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Chateauvallon
Lancement du 17ème festival « Portraits de Femmes »

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Charles Berling et Loucha Dassa

France, Iran, Pologne, Belgique, Colombie, Maroc, Autriche, Liban, Islande, Etats-Unis, Allemagne…
Qui, hormis Loucha Dassa, peut se targuer de réunir autant de pays autour du cinéma, à part le Festival de Cannes ?
C’est, comme toujours dans une grande fraternité, que « ce petit brin de femme », comme l’a, affectueusement surnommée Chantal Molinès, déléguée départementale aux droits de la femme et à l’égalité, est venue nous présenter à Chateauvallon, accueillie par son directeur Charles Berling, la 17ème mouture de son festival cinématographique « Portraits de Femmes ».
Egalité et parité en cette soirée de présentation, puisque, hormis Chantal Molinès, Loucha était entourée de Geneviève Levy, députée du Var, Eric Marro, adjoint à la Culture de la Seyne sur Mer, Stéphane de Belleval, directeur de la communication de Chateauvallon et Luc Patintreger, fidèle parmi les fidèles et bras droit de Loucha. Une belle parité donc pour cette soirée d’ouverture dont les trois coups furent frappés par Charles Berling qui devait très vite quitter la scène, un spectacle au Liberté demandant sa présence.
Outre tous ces pays réunis, Loucha arrive chaque année à fédérer nombre de lieux pour présenter les films qu’elle a minutieusement choisis durant toute une année, allant de festival en festival pour nous offrir des pépites.
Ainsi ce festival éclate sur sept salles, à Toulon, le Liberté, l’Espace Comédia, le cinéma Royal, à Six-Fours le Six N’Etoiles, à la Seyne sur mer le Casino Joa et le Centre Social Nelson Mandela et Bien sûr à Ollioules, à Chateauvallon où ont été frappés les trois coups.
Chateauvallon, comme l’a rappelé Stéphane de Belleval, où tout a commencé puisque la toute première projection de ce festival y a été donnée, voici 17 ans et qu’il le voyait donc revenir avec émotion, longtemps éloigné de cette scène.
Luc Patintreger devait confirmer sa joie de ce retour aux origines et se souvient de ce premier film « Tango » qui reliait le cinéma à la danse, danse qui a fait le succès de Chateauvallon qui a reçu durant des décennies, les plus grandes compagnies et les plus grands chorégraphes du monde.
Eric Marro devait dire sa fierté de soutenir ce festival dont une première mouture avait justement été créée par Loucha à la Seyne sur Mer, pour affirmer le droit et l’égalité des femmes, combat particulièrement sensible encore aujourd’hui. et, devait-il ajouter en citant le poète Fernando Pesoa, « Loucha représente le rêve du monde du partage, de la liberté, d’un monde simplement humain. Et tant que ce rêve existe, il y aura toujours des cinéastes pour parler de tous ces problèmes des hommes et des femmes ».

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Loucha Dassa – Luc Patintreger – Chantal Molinès
Geneviève Levy – Stéphane de Belleval -Eric Marro

Geneviève Levy devait affirmer son soutien à cette cause immense et juste qui mérite ce combat jamais fini et dont le cinéma joue un véritable rôle : « Nous poursuivons ce combat perpétuel avec vous car la vigilance est de mise et nous devons le continuer ensemble ».
Chantal Molinès devait affirmer son plaisir de retrouver cette grande famille formée autour de Loucha depuis 17 ans (Loucha précisant que depuis 17 ans personne n’avait jamais donné sa démission !). « Loucha a toujours été une lutteuse et elle force notre respect et je suis toujours épatée de voir que ce petit brin de femme peut soulever comme montagnes ! »
Devant cette cascade de compliments et de signes d’amitié, Loucha eut un moment d’émotion, précisant que sa force venait de ce public généreux qui la suit depuis tant d’années. « Merci de votre fidélité, de votre gentillesse qui me donnent envie de continuer ».
Cette année, nous a-t-elle expliqué, le thème « Les unes et les autres » leur est venu spontanément, représentant des femmes de tous les milieux qui luttent pour leur égalité faces aux hommes, ces « autres » qui ont aussi leurs difficultés, comme le montre le film de Gilles Lellouche « Le grand bain » qui est un film d’hommes en difficulté qu’elle a sélectionné.
Bien évidemment, tous ces films au programme qu’elle a choisis lui tiennent particulièrement à cœur et elle les défend, chacun pour des raisons diverses en espérant que le public les aimera, qu’ils les feront réfléchir, que ces femmes soient artistes, résistantes, ouvrières, militantes… Que ce soit vous ou nous en fait.
Luc Patintreger devait aussi nous annoncer une soirée « hors les murs » organisée par cinq artistes femmes autour de la réalité virtuelle et présenter un film dans lequel témoignent 50 femmes. Cette soirée aura lieu le samedi 1er décembre dans la salle de concert l’Impasse à la Seyne.
A noter encore que, comme chaque année, Loucha et son équipe mettent en lumière une femme peintre. Cette année il s’agit de Jacqueline Sudrie, peintre et coloriste dont vous pouvez dès à présent admirer les oeuvres au Casino Joa de la Seyne sur Mer et ce, jusqu’au 1er décembre. Vernissage le 19 novembre.
Suite à cette présentation, l’on a pu découvrir le film de Tom Wolf « Maria by Callas », un film profondément émouvant sur la diva qu’était cette magnifique cantatrice, dont le talent était reconnu mondialement, qui n’eut pas une vie facile, qui, malgré les embûches, à su atteindre des sommets de perfection et est devenue une légende alors qu’elle nous quittait à 53 ans. Des documents rares et émouvants nous ont permis de retrouver cette voix exceptionnelle mais aussi de découvrir une femme d’une grande humanité, une femme solitaire et blessée qui a toujours vécu pour sa passion.
Un film bouleversant.
Et comme l’association les Chantiers du Cinéma ne fait pas les choses à moitié, suite à cette projection, l’on se retrouvait sur la terrasse du théâtre pour apprécier un buffet grec fin et délicieux dans une douceur automnale exceptionnelle en ce 10 novembre.

Jacques Brachet
Renseignements : 04 94 09 05 31 – 04 94 91 69 66
www.portraitsdefemmes.frleschantiersducinema@wanadoo.fr

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
Aliocha ITOVICH & Julia DORVAL
Le couple glamour du festival !

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Ils sont jeunes, ils sont beaux, Ils ont un sourire à tomber par terre. Il furent le couple glamour de ce 20ème festival.
C’est un coup de foudre que nous avons eu lors du gala d’ouverture du 18ème festival, nous trouvant par hasard à la même table. Coup de foudre qui dure et donc, quel plaisir de les retrouver tous les deux, inséparables, amoureux, ayant mille projets, Aliocha se trouvant en compétition pour la série « Balthazar » de Frédéric Berthe, que l’on verra bientôt sur TF1, où il partage la vedette avec Tomer Sisley et Hélène de Fougerolles et où Julia apparaît dans la série « Scènes de ménages », « Joséphine Ange gardien » et quelques autres.
S’ils font le même métier (ils se sont connus sur une scène de théâtre), chacun le fait de son côté mais il y a des projets dans l’air…
Alors les amis, quelles nouvelles depuis tout ce temps ?
Julia : J’ai joué dans quelques séries TV comme « Joséphine », je suis toujours sur « Scènes de ménages », où je joue Ludivine, la sœur de Fabien, on va me retrouver dans la série « Munch », auprès d’Isabelle Nanty. J’y joue une greffière, Justine Loriot ». Voilà pour la télé.
J’ai, durant sept mois, joué une pièce de Didier Caron, « Le jardin d’Alphonse », au Théâtre Michel à Paris. Nous sommes neuf comédiens sur scène et nous allons partir en tournée à travers la France.

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La peur – Le jardin d’Alphonse

Et toi, Aliocha ?
J’ai également joué, durant un an et demi, une pièce tirée d’une nouvelle de Stephen Zweig, « La peur », au même Théâtre Michel…
Toi aussi ?
(Il rit) Oui mais pas en même temps. C’est notre théâtre porte-bonheur puisque c’est là que nous nous sommes rencontrés. Nous avons joué cette pièce trois fois à Avignon et nous la reprenons, toujours au théâtre Michel, le 11 octobre. Nous avons d’ailleurs eu une nomination aux Molière. En début d’année, nous aussi nous partirons en tournée.
Et côté télévision ?
J’ai tourné un unitaire pour France 3 « Les disparus de Valenciennes », réalisé par Elsa Bennett, avec Stéphane Freiss, Virginie Lemoine et Hyppolite Dard. J’ai également tourné dans la série « Clem » et dans « Paris etc » de Zabou Breitman.
Et te voilà à la Rochelle avec « Balthazar » !
Oui, c’est une série de six épisodes de 52′. J’y joue Antoine Bach, le marie d’Hélène de Fougerolles, flic à la criminelle. Son métier la prend beaucoup et du coup, Antoine est débordé à la maison avec les enfants. De ce fait, il finissent par ne plus pratiquement se voir. C’était une belle équipe, le scénario de Clotilde Jamin et Célia Constantine tient la route. Il y a un bel équilibre entre la vie de famille et les crimes…

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Et le scénario dont vous m’aviez parlé, qui est assez délirant puisque j’ai eu le privilège de le lire ?
Julia : Nous sommes toujours sur le projet mais c’est toujours long et le sujet est peut-être un peu trop en avance et fait peur aux chaînes. Mais dans ce métier, il faut savoir être patient et faire autre chose en attendant que le projet se réalise. Donc, en attendant, on écrit une série pour Marianne Denicourt.
On te tient au courant !

Propos recueillis par Jacques brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
Thibault de Montalembert 10% série, 110% comédien

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Entre la série « Dix pour cent », que vous allez bientôt retrouver sur France 2 et la vraie vie, le look de Thibault de Montalembert est totalement différent. Entre l’agent des stars un peu rigide, costume trois pièces, rasé de près et brushing parfait et le jean, chemise bariolée, la barbe, il y a un monde, même s’il a toujours la même prestance, la même classe et un sourire éclatant.
Le rencontrer est un vrai grand plaisir et l’interview devient très vite une conversation amicale.

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« Qu’est-ce qui vous a fait accepter ce rôle dans cette série à succès ?
Je viens de la scène où j’ai beaucoup interprété de drames. Aussi, qu’on me propose une comédie a été un grand bonheur. D’autant que c’est une comédie à la fois humaine et élégante. Les métiers du spectacle fascinent les gens, surtout lorsqu’on les emmène dans les coulisses. Là, ils entrent dans le monde d’une agence artistique, avec des comédiens qui jouent leur propre rôle et ça les fascinent. Les gens s’y retrouvent.
A la ville, vous n’avez pas, loin de là, le look du film !
(Il rit) Je joue un bourgeois bien assis, avec un look un peu rond, qui se donne la carrure du chef qu’il voudrait être mais qui ne l’est pas. C’est un personnage à double fond, qui a une vie à côté. Il joue sur plusieurs tableaux, il cache longtemps une fille qui se fait embaucher dans l’agence et c’est formidable à jouer. En fait, il ressemble à tout le monde, il peut être à la fois charmant et odieux. Il est un peu lâche, ambiguë, ce qui ne l’empêche pas d’avoir de l’humour.
Mêler des acteurs qui jouent un rôle avec des acteurs qui jouent leur propre rôle, c’est assez rare et original !
C’est aussi ce côté qui m’a plu. Grâce à Dominique Besnehard, qui les connaît tous, peu refusent de venir tenir leur propre rôle. Dans la saison trois, nous avons la chance d’avoir Monica Bellucci, Isabelle Huppert, Béatrice Dalle, Jean Dujardin qui est incroyable, Isabelle Adjani, Gérard Lanvin, Julien Doré… Et ça, ça plait beaucoup au public qui se retrouve derrière le rideau.

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Et ça marche !
A tel point qu’il y aura une saison quatre. Pourtant, au départ, ça n’était pas gagné car personne ne voulait de la série. On a mis près de dix ans pour que ça se débloque, grâce à Cédric Klapisch qui a été intéressé pour la réaliser. Aujourd’hui, grâce à son passage sur Netflix, toute l’Amérique connaît la série et nous a fait connaître.
Et ça a eu une incidence sur votre carrière ?
Oui car c’est grâce à ça que j’ai reçu des propositions de là-bas. J’ai ainsi joué dans le film de David Michôd « The king », d’après « Henri V » de Shakespeare, produit par Brad Pitt, avec Sean Harris et Lily-Rose Depp entre autres. il va sortir aux Etats-Unis.
Et en France ?
Ca, c’est une autre histoire, mais je l’espère.
Ce métier de comédien, vous avez toujours voulu le faire ?
Déjà, avant-guerre, ma grand mère irlandaise montait des pièces. Ma famille aimait le théâtre et j’ai toujours eu l’amour des planches.

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Vous avez débuté avec Francis Huster. Quel professeur était-il ?
(Il sourit) C’est un type passionné et boulimique, amoureux fou du théâtre, mais en tant que pédagogue, on pouvait avec lui avoir le pire et le meilleur !
Mais j’ai surtout beaucoup appris avec Patrice Cherreau. C’est un homme génial, un grand artiste qui savait transmettre un enseignement, un peu comme le font les asiatiques. J’ai travaillé avec lui sur des pièces de théâtre, des films. Pour monter sa troupe des Amandier, il a eu près de 2500 demandes. Il en a gardé 19 et 9 ont été embauchés. J’ai été de ceux-là. Ca a été pour moi une période fantastique.
Il y a eu aussi l’aventure de la Comédie Française !
Avant, il y a eu les trois premiers films d’Arnaud Desplechin. C’était une période où je travaillais peu. J’ai rencontré Louis-Do de Lencquesaing qui préparait « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée » de Musset. Nous répétions à l’Odéon et Louis, sans en parler au directeur, invitait une cinquantaine de spectateurs à assister aux répétitions. Un journaliste de « Libération » vend la mèche, Benoît Jacquot l’apprend et en fait une captation pour Arte. Marcel Bluwal la voit et me propose de jouer dans « Intrigue et amour » de Schiller à la Comédie Française. J’ai enchaîné sur « Lucrèce Borgia » de Victor Hugo, puis j’ai repris le rôle d’Alceste dans « Le misanthrope » de Molière et « 1000 francs de récompense » d’encore Victor Hugo, avec Jean-Pierre Miguel…
Combien y êtes-vous resté de temps ?
Deux ans. Mais je commençais à m’ennuyer, c’était trop classique, j’avais envie que ça bouge et je n’ai pas voulu m’engager pour dix ans comme sociétaire. J’ai un peu regretté de partir si tôt. Muriel Mayette m’a relancé deux fois, deux fois j’ai refusé. Mais si j’étais resté, je n’aurais pas fait « Dix pour cent ».

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Vous avez en fait un parcours atypique…
Oui, car j’aime découvrir de nouveaux univers. C’est ce que j’ai toujours fait et j’en suis satisfait. Ça m’a permis de jouer dans « La dame au camélia’ avec Isabelle Adjani, que j’ai retrouvée avec joie sur la série.
Et le cinéma ?
J’ai une quarantaine de films à mon actif. L’an dernier j’ai tourné dans « Aurore » de Blandine Lenoir, « Jalouse » de David Foenkinos et « Le portrait interdit » de Charles de Meaux. J’ai des propositions mais mon plaisir reste le théâtre. En Mars, je jouerai Harpagon dans « L’avare de Molière, que l’on créera à Antibes chez Daniel Benoît, puis qu’on jouera à Paris. Cette aventure m’excite beaucoup.
Et puis, je suis en train de monter un spectacle avec ma femme, Hélène Babu, autour du « Dictionnaire de cuisine » d’Alexandre Dumas. Nous le jouons pour la circonstance au restaurant le Thelème. M Gurney, son propriétaire, passionné de théâtre, y reçoit des artistes comme Catherine Salviat, Jacques Weber pour des lectures-théâtre.
Pour continuer ce parcours atypique, vous faites aussi du doublage et pas des moindres : Hugh Grant, Antonio Banderas, Pierce Bosnan !
(Il rit) Pour les deux dernier, c’est occasionnel mais pour Hugh Grant, c’est le pape du doublage Hervé Icovic qui me l’a proposé et ça fait vingt ans que je le double sans jamais l’avoir rencontré. Mais j’ai une véritable tendresse pour lui.
Pour boucler la boucle… vous vous êtes mis à écrire !
Je viens de terminer un livre qui sortira le 24 octobre aux éditions de l’Observatoire. Il s’intitule « Et le verbe se fait cher ». C’est une collection où les artistes écrivent leurs rapports avec la littérature. A travers ce livre, je raconte un peu mon parcours.
Et à part ça, que faites-vous lorsqu’il vous reste un peu de temps ?!
Plein de choses diverses. J’aime prendre de nouvelles directions, découvrir, être surpris, étonné.
Je vais certainement trouver des choses nouvelles à faire !!!

Propos recueillis par Jacques Brachet
On retrouvera bientôt Thibault dans « Dix pour cent », sur France 2. A noter qu’elle a reçu, à la Rochelle, le prix de la meilleure série 52′.
Mais auparavant nous le retrouverons sur France 3 le 13 octobre dan la série « Meurtres à… » Ce sera en Haute Savoie, réalisé par Roger Menzor et il y sera entouré de l’ami Bruno Putzulu (Voir portrait), Gwendoline Hamon et Jacques Weber.

 

La Rochelle – 20ème Festival de la Fiction TV
Muriel ROBIN bouleversante
dans le rôle de Jacqueline Sauvage

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On connaît ce fait divers et ce procès qui défrayé la chronique, il y encore peu de temps.
Cette histoire de Jacqueline Sauvage qui, après 47 ans à endurer humiliations et coups de son mari qui violait également ses deux filles, a fini par lui titrer trois balles dans le dos. C’était en 2012.
Après un procès retentissant, elle avait écopé de 10 ans de prison, la justice ne considérant pas qu’elle était en état de légitime défense. Cette peine sévère avait ému des milliers de gens, à tel point que le Président de la République a fini par la gracier après trois ans de prison.
Après sa libération, Jacqueline Sauvage, dont le fils, entre temps, s’est suicidé, a décidé d’écrire son histoire, accompagnée de ses deux avocates, Marie Deshaires et Catherine Touzet : « Je voulais que ça s’arrête ».
Aujourd’hui, son histoire est portée à l’écran par Yves Rénier, le scénario étant également écrit par les deux avocates : « Jacqueline Sauvage : C’était lui ou moi ». Et c’est Muriel Robin qui porte ce rôle sur les épaules. Vous la découvrirez sur TF1 le lundi 1er octobre.
Muriel Robin qui y est absolument bouleversante avec, à ses côtés, Olivier Marchal qui incarne le mari de façon magistrale.
Présenté en avant-première à la Rochelle, nos artistes eurent droit à une ovation de près d’un quart d’heure devant une salle archi-comble sidérée, émue, bouleversée, même si quelquefois, certaines scènes sont insoutenables.

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Les larmes d’émotion de la soirée furent transformées en larmes de rire, le lendemain matin avec une Muriel Robin au mieux de sa forme, redevenant l’humoriste que l’on aime, et nous offrant un sketch désopilant. Elle était entourée des deux avocates, d’Alix Poisson qui joue l’une d’elles, du producteur et, arrivé en retard, Olivier Marchal qui avait eu du mal à se lever après une nuit quelque peu arrosée !
Comment êtes-vous arrivée sur ce rôle, Muriel ?
C’est la production qui a fait son choix… Mais on m’a dit qu’Yves Rénier avait tout de suite évoqué mon nom, ce qui est flatteur. Et j’avoue que je n’ai pas hésité une minute tant la star de ce film est avant tout le film lui-même et Jacqueline Sauvage qui est devenue le porte-drapeau de la violence faite aux femmes, qu’évidemment je défends âprement.
Comment s’approprie-t-on un tel rôle ?
J’ai d’abord lu le livre de Jacqueline Sauvage puis je l’ai rencontrée et je m’y suis préparée quatre à cinq mois avant le tournage.
Je précise que ce n’est pas un biopic mais une histoire que je me suis appropriée à partir de l’excellent scénario qu’ont écrit les deux avocates. Puis il y a eu la transformation physique et je n’avais plus qu’à jouer, entourée par de merveilleux comédiens. Ca n’a pas été un travail intellectuel, Jacqueline ne l’était pas, mais surtout, on n’avait pas le droit à l’erreur en abordant un sujet qui concerne tout le monde.
Les scènes de violence ont dû être dures à interpréter ?
Oui, d’autant qu’on les a tournées dans le même décor, dans un laps de temps de 15 jours, avec juste le week-end pour s’en remettre… et on ne s’en remet pas car on a passé le week-end à gamberger. On en a tous rêvé en pensant à toutes les femmes qui subissent journellement cette violence. Et lorsqu’on regarde le film, on ne peut qu’être impacté.
Il y a eu quelques moments difficiles pour moi comme pour Olivier qui est un tendre et qui, après chaque scène, venait s’excuser et m’entourer de ses bras ! »

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Le réalisateur, la comédienne et les avocates-scénaristes

Olivier, entre temps, est arrivé et nous en parle :
« C’est vrai qu’avec Muriel j’ai vécu des face à face bouleversants. D’autant que je suis loin d’être comme ça dans la vie. Je n’ai pas l’alcool mauvais, je suis un gentil et à l’écran, j’ai plus l’habitude de tabasser des mecs ! Il y a donc eu quelques scènes difficiles à tourner. En tant que flic, j’ai connu la sauvagerie, la barbarie du quotidien et quelquefois c’est quelque chose d’insoutenable.
Par contre, jouer ce genre de scène au cinéma ou à la télé, c’est quelque chose de jouissif car je suis comédien avant tout. Mais ça ne peut se faire que si l’on est complice avec sa partenaire, ce qui a été le cas »

Alix Poisson, qui joue l’une des avocates intervient :
« Je n’ai pas hésité a accepter ce rôle car je me suis aussitôt sentie concernée. Lorsqu’on me propose un rôle, je me dis : « Est-ce que c’est vital pour moi ? Est-ce que c’est essentiel pour les gens ? »
Nous avons tous des films qui ont fait basculer notre vie et celui-ci en fait partie. S’il émeut, s’il bouleverse c’est qu’on a eu raison et qu’on ne s’est pas trompé. Pour moi c’est un film sur le courage et ça me galvanise. Evidemment, ça ne changera pas le monde hélas mais peut-être que l’effet papillon fera qu’on aura quelque peu éveillé les consciences ».
Muriel, comprenez-vous l’acte de cette femme ?
Dans le vrai sens du terme, elle est évidemment une meurtrière et l’on peut se demander pourquoi elle attendu 47 ans pour en arriver là. Mais je la comprends car elle a un mari qu’elle aime malgré tout. Elle dit d’ailleurs qu’elle l’a dans la peau. Elle a quatre enfants, une entreprise où elle travaille avec lui. Alors, comment partir ? Comment porter plainte ? Un jour pourtant, il y a la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et pour moi c’est un cas de légitime défense.
Il faut aussi penser qu’il y a la honte d’être frappée mais lorsqu’elle apprend qu’il a violé ses filles, c’est l’horreur et le geste fatal arrive.
C’aurait pu être un film de cinéma ?
Pourquoi pas ? Mais je pense que le cinéma n’emmènerait pas autant de public qu’avec la télévision qui a plus de vertu, plus d’impact. Le but est qu’il y ait le plus de monde possible qui découvre ce problème douloureux encore tabou. La télé est une arme puissante, au cinéma, il y a plus de distance et sur ce sujet, il faut faire réagir le plus de monde possible pour faire bouger les choses, le gouvernement et la justice entre autres qui ne font pas grand chose.
C’est un film militant, citoyen. La société est encore patriarcale, la justice d’une logique hallucinante, implacable. Il faut que beaucoup de choses changent.

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Les comédiens et le producteur

Est-ce que Jacqueline a vu le film ?
Olivier Marchal : Elle a décidé de le voir, même si ses filles sont encore hésitantes, afin de pouvoir tourner une page. Les filles ont peur que ça relance les médias, que la folie médiatique recommence. Mais elles sont quand même heureuses que le film ait pu se faire.
Jacqueline est venue nous voir sur le dernier jour de tournage. Elle était assez sereine. Il faut savoir qu’elle est restée dans la maison du drame. Elle l’a juste repeinte. Pour elle, le drame est derrière elle, elle a retrouvé une liberté totale. Le pire c’est le suicide de son fils dont elle se sent coupable, d’autant qu’il n’a laissé aucune lettre. Et aujourd’hui pour elle, c’est ce remords qui la ronge.

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Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – 20ème Festival de la Fiction TV
« Papa ou maman? »… La suite à la télé !

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Vous avez pu suivre au cinéma, la folle aventure de Florence et Vincent, ce couple qui veut divorcer mais dont aucun des deux ne veut la garde d’enfants. Signés Martin Bourdoulon, ces deux comédies ont connu un grand succès avec le couple infernal que formait Marina Foïs et Laurent Lafitte.
Après le 1 et le 2, voici la suite en série TV, avec quelques changements : notre couple est formé de Florent Peyre et Emilie Caen, alias César et Isabelle, il est toujours question de divorce mais chacun veut cette fois garder les enfants, la réalisation est signée Frédéric Balekdjian et ils se sont mis à trois pour écrire cette série à voir sur M6 en 6 fois 52′ : Eliane Montagne, Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière.

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Emilie Caen

Ce fut l’un des rares éclats de rire à la Rochelle, deux épisodes nous étant offerts en ouverture du festival. La série est aussi réussie que les films et bien entendu, coups en douce, quiproquos, peaux de bananes, mensonges, trahisons… Tout est bon pour empoisonner l’autre et chacun a une imagination débordante. Ce qui pourrait être un drame devient une hilarante comédie menée tambour battant par un couple foldingue débordant d’énergie et les enfants pris dans la folle tourmente de parents devenus prêts à tout et… bons à rien pour que tout se passe bien !
Au fait… Ne s’aimeraient-ils pas encore ?
Florent Peyre, retenu à Paris, c’est la maman, Émilie Caen qui est venue avec une partie des enfants, le réalisateur et les scénaristes.
Nous avons rencontré le volubile Alexandre de la Patellière et le discret réalisateur, Frédéric Baleldjian.

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Frédéric Balekdjian – Alexandre de la Patellière

Comment aborde-t-on une série inspirée de deux films à succès ?
Alexandre : C’est tout simple : nous avons adoré le film et nous avons pensé que l’on pouvait en tirer une série. Nous ne voulions pas de copié-collé mais nous voulions garder l’ADN du film et le ressort comique.
A-t-il été question de changer le titre ?
Frédéric : Ca a longtemps été la question récurrente mais en fait, c’est une variation thématique et l’on a finalement trouvé logique de garder le titre, comme on a gardé les codes, le rythme, le ton, les personnages…
Peut-on parler alors de création ?
Alexandre : Oui, puisqu’on a créé une série à partir d’un film. J’espère que ceux qui ont aimé le film ne seront pas déçus. C’est à la fois pareil et différent car on a gardé à la série l’identité du film. Le film a été une source d’inspiration, le point de départ pour, par la suite, s’en détacher et faire évoluer le propos.
Frédéric : L’univers est le même : c’est la chronique d’une famille un peu disjonctée, qui vit une crise et des événements à la fois graves et drôles, fous et émouvants et surtout très rythmés.
Je suppose qu’il y a eu un casting ?
Frédéric : Un énorme casting car nous voulions garder la personnalité des personnages. Nous voulions de nouvelles têtes mais en même temps, qu’il y ait une alchimie qui se crée entre les personnages. Nous avons donc fait beaucoup d’essais avec divers comédiens afin de savoir s’ils seraient crédibles. Nous avons eu carte blanche d’M6.
Alexandre : Je crois que nous ne nous sommes pas trompés car nous avons très vite vu que le couple fonctionnait et que ça allait marcher entre eux.

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C’était tout de même une gageure ?
Alexandre : Oui, car le thème familial est un thème banal et la force doit donc venir du ton, du rythme, de l’originalité des situations.
Frédéric : Le défi était de garder la spécificité du film, de ne pas le trahir et de faire de la série un véritable objet télévisuel. C’est effectivement la chronique d’une famille avec toute la liberté qu’on pouvait avoir pour qu’elle existe, qu’elle soit crédible tout en étant un peu folle.

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – 29ème festival de la Fiction TV
Marie GILLAIN : « Je suis un électron libre ! ».

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Rencontrer Marie Gillain et un rayon de soleil pour la journée !
Vive, belle, simple, souriante, volubile, elle a tout pour elle, cette comédienne belge qui a démarré sa carrière très tôt et en fanfare puisque dès son premier film « Mon père, ce héros » de Gérard Lauzier, elle remportait le César du meilleur espoir féminin. C’était en 1991.
Après ça, elle a marqué de son empreinte nombre de films dont « L’appât » de Bertrand Tavernier, « Le Bossu » de Philippe de Brocca, « Le dîner » d’Ettore Scola avec à la clef encore 4 nominations au César, une aux Molière, une aux Globes d’or.
Au théâtre, ça a été entre autres le succès de « La Vénus à la fourrure » et à la télé, la série « Speakerine », qui a certainement été le déclencheur de sa venue à la Rochelle comme présidente du jury de ce 20ème festival.

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Lorsqu’on vous a proposé le rôle de présidente, quelle a été votre réaction ?
Ca m’a d’abord donné un coup de vieux car lorsqu’on vous propose une telle chose c’est que vous avez, disons, un certain vécu !
Par ailleurs, c’est à la fois flatteur et agréable, même si cela vous donne une certaine pression.
Pourquoi ?
Parce que c’est une vraie responsabilité que de juger des oeuvres que des gens ont mis des mois, à créer. Et de quel droit dire oui à l’un, non à l’autre ? Le choix que l’on a à faire va donner un vrai regard, une certaine couleur. C’est un engagement. Difficile aussi de juger des gens qui, parmi eux, peuvent être des amis. Par chance, je suis plus dans le milieu cinématographique que dans celui de la télévision. Sans compter que je n’ai jamais fait parti d’un clan, d’une famille, je suis un électron libre !
En fait, qu’attendez-vous de ces projections ?
J’attends une proposition, un regard neuf, original, un style, des personnages, des histoires qui sortent de l’ordinaire. Des projets ambitieux.
Vous disiez être plus dans le cinéma mais la télévision vous intéresse-t-elle ?
Je ne réfléchis pas ainsi. Si la proposition est intéressante, d’où qu’elle vienne, peu m’importe. Lorsque j’ai tourné « Speakerine », j’ai justement trouvé le projet ambitieux. Il fallait beaucoup de courage pour monter un tel projet. Et lorsqu’on a six épisodes à tourner, on ne peut pas arriver sur le plateau en touriste. Il faut beaucoup travailler en amont, rester très réceptive et ne pas s’encombrer avec des détails car on sait que le temps est compté.
Donc, que ce soit au cinéma ou à la télévision, je veux faire au mieux mon métier de comédienne. Je n’ai donc pas spécialement envie de faire de la télé, j’ai surtout envie d’avoir un rôle riche, complexe, fort, d’autant qu’aujourd’hui la frontière ciné-télé est de plus en plus ténue.
Aujourd’hui, vous propose-t-on des rôles différents ?
Evidemment, l’âge aidant ! D’autant que j’ai commencé très jeune et que j’ai eu longtemps une image juvénile. Aujourd’hui ça s’estompe. Mais on est toujours dépendant de son image, on fait un métier en fonction d’un désir d’un réalisateur qui a ou non envie de vous.
Les rôles que l’on me propose aujourd’hui sont effectivement plus forts, même si, à une époque, une comédienne de 40 ans avait du mal à trouver un rôle, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

D

Avez-vous pensé venir à la réalisation ?
J’ai encore des difficultés en m’imaginer réalisatrice. Par contre, j’ai des velléités d’écriture… ce que je suis en train de faire !
En fait, j’ai toujours eu envie d’écrire mais longtemps, je n’ai pas osé. De plus, comédienne très tôt, très jeune, j’ai été prise par le rouleau compresseur et du coup, pour moi écrire n’était pas essentiel.
Ca l’est devenu lorsque l’ADAMI m’a proposé d’écrire un court métrage. Ca m’a remis le pied à l’étrier et en quelque sorte, ça m’a boostée. Du coup, je me suis remise à l’écriture.
Et alors ?
J’écris un scénario avec Nathalie Leroy où j’ai toute liberté de m’exprimer et croyez-moi, je n’écris pas par frustration de ne pas trouver « le » rôle, c’est une véritable envie.
J’écris le rôle d’une femme de mon âge et il y a des chances que je le joue car je ne lâcherai jamais le métier de comédienne.
Je l’aime trop !

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
Brice MASSEE ou la passion d’écrire

Massee

C’est un grand mec d’apparence nonchalante, le sourire et le regard d’une grande sérénité et d’une grande gentillesse. A la Rochelle on ne pouvait le rater car il était omniprésent, tout en étant très discret, promenant sa longue silhouette et allant à la rencontre des gens du métier.
Brice Massée a plusieurs casquettes : il est scénariste, script doctoring c’est à dire qu’il aide réalisateurs et scénaristes à l’écriture, à la rédaction multimédia, analyse et aide au développement de scénarios.

« Depuis mon adolescence – me confie-t-il – j’ai toujours aimé écrire. J’avais peu de copains, j’étais dans un collège… un peu pourri ! A partir de là, je me suis renfermé sur moi-même et j’ai d’abord commencé à lire des BD de science-fiction.
J’avais un père passionné de cinéma et le premier film qu’il m’a emmené voir, c’est « Les dix commandements ». Ca a été le déclic. J’ai été à tel point imprégné par ce film que j’ai commencé à rêver de trucs grandioses ! Pour moi, c’était ça le cinéma. Depuis, j’aime toujours les grandes histoires épiques.
Tu n’écrivais pas encore pour le cinéma ?
Évidemment non ! J’ai, comme tout le monde, trouvé un boulot qui ne me plaisait pas plus que ça. J’ai travaillé durant huit ans dans une ambiance délétère. Jusqu’au jour où un concours de circonstances a fait que je suis tombé sur un article proposant un stage de dramaturgie préparant au métier de scénariste. C’est alors qu’il y a eu des licenciements économiques dans ma boîte (je vivais dans les Ardennes). Je suis alors allé à Pôle Emploi expliquant ce que je voulais faire. L’idée leur a paru originale car c’était la première fois qu’on leur demandait ce genre de formation !
Tu es donc parti ?
Oui, à l’INCA à Avignon où j’ai étudié le scénario pour divers supports, BD, vidéo, courts et longs métrages. Je suis tombé sur des gens formidables et j’ai compris que j’étais sur la bonne voie. J’en suis ressorti avec un diplôme reconnu par la SACD et j’ai écrit mon premier court métrage… pour une production pakistanaise qui est passée en avant-première au cinéma d’Epernay.
Ca t’a ouvert des portes ?
Oui car j’ai continué à faire des courts-métrages, un clip vidéo et en parallèle, je suis entré dans une association de scénaristes « Séquence 7″ où je corrigeais des scénarios. J’en ai corrigé un d’ailleurs, pour un réalisateur suisse, Gilbert Mene, intitulé « 1939 », un film sur les migrants et les clandestins et leur exploitation.
Tout ça paraît facile…
… Mais ça ne l’est pas car c’est un long chemin, on ne rencontre pas toujours des gens honnêtes, certains profitent de notre naïveté et du fait qu’on ne connaît pas les ficelles du métier.
Mais jamais rien ne m’a arrêté et j’ai aujourd’hui une agence qui gère mon travail : Artadam.
J’ai un projet de série pour Kien Productions et j’écris un sujet de sciences-fiction qui reste mon style préféré.
On peut en parler ?
C’est l’histoire d’un alchimiste du Moyen-Âge qui découvre le secret de la vie éternelle ce qui va le mener jusqu’en 2030. C’est encore difficile à concrétiser en France, aussi, je suis tourné vers l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis qui sont beaucoup plus réceptifs à ce genre de projets. »

Et il y arrivera, notre ami, car, malgré ce calme, cette sérénité, il a une force de caractère qui fait qu’il ne lâche rien.
« La force tranquille » pourrait s’adapter à lui !

Jacques Brachet

La Rochelle – Festival de la Fiction TV
La place des femmes dans l’audiovisuel… Encore du travail !

A D
Marion Sarraut – Sylvie Ayme

Cette année, le festival de la Rochelle a eu envie – enfin ! – d’étudier la place que les femmes avaient au cinéma ou à la télévision.
Ce n’est pas très brillant !
Aussi, deux tables rondes étaient organisées avec 4 productrices et 4 réalisatrices.
Ne pouvant hélas pas couvrir tous les événements qui, en trois jours, sont pléthore, c’est vers les réalisatrices que je me suis tourné, le quatuor étant composé de :
Marion Sarraut, une pionnière, qui, peu de temps comédienne, passe à la réalisation en 1970 en réalisant quelque 200 émissions avec Maritie et Gilbert Carpentier.
Puis, cette fille de ministre, nommée chevalier des Arts et Lettres et Chevalier de la Légion d’Honneur, passe en 1970 à la réalisation de séries et Dieu sait si elle en a réalisé, de « Julie Lescaut à « Une femme d’honneur » en passant par « Les Cordier », « Louis la Brocante », « Famille d’accueil », « Docteur Sylvestre », « Père et maire »…
Bénédicte Delmas, qui fut elle aussi comédienne dans « Navarro », « Hélène et les garçons » et surtout « Sous le soleil » dont elle réalisa un épisode. Puis elle devient réalisatrice en 2000 avec « Léa Parker », « Caïn », « Mongeville », Sections de recherches », « Plus belle la vie »…
Laurence Katrian, qui démarre en 1993 avec quelques courts métrages, puis quelques séries dès 1997 avec entre autres « Joséphine, ange gardien », « Les toqués » et beaucoup de téléfilms dont « A trois c’est mieux », « La loi selon Bartoli », « RIS », « Meurtres à Strasbourg », « Meurtres à Lille »…
Sylvie Ayme, qui elle, a démarré sa carrière au cinéma en 1991 avec des courts métrages, des documentaires, des docu-fiction et des web séries. Elle vient à la télévision en 1999 avec des séries comme « Docks », « Sous le soleil », « Candice Renoir », « Cassandre », « Camping Paradis »…

C B
Laurence Katrian – Bénédicte Delmas

Toutes sont là pour dire que se faire accepter par ce « métier de mecs » n’a pas toujours été un long fleuve tranquille et aujourd’hui, malgré tout ce qu’on peut dire, question parité on est loin du compte puisqu’on n’y trouve que 30% de femmes à qui l’on confie des créations.
Laurence : Cela fait partie de l’inconscient collectif à tel point que même des productrices ne pensent pas toujours à nous faire confiance, même si quelquefois, elles choisissent des hommes moins compétents que nous !
Bénédicte : C’est vrai que les producteurs et les productrices ne pensent pas obligatoirement à prendre une réalisatrice. J’ai quand même l’impression que c’est un peu en train de changer. Il ne faudrait pourtant pas qu’ils attendent qu’on ait 40 ans pour penser qu’on peut « limiter les risques ». Réaliser pour des débutantes est toujours difficile et il faut longtemps avant qu’on les prenne au sérieux, beaucoup plus longtemps que les hommes pour pouvoir faire leurs preuves.
Marion : Il prétextent souvent que ce n’est pas une question de sexe mais une question de talent, ce qui est idiot car, s’ils ne font pas confiance à une femme, comment peuvent-ils savoir si elle a du talent ?
Sylvie : C’est pour cela que, très souvent, les jeunes réalisatrices perdent confiance en elles car on les met dans cette situation et pourtant, elles ont des armes, des arguments, une sensibilité différente. Ils faut qu’elles se battent et qu’elles soient capables d’affronter des producteurs, ce qui n’est pas toujours facile. Par exemple, ils ne peuvent pas admettre qu’une femme puisse tourner un film d’action !
Bénédicte : Mais ce n’est pas qu’au cinéma ou à la télévision car on admet aussi mal qu’une femme puisse être chirurgien ou pilote. Dans l’inconscient, ces métiers sont des métiers d’hommes.
Laurence : C’est toujours aujourd’hui les hommes qui, en général, ont le pouvoir et qui veulent toujours garder le dessus. Ils acceptent difficilement que ce soit une femme qui puisse avoir le pouvoir, l’autorité. Pour eux, ça ne se conjugue pas avec féminité et ils ne supportent pas devant être sous les ordres d’une femme ou qu’une femme leur fasse une critique.
Bénédicte : Malgré tout ça, je pense que nous avons des arguments pour nous faire entendre. Il faut montrer qu’on sait travailler, qu’on sait ce qu’on fait, qu’on le fait bien et s’ils arrivent à le comprendre, c’est gagné.
Laurence : Vous savez tous qu’un homme a du caractère et qu’une femme… est caractérielle !!!
Sylvie : Comme il y a encore peu de modèles féminins, il faut que la femme apprenne à acquérir une autorité sans être autoritaire.
Marion : On se rend compte quand même que dans notre métier il y a encore beaucoup plus de chefs hommes que femmes et beaucoup plus d’assistantes ! Mais nous avons ouvert la route et il faut que ça continue. Il faut savoir taper sur la table et s’imposer..

Lorsque nous leur demandons quelles sont, pour elles, les qualités que doivent avoir une femme, elles répondent à l’unisson : Courage, opiniâtreté, travail, obstination et surtout solidarité, pour faire en sorte que celles qui ont réussi aident celles qui arrivent !

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle, Festival de la Fiction TV OCS & SACD
Ensemble pour créer un fonds de soutien pour les auteurs de demain

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D’un côté, l’OCS (Orange Cinéma Séries).
De l’autre, la SACD (La Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques)
Ces deux sociétés se sont rapprochées pour créer un fonds de soutien pour les jeunes auteurs.
« Ce fonds a été créé – nous explique Pascal Rogard, directeur général de la SACD, rencontré à la Rochelle – pour promouvoir des séries de 25′ écrites par de jeunes auteurs à qui nous offrons notre aide afin de pouvoir leur trouver des producteurs et des diffuseurs.
On le sait, chez les jeunes, c’est presque toujours le parcours du combattant et en cela notre aide leur permet d’avancer plus vite, d’autant que nous leurs offrons également un studio d’enregistrement afin de tourner des bouts d’essai qu’ils pourront présenter.
Par ailleurs, nous essayons de trouver des accords avec d’autres chaînes comme Arte, France Télévision, TF1 et peut-être à nouveau Canal Plus. »
« Il faut savoir – poursuit le responsable d’OCS – que notre chaîne possède trois millions d’abonnés qui peuvent visionner des séries françaises innovantes comme de grandes séries américaines ».
Ainsi, de concert, proposent-ils chaque année un concours avec un thème imposé auquel tout jeune auteur peut participer.

C B

« Nous avons reçu cette année quelque 190 projets et le thème était « L’uchronie » (Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé) ce qui n’est pourtant pas un sujet facile mais qui laisse une grande liberté créatrice »
Cinq lauréats ont été sélectionnés par un jury qui attribue des bourses et un candidat est choisi, afin de lui donner la possibilité de voir naître sa série. Les lauréats 2018 sont deux puisqu’ils ont écrit à quatre mains. Il s’agit de Sarah Maléon et Germain Huard, dont le thème leur a inspiré un sujet original. Germain nous le résume :
« La série s’intitule « 1929 », date où l’Afrique a pris le dessus de l’Europe. Les rôles se sont donc inversés et dans le courant de l’histoire les Africains enlèvent le fils d’un représentant de l’ONG afin de le faire adopter par une famille africaine. »
Bien entendu, à partir de ce thème, à eux d’en faire une série quotidienne qui tienne la route et sera diffusée sur OCS. Ils ont un délai d’un mois pour écrire le pilote qui a été accepté.
Et peut-être l’an prochain ou plus tard, les retrouvera-t-on à la Rochelle pour présenter leur première œuvre !

Jacques Brachet

Saint-Jean Cap-Ferrat – 28/29/30 septembre
Festival Jean COCTEAU

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28 SEPTEMBRE 20h – 1ère partie : Le bœuf sur le toit
Spectacle mis en scène par Gérard Chambre avec Catherine Salviat, Gérard Chambre et Patrick Poivre d’Arvor. Pianiste Fabrice Coccito
Deuxième partie : Felicity Lott chante des chansons écrites par Jean Cocteau, suivi par un cocktail dînatoire, salle Charlie Chaplin
29 SEPTEMBRE 20h : « Je l’appelais monsieur Cocteau »
Adapté du livre de Carole Weisweiller par Bérengère Dautun – mise en scène Pascal Vitiello
avec Bérengère Dautun et Guillaume Bienvenu, suivi par un cocktail dînatoire, salle Charlie Chaplin
30 SEPTEMBRE 
15h : Jean Cocteau et la Grèce – Déambulation à la villa Kérylos – lecture des textes de Jean Cocteau sur la Grèce par Gérard Chambre. Ville Kérylos, Beaulieu sur Mer.
18h : Ballet « Anima » chorégraphié et dansé par Magali Lesueur – poèmes lus par Isabelle Carré.
Deuxième partie : « Théâtre de Poche » de Jean Cocteau dit par Isabelle Carré, suivi par un cocktail dînatoire salle Neptune, sur le nouveau port

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Exposition jusqu’au dimanche 30 septembre
Santo Sospir présente « Unité Intégralité avec Jean Cocteau », une collection de sculptures en technique mixtes, ainsi qu’une installation sonore de l’artiste Franco-Iranien Sassan Behnam-Bakhtiar. Ce dernier, installé à Saint-Jean-Cap-Ferrat, explore dans le cadre de sa série Unité Intégralité, centrée sur l’existentialisme, l’héritage de Jean Cocteau dans la villa historique Santo Sospir.
Cette exposition en solo se concentre sur les points de rencontre entre les visions de l’humanité de Jean Cocteau et de Sassan Behnam-Bakhtiar. Cette synergie entre les deux artistes transcende l’époque dans l’installation sonore de Behnam-Bakhtiar, créée après que l’artiste a découvert une vidéo de 1962 intitulée « Jean Cocteau s’adresse à l’an 2000 » où Jean Cocteau partage ses observations depuis la salle à manger de la villa Santo Sospir, disant « Nous vivons dans des normes conventionnelles … et il est probable que nous nous trompons et que peut-être vous vous trompez encore… Il est possible que ce que nous appelons le progrès soit le développement d’une erreur … J’espère que vous êtes devenus très humanisés… : c’est ça mon espoir ». Ces messages spécifiques sont profondément enracinés dans la philosophie de la série Unité Intégralité de Sassan Behnam-Bakhtiar, qui a débuté à la Saatchi Gallery de Londres en mai-juin 2018, soulignant l’importance d’être connecté avec le moi éternel, particulièrement dans notre monde moderne, où les gens se perdent de plus en plus chaque jour selon l’artiste. « Nous manquons d’humanité dans nos vies et nous nous en éloignons de plus en plus. Je vois le besoin de changer d’orientation vers une meilleure compréhension de nous-mêmes en tant qu’êtres humains », déclare Behnam-Bakhtiar. De cette résonance est né un dialogue entre les deux artistes.

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Unité Intégralité avec Jean Cocteau comprend également une série de sculptures à grande échelle évoquant les visiteurs fréquents de Cocteau à Santo Sospir – Pablo Picasso, Henri Matisse, Charlie Chaplin, Vlaslav Nijinsky, Coco Chanel, parmi les autres éminents personnages qui sont allés et venus, et dont l’énergie enchanteresse imprègne chaque recoin de ce monument historique de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Les sculptures de la série sont toutes peintes dans le style de Behnam-Bakhtiar, rendant hommage aux personnalités vibrantes qui ont animé la légendaire villa Santo Sospir et à leurs empreintes, invitant ainsi les visiteurs d’aujourd’hui à se perdre parmi ces personnages, et peut-être à réexaminer leurs propres chemins de vie.

04 93 76 00 16 – www.saintjeancapferrat-tourisme.fr