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Echos de Ramatuelle

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Cyril BRUNEAU au Garage !
Cyril Bruneau est un garçon aussi charmant que discret, ce qui pourrait sembler antinomique lorsqu’on adjoint le mot «discret» à «photographe».
Mais tout en étant jeune, il fait partie de ces photographes qui n’agressent pas les artistes, qui sont respectueux et ne les attendent pas derrière une porte.
Si si… ça existe encore ! la preuve ! Ce qui ne l’empêche pas de faire de belles photos avec la complicité de ceux-ci.
Ce parisien travaille depuis des années dans la photo institutionnelle. Il a «shooté» pour des marques de prestige comme Cartier, l’Oréal, Yves Rocher avant de se retrouver «photographe officiel» du Festival de Ramatuelle, invité par Jacqueline Franjou, lorsqu’il a fallu remplacer notre ami Jean-Marc Fichaux qui nous a quittés voici dix ans.
Dix ans. Le temps de bien prendre ses marques dans ce festival et de les fêter en présentant à la galerie «Le Garage» de Ramatuelle, les photos coups de cœur qu’il a réalisées. Et c’est de la belle ouvrage.
Si cela lui rappelle de beaux souvenirs, il en est de même pour nous qui suivons ce festival depuis qu’il est né dans le village de Gérard Philipe, devenu également celui de Jean-Claude Brialy.

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Cyril collabore aussi à des magazines comme Paris Match ou le Monde et de temps en temps, il vient faire une petite incursion chez nous à Six(Fours.
Ainsi est-il venu exposer ses photos l’an dernier à la Maison du Cygne et cette année il nous a présenté un ami photographe : Tony Frank, qui fit les beaux jours de «Salut les copains» et a vécu une étroite collaboration avec Johnny Hallyday à qui il rend hommage tout l’été dans ce lieu six-fournais superbe.
Il a également écrit un livre fort instructif pour tous ceux qui rêvent d’apprendre l’art de manier photoshop.
Fidèle au poste, nous nous retrouvons chaque soir au Festival de Ramatuelle pour photographier les artistes… lorsqu’ils y consentent où qu’ils ne sont pas trop en retard !
A ce soir donc, Cyril !
Photos Christian Servandier… et Cyril Bruneau ! (cyril@photographe-concert.com)

LE TEMPS QUI RESTE

Fiona Gelin : Des projets plein le sac
Joie et surprise de rencontrer dans les coulisses du festival de Ramatuelle, mon amie Fiona Gélin, toujours pleine d’énergie, toujours belle et volubile, toujours avec mille projets en tête.
Elle est en vacances à St Tropez et en a profité pour venir embrasser son ami Christian Vadim. Entre deux verres de champagne, elle me parle de tout ce qu’elle a fait ces temps-ci et de tout ce qu’elle va faire dans les mois à venir.
«Après les tournées de deux pièces «Les Amazones» et «Les frangines» (qu’elle était venue jouer au Théâtre Galli de Sanary avec Sonia Dubois et Katia Tchenko) je serai les 14 et 15 août au festival de poésie de Brive la Gaillarde où je dirai des poèmes de mon père… J’en suis très fière !
A la fin de l’automne je jouerai à la Bastille «Rebelle», un «seule en scène» tiré de mon second livre «Si fragile» dans une mise en scène de Muriel Hanna.. Figure-toi qu’à ma grande surprise, le livre continue à se vendre ! Ça me rend très heureuse.

A LE TEMPS QUI RESTE
Et puis, je termine l’écriture de mon troisième livre «Chronique des gens humbles». Je me suis découvert la passion d’écrire, c’est devenu vrai besoin et j’espère le terminer très vite.
Il y a aussi deux projets de films qui sont en train de se concrétiser et dont on reparlera.
Cette année est une très belle année pour moi et pour ouvrir une belle page, je déménage dans quelques semaines».
En attendant, quelques jours de repos à St Tropez dans ce qu’elle appelle sa roulotte, d’où en fait elle sort peu, sinon pour aller faire ses courses et aller voir des potes…
Et Dieu sait si elle en a !
Photos Patrick Carpentier

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ZAZIE… le plein d’énergie
Zazie sur scène, c’est quelque chose !
Longiligne silhouette toute de noir vêtue, surmonté d’un Borsalino de même couleur, elle arrive sur scène avec un sourire éclatant et elle va tout de suite vers le public qui a rempli le théâtre. Tout au long du spectacle d’ailleurs, elle sera en prise directe avec lui, ne le lâchant pas d’une seule seconde… enfin presque, une personne ayant fait un malaise, il fallut arrêter le concert quelques minutes pour que les secours viennent la chercher.
Hormis cet arrêt, c’est à 200 à l’heure qu’elle va mener ce spectacle avec ses cinq musiciens, dont deux femmes à la guitare, sous des éclairages magnifiques.
Elle a su doser ses nouvelles chansons comme «Speed» qui lui va comme un gant, avec les anciennes que la salle reprendra en chœur comme «Zen», «Je suis un homme», «Rodéo», «Un point c’est toi», «Larsen»… Un très émouvant moment avec «J’étais là» et point d‘orgue avec un retour piano-voix et «J’envoie valser» repris par toute la salle avec une ferveur incroyable, au milieu des fameux coussins que tout le monde a… envoyé valser.

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L’on nous avait dit qu’elle avait une côte cassée et croyez-moi, ça ne s’est pas vu du tout tant elle se démène, danse, saute, traverse la scène jusqu’à sauter dans la salle pour faire un tour à travers le public subjugué.
Sauf petite ombre au tableau : un orchestre beaucoup trop fort qui nous empêcha souvent – hormis les fans ! – d’entendre les paroles.
Nous n’avons pas fait partie « du » chanceux qui a pu l’interviewer, et encore très brièvement. Les chanteurs aujourd’hui sont très parcimonieux et n’ont pas le temps de nous accorder dix minutes de leur temps… Enfin, c’est ce que nous disent leurs entourages qui font aujourd’hui une barrière à tout rapprochement… sans que souvent l’artiste ne soit au courant.
Iznogoud pas mort !
Mais ne boudons pas notre plaisir d’avoir retrouver Zazie sur scène après trois ans d’absence !

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Jacques Brachet

Festival de Ramatuelle
Macha MERIL – Natalie DESSAY :
Stefan Zweig et Michel Legrand les réunit

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Retrouver Macha Méril est toujours un réel plaisir.
Rencontrer Nathalie Dessay était un grand désir.
Voilà qui est fait puisque les voilà réunies dans une pièce inédite de Setfan Zweig «La légende d’une vie» et pour notre grande joie, les voici au festival de Ramatuelle entourées de Bernard Alane, Gaël Giraudeau et Valentine Galey.
« La pièce de Stefan Zweig – nous confie Macha Méril – est un événement, d’abord, c’est la seule pièce de théâtre qu’il ait jamais écrite, les autres pièces étant des adaptations de ses livres. Elle date de 1919 mais ressemblait tellement à ce qu’il vivait avec sa seconde épouse que celle-ci la fit disparaître à son décès. On ne la retrouva que bien après sa mort et les 100 ans qui font qu’elle est tombée dans le domaine public. Et c’est une première mondiale ! »

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Cela se passe à Vienne en 1919 où un jeune homme (Gaël Giraudeau) est pris dans le carcan du souvenir de son père décédé, grand poète, entretenu par sa mère (Natalie Dessay) qui a créé une légende autour de cet homme. Jusqu’au jour où réapparait le premier amour de celui-ci (Macha Méril) qu’il a quittée pour une femme très riche qui a su lui faire un enfant.
Ainsi le fils découvre-t-il tout un pan de la vie son père beaucoup moins idyllique que le lui peignait sa mère. Peut-être que ce retour va lui permettre d’être délivré d’un lourd fardeau afin qu’il ne puisse plus vivre sa vie dans l’ombre du grand homme. Peut-être aussi qu’à travers les souvenirs qu’elles ont de cet homme, les deux femmes pourront se réconcilier.
C’est une pièce très forte émotionnellement, où chacun s’affronte pour défendre sa façon de vivre à travers cet homme. La distribution est formidable. Macha, on le sait, est une grande comédienne, Natalie Dessay, qui monte pour la première fois sur une scène pour jouer la comédie, y est incroyable de vérité. C’est une grande voix mais aussi une grande comédienne qu’on découvre. Quant à Gaël Giraudeau, digne fils de ses parents, Bernard Giraudeau et Anny Duperey, il y est prodigieux.
Macha me confie que, lui aussi, en lisant la pièce, y a trouvé des réminiscences de sa propre vie. Et lui qui ne voulait pas faire de théâtre malgré ses velléités, pour ne pas être dans l’ombre de son père aujourd’hui disparu, il a souhaité ardemment interpréter ce rôle.
Première scène donc, pour lui aussi et il nous a prouvé qu’il pouvait être à la hauteur du père.
Ce fut donc  une soirée chargée d’émotion et une très belle découverte.

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Auparavant, j’ai pu réunir ces deux belles comédiennes que sont Macha et Nathalie.
«Macha, Nathalie, comment vous êtes-vous rencontrées ?
Macha : J’étais allée voir Natalie dans l’opéra «Lucie de Lamermoor» avec Isabelle Huppert. La rencontrant, je lui dit que j’ai un copain qui voudrait lui écrire des chansons. Ce qui l’a surprise. Ça a été notre première rencontre et nous sommes devenues amies.
Je savais qu’elle avait envie de jouer la comédie et un jour, je tombe sur cette pièce et je me dis que c’est pile la pièce et le rôle qu’il lui faut.
Natalie : J’étais prête à faire ce saut dans le vide et ce, depuis longtemps : avant de chanter, j’avais fait du théâtre au conservatoire de Bordeaux. Et si j’ai fait du chant c’était pour pouvoir jouer un jour au théâtre car  j’aime par-dessus tout raconter. C’est grâce à Macha que j’ai pu réaliser ce rêve.
Il y a également Michel Legrand qui vous lie…
Natalie : Toute petite, j’étais tombée amoureuse de « Peau d’Âne » de Jacques Demy ? Je connaissais toutes ses chansons par cœur. Je ne vous dis pas l’effet que m’a produit la chanson «Amour, amour» lorsque je l’ai entendue pour la première fois. Puis il y a eu «Les parapluies de Cherbourg» et toutes les autres musiques. Je me suis dit alors que c’était ça que je voulais faire.
Macha : Quelle joie qu’elle ait pu faire ces deux disques avec Michel. Il me disait qu’il avait enfin trouvé sa voix. En France il ne trouvait pas l’équivalent d’une Barbra Streisand pour qui il avait écrit les chansons de «Yentl» et qu’elle a beaucoup chanté. Enfin il la trouvait et de ce jour ils ne se sont plus quittés.
Natalie, vous êtes très éclectique dans vos choix ?
C’est vrai et c’est pour cela que je me sentais un peu étriquée dans l’opéra uniquement. J’aime varier les plaisirs. C’est pour cela que j’ai chanté avec Michel, que j’ai fait un disque de chansons brésiliennes  «Paris-Rio» avec Agnès Jaoui, Héléna Noguera, Liat Cohen. Et je prépare un disque consacré à Claude Nougaro.

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Et toi Macha… la chanson ?
Ce n’est pas mon truc mais j’ai retrouvé plein de musiques de chansons que Michel m’a laissées. J’ai donc décidé de sortir tous les ans un disque d’inédits. Le premier sera fait des musiques de Michel et j’ai confié les paroles à de grands écrivains : Modiano, Amélie Nothomb, Keffelec, Michel Onfray. C’est incroyable comment ils ont compris la musique de Michel».
D’ailleurs, avant la présentation de la pièce, Macha a proposé à Michel Boujenah de rendre hommage à notre grand compositeur de manière à la fois originale et émouvante. On a pu retrouver, dans un halo de lumière sa voix dans une chanson inédite «Ensemble» qui de plus, se rapproche de son vécu avec Macha. Ce fut un moment intense dans un recueillement magnifique. Beau cadeau qu’elle nous a fait là. C’était une chanson qui avait été écrite pour Yves Montant dans film de Jacque Demy « Trois places pour le 26 » et qui n’a pas été retenue.
«C’est une chanson que je sortirai en disque et j’y mettrai ma voix dessus». Beau duo en perspective !
«Revenons à cette pièce…
… Macha : que nous avons jouée 118 fois, en grande partie au théâtre du Colombier.
Natalie : C’est la 119ème ce soir ! Et le théâtre du Colombier a été un véritable écrin pour cette pièce.
Macha : Nous la reprenons en tournée. Nous la jouerons au Théâtre Tourky le 20 novembre.
Macha, on connait ta carrière cinématographique. Et vous Natalie, ça vous tente ?
Évidemment ! je suis ouverte à toute nouvelle proposition. Mais à mon âge, je ne me fais pas trop d’illusions. Les réalisateurs ont du mal à monter des films sans de grands noms. Alors qu’au théâtre, il y a beaucoup plus d’ouvertures.
Macha : La loi des chiffres est inexorable. Tu sais que j’ai eu la chance de pouvoir démarrer dans ces années où tout était possible. Aujourd’hui, c’est devenu très difficile.
Tu as fait aussi une jolie carrière en Italie ?
C’aurait pu être mieux mais là, j’ai démarré au moment des Brigades rouges et le cinéma s’en est beaucoup ressenti. Tu sais, lorsque la société est trouble, le cinéma l’est aussi. Mais le théâtre est en fait plus intéressant que le cinéma, tous points de vue. D’abord, les relations au théâtre sont beaucoup moins superficielles qu’au cinéma où il y a une concurrence terrible…
Natalie : Je pense que cela vient du fait qu’on est ensemble à longueur de journées, pour les répétitions, pour se retrouver tous les soirs sur scène et encore plus en tournée. Des liens, des familles se soudent. Les relations sont moins fragiles qu’au cinéma.
Alors aujourd’hui ?
Macha ; Il y a la tournée, qui nous permettra de rester encore ensemble. Et puis tu sais que j’ai le projet de ce festival de musiques de films qui se déroulera en juin 2020 dans la propriété de Michel qui compte 250 hectares et un petit château, magnifique écrin pour lui rendre hommage».

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Nous en reparlerons bien sûr en temps utile, tout comme nous allons suivre la nouvelle voie que prend avec bonheur et succès celle qui fut une magnifique soprano et que nous retrouverons sur la route de la tournée.

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Festival de Ramatuelle
La série Lellouche-Vadim-Brécourt continue

LE TEMPS QUI RESTE

Tous les deux ans, c’est devenu une habitude : on retrouve les trois mousquetaires accompagnés d’une gente dame. Nos trois mousquetaires sont Philippe Lellouche, qui signe aussi cette nouvelle pièce «Le temps qui reste», et ses deux complices inamovibles : Christian Vadim et David Brecourt. Et la petite dernière arrivée, la lumineuse Mélanie Page.
Comme à chacune des pièces qu’ils ont créées ensemble, passage obligé à Ramatuelle où l’ami Boujenah, directeur artistique du festival, nous dit que c’est devenu une tradition et que c’est comme une série qui voit le retour de l’équipe, pour le plus grand plaisir du public.
Rendez-vous à 15h30 sous le chaud soleil estival. Rencontre… à 19h30 pour cause de piscine et encore seuls Philippe et Mélanie prendront le temps de nous répondre, les deux autres on les «coincera» dans les loges pour quelques brèves confidences !

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Mélanie, comment entre-t-on dans un trio de mâles bien soudés et si complices ?
(Grand sourire) Bien, très bien même ! J’ai vraiment été accueillie les bras ouverts, ça a été très agréable et très rapide.
Philippe, comment s’est fait le choix de Mélanie ?
Je l’ai découverte au théâtre de la Madeleine où elle jouait «L’heureux élu» d’Eric Assous. Je l’ai trouvée remarquable et j’ai ressenti tout de suite qu’elle correspondait à tout point de vue au rôle.. J’ai découvert avec bonheur une grande actrice Je ne me suis pas trompé. C’est un Stradivarius, une vraie personnalité… Un soleil !
Quel effet cela vous fait-il de vous retrouver ici ?
Je me sens chez moi et, comme le dit Michel, qui, avec Jacqueline Franjou, nous accueillent magnifiquement.il semble qu’à chaque fois on propose un nouvel épisode d’une série. De plus, l’accueil est très chaleureux et c’est un vrai plaisir que de s’y retrouver. Lorsqu’on a joué pour la première fois, c’était avec «Le jeu de la vérité». C’était encore au temps de Jean-Claude Brialy qui était venu nous voir à Paris et avait eu cette belle phrase : «Visconti adorait jouer au jeu de la vérité. Je vais faire pareil. Ecris-moi une pièce». Hélas, ça n’a pas pu se faire. Ce festival est tellement agréable, c’est chic, c’est à la fois un plaisir et une certaine nostalgie et c’est un honneur que d’y venir et revenir.

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Comment s’est formé le trio ?
Ca fait  plus de 15 ans qu’on travaille ensemble.
J’ai découvert Christian dans une série TV et j’ai découvert en lui une vis comica incroyable que j’avais envie d’exploiter. David et moi nous connaissions car nous étions voisins à Barbizon. Je l’avais découvert dans la série «Sous le soleil». Lorsque j’ai écrit ma première pièce, j’ai très vite pensé à eux et nous sommes aussitôt partis en pilote automatique.
David me dira plus tard :
«Notre rencontre a été guidée par le hasard. Il se trouve que Philippe et moi habitions tout près l’un de l’autre à la campagne. On ne se connaissait pas mais on s’est retrouvé autour d’une table chez des amis communs. A la fin du repas, il m’a proposé sa pièce «Le jeu de la vérité». Il a fait de même avec Christian».
As-tu vite dit oui ?
…Oui ! la pièce était percutante et je découvrais un véritable auteur avec beaucoup de talent, une grande intelligence, une grande vivacité d’esprit… Avec Philippe, on a touché le gros lot et depuis, nous sommes engagés dans la même aventure !
Nous avons donc joué avec succès «Le jeu de la vérité». C’est la première pièce que nous avons créée, puis il y a eu sa suite «Le jeu 2 la vérité» et «Boire, fumer et conduire vite», «L’appel de Londres»… il y a eu les films et enfin «Le temps qui reste»
Christian m’avoue
«Ca fait 17 ans qu’on est ensemble, aussi bien au théâtre qu’au cinéma et avec eux on sait que ce n’est jamais la dernière, on sait déjà qu’il y aura une suite. Donc ce soir nous sommes joyeux, heureux,
Philippe… Auteur, scénariste, réalisateur, metteur en scène, comédien, journaliste, chanteur… Qu’est-ce que vous n’avez pas encore fait ?
La météo ! Blague à part, tous ces métiers sont les mêmes, chacun est la prolongation de l’autre, c’est en fait raconter des histoires de diverses manières.
Lorsque vous écrivez, vous pensez toujours à eux ?
Oui, très souvent lorsqu’il y a plusieurs personnages. Mais j’ai écrit pour Gérard Darmon «Tout à refaire» et au départ, je n’avais même pensé à y jouer. Sinon, je pense à eux, évidemment. Nous sommes amis, nous avons le même âge, les mêmes préoccupations, je développe des thèmes d’actualité qui les intéressent. En fait, nous sommes la seule troupe de théâtre privé existant en France !

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Et si entre eux c’est «à la vie à la mort», ils n’en continuent pas moins leur carrière chacun de son côté, David ayant cette année tourné pour la télévision dans «Léo Mattei» et ayant joué au théâtre « En ce temps là, l’amour » de Gilles Ségal. Philippe ayant joué et mis en scène «L’invitation» d’Hadrian Raccah, Christian ayant tourné dans le film de Pascal Thomas, «A cause des filles».
Et ce soir, sur la scène de Ramatuelle, on les a retrouvés, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres David dans des scènes désopilantes où il avoue son homosexualité et son amour pour Christian, toujours à côté de la plaque aussi naïf que blagueur, Philippe, le plus sérieux, touché par la mort de leur ami qu’ils viennent d’enterrer et se retrouvant chez sa femme qui va les épater par ses révélations. D’ailleurs, bien des secrets vont être dévoilés au cours de la soirée. La crise des 50 ans  éclate dans toute sa splendeur où chacun commence à se poser des questions sur le temps qui leur reste à vivre et comment le vivre.
C’est émouvant par moment, drôle très souvent, les dialogues sont ciselés et percutants et, comme le veut la tradition, les coussins ont plu à leur salut.
Belle soirée sous les étoiles devant une salle pleine à craquer.

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Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Ramatuelle -Les nuits classiques
Eric VU AN joue « Cassandra »

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Eric Vu An est l’un de nos plus talentueux danseurs contemporains.
D’origine vietnamienne, il entre à l’Opéra de Paris en 1974 et dansera pour les plus grands chorégraphes, de Carolyn Carlson à Maurice Béjart en passant par Rudolf Noureev, Alvin Aley, William Forest….
Après avoir été directeur de Grand Théâtre de Bordeaux, puis maître de ballet au Ballet National de Marseille, il est aujourd’hui directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée. Entre quelques rôles au cinéma et à la télévision, il continue son métier et  il sera j’un des invités des « Nuits Classiques »du Festival de Ramatuelle. Il y dirigera et dansera le Ballet Nice Méditerranée dans le ballet « Cassandra » sur une chorégraphie de Luciano Cannito et des musiques de Saint-Saëns, Prokofiev et Elvis Presley le samedi 27 juillet à 21h, en ouverture des Nuits classiques.

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Eric Vu An, pouvez-vous nous parler de Cassandra ?
L’action se situe dans la Méditerranée sous le symbole de la Guerre de Troyes. L’auteure, allemande, Chrita Wolf a choisi de transposer symboliquement cette Guerre de Troie; une guerre que tout le monde connaît en reprenant tous les personnages mythiques, dans un village de la Sicile en 1953. Priam est représenté par le maire du village, il y a sa femme, Hécube, leur fils, Pâris, est aux Etats-Unis (qui est un peu l’équivalent d’Athènes). Nous avons Cassandra qui est toujours ce personnage qui a des visions, qui fait des rêves et des cauchemars et qui anticipe ce qu’il va se passer. Cassandra est la fille des grandes puissances de ce petit village de Sicile et il y a l’arrivée d’un extra-communautaire en le personnage d’Enée qui vient de l’étranger. Tous deux vont avoir une relation amoureuse mais ce couple ne pourra pas rester ensemble. Elle choisira à la fin de s’occuper de sa famille et du village et lu partira. J’ai beaucoup dansé ce personnage, Luciano Cannito m’a demandé de me remettre dans le spectacle. Tout est monté comme des flash back, c’est un peu comme le Cinéma Paradisio. Cette année à Nice nous fêtons les 100 ans des studios de la Victorine, en parlant avec Luciano, je lui ai demandé s’il ne serait pas intéressant d’intégrer le cinéma dans le spectacle. Luciano est devenu cinéaste mais aussi, Ulysse apporte au village la télévision, symbole ici du Cheval de Troie. Il y avait un vrai lien possible avec les images : l’audiovisuel va complètement anéantir les habitudes de ce village parce que tout le monde va se mettre à regarder la télévision et sera pratiquement lobotomisé et c’est pour cela qu’ils seront volés par le pouvoir américain.
Luciano Cannito travaille régulièrement avec le ballet Nice Méditerranée. Quelles raisons vous ont amené à monter ce spectacle ?
Nous avons beaucoup travaillé ensemble et c’est la troisième fois que je l’invite pour une troisième pièce avec la compagnie. Il y a une grande complicité avec Luciano. Les ajouts qu’il a faits sur le personnage supplémentaire, qui est ce double du personnage d’Enée et que je danse dans la pièce, nous l’avons travaillé en trois jours car nous nous connaissons très bien. Quand il commence une phrase, je la termine quelque part sur un plan artistique. C’est important et très agréable de cheminer comme ça avec certaines personnes pendant plusieurs décennies.

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Ici sont mêlées des musiques très différentes, d’époques et de pays différents (Saint-Saëns, Prokofiev, Presley). La danse est également très éclectique puisqu’on retrouve à la fois du néo-classique, de la danse contemporaine et folklorique.
Il y a surtout le compositeur Marco Schiavoni qui a été capable de coudre quelque chose qui fait le lien entre tous ces univers et tous ces paradoxes. Elvis Presley, c’est l’incursion de l’Amérique dans un village de Sicile. Quant à la danse, il s’agit plus de néo-classique que de classique. Par exemple, quand on fait Don Quichotte, il y a beaucoup de classique avec les filles sur pointes alors qu’ici, même si le langage et la technique sont très classiques, les filles sont sur demi-pointes. C’est plus une technique classique et contemporaine au service d’une histoire, d’une interprétation, de quelque chose qui vous emmène dans un univers. En regardant Cassandra, vous voyez une histoire et vous écoutez un film muet.
Les danseurs vont danser au Théâtre de Verdure, quel est votre rapport avec le plein air ?
D’un point de vue personnel, j’aime beaucoup le plein air. D’abord parce que je trouve que c’est très écolo. En étant à l’extérieur, on ne respire par un air saturé par le refroidissement ou le chauffage. Bien sûr, on peut voir arriver des insectes en plein visage et il faut s’adapter mais on fait partie d’un tout, on a la possibilité de voir les étoiles qui sont juste au-dessus. Un des plus beaux souvenirs que j’ai est d’avoir dansé à Athènes « Le Prélude à l’après-midi d’un faune » et de voir l’Acropole juste à côté. C’est pour ça que je souhaite emmener mes danseurs en plein air. Il y a beaucoup de contraintes mais la magie du résultat au moment où ça existe, c’est fabuleux, surtout quand on raconte une histoire comme celle de la Guerre de Troie qui est quelque chose de séculaire.
Cela fait dix ans que vous êtes directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée, quelle direction souhaitez-vous donner  à votre carrière pour la suite ?
Je suis venu car Christian Estrosi était devenu maire de Nice et quand je lui apporté le projet, il l’a complètement soutenu, il faut dire qu’il est vraiment derrière sa compagnie. Ce qui est important est de continuer vers la même direction que celle que nous suivons depuis depuis dix ans. C’est une compagnie qui a la réputation d’avoir des répertoires rares, on essaie d’avoir une véritable personnalité et de faire des choses que d’autres compagnies ne font pas. Dans la mondialisation qui existe aujourd’hui, avec l’excellence des interprètes qu’il peut y avoir un peu partout on a tendance a avoir un peu partout les mêmes chorégraphes mais c’est vrai que j’essaie de faire attention. L’important c’est la personnalité de la compagnie et l’excellence de la danse classique et néo-classique et continuer de faire des choses qu’on ne voit que chez nous.

Propos recueillis par Coraline Aime

Egalement :
Dimanche 28 juillet 21h30 : « Anges et démons » avec Gosha Kowalinska, mezzo-soprano, Guillaume Dussau, basse et Mari Laurila-Lili, piano.
Mardi 30 juillet 21h : Choeur et Ensemble Orchestral de l’Opéra de Nice dirigés par Giulio Magnanini. Récitante : Sonia Petrovna.

Jean-Christophe SPINOSI… Heu-reux !

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Avec Dominique Ducasse

Retrouver Jean-Christophe Spinosi est toujours un vrai plaisir, tant ce grand violoniste et chef d’orchestre reconnu mondialement, est d’une grande simplicité, chaleureux et passionné.
La musique c’est sa vie et ce rendez-vous annuel à la Collégiale de Six-Fours est devenu incontournable pour des centaines de spectateurs qui, chaque année, de précipitent à ses deux concerts, toujours originaux, réunissant à la fois les mélomanes et les néophytes, car Jean-Christophe a aussi le talent de rendre la musique dite « classique » populaire et accessible à tous.
Plaisir donc de le retrouver dans ce cadre idyllique, pour la générale du premier concert qui se déroulera le mercredi 17 juillet à 20h30.
Cette générale à la particularité d’âtre gratuite, ouverte à tous, ce qu’ont voulu Jean-Christophe, le maire de Six-Fours Jean-Sébastien Vialatte et son adjointe aux affaires culturelles Dominique Ducasse.
« Cette initiative – nous confie Jean-Christophe –a un sens universel et nous rapproche des gens. C’est une  création sur l’Humain, dans un contexte de partage, le but étant de faire ressentir à tous que cette musique dite « du passé », reste moderne et plus vivante que jamais. Ca donne du sens et de l’oxygène !
C’est pourquoi j’essaie toujours de montrer leur modernité.
C’est pourquoi cette année, je mêle Vivaldi, Haendel, Purcell , Paul Mc Cartney, John Lennon, Freddy Mercury dans le second concert intitulé « La battle des anges » qui aura lieu le vendredi 19 juillet à 20h30
Toutes ces œuvres s’imbriquent car elles ont un point commun : elles sont énergiques et virtuoses. C’est pourquoi j’ai imaginé un double chœur qui se répond dans une spiritualité pleine de joie et d’espoir. Le premier chœur est baroque, le second inocule le virus du gospel. Ca a quelque chose d’universel, une sorte de mise en abîme temporelle entre le classique et la pop anglaise, qui déclenche l’émotion. Mon but est de faire ressentir une œuvre en prenant des chemins détournés et prouver que classique et moderne peuvent se confondre »

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Revenons à ce premier concert qui s’intitule « Index pro memoria »
Il est parti d’un gribouillis découvert au verso d’une partition. J’ai pu y déchiffrer sept mesures, séparées de deux barres, ce qui signifie que nous avons affaire à sept œuvres différentes, avec des thèmes très différents, ce qui est très étrange. J’ai donc dû parcourir tout le catalogue des œuvres de Vivaldi et Dieu sait s’il a été prolixe ! J’ai ainsi découvert l’ouverture d’un opéra, des concertos pour cordes et violons et même pour orgue, ce qui est rare chez ce compositeur. Ca  se termine par un concerto pour deux pianos d’une grande virtuosité et par un véritable feu d’artifice ».
Cette générale a été magistrale même si, comme toute générale qui se respecte, il y eut quelques arrêts pour des mises en place, des modifications, des mises au point. Ce fut un grand moment fortement ovationné, l’apothéose étant cet extraordinaire avec son premier violon.
Un CD de ces concerts est-il prévu, Jean-Christophe ?
Why not ? J’aimerais beaucoup. L’avenir nous le dira.
Bien entendu, alors que nous avions déjà eu l’occasion de nous entretenir sur ses multiples projets  qui ne cessent de s’allonger et de l’emmener au bout du monde, il avait été question d’un voyage en Russie pour des concerts à Moscou et St Petersburg qui se sont superbement déroulés, il a eu la joie et l’honneur de la visite de Valery Querquier, chef d’orchestre russe mondialement connu et d’Alexeï Shalashov, directeur de l’orchestre philharmonique de Moscou.
A St Petersburg, il a joué avec l’orchestre philharmonique de Monte Carlo, les grands musiciens français : Ravel, Debussy, Dukas, Fauré, Saint-Saens.
Il a déjà d’autres concerts de prévus en Russie mais entretemps, deux événements qui lui tiennent à cœur :

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« Fin août, je suis invité au théâtre Colo de Buenos Aires, un immense et incroyable opéra, qui est un lieu historique. Début octobre, je donnerai des concerts au Liban et en Egypte (Le Caire, Alexandrie) pour le 150ème anniversaire du Canal de Suez. Ce sera un concert qui mêlera musiciens, musiques et instruments occidentaux et égyptiens ».
Tout ce qu’il aime : les métissages, les musiquent qui se mêlent et se répondent, des musiciens de diverses origines.
En fait, Jean-Christophe Spinosi est un homme et un musicien heu-reux !

Jacques Brachet

Le Festival de Musique de Toulon et sa région
L’Estival 2019 : Forever

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En ce vendredi 6 juillet surchauffé, sur la place de l’Equerre de Toulon, l’Orchestre symphonique du Conservatoire TPM donnait un concert intitulé « Forever », « pour toujours », bien nommé puisqu’il s’agissait d’un programme basé sur des thèmes issus de grands films emblématiques de leur époque, thèmes que tous les plus de 20 ans doivent connaître.
L’Orchestre Symphonique du Conservatoire TPM était renforcé par la participation d’enseignants et d’élèves des classes de jazz et musiques actuelles amplifiées. C’est dire que sur scène était présenté un immense orchestre, dirigé avec maestria par Jean Louis Maes.
Celui-ci eut l’idée de présenter chaque morceau sous forme de quizz (devinette en français) en donnant l’année, le nom de quelques acteurs, un résumé du film. A charge pour le public de trouver le titre du film. Facile pour l’immense public qui remplissait la place. Cette façon de procéder permettait d’inclure joyeusement le public dans cette soirée, et de nous faire travailler la mémoire. Je regrette que Jean Louis Maes, n’ait pas nommé les compositeurs de chaque pièce, sauf pour « Lawrence d’Arabie » et « Docteur Jivago » de Maurice Jarre. Chauvinisme ? Je plaisante bien sûr. Tant ce petit jeu était bon enfant. Les musiques étaient de Elmer Bernstein, Maurice Jarre, Henry Mencini, Ennio Morricone, Serge Gainsbourg, Scott Bradley, Louiguy
On entendit donc des airs majeurs de « La Panthère rose, du Parrain, des 7 mercenaires, et d’autres ; et des chansons qui, extraites de films, ont fait une carrière qui dure encore, Forever. C’est « Singing in the Rain, La Javanaise, Pull marine (paroles d’isabelle Adjani), la Gadoue toutes trois de Serge Gainsbourg, la Vie en rose (parole d’Edith Piaf) » arrangée par Franck Pantin; chansons chantées avec conviction par Nina Montanaro, avec une très belle réussite sur « Pull marine», d’une tessiture difficile

B C

Les moments les plus forts, musicalement, me semblent avoir été « Les 7 Mercenaires et Lawrence d’Arabie », ce qui n’enlève rien aux autres interprétations.
Ce sympathique concert se termina par « La Bamba », écrite sur un air traditionnel mexicain, la musique du film étant composée par Miles Goodman et Carlos Santana. Cette « Bamba » fut le tube inévitable des années 60. Pas étonnant que le public l’ait chantée avec l’orchestre lors de la reprise.
Chapeau bas à cet orchestre d’un soir et à son chef Jean Louis Maes car c’est une gageure que d’arriver à mettre en place un tel groupe, nombre des musiciens sont encore des adolescents, et surtout, en si peu de temps, une semaine m’a-t-on dit, et cela après avoir donné d’autres concerts auparavant.
Saluons l’action du Festival auprès de la jeunesse, car tout au long de l’année un travail de fond est mené auprès des scolaires, des collégiens, des lycéens, pour leur faire connaître et aimer la musique. Et mettre sur scène ceux qui pratiquent la musique.

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Serge Baudot
Concerts à venir à la Tour Royale à 21h30 :
Lundi 8 juillet : Die Innere Stimme : Simon Ghraichy au piano dans un répertoire éclectique.
Mardi 10 juillet : Odyssées avec Alexandra Soumm au violon et Illya Amar au vibraphone dans une interprétation des folklores de l’Europe de l’Est, d’Israël et du Bassin Méditerranée, plus quelques auteurs classiques. Un voyage à découvrir.

Festival de Musique de Toulon et sa région
L’Estival 2019 : Les voix animées

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Le 4 juillet, le groupe vocal Les Voix Animées venait fêter ses 10 ans par des « Célébrations A Cappella » dans le cadre merveilleux de la Tour Royale de Toulon, sous les étoiles d’une nuit chaude, avec parfois le cri d’une mouette, et le parfum de la Méditerranée qui roulait doucement ses vagues au pied de la Tour.
Le programme habituel des Voix Animées est en général constitué de ce qu’on appelle la musique sérieuse. Grande nouveauté, voire une nouvelle étape, les Voix Animées ont choisi de fêter leurs 10 ans en chansons, la grande chanson française, britannique, et celle des comédies musicales : Bécaud, Dutronc, Vian, Montand, Brassens, ABBA, The Mamas and the Papas, Bernstein, Rodgers and Hammerstein…
La question qu’on pouvait se poser : comment vont-elles s’y prendre. Un leader accompagné par les autres interprètes qui imiteraient des instruments ? Eh bien non ! Elles ont fait appel à des arrangeurs, et non des moindres (la plupart étaient présents dans l’enceinte) : Etienne Desaux, Alcibiade Minel, Anne Mirou, Etienne Planel, qui surent, chacun à leur façon, construire des sortes de concertos grosso en utilisant les différentes voix selon leur tessiture et leurs qualités, mêlant fugues et contrepoints, sans oublier le rythme propre à chaque chanson. On peut d’ores et déjà dit que ce fut une réussite totale.
On connaît la qualité des Voix Animées qu’on a souvent le plaisir d’entendre dans la région dans des répertoires divers.
Le concert débuta et se termina par des chants du répertoire « sérieux » (Orlande de Lassus, Giovanni Pierluigi da Palestrina) avec en intermède au milieu du concert le « Pastime with Good Company » écrit par le roi Henri VIII, dans une brillantissime interprétation.
Quelques chansons se détachèrent plus particulièrement comme « Il est cinq heures, Paris s’éveillent », dans une tout autre approche que celle de Jacques Dutronc, et un arrière plan qui faisait oublier la flûte de Roger Bourdin. Le « J’suis Snob » de Boris Vian, détaillé délicieusement et malicieusement, une véritable saynète. A bicyclette offrait toute la joie d’une promenade à vélo dans la campagne. « La mauvaise réputation » de Brassens envoyait dinguer les « braves gens ». Une trouvaille sensationnelle pour « Et maintenant » de Bécaud-Delanoë chanté sur un accompagnement Boléro de Ravel ; sacré trouvaille ! Et la « Mélodie du bonheur » de Rodgers et Hammerstein, là encore une saynète acrobatique vocalement, et réjouissante.

B C

Il y avait peut-être un peu moins d’invention sur les thèmes anglo-saxons, mais eux aussi étaient traités d’une façon absolument neuve et originale.
Apothéose oblige : la création mondiale de l’œuvre de Philip Lawson (ex baryton et arrangeur des King’s Singers) composée sur des thèmes des grandes comédies musicales d’Andrew Lloyd Webber, intitulée « A Lloyd Webber Medley ». Un véritable feu d’artifice.
Ce soir les Voix Animées étaient Anara Khassenova, Sterenn Boulbin, Isabelle Schmitt, Raphaël Pongy, Damien Roquetty, Mathieu Becquerelle, emmenées par le baryton Luc Coadou qui assure également la présentation des morceaux, et des imprévus, avec un sobre humour britannique absolument roboratif.
Pour clore cet anniversaire les Voix Animées « se » chantèrent « Joyeux Anniversaires », avec nos vœux les plus sincères, avant de nous quitter sous un jet de lumière.
Certes on aimerait entendre ce concert en acoustique dans une salle, mais la sonorisation de Marc Poveda était remarquable, laissant entendre chaque voix séparément dans le même registre de puissance, avec la rondeur des ensembles. J’ai moins apprécié les lumières colorées se manifestant de temps en temps derrière le groupe, mais c’est la mode. Des lumières naturelles auraient mis la pierre en valeur et donné plus d’intimité, de concentration. Mais ce n’est qu’un petit détail.
Un concert qui certainement marquera une date dans l’histoire de l’Estival du Festival de Musique de Toulon et sa Région

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Serge Baudot

Concerts à venir à la Tour Royale à 21h30 :
Lundi 8 juillet : Die Innere Stimme : Simon Ghraichy au piano dans un répertoire éclectique.
Mardi 10 juillet : Odyssées avec Alexandra Soumm au violon et Illya Amar au vibraphone dans une interprétation des folklores de l’Europe de l’Est, d’Israël et du Bassin Méditerranée, plus quelques auteurs classiques. Un voyage à découvrir.

Jazz à Toulon du 19 au 28 juillet
30 ans de concerts gratuits à travers la ville

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Manu di Bango

Jazz à Toulon fête cette année ses 30 ans. Dire que tout est parti d’un pari. Fin des années 80 le maire de Toulon était monsieur François Trucy. Il cherchait un moyen d’apporter de l’animation en même temps que de la culture dans les quartiers de la ville. Il faut dire qu’à l’époque l’offre culturelle était assez pauvre, contrairement à aujourd’hui où l’on n’a que l’embarras du choix. Son Chef de cabinet, Jean-Pierre Colin, amateur de jazz, qui venait de faire son service militaire à Boston où il avait fréquenté les jazzmen de la Berklee, lui proposa des concerts de jazz gratuits en itinérance dans différents quartiers de la ville. Le maire dit banco. Jean-Pierre Colin passa le bébé à Daniel Michel, alors directeur du COFS, musicien et jazzfan lui-même, qui mit la chose sur pied. Le festival s’appela d’abord « Jazz is Toulon », pour devenir plus modestement depuis quelques années « Jazz à Toulon ». Il y a 30 ans donc, en 1989, ce fut le départ, avec un invité de choix, Michel Petrucciani. C’est pourquoi cette année le festival rendra hommage au grand pianiste trop tôt disparu, en présence de ses deux frères : Louis, le contrebassiste, et Philippe, le guitariste, qui ouvriront le concert en duo, suivis par un groupe de musiciens qui ont participé au cours des ans aux fameux Worshops du festival qui propulsèrent tant de musiciens, amateurs ou professionnels. Ce seront Stéphane Bernard (p), Sylvain Rifflet (s), Olivier Miconi (tp), Mathias Allamane (b) et Sylvain Ghio (dm). Gageons que les frères Petrucciani se joindront à eux pour un bœuf mémorable.
Jazz à Toulon poursuit sa route, avec des concerts gratuits qui sillonnent la ville, sous la houlette de sa Présidente, madame Bernadette Guelfucci, et sa vaillante équipe. Rappelons qu’au cours de ces 30 ans c’est environ 2000 musiciens qui s’y sont fait entendre, parmi lesquels on peut compter quelques dizaines des plus grands.

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Ricardo del Fra – Agathe Iracema

Petite revue de détails pour cet été :

Pour les grands concerts du soir, quelques pointures :
Manu Dibango avec son  African Soul Safari ; Randolph Matthews et son Afro Blues Project : Manu Guerrero Quintet ; la chanteuse brésilienne Agathe Iracema ; Théo Ceccaldi Trio ; un événement avec le quintette de Ricardo del Fra pour un hommage à Chet Baker. Ricardo del Fra a accompagné Chet Baker pendant 9 ans. Il lui avait rendu hommage en 1989 (date du premier festival Jazz is Toulon) avec un album « A Sip of your Touch », puis il a renouvelé l’hommage 25 ans plus tard sous le titre « My Chet My Song » avec le Deutsches Filmorchester Babelberg. (Les deux œuvres ont paru en un coffret de 10 mai dernier). A Toulon ce sera en direct avec l’orchestre de l’Opéra, donc une nouvelle création ; Tony Allen avec The Source ; Kenny Garrett et son quintette, certainement le concert le plus purement jazz.

D E F
Theo Ceccaldi – Manu Guerrero – Kenny Garrett

Pour les concerts apéros :
Caravancello, deux violoncelles et des percussions ; The Po’Boys, menés par Poupa et Didou qu’on ne présente plus ici ; Sonia Winterstein dans son répertoire manouche ; Spirale Trio, de la fusion ; Ananda Revival avec de nouveaux musiciens pour un autre genre de fusion ; et le trio de l’excellent pianiste Alexis Tcholakian.
A noter une nouveauté, «Jazz Ambiance », une déambulation dès 10h du matin, le 19 juillet au centre ville avec Swing Pocket Manouche, et le 24 juillet du Pont du Las au Mourillon avec les Angels City Players qui jouent différents styles de jazz.
Oyez ! Oyez ! Voilà de quoi occuper ses journées et ses soirées, si on aime le jazz, bien sûr i

Serge Baudot
Renseignements : www.jazzatoulon.comwww.cofstoulon.fr – 04 94 09 71 00
Brochure dans lieux habituels.

Le Festival de Musique de Toulon et sa région
L’Estival 2019 du 12 juin au 20 juillet

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Suivant un rite bien établi depuis quelques années L’Estival a commencé (le 12 juin cette année) avec un programme hautement éclectique, par une journée de déambulation musicale « Les pianos sauvages », cinq grands pianos installés en divers endroits du Centre Ville et mis à la disposition de tout pianiste, débutant ou concertiste, passant par là entre 11h et 18h ; ils étaient aussi joués par des professeurs et des élèves du conservatoire. : belle occasion de partager des voyages musicaux.
Le soir à 18h c’était la présentation, sous la présidence de monsieur Claude-Henri Bonnet, de la saison estivale sur la place Puget, suivie par un récital à deux pianos avec Frantz Baronti et Bertrand Massei pour « Un voyage au dessus de l ‘Atlantique » ; et plus tard dans la soirée à 22h sur la place des Savonnières on pouvait assister à la projection du film «Buena Vista Social Clu » de Wim Wenders.
Cette année, le 14 juin, le Concert au profit de Pharmacie Humanitaire se déroula à l’église Saint-Jean Bosco avec le chœur de chambre Kallisté (direction Régine Gasparini) et l’Ensemble instrumental de Toulon et du var (direction René-Pierre Faedda dans un répertoire Mozart.
Le 22 juin montée au Mont Faron pour « Le Faron fête la musique » par l’Ensemble de cuivre des élèves du Conservatoire TPM.
En juillet viennent les grands concerts. Cette année le programme, très riche, fait preuve d’une belle diversité, et sort des sentiers battus. Différents styles de musique sont proposés aux mélomanes qui pourront satisfaire leur curiosité, et même faire des découvertes comme avec ce duo violon-vibraphone.
Tous les concerts de juillet se dérouleront à 21h30 à la Tour Royale, sauf celui du 6 juillet : en cas d’intempéries refuge à l’Opéra de Toulon.

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Violoncellopéra – Simon Ghraichy

Le 2 juillet place aux violoncelles français avec « VioloncellOpéra », 8 violoncellistes célèbres dans un répertoire classique et varié.
Le 4 juillet, l’excellent groupe vocal « Les Voix Animées » donnera ses « Célébrations a Cappella » pour un concert-événement des 10 ans de l’Ensemble (2009-2019), sur un répertoire de chansons modernes. Gageons que ce sera un grand et étonnant moment.
Le 6 juillet, «Forever» sur la Place de l’Equerre, un grand concert avec l’Orchestre Symphonique du Conservatoire TPM sous la direction de Jean Louis Maes avec des enseignants et des élèves des classes de jazz et musiques actuelles, sur des thèmes issus de comédies musicales.
Le 8 juillet, en piano solo «Die innere Stimme» (la voix intérieure) par Simon Ghraichy ; là encore un répertoire varié.
Le 10 juillet «Odyssées» duo avec Alexandra Soumm au violon, et Illya Amar au vibraphone, dans un voyage musical de Bartók à des musiques folkloriques d’Europe, d’Israël et de la Méditerranée.

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L’ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi

Concerts à la Collégiale Saint-Pierre de Six-Fours
Dans une deuxième partie l’Estival en partenariat avec la ville de Six-Fours propose trois concerts dont deux à la Collégiale Saint-Pierre à 20h30:
Le 17 juillet «Index Pro Memoria» avec l’Ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi dans un répertoire Vivaldi.
Le 19 juillet «La Battle des Anges» avec l’Ensemble Matheus et le chœur de chambre Melisme(s) dirigé par Gildas Pungier et le chœur Matheus, à nouveau dans un répertoire Vivaldi.
Le samedi 20 juillet à 21h au Parc de la Méditerranée «Baroque and Pop – Return to Forever» Il Giardino d’Amore avec Natalia Kawalek (mezzo), Stan Plewniak (chant), Stefan Plewniak (violon et direction). Une curiosité à découvrir sur de célèbres musiques pop et classiques.

Serge Baudot.
Renseignements : www.festivalmusiquetoulon.com – Tel : 04 94 93 55 45
Réservations : 04 94 18 53 07
Vente de billets aux endroits habituels

La Rochelle – Festival de la fiction télé

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Chaque année, depuis 21 ans, le Festival de la fiction TV est le témoin privilégié de l’évolution et de la croissance de la fiction française. Accueillant toujours plus de monde, il répond aux attentes d’un public fidèle et curieux mais aussi de professionnels passionnés et exigeants.
Le festival vise, depuis plusieurs années, différents objectifs, notamment celui de structurer et de réunir l’ensemble de la création audiovisuelle française, francophone et européenne dans un même lieu, et ainsi œuvrer au partage d’expériences, à l’échange de connaissances et de compétences.
L’an dernier, la vingtième édition du Festival de la Fiction, a été un succès sans précédent. Plus de 35 000 spectateurs et 2 200 professionnels ont foulé les salles du festival, en quête de plaisir, de découverte et d’émotion.
Plus de 50 œuvres françaises et internationales ont été projetées, parmi lesquelles, 42 films en compétitions : 25 oeuvres françaises inédites, 10 séries et films européens, et 7 séries francophones étrangères.
Le jury présidé alors par Marie Gillain a décerné le prix du meilleur téléfilm à « Jonas » de Christophe Charrier. Les Rendez-vous de la Création Francophone
En 2018, le Festival de la fiction imagine les premiers «Rendez-vous de la création francophone», dontl’ambition est de faciliter et privilégier la rencontre entre investisseurs internationaux et producteurs françaiset francophones porteurs de projets de séries en langue française à potentiel international. Il souhaite ainsi prouver que la création francophone est capable de franchir les frontières de la francophonie. Avec les Rendez-vous de la Création Francophone, le Festival offre un espace de rencontres convivial, un écrin de travail privilégié et intime où les producteurs et auteurs francophones sont susceptibles de rencontrer des investisseurs étrangers attentifs et intéressés par la production de séries en langue française ainsi que leurs homologues francophones.
Compte tenu du succès l’an passé et de son efficacité, Les Rendez-vous de la création francophone, seront de retour cette année : Le mercredi 11 septembre 2019 après-midi, en pré-ouverture du Festival de la Fiction, et le jeudi 12 septembre dans la matinée, des rencontres en tête à tête vont être organisées entre les professionnels internationaux invités à La Rochelle, qu’ils soient producteurs, distributeurs ou diffuseurs, et des producteurs et auteurs francophones porteurs de projets de séries TV en langue française au potentiel international.
FESTIVAL DE LA FICTION – 21e édition – Du 11 au 15 septembre 2019
Le 6 mai 2019, le Festival a lancé pour la deuxième année consécutive, un appel à projet à destination des producteurs et auteurs francophones ayants des projets de séries TV francophones pouvant dépasser nos frontières. Une vingtaine de projets seront soigneusement sélectionnés par un comité de professionnels, qui sera attentif au caractère totalement inédit des projets, à leur originalité, leur fort potentiel à l’international et leur intérêt suscité auprès des chaînes francophones.
Chaque projet de série, en cours de financement, sera présenté par le producteur et l’auteur en une quinzaine de minutes sur place. À eux de convaincre l’investisseur de l’intérêt de la production! Plus que jamais, le festival affirme sa position de premier Festival de fictions françaises, francophones et européennes.

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MARC TESSIER – Responsable du comité de sélection 2019
Cette année, Marc Tessier est nommé responsable du comité de sélection de la 21e édition du Festival de la Fiction, qui se déroulera à la Rochelle du 11 au 15 septembre 2019.
Les œuvres sélectionnées seront comme chaque année annoncées lors des conférences de presse qui se dérouleront fin août, à Paris et à la Rochelle.
Ancien élève de l’école Polytechnique et de l’École nationale d’Administration, Marc Tessier a participé au lancement de Canal+ dont il fut Directeur Général en 1983.
De 1995 à 1999, il a été Directeur Général du Centre national de la cinématographie (CNC), puis
élu par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) en 1999 à la présidence de France Télévisions.
En 2006, Marc Tessier se consacre au lancement de projets dans le domaine numérique, en particulier au travers de la société Vidéo Futur Entertainment Group.
Marc Tessier préside actuellement le Syndicat des éditeurs de vidéo à la demande et le Forum des Images depuis 2009, ainsi que Film France, en charge de la gestion des crédits d’impôts, depuis 2016.