sofia et La Gioconda à Varna

La Seyne sur Mer – Fort Napoléon
Frédéric Chopin Jazz Project

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Art Bop, l’association qui tout au long de l’année programme d’excellents concerts de jazz, avait fait appel, pour un de ses vendredis chaleureux, à un projet à haut risque, interpréter Chopin en jazz. Pour ce faire, trois kamikazes de la musique s’y sont collés ; Jean Cortes, contrebassiste et auteur des arrangements, Piéro Iannetti à la batterie et Claudio Célada avec tout le poids de Chopin sur son piano. Il s’en tire avec les honneurs
Si le compositeur classique le plus interprété en jazz est sans conteste Jean-Sébastien Bach, Frédéric Chopin se prête tout aussi bien à la confrontation, ou plutôt à la rencontre ; ce que le trio réussit parfaitement depuis 2015.
Jean Cortes a puisé dans les nocturnes, les préludes et les valses du grand compositeur. Ce choix repose donc sur des œuvres assez simples avec une belle mélodie, ce qui donne toute liberté au talent de l’arrangeur pour produire une œuvre exemplaire.
La valse est un rythme qui colle parfaitement au jazz, on ne compte plus le nombre de standards basés sur la valse. Et ce soir, que ce soit la Valse de l’adieu, la Grande Valse, ou la Valse du Regret, on valsait avec les anges.

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Le plus admirable c’est que le trio possède une telle homogénéité qu’on a l’impression d’entendre un ensemble plus étoffé. Je pense que cela repose sur la partie de batterie, écrite (d’ailleurs pratiquement tout est écrit), qui non seulement assure le tempo, mais par un jeu foisonnant et incessant sur les tambours et les cymbales procure un fond à la mesure d’une section instrumentale tout en se fondant dans le jeu du piano, la contrebasse assurant le liant. L’écriture des morceaux et leur interprétation sont si bien conçus qu’on n’oublie pas Chopin dans cette prestation éminemment jazz.
Le leader se plaît avant chaque interprétation à présenter le morceau dans le contexte de son écriture par Frédéric Chopin. Petit côté pédagogique qui enrichit la soirée, et montre que ces musiciens ont travaillé la question et ne se sont pas contentés de collages.
Il reste à souhaiter à ce brillant trio de trouver un producteur pour réaliser un disque, dont le matériau est déjà prêt. Il serait injuste que cette musique n’ait pas les moyens de toucher un vaste public.

Serge Baudot

 

Nouveauté : Gut Gut, Album Concept

Musiciens : Markis Sarkis (chant, guitares, basse, bouzoukis, percussion), Barine Droy (Guitares, basse, chœur), Pnine Gefart (guitares, batterie, percussions, chœur). Invités : Hélène Nazabal (violons), Vincent Rudel (Violoncelle, bassecontre).
Photos Isabelle Singer. Pochette et peinture Markis-Sarkis.

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Pour son troisième album Gut Gut a fait appel à de nouveaux musiciens pour développer et approfondir les œuvres de « Gut Gut 5 (2016) » et « OLL (2017) ». Serge Gonnet, alias Markis-Sarkis, poursuit son idée d’album concept, c’est à dire que toutes les compositions sont des mouvements dessinant l’œuvre globale, comme en musique classique. Chaque morceau peut bien sûr s’écouter en soi, et dans l’ordre qu’on veut, mais pour saisir l’œuvre dans sa totalité il faut aller du premier au dernier morceau dans l’ordre établi. L’album n’a pas de titre propre, pour laisser à chacun sa liberté de titrer, selon l’auteur. C’est secondaire, mais un titre aide au classement.
Pour ceux qui ne connaitraient pas Serge Gonnet, petite piqûre de rappel : Il fut le leader de Madame Rose, Kissing Jane (3 albums), MAAM qui produira en 2003 l’album Trans-Hôtel et fera partie du spectacle du même nom, trois groupes qui enflammèrent la scène rock, et particulièrement celle du Sud il y a quelques années.
Rappelons l’une des particularités du groupe : chanter, comme jadis Magma, dans un langage phonétique inventé, en utilisant des harmoniseurs pour les voix, ce qui permet de trouver des sonorités originales et surtout de produire un effet de chœur très étoffé. D’autre part l’utilisation d’une batterie équipée de tambours inhabituels, ainsi que des drum-machines, donnent un piment de plus à l’expression globale. L’utilisation des moyens électroniques mêlés aux instruments acoustiques, dont des guitares 12 cordes électriques et acoustiques, un bouzouki, est une réussite parfaite, aucun hiatus, le trio sonne comme un big band avec brio dans une mise en place au cordeau, sur des tempos d’acier.
Quant à la musique produite, elle est au confluent de multiples influences, rock-funk- ethnique-pop-électro ; mais ce n’est pas un fourre-tout, c’est le vocabulaire à partir duquel Markis-Sarkis invente « sa » musique, qui se dégage de ce qu’on appelle la World-Music. Le trio s’exprime dans son propre univers qui repose sur des figures assez répétitives, en tempo rapide, avec une énergie d’enfer, jusqu’à la chauffe. A remarquer aussi la richesse harmonique dans les développements mélodiques.
Je regrette un peu qu’il n’y ait pas de temps en temps un solo qui apporterait une éclaircie, un répit dans l’orage dévastateur.
Pour en revenir aux influences on trouve un côté David Bowie de « Black Star » dans la façon de chanter, le feeling ; apparaissent aussi dans l’ambiance générale d’autres côtés : Beatles « 18 Nov, » – Pink Floyd « Widom Shaïn » – Rolling Stones « Shoun Daï ». Ceci dit simplement pour aider à faire saisir l’ambiance. Pour l’ensemble on est dans une polyrythmie funk-rock-RandB. Autre élément majeur de cette musique, le goût pour la mélodie, mélodies lancinantes parfois, qui permettent à l’auditeur de d’y installer son écoute, comme par exemple dans « Mikhaâna » qui termine en beauté cette œuvre, qui nous fait traverser divers climats dans une météo en vigilance rouge.

Serge Baudot
markis-sarkis.com –  06 66 32 91 36 gut_gut@yahoo.com

Opéra de Toulon – Le Barbier de Séville

LE BARBIER-®Marc Vanappelghem

vendredi 28 décembre 20h – dimanche 30 décembre 14h30 – Mardi 31 décembre 20h
Opéra-bouffe en deux actes de Gioacchino Rossini (1792-1868 )
Livret de Cesare Sterbini
Création : Rome, Teatro Argentina, 20 février 1816
Avec : Ginger Costa-Jackson – Dima Bawab – Juan José de León – Vincenzo Nizzardo –
Pablo Ruiz – Ivo Stanchev – Mathieu Gardon
Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Toulon, dirigé par Jurjen Hempel
Production Opéra de Lausanne

Vincenzo Nizzardo Figaro (baryton)
Né à Locri (Italie), Vincenzo Nizzardo étudie le chant au Conservatoire Cilea de Reggio de Calabre. En 2013, il incarneFigaro/Le Barbier de Séville à Cosenza, il reprend ce rôle l’année suivante au Teatro Valle de Rome. Toujours en 2014, on peut l’entendre dans Don Checco au San Carlo de Naples et dans les rôles de Hermann et Schlemil/Les Contes d’Hoffmann lors d’une tournée dans les théâtres de Lombardie. Il incarne ensuite Figaro/Le Barbier de Séville (Rome et Trieste), Dulcamara/ L’Élixir d’Amour (Reggio de Calabre, Trieste, Côme), le Comte/Les Noces de Figaro (Circuito lirico Lombardo), Don Magnifico/ La Cenerentola (Trieste), Guglielmo/Così fan tutte (Rouen). En 2017, il chante Figaro/Le Barbier de Séville à Trieste, Escamillo/ Carmen à Venise, Don Prudenzio/Il Viaggio a Reims à Rome et Trombonok/Il Viaggio a Reims à Barcelone.
En 2018, il est Marcello/La Bohème à Naples et Guglielmo/Così fan tutte à Trieste.

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Ginger Costa-Jackson Rosina (mezzo-soprano)
D’origine Sicilienne, Ginger Costa-Jackson a fait ses études au Lindemann Young Artists Programm du Metropolitan Opera de New York. Elle fait ses débuts sur la scène new-yorkaise dans le rôle de Rosette/Manon de Massenet et ses débuts européens au Liceu dans celui de Lola/Cavalleria Rusticana.
En 2011, elle interprète le rôle-titre de Carmen au Festival de Glimmerglass, où elle chante également la Marquesa del Pogio/ Un Giorno di Regno. Elle se produit à San Francisco dans Nixon in China, chante dans Moïse et Pharaon au Carnegie Hall et participe à la création américaine de El gato con botas de Xavier Montsalvatge avec le Gotham Chamber Opera. Elle interprète Dorabella à Verbier, Néron/Le Couronnement de Poppée avec l’International Institute of Vocal Arts, Carmen à Vancouver et Grand Rapids. Plus récemment, elle chante Lola, Smaragdi/ Francesca da Rimini et Mercedes au Met. Au cours des dernières saisons, elle revient au Met pour Rosina/Le Barbier de Séville et chante Carmen à San Francisco, Mexico, Detroit, San Diego et Nashville, Dorabella à Seattle, Rosina avec l’Orchestre Symphonique de Santa Cruz et à Grand Rapids.

Deux élèves du Conservatoire à Rayonnement Régional de Nice récompensés

Stella ALMONDO, 1er prix de distinction au concours Jeune Chopin
Théo FOUCHENNERET, 1er prix ex æquo au concours international de Genève

Stella Almondo concours Jeune Chopin 15 10 2018 Martigny Th+®o
Stella ALMONDO
Stella intègre la classe d’Amédée Briggen en 2016 au Conservatoire de Nice en cycle II, tout en poursuivant sa scolarité en horaires aménagés.
La cantatrice Elizabeth Vidal l’a invitée à jouer à Nice en septembre 2017, puis à Cagnes-sur-mer et à Beaulieu-sur-mer en février 2018. A l’invitation du Cercle Musical de Cannes, elle a déjà donné deux récitals publics à l’hôtel Majestic, en juillet 2017 et en octobre 2018.
Stella s’est déjà illustrée brillamment dans plusieurs concours internationaux : concours international FLAME à Paris en juillet 2017 (second prix), concours international de Nice en octobre 2017 (mention très bien à l’unanimité), concours GCIP à Saint Tropez en mars 2018 (premier prix finaliste), concours Steinway à Cannes en avril 2018 (premier prix, avec la note de 19/20).
Cet été, elle a suivi les cours de la prestigieuse académie Wells en Angleterre où elle fut très remarquée par son directeur John Byrne, professeur au Royal College of Music de Londres.
Théo FOUCHENNERET
Natif de Nice, Théo Fouchenneret commence à étudier le piano dans sa ville natale avec Christine Gastaud. A 13 ans, il intègre le CNSM de Paris dans la classe d’Alain Planès puis dans celle d’Hortense Cartier-Bresson, auprès de qui il poursuit des études de 3ème cycle. Il suit aussi les cours de musique de chambre de Jean-Frédéric Neuburger et de Yann Ollivo et reçoit les conseils avisés de nombreux pédagogues de renom.
Lauréat du Prix Gabriel Fauré en 2013, Théo Fouchenneret se consacre aussi à la musique de chambre et fonde l’Ensemble Messiaen avec lequel il remporte un 1er Prix au Concours de Lyon. Il a déjà une importante activité de chambriste et de soliste et joue avec des musiciens de renom dans de très nombreux festivals en France et en Suisse, ainsi qu’au Liban, en Chine ou au Japon.
Christian ESTROSIi, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Président délégué de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur :
« Deux de nos élèves de piano du Conservatoire à Rayonnement Régional de Nice ont été récompensés en Suisse. Stella Almondo, 12 ans, élève d’Amédée Briggen, a obtenu le 1er prix de distinction au concours Jeune Chopin à Martigny, dont le jury était présidé par Martha Argerich. Théo Fouchenneret, 24 ans, élève de Christine Gastaud, a obtenu le 1er prix ex aequo au concours international de Genève. Ce concours est considéré comme la plus prestigieuse compétition internationale de musique classique ! C’est une très belle réussite et une grande fierté pour notre ville. Je tiens à les féliciter et les encourage à poursuivre dans cette voie. »

 

Opéra de Toulon : Un Barbier pour les enfants !

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Jeudi 6 décembre 10h et 14h30
« Un barbier », d’après « Le Barbier de Séville » de Rossini
Avec Figaro Mathieu Gardon – Le Comte Almaviva Pierre-Emmanuel Roubet
Rosine Marion Lebègue – Bartolo Thibaut Desplantes – Don Basile Olivier Dejean
l’orchestre de l’Opéra de Toulon dirigé par Antoine Gatard
Mise en scène : Damien Robert

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En montant Le Barbier de Séville à l’attention du jeune public, le propos du metteur en scène Damien Robert est d’assumer pleinement la part de comédie de l’œuvre. Il convoque pour cela une imagerie pop, moderne et expressive qui tient tant du théâtre d’objet que du cinéma d’animation.
L’argument ? Un joyeux imbroglio de situations amoureuses orchestré par Figaro, le barbier facétieux de la ville. Appelant les spectateurs à devenir complices de l’intrigue, la scène a été conçue comme une boîte à jouets qui s’amuse des codes de l’opéra et accompagne de façon ludique
Cette version « allégée » et en français du « Barbier de Séville » permettra au jeune public d’aborder, peut-être pour la première fois, le genre opéra avec des références dont il pourra se sentir proche.
Les deux représentations à l’Opéra de Toulon sont destinées aux scolaires.
Près de 1500 élèves des établissements de la Métropole et du Var y assisteront.

Toulon – Festival de Musique
L’Hivernal : Concert de Noël

Les Classiques du Festival 2010 / 2011

Lundi 10 décembre 20h30, Église Saint-Paul
Le grand Bach n’a été apprécié à sa juste valeur, de son vivant, que comme organiste, et encore, dans le cercle restreint de son land : la Saxe. Le compositeur aux 2000 œuvres, aujourd’hui unanimement admiré, ne fut rien comparé à Telemann, compositeur de 6000 œuvres, dont la célébrité dépassa largement les frontières des Pays Germaniques.
Si le premier n’a jamais cherché à séduire l’auditeur, ce n’est pas le cas de Telemann qui a traité tous les genres de musique de son temps, y compris l’Opéra, et qui a su s’approprier les styles Allemand, Italien et Français, en faire une synthèse, et orienter sa musique vers le style galant Européen pratiqué ensuite par Mozart.
Monique Dautemer

 

LENNEKE RUITEN soprano
Lenneke Ruiten a étudié le chant à La Haye avec Meinard Kraak et au Bayerische Theaterakademie de Munich. Elle a reçu plusieurs prix à l’Internationaal Vocalisten Concours d’Hertogenbosch, et a gagné, en 2001, le Premier prix de l’Erna Spoorenberg Vocalisten Presentatie à Utrecht.
En 2014, elle était invitée au Festival de Salzbourg pour chanter Donna Anna (Don Giovanni) et, en 2015, elle a fait ses débuts à La Scala di Milano sous la direction de Marc Minkowski avec le rôle de Giunia (Lucio Silla). Au Festival de Drottningholm, elle a fait ses débuts avec Susanna (Nozze di Figaro). Lenneke Ruiten est invitée pendant les prochaines années à l’Opéra de Stuttgart pour Sophie (Der Rosenkavalier), au Muziekgebouw, Amsterdam pour un récital GROTE ZANGERS, pour Bach’s ST MATHEWS PASSION à Haarlem et au Concertgebouw, Amsterdam; à La Monnaie, Bruxellespour Aspasia (Mitridate), pour Fiordiligi (Così fan tutte) au Festival d’Aix-en-Provence, au Mostly Mozart Festival, New York et au Edinburgh Festival, pour Gilda (Rigoletto) à L’Opéra de Stuttgart, pour Konstanze (L’enlèvement au Sérail) à De Nationale Opera, Amsterdam; à La Monnaie, Bruxelles pour Guinia (Lucio Silla), pour Konstanze (L’enlèvement au Sérail) à La Scala di Milano et à l’Opéra de Lausanne pour le rôle-titre de (Lucia di Lammermoor).
En concert, elle a chanté avec des ensembles et des orchestres renommés sur les plus grandes scènes internationales ; sous la direction de chefs tels que John Eliot Gardiner, Christian Thielemann, Marek Janowski, Helmut Rilling, Frans Brüggen, Ton Koopman, Marc Minkowski, Emmanuelle Haïm, René Jacobs, Iván Fischer, Christian Zacharias, Christoph Eschenbach, Jérémy Rohrer et Ed Spanjard. Elle est régulièrement invitée à se produire lors de festivals prestigieux comme le Festival du Printemps de Prague, les Festivals d’Aldeburgh et de Brighton, le Bachfest de Leipzig, les BBC Proms à Londres, le Festival de Beaune et le Schleswig-Holstein Musik Festival.

foto-13-®Victor Thomas Caf+® Zimmermann-®Jean-Baptiste Millot

CAFÉ ZIMMERMANN
Créé en 1999, Café Zimmermann se situe aux premiers rangs du concert baroque en France et en l’Europe. Sous la conduite du violoniste Pablo Valetti et de la claveciniste Céline Frisch, l’ensemble réunit des solistes qui s’attachent à faire revivre l’émulation artistique portée par l’établissement de Gottfried Zimmermann dans la Leipzig du XVIIIème siècle.
Café Zimmermann a collaboré avec des artistes comme Emöke Barath, Rupert Charlesworth, Maarten Engeltjes, Damien Guillon, Kristina Hammarström, Christian Immler, Roberta Invernizzi, Sophie Karthäuser, Gustav Leonhardt, Lenneke Ruiten, Carolyn Sampson, Dominique Visse ou encore les chœurs Aedes, Les Éléments, Vox Luminis et Accentus.
Depuis 2011 en résidence au Grand Théâtre de Provence, Café Zimmermann se produit dans les salles de concert et les festivals internationaux parmi les plus renommés tout en s’efforçant de promouvoir la musique du XVIIIème siècle auprès d’un public élargi, par des actions de sensibilisation inventives.
Café Zimmermann se produit régulièrement lors de tournées internationales, aux Etats-Unis, au Japon, en Chine ou encore en Amérique du sud et au Mexique. Les enregistrements discographiques de Café Zimmermann suscitent un véritable enthousiasme, notamment par les interprétations enlevées et contrastées de la musique concertante de Jean-Sébastien Bach, récompensés par cinq diapasons d’or dont un diapason d’or de l’année en 2011. Un nouveau disque consacré aux concertos opus 7 du compositeur Francesco Geminiani paraît à l’automne 2018 chez Alpha classics.

Lundi 10 décembre 18h, Café des Amis
Conférence animée par Monique Dautemer «Une heure avec un géant de la musique : Telemann (1681-1767)»
Entrée libre pour les adhérents aux Amis du Festival, 3€ pour les non adhérents