Archives pour la catégorie Festivals

La Rochelle, Festival de la Fiction TV OCS & SACD
Ensemble pour créer un fonds de soutien pour les auteurs de demain

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D’un côté, l’OCS (Orange Cinéma Séries).
De l’autre, la SACD (La Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques)
Ces deux sociétés se sont rapprochées pour créer un fonds de soutien pour les jeunes auteurs.
« Ce fonds a été créé – nous explique Pascal Rogard, directeur général de la SACD, rencontré à la Rochelle – pour promouvoir des séries de 25′ écrites par de jeunes auteurs à qui nous offrons notre aide afin de pouvoir leur trouver des producteurs et des diffuseurs.
On le sait, chez les jeunes, c’est presque toujours le parcours du combattant et en cela notre aide leur permet d’avancer plus vite, d’autant que nous leurs offrons également un studio d’enregistrement afin de tourner des bouts d’essai qu’ils pourront présenter.
Par ailleurs, nous essayons de trouver des accords avec d’autres chaînes comme Arte, France Télévision, TF1 et peut-être à nouveau Canal Plus. »
« Il faut savoir – poursuit le responsable d’OCS – que notre chaîne possède trois millions d’abonnés qui peuvent visionner des séries françaises innovantes comme de grandes séries américaines ».
Ainsi, de concert, proposent-ils chaque année un concours avec un thème imposé auquel tout jeune auteur peut participer.

C B

« Nous avons reçu cette année quelque 190 projets et le thème était « L’uchronie » (Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé) ce qui n’est pourtant pas un sujet facile mais qui laisse une grande liberté créatrice »
Cinq lauréats ont été sélectionnés par un jury qui attribue des bourses et un candidat est choisi, afin de lui donner la possibilité de voir naître sa série. Les lauréats 2018 sont deux puisqu’ils ont écrit à quatre mains. Il s’agit de Sarah Maléon et Germain Huard, dont le thème leur a inspiré un sujet original. Germain nous le résume :
« La série s’intitule « 1929 », date où l’Afrique a pris le dessus de l’Europe. Les rôles se sont donc inversés et dans le courant de l’histoire les Africains enlèvent le fils d’un représentant de l’ONG afin de le faire adopter par une famille africaine. »
Bien entendu, à partir de ce thème, à eux d’en faire une série quotidienne qui tienne la route et sera diffusée sur OCS. Ils ont un délai d’un mois pour écrire le pilote qui a été accepté.
Et peut-être l’an prochain ou plus tard, les retrouvera-t-on à la Rochelle pour présenter leur première œuvre !

Jacques Brachet

Saint-Jean Cap-Ferrat – 28/29/30 septembre
Festival Jean COCTEAU

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28 SEPTEMBRE 20h – 1ère partie : Le bœuf sur le toit
Spectacle mis en scène par Gérard Chambre avec Catherine Salviat, Gérard Chambre et Patrick Poivre d’Arvor. Pianiste Fabrice Coccito
Deuxième partie : Felicity Lott chante des chansons écrites par Jean Cocteau, suivi par un cocktail dînatoire, salle Charlie Chaplin
29 SEPTEMBRE 20h : « Je l’appelais monsieur Cocteau »
Adapté du livre de Carole Weisweiller par Bérengère Dautun – mise en scène Pascal Vitiello
avec Bérengère Dautun et Guillaume Bienvenu, suivi par un cocktail dînatoire, salle Charlie Chaplin
30 SEPTEMBRE 
15h : Jean Cocteau et la Grèce – Déambulation à la villa Kérylos – lecture des textes de Jean Cocteau sur la Grèce par Gérard Chambre. Ville Kérylos, Beaulieu sur Mer.
18h : Ballet « Anima » chorégraphié et dansé par Magali Lesueur – poèmes lus par Isabelle Carré.
Deuxième partie : « Théâtre de Poche » de Jean Cocteau dit par Isabelle Carré, suivi par un cocktail dînatoire salle Neptune, sur le nouveau port

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Exposition jusqu’au dimanche 30 septembre
Santo Sospir présente « Unité Intégralité avec Jean Cocteau », une collection de sculptures en technique mixtes, ainsi qu’une installation sonore de l’artiste Franco-Iranien Sassan Behnam-Bakhtiar. Ce dernier, installé à Saint-Jean-Cap-Ferrat, explore dans le cadre de sa série Unité Intégralité, centrée sur l’existentialisme, l’héritage de Jean Cocteau dans la villa historique Santo Sospir.
Cette exposition en solo se concentre sur les points de rencontre entre les visions de l’humanité de Jean Cocteau et de Sassan Behnam-Bakhtiar. Cette synergie entre les deux artistes transcende l’époque dans l’installation sonore de Behnam-Bakhtiar, créée après que l’artiste a découvert une vidéo de 1962 intitulée « Jean Cocteau s’adresse à l’an 2000 » où Jean Cocteau partage ses observations depuis la salle à manger de la villa Santo Sospir, disant « Nous vivons dans des normes conventionnelles … et il est probable que nous nous trompons et que peut-être vous vous trompez encore… Il est possible que ce que nous appelons le progrès soit le développement d’une erreur … J’espère que vous êtes devenus très humanisés… : c’est ça mon espoir ». Ces messages spécifiques sont profondément enracinés dans la philosophie de la série Unité Intégralité de Sassan Behnam-Bakhtiar, qui a débuté à la Saatchi Gallery de Londres en mai-juin 2018, soulignant l’importance d’être connecté avec le moi éternel, particulièrement dans notre monde moderne, où les gens se perdent de plus en plus chaque jour selon l’artiste. « Nous manquons d’humanité dans nos vies et nous nous en éloignons de plus en plus. Je vois le besoin de changer d’orientation vers une meilleure compréhension de nous-mêmes en tant qu’êtres humains », déclare Behnam-Bakhtiar. De cette résonance est né un dialogue entre les deux artistes.

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Unité Intégralité avec Jean Cocteau comprend également une série de sculptures à grande échelle évoquant les visiteurs fréquents de Cocteau à Santo Sospir – Pablo Picasso, Henri Matisse, Charlie Chaplin, Vlaslav Nijinsky, Coco Chanel, parmi les autres éminents personnages qui sont allés et venus, et dont l’énergie enchanteresse imprègne chaque recoin de ce monument historique de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Les sculptures de la série sont toutes peintes dans le style de Behnam-Bakhtiar, rendant hommage aux personnalités vibrantes qui ont animé la légendaire villa Santo Sospir et à leurs empreintes, invitant ainsi les visiteurs d’aujourd’hui à se perdre parmi ces personnages, et peut-être à réexaminer leurs propres chemins de vie.

04 93 76 00 16 – www.saintjeancapferrat-tourisme.fr

 

La Rochelle – 29ème Festival de la Fiction TV
D’excellentes nouvelles d’ARTE

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Sur 18 films et artistes primés au 20ème festival de la Rochelle, 9 – la moitié exactement – ont été raflés par Arte.
Prix de la mini-série avec « Jeux d’influence – Meilleur scénario, meilleur espoir masculin pour « Une vie après » – Meilleur espoir féminin pour « Dévoilées  » – Meilleur téléfilm, meilleure réalisation, meilleure musique pour « Jonas » – Prix d’interprétation masculine et Prix Nouvelle Aquitaine pour « Je sais tomber ».
C’est dire si la chaîne se porte bien et a du flair pour renifler les bonnes fictions !
Avant la remise des prix, nous avions rencontré son directeur de la fiction Olivier Wotling qui nous disait avec satisfaction (sans savoir les résultats du festival) être absolument ravi de l’année écoulée.

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Une vie après – Je sais tomber -Jeux d’influence – Jonas

« Ça a été pour nous une année très riche dans sa diversité puisque nous avons abordé tous les genres sauf le polar. Nous sommes allées jusqu’à la science fiction burlesque avec « Coincoin et les Z’Inhumains » que vous verrez bientôt, que nous avons abordée grâce à la rencontre d’auteurs qui ont travaillé sur ce sujet dans une atmosphère très singulière.
Par contre il y a un certain retour sur la série politique. Le soucis d’Arte est d’être est d’être de son temps, contemporaine de son époque.
Ainsi avons-nous abordé le problème des pesticides avec « Jeux d’influences » de Jean-Xavier de Lestrade, le problème des religions avec une série danoise « Au nom du Père », un film suisse « Dévoilées » et un film franco-italien « Il miracolo », le problème d’anticipation et de science fiction avec les séries « Ad vitam et « Il était une seconde fois », de la crise migratoire avec « Eden ».
La famille est omniprésente dans nombre de nos séries et unitaires. Aujourd’hui, ce n’est plus la famille qui regarde la télé, c’est la télé qui regarde la famille
Notre soucis est d’entrer dans les sujets de société actuels avec des rôles très forts.
Nous sommes également heureux de voir que de grands réalisateurs viennent à nous car ils trouvent à la télévision divers formats qui peuvent s’adapter à leurs scénarios.
Nous voulons aussi pouvoir faire émerger de jeunes talents comme Christophe Charrier dont c’est le premier film. Nous proposerons des portraits d’hommes et de femmes dans des moments clefs de leur vie et bien évidemment, nous développons les coproductions européennes afin d’ouvrir les échanges entres pays, entre réalisateurs et scénaristes, faire découvrir de grands acteurs, croiser les idées, les cultures, partager des valeurs, confronter nos imaginaires. L’important est la rencontre avec l’autre.

coincoin

Aujourd’hui nous travaillons avec l’Espagne , l’Italie, l’Allemagne, la Scandinavie, l’Irlande, la Grèce et même Toronto. Nombre de réalisations sont en train d’être tournées sur des sujets divers et toujours d’actualité.
Notre propos c’est de pouvoir exprimer des sujets, des points de vue forts portés par des réalisateurs et des comédiens aussi forts.
C’est notre ambition ».

Propos recueillis par Jacques Brachet

La Rochelle – 20ème festival de la fiction TV
Un Toulonnais à l’honneur : Christophe CHARRIER

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Eh oui… à Toulon, nous pouvons nous targuer que c’est un Toulonnais qui a fait le buzz au festival de la Rochelle !
Un tout jeune réalisateur, Christophe Charrier, puisque c’est son premier film, qu’il en est l’auteur, le scénariste et le réalisateur, ce qui est déjà rare et ce qui n’est jamais arrivé, c’est qu’il est le premier à emporter trois prix pour un premier film : le prix du meilleur téléfilm, le prix de la meilleure réalisation, les deux prix les plus importants et le prix de la meilleure musique signée par Alex Beaupin.
Le film s’intitule « Jonas », co-produit par « En Cie des Lamas » et Arte France et il a également fait une grosse impression sur le public et même sur les professionnels. La preuve.
Car le film est vraiment original, abordant plusieurs sujets dont la quête d’un passé douloureux, inexpliqué d’un garçon d’une trentaine d’années, Jonas (Félix Maritaud) à qui il est arrivé un drame alors qu’il avait quinze ans, drame dont il ne se souvient plus et qu’il cherche à reconstituer. Il va donc affronter son passé et en le remontant c’est un autre jeune comédien Nicolas Bauwens, qui joue l’adolescent. Entre les deux Jonas, un personnage étrange et ambiguë (Tommy-Lee Baïk) dans une atmosphère lourde, quelquefois glauque, qui vous tient en haleine.
Un film totalement maîtrisé malgré la jeunesse de Christophe, une histoire hallucinante et de jeunes et superbes comédiens avec en prime, la musique très forte, qui ajoute à l’ambiance, d’Alex Beaupin qui n’en n’est pas à sa première oeuvre pour le cinéma puisqu’il a signé toutes les musiques du réalisateur Christophe Honoré, celle du film de Michèle Laroque (Brillantissime) et qui avait déjà collaboré sur un court métrage avec Christophe.
Plaisir donc de rencontrer Christophe et ses comédiens avec en prime, celle qui joue la mère de Jonas : Aure Atika.

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Christophe, c’est ton premier film… Un rêve d’enfant ?
Tout à fait. J’ai toujours aimé et voulu écrire et réaliser. Je n’ai pourtant pas fait d’école de cinéma mais dans ma tête, il n’y a toujours eu que ça. Et si je n’avais pas ça, je ne sais pas ce que j’aurais pu faire.
Le scénario est une idée à toi ?
Oui, j’ai écrit tout seul dans mon coin sans savoir où ça allait me mener. C’est une fois fini le scénario que j’ai commencé à chercher un producteur et la chance a voulu que je rencontre Sandrine Brauer et Marie Masmonteil qui m’on très vite dit la phrase magique que j’espérais : « Le scénario nous plait ». Je pouvais alors commencer à vivre mon rêve !
Avais-tu pensé au cinéma ou à la télévision ?
Avec la production on s’est très vite dit que c’était un sujet pour la télé. Je pensais que le film serait vu par un plus grand nombre de spectateurs qu’au cinéma. Et là encore, Arte a très vite dit oui.
Tu es toulonnais, tu as tourné à Toulon… Y a-t-il des éléments biographiques ?
C’est un mélange de trucs perso mais j’avais envie de tourner chez moi, entre autre au Collège Notre-Dame où je suis allé, dans mon gymnase… Après, dans un film, surtout le premier, il y a toujours des éléments personnels mais j’avais envie d’écrire et réaliser un récit romanesque. On est sur de la chronique, de la romance avec du suspense, du mystère où tout se décante au fur et à mesure. Donc on retrouve des choses de moi, de mes parents… de mon chien !
Je suis parti d’un homme basique derrière lequel se trouve un prédateur auquel aura affaire Jonas. C’est en fait une jolie histoire au départ qui va, à un moment, déraper. C’est un film sur le silence, la lâcheté.

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Tommy-Lee Baïk – Nicolas Bauwers – Félix Maritaud

Le choix de tes comédiens est tout juste formidable !
Le problème était que je trouve deux comédiens qui se ressemblent pour jouer deux époques de la vie de Jonas. J’avais besoin d’indices pour qu’il y ait une vérité. J’ai donc choisi Félix Maritaud, qui a déjà beaucoup tourné et Nicolas Bauwens qui poursuivait des études et n’avait jamais tourné. Je les ai beaucoup fait travailler ensemble afin qu’ils aient des postures, des gestes qu’on retrouve chez les deux. Mes comédiens, c’est du kif, du béton armé !
Justement, dans le film, Félix Martinaud, vous êtes homosexuel… C’est votre quatrième rôle d’homosexuel… N’avez-vous pas peur que l’on y vous cantonne ?
(Il rit) Même pas peur ! C’est vrai que le hasard fait que j’ai enchaîné quatre fois sur ce type de rôle. Rassurez-vous, je ne veux pas m’y spécialiser mais les propositions sont venues comme ça et comme les rôles étaient intéressants, pourquoi les refuser ? C’est mon métier de jouer et si les histoires, les rôles sont bons, pourquoi dire non ? J’ai 25 ans, j’ai le temps de jouer d’autres rôles. La notoriété n’est pas ce qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse, c’est jouer. Mon rêve aujourd’hui serait d’interpréter un mec qui pête un câble !
Et c’est ce que vous avez toujours voulu faire ?
(Il rit à nouveau) Non, mon rêve était d’être gogo danseur à Los Angeles ! En fait, je n’avais aucun rêve précis, le cinéma est venu par hasard, par un concours de circonstances.

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Aure Atika

Aure Atika, vous jouez la mère d’un fils de plus de trente ans alors que vous semblez être sa sœur !
(Elle rit, elle aussi) Merci du compliment mais il y a des femmes qui ont des enfants très jeunes. Je pense être une mère crédible. Ca donne d’ailleurs des rapports différents de complicité par le fait que le rapport d’âge est étroit.
Votre rôle est intéressant car vous jouez une jeune mère cool, complice et sans tabou avec l’homosexualité de son fils puis une mère plus âgée et meurtrie
Et c’était très intéressant à jouer. Le plus difficile était de me rajeunir lorsque pour la première partie de la vie de son fils !!! Et après, c’est une mère qui doit vivre avec une douleur indicible et qui doit continuer à avancer pour son autre fils.
Christophe, pourquoi avoir appelé votre héros Jonas qui n’est pas un prénom courant ?
Au départ le film devait s’intituler « Game Boy » mais le titre était déjà pris. J’ai choisi d’appeler le héros Jonas et de donner son prénom comme titre du film. Ca signifie une personne qui ne peut pas échapper à son destin.

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Propos recueillis par Jacques Brachet
Christophe viendra au cinéma Royal à Toulon avant qu’il ne soit diffusé. Ce sera début octobre m’a-t-il dit.

La Rochelle
On a fêté le 20ème anniversaire du festival de la fiction TV

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De gauche à droite : Stéphane Strano, Christophe Lamotte, réalisateur,Bruno Debrandt, comédien, Audrey Ismaël, compositrice, Baya Kasmi, scénariste, Marie Gillain, comédienne et présidente, Jean-Benoît Gillig, producteur.

Arriver à la Rochelle avec un soleil éclatant, c’est déjà une récompense après un trajet Toulon-La Rochelle aussi long que stressant. Mais, tout à notre joie de retrouver les amis journalistes, tous les bénévoles qui, depuis des années, nous chouchoutent avec une grande gentillesse et un beau sourire et nos deux « piliers-press » Jérémy pour les rendez-vous et les interviews, Magali pour les photos call… Bref, c’est déjà une grande joie qui va se transformer en course à la star, aux queues pour les films, tout cela entre un jus d’orange, un café et deux (trois ?) coupes de champagne, dans une ambiance bon enfant, d’autant que cette année, le festival fêtait son vingtième anniversaire.
20 ans déjà, une belle aventure commencée à St Tropez grâce à Quentin Raspail qui eut cette belle idée.
Hélas, peu suivi par une ville qui mise plus sur la mer, le soleil et les yachts et n’a que peu de structures culturelles, Quentin eut l’idée de proposer le festival à la Rochelle, ville aussi belle et accueillante que culturelle. Et celui-ci s’est lové avec délice en vivant au fil des marées sur ce joli port, attirant chaque année un peu plus de monde. Et nous avons suivi Quentin !
Aujourd’hui il a laissé sa place à Stéphane Strano qui a donc repris les rênes en y apposant sa patte et en faisant de ce festival français, un festival francophone puis européen. et c’est lui le premier qui, traditionnellement, nous y accueille, à la première heure du début du festival.

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Rencontre
« Stéphane Strano, quelles réflexions vous évoquent ce vingtième anniversaire ?
D’abord je dirai : une réflexion raisonnable. Du coup je n’ai voulu ni fastes ni feu d’artifice, je n’ai pas voulu utiliser l’argent public à ce genre de choses. Mais il faut que le festival reste une fête. Après ça, je me suis posé la question : que va-t-on faire après vingt ans ?
Il y a dix ans, nous avons invité nos amis francophone à participer, puis ce furent les européens. Il va falloir développer encore plus cela.
Il y a eu aussi les résidences d’auteurs. Trop peu à mon goût, à raison de trois saisons par an. Du coup, nous allons avoir un lieu afin d’être plus efficaces et de créer des rendez-vous de la création francophone. Et il y a aussi le problème de la croissance.
C’est plutôt bien, non ?
Oui, bien sûr puisqu’il y a une croissance constante, et des professionnels et des spectateurs. J’avoue que de voir les salles pleines c’est réjouissant mais d’un autre côté c’est frustrant de voir qu’on en refuse à chaque séance. Il va donc falloir trouver des lieux et peut-être aussi ajouter des jours. Déjà, nous avons ajouté une demi-journée. La progression doit se faire en douceur et en délicatesse. Mais on ne peut pas retenir la croissance d’un festival.
Y a-t-il des possibilités à la Rochelle ?
Oui, nous avons cette chance qu’il y ait encore des flexibilités. Il y a le fort Louis, ce lieu mythique chargé d’Histoire qui accueillera la résidence d’écriture francophone. Les travaux ont pris du retard suite à l’incendie de la Mairie mais ça va se faire.
Parlons de l’avenir de la fiction…
L’avenir de la création française est le sujet le plus important aujourd’hui, nous y travaillons avec Yves Bigot, qui est le directeur général de TV5Monde et responsable du Comité de Sélection France. je pense que, comme lui, il faut que la production française se diversifie plus. C’est vrai qu’elle est le reflet de notre société mais il faut qu’elle soit plus éclatée et corresponde à tous les publics.
Polars, adaptations, la création n’est-elle pas un peu frileuse ?
Je crois que nous sommes capables de faire des séries et des unitaires de qualité mais il faut essayer de faire bouger les lignes. Nous avons quand même réalisé des œuvres ambitieuses et belles comme « Le baron noir », « Dix pour cent », « Le bureau des légendes » qui resteront dans les esprits. Mais on peut toujours s’améliorer. Pour parler du polar, même celui-ci commence à évoluer en ne traitant pas seulement d’une affaire mais en proposant un sujet parallèle dans l’histoire.
Le style français n’est à mon goût pas assez affirmé mais je suis d’un naturel optimiste et je pense qu’on va améliorer les choses. Il faut atteindre cet objectif et je pense que nous sommes sur la bonne voie !
Il y a aujourd’hui de plus en plus de festivals concurrents. Qu’en pensez-vous ?
C’est vrai que d’autres festival tournés vers la télévision naissent mais je pense que chacun a trouvé sa spécificité, a trouvé sa place après quelques années de flottement. Chacun a trouvé son ADN comme nous l’avons fait et la Rochelle reste quand même LE festival de référence. Sincèrement, c’est aujourd’hui le plus grand festival ».

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Ouverture élégante avec Virginie Guilhaume. Clôture déjantée avec Mathieu Madénian

Après cette rencontre, nous reprenions pour trois le marathon, le cercle infernal projections-rencontres-photo-call sous un soleil de plomb. Les trois coups furent frappées par l’élégante Virginie Guihaume qui eut la joie de recevoir le président actuel et le « past » président, Quentin, heureux et ému de revenir sur les lieux où il œuvra plusieurs années après St Tropez.
Ce fut un joli moment d’émotion.
Puis, chose rare, en ouverture nous eûmes droit à une comédie : une série que l’on découvrira sur M6 « Papa ou maman », écrite par Alexandre de la Patelière, Eliane Montane et Mathieu Delaporte, réalisée par Frédéric Balekdian, avec une famille qui a comme duo vedette Emilie Caen et Florent Peyre, tous plus foldingues les uns que les autres, qui nous a permis de bien rire avant de rejoindre le traditionnel repas d’ouverture chez André avec la banane, ce qui est toujours un moment très convivial de retrouvailles.

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Le retour de Quentin Raspail, avec le maire de la Rochelle Jean-François Fountaine et l’actuel président, Stéphane Strano

Mais dès le lendemain, l’ambiance dans les salles fut moins festive, entre meurtres et enlèvements, coups de feu et coup de poings, femmes battues et corps amputés, maladies et problèmes familiaux… Il y en eut pour tous les goûts jusqu’à la fin où le sourire et même carrément le rire revint enfin avec « Mike », la série d’OCS qu’on verra en octobre, écrite par Frédéric Hazan et Max Boublil que l’on retrouve aussi comme comédien. Encore une série totalement déjantée qui a fait hurler de rire une salle entière, professionnels et spectateurs compris. On y reviendra car j’ai pu les rencontrer et croyez-moi, ce fut loin d’être triste !
Hormis la chasse aux autographes d’une énorme foule, le trio de tête fut l’arrivée de trois équipes des séries les plus vues et les plus populaires, de la plus ancienne qui est évidemment « Plus belle la vie » (France 3) à la toute récente qui est  » Un si grand soleil (France 2) », en passant par celle qui, depuis plus d’un an, fait un carton : « Demain nous appartient » (TF1). Dès 7 heures du matin, les fans s’agglutinaient au village pour attendre la première fournée qui n’avait lieu qu’à 11 heures, créant des files impressionnantes, patientes et calmes, précisons-le. Ce fut moins calme lors de l’arrivée de leurs héroïnes et héros !
Après le charme et l’élégance de Virginie Guihaume à l’ouverture, nous eûmes en clôture un Mathieu Madénian au mieux de sa forme caustique à souhait, balançant des vannes sans filtre et souvent dévastatrices sur tout ce qui bougeait, en particulier les lauréats qui ne montaient pas sur scène que pour recueillir leur prix !
Du grand Madénian.

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Benjamin Voisin, Lola Créton, Frédéric Pierrot

Une distribution des prix bien équilibrée, digne du beau jury qui les décernaient, dont la présidente était la lumineuse Marie Gillain (Voir article précédent)
Un petit tour à la fête traditionnelle pleine de bruit et de musique et la Rochelle reprenait son rythme de fin d’été. Un été indien qui n’en finit pas, pour le plaisir des Rochellais et la tristesse des festivaliers qui quittaient avec regret ce moment intemporel que tout festival propose.
Vivement la 21ème saison !

Jacques Brachet

Le palmarès
Meilleur téléfilm : « Jonas » (Arte)
Meilleure mini-série : « Jeux d’influence » (Arte)
Meilleure série 52′ : « Dix pour cent » (France 2)
Meilleure série 26′ : « HP » (OCS)
Meilleure série Web : « L’Arène » (Nitrofilms – (Québec)
Meilleure fiction européenne : « The Day » (FBO – Belgique)
Prix spécial du jury fiction européenne : « The Carlos Benede Story »
(Hager Moss Films – Allemagne)
Meilleure fiction francophone : « Invisibles » (TSK Studios – Côte d’Ivoire)
Meilleure réalisation : Christophe Charrier (« Jonas », Arte)
Meilleur scénario : « Une vie après » (Arte)
Meilleure musique : Alex Beaupain pour « Jonas » (Arte)
Meilleure interprétation féminine : Noémie Lvovsky, Roxane Potereau, Léonie Simaga
(« Les Impatientes », France 3)
Meilleure interprétation masculine : Frédéric Pierrot (« Une vie après »,  Arte)
Meilleur espoir féminin : Lola Créton (« Dévoilées », Arte)
Meilleur espoir masculin : Benjamin Voisin (« Je sais tomber » Arte)
Prix des collégiens de la Charente-Maritime : « Escape » (GM6)
Prix Nouvelle-Aquitaine des lecteurs « Sud Ouest » : « Je sais tomber » (Arte)
Meilleure série des 20 dernières années : « Capitaine Marleau » (France 3)

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Toute (ou presque) l’équipe de « Jonas« 

A noter, tout d’abord, que Arte a raflé la mise avec 8 nominations sur 17, que pour la première fois, ce sont trois comédiennes qui remportent le prix de la meilleure interprétation féminins (Elles étaient absentes toutes les trois) et – on en est très fier – qu’un jeune Toulonnais, dont c’est le premier film qu’il a écrit, scénarisé et réalisé, a raflé trois prix. Il s’agit de Christophe Charrier qui, pour « Jonas », a donc reçu le prix du meilleur téléfilm, le prix de la meilleure réalisation, et le prix de la meilleure musique signée par Alex Beaupin. Et c’est encore Arte.
Il était entouré de ses jeunes et beaux comédiens : Félix Maritaud, Nicola Bauwens, Tommy-Lee Baïk et de la belle Aure Atika.
Et précisons qu’il sera reçu dans sa ville en fanfare dans sa ville, au cinéma le Royal où il présentera son film début octobre

La Rochelle
Dernières nouvelles du festival de la fiction TV

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POUR LES FEMMES DANS LES MÉDIAS
2018 marque un tournant significatif dans la prise de conscience de la condition des femmes : inégalité des chances, de rémunération et de représentation.
C’est pour cette raison que le Festival de la Fiction a décidé de s’associer à l’association Pour les Femmes dans les Médias (PFDM), qui défend depuis 5 ans des valeurs fondamentales autour de l’engagement, de l’entrepreneuriat, de l’égalité et la parité entre hommes et femmes dans l’industrie audiovisuelle, afin de faire le bilan sur la production audiovisuelle française et sur un sujet important : la place de la femme en 2018 devant et derrière les écrans.
Aujourd’hui la France accuse un retard important en termes de parité et c’est pourquoi l’association et le Festival ont choisi de s’associer pour la première fois en organisant deux tables rondes, afin de confronter les témoignages de professionnelles de plusieurs générations, car il est important de transmettre ces valeurs.
Pour cette édition, l’association PFDM a souhaité se concentrer sur les métiers de productrice et de réalisatrice.
En effet, selon une étude du CNC parue en février 2017 sur la place des femmes dans l’industrie cinématographique et audiovisuelle, sur les 1643 réalisateurs de fiction en activité ces 10 dernières années, seulement 22% sont des femmes ! Quant aux productrices, seules 21% d’entre elles participent aux 200 projets qui voient le jour chaque année.
PFDM tout au cours de l’année développe un réseau de soutien pour les femmes dirigeantes des médias afin de les aider à peser dans leur secteur économique, les assister dans leur ascension et leurs pratiques au­diovisuelles et plus largement dans la modification des comportements sociétaux afin qu’elles soient mieux reconnues.

Productrices : Jeudi 13 septembre à 17H
Laurence Bachman
Laurence Bachman crée sa société Alya Production en 1991, qu’elle cédera en 1997 au groupe Canal+. Elle de­vient alors DGA du groupe Ellipse, en charge de la fiction. En janvier 2000, elle prend la direction de la fiction de France 2, qu’elle quittera pour retourner à la production dans le groupe Telfrance en 2005. Elle est aujourd’hui Directrice Générale de Barjac production et DGA de Telfrance. Parmi ses productions : La Source, Le désert de l’Amour, Pour Djamila ou encore Nina et Cassandre.
Bééedicte Lesage
Bénédicte Lesage a produit de nombreux téléfilms mais également deux séries : Guyane et Antigone 34. Reconnue pour la production du téléfilm La journée de la jupe nommé en 2010 dans la catégorie Meilleur film au César, puis récompensé par le prix Italia du meilleur film dramatique.
Aline Besson et Isabelle Drong
Anciennes productrices chez Marathon Média, elles ont choisi de se consacrer aujourd’hui au développement de leur propre société : Authentic Média. Parmi leurs productions on trouve par exemple les deux saisons de la série Sam ou le long métrage Femmes en peine.
Iris Bucher
Iris Bucher a pu réaliser de nombreuses séries dont Le Secret d’Élise pour TF1 ou Disparue pour France 2. Elle est aujourd’hui affiliée à la société de productions Quad qui a notamment produit des films comme Intouchables ou L’Arnacoeur.-

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Marion Sarraut – Bénédicte Delmas

Réalisatrices : Vendredi 14 septembre à 15H
Laurence Katrian
Réalisatrice française d’origine arménienne : courts-métrages, séries télévisées (dont Joséphine Ange gardien), téléfilms… On lui doit aussi la série Les Toqués avec Ingrid Chauvin. En 2017 et 2018, elle réalise des épisodes de la série Meurtres à… ainsi que Ransom.
Marion Sarraut
D’abord scénariste sur des séries comme Julie Lescaut, Louis la Brocante, Cordier, Juge et Flic, Marion Sarraut passe ensuite à la réalisation de téléfilms, tels L’ami de mon fils ou Belle grand-mère.
Bénédicte Delmas
Actrice et réalisatrice française, Bénédicte Delmas commence sa carrière en 1995 en tant que comédienne dans la série Sous le soleil. Ce n’est que dans les années 2000 qu’elle passe à la réalisation, d’abord dans cette même série, puis dans Plus belle la vie ou Lea Parker… Son téléfilm Elles, Les Filles du Plessis, diffusé en mars 2016 sur France 3, remporte un grand succès avec 4.9 millions de téléspectateurs.
Sylvie Ayme
Ancienne élève de la FEMIS, elle travaille pour la télévision et a réalisé certains épisodes des sériesCassandre, Candice Renoir et Mongevil

Debrandt Ismaël
Bruno Debrandt – Audrey Ismaël

Le Jury du 20ème festival
Marie Gillain, comédienne (Présidente)
Audrey Ismaël, compositrice
Baya Kasmi, scénariste
Jean-Benoît Gillig, producteur
Christophe Lamotte, réalisateur
Bruno Debrandt, comédien

Festival Quatuors à cordes en pays de Fayence

affiche

Événement majeur de la vie culturelle régionale porté par les neuf communes du pays de Fayence au sein de la communauté de communes dont il est un emblème culturel fort, le festival de quatuors à cordes fêtera ses 30 ans d’existence du 13 au 16 septembre 2018 septembre mêlant le patrimoine immatériel des plus grands compositeurs passés et actuels aux acoustiques somptueuses des églises et chapelles patrimoniale,s qui accueilleront la fine fleur des quatuors internationaux.
Le festival de quatuors à cordes en Pays de Fayence vous invite à fêter trente belles années, entièrement dévolues à la forme quatuor, cadre privilégié de l’expression musicale intimiste.
Le festival se déroulera du 13 au 16 septembre durant les Journées du Patrimoine auquel il est désormais marié et proposera huit concerts et une master class publique.
Pour fêter cet anniversaire, le violoncelliste Frédéric Audibert, directeur artistique depuis deux ans, a invité des quatuors prestigieux et de très jeunes quatuors en devenir, offrant ainsi un panel très large des tendances dans l’expression musicale des meilleurs quatuors internationaux.
Certains sont déjà venus jouer plusieurs fois, d’autres y feront leur première apparition. Quatuors invités : Les Prazak, Mosaïques, David Oïstrakh String Quartet, Doric, Terpsycordes, Yako, Cuareim, Cadences.
C’est avec un très grand plaisir que le festival acceuille à nouveau le quatuor Mosaïques avec le répertoire dans lequel ils excelle : Haydn et Mozart. Les Prazak qu’on ne présentent plus, ont proposé un programme de musique hongroise tout à fait original, avec le sublime quatuor n°1 de Janacek, incroyable commentaire lyrique du livre de Léon Tosltoï, la Sonate à Kreutzer. Vous découvrirez un quatuor russe absolument extraordinaire fondé en 2012, qui marche sans coup férir sur les traces du quatuor Borodine. Ses membres sont tous titulaires de grands concours internationaux, l’ensemble est impressionnant de lyrisme et de force. A découvrir absolument ! Parmi les formations britanniques actuelles, le quatuor Doric s’impose avec élégance et probité dans la grande tradition du quatuor à cordes. Le quatuor belge Terpsycordes dont le nom est un jeu de mot faisant référence à la muse Terpsychore, a remporté le concours international de Genève, il y a quelques années de cela. C’est une formation marquante en raison de son extraordinaire créativité car le quatuor maitrise aussi bien le répertoire baroque et classique que la création contemporaine. La jeune génération des quatuors qui monte sera très bien représentée par le quatuor Yako fondé en 2014 au CNSM de Lyon et promis à un bel avenir.

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Quatuor Mosaïques – Quatuor Prazak

Le festival a aussi invité le quatuor Cadences, quatre jeunes musiciens tunisiens, formés à l’Académie d’Aix-en-Provence et parrainés par le quatuor Bélà. Ils étaient venus jouer dans le cadre des Concerts à l’école il y a deux ans, et reviennent faire un concert en ouverture du festival dans un programme très alléchant de musique classique et de musique traditionnelle tunisienne.
Pour marquer pleinement l’événement, le festival a passé commande d’une œuvre en court format, à la compositrice française Florentine Mulsant qui, en toute simplicité, l’a baptisée : Happy Birthday ! Malgré une baisse drastique de ses moyens, le festival poursuivra sa vocation à diffuser les œuvres contemporaines au même titre que le grand répertoire traditionnel.
Le festival de quatuors est désormais ouvert au jazz. Lors de son concert sur l’Esplanade Dior, le 15 septembre à Montauroux, le quatuor à cordes Cuareim jouera l’intégralité du disque qu’il a enregistré pour Harmonia Mundi et qui sortira en 2019. Lors de la précédente édition, le Vision Quartet, vainqueur du concours international de Genève en 2016, avait joué un programme en deux parties, l’une purement classique et l’autre jazz.
Le festival fera durer le plaisir de ce bel anniversaire jusqu’à l’édition 2019, grâce à l’organisation d’une vaste Opération Concerts à l’école durant laquelle les quatuors joueront de toute leur séduction auprès des jeunes publics. Entre le 13 septembre et le 30 juin 2019, le festival programme un minimum de 30 concerts pour symboliser le chemin parcouru, tout en s’inscrivant dans une perspective d’avenir en s’appuyant sur les liens qu’il noue avec les jeunes générations.
Les quatuors s’invitent également dans le cadre des visites patrimoniales commentées organisées par les neuf villages perchés du Pays de Fayence. De délicates virgules musicales, d’une vingtaine de minutes, intégrées dans les parcours de visite des villages, une occasion exceptionnelles pour les néophytes d’entendre de jeunes quatuors faire résonner les merveilleux édifices patrimoniaux du territoire en compagnie de passionnés d’histoire.
Vivez quatuors, vibrez quatuors, rêver quatuors durant ces trois jours de réjouissances musicales tout en sillonnant les routes bucoliques du Pays de Fayence.

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David Oïstrakh String Quartet – Quatuor Doricok

PROGRAMME
Vendredi 14 septembre

– 18h30, Chapelle des Ormeaux, Seillans : Concert en aparté – Quatuor Cadence
– 20h30, Eglise de Seillans : Quatuor Mosaïques (Haydn, Mozart)
Samedi 15 septembre
– 9h30, Chapelle Dior, Montauroux : Réveil en musique – Quatuor Yaka (Schubert, Glass)
– 15h30, Eglise de Tourrettes : Quatuor Terpsycordes (Mulsant, Schubert)
– 18h30, Chapelle Dior, Montauroux : Cuareim Quartet « Jazz à tous les étages »
– 21h00, Eglise de Callian : Quatuor Prazak (Dvorak, Schulhoff, Janacek, Smetana)
Dimanche 16 septembre
– 9h30, Chapelle Dior, Montauroux : Master class publique
– 16h00, Eglise de Mons : Quatuor Doric
– 20h30, Eglise Saint-Jean-Baptiste, Fayence : David Oïstrakh Quartet (Chostakivitch, Tchaïkovski, Mendelssohn, Paganini)

Réserver un hébergement : 04 94 19 10 60
http://www.cotedazur-reservation.com – reservation@esterel-cotedazur.com
Renseignements : Bureau du festival : 04 94 47 64 71
04 04 94 76 20 08 – Du lundi au vendredi de 09h à 12h et de 14h à 17h30.
quatuors.paysdefayence4@orange.fr

 

La Rochelle
fête les 20 ans du festival de la fiction TV

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L’édition 2017 du Festival de la Fiction de La Rochelle a été un véritable succès.
Un succès historique avec plus de 80% de professionnels présents pendant toute la durée de l’événement et des chiffres de fréquentation en constante augmentation, confirmant à nouveau sa position de premier Festival de fictions françaises, francophones et européennes.
Au-delà de la création française, le Festival a confirmé l’an passé sa volonté de vouloir explorer le territoire francophone international, en créant une nouvelle compétition officielle : la compétition francophone étrangère, en plus de la compétition française et de la compétition européenne.
Une sélection de sept fictions tournées en langue française, et venues de pays francophones situés aux quatre coins du monde. Une compétition ayant ainsi pour objectif de défendre et promouvoir notre langue à travers le monde, et de mesurer la curiosité et la fraternité entre professionnels francophones.
À l’image des beaux succès d’audience et d’exportation de la fiction française, le Festival de la Fiction est le rendez-vous incontournable de la rentrée audiovisuelle des acteurs du secteur qui se réuniront à nouveau cette année pour débattre et construire la fiction de demain autour de différentes rencontres, d’études de cas, de tables rondes, de cours magistraux, et bien d’autres…
Plus de 35 000 spectateurs et 2 200 professionnels sont attendus pour découvrir 42 œuvres
inédites françaises et internationales, sélectionnées en compétition et proposées hors compétition.
10 fictions européennes et 7 fictions francophones étrangères seront présentées parmi plus de
50 œuvres de la compétition officielle.

L

Le mot du président
Le Festival de la Fiction de La Rochelle s’apprête à vivre la fête de la création pour une grande édition anniversaire. Comme chaque année, ce que nous avons préparé pour vous est finalement le fruit de 20 ans d’expériences en matière de promotion de la création audiovisuelle.
Hier, le Festival de la Fiction de la Rochelle n’a pas attendu le succès mondial de la fiction télévisée pour promouvoir sincèrement la valeur créative de nos oeuvres. Nous, créateurs, nous, artistes et techniciens, nous, producteurs et diffuseurs qui étions si peu à croire en France en cette valeur culturelle de la fiction française, nous avons gagné !
La fiction télévisée est maintenant un genre majeur.
Le Festival de la Fiction de la Rochelle, fidèle témoin des évolutions de notre métier, avance pas à pas pour la promotion de la création française. Ainsi, elle s’est dotée il y a une dizaine d’années de la sélection européenne qui offrait à la création française un miroir, puis naturellement, une source d’inspiration et, nous l’espérons aujourd’hui, de nombreuses possibilités de coproductions au sein de l’unité européenne. Nous pensons qu’il est possible d’aller encore plus loin en sensibilisant les professionnels européens à la création en langue française.
Les Rendez-vous de la Création Francophone qui verront le jour pour les 20 ans du Festival donnent aux professionnels francophones les moyens de mettre en action notre puissance langagière non seulement à destination du territoire francophone mais aussi sur le territoire européen. Les grands diffuseurs, producteurs, distributeurs européens, tous présents, rencontreront les producteurs et créateurs francophones à la recherche de projets internationaux en langue française.
La Résidence des Écritures Francophones de la Rochelle a été conçue pour au moins deux raisons majeures : veiller à l’épanouissement et à la protection des nouveaux talents, accueillir des auteurs confirmés de tous les continents, et faire vivre la francophonie.
Une dernière chose, les chiffres de la répartition Homme/femme sont objectivement mauvais sur nos tournages. Cette année, le festival s’engage pour la parité dans nos métiers à travers son soutien à l’association « Pour les Femmes dans les médias ».
Dès aujourd’hui, Le Festival travaille à cette prise de conscience pleine de vertus. Je vous souhaite un bon festival,
Stéphane Strano, Président du Festival de la Fiction

C E D
I H A
Parmi les invités : Ingrid Chauvin, Alexandre Brasseur, Charlotte Valandrey,
Fabienne Cara, François Vincentelli, Rebecca Hampton

Prix et récompenses
Le Jury décernera 16 Prix parmi 42 oeuvres dont 10 séries et films européens et 7 séries francophones étrangères.
Ces 16 Prix seront décernés lors de la Cérémonie de Remise des Prix, le samedi 15 septembre 2018 à 21h à la Coursive, Scène Nationale.
Meilleur Téléfilm – Meilleure Mini-série – Meilleure Série 52’ – Meilleure Série 26’ – Meilleure Série Web et Digitale – Meilleure Fiction Européenne – Meilleure Fiction – Francophone Étrangère – Meilleure Réalisation – Meilleur Scénario – Meilleure Musique – Meilleure interprétation féminine – Meilleure interprétation masculine – Jeune Espoir Féminin Adami – Jeune Espoir Masculin Adami – Prix spécial du Jury Fiction Européenne.
Trois autres prix seront aussi remis lors de la Cérémonie de Remise des Prix : Prix des Collégiens de la Charente-Maritime – Prix Nouvelle-Aquitaine des lecteurs de Sud Ouest – Meilleure Série Télé Star et Télé Poche.

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Marie GILLAIN, président du jury 2018
L’actrice belge succède à Sylvie Testud, et devient la présidente du jury de la 20ème édition du Festival de la Fiction qui aura lieu à la Rochelle du 12 au 16 septembre 2018.
Rare à la télévision elle a cependant enchaîné « Souviens-toi » en 2017 et « Speakrine » cette année.
Elle est révélée par « Mon père ce héros », au cinéma avec Gérard Depardieu, ce qui lui vaut sa première nomination aux César. Elle joue en Belgique, sa terre natale, pour son deuxième film, « Marie » en 1993. Cette année-là est marquée par sa rencontre avec Bertrand Tavernier qui lui propose de tourner dans son film « L’appât ». Ce rôle lui vaut une nouvelle nomination aux César, un ours d’or à Berlin et le Romy Schneider.
Elle recevra également le Molière de la meilleure comédienne dans « La vénus à la fourrure ».
Accompagnée de son jury (à venir), ils exprimeront leurs avis sur 42 œuvres, dont 25 françaises, 10 européennes, et 7 francophones étrangères, avant de décerner leur Palmarès le samedi 15 septembre lors de la Cérémonie de Clôture.
Voici d’ores et déjà quelques personnalités qui seront présentes pour présenter leurs fictions : Louise Bourgouin, Muriel Robin, Olivier Marchal, Alix Poisson, Armelle Deutsch, Yves Rénier, Laurent Bateau, François Vincentelli, Alice Belaïdi, Michael Youn, Audrey Fleurot, Constance Dollé, Hélène de Fougerolles, Marie-Anne Chazel, Natacha Regnier, Felix Maritaud, Aure Atika, Emilie Dequenne, Dominique Besnehard, Stéfi Celma, Nicolas Maury, Laure Calamy, Ahmed Sylla, Anne Marivin, Fabienne Cara, Rebecca Hampton, Ingrid Chauvin, Alexandre Brasseur, Laure Pester, Charlotte Valandray, et bien d’autres à venir …

B   K J
Audrey Fleurot, Olivier Marchal, Michaël Youn

 

Jazz à Toulon 2018 – 29ième édition

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Remember Petrucciani

Le 29ième festival « Jazz à Toulon » s’est achevé par des tornades de basses sur les plages du Mourillon avec The Stanley Clarke Band.           
Stanley Clarke, physique de colosse américain avec casquette de base-ball sur les yeux, montre d’emblée ce qu’il sait faire. Il tentait parfois de retrouver le feeling de School Days ; ce furent les meilleurs moments. Ainsi qu’avec son hommage à John Coltrane « Song For John », également quand il se mit à jouer vraiment de la contrebasse dans quelques morceaux, démontrant qu’il restait un très grand bassiste, comme sur « No Mystery ». A la basse électrique il usa et abusa de son fameux slap jusqu’à la caricature.
Il était en compagnie de 3 jeunes musiciens comme il y en a tant, qui jouent à fond du n’importe quoi sans intérêt : Cameron Graves(clav), Beka Gochiashvili (p) et Shariq Tucker qui jouait si fort qu’il éclata sa grosse caisse ! Du cirque !
Dommage que Stanley Clarke n’ait pas su, ou pas pu, résister aux sirènes du showbiz.
La foule en délire lui fit une ovation à faire décrocher la lune qui se tenait à l’écoute derrière la scène. Il en fut ainsi à tous les concerts, même sans la lune !
Retour sur quelques concerts. Tout d’abord les concerts d’après midi de 17h30 à 19h au centre de Toulon sur quelques jolies places ombragées.
Place Dame Sibille :
Sur cette place, noire de monde, officiait le groupe « ALF and Half » qui tourne avec succès dans la région depuis de nombreuses années, dont les musiciens sont très connus, à savoir Marc Abel à la guitare et au chant, Stéphane Leroy à la basse électrique et Frank Farrugia à la batterie. Ils présentaient leur nouveau disque « Wacky ».
Place Puget :
Jean Dionisi, 81 ans, joue toujours de la trompette et du cornet, avec la même fougue, le même plaisir, la même joie et la même force qu’à ses débuts. Voilà plus de 60 ans qu’il fait vivre le jazz traditionnel dans la région et au-delà, ayant toujours été à la tête des meilleurs groupes New-Orleans. Et celui d’aujourd’hui ne nous démentira pas, avec Jean-François Bonnet (cl,ss), Raphaël Porcuna (tb) Christian Lefèvre (soubassophone), Jean-Claude Proserpine (dm), Eric Méridiano qui remplaçait au pied levé, et avec brio, le pianiste en titre, et un invité de poids venu de Clermont-Ferrand, l’excellent banjoïste Henri Lemaire.
Jean-Philippe Sempéré Quartet avec Gérard Murphy (as), Pierre Fenichel (b) et Cédrick Bec (dm) sur le répertoire du guitariste Grant Green, auquel le leader à la guitare voue une grande admiration, pour un concert riche en subtilités et en contrastes.
Après avoir enregistré un disque éminent « This I Dig For You », salué par la presse musicale, le trio de Jean-Marie Carniel, l’un des meilleurs contrebassistes d’aujourd’hui, se produisait avec Denis Césaro (p), Cédrick Bec (dm) plus un invité Olivier Chaussade (ts), pour de grands moments sur quelques titres du disque entre autres.
« Sub Jazz Project » c’est le groupe de l’excellent batteur-chanteur-compositeur Rudy Piccinelli, avec avec Olivier Debourrez (tb), Benoît Eyraud (clav) Julian Broudin (s), Mathieu Maurel (tp), Antoine Borgniet (b), et Fortuné Muzzupapa (perc). Le répertoire du groupe est basé sur des chansons connues, réinterprétées en jazz. Magnifique travail et quelle prestation, avec 5 étoiles au percussionniste.

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Jean Dionisi – Carlos Maza Familia Septeto


Quelques grands concerts du soir :
Place Victor Hugo :
De l’avis général et du mien, le concert de Youn Sun Nah – « She Moves on » fut l’acmé du festival, et une belle découverte pour la plupart des gens.
Un ange est descendu du paradis de la musique, un bel et doux ange bleu, petite femme d’apparence si fragile sous sa robe bleue qui flotte au vent, et qui pourtant possède une voix d’une puissance exceptionnelle, capable des graves les plus profonds jusqu’aux aigus les plus fracassants, Yun Sun Nah offrit un concert mémorable, dont le moment le plus incroyable fut son interprétation fabuleuse de « Momemtum Magicum » de Ulf Wakenius qui fut son guitariste dans « Breakfast in Bagdad ». Elle était accompagnée à minima par Frank Woeste (clav), Brad Christopher Jones (b), Tomek Miernowski (g) et Dan Rieser (dm).
Jamais la qualité d’écoute dans les concerts n’avait atteint cette intensité.
Place Saint-Jean à Saint Jean du Var :
La fine fleur des musiciens de jazz habitant la région, et les proches de la famille Petrucciani, étaient réunis pour un hommage public au grand pianiste, Michel Petrucciani, en ce « Remember Petrucciani ». A noter la présence du saxophoniste Yvan Belmondo, figure patriarcale et grand formateur de musiciens, dont ses fils le saxophoniste, Lionel, et Stéphane, le trompettiste. Pour le répertoire il s’agissait de thèmes que Michel aurait aimé mettre en chanson, nous dit Nathalie Blanc. Elle s’est chargée de le faire avec des paroles en français, changeant les titres, exemple : « I Wrote Your Song » devient « Soir de mai ».
Étaient donc réunis l’un des frères de Michel, le sympathique Philippe Petrucciani, leader et à la guitare, auteur des arrangements, la chanteuse Nathalie Blanc, Nicolas Folmer (tp), Lionel Belmondo (s), Francesco Castellani (tb) Dominique Di Piazza (eb), Manhu Roche (dm). Ils sont tous amis, pratiquent le même langage musical, et comptent parmi la crème des jazzmen qui vivent dans le Sud.

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Subjazz Project – Yun Sun Nah

Les paroles n’étant pas transcendantes et la façon de chanter trop linéaire, malgré le scat, on ressenti un certain ennui. C’est dans le morceau en rappel que Nathalie Blanc va « se lâcher » comme on dit, et faire exploser ses qualités vocales assez époustouflantes, en galvanisant l’orchestre, avec l’habituel et roboratif délire de Lionel Belmondo. Dommage que tout le concert n’ait pas été de cette trempe.
Place de l’Equerre : La fête cubaine avec Carlos Maza & Familia Septeto,
Cinq femmes, deux hommes, la parité s’effondre ! Affaire de famille, le père, Carlos Maza (p), la mère, Mirza Maza (eb) et deux filles : Hilda Camila Maza (vln), Ana Carla Maza (cello). Noyau familial renforcé par Nino de Luca (acc), Rita Payes (tb), Naile Sosa (dm, perc).
Ana Carla Maza va mener la fête, aussi belle que déchaînée, elle maltraite son violoncelle, mais sait en jouer, chante, hurle et danse, ne tenant pas en place, occupant toute la scène : elle provoque le délire, au détriment de la musique souvent. Mais quel emportement, et quel charme sensuel ! Le spectacle fut abracadabrantesque. Ce fut une tornade qui emporte les corps dans un tourbillon de sons et de couleurs. Il faut se laisser emmener, chanter et danser. Nada màs !
Place Louis Blanc : Trilok Gurtu Quartet
Trilok Gurtu est un percussionniste-batteur indien d’abord joueur de tablas traditionnels, qui découvre les congas, bongos et autres percussions, puis la batterie et le jazz vers 1970. Il va alors jouer avec les plus grands, dont Don Cherry et Paolo Fresu. On se souvient de sa participation au « Mahavishnu Orchestra » de John Mc Laughlin, il vint d’ailleurs une première fois à Jazz à Toulon avec ce dernier.
Jean Cocteau appelait la batterie « Le bar des rythmes », on peut appliquer cette formule à Trilok Gurtu tellement il étale d’éléments de percussion autour de lui, jusqu’à un assemblage de bouchons plastiques multicolores, remplaçant les habituels coquillages, et un seau d’eau qui lui sera prétexte à un concerto pour eau, seau et baguette : beau spectacle. Sa démonstration de scat indien laissa pantois ; c’est ce scat qui permet aux joueurs de tablas de mémoriser les figures rythmiques.
Il jouait avec un groupe très européen : Jonathan Ihlenfeld Cuniado, espagnol (eb), Tulug Tirpan, Turc (p), et Frederik Köster, Allemand, (tp); trois excellents instrumentistes, fougueux et brillants. Le trompettiste est un des meilleurs en Allemagne, il lancera à la nuit quelques solos lumineux.
L’essentiel du concert fut dévolu au percussionniste qui fit la preuve de son immense savoir faire en la matière, et nous offrit un véritable festival. Il est impressionnant aux tablas, jouant l’équivalent d’une batterie avec seulement deux petits tambours et ses dix doigts.
A la batterie il joue dans la cour des bons batteurs jazz. Jazz qu’il n’a pas oublié, avec notamment un vibrant hommage à Paolo Fresu, intitulé « Berchidda », village de Sardaigne qui a vu naître Paolo ; ou encore « Pop Corn » dédié à Miles Davis.
Trilok Gurtu et ses musiciens m’avouèrent avoir été très émus et portés à se donner à fond par l’accueil toulonnais ; j’ajoute que j’eus le même aveu de la part de tous les grands leaders. Donc Toulon sait recevoir les artistes.
Des bons points sont à distribuer pour le son et la présentation des concerts.

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Trilok Gurtu Quartet – Stanley Clarke

Le Festival « Jazz à Toulon 2018 » fut égal à lui-même, dont le point culminant fut la prestation de haute tenue de Youn Sun Nah ; et les concerts d’après-midi qui ont tous présenté quelques-unes des meilleures facettes du jazz qui se joue aujourd’hui.
Les choix étaient bons, finalement bien dans la philosophie de « Jazz à Toulon » qui est d’animer différents quartiers de la Ville avec des concerts gratuits. Concerts qui sont concoctés avec courage, abnégation et persévérance, par Bernadette Guelfucci, présidente du Comité officiel des fêtes et des sports de la Ville de Toulon, aidée encore et heureusement par quelques subventions, épaulée par une solide équipe dévouée, travailleuse et efficace. L’an prochain le festival fêtera sa trentième édition, gageons qu’il y aura de belles surprises.

Serge Baudot

Ramatuelle
Trois « Nuits classiques » sous les étoiles

Festival de Ramatuelle : Orchestre Philharmonique de Nice

Cela fera 34 ans que Jean-Claude Brialy et Jacqueline Franjou ont créé, en quelques semaines, à la fois un théâtre en plein aire et un festival où se mêlent comédiens, chanteurs, danseurs, humoristes.
Et cela va faire 10 ans que Michel Boujenah a pris la suite de Jean-Claude, disparu trop tôt.
Mais ce lieu, en trois décennies, est devenu mythique et ce festival résiste aux tempêtes qui ont vu, en peu d’années, disparaître nombre d’événements de ce type.
Il faut dire que notre duo se dépense sans compter pour que ce festival reste ce qu’il a toujours été : un maelström de talents, de spectacles divers, un lieu chaleureux où chaque nuit sous les étoiles est un enchantement.
Un festival de jazz y a vu le jour mais aussi, Jacqueline Franjou étant une férue de musique dite « classique », y a ajouté, en avant-propos du festival, trois nuits éponymes où le musicien et chef de l’orchestre philharmonique de Nice Laurent Petitgirard, vient prêter main forte à notre présidente.
Donc, comme les autres années, ils nous proposeront trois soirées de prestige qui démarrera
le samedi 28 juillet nous plongerons dans les musiques de films avec Laurent Petitgirard et son orchestre qui rendront hommage à deux des plus grands compositeurs de BO de l’histoire du cinéma : Jerry Goldsmith et John Williams.
Jerry Goldsmith est décédé en 2004 mais, depuis sa première musique de films en 1957 (L’homme au bandeau noir), sa vie est jonchée de 18 nominations aux oscars (Star Trek, La planète des singes, Basic Instinct, Chinatown, Rambo, Mulan…) mais aussi d’Emmy Awards et de Golden Globes.
John Williams, est, depuis 1958, date où il signe la musique de film de « Daddy-O » certainement le plus titré des compositeurs de musiques de films, dont on ne compte plus Oscars, Golden Globes, Grammy Award, Bafta et autre prix dans le monde entier.
Certainement aussi le plus populaire car, qui ne connaît pas les thèmes de « Indiana Jones », « Superman », « Jurassik Park », « Les dents de la mer », « E.T » ou encore la série des « Stars Wars » dont il vient de signer les deux derniers épisodes.
Bref, une soirée musico-cinématographique menée à la baguette par Laurent Petitgirard.

Les Virtuoses, Erquinghem-Lys décembre 2014 les-nuits-classiques-jean-marc-luisada_4969384_1

Le dimanche 29 juillet, viendront les Virtuoses, mélange de musique, de magie, de burlesque. C’est fou, c’est poétique, c’est un grand moment de spectacle musical.
Les Virtuoses, ce sont deux frères Mathias et Julien Cadez qui apprennent le piano et font leurs gammes au Conservatoire de Lille. Leurs carrières de concertistes étaient toutes tracées, mais les deux frères ne tiennent pas en place devant le clavier : dès que Bach a le dos tourné, ils s’amusent à jouer debout, à quatre mains et, en dignes héritiers d’une famille d’illusionnistes, ils prennent un malin plaisir à faire apparaître des colombes ou à faire voler le chandelier du piano au rythme d’une gymnopédie. Ils ont la musique au bout des doigts et la magie dans le sang.
Ces Nuits classiques termineront par un concert de piano interprété par Marc Luisada, le 30 juillet.
Marc Luisada étudie le piano à Paris puis à l’école de musique de Yehudi Menuhin et remporte le premier prix au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 1977. Il gagne en 1983 le concours Dino Ciani en Italie. Et en 1985, il est lauréat du concours Chopin.
Il a enregistré plusieurs disques en particulier les Valses et l’intégrale des Mazurkas de Chopin, mais aussi Bach, Beethoven et Mozart et entre autres « L’Histoire de Babar » de Francis Poulenc avec Jeanne Moreau et « Feu sacré » au théâtre avec Macha Méril, superbe George Sand, lui jouant, dans tout le sens du terme, Frédéric Chopin.
Le réalisateur Alejandro Amenabar a d’ailleurs choisi son interprétation de Chopin pour la bande originale de son film « Les Autres » avec Nicole Kidman.
Comme on le voit, trois nuits aussi classiques que magiques sous les étoiles de Ramatuelle.

Jacques Brachet
www.festivalderamatuelle.com