Archives pour la catégorie Musique

Sanary sous les étoiles
Disques d’Or 2017 : un excellent millésime

F
Marjorie Guerdoux – Florent Marchand – Emma Cerchi

Depuis quelque quarante ans,, tous les étés Sanary est à la recherche de la nouvelle star avec ce fameux concours des Disques d’Or, qui a depuis longtemps dépassé les frontières de la ville et même du département puisque de Toulon à Avignon, de St Cyr à Aubagne, de Six-Fours à la Ciotat et même de quelques autres département limitrophes, des candidats de tous âges viennent offrir leur voix afin de gagner ce concours.

sdr

Le jury et l’équipe organisatrice – Marjorie Guerdoux

D

Organisé par le célébrissime duo Serge Loigne- Noël Lebreton (dit Nono !), organisateurs également des festivités estivales « Sanary sous les étoiles » ce concours se divise en trois temps : deux demi-finales qui sélectionnent trois enfants et huit adultes. C’est donc six enfants et seize adultes qu’on retrouve en finale.
Cette année la finale a eu lieu le 15 août.
Ces Disques d’Or sont le point fort de ce programme musical estival et le public est heureux de découvrir des talents en herbe, du moins pour certains et puis l’on retrouve ceux qui, d’année en année, ne désarment pas, ont un goût de « revenez-y » en espérant obtenir l’inaccessible étoile… que, pour certains, ils n’obtiendront jamais !
Mais quelle importance ? Il y a les jeunes qui espèrent pouvoir franchir une étape de ce qu’ils espèrent être un jour leur métier et il y a les moins jeunes qui veulent se donner du plaisir, le frisson de mettre les pieds sur une scène devant un public bon enfant.
Animé depuis des années par Yves Julien, et Jean-Marc Paloc qui, en contrepoint « musicalise » les entrées des candidats, tous deux voient donc certains candidats grandir, vieillir, passer de la section des « kids » à celle d’adultes toujours avec la même énergie.

K J I
Ilona Allard-Caporgno – Eva Giordano – Emma Cerchi

Cette année encore, de très belles surprises, de très belles voix, de belles personnalités, des candidats folkloriques, des comme, dirait Brel « qui aimeraient avoir l’air mais n’ont pas l’air (ni la chanson) du tout » ! mais qui auront leurs trois minutes de gloire devant famille et amis.
La plus belle surprise cette année est de voir revenir la gagnante de l’an dernier, Marjorie Guerdoux, à la sublimissime voix, qui tient la note avec autant d’aisance que Céline Dion lorsqu’elle chante « All by myself » ou Lara Fabian lorsqu’elle chante « Adagio ».
En ouverture des demi-finales et de la finale elle est donc venue nous charmer en prenant, tout de suite après, sa place dans le jury 2017.*

M L N
Nolan di Rosa – Solène Martin – Florent Marchand

And the winners are….
Cette année la moyenne d’âge des finalistes a été exceptionnellement jeune et l’on a entendu des voix incroyables, des personnalités déjà très marquées, des présences qui s’affirment, surtout chez les plus jeunes. Et c’est attendrissant de voir des petits bouts de chou se défendre comme des grands, avec des voix qui vous laissent pantois.
Telle la petite Emma Cerchi, qui nous vient de Peypin (avé l’accent) et qui nous envoie, avec une incroyable assurance « I have nothing » de… Whitney Huston, s’il vous plait ! Je ne pense pas qu’elle sache encore ce que veut dire la chanson mais elle a fait lever la foule d’un seul bloc. Sa place de number one des juniors est amplement méritée. seconde et troisième place, l’on retrouvait Ilona Allard-Caporgno de Lambesc qui a chanté « Dans un autre monde » de Céline Dion et Eva Giordano d’Allauch qui a chanté « Comme toi » de Goldman.
Quant aux adules, une fille, deux gars (donc, avec Emma, la parité est assurée) qui, chacun dans leur style, on conquis public et jury.

G H
Florent Marchand – Emma Cerchi

La troisième est une rockeuse pure et dure malgré son physique d’ange : Solène Martin nous vient d’Alsace et, de sa voix roque et métallique, elle nous a balancé de l’AC/DC aussi fort que le groupe : « You shock me all night long » devrait leur plaire autant qu’il nous a…shocké !.
Le second vient lui aussi de loin puisque Nolan di Rosa débarque de Metz. Il a chanté sur trois octaves « Marylou » de Polnareff avec une émotion incroyable.
Enfin « the winner » is marseillais ! Il s’agit de Florent Marchand, sourire carnassier, pêche d’enfer et voix de tête ample et solide, qui a interprété « Versace on the floor » de Bruno Mars.
Des cadeaux ont été offerts aux gagnants dont le fameux trophée en plexi blanc et bleu, des bons d’achat de 100 et 150 € et, pour le gagnant, un séjour d’une semaine pour deux personnes dans la station de ski le Puy St Vincent, sponsor depuis de nombreuses années , toujours présent et fidèle.
Ce fut encore un beau millésime que ces Disques d’Or 2017, avec de belles surprises, de belles découvertes. Nul doute que parmi ces jeunes artistes, certains continueront sur leur lancée et qu’on entendra parler de certains.
Ainsi se termine avec panache cette saison 2017 de « Sanary sous les étoiles ».
Bravo et merci à Serge Loigne, Noël Lebreton et toute leur équipe qui oeuvrent tout l’été pour nous offrir du rêve, du bonheur… et de la musique !

Jacques Brachet

B
Le jury + Yves Julien en noir, à gauche + Noël Lebreton au milieu, en bleu

*Nadine et Claude Millour (Groupe Guitar ZZ), Brigitte Julien, responsable cinéma à la Ciotat, Geneviève et Jean-Michel Machto (musiciens et chanteurs), Jacky Lacomba, producteur, Ludo Gouglier, Angélique Trabucot et Marjorie Guerdoux, chanteurs, Sonia Biancotto, professeur de chant, Daniel Darigot, exprésident du comité des fêtes de la Ciotat et votre serviteur.

DCIM100MEDIADJI_0279.JPG

Jury et équipe animatrice sur scène, vus d’un drone !!!

Sanary
LES STENTORS… De grandes voix sous les étoiles

F

Il est souvent des belles et grandes voix de France qui ont fait un tour à l’Opéra avant de venir à la variété.
Pour les Stentors c’est d’autant plus vrai que, s’étant mis à la chanson de variété – française, précise Mathieu Sempéré – ils continuent également à oeuvrer dans les opéras, les opérettes, les comédies musicales.
Dernière date d’un été très chargé, nos Stentors se sont arrêtés pour un soir sous les étoiles de Sanary et l’on peut dire qu’ils ont fait un tabac devant un parterre plein à craquer, mêlant chansons d’hier et d’aujourd’hui, chansons de province et airs d’opéras, ils nous ont offert un florilège de cette chanson française qu’ils défendent avec des voix… de stentors !
De « Mon amant de St Jean » à « Je viens du Sud », en passant par « Les Corons », « Les roses blanches » ou des titres de Stivell, des Muvrini, et pour finir « Nessun Dorma » tiré de l’opéra de Puccini « Turandot » qui fit lever le public totalement conquis par ces quatre magnifiques voix.
Voix qu’on avait retrouvées dans l’après-midi après les répétitions, confortablement installés dans le petit salon en plein air. Ces quatre mecs, en plus de leur talent, on un charme et un humour fous et l’on prit plaisir à converser avec eux.

A D
B C

Tout d’abord une petite présentation s’impose :
Mowgli LAPS :
Je suis ténor, je viens de la Guadeloupe, j’ai fait le Conservatoire de Paris et je chante dans les opéras, les opérettes, les comédies musicales.
Vianney GUYONNET : Je suis baryton, je viens de Pierrefond, petite commune de l’Oise, j’ai commencé chez les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, j’ai également étudié au Conservatoire, j’ai eu quelques prix et j’ai suivi le même chemin.
Mathieu SEMPERE : Je suis ténor. Je viens… du Sud, puisque de Montpellier,, j’ai également été Petit Chanteur puis j’ai fait le conservatoire et la Sorbonne, j’ai fait de l’opéra et j’ai toujours aimé la chanson française.
Jean-Philippe CATUSSE : Je viens du Sud aussi, de Rodez exactement. J’ai été organiste, j’ai appris le chant et j’ai découvert l’opéra. Puis j’ai rencontré ces messieurs et j’ai remplacé le quatrième qui est sur le disque, Christian Ashe, car il était pris ailleurs.

G

Comment, de l’opéra, vient-on à la variété ?
Mathieu :
Pour ma part j’ai toujours aimé la chanson française et j’avais envie d’explorer de nouvelles manières de chanter, et surtout de transmettre aux jeunes ces chansons qu’ils connaissent peu ou pas et qui sont notre patrimoine.
Mowgli : C’est aussi une façon d’aborder d’autres musiques que l’opéra, mais nous continuons à chanter de l’opéra.
Mais la variété est une autre façon de chanter !
Mathieu :
Oui, l’opéra est une technique où la voix doit porter très loin. Pour la variété, c’est une tout autre technique puisque, déjà, nous chantons dans un micro. Nous avons donc dû nous adapter, moduler la voix et savoir manier le micro selon ce qu l’on chante, tout en gardant la puissance émotionnelle de la musique mais aussi des textes, car nous choisissons des chansons avec des textes forts.
Vianney : L’intérêt de reprendre des chansons, c’est de créer des harmonies en chantant à quatre, en duos ou en trios afin de donner une couleur différente et personnelle à ces chansons.
Comment se fait le choix de ces titres ?
Mathieu :
Il faut d’abord qu’ils plaisent à tous les quatre, que nos voix s’accordent dessus et qu’elles s’adaptent au thème que nous choisissons puisque chaque disque qu’on a fait a un thème : « Histoires de France », « Le cinéma », « Ma patrie », qui est le titre de notre dernier album.
Dans ce dernier, il y a des titres inédits, signés Jacques Vénruso, Lionel Florence, Goldman… et Mathieu et Vianney !
Vianney
: Oui, nous écrivons aussi tous les deux et lorsque des gens comme Florence ou Vénéruso nous proposent une chanson, difficile de dire non !. Pour Vénéruso, c’est lui qui est venu nous écouter chanter et qu a eu envie de nous écrire du sur mesure. C’était un défi pour lui ! On lui a parlé de notre thématique et sa chanson est le titre de l’album « Ma patrie ». Quant à nos chansons, c’était l’envie d’ajouter une petite pierre à l’édifice.

056

Aujourd’hui, vous allez continuer à chanter ensemble et à alterner avec l’opéra ?
Mathieu : Oui, si ça marche ! D’ailleurs, nous repartons en tournée fin septembre et nous serons le 19 décembre à l’église de la Garde pour un concert de Noël. Nous devrions enregistrer un disque de chants de Noël.
Mais j’ai en préparation un autre disque en solo. J’en avais déjà fait un en hommage à Luis Mariano. J’ai envie de faire redécouvrir des chansons d’artistes d’avant les « yéyés » comme Patachou, Colette Renard, Gréco, Gianni Esposito… afin de ne pas les oublier et avec un orchestre différent et un accordéon.
Vianney : J’ai aussi des envies de faire un album solo et explorer d’autres champs musicaux comme le pop-rock, avec des chansons que j’ai écrites.
Jean-Philippe : Je m’occupe de jeunes artistes à qui j’écris des chansons car je suis auteur-compositeur, et que j’aide des artistes en début de carrière, à devenir des chanteurs professionnels. Et bien sûr, je continue l’aventure avec les Stentors !
Mowgli : Comme tous, j’ai envie de faire mon propre disque même si je n’ai pas l’intention de quitter le groupe.
Vous êtes quatre, vous aimez les comédies musicales… N’avez-vous pas envie d’en créer une ?
Mowgli :
Ca, c’est une chouette idée que tu nous donnes ! « Les trois mousquetaires » c’est déjà fait… Pourquoi pas « Les quatre fantastiques » ?
Mathieu : Ca manque un peu de femmes… Il nous faudra beaucoup de danseuses !!!

Éclat de rires général avec ces quatre Stentors fantastiques qui ne manquent pas d’humour et qui ne se prennent pas la tête. Ce qui nous change de ces « stars » d’aujourd’hui au talent limité et qui « se la pêtent ». Avec nos quatre mousquetaire, c’est la simplicité, la décontraction, on parle, on rigole, on fait des photos et ils nous ont même proposé de monter sur scène à la fin du concert pour faire une photo avec la foule !
Ah, si toutes les rencontres avec les artistes étaient aussi simples et chaleureuses !

H

Jacques Brachet

 

La Garde
Christian Mendoze et Musiqua Antiqua « Viva Vivaldi »

S 734-19concert 9 aout

D’origine varoise, Christian Mendoze (à droite) a suivi un chemin artistique original: après une carrière de danseur classique en France, en Belgique et en Allemagne (il a été « Etoile » des ballets d’Avignon, Dijon, Limoges et Liège), il a quitté ses chaussons pour la flûte à bec et la direction d’orchestre.
Il crée l’orchestre Musica Antiqua en 1981 et mène de front plusieurs activités, professeur de flûte dans des stages internationaux et créateur de plusieurs structures artistiques, telles que le Festival de Musique Ancienne et Saison « Les Soirées Musicales » à Toulon le Festival de Musique à Callas, le Festival de Musique Baroque d’Avignon, le Festival de Musique d’Hyères, ou encore le Festival d’Automne de Signes.
Parallèlement, il développe l’orchestre Musica Antiqu jusqu’à un degré de qualité internationale avec des concerts prestigieux et une politique discographique riche et ambitieuse, tout en poursuivant une activité de soliste auprès de ses amis musiciens: Concerto Löln, la Grande Ecurie et la Chambre du Roy, Davitt Moroney, Chrles Brett, John Elwes, Georges Zamfir. Il est également invité en Italie par l’ensemble Musicali Affetti et en Pologne par l’ensemble baroque St Stanislas de Cracovie.

MUSICA ANTIQUA MEDITERRANEA
Direction :Christian Mendoze, (flûtes piccolo et alto)
Philippe Tallis et Aurore Sol-Moliner, violons
François Xavier Corsi, alto – Audrey Sabattier, violoncelle
Corinne Betirac, clavecin

Programme « Viva Vivaldi » (1678- 1741) –
Les Nuits du Mas – Mas de Ste Marguerite – La Garde
Mercredi 9 août 21h – Entrée libre

Concerto opus 10 n°2 « La notte » pour flûte, cordes et clavecin
Concerto en ré mineur, pour cordes et clavecin :
Concerto en le mineur, pour flûte à bec, 2 violons et basse continue
Concerto en sol majeur « Alla Rustica » pour cordes et clavecin : Presto – Adagio – Allegro
Concerto opus 10 n°1 « La tempesta di mare » pour flûte, cordes et clavecin
Sonate en ré mineur « La Follia » pour 2 violons et basse continue
Concerto opus 10 n°3 « Le chardonneret » pour flûte piccolo cordes et clavecin

Sanary sous les étoiles
Yves PUJOL… 25 ans d’Aïoli !

A

Il y a 25 ans, on a vu arriver une équipe de farfelus, chantant avec un gros, gros accent méridional, avec des chansons « bien de chez nous », c’est à dire Toulon, avec un humour à la fois grivois, fantaisiste et énergique.
Allaient-ils durer dans cette originale discipline ?
Eh bien oui, mesdames et messieurs, puisque, 25 ans après, ils ont fait le tour du monde, de Bandol au Castellet, de Hyères à la Farlède, des trois Solliès à Puget-Ville… et jusqu’à Clermont-Ferrand… Qui dit mieux ?

D E
F G
I H

Ce groupe, mené par un certain Yves Pujol, continue d’ensoleiller nos nuits, d’été comme d’hiver, avec des chansons qui parlent de nous, de Toulon, du RCT, de l’arsenal, des cagoles et bien d’autres sujets qui nous touchent au cœur et au corps mais aussi qui font travailler nos zygomatiques.
Pujol et son équipe, quatre musiciens de belle pointure, c’est la joie de vivre et aujourd’hui, ajoutant le charme à ce quintet de brutes méridionales, voiic qu’arrivent, belles, belles, belles et talentueuses, la blonde Nadège, la brune Karine.
Ainsi reformé, l’Aïoli prend plus que jamais devant un public qui rit, qui crie sa joie et qui chante avec nos amis pour une soirée de plaisir.
Cet été, ils envahissent nos communes varoises avec arrêt à Sanary où, dans le cadre de « Sanary sous les étoiles », ils sont toujours les bienvenus et même les « nordistes » en vacances apprécient leur humour potache, leur énergie ensoleillée et leur complicité.
L’ami Pujol, tel Fregoli, nous aura tout fait : en veste rouge, tout droit issu du cirque Zavatta, en short et perruque blonde de cagole, en tenue sexy made in Tina Turner, enveloppé dans un drapeau rouge et noir du RCT ou en rocker façon Johnny… il est irrésistible, ses deux choristes superbement et autrement sexy que lui et ses musiciens complices jusqu’au bout de leurs instruments.

J L
K M

Deux heures passées avec eux valent tous les médicaments contre la sinistrose.
Quant à Pujol, il aime toujours sa femme, et pour nous le prouver, il revient en solo sur la même scène le mardi 1er août, nous présenter son one man show au titre éponyme.
Si vous voulez reprendre une couche de rire… reprenez le chemin de « Sanary sous les étoiles », vous ne le regretterez pas !

B

Jacques Brachet

Solliès-Pont, Festival du Château
Du très grand Sardou

Michel-Sardou_260717-1113G

Il est venu nous faire ses adieux à la scène « chantante » avec une « Dernière danse », à 70 balais et pour clore 50 ans de scène.
Mais attention : s’il arrête simplement de chanter – et c’est bien dommage ! – il va se consacrer au théâtre où il sévit avec succès depuis quelques années.
« Je ne veux pas vous quitter – nous avoue-t-il – mais je veux vous faire rire ».
En attendant, il nous a totalement charmés avec un récital somptueux à tous niveaux : la voix, qui reste solide et ample, un orchestre de quelques 25 musiciens, cordes, cuivres, percus, claviers et trois superbes voix féminines… Presque un orchestre symphonique. Quant aux lumières, elles sont somptueuses, magiques, se projetant sur le mur du splendide château de Solliès-Pont.
Malgré une position on ne peut plus statique, la tête engoncée dans le costume, à peine si les mains se meuvent, notre « Tino Rossi des sixties » (Voix en plus) a su nous faire la démonstration de ce qu’est un véritable artiste, un vrai chanteur à voix comme on en a peu aujourd’hui dans la chanson française, hormis Amaury Vassili et Vincent Niclo.
Il arrive « façon Emmanuel Macron » sur une musique d’enfer, le pas lent, s’avançant en bord de scène. Il « salut » avec cette chanson éponyme et sourit (mais oui !) au public venu par milliers, réunissant trois générations qui connaissent ses chansons par cœur et les chantent avec lui, du « Rire du sergent » à « Je vole », redevenu un tube grâce à Louane, en passant par « Le France », « Musulmanes », « Les bals populaires », « La maladie d’amour », « Dernière danse » qui le voit repartir de dos d’un même pas lent, pour mieux revenir avec « Les lacs du Connemara »… Deux très belles nouvelles chansons, la première, inattendue sur le Pape François, la seconde, vécue par tous les artistes « Figurant ». Entre deux chansons, il se raconte avec humour, rend hommage à Barbara en nous offrant une splendide interprétation de « L’aigle noir », vient interpréter avec ses cuivres et son inséparable ami des débuts, le chanteur, auteur, compositeur Pierre Billon (fils de Patachou) qui lui a écrit tant de belles chansons dont cet « En chantant » qu’ils interprètent façon jazzy, « Je ne suis pas mort, je dors », « Je vole », « Femmes des années 80″, « Dix ans plus tôt » et bien d’autres que Michel a gardé dans son tour.
Et puis, moment à la fois de rire et d’émotion avec la voix de sa maman, Jackie Sardou, qui vient l’interrompre dans son interprétation de « Comme d’habitude ». Un grand moment avec le plaisir de retrouver le ton gouailleur de cette « titi » parisienne qui fut sa mère et une grande comédienne. Papa n’est pas oublié puisque la chanson « Le spectateur du premier rang » lui est dédiée.

Michel-Sardou_260717-1112G

Que dire de plus sinon que la soirée fut grandiose et que s’il arrête la chanson, nous allons perdre l’un de nos plus grands, devenu un mythe, un incontournable de la chanson française dont nombre de ses succès font partie de son patrimoine.
En fait, la passion, le talent, sont indémodables lorsqu’on s’appelle Sardou et Hallyday et nos septuagénaires de ces années dites « yéyé » se portent bien et peuvent en remontrer à beaucoup de jeunes chanteurs d’aujourd’hui qui se prennent pour des stars dès le premier (et souvent le seul !) succès de leur fragile carrière.
En écoutant Sardou, il n’y a aucune nostalgie mais le plaisir de retrouver des chansons qui ont marqué nos vies et ont traversé les décennies sans prendre une ride.
A Solliès-Pont, ce fut du grand, du très grand Sardou.
Petit… tu nous a bien fait plaisir…

C

Suite au spectacle, le maire de Solliès-Pont, André Garron nous offrait le traditionnel cocktail dans la belle cour du château, entouré de nombreux édiles, de son équipe et de l’auteur inspiré de cette programmation Rabah Houia, mais… pas de Sardou, qui était déjà parti. Nous n’avons donc pas eu la tout aussi traditionnelle photo du maire et de l’artiste comme pour Dany Brillant, les Chevaliers du Fiel et quelques autres.

Jacques Brachet
Photos : elles sont ce qu’elles sont quand on les prend du fond de la salle avec interdiction de s’approcher de la scène. Seul bémol de la soirée.

Michèle TORR, de Pertuis à Aix-en-Provence

B

Depuis quelques années, nous avons pris l’habitude d’aller retrouver, en début d’été, Michèle Torr dans son village natal : Pertuis, dans le Vaucluse.
En effet, notre « petite Française née en Provence » donne rendez-vous à ses amis, sa famille et ses fans pour deux journées très importantes pour elle.
La première, c’est pour un concerts unique puisqu’ils rassemble quelques artistes autour d’elle pour une bonne cause : la sclérose en plaques dont son fils, Romain Vidal, est atteint depuis plusieurs années. Il lutte avec autant de courage que d’optimisme et a voulu créer, à Aix-en-Provence, où il vit auprès de sa mère, une association pour lutter contre cette maladie : SEP (Sclérose en Plaque) en pays d’Aix dont bien sûr Michèle est la marraine.

C D
E F

Il organise ainsi quelques événements dont les bénéfices sont reversés au service du Professeur Pelletier, qui est responsable de ce service à la Timone à Marseille.
Afin de l’aider, Michèle propose chaque année un concert exceptionnel où ses amis viennent lui prêter main forte bénévolement et passer un moment sur scène avec elle.
Ainsi sont déjà venus Hervé Vilard, Danyel Gérard, Stone, Michel Leeb, Dave, Herbert Léonard et quelques autres dont le compositeur et chef d’orchestre Guy Mattéoni et sa fille Stella.
Cette année, alors que Guy et Stella lui restent fidèles tout comme Henri Giraud, sosie de Coluche, sont venus se joindre Nicoletta, les Chevaliers du Fiel et l’orchestre de Michèle dirigé par Gérard Gardet qui a d’ailleurs offert au public un show éblouissant.

Y X
N

Moment de joie et d’émotion pour moi qui retrouvais, réunies Michèle et Nicoletta que j’ai connues en même temps voilà… 50 ans ! Et depuis Ce temps, alors que j’ai souvent revu l’une et l’autre, c’était la première fois que nous nous retrouvions tous les trois !
Que de souvenirs partagés, de tournées, de galas, de quelques galères dont nous parlons avec plaisir et nostalgie. Un autre sujet est venu se greffer à tout cela, pour les septuagénaires que nous sommes devenus : nos bobos !!!
Eh oui, l’âge aidant, même si nous avons toujours bon pied bon oeil, nous avons tous nos problèmes qu’en ce jour de retrouvailles, nous avons mis de côté pour passer une merveilleuse journée sous le soleil et les étoiles de Pertuis.
Trois heures de spectacle non stop où chacun est venu amuser et charmer un public venu toujours nombreux, où Romain et Michèle ont remis un chèque de 1000€ à l’équipe du professeur Pelletier et où deux des petites filles de Michèle lui ont fait la surprise de chanter « L’oiseau et l’enfant »… Des graines stars, des chats ne faisant pas des chiens !

G H
I J
L M
K

Autre jolie surprise : un duo exceptionnel, celui de Michèle et Nicoletta chantant ensemble « Quand on n’a que l’amour » de Brel, chanson on ne peut plus appropriées et que le public a applaudi debout, dans un grand frisson.
Bref, ce fut une soirée magnifique sous le signe de la musique, de l’amitié, même si l’on a tendance à entendre que dans ce métier c’est chacun pour soi.
Toute la famille de Michèle était, comme toujours, réunie autour d’elle, Émilie et Romain ses enfants bien sûr et tous ses petits enfants qui ont tenu la boutique de vente au profit de l’association.

0

Le lendemain c’est à Aix-en-Provence que tous les fans se retrouvaient autour d’elle pour le traditionnel repas d’anniversaire. Peu d’artistes peuvent se vanter de fêter leur anniversaire avec ses admirateurs, dont certains viennent du bout de la France pour retrouver celle qui les fait rêver depuis 50 ans.
C’est en véritable star que Michèle est arrivée, toute de noir vêtue, de la capeline à la tenue en passant par les lunettes indispensables à cette très chaude journée ensoleillée.

P
T R
S Q

Les traditions perdurant d’année en année, nous eûmes droit à la photo de famille, suivie d’un excellent repas, de la remise des cadeaux, Michèle étant toujours très gâtée et enfin d’un immense gâteau qu’elle distribua à tous et dont chacun se régala.
Encore un week-end dont chacun se souviendra avec joie, emportant souvenirs et photos car Michèle n’en est pas avare.
Nous lui souhaitons le meilleur, pour elle et sa famille et surtout pour Romain à qui nous pensons très fort.
Bon anniversaire Michèle !

U
V W

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier et Jacques Brachet

JAZZ A TOULON
Richard Bona & Mandekan Cubano Place de la Liberté

A

En ce 15 juillet de canicule et pour le coup d’envoi de Jazz à Toulon 2017, 28ième édition, Richard Bona et le groupe Mandekan Cubano ont mit le feu à la place de la Liberté.
Mandekan Cubano c’est, réunis autour du prestigieux contrebassiste, Ludwig Afonso (dm), Osmany Paredes (p), Luisito Quintero (perc), Roberto Quintero (perc), Rey Alejandre (tb), Dennis Hernandez (tp), pour une musique qui mêlent l’héritage du jazz et des musiques traditionnelles afro-cubaines. Creuset d’une fusion brûlante et torrentueuse.
Trois percussionnistes ensemble c’est difficile sur le plan rythmique, il faut éviter la redondance, c’est à dire qu’ils fassent tous la même chose. Ecueil évité en beauté. Ces trois là sont au sommet, que ce soit le joueur des quatre congas, le joueur de tambours cubains, bongos, cajon et autres percussions, ainsi que le batteur : ils jouent parfaitement en contrepoint offrant un tapis rythmique diluvien qui vous transporte dans les rues de La Havane ; Ils sont flamboyants dans leurs solos. Un trompettiste parfait dans le genre, un tromboniste, le point faible du groupe, assez brouillon et rarement sur le temps dans ses solos. La révélation fut le pianiste, auquel Richard Bona laisse, avec raison, une large place dans les solos d’inspiration très jazz, mais également maître des expressions cubaines. Quant au leader à la basse électrique à cinq cordes, sa facilité, son agilité, la perfection des attaques à la mitrailleuse, la richesse de ses lignes de basse, son imagination dans les solos, son lyrisme, sont rares et époustouflants. Que dire de sa voix suave, caressante et envoutante, montant en douceur dans les aigus. C’est aussi un grand showman, sachant communiquer avec le public avec bonhomie, sincérité, humour et un plaisir évident. Naturellement il provoqua l’immense foule à chanter en l’imitant, et la fit se lever (du moins les assis) pour qu’ils s’agitent et tapent dans leurs mains. A noter un instant de calme vers le milieu du concert, la seule mais somptueuse ballade façon slow qui fit se pâmer bien des cœurs.
Départ retentissant du festival, en tambours, trompettes, et cetera…

B

Serge Baudot
Prochains concerts :
Lundi 17 :
– Place Bouzigue : Natalia M.King, chanteuse-guitariste pour une tout autre musique, qui revient après une longue absence. C’est un mélange de soul, blues et jazz. Gageons que là encore la surprise sera au rendez-vous.
– Place de la Poissonnerie à 17h30 avec Jazz Pana

Marie MYRIAM 40 ans de carrière…
et toujours la dernière gagnante française de l’Eurovision !

B

Lorsqu’on évoque Marie Myriam, aussitôt vient en tête le refrain de « L’oiseau et l’enfant » qui la fit triompher à l’Eurovision… voici 40 ans ! Depuis, aucun chanteur ne l’a seulement fait trembler de son socle !
« Je vais entrer dans le Guiness des records », me dit-elle en riant !
Car Marie, ce n’est pas seulement une chanson, c’est une carrière semée de succès tels « Los Olvidas », « Sentimentale », « La leçon de Prévert », « Nostalgia », « Un homme libre » et bien d’autres succès qui lui ont fait faire le tour du monde et ont bâti une magnifique carrière avec l’une des plus belles voix de la chanson française.
Carrière riche et belle qui continuerait peut-être si la disparition de son mari et producteur Michel Elmosnino voici bientôt quatre ans.
Quelques souvenirs de tournées, avec Delpech, avec « Age Tendre », l’évocation d’amis communs comme C Jérôme, annie Cordy, Guy Mattéoni…et l’on se retrouve toujours avec le même plaisir.
Un livre de souvenirs bouleversant « La fille du Ribatejo » qui a vu la petite portugaise déracinée devenir une grande chanteuse française (Ed Archipel), un double CD magnifique regroupant quarante chansons qui ont essaimé sa carrière sous le simple titre « 40 ans de carrière » (Ed Wagram)… Il n’en fallait pas plus pour qu’on se retrouve et qu’on parle de ce double événement… en espérant qu’il y aura une suite.

C D

Bon, commençons par ce qui fâche : l’Eurovision où chaque année on rappelle que depuis 40 ans plus aucun français n’a remplacé la petite Marie qui fêtait alors ses 20 ans… Pénible ?
(Elle rit) Mais non, ce n’est pas pénible car c’est là que tout s’est déclenché pour moi. Je trouve seulement dommage qu’il n’y ait toujours pas de relève.
Heureusement, cette année, pour la première fois, c’est le Portugal qui a gagné. Heureuse ?
Déçue pour la petite Alma qui représentait la France mais très heureuse pour Salvador Sobra qui représentait le Portugal avec une chanson qui était totalement à contre-courant de ce qu’on imagine être « Une chanson pour l’Eurovision » ! Ca a été un grand moment de bonheur, de grâce, de poésie, de simplicité. Je l’avais d’ailleurs sélectionné sur mon face book mais ça a été une grande surprise.
Ça m’a rappelé des souvenirs car j’étais dans le même cas avec ma chanson qui n’était alors pas dans la mouvance Eurovision. Comme moi il démarre sa chanson a capella, ce qui est très casse gueule. Même les pays de l’Est ont voté pour lui, ce qui prouve que l’amour compte toujours. Et c’est rassurant.
Ça ne donne pas des envies de retour ?
Non, du moins pas pour l’instant. Cela faisait 35 ans que nous vivions et travaillions ensemble avec Michel. Lorsqu’il est parti si soudainement, c’est le monde qui m’est tombé sur la tête. Au départ de mon père, il avait une leucémie et on s’y attendait, même si sa disparition a aussi été très dure. Ca a été et ça reste une difficile période de ma vie et aujourd’hui, je n’arrive pas à imaginer monter sur scène sans lui à mes côtés. Et puis, le métier a tellement changé, plus business que show. C’est devenu un monde très difficile surtout pour des artistes de mon époque que l’on ringardise facilement. En France, c’est l’argent et le jeunisme qui priment.

Sans titre - 1
Des regrets ? De la nostalgie ?
On a tous des regrets à divers degrés mais j’ai plus de nostalgie que des regrets sinon le fait d’avoir perdu des êtres chers trop tôt, ce que je trouve un peu injuste.
La nostalgie c’est de voir ce métier devenir une usine à argent plus que de musique. C’est un métier qui se déshumanise, qui perd sa sincérité. En France, il y a « les branchés » (si le mot est encore à la mode !) et « les ringards ». Voyez « Les enfoirés ! Dans nombre de pays, on voit les jeunes et les moins jeune se mêler, les jeunes respectant les plus âgés. C’est pour ça que refaire un album pour qu’il ne soit pas diffusé ne servirait pas à grand chose.
Il y aurait de quoi faire ?
Oh oui, pas mal de chansons ont été enregistrées, qui n’ont jamais fait l’objet d’un disque. Mais à quoi bon ? A 60 ans, personne ne m’attend. Et puis, pour tout dire, je n’en ai plus envie. Je me suis tellement occupée des autres et j’ai été tellement prise par le métier qu’aujourd’hui, les enfants ont leur vie même s’ils sont toujours très près de moi, j’ai envie de m’occuper de moi, de faire des choses que je n’ai jamais pu faire comme aller écouter un concert de musique classique.
Je vais donc un peu plus penser à moi.
Écrire a-t-il été une thérapie ?
En quelque sorte… Ça m’a évité d’aller voir un psy, même s’il y a eu des moments très difficiles, douloureux même. Écrire a été quelque chose de beaucoup plus intime que de parler. Je l’ai aussi fait pour les gens qui m’aiment, pour leur dire que je les aime aussi et qu’ils sont toujours importants pour moi. Je l’ai fait aussi pour mes enfants et mon neveu, qui connaissent mal l’histoire de notre famille dont on n’a jamais eu le temps de parler. ils ont découvert beaucoup de choses et ils pourront les transmettre à leurs enfants.

La-fille-du-Ribatejo 40-Ans-de-carriere-Coffret-Inclus-un-livret-de-16-pages

Qu’est-ce qui a été le plus dur ?
Le fait de relire mon histoire et de revivre certaines choses écrites par moi. D’ailleurs, si je n’avais pas eu à mes côtés Mathieu Johann et Serge Poézévana, peut-être n’y serais-je pas arrivée. Mais en même temps ça m’a fait beaucoup de bien et ça m’a soulagée de quelque chose. Écrire, c’est être en tête avec soi-même, c’est plus fort, plus vrai que de se raconter oralement. Et ça fait du bien.
Choisir les chansons de ce beau disque a dû être plus facile ?
Oh que non ! Pas de choisir les chansons mais d’être obligée de me battre avec Universal qui n’avaient même pas l’idée de faire une compilation de Marie Myriam mais qui, voyant que je voulais la faire avec Wagram, m’ont mis des bâtons dans les roues, m’ont demandé des droits monstrueux… Ca a été la guerre et j’ai dû prendre un avocat. Mais j’y suis arrivée.
Il y a quelques inédits dont de très jolis duos…
Oui, de belles rencontres, de beaux moments de complicité avec l’inattendu Jean-Louis Murat qui m’aime bien, Pascal Sevran avec qui je me suis beaucoup amusée et fait de belles rencontres, Nazaré Péreira avec qui on a improvisé un duo en rigolant et qu’on a eu envie d’enregistrer. Avec Toots Thielemans qui a joué avec d’immenses pointures et m’a fait l’honneur de jouer de l’harmonica pour moi… Et puis aussi quelques chansons sorties seulement sur vinyle, que des fans me demandaient. C’est un cadeau pour eux..
C’est un patchwork qui représente bien mes 40 ans de chansons.
Le jazz, le Brésil, sont très présents sur ce CD et pourtant il n’y a jamais de disque sur ces thèmes…
(Rires) On est en France ! J’ai pu à chaque fois imposer quelques chansons brésiliennes ou jazzy mais faire un album complet – c’était mon rêve ! – n’a jamais été possible. Les maisons de disques sont frileuses et lorsque l’on met un artiste dans un tiroir, difficile d’en changer.
Revenons à l’écriture… Envie de continuer ?
Je ne sais pas. Il est vrai que j’ai vécu tant de belles choses, rencontré tant de belles personnes que j’ai plein de souvenirs à raconter… et de quoi écrire plusieurs livres. Mais ce n’est pas mon métier et pour celui-là j’étais motivée car je voulais raconter mon histoire. Après, ce n’est qu’anecdotique mais j’aimerais, c’est vrai, rendre hommage à quelques personnes que j’ai appris à aimer. Mais pour l’instant ce n’est pas d’actualité… On verra avec le temps.

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

 

Il était une fois…Nicole CROISILLE

DSC00160 - Copie

Nicole Croisille aurait dû être Américaine.
Elle est incontestablement l’une des plus belles voix de la chanson française, elle a fait du music-hall, du mime, de la chanson, du jazz, du théâtre, du cinéma, de la télévision. Elle a même été meneuse de revue…
Mais elle a mis du temps pour faire comprendre à un show biz français quelque peu borné que, savoir tout faire n’était pas un délit, bien au contraire.
Alors qu’elle était faite pour la comédie musicale, il a d’abord fallu que la France « imagine » que cela pouvait se faire en France et pas seulement en Amérique. Aujourd’hui, il y a pléthore de comédies musicales, du meilleur comme du pire. Mais ça marche, alors tout est bon, même les sujets les plus éculés.
Nicole a quand même été une pionnière du genre en jouant en 57 « L’apprenti fakir » avec Jean Marais, « Comme la neige en été » avec Régine et « Hello Dolly », en anglais en 92.
Aujourd’hui, elle enchaîne ce genre de spectacles… Il était temps !
« Follies » de Stephen Sondheim, créé à l’Opéra de Toulon, « Irma la douce » de Marguerite Monot, « L’Opéra de quat’sous » de Bertold Brecht et Kurt Weill et la voici avec « Night in white Satie », créé au théâtre du Rond Point à Paris, qu’elle jouera au festival off d’Avignon, jusqu’au 30 juillet, avec la compagnie des Gens qui tombent, mis en scène par Pierre Notte. Sur la musique d’Erick Satie, évidemment.

Croisille Ciotat - Copie - Copie CROISILLE1 - Copie - Copie

Encore une belle étape pour cette belle artiste qui reste toujours curieuse d’aborder une originale et nouvelle aventure.
Et puis, côté CD, je lui avais dit mon regret, lors d’une rencontre (Et Dieu Sait s’il y en a eu depuis 50 ans !) de ne pas entendre de nouvelles chansons. Et elle m’avait répondu :
« Pourquoi faire un nouveau disque qui ne passera nulle part, d’autant qu’aujourd’hui, à de rares exceptions près, les CD ne se vendent plus ? Je ne vois donc pas l’intérêt, d’autant qu’on me demande toujours les mêmes chansons et que j’ai un répertoire assez étoffé pour continuer à faire des spectacles ».
L’intérêt ? Celui de ne par perdre cette voix unique, d’une pureté et d’une étendue inégalables.
Alors il faudra se contenter de réécouter, ses succès de redécouvrir des chansons qui l’on moins été et des versions étrangères inédites en France.
Et tout ça, on va le retrouver dans un superbe double album « Il était une fois… Nicole » édité par United Music Foundation, qui regroupe 33 titres remastérisés, 12 titres bonus dont 4 inédits et des versions anglaises et espagnoles de ses succès. Sans compter un magnifique livret de 40 pages qui raconte la genèse de chansons intemporelles comme « Une femme avec toi », « Téléphone-moi », « La valse des lilas », « Parlez-moi de lui », « Vivre pour vivre » ou le fameux « Da ba da ba da » du film de Lelouch « Un homme, une femme ». Ces chansons, on les retrouve en français, en anglais ou en espagnol, car on oublie qu’elle a fait une carrière internationale et ces versions ne sont jamais sorties en France. Quelques chansons inédites, des reprises qui, si elles n’ont pas été des tubes, sont des fleurons de la chanson française comme « Léo », bel hommage à Ferré signé Barbelivien et qu’elle a eu la joie de chanter devant lui.
On retrouve de grandes pointures d’auteurs compositeurs qui tous, à un moment ou à un autre, ont eu l’envie de s’entendre chanter par elle : Bergman, Delanoé, Gaubert, Cosma, Legrand, Barouh, Lai, Marnay, Bachelet, Barnell et bien d’autres.
Au cours de l’écoute de ces deux disques, on s’émerveille de l’ampleur de sa voix, de la richesse de son oeuvre car, au fil des décennies, elle a construit une oeuvre et c’est vrai que deux CD et 40 chansons, ce n’est presque qu’un échantillon de sa vie d’artiste… Et ce n’est pas fini !
Ce disque, qu’elle a supervisé de bout en bout, sort à l’occasion de la journée mondiale du patrimoine audiovisuel, proposé par l’UNESCO.
L’intégralité des recettes de la vente de cet album hors normes servira à réaliser d’autres projets de sauvegarde, de restauration, de mise en valeur de notre patrimoine musical dont Nicole est l’un des fleurons.
Ce disque nous permet de retrouver notre Croisille éternelle et c’est un beau témoignage d’une carrière exceptionnelle.

Jacques Brachet

Jazz à Toulon du15 au 23 juillet 2017

P1170429_2

Pour sa 28ème édition « Jazz à Toulon », festival gratuit, ne change pas une formule qui a fait ses preuves, ô combien ! Le but étant d’amener le jazz dans quelques quartiers de Toulon, afin de faire entendre cette musique en direct aux habitants du coin, aux amateurs alléchés par des concerts gratuits, ainsi qu’à des touristes. Certains prennent même leurs vacances dans la région pour suivre ce festival. Ce sont chaque année des milliers de spectateurs qui répondent présents.
Programme alléchant cette année avec :
– Un grand concert chaque soir. Cette année nouveauté avec un concert (Jo Harman Band : une chanteuse anglaise à découvrir) sur la nouvelle place de l’Equerre qui borde la rue des arts (galeries, boutiques d’art, club de jazz, bistros).
En tête d’affiche pour ces grands concerts du soir: Roy Hargrove Quintet – Olivier Ker Ourio Quintet – Trio Ponty-Lagrène-Eastwood – Richard Bona Mandekan Cubano. Du jazz au sommet.
-Les concerts de 17h30 qui donnent leur chance à des groupes débutants, locaux, ou moins connus, sur des places centrales très fréquentées à ces heures-là. Du lourd avec le Claude Basso Quintet, et d’autres moins connus mais qui valent le détour.
– Une déambulation parade de 10h à 12h30 le 18 juillet dans les quartiers du centre ville avec Freaks Band et d’autres musiciens, amateurs et professionnels.
Jazz in the city : Scènes ouvertes de 13 à 16h du 18 au 21 juillet avec le trio Jazz In The City (Marc Tosello (b), Lucien Chassin (dm) et un pianiste) qui accueille sur une place du centre ville les musiciens qui veulent s’exprimer en groupe ou recevoir des conseils.
En tout 15 concerts d’un choix éclectique, donnant une belle place aux femmes.

Serge Baudot
Renseignements et programme détaillé: jazzatoulon.com 
réseaux sociaux – offices de tourisme – cofstoulon.fr – 04 94 09 71 00