Archives pour la catégorie Festivals

Première édition du Festival Départemental du Cinéma d’Auteur du Var

6/17 novembre
Rétrospective Christian PHILIBERT

D8

Les Ciné-débats citoyens ont le plaisir de vous présenter la 1ère édition du Festival Départemental de Cinéma d’Auteur, qui aura lieu du Mercredi 6 au Dimanche 17 novembre 2019 sur le territoire varois .
L’objectif du Festival est de mettre à l’honneur des réalisateurs dont l’œuvre cinématographique s’attache particulièrement à des questions humanistes, patrimoniales, historiques et universelles. Ce projet culturel et éducatif est élaboré avec des structures scolaires et sociales du département.
Pour cette 1ère édition, nous avons invité le cinéaste Christian Philibert dont la filmographie est profondément ancrée dans le sud de la France.
Né en 1965 à Brignoles dans le Var, il est notamment l’auteur des 4 saisons d’Espigoule, film culte sorti en 1999 qui fête cette année son 20ème anniversaire. Au fil des années, il construit une œuvre originale et sensible, drôle et authentique, toujours à la frontière du documentaire et de la fiction. Passionné d’Histoire, il a réalisé aussi plusieurs documentaires historiques, consacrés à des personnages et des événements souvent trop méconnus de l’histoire de notre région.
Le Festival propose une rétrospective de 12 films de Christian Philibert. Toutes les projections seront accompagnées par le réalisateur pour un échange avec le public. Axel Graisely et Lobé dédicaceront la bande dessinée Les 4 saisons d’Espigoule pendant toute la durée du festival.

C10

PROGRAMME DU 6 AU 17 NOVEMBRE
6 novembre – Draguignan – Auditorium Chabran :
14h00 : 1851, ils se levèrent pour la République
15h45 : Provence, août 1944, l’autre débarquement
17h30 ; Afrik’Aïoli
20h30 : Les 4 saisons d’Espigoule + Il était une fois… Espigoule :
7 novembre – Lorgues – Cinéma Jacky Mathevet
19h00 : 1851, ils se levèrent pour la République
21h00 : Travail d’Arabe
8 novembre – Salernes – Cinéma La Tomette
10h00 Séance scolaire : La revanche de Monsieur Seguin + Sur les traces du phacochère  14h30 : Les 4 saisons d’Espigoule
19h00 : Il était une fois Espigoule
21h00 : Afrik’Aïoli
9 novembre – Solliès-Toucas – Salle des Fêtes
18h30 : Provence, août 1944, l’autre débarquement
20h30 : Les 4 saisons d’Espigoule + Il était une fois… Espigoule
10 novembre – Fréjus – Cinéma Le Vox
16h30  : 1851, ils se levèrent pour la République
18h15 : Il était une fois… Espigoule
20h00 : L’affaire Yann Piat
21h30 : Afrik’Aïoli
12 novembre – La Garde – Médiathèque Louis Aragon
17h30 : 1851, ils se levèrent tous pour la République En présence de l’historien Jean-Marie Guillon
13 novembre – Brignoless – Cinéma La boîte à images
17h45 : L’affaire Yann Piat + Il était une fois… Espigoule
20h30 : Afrik’Aïoli
14 novembre – St Maximin – La Croisée des Arts
10h00 : 1851, ils se levèrent tous pour la République
14h30 ! Provence, août 1944, l’autre débarquement
17h30 : Les 4 saisons d’Espigoule
20h30 : Il était une fois… Espigoule + Afrik’Aïoli
15 novembre- Besse-sur-Issole- Cinéma Le Marilyn
18h00 : Les 4 saisons d’Espigoule
21h00 : Il était une fois… Espigoule = Afrik’Aïoli
16 novembre – La Seyne sur Mer – Salle Tisot
17h30 : Français à part entière + Travail d’Arabe
21h30 : Massalia Sound System, le film
17 novembre – Toulon – Espace Comedia
15h30 : Le complexe du santon
17h00 : Travail d’Arabe
17 novembre – Toulon – Le Télégraphe
19h30 : Massilia Sound System, le film  Programme :
21h30 Soirée de clôture avec DJ Kayalik
Nouvel album La Mixtape de Massilia Sound System

BARNABY was in la Rochelle !

DSC_0355

21 ans d’existence dont 18 années sur France 3 en France, 118 enquêtes, quelque 350 meurtres, l’Inspecteur Barnaby alias le dernier en date Neil Dudgeon a débarqué au festival de la Rochelle avec ses deux femmes, la première, Jane Wymark, la dernière Flora Dolman et son équipier, lui aussi le dernier venu, Nick Hendrix plus connu sous le nom du sergent Winter.
D’une grande simplicité, plein d’humour, Neil Dudgeon a été assailli au festival de la Rochelle par un grand nombre de fans, en majorité des femmes, qui se sont jetées sur lui pour avoir autographes et selfies et lui posant plein de questions auxquelles, débonnaire, il a répondu avec gentillesse et cet humour qu’on ne trouve que chez les anglais.
Bien sûr nous étions là nous aussi pour rencontrer cet inspecteur oh combien populaire.

IMG_20190914_123714

« Depuis tout ce temps, nous avons créé une vraie famille, même si quelques comédiens sont partis, ont été remplacés. A chaque fois que l’un d’eux disparaît, on dit qu’il est parti à Brighton !
Ce qui ne nous empêche pas de nous revoir.
Votre, ou plutôt, vos femmes sont très importantes aussi bien dans votre vie que dans vos enquêtes !
En fait, ce sont souvent elles qui nous aident à résoudre les énigmes car elles sont plus intelligentes, plus intuitives que nous ! Elles sont aussi plus douces… A mon avis, elles doivent avoir des intérêts dans la production !
Jane Wymark : C’est un peu normal car si lui est sur le terrain pour trouver des preuves, des indices, nous, nous sommes au cœur du village et de la population, nous sommes dans des associations. Moi j’étais dans la chorale et ainsi nous connaissons tout le monde et donc beaucoup de secrets.
Neil Dudgeon : A mon avis, elles font en sorte de commettre ou de commanditer les meurtres. C’est pour cela qu’elles sont mieux au courant que moi. C’est en fait un complot contre moi !
A quoi attribuez-vous cette longévité, ce succès de la série ?
Neil Dudgeon : Certainement au chien et à la musique de la série ! Chaque fois que je rencontre quelqu’un, il me la chante !
Jane Wymark : Il y a la qualité de la scénographie qui est toujours très précise, qui est assez linéaire pour que chacun puisse la suivre sans problème. Et il y a aussi la formidable entente entre les comédiens et je crois que ça se ressent.
Flora Dolman : D’abord, il y a de beaux paysages, de belles images et puis, à la différence des films tirés de romans comme ceux d’Agatha Christie, il y a toujours beaucoup d’humour.
Nick Hendrix : Les enquêtes sont tirées de romans de Caroline Graham et c’est donc en grande partie grâce à sa façon d’écrire que l’histoire est toujours intéressante. C’est vrai aussi que les paysages de la campagne anglaise sont un atout de cette série. De plus, ce n’est pas une série intellectuelle, elle s’adresse à tout le monde, chacun peut s’y reconnaître.

DSC_0356 DSC_0344

Neil Dudgeon : Sauf les cadavres ! Mais c’est vrai qu’on tourne dans des villages typiques de la campagne anglaise, du comté de Midsomer, qui sont pleins de charme. Chaque épisode est basé sur une formule simple et les sujets sont très divers et très différents d’un épisode à l’autre et à chaque fois il y a de nouveaux acteurs.
Avez-vous compté le nombre de cadavres qu’il y a eu depuis le début de la série ?
Il y en a à peu près deux par épisodes, parfois trois, on doit arriver aux alentours de 350. Ce qui serait amusant, c’est qu’on les réunisse tous autour d’une grande fête !
Le village de Midsomer existe-t-il  vraiment ?
C’est en fait le comté de Midsomer qui se trouve au cœur de l’Angleterre, qui réunit un certain nombre de villages. Et à chaque épisode, on tourne dans un village différent, ce qui en fait aussi l’intérêt. D’ailleurs, depuis le succès de la série, il y a des visites organisées autour de ces villages.
Combien d’épisodes tournez-vous par an ?
La cadence a beaucoup diminué. Nous en sommes aujourd’hui à quatre par ans mais à une époque nous en avons tourné jusqu’à dix.
Finalement, vous arrivez à résoudre tous les meurtres !
A chaque fois oui, sinon on laisserait le spectateur dans l’embarras. Mais il nous est arrivé à deux reprises de ne pas résoudre l’enquête… pour la bonne raison qu’en fait il n’y avait pas eu de meurtre !
Avez-vous chacun un épisode que vous avez préféré ?
Nick Hendrix :
Celui, particulièrement réussi, où l’on a découvert le cadavre agrafé dans la pelouse !
Flora Dolman : Celui où l’on retrouve le cadavre noyé dans du chocolat !
Neil Dudgeon : Celui où le cadavre enduit d’huile de truffe, a été mangé par un sanglier !
Jane Wymark : Celui où le meurtrier est un robot.

DSC_0335 DSC_0357

Etes-vous déjà sorti d’Angleterre pour tourner un ou des épisodes ?
Ça ne nous est arrivé qu’une fois où nous sommes allés tourner à Copenhague. Mais j’avoue que j’aimerais bien venir tourner en France car j’adore votre pays. Ce serait bien d’y venir tourner la centième !
A Paris ?
Pourquoi pas ? Et pourquoi pas à la Rochelle ? C’est une très belle ville.
A quand la nouvelle saison ?
Chez vous, ce sera au mois de mars sur France 3

En cadeau, nous avons eu droit à un épisode de la prochaine saison : «Midsomer murders», épisode 1 de la 21ème saison. Cela se passe dans un très beau lieu où se déroule un concours de danse de salon, le Paramount Dance Extravaganza, où bien sûr, un meurtre va être commis. Il est question de jalousie et de passion à travers la danse et les paillettes. Et nous avons eu la chance d’entendre les vraies voix de nos comédiens !

Barnaby - Copie

Jacques Brachet

La Rochelle – Festival de la fiction TV
21ème rendez-vous

IMG_1524
Alors que je quittais ma région varoise sous des trombes d’eau, je découvrais un merveilleux soleil à mon arrivée à la Rochelle. Soleil et chaleur qui ne nous quitteront pas durant ces trois jours de fête, de projections, de rencontres, d’interviewes que vous allez découvrir durant ces prochaines semaines.
Ce festival qui, parti de St Tropez, vient de fêter l’ancienne majorité, est en train de devenir un grand festival qui attire de plus en plus de monde, de plus en plus de professionnels, de plus en plus de presse. Surtout depuis qu’il s’est ouvert à l’Europe. Et si c’est la rançon de la gloire il faudrait que les organisateurs restent vigilants car il y a à la fois du bien et du mal. Voir ce qu’est devenu Cannes et sa foire d’empoigne, il serait dommage que la Rochelle perde son identité, son atmosphère bon enfant, sa chaleur humaine et surtout les conditions de travail que nous avons eues jusqu’à maintenant.
Je prends pour exemple «Plus belle la vie» qui fêtait ses 15 ans, qui  a été prise d’assaut par une presse qui ne s’en était jamais inquiétée (Nous étions, les autres années, une poignée d’assidus en conférences de presse) au détriment de ceux qui faisaient chaque année un papier. Nous avons été cette année mis sur le carreau faute de temps par une attachée de presse qui n’a pas fait de différence ni de quartier et c’est dommage.
Sans compter le public qui, certes, entre gratuitement à toutes les projections et dont des dizaines, cette année n’ont pu assister aux projections faute de place. Il va donc falloir que l’organisation soit vigilante à ce qui arrive à toute manifestation qui prend trop d’ampleur.
Malgré tout, nous avons pu travailler d’arrache-pied sous un soleil de plomb et nous avons ramené une moisson de reportages, nous avons vu de très belles œuvres que vous pourrez découvrir tout au long des mois à venir.

jury rochelle
Elodie Frenck, François Tron Isabelle Czajka, Valérie Karsenti, Marie Roussin, Alex Beaupain, Sydney Gallonde

Les temps forts
Plus de 60 œuvres françaises et internationales ont été projetées lors de cette 21ème édition, parmi lesquelles, 43 films en compétitions : 26 œuvres françaises inédites, 12 séries et films européens, et 5 séries francophones étrangères.
Une journée politique le vendredi 13 septembre avec le Grand Débat, sous le signe de  La nouvelle loi audiovisuelle, quels bénéfices en attendre pour la création ?», en présence de Monsieur le ministre de la culture, Franck Riester, et de nombreux professionnels.
Suivi du Débat francophone la même journée, ayant pour thème «Production, diffusion, distribution : «Comment promouvoir la francophonie à l’international ?»
Un Atelier de la fiction Européenne le jeudi 12 septembre avec comme invité exceptionnel Dominic Savage, auteur, réalisateur et producteur de la collection «I’m…» pour Channel 4, en compétition dans la catégorie Fictions Européennes. Avec la trilogie «I’m..», qui raconte trois histoires de femmes, l’auteur-réalisateur a partagé la plume avec trois immenses comédiennes que sont Samantha Morton, Gemma Chan et Leanne Best pour conter des moments-clés dans la vie de leurs personnages. Il est venu nous raconter notamment cette expérience et son parcours.
Le Festival s’est engagé également pour la seconde année avec l’association PFDM  Pour les femmes dans les médias» qui défend depuis 5 ans des valeurs fondamentales autour de l’engagement, del’entreprenariat, de l’égalité et de la parité entre hommes et femmes dans l’industrie audiovisuelle. A cetteoccasion, deux tables rondes ont été organisées jeudi 12 et vendredi 13 septembre, afin de confronter lestémoignages de professionnelles (scénaristes et comédiennes) de plusieurs générations.
Une table ronde CNC sur le thème «Séries et fictions, place au genre» le jeudi 12 septembre autour de la représentation des LGBT+ dans les séries, et savoir notamment où la France en est-t-elle de la représentation des identités de genre sur les écrans.
Enfin, suite au succès de l’an dernier, le mercredi 11 septembre après-midi, et le jeudi 12 septembre en matinée, le Festival de la Fiction a organisé la deuxième édition des «Rendez-vous de la création francophone», entre des professionnels internationaux invités à La Rochelle (producteurs, distributeurs ou diffuseurs) et producteurs francophones porteurs de projets de séries TV en langue française au potentiel international.
La première rencontre du festival est toujours celle avec son président, Stéphane Strano, qui nous accueille avec son habituelle gentillesse pour faire le point, justement sur le festival et sur la fiction française et européenne.

A

Stéphane STRANO : la rançon du succès
« C’est vrai, à notre grande surprise, ce festival a démarré sur les chapeaux de roues avec une bonne demi-journée d’avance. Il y a de plus en plus de monde, de plus en plus de professionnels.
Je suis très heureux de cette situation évidemment et lors de la venue du Ministre de la Culture, il va falloir lui faire comprendre ce qu’est et va être la télévision.
Notre mission est d’être au cœur de la création française et européenne. C’est aujourd’hui une magnifique vitrine qui revêt une grande importance et un véritable enjeu pour la circulation des œuvres européennes et francophones. Pas moins de 18 investisseurs s’intéressent cette année aux œuvres françaises.
Avez-vous des thèmes que vous désirez développer ?
Bien sûr, le premier étant la parité, la femme est, cette année, placée au cœur du débat et les chiffres ne sont pas très bons et il faut objectivement s’en préoccuper.
Le second thème est l’écologie. En cela, la ville de la Rochelle nous accompagne car elle a une réelle identité et ce partenariat est important pour nous.
L’Europe est aujourd’hui au cœur du festival…
Oui, et ce, depuis trois ans. Les propositions qui nous sont arrivées cette année ont doublé depuis l’an dernier. Nous en avons reçu 90. C’est une marque de confiance et d’intérêt importante pour nous, d’autant que les européens nous présentent des œuvres d’une qualité exceptionnelle. Les sélections espagnole et anglaise sont particulièrement formidables et l’extrême occident, comme les tchèques, les ukrainiens, les russes, se développe. La Russie a toujours été un pays qui apprécie la langue française. Tout cela dépasse le côté politique.
Pensez-vous que vous aurez les moyens de faire encore grandir ce festival ?
Il est vrai que le succès de cette année a fait que beaucoup de public n’a pu entrer aux séances, au profit des professionnels eux aussi de plus en plus nombreux. Il y a cette année 2300 accrédités !  Cela nous a surpris mais en dehors de cet enthousiasme immédiat, il va falloir en tenir compte. La ville nous offre déjà une nouvelle salle de cinéma et nous allons essayer de continuer dans ce sens.

B C
Stéphane Strano et Pauline Heurtait directrice du festival

L’an dernier, l’on pouvait se rendre compte qu’il y avait beaucoup de polars.
C’est un thème qui plait au public mais d’autres thèmes se développent aujourd’hui : les faits divers, les faits de société entre autres. Les Français aiment les fictions, les audiences sont en hausse, les unitaires sont plus nombreux et les séries plaisent particulièrement aux téléspectateurs. Elles développent les faits de société. Les deux catégories de fiction cohabitent avec bonheur et engagent les citoyens sur des sujets graves traités de diverses manières. Ce sont des moyens de faire passer des messages.
Le public jeune délaisse beaucoup la télé au profit des plateformes…
Ayant six enfants, je n’ai pas encore compris ce qu’ils y regardent ! C’est pour moi une véritable interrogation.
Il faut donc travailler dans ce sens et que les diffuseurs se posent aussi la question. Le replay est une force d’accès pour les jeunes. La moyenne d’accès est de 25 ans. Il faut donc se pencher sur ce problème.

Le jury
Valérie KarsentiPrésidente du jury – Comédienne – Alex Beaupain – Compositeur – Elodie Frenck – Comédienne – Marie Roussin – Scénariste – Sydney Gallonde – Producteur – Isabelle Czajka – Réalisatrice – François Tron – Directeur général des contenus RTBF
Parmi les 43 œuvres en compétition officielle dont 26 œuvres françaises (7 Téléfilms unitaires, 7 séries 52’ et 90’, 4 Séries 26’, 3 programmes courts, 5 fictions web et digitales), 5 Fictions francophones étrangères, et 12 Fictions européennes), le jury a remis 15 prix.A ces 15 prix s’ajoutent deux prix remis par la région, et un prix remis par le partenaire Télé Star/Télé Poche suite au jeu concours par vote des internautes.

J
L’équipe de « Temps de chien »

Le palmarès
Meilleur téléfilm : «Temps de chien», réalisé par Edouard Deluc (Arte France)
Meilleure série 52’/90′ : «Une belle histoir », réalisée par Nadège Loiseau (France 2)
Meilleure série 26′ : «Mental», réalisée par Slimane-Baptiste Berhoun (France.tv Slash)
Meilleure série web et digitale : «Lost in Traplanta», réalisée par Mathieu Rochet (Arte)
Meilleure fiction européenne : «Arde Madrid», réalisée par Paco León (Movistar+, Espagne)
Prix spécial du Jury fiction européenne : «Invisible heroes», réalisé par Mika Kurvinen et Alicia Scherson (Finlande)
Meilleure fiction francophone étrangère : «Helvetica», réalisée par Romain Graf (RTS Radio Télévision Suisse)
Meilleure réalisation : Simon Bouisson pour «Stalk» (France.tv Slash)
Meilleur scénario : «L’agent Immobilier », réalisé par Etgar Keret et Shira Geffen (Arte France)
Meilleur programme court : «Merci», créé par Vincent Toujas
Meilleure musique : «Les Grands», d’Audrey Ismaël et Bastien Burger (OCS)

G I H
Luna Carpiaux, Yanninick Choirat, Cécile Rebboah

Meilleure interprétation féminine (Ex aequo) : Luna Carpiaux «Connexion Intime» – France 2) et Cécile Rebboah «Itinéraire d’une maman braqueuse»  (TF1)
Meilleure interprétation masculine : Yannick Choirat «Un homme abîmé» (France 2 et TV5Monde)
Jeune espoir féminin ADAMI : Tiphaine Daviot «Une belle histoire» (France 2)
Jeune espoir masculin ADAMI : Théo Fernandez «Stalk» (France.TV/ Slash)
Prix Nouvelle-Aquitaine des lecteurs de Sud-Ouest : «Si tu vois ma mère», réalisé par Nathanaël Guedj (Arte France)
Prix des collégiens de la Charente-Maritime : «Les Grands» (OCS)
Meilleure séries de ces 5 dernières années – Prix Télé Poche / Télé Star (vote des internautes) : Les bracelets rouges (TF1)

E D F
Théo Fernandez, la présidente du jury Valérie Karsenti, Tiphaine Daviot

Jacques Brachet

Toulon – Le Liberté Plage :
3 soirées électro pop et un feu d’artifice

1 2 3

De l’avis partagé d’Hubert Falco, maire de Toulon et de l’artificier qui avait œuvré le 15 août, le feu d’artifice n’avait pas été ce que le maire en espérait. Du coup, l’artificier en question a offert de lle retirer le 27 août sur les plages du Mourillon.
Pourquoi cette date ? Tout simplement, alors qu’un feu d’artifice clot en principe une manifestation, celui-ci sera tiré en prélude à un festival qui, depuis trois ans fait fureur auprès des jeunes… et des moins jeunes et réunit les stars et celles en devenir de la musique électro pop.
C’est sur une idée des directeurs siamois du Liberté, Charles Berling et Pascale Boeglin-Rodier qui ont voulu terminer en beauté la saison estivale.
C’est au Liberté d’ailleurs, qu’ils étaient réunis avec Hubert Falco et Yannick Chenevard, adjoint entre autres à la sécurité civile pour nous parler – il était temps à J-2 ! – de cette belle manifestations qui réunit chaque année sur les plages du Mourillon, quelques  20 à 30.000 spectateurs toutes générations confondues.
Cette année encore, le programme est alléchant avec trois énormes têtes d’affiches, six jeunes talents et peut-être une surprise à la clef… que personne n’a voulu dévoiler … et dont tous en ont parlé !
C’est donc le feu d’artifice qui, à la fois, ouvrira… le feu des réjouissances tout en fêtant la libération de Toulon.

C A

Le Maire a bien souligné que cette grande fête musicale est entièrement gratuite et le budget annuel compris dans la programmation de l’année à venir du Liberté et précisé que, grâce à William, la qualité scénique était à la hauteur des grands festivals nationaux.
60 techniciens, 110 personnes pour gérer les concerts, l’arrivée et le départ de la foule, les parkings, 12 bus de 18 mètres avec des jalonnements pour le ramassage, jusqu’à 0h30. 10 bus pour les spectacles qui circuleront jusqu’à 1heure du matin. Une connexion avec le réseau bateaux-bus est également prévue. C’est ce que nous explique Yannick Chenevard qui ajoute qu’il y aura trois entrées parking surveillées et sécurisées sur lequel vous pourrez garer votre véhicule pour la somme de 3€. Bien entendu la sécurité devra fouiller véhicules et sacs et sacoches… Une organisation titanesque pour le bon déroulement de la manifestation. Un dispositif terre-mer important et constant.
A l’initiative de la jeunesse, Inès nous explique qu’entre 18h et 20 heures, sera systématiquement faite la collecte des mégots afin que le public arrive sur une zone propre. Des prix seront distribués par SITOMAT à certains qui auront fait du bon boulot et un concours photo a été lancé sur Instagram et les gagnants recevront des places de concert dans le carré d’or.
Enfin, nous en arrivons au programme que nous présentent Charles et Pascale, ravis de recevoir des stars internationales et de découvrir des artistes émergeants de cette musique particulière. Spectacles totalement gratuits, précise le maire.

B D

Les spectacles démarrant à 20h, le mercredi 28 août c’est l’un des plus grands DJ qui qui se produira et qui a déjà fait le tour du monde : Martin Solveg. En première partie passera le duo toulonnais Beep it et une petite nouvelle dont on parle déjà beaucoup : Sara Zinger.
Moins connu que Martin Solveg, arrive le  29 août, Lost Frequencies, alias Félix de Laet, qui est en train de pulvériser les vues sur Youtube… Près d’un million ! Ce jeune garçon au regard cerclé de petites lunettes, sait se déchaîner et prépare une immense tournée mondiale. Il sera précédé de Le Pèdre, alias Pierre Abbate, toulonnais encore, sa musique étant mâtinée de rock, de blues que son père lui faisait écouter et d’électro découvert plus tard. La jolie Suzane viendra compléter la première partie avec sa musique, ses mots qu’elle nous offrira en toute liberté.
Pour terminer la fête en beauté, le 30 août c’est Eddy de Pretto qui viendra nous apporter son monde à la fois poétique et sexuel, mi-rap, mi-électro, qui s’exprime avec une liberté totale. Il sera accompagné en première partie par Eve Dahan qui a fondé son propre mouvement activiste le BEATitude. Hervé nous proposera son monde original fait de mots sombres et tourmentés, de mantras introspectifs aux refrains entêtants.
Comme on le voit, mélange des genres et des générations qui devrait plaire à un public très larges.
Belles prestations pour finir l’été musical en beauté.
Ah, qu’on vous le dise et gardez-le pour vous, c’est une surprise : le célèbre toulonnais Kungs aujourd’hui connu internationalement, viendra rejoindre Martin Solveg… Que feront-ils ? Ah, on ne peut quand même pas tout vous dire !

Jacques Brachet

Carqueiranne, Festival «In Situ»
David MARTIN le théâtre, sa nouvelle passion

K

Plus ressemblant à qui vous savez… Tu meurs !
Mais David Martin est plus avenant, plus chaleureux, très volubile et c’est un plaisir que de rencontrer ce nouveau comédien qui a délaissé la cuisine pour la scène !
On le retrouve donc super décontracté malgré le fait que ce soir, au fort de la Bayarde, ce soit une grande première, avant d’aller jouer au Théâtre Edgar à Paris à la rentrée.
Ce théâtre dont Luq Hamett est le propriétaire et Luq qui, après avoir mis en scène Marion Game, met en scène cette pièce de Feydeau «Ciel, ma belle-mère» dans laquelle il joue et signe la mise en scène également.
Et même si l’adaptation est signée Emmanuelle Hamett (l’épouse de…) c’est du pur Feydeau avec les portes qui claquent, les situations cocasses et totalement déjantées, les courses-poursuites, et les placards où tout le monde se cache.
Barillon (David Martin) doit épouser une très jeune fille contre le gré de celle-ci. Mais à la mairie, l’employé aviné se trompe de nom et met le nom de la mère à la place de la fiancée. Le voici donc marié à sa belle-mère qui n’attendait que ça depuis son veuvage… Vous avez dit veuvage ? Eh bien non, son marin de mari qu’on croit péri en mer réapparait au bout de deux ans… accompagné d’un phoque ! D’où des chassés croisés avec le maire qui doit par ailleurs se battre en duel avec Barillon suite à une altercation, l’amoureux transi de la jeune épousée qui ne l’a pas été et un ménage à trois qui s’instaure…
C’est fou, c’est gai, c’est du champagne et du rire assuré avec une équipe homogène de comédiens formidables entourant Jacques Martin : Gwénola de Luze, incroyable dévoreuse d’hommes qui garderait bien les deux, Jean-Marie Lhomme, viril marin assoiffé de sexe… malgré le phoque, Nadège Lacroix et Thomas Vernant adorables amoureux de Peynet, Guillaume Darnault maire désopilant dépassé par les événements.
Inutile de vous dire que le public a bien ri et que malgré cette première, le vent qui s’en est mêlé et un pied de table défectueux, chacun s’en est sorti avec les honneurs, trac et plaisir mêlés comme pour chaque première.

G E
F H

David Martin, lui, était d’une décontraction incroyable et l’on a longuement bavardé ensemble.
David, comment passe-t-on de chef cuisinier à comédien ?
C’est dans les gènes et c’est une ambiguïté familiale depuis mon arrière-grand-père, qui était cuisinier à la cour de Nicolas II avant de venir s’installer à Lyon. Cuisine, spectacle, télé, nous sommes tous des cuisiniers ou des comédiens contrariés. Avec mes frères, nous avons toujours essayé de suivre notre père, ce qui n’était pas toujours facile. Mon père, ça a toujours été le spectacle. Moi ça a été la cuisine que j’ai pratiquée durant une quinzaine d’années… Ça a été un investissement sacerdotal… (J’aime bien cette expression !) J’ai toujours été très exigeant.
Comment s’est faite la transition ?
J’ai d’abord fait des «one man show cuisine» où je mêlais des anecdotes à des recettes. Et puis il y a eu Olivier Minne qui a réuni une trentaine d’animateurs télé (j’en faisais partie puisque j’animais alors une émission de cuisine) pour jouer un Feydeau pour la télévision. Ça a été une réussite et certainement le déclic qui a fait que j’ai commencé à penser au théâtre.
Et alors ?
Alors, après la disparition de mon père, j’ai vendu mon restaurant et je suis parti… au Cambodge où je m’y suis tellement bien trouvé qu’avec deux associés, nous avons ouvert un restaurant français près des temples d’Angkor, à Seim-Reap. Nous l’avons baptisé «Le Malraux». Il est très beau. Il faut savoir que ce pays est très francophile, c’est un ancien protectorat français. Et les touristes, après 15 jours de cuisine du pays, adorent retrouver notre cuisine, une bonne côte de bœuf, un bon vin français. Ça marche très fort depuis 15 ans. Et je souligne que c’est nous qui payons le mieux nos employés.

B

On est toujours loin du théâtre !
J’ai eu envie de rentrer en France et j’ai retrouvé Luq Hamett qui est un ami de trente ans et il a eu la gentillesse de me proposer ce rôle que j’ai très vite accepté car j’avais tout à fait le profil du rôle et de plus, Luq a beaucoup de talent, de gentillesse, de bienveillance. Du coup, après Carqueiranne, nous allons jouer à partir d’octobre dans son théâtre, le Théâtre Edgar et ce durant quatre mois, avant de partir en tournée.
Comment te sens-tu pour cette vraie première ?
Bizarrement à peu près Zen. Nous avons répété plus d’un mois au théâtre Edgar donc on est au point. Je pourrais avoir le trac si les choses étaient bancales. Mais on est prêt, on est une troupe vraiment familiale grâce à Luq qui sait créer cette ambiance. Les quelques petits problèmes sont le plein air, le vent, une grande salle où il faudra porter sa voix et surtout penser aux déplacements car la scène est beaucoup plus grande. C’est une petite gymnastique. Mais comme on est tous des grandes gueules, ça devrait aller !
Aujourd’hui, le théâtre c’est définitif ? Plus de cuisine ? Plus de télé ?
La cuisine c’est notre restaurant où je vais régulièrement. Là, avec la pièce, je ne pourrai pas y aller avant février mais il est en de bonnes mains. La télé, c’est une maladie et j’en suis guéri. C’est terminé. Lorsque j’ai commencé, il y avait très peu d’émissions de cuisine. Aujourd’hui il y en a sur toutes les chaînes et ça n’est pas toujours réussi.
Je préfère faire des conneries sur Internet !

I

Propos recueillis par Jacques Brachet

Carqueiranne – Festival In Situ : Marion GAME… la pêche !

I
Marion Game & Luq Hamett, le metteur en scène

80 ans passés, bon pied bon œil, bonne humeur, bon humour, je retrouve notre Huguette nationale alias Marion Game, à l’hôtel épuisée par la chaleur mais le regard qui vrille et le rire au coin des lèvres. Elle est accompagnée par Luq Hamett, auteur, comédien, directeur de théâtre, metteur en scène de la pièce , qui veille sur elle comme un fils.
Ils se connaissent depuis des années et se retrouvent au festival «In Situ» de Carqueiranne, elle dans « C’est pourtant simple », la première pièce de Sophie… Brachet, (qui n’est pas ma cousine !) lui, le lendemain dans une pièce de Feydeau « Ciel, ma belle-mère ! » et dans laquelle il joue avec entre autres David Martin (le fils de…) reconverti de cuisinier à comédien… Des chiens ne font pas des chats !
Nous voici donc réunis pour parler d’une pièce désopilante dans laquelle Marion et Geneviève Gil se disputent la vedette avec maestria.
L’histoire est assez compliquée et ce sont nos amis qui essaient de nous la raconter :

H G
F

« Il y a eu un cambriolage chez les Bordier. Ce qui ne fait pas l’affaire d’Henri Bordier (Emmanuel Vieilly) qui doit recevoir une jeune femme en l’absence de sa femme (Virginie Stevenot). Voici que s’en mêle Madame Pinson (Geneviève Gil), la voisine qui, voyant la situation, veut calmer le jeu. En fait, elle va tout compliquer, envahir le couple puis l’arrivée intempestive de la belle-mère d’Henri, l’ex star Simone Vannier (Marion Game) qui a décidé de faire un comeback hasardeux après dix ans d’absence et auquel elle seule croit, ne va pas arranger les choses ».
S’ensuit quiproquos et mensonges comme au bon vieux temps de Monsieur Feydeau.
Une pièce très réussie pour une première où Sophie Brachet nous prouve son esprit inventif fait de coups de théâtre, de répliques qui font mouche, de situations drolatiques… Lorsqu’on porte un tel nom on ne peut avoir que du talent !
Et nos deux comédiennes se livrent un duel plein d’à-propos et de quiproquos, de situations burlesques, dans cette machinerie bien huilée, les autres comédiens ne déparant pas et apportant aussi leur univers comique. Cette pièce est un délire total qui a fait crouler de rire le public, heureux de retrouver celle qui, chaque soir, rentre dans leur salon pour d’épiques scènes de ménages auprès de Gérard Hernandez.

B
L’équipe au grand complet : Elisa Aze, Geneviève Gil, Virginie Stevenot,  Luq Hamett, Marion Game, Emmanuel Vieilly et Julien… Brachet… Encore un !

Alors, heureuse, Marion, de retrouver cette pièce ?
A la fois heureuse, excitée mais aussi… liquéfiée ! Chaque soir je me dis : «Mais qu’est-ce que tu fais là ? A ton âge, tu ne peux pas rester chez toi ?». Et puis, une fois sur scène, c’est le bonheur. Surtout lorsqu’on joue une telle pièce, si bien écrite, aux ressorts comiques imparables. Évidemment, ce n’est pas du Duras, c’est du boulevard mais c’est tellement drôle !
– Luq : Marion l’a jouée cent fois à Paris dans mon théâtre, le théâtre Edgar et tous les soirs ça a été la même comédie : à peine arrivée, elle veut rentrer chez elle ! Et puis c’est le miracle… heureusement. Sais-tu que, jouant tous les soirs, elle passait la journée à tourner «Scènes de ménage »s, enregistrant une quinzaine de sketches par jour !
– Et à supporter Gérard Hernandez, ce qui n’est pas rien ! Vous rendez-vous compte qu’on en est à la onzième année et que la production ne veut pas nous lâcher !
Vous n’en avez pas assez ?
Ça m’arrive de me le dire mais c’est une aventure magnifique, pleine de joies, de rires, de bons souvenirs avec Gérard qui est un ami, un complice de longue date. Nous avons fait des doublages ensemble et nous nous amusons toujours autant.
Comment votre carrière a commencé, Marion ?
Je suis née à Casablanca et j’ai très vite travaillé au Royal Automobile Club où j’ai vu défiler tous les plus grands pilotes du monde. J’étais secrétaire. Mais un jour il a fallu ficher le camp car nous  vivions journellement des violences, des attentats. Ils voulaient leur indépendance, nous l’avons payée.
Et alors ?
Alors je me suis retrouvée secrétaire de direction au Vézinet et j’ai commencé très vite à me dire que je ne pouvais pas vivre cette vie éternellement. J’ai poussé la porte du cours Simon. C’est «le maître» qui m’a reçue. J’avais alors déjà 25 ans. Il m’a dit : «Tu veux jouer la comédie ? Tu as vingt ans, tu viens travailler» Et ça n’a jamais arrêté.

C D
Marion avec Sophie Brachet et son complice Gérard Hernandez, rencontrés au Festival de la Fiction Télé de la Rochelle

On connaît la carrière que vous avez eue et avez encore. Comment êtes-vous arrivée sur «Scènes de ménages» ?
Sur casting où j’ai retrouvé Gérard qui n’est pas toujours facile, qui est bourru, qui n’est pas démonstratif mais qui a une grande élégance intérieure. Et c’est pour moi un couronnement phénoménal. Vous vous rendez compte : 4 millions de téléspectateurs chaque soir !
Et vous Luq, comment avez-vous rencontré Marion ?
J’étais très jeune et j’ai commencé à faire de la post synchronisation : Marion faisait ma maman dans la série  «Beverly Hills» ! Je suis ainsi rentré dans la famille car il faut savoir que le monde du doublage est un peu comme une communauté. Pour moi, je me retrouvais avec des caïds, des grandes pointures… C’était Disneyland et j’étais fasciné par ce monde…
Marion : Il faut dire que, même si on est bon comédien, le doublage est un art très difficile. Mais c’est un boulot formidable. J’ai Joué la mère de «Malcolm» durant six ans, c’est très jouissif. Entrer dans les pantoufles de quelqu’un est un vrai bonheur. Mais en même temps, on est toujours sur un fil. Il faut âtre acteur mais il faut en plus une technique que n’ont pas tous les comédiens.
Alors Marion, Théâtre ou synchro ?
Les deux mon capitaine mais bien sûr à choisir c’est jouer. C’est la base du métier. On arrive à poil et l’on doit trouver tous les éléments pour s’habiller, trouver le personnage qui n’est pas tout à fait vous. C’est une performance de tous les instants.
Et pour «Scènes de ménages», comment ça se passe ?
Il y a une brigade de scénaristes qui écrivent des sketches. Avec Gérard on fait une première sélection, puis une seconde avec la production. Si vous saviez le nombre de sketches qu’on reçoit !
Une fois sélectionnés, avec Gérard ont les étudie. Quelquefois on réécrit certains passages, on les modifie. Nous avons les textes trois jours avant »

E
Après le spectacle, Marion avec Robert Masson, maire de Carqueirenne, Alain Galian et Marie-Thérèse Chevaly, adjoints au maire, Luq Hamett et Sophie Brachet

L’heure avançant, nos amis vont aller repérer la scène dans ce magnifique Fort de la Bayarde et nous les suivons pour les répétitions.
Marion est toujours aussi stressée.
Pourquoi, Martion ?
Parce qu’il y a un moment que je n’ai plus joué cette pièce, que j’ai l’habitude d’un petit écrin, que là c’est une grande salle et en plus en plein air, et en plus avec la chaleur ! Ça fait beaucoup Il va falloir passer de la flûte traversière au hautbois !»
Nous retrouvons Sophie Brachet, son époux, Jacques Pessis et leurs filles. Sophie autant stressée que Marion qui, prenant un accent larmoyant et provençal, s’écrie : «Je veux rentrer à la maison» !
Heureusement pour nous et les spectateurs, elle restera et nous offrira cette magnifique performance, saluée le soir par M le maire en personne, Robert Masson et son adjointe à la Culture, Marie-Thérèse Chevaly, toujours très fidèles dans une ambiance des plus festives.
Encore une belle journée sous les étoiles

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Echos de Ramatuelle

A

Cyril BRUNEAU au Garage !
Cyril Bruneau est un garçon aussi charmant que discret, ce qui pourrait sembler antinomique lorsqu’on adjoint le mot «discret» à «photographe».
Mais tout en étant jeune, il fait partie de ces photographes qui n’agressent pas les artistes, qui sont respectueux et ne les attendent pas derrière une porte.
Si si… ça existe encore ! la preuve ! Ce qui ne l’empêche pas de faire de belles photos avec la complicité de ceux-ci.
Ce parisien travaille depuis des années dans la photo institutionnelle. Il a «shooté» pour des marques de prestige comme Cartier, l’Oréal, Yves Rocher avant de se retrouver «photographe officiel» du Festival de Ramatuelle, invité par Jacqueline Franjou, lorsqu’il a fallu remplacer notre ami Jean-Marc Fichaux qui nous a quittés voici dix ans.
Dix ans. Le temps de bien prendre ses marques dans ce festival et de les fêter en présentant à la galerie «Le Garage» de Ramatuelle, les photos coups de cœur qu’il a réalisées. Et c’est de la belle ouvrage.
Si cela lui rappelle de beaux souvenirs, il en est de même pour nous qui suivons ce festival depuis qu’il est né dans le village de Gérard Philipe, devenu également celui de Jean-Claude Brialy.

E F
C D

Cyril collabore aussi à des magazines comme Paris Match ou le Monde et de temps en temps, il vient faire une petite incursion chez nous à Six(Fours.
Ainsi est-il venu exposer ses photos l’an dernier à la Maison du Cygne et cette année il nous a présenté un ami photographe : Tony Frank, qui fit les beaux jours de «Salut les copains» et a vécu une étroite collaboration avec Johnny Hallyday à qui il rend hommage tout l’été dans ce lieu six-fournais superbe.
Il a également écrit un livre fort instructif pour tous ceux qui rêvent d’apprendre l’art de manier photoshop.
Fidèle au poste, nous nous retrouvons chaque soir au Festival de Ramatuelle pour photographier les artistes… lorsqu’ils y consentent où qu’ils ne sont pas trop en retard !
A ce soir donc, Cyril !
Photos Christian Servandier… et Cyril Bruneau ! (cyril@photographe-concert.com)

LE TEMPS QUI RESTE

Fiona Gelin : Des projets plein le sac
Joie et surprise de rencontrer dans les coulisses du festival de Ramatuelle, mon amie Fiona Gélin, toujours pleine d’énergie, toujours belle et volubile, toujours avec mille projets en tête.
Elle est en vacances à St Tropez et en a profité pour venir embrasser son ami Christian Vadim. Entre deux verres de champagne, elle me parle de tout ce qu’elle a fait ces temps-ci et de tout ce qu’elle va faire dans les mois à venir.
«Après les tournées de deux pièces «Les Amazones» et «Les frangines» (qu’elle était venue jouer au Théâtre Galli de Sanary avec Sonia Dubois et Katia Tchenko) je serai les 14 et 15 août au festival de poésie de Brive la Gaillarde où je dirai des poèmes de mon père… J’en suis très fière !
A la fin de l’automne je jouerai à la Bastille «Rebelle», un «seule en scène» tiré de mon second livre «Si fragile» dans une mise en scène de Muriel Hanna.. Figure-toi qu’à ma grande surprise, le livre continue à se vendre ! Ça me rend très heureuse.

A LE TEMPS QUI RESTE
Et puis, je termine l’écriture de mon troisième livre «Chronique des gens humbles». Je me suis découvert la passion d’écrire, c’est devenu vrai besoin et j’espère le terminer très vite.
Il y a aussi deux projets de films qui sont en train de se concrétiser et dont on reparlera.
Cette année est une très belle année pour moi et pour ouvrir une belle page, je déménage dans quelques semaines».
En attendant, quelques jours de repos à St Tropez dans ce qu’elle appelle sa roulotte, d’où en fait elle sort peu, sinon pour aller faire ses courses et aller voir des potes…
Et Dieu sait si elle en a !
Photos Patrick Carpentier

A

ZAZIE… le plein d’énergie
Zazie sur scène, c’est quelque chose !
Longiligne silhouette toute de noir vêtue, surmonté d’un Borsalino de même couleur, elle arrive sur scène avec un sourire éclatant et elle va tout de suite vers le public qui a rempli le théâtre. Tout au long du spectacle d’ailleurs, elle sera en prise directe avec lui, ne le lâchant pas d’une seule seconde… enfin presque, une personne ayant fait un malaise, il fallut arrêter le concert quelques minutes pour que les secours viennent la chercher.
Hormis cet arrêt, c’est à 200 à l’heure qu’elle va mener ce spectacle avec ses cinq musiciens, dont deux femmes à la guitare, sous des éclairages magnifiques.
Elle a su doser ses nouvelles chansons comme «Speed» qui lui va comme un gant, avec les anciennes que la salle reprendra en chœur comme «Zen», «Je suis un homme», «Rodéo», «Un point c’est toi», «Larsen»… Un très émouvant moment avec «J’étais là» et point d‘orgue avec un retour piano-voix et «J’envoie valser» repris par toute la salle avec une ferveur incroyable, au milieu des fameux coussins que tout le monde a… envoyé valser.

B C

L’on nous avait dit qu’elle avait une côte cassée et croyez-moi, ça ne s’est pas vu du tout tant elle se démène, danse, saute, traverse la scène jusqu’à sauter dans la salle pour faire un tour à travers le public subjugué.
Sauf petite ombre au tableau : un orchestre beaucoup trop fort qui nous empêcha souvent – hormis les fans ! – d’entendre les paroles.
Nous n’avons pas fait partie « du » chanceux qui a pu l’interviewer, et encore très brièvement. Les chanteurs aujourd’hui sont très parcimonieux et n’ont pas le temps de nous accorder dix minutes de leur temps… Enfin, c’est ce que nous disent leurs entourages qui font aujourd’hui une barrière à tout rapprochement… sans que souvent l’artiste ne soit au courant.
Iznogoud pas mort !
Mais ne boudons pas notre plaisir d’avoir retrouver Zazie sur scène après trois ans d’absence !

D

Jacques Brachet

Festival de Ramatuelle
Macha MERIL – Natalie DESSAY :
Stefan Zweig et Michel Legrand les réunit

1

Retrouver Macha Méril est toujours un réel plaisir.
Rencontrer Nathalie Dessay était un grand désir.
Voilà qui est fait puisque les voilà réunies dans une pièce inédite de Setfan Zweig «La légende d’une vie» et pour notre grande joie, les voici au festival de Ramatuelle entourées de Bernard Alane, Gaël Giraudeau et Valentine Galey.
« La pièce de Stefan Zweig – nous confie Macha Méril – est un événement, d’abord, c’est la seule pièce de théâtre qu’il ait jamais écrite, les autres pièces étant des adaptations de ses livres. Elle date de 1919 mais ressemblait tellement à ce qu’il vivait avec sa seconde épouse que celle-ci la fit disparaître à son décès. On ne la retrouva que bien après sa mort et les 100 ans qui font qu’elle est tombée dans le domaine public. Et c’est une première mondiale ! »

C

Cela se passe à Vienne en 1919 où un jeune homme (Gaël Giraudeau) est pris dans le carcan du souvenir de son père décédé, grand poète, entretenu par sa mère (Natalie Dessay) qui a créé une légende autour de cet homme. Jusqu’au jour où réapparait le premier amour de celui-ci (Macha Méril) qu’il a quittée pour une femme très riche qui a su lui faire un enfant.
Ainsi le fils découvre-t-il tout un pan de la vie son père beaucoup moins idyllique que le lui peignait sa mère. Peut-être que ce retour va lui permettre d’être délivré d’un lourd fardeau afin qu’il ne puisse plus vivre sa vie dans l’ombre du grand homme. Peut-être aussi qu’à travers les souvenirs qu’elles ont de cet homme, les deux femmes pourront se réconcilier.
C’est une pièce très forte émotionnellement, où chacun s’affronte pour défendre sa façon de vivre à travers cet homme. La distribution est formidable. Macha, on le sait, est une grande comédienne, Natalie Dessay, qui monte pour la première fois sur une scène pour jouer la comédie, y est incroyable de vérité. C’est une grande voix mais aussi une grande comédienne qu’on découvre. Quant à Gaël Giraudeau, digne fils de ses parents, Bernard Giraudeau et Anny Duperey, il y est prodigieux.
Macha me confie que, lui aussi, en lisant la pièce, y a trouvé des réminiscences de sa propre vie. Et lui qui ne voulait pas faire de théâtre malgré ses velléités, pour ne pas être dans l’ombre de son père aujourd’hui disparu, il a souhaité ardemment interpréter ce rôle.
Première scène donc, pour lui aussi et il nous a prouvé qu’il pouvait être à la hauteur du père.
Ce fut donc  une soirée chargée d’émotion et une très belle découverte.

E F

Auparavant, j’ai pu réunir ces deux belles comédiennes que sont Macha et Nathalie.
«Macha, Nathalie, comment vous êtes-vous rencontrées ?
Macha : J’étais allée voir Natalie dans l’opéra «Lucie de Lamermoor» avec Isabelle Huppert. La rencontrant, je lui dit que j’ai un copain qui voudrait lui écrire des chansons. Ce qui l’a surprise. Ça a été notre première rencontre et nous sommes devenues amies.
Je savais qu’elle avait envie de jouer la comédie et un jour, je tombe sur cette pièce et je me dis que c’est pile la pièce et le rôle qu’il lui faut.
Natalie : J’étais prête à faire ce saut dans le vide et ce, depuis longtemps : avant de chanter, j’avais fait du théâtre au conservatoire de Bordeaux. Et si j’ai fait du chant c’était pour pouvoir jouer un jour au théâtre car  j’aime par-dessus tout raconter. C’est grâce à Macha que j’ai pu réaliser ce rêve.
Il y a également Michel Legrand qui vous lie…
Natalie : Toute petite, j’étais tombée amoureuse de « Peau d’Âne » de Jacques Demy ? Je connaissais toutes ses chansons par cœur. Je ne vous dis pas l’effet que m’a produit la chanson «Amour, amour» lorsque je l’ai entendue pour la première fois. Puis il y a eu «Les parapluies de Cherbourg» et toutes les autres musiques. Je me suis dit alors que c’était ça que je voulais faire.
Macha : Quelle joie qu’elle ait pu faire ces deux disques avec Michel. Il me disait qu’il avait enfin trouvé sa voix. En France il ne trouvait pas l’équivalent d’une Barbra Streisand pour qui il avait écrit les chansons de «Yentl» et qu’elle a beaucoup chanté. Enfin il la trouvait et de ce jour ils ne se sont plus quittés.
Natalie, vous êtes très éclectique dans vos choix ?
C’est vrai et c’est pour cela que je me sentais un peu étriquée dans l’opéra uniquement. J’aime varier les plaisirs. C’est pour cela que j’ai chanté avec Michel, que j’ai fait un disque de chansons brésiliennes  «Paris-Rio» avec Agnès Jaoui, Héléna Noguera, Liat Cohen. Et je prépare un disque consacré à Claude Nougaro.

G H

Et toi Macha… la chanson ?
Ce n’est pas mon truc mais j’ai retrouvé plein de musiques de chansons que Michel m’a laissées. J’ai donc décidé de sortir tous les ans un disque d’inédits. Le premier sera fait des musiques de Michel et j’ai confié les paroles à de grands écrivains : Modiano, Amélie Nothomb, Keffelec, Michel Onfray. C’est incroyable comment ils ont compris la musique de Michel».
D’ailleurs, avant la présentation de la pièce, Macha a proposé à Michel Boujenah de rendre hommage à notre grand compositeur de manière à la fois originale et émouvante. On a pu retrouver, dans un halo de lumière sa voix dans une chanson inédite «Ensemble» qui de plus, se rapproche de son vécu avec Macha. Ce fut un moment intense dans un recueillement magnifique. Beau cadeau qu’elle nous a fait là. C’était une chanson qui avait été écrite pour Yves Montant dans film de Jacque Demy « Trois places pour le 26 » et qui n’a pas été retenue.
«C’est une chanson que je sortirai en disque et j’y mettrai ma voix dessus». Beau duo en perspective !
«Revenons à cette pièce…
… Macha : que nous avons jouée 118 fois, en grande partie au théâtre du Colombier.
Natalie : C’est la 119ème ce soir ! Et le théâtre du Colombier a été un véritable écrin pour cette pièce.
Macha : Nous la reprenons en tournée. Nous la jouerons au Théâtre Tourky le 20 novembre.
Macha, on connait ta carrière cinématographique. Et vous Natalie, ça vous tente ?
Évidemment ! je suis ouverte à toute nouvelle proposition. Mais à mon âge, je ne me fais pas trop d’illusions. Les réalisateurs ont du mal à monter des films sans de grands noms. Alors qu’au théâtre, il y a beaucoup plus d’ouvertures.
Macha : La loi des chiffres est inexorable. Tu sais que j’ai eu la chance de pouvoir démarrer dans ces années où tout était possible. Aujourd’hui, c’est devenu très difficile.
Tu as fait aussi une jolie carrière en Italie ?
C’aurait pu être mieux mais là, j’ai démarré au moment des Brigades rouges et le cinéma s’en est beaucoup ressenti. Tu sais, lorsque la société est trouble, le cinéma l’est aussi. Mais le théâtre est en fait plus intéressant que le cinéma, tous points de vue. D’abord, les relations au théâtre sont beaucoup moins superficielles qu’au cinéma où il y a une concurrence terrible…
Natalie : Je pense que cela vient du fait qu’on est ensemble à longueur de journées, pour les répétitions, pour se retrouver tous les soirs sur scène et encore plus en tournée. Des liens, des familles se soudent. Les relations sont moins fragiles qu’au cinéma.
Alors aujourd’hui ?
Macha ; Il y a la tournée, qui nous permettra de rester encore ensemble. Et puis tu sais que j’ai le projet de ce festival de musiques de films qui se déroulera en juin 2020 dans la propriété de Michel qui compte 250 hectares et un petit château, magnifique écrin pour lui rendre hommage».

D

Nous en reparlerons bien sûr en temps utile, tout comme nous allons suivre la nouvelle voie que prend avec bonheur et succès celle qui fut une magnifique soprano et que nous retrouverons sur la route de la tournée.

Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Festival de Ramatuelle
La série Lellouche-Vadim-Brécourt continue

LE TEMPS QUI RESTE

Tous les deux ans, c’est devenu une habitude : on retrouve les trois mousquetaires accompagnés d’une gente dame. Nos trois mousquetaires sont Philippe Lellouche, qui signe aussi cette nouvelle pièce «Le temps qui reste», et ses deux complices inamovibles : Christian Vadim et David Brecourt. Et la petite dernière arrivée, la lumineuse Mélanie Page.
Comme à chacune des pièces qu’ils ont créées ensemble, passage obligé à Ramatuelle où l’ami Boujenah, directeur artistique du festival, nous dit que c’est devenu une tradition et que c’est comme une série qui voit le retour de l’équipe, pour le plus grand plaisir du public.
Rendez-vous à 15h30 sous le chaud soleil estival. Rencontre… à 19h30 pour cause de piscine et encore seuls Philippe et Mélanie prendront le temps de nous répondre, les deux autres on les «coincera» dans les loges pour quelques brèves confidences !

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Mélanie, comment entre-t-on dans un trio de mâles bien soudés et si complices ?
(Grand sourire) Bien, très bien même ! J’ai vraiment été accueillie les bras ouverts, ça a été très agréable et très rapide.
Philippe, comment s’est fait le choix de Mélanie ?
Je l’ai découverte au théâtre de la Madeleine où elle jouait «L’heureux élu» d’Eric Assous. Je l’ai trouvée remarquable et j’ai ressenti tout de suite qu’elle correspondait à tout point de vue au rôle.. J’ai découvert avec bonheur une grande actrice Je ne me suis pas trompé. C’est un Stradivarius, une vraie personnalité… Un soleil !
Quel effet cela vous fait-il de vous retrouver ici ?
Je me sens chez moi et, comme le dit Michel, qui, avec Jacqueline Franjou, nous accueillent magnifiquement.il semble qu’à chaque fois on propose un nouvel épisode d’une série. De plus, l’accueil est très chaleureux et c’est un vrai plaisir que de s’y retrouver. Lorsqu’on a joué pour la première fois, c’était avec «Le jeu de la vérité». C’était encore au temps de Jean-Claude Brialy qui était venu nous voir à Paris et avait eu cette belle phrase : «Visconti adorait jouer au jeu de la vérité. Je vais faire pareil. Ecris-moi une pièce». Hélas, ça n’a pas pu se faire. Ce festival est tellement agréable, c’est chic, c’est à la fois un plaisir et une certaine nostalgie et c’est un honneur que d’y venir et revenir.

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Comment s’est formé le trio ?
Ca fait  plus de 15 ans qu’on travaille ensemble.
J’ai découvert Christian dans une série TV et j’ai découvert en lui une vis comica incroyable que j’avais envie d’exploiter. David et moi nous connaissions car nous étions voisins à Barbizon. Je l’avais découvert dans la série «Sous le soleil». Lorsque j’ai écrit ma première pièce, j’ai très vite pensé à eux et nous sommes aussitôt partis en pilote automatique.
David me dira plus tard :
«Notre rencontre a été guidée par le hasard. Il se trouve que Philippe et moi habitions tout près l’un de l’autre à la campagne. On ne se connaissait pas mais on s’est retrouvé autour d’une table chez des amis communs. A la fin du repas, il m’a proposé sa pièce «Le jeu de la vérité». Il a fait de même avec Christian».
As-tu vite dit oui ?
…Oui ! la pièce était percutante et je découvrais un véritable auteur avec beaucoup de talent, une grande intelligence, une grande vivacité d’esprit… Avec Philippe, on a touché le gros lot et depuis, nous sommes engagés dans la même aventure !
Nous avons donc joué avec succès «Le jeu de la vérité». C’est la première pièce que nous avons créée, puis il y a eu sa suite «Le jeu 2 la vérité» et «Boire, fumer et conduire vite», «L’appel de Londres»… il y a eu les films et enfin «Le temps qui reste»
Christian m’avoue
«Ca fait 17 ans qu’on est ensemble, aussi bien au théâtre qu’au cinéma et avec eux on sait que ce n’est jamais la dernière, on sait déjà qu’il y aura une suite. Donc ce soir nous sommes joyeux, heureux,
Philippe… Auteur, scénariste, réalisateur, metteur en scène, comédien, journaliste, chanteur… Qu’est-ce que vous n’avez pas encore fait ?
La météo ! Blague à part, tous ces métiers sont les mêmes, chacun est la prolongation de l’autre, c’est en fait raconter des histoires de diverses manières.
Lorsque vous écrivez, vous pensez toujours à eux ?
Oui, très souvent lorsqu’il y a plusieurs personnages. Mais j’ai écrit pour Gérard Darmon «Tout à refaire» et au départ, je n’avais même pensé à y jouer. Sinon, je pense à eux, évidemment. Nous sommes amis, nous avons le même âge, les mêmes préoccupations, je développe des thèmes d’actualité qui les intéressent. En fait, nous sommes la seule troupe de théâtre privé existant en France !

LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE LE TEMPS QUI RESTE

Et si entre eux c’est «à la vie à la mort», ils n’en continuent pas moins leur carrière chacun de son côté, David ayant cette année tourné pour la télévision dans «Léo Mattei» et ayant joué au théâtre « En ce temps là, l’amour » de Gilles Ségal. Philippe ayant joué et mis en scène «L’invitation» d’Hadrian Raccah, Christian ayant tourné dans le film de Pascal Thomas, «A cause des filles».
Et ce soir, sur la scène de Ramatuelle, on les a retrouvés, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres David dans des scènes désopilantes où il avoue son homosexualité et son amour pour Christian, toujours à côté de la plaque aussi naïf que blagueur, Philippe, le plus sérieux, touché par la mort de leur ami qu’ils viennent d’enterrer et se retrouvant chez sa femme qui va les épater par ses révélations. D’ailleurs, bien des secrets vont être dévoilés au cours de la soirée. La crise des 50 ans  éclate dans toute sa splendeur où chacun commence à se poser des questions sur le temps qui leur reste à vivre et comment le vivre.
C’est émouvant par moment, drôle très souvent, les dialogues sont ciselés et percutants et, comme le veut la tradition, les coussins ont plu à leur salut.
Belle soirée sous les étoiles devant une salle pleine à craquer.

M

Jacques Brachet
Photos Patrick Carpentier

Ramatuelle -Les nuits classiques
Eric VU AN joue « Cassandra »

large_15295379090_046_1001

Eric Vu An est l’un de nos plus talentueux danseurs contemporains.
D’origine vietnamienne, il entre à l’Opéra de Paris en 1974 et dansera pour les plus grands chorégraphes, de Carolyn Carlson à Maurice Béjart en passant par Rudolf Noureev, Alvin Aley, William Forest….
Après avoir été directeur de Grand Théâtre de Bordeaux, puis maître de ballet au Ballet National de Marseille, il est aujourd’hui directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée. Entre quelques rôles au cinéma et à la télévision, il continue son métier et  il sera j’un des invités des « Nuits Classiques »du Festival de Ramatuelle. Il y dirigera et dansera le Ballet Nice Méditerranée dans le ballet « Cassandra » sur une chorégraphie de Luciano Cannito et des musiques de Saint-Saëns, Prokofiev et Elvis Presley le samedi 27 juillet à 21h, en ouverture des Nuits classiques.

thumbnail_Cassandra Ramatuelle

Eric Vu An, pouvez-vous nous parler de Cassandra ?
L’action se situe dans la Méditerranée sous le symbole de la Guerre de Troyes. L’auteure, allemande, Chrita Wolf a choisi de transposer symboliquement cette Guerre de Troie; une guerre que tout le monde connaît en reprenant tous les personnages mythiques, dans un village de la Sicile en 1953. Priam est représenté par le maire du village, il y a sa femme, Hécube, leur fils, Pâris, est aux Etats-Unis (qui est un peu l’équivalent d’Athènes). Nous avons Cassandra qui est toujours ce personnage qui a des visions, qui fait des rêves et des cauchemars et qui anticipe ce qu’il va se passer. Cassandra est la fille des grandes puissances de ce petit village de Sicile et il y a l’arrivée d’un extra-communautaire en le personnage d’Enée qui vient de l’étranger. Tous deux vont avoir une relation amoureuse mais ce couple ne pourra pas rester ensemble. Elle choisira à la fin de s’occuper de sa famille et du village et lu partira. J’ai beaucoup dansé ce personnage, Luciano Cannito m’a demandé de me remettre dans le spectacle. Tout est monté comme des flash back, c’est un peu comme le Cinéma Paradisio. Cette année à Nice nous fêtons les 100 ans des studios de la Victorine, en parlant avec Luciano, je lui ai demandé s’il ne serait pas intéressant d’intégrer le cinéma dans le spectacle. Luciano est devenu cinéaste mais aussi, Ulysse apporte au village la télévision, symbole ici du Cheval de Troie. Il y avait un vrai lien possible avec les images : l’audiovisuel va complètement anéantir les habitudes de ce village parce que tout le monde va se mettre à regarder la télévision et sera pratiquement lobotomisé et c’est pour cela qu’ils seront volés par le pouvoir américain.
Luciano Cannito travaille régulièrement avec le ballet Nice Méditerranée. Quelles raisons vous ont amené à monter ce spectacle ?
Nous avons beaucoup travaillé ensemble et c’est la troisième fois que je l’invite pour une troisième pièce avec la compagnie. Il y a une grande complicité avec Luciano. Les ajouts qu’il a faits sur le personnage supplémentaire, qui est ce double du personnage d’Enée et que je danse dans la pièce, nous l’avons travaillé en trois jours car nous nous connaissons très bien. Quand il commence une phrase, je la termine quelque part sur un plan artistique. C’est important et très agréable de cheminer comme ça avec certaines personnes pendant plusieurs décennies.

nuits-classiques-de-ramatuelle-cassandra-ballet_4969284_1

Ici sont mêlées des musiques très différentes, d’époques et de pays différents (Saint-Saëns, Prokofiev, Presley). La danse est également très éclectique puisqu’on retrouve à la fois du néo-classique, de la danse contemporaine et folklorique.
Il y a surtout le compositeur Marco Schiavoni qui a été capable de coudre quelque chose qui fait le lien entre tous ces univers et tous ces paradoxes. Elvis Presley, c’est l’incursion de l’Amérique dans un village de Sicile. Quant à la danse, il s’agit plus de néo-classique que de classique. Par exemple, quand on fait Don Quichotte, il y a beaucoup de classique avec les filles sur pointes alors qu’ici, même si le langage et la technique sont très classiques, les filles sont sur demi-pointes. C’est plus une technique classique et contemporaine au service d’une histoire, d’une interprétation, de quelque chose qui vous emmène dans un univers. En regardant Cassandra, vous voyez une histoire et vous écoutez un film muet.
Les danseurs vont danser au Théâtre de Verdure, quel est votre rapport avec le plein air ?
D’un point de vue personnel, j’aime beaucoup le plein air. D’abord parce que je trouve que c’est très écolo. En étant à l’extérieur, on ne respire par un air saturé par le refroidissement ou le chauffage. Bien sûr, on peut voir arriver des insectes en plein visage et il faut s’adapter mais on fait partie d’un tout, on a la possibilité de voir les étoiles qui sont juste au-dessus. Un des plus beaux souvenirs que j’ai est d’avoir dansé à Athènes « Le Prélude à l’après-midi d’un faune » et de voir l’Acropole juste à côté. C’est pour ça que je souhaite emmener mes danseurs en plein air. Il y a beaucoup de contraintes mais la magie du résultat au moment où ça existe, c’est fabuleux, surtout quand on raconte une histoire comme celle de la Guerre de Troie qui est quelque chose de séculaire.
Cela fait dix ans que vous êtes directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée, quelle direction souhaitez-vous donner  à votre carrière pour la suite ?
Je suis venu car Christian Estrosi était devenu maire de Nice et quand je lui apporté le projet, il l’a complètement soutenu, il faut dire qu’il est vraiment derrière sa compagnie. Ce qui est important est de continuer vers la même direction que celle que nous suivons depuis depuis dix ans. C’est une compagnie qui a la réputation d’avoir des répertoires rares, on essaie d’avoir une véritable personnalité et de faire des choses que d’autres compagnies ne font pas. Dans la mondialisation qui existe aujourd’hui, avec l’excellence des interprètes qu’il peut y avoir un peu partout on a tendance a avoir un peu partout les mêmes chorégraphes mais c’est vrai que j’essaie de faire attention. L’important c’est la personnalité de la compagnie et l’excellence de la danse classique et néo-classique et continuer de faire des choses qu’on ne voit que chez nous.

Propos recueillis par Coraline Aime

Egalement :
Dimanche 28 juillet 21h30 : « Anges et démons » avec Gosha Kowalinska, mezzo-soprano, Guillaume Dussau, basse et Mari Laurila-Lili, piano.
Mardi 30 juillet 21h : Choeur et Ensemble Orchestral de l’Opéra de Nice dirigés par Giulio Magnanini. Récitante : Sonia Petrovna.