Archives pour la catégorie Expositions

Six-Fours : l’UR 13 invitée de l’UR PACA
pour le concours régional de l’audiovisuel

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C’est à Six-Fours, reçu par le club photo Ph’o’Azur, que l’Union Régionale 13 de photographie, invitée par l’Union Régionale PACA présidée par Mme Francine Chich, est venu sélectionner les diaporamas de ce concours régional, qui existe depuis plus de 25 ans.
En lice, 28 diaporamas représentant une dizaine de clubs de la région PACA.
Le jury était composé de Chantal Marchal, présidente de l’ODM de Marseille (Ne pas confondre avec l’Olympique de Marseille !), Marcel Boi, auteur et commissaire de l’UR13, Yves Demit, président du Club Photo Toucassin (Solliès-Toucas) et Daniel Rimallo du vidéo-club de Six-Fours.
Nos quatre jurés devaient donc sélectionner quatre ou cinq projections qui pourront représenter la région au concours national 1 qui se déroulera à Rouen les 12 et 13 avril.
Sachez que nos concurrents s’appellent des diaporamistes, même si l’on ne trouve pas encore ce mot dans le dictionnaire. Sur ces 28 montages présentés, bien évidemment il n’y a pas que des chefs d’œuvres mais, tous sujets abordés, nous avons vu quelques diaporamas de grande qualité et le jury en a sélectionné cinq.
A noter qu’au départ, seuls quatre d’entre eux sont officiellement sélectionnés mais, certains clubs photos régionaux n’ayant pas de diaporamistes, un cinquième peut être repêché pour participer au concours.

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Ainsi en ont décidé nos quatre jurés et les sélectionnés sont donc :
– Marc Pélissier, représentant le club IBM en pays d’Auge, qui nous a proposé « La glace », des photos somptueuses prises dans l’Antarctique. Il est un habitué des grandes manifestations photographiques et très souvent lauréat.
– Claude-Marie Auger, du club de Mouans-Sartoux, qui nous a offert un superbe film sur un couple magnifique d’éleveurs nomades de rennes au fin fond de l’Oural, sous le titre « La vie d’Yvan et d’Alexandra »

L'automne en Oural, visite et vie au milieu d'une famille Komis éleveurs de rennes - Alexandra, Tamara, Yvan et Dimitri - nature et paysages colorés.

– Anne-Marie Gimenez, du Club photo Marius de St Mître les Remparts, nous a émus en nous présentant « Un foulard dans la nuit », l’histoire du petit David, déporté avec son frère et ses parents et dont le foulard de sa mère est l’unique souvenir de celle-ci.
– Dominique Garcia, du club IBM Côte d’Azur, nous a offert de superbes « Silences d’hiver », des photos de paysages sous la neige dont ont sait la difficulté à réaliser et qui ressemblent, par leur finesse, à des oeuvres à l’encre de Chine.
– Renée Brachet (Non, ce n’est pas ma cousine !) du club Caméra de Cannes, a choisi, pour dénoncer la violence et la brutalité des spectacles de tauromachie, le montage de 178 peintures absolument magnifiques de beauté, d’élégance et de mouvement, sous le titre de « Danseuse ridicule », accompagnées de la chanson de Cabrel « La corrida ».

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Ainsi donc en a décidé le jury.
Les concurrents se retrouveront donc à Rouen parmi une soixantaine de concurrents venus de toute la France dont dix seront sélectionnés en coupe de France.
La concurrence sera dure et… que les meilleurs gagnent !

Jacques Brachet

Six-Fours – Maison du Patrimoine
Chantal SAËZ… Quand un bateau passe…

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Elle a le regard pétillant, le sourire permanent, l’énergie débordante.
Et par dessus tout ça, comme aurait dit Bécaud, elle a un talent fou et l’on est heureux de retrouver cette artiste, déjà venue exposer plusieurs fois à Six-Fours, qu’est Chantal Saëz.
Elle avoue être heureuse d’être exposée à la Maison du Patrimoine, lieu qui correspond totalement à son thème qui tourne autour de l’eau et des bateaux, intitulée « Barcos », ces barques qui sont à quelques mètres de l’exposition et dorment au soleil.
Cette ancienne enseignante est entrée aujourd’hui, et depuis quelque temps, de plain pied dans sa passion de la peinture, du dessin, de la sculpture.
Ici, comme son nom l’indique, elle s’est intéressée aux bateaux, barques et autres cargos, petits ou grand bateaux qu’elle nous offre sur petits ou grands formats et quelques installations présentées avec originalité.

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D’un côté de petits formats carrés reposent sur le sable, comme autant de coquillages échoués, d’un autre, une grande toile voyant des silhouettes ramassant tout ce que l’homme dégurgite sur nos plages et en dessous, tout ce qu’ils peuvent y trouver. Sans prôner quoi que ce soit sans être militante, elle constate et montre ce que peut devenir notre monde si l’on n’y prend pas soin.
Ses toiles sont fortes, puissantes, souvent dans des camaïeux de gris-bleus, l’on peut y voir des paysages houleux, des étraves de bateaux qui invitent aux voyages, des envols de mouettes, et tout à coup une toile est traversée d’un éclair de lumière où d’aplats plus violents, de jaune, de rouge…

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Curieux cheminement que celui de cette prof de théâtre qui s’est épanouie dans cette autre forme d’art qu’est le dessin, la peinture la gravure, la sculpture. Pour cela elle fut à bonne école avec son professeur aux Beaux-Arts de la Seyne, Véronique Pibarot qui était d’ailleurs à ses côtés pour ce vernissage, accompagnée également par Roger Lafont avec qui elle avait exposé à la Batterie du Cap Nègre.
Elle nous avoue devoir beaucoup à ces personnes ainsi qu’à Claude-Henri Pollet, disparu aujourd’hui, qui l’a beaucoup influencée et à qui elle dédie cette exposition. Sans oublier son mari, omniprésent dans sa vie, qui est toujours là pour l’encourager et la booster !
Curieuse de tout, elle aime tester, appréhender, s’essayer à des techniques mixtes, trouver divers supports pour créer, que ce soit des pierres, des objets divers ramassés ça et là, des tissus, de l’isorel, des toiles de toutes origines,de la terre, du bois… Je la soupçonne de récupérer des éléments échoués sur les plages !

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Avec Dominique Ducasse, Adjointe aux Affaires Culturelles, Véronique Pibarot, son prpfesseur aux Beaux-Arts de la Seyne – Roger Lafont

D’année en année, Chantal Saël bâtit une œuvre véritable, inspirée, originale, sensible, évocatrice et cette exposition nous le prouve, installée dans ce lieu qui ne pouvait pas mieux lui aller, près de cette mer qu’elle exprime avec bonheur, avec amour, véritable appel à de lointains voyages.
Moment de complicité avec l’artiste : une séance photo pas banale, où elle s’exprime tout autant avec son corps que lorsqu’elle a un pinceau au bout des doigts, sans rester en place une seconde.
Quel plaisir que ce moment de connivence au milieu de ses toiles d’où elle semble s’échapper !

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Jacques Brachet

Sanary – L’Atelier des Artistes : Nouvelle saison

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Vendredi dernier, le maire de Sanary, Ferdinand Bernhard et son adjoint à la Culture, Pierre Chazal, lançaient la saison de l’Atelier des Artistes.
Devenu aujourd’hui un lieu emblématique et incontournable de la vie culturelle de Sanary, non seulement il propose tout au long de l’année des expositions mais, comme son nom l’indique, il invite également quelques artistes en résidence dans les ateliers du premier étage, conçus pour les recevoir dans une atmosphère à la fois chaleureuse et bohème où, durant quelques mois, chaque artiste pourra créer dans une grande sérénité, avant de descendre au rez-de-chaussée exposer les œuvres qui y seront nées durant ce séjour hors du monde.
L’année 2019 va donc encore être une année de découvertes de plasticiens, pour la plupart de la région, et déjà, lors de cette soirée inaugurale, l’on avait un avant-goût de ce que seront les expositions à venir.
La première à ouvrir le feu sera Katleen Leroy, qui y installera ses œuvres en céramique du 2 au 27 février. Suivront, du 2 au 27 mars, Brigitte Robbe-Chabaud et, du 30 mars au 27 avril, Benoît Giujuzza, avant d’attaquer le printemps et l’été avec d’autres artistes dont nous vous reparlerons.
Cette année, les heureux colocataires de l’atelier, pour la première session, sont Catherine Saussine, Arlette Verrière, Charlott, Nicole Caturegli, Daniela Montes et Jertod. Il y sont installés jusqu’au 15 mai avant que d’autres ne viennent prendre leur place.
Vous pourrez donc les rencontrer tout au long de ces semaines en allant tout simplement visiter l’exposition et vous n’aurez qu’à monter l’escalier qui vous mènera à eux, découvrir les artistes en plein travail et discuter avec eux.

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Ferdinand Bernhard devait rappeler que le premier budget de la ville de Sanary était dévolu à la Culture, chose rarissime et nommer les galeries qui essaiment la ville, de cet atelier à l’Espace St Nazaire, en passant par la Maison Flotte, le Petit Galli, la Médiathèque, l’Office de Tourisme… Il devait ajouter un nouveau lieu : le Casino qui a ouvert ses portes voici quelques mois.
Il nous a également annoncé le retour d’un festival que tous regrettaient d’avoir perdu et réclamaient : les Floralies, ce grand et magnifique festival floral qui revient en force et qui se déroulera donc du 7 au 19 juin.
Enfin, autre belle nouvelle : la ville a décidé de lancer un concours de sculptures monumentales sur lequel les artistes sélectionnés travailleront à l’extérieur afin que le public puisse voir naître leurs œuvres qui, par la suite, prendront place dans Sanary pour agrémenter places, ronds points et autres lieux et embellir la ville. Nous y reviendrons également.
Comme on peut le voir, Sanary n’est pas que le plus beau marché de France ou l’un des plus beaux ports du Var mais c’est également une ville culturelle avec une ville-mécène qui propose toujours de grands moments d’art tout au long de l’année, en étant un phare de la vie culturelle.

Jacques Brachet
L’Atelier des artistes – 13, rue Lucien Gueirard – 83110 – Sanary
04 94 74 01 04

Toulon – Hôtel Départemental des Arts
Centre d’art du Var, 30 ans et après…

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La réalisation de cette exposition « 30 ans et après… » est un événement culturel de première importance par le fait qu’elle rend hommage à une association, Elstir, qui œuvre depuis 30 ans à la création artistique ; exposition qui permet également de nous familiariser avec la création artistique d’aujourd’hui. D’entrée on peut dire qu’elle sera un jalon de référence dans la création artistique de la région, et pas seulement.
Elstir, qui donne son nom à l’association, est le nom du peintre idéal inventé par Marcel Proust dans « A la recherche du temps perdu ».
C’est une association loi 1901 créée à Toulon le 17 janvier 1986, par le peintre Michel Dufresne, entouré de quelques plasticiens et amateurs d’art, ceux-là même qui, en 1983, avaient conçu avec le Docteur Gérard Estragon le « Rendez-vous Varois des Jeunes Plasticiens » à la Maison de la culture de Toulon. Le premier événement d’Elstir eut lieu en 1988.
Les objectifs d’Elstir sont « de promouvoir l’Art Contemporain dans toute sa diversité et de faire connaître les jeunes plasticiens ».
A l’occasion de cette exposition nous avons rencontré son Commissaire, Raoul Hébréard, plasticien français vivant dans le Var. Il est tout à la fois peintre, vidéaste, sculpteur, metteur en scène, performer, écrivain, éditeur. Il expose depuis les années 80. Ses interventions se comptent par dizaines en France et ailleurs.
Quels sont vos rapports avec Elstir ?
Je n’ai jamais ni postulé ni participé à Elstir en tant qu’artiste. Je suis allé voir une expo dans les années 90 mais je n’ai pas été intéressé. Par contre depuis la présidence de Valérie Duquesne, il y a une quinzaine d’années, j’ai trouvé la démarche plus intéressante. Les rapports sont devenus plus fréquents et plus intenses quand Valérie m’a confié que la Ville de La Garde ne voulait plus accueillir Elstir. Valérie était en recherche d’un lieu. Comme j’avais des ateliers d’art et d’informatique à Saint-Raphaël, et que j’étais inclus dans la ville de longue date, j’ai approché l’ADAC pour lui proposer d’accueillir Elstir, ce qui fut fait de bonne grâce. C’est alors qu’Elstir m’a demandé d’être président. Ce que j’ai accepté volontiers ayant une propension à regarder le boulot des artistes avec une acuité un peu particulière, pas dans la finalité du boulot, mais dans la perception de leur façon de travailler. Elstir a trouvé mes analyses pertinentes et m’a demandé si je voulais à nouveau assurer la présidence ; j’ai dit que je ne voulais pas être président à vie comme en Corée du Nord, mais que je voulais bien être membre du jury pour essayer de leur amener des directeurs de centres d’Art afin d’élargir le champ d’action et aider les artistes à se faire connaître. Cela les a intéressés.

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Comment et par qui est venue l’idée de fêter les 30 ans ?
Il y a trois ou quatre ans, Valérie Duquesne a émis l’idée de faire quelque chose pour les 30 ans d’Elstir. Au cours d’un vernissage à Aix-en-Provence nous avons rencontré Ricardo Vazquez, directeur de la Culture à l’Hôtel des Arts de Toulon, qui a été intéressé, et a finalement décidé d’héberger cette exposition à l’Hôtel Départemental des Arts. Et tout naturellement tous deux m’ont demandé d’être le commissaire de l’exposition, ce que j’ai accepté avec enthousiasme.
Je suppose qu’un tel projet est un travail immense et complexe. Tout d’abord comment s’est effectué le choix des artistes présentés ?
Je me suis d’abord intéressé à ce qui s’était passé à Elstir pendant ces 30 ans. J’ai été surpris par le nombre d’artistes qui ont postulé, qui ont été acceptés, nominés. Je me suis aperçu que parmi les artistes qui avaient été couronnés par des prix, un certain nombre avait abandonné, que d’autres n’avaient pas fait grand chose, bref le temps avait fait le partage. Alors nous avons choisi parmi les nominés, sans tenir compte des récompenses. Tout est relatif en art. Finalement nous en avons recensé 25 dont le travail avait un niveau suffisant pour passer à l’Hôtel des Arts, qui est un centre d’art national, voire international. C’est un centre d’art contemporain, qui a donc des exigences particulières. Mais est-ce que l’Hôtel des Arts pouvait accueillir 25 artistes. En accord avec le centre d’art nous avons décidé d’accueillir un seul artiste par salle, pour avoir un impact plus important. Je n’aurais pas accepté le commissariat avec plusieurs artistes par salle, on risquait le capharnaüm, le fourre-tout ; je n’en voyais pas l’intérêt.
Y eut-il un jury pour le choix final ?
Non. Après avoir vu les 25 artistes j’ai proposé une articulation pluri-disciplinaire, c’est-à-dire que toutes les pratiques de l’art contemporain soient représentées : peinture, dessin, sculpture, installation, photo, vidéo. Afin de composer un voyage dans le territoire de l’Hôtel des Arts où l’on pouvait être surpris par chaque pièce, par les disciplines différentes et l’engagement des artistes. Cela s’est fort bien passé. Les artistes m’ont fait confiance, dans un dialogue fort intéressant. Il faudrait demander aux artistes ce qu’ils en pensent, évidemment. Mais grosso-modo tout monde était d’accord sur le principe. J’assume totalement la responsabilité des choix. Il est certain que parmi ceux qui n’ont pas été choisis il y a des mécontents. J’avais 12 salles à ma disposition j’ai donc choisi 12 artistes.
Si j’ai bien compris les œuvres ont été conçues spécialement pour cette exposition ?
Oui. On ne voulait pas exposer des œuvres d’atelier, ou qui avaient déjà été exposées, mais faire une création par salle, chacune réalisée pour l’Hôtel des Arts. Il n’y a donc que des œuvres originales.
Quel a été le temps imparti pour ces créations ?
Environ un an et demi. J’avais carte blanche pour dialoguer avec les artistes. J’ai agi en commissaire d’exposition, c’est-à-dire que je ne me suis occupé ni de la technique, ni de l’administration, mais quand il y avait un problème je faisais le relais avec l’institution. C’était des dialogues très riches avec la plupart des artistes.

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Je suppose qu’il faut du métier pour « accorder tous ces violons » ?
J’ai déjà une grande expérience des installations, des accrochages, de l’écriture sur les œuvres d’artistes, et des mouvements divers. L’accrochage est très important pour donner à une œuvre tout son poids expressif. Il faut surtout maîtriser le rapport à l’éclairage, c’est le plus important.
Certains artistes sont sensibles à l’éclairage et m’ont aidé dans la mise en lumière de leurs œuvres. D’autres y étaient moins sensibles, ils ont découvert l’importance de la chose, si bien que nous avons pu aboutir en travaillant ensemble.
Paradoxalement c’est comme si j’avais fait une exposition personnelle. Les rapports entre tous les participants ont été très riches d’échanges et j’en retire un plaisir immense. Les moments d’accrochage, dans le partage du travail, ont été les plus forts quant aux rapports humains. Je faisais le lien entre les artistes qui ne se connaissaient pas. J’ai été étonné par la fluidité, par l’ambiance qui régnait entre nous, très chaleureuse.
Dès le premier abord on s’aperçoit que l’Hôtel des Arts a été pris dans son ensemble, que chaque pièce est un élément du tout. Au point de vue technique, comment cela s’est-il passé ?
Les techniciens ont été formidables, pas avares de leur temps, donnant le meilleur d’eux-mêmes. J’ai senti qu’ils prenaient plaisir à faire ce travail. J’ai rarement rencontré une telle aide pour un accrochage. Des supers mecs, et filles ! A l’écoute et super professionnels.
Merci à Céline Ricci, responsable HDA, Geneviève Cini, responsable de la mise en œuvre, Gérald Driancourt, agent technique, et Laurent Dene, régisseur et leurs équipes.
(On peut se rendre compte du travail à la vue des photos.)
Y aura-t-il un catalogue de l’exposition ?
Oui, Valérie Duquesne s’est battue pour faire éditer un catalogue qui devrait paraître mi-janvier. Un catalogue qui va montrer le travail in situ, avec les photos des œuvres de l’exposition. On s’est posé la question des textes : est-ce que les artistes demandent à des personnalités des arts de leur écrire un texte, idée retenue. Et chaque artiste a produit un texte court pour se présenter.
Qui a eu l’idée du titre : » 30 ans et après »…
C’est moi qui l’ai trouvé, c’est venu dans la discussion. J’ai dit Elstir a 30 ans, mais est-ce que ça va continuer?
Je voudrais ajouter que l’action de Valérie Duquesne est pour beaucoup dans la réussite de cette exposition.
Je voudrais aussi saluer et remercier le directeur de l’Hôtel Départemental des Arts, Ricardo Vazquez, qui m’a fait une confiance absolue et a tout mis en œuvre pour faciliter le travail.

Serge Baudot

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Rien de mieux pour donner une image complète des idées qui ont amené à la réalisation de cette exposition, et des buts à atteindre, que de citer une partie du texte de présentation du Commissaire de cette exposition :
« Aujourd’hui l’exposition à l’Hôtel des Arts de Toulon, reflète par le choix des artistes sélectionnés, un panorama transgénérationnel de la pratique artistique. L’absence d’une thématique particulière de l’exposition, procure une lecture et une connaissance précise des travaux de chacun des douze artistes. L’Hôtel des Arts par son architecture (neuf salles fermées, deux larges corridors et un grand escalier) dresse un “territoire“ où l’idée d’un Voyage/Promenade pluridisciplinaire s’exprime comme une évidence. Comme commissaire de l’exposition, j’ai voulu en accord avec l’équipe de l’Hôtel des Arts, présenter différentes disciplines de la pratique artistique. Les douze artistes sélectionnés témoignent de ce vaste paysage des possibles. Ils présentent tous des pièces inédites et produites pour cette manifestation. Installations/Sculptures, Peintures, Dessins, Vidéos, Photographies sont au rendez vous. La multiplicité des univers proposés, au-delà de leur propre identité plastique, perceptuelle, temporelle, générationnelle, offre une globalité de lecture où la linéarité s’absente. J’ai voulu par l’attribution des espaces de création à chacun des artistes, produire une écriture de l’exposition qui puisse proposer au visiteur de devenir l’acteur de son propre Voyage/Promenade, en pénétrant l’architecture de l’Hôtel des Arts ».
Raoul Hébréard – octobre 2018

Artistes invités : Paolo Boosten, Florian Bruno, Corinne De Battista, Léna Durr, Jérémy Laffon, Sophie Menuet, Alain Pontarelli, Cédric Ponti, Johanna Quillet, Nicolas Rubinstein, Moussa Sarr, Solange Triger
Exposition à Hôtel Départemental des Arts, Centre d’Art du Var – 236 Bd Maréchal Leclerc, Toulon. Visible jusqu’au 24 février 2019 du mardi au dimanche de 10 à 18h
Entrée libre. Tel : 04 83 95 18 40

 

Toulon -Le Liberté, scène nationale
THEMA #31 – Le corps, j’adore.

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Présentation rituelle du Théma #31 par Pascale Beoglin-Rodier, co-directrice des théâtres Liberté et Châteauvallon, et par Thiphaine Samson, responsable des programmations thématiques en compagnie de deux artistes, Régine Chopinot (chorégraphe) et Hildegarde Laszak (visual artist).
Ce nouveau Théma est consacré au corps, au corps humain bien sûr. « Le corps, j’adore ». Belle idée car nous vivons avec notre corps jusqu’à la mort, nous vivons aussi en compagnie du corps des autres. Quand on parle du corps humain, c’est de la partie matérielle de l’être animé dont il s’agit, mais on ne peut s’empêcher de penser à la partie immatérielle, l’âme, ou l’esprit, au choix ; l’un ne va pas sans l’autre. Encore qu’un cadavre soit aussi et encore un corps. Ce Théma va donc mettre en lumière quelques visions et fonctions du corps, d’une façon élogieuse. Il s’agit « d’explorer le corps dans son aspect ludique et merveilleux ».

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Expositions dans le Hall du Théâtre :
Denis Rouvre, né en 1967 à Bagnolet, est photographe. Il a exposé dans les plus grandes galeries à travers le monde et obtenu nombre de prix prestigieux. Il montre de grandes photos couleurs, disons bistre, de Sumos, prises juste après le combat, donnant à voir la sueur, la fatigue, les muscles tendus par l’effort, les visages exprimant tant de choses après la bataille.
Et également une série de vidéos intitulées « Lamb, Black Eyes, Co-Incidence » qui montre en action des lutteurs sénégalais avec tous leurs rituels, et des dessins qui noient les corps dans les couleurs.
Hildegarde Laszak, qui vit à Toulon, expose des dessins de personnages griffonnés, souvent accompagnés d’une phrase, ou d’un cours dialogue d’un humour décapant.
Une exposition participative intitulée : « Et les yeux dans les yeux, la main dans la main », car ce sont les dernières parties du corps qui restent visibles quand on cherche à tout cacher ». Encore que pour la main il existe les gants, des lunettes pour les yeux, des cagoules pour le visage ! Ce sont de grandes photos qui montrent des mains, des yeux, offerts à la photo par une soixantaine de personnes du public, des artistes et de l’équipe du Liberté. Visions assez troublantes.
Au cours des deux mois de ce Théma #31 on pourra voir des films avec rencontres : « Une jeune fille de 90 ans » de Valéria Bruni Tedeschi et Yann Coridian, – « La force de la parole » de Jean-Baptiste Warluzel suivi d’une rencontre avec l’auteur et la chorégraphe Régine Chopinot qui vit maintenant à Toulon – « Ballerina » d’Eric Summer et Eric Warin – « Million Dollar Baby » de Clint Easwood – « Parfaites » de Jérémie Battaglia – « A mon âge je me cache encore pour fumer » de Rayhana – « Vent d’est » de Szomjas György suivi d’une rencontre avec Philippe Berling, metteur en scène, et Miquèu Montanaro, Nikè Nagy, musiciens – « Sportif par amour » de Buster Keaton ;
De la danse au Mardi Liberté du 18 décembre « Prossimo + grande leçon participative » avec BNMNEXT Ballet National de Marseille.

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Du jazz au Mardi du 15 janvier avec Nicolas Folmer à la trompette en duo avec le pianiste Hervé Sellin.
Une conférence, « Souci de soi au corps augmenté : Philosophie de l’excellence corporelle » par Isabelle Queval.
Une table ronde « Où sont les limites du corps » avec différents intervenants haut de gamme.
Sans oublier un atelier de Danse Clubbing avec Kubilaï Khan Investigations.
Et pour terminer les festivités « la Nuit Liberté » le 25 janvier à 22 heures avec le DJ Set Yaguara dans « Satellite of Love » pour la fête des corps. Une nuit qui se veut « Politiquement incorrecte et diablement festive ».

Serge Baudot
Programme détaillé et renseignements www.theatre-liberte.fr, Tel : 04 98 00 56 76 – et dans les lieux de diffusion habituels.

Six-Fours – Maison du Patrimoine

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Olivier Bernex est devenue un « sociétaire » de la ville de Six-Fours. On ne compte plus les expositions qu’il y est venu présenter, à tel point que nos deux Dominique, Dominique Ducasse, adjointe aux affaires culturelles et Dominique Baviera, responsable du Pôle Arts Plastiques le revendiquent comme ami et complice.
Le revoici donc investissant la Maison du Patrimoine… Du moins ses toiles car il n’était pas présent au vernissage pour cause de pénurie d’essence, à la grande déception de nombre de ses amis et admirateurs qui avaient pu se déplacer.
Cette Nième exposition donc, a pour intitulé « Sériations », qui regroupe un parcours d’artiste hors du commun, dont les toiles sont d’une force inouïe, pour ne pas dire d’une grande violence.
Il nous propose une œuvre riche mais tourmentée, qui doit refléter le personnage.

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C’est une œuvre forte, énergique, quelquefois rageuse, je dirais même apocalyptique, qui représente le monde dans lequel il semble vivre avec encore plus d’acuité que nous. Il est quelquefois difficile de soutenir le regard de certaines de ses toiles et pourtant elles nous hypnotisent, comme si l’on regardait la scène insoutenable d’un film dont on se cache les yeux d’une main, tout en écartant les doigts pour ne pas perdre le fil.
Et plus on entre dans la toile, plus on y découvre un tas de choses, personnages, symboles qui nous apparaissent en filigrane. On a du mal à s’en détacher, on est troublé, interrogatif, dérangé, attiré malgré tout par la beauté du geste, la technique, les couleurs, les impressions qui nous font entrer dans l’intimité de l’artiste dont la sérénité est loin d’être évidente, dans une dimension très personnelle, à la fois violente et sensible dont on entend le cri dans le silence. Comme ces toiles qui explosent à la figure, de campements de Roms où l’on découvre la détresse humaine sans que l’humain n’y apparaisse.

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On sort de l’exposition douché, assommé par ces images d’une rare intensité.
C’est loin d’être une exposition de tout repos même si l’œuvre d’Olivier Bernex est magistrale.

Jacques Brachet

Six-Fours – Batterie du Cap Nègre
Isabelle AGNEL-GOUZY… à l’horizontale !

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Au XIXème siècle, celles qu’on appelait « Les Horizontales » étaient des demi-mondaines, des femmes de petite vertu, les maîtresses de luxe de la Belle Epoque.
Rassurez-vous, notre belle Toulonnaise qu’est Isabelle Agnel-Goury n’en n’est pas une !
Diplômée des Beaux-Arts de Toulon et de Marseille, elle est aujourd’hui une plasticienne connue et reconnue mais aussi professeur d’Arts Plastiques aux Beaux-Arts de la Seyne-sur-Mer.

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Alors pourquoi a-t-elle sous-titré cette exposition- accrochée jusqu’au 20 janvier dans ce lieu magnifique qu’est la Batterie du Cap Nègre – « Les Horizontales » ?
Parce qu’elle découvre en 2015, au Musée d’Orsay à Paris, une exposition justement intitulée « Les Horizontales ». Et elle se rend compte alors que, depuis qu’elle a entrepris ce travail de plasticienne, elle n’a créé que des toiles à la verticale.
Il lui a alors semblé judicieux de s’y intéresser en pensant tout d’abord à la terre, la mer, les paysages méditerranéens qui ont toujours été les siens. Puis elle s’est rendu compte, lors d’un voyage à Venise, que cette ville vivait à l’horizontale, « C’est une allongée », dit-elle en riant, tout comme Majorque, pays où elle a des racines.

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Et voilà qu’elle se met à travailler sur ce concept, d’autant qu’elle avait momentanément ralenti, suite à une grave maladie qu’elle combat avec acharnement. D’ailleurs, cette exposition est arrivée à point nommé pour lui donner une bouffée d’air pur, une envie de retravailler et cela, grâce à Dominique Ducasse, adjointe aux Affaires Culturelles de Six-Fours et Dominique Baviéra, directeur artistique du Pôle Arts Plastiques qu’elle n’oubliera pas de remercier chaleureusement.
Isabelle, je l’ai connue alors qu’elle préparait une exposition sortant des sentiers battus et pour le moins originale, intitulée « Peinture-Couture », qui était simplement une collection de vêtements peints de sa propre main, chacune de ses robes n’ayant pas sa pareille, et qu’elle présenta au cours d’un mémorable défilé.

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Isabelle avec Dominique Ducasse et Michel Dufresne, plasticien qu’on retrouvera du 8 au 23 décembre chez Pierre Dutertre et Stéphanie Gamby au Tandem Céramique d’Ollioules

Depuis, Isabelle n’a pas cessé d’évoluer, de trouver de nouveaux supports, de nouvelles façons de travailler, passant de l’huile à l’acrylique, du dessin au polaroid et par les techniques mixtes.
Cette fois encore, elle nous offre une exposition forte, riche, en éternelle évolution, en ce lieu où se lovent ses œuvres en toute liberté, en toute créativité, en mille éclats de couleurs éclatantes ou de camaïeux tout en douceur, dans des lignes épurées où notre imagination peut trouver des danseurs, des fleurs, des ciels, des vagues, et même des silhouettes ressemblant étrangement aux robes qu’elle avait créées. Le tout dans des lignes épurées ou de grands aplats et une grande énergie, où se mêlent l’immensité et le minimalisme mais toujours avec le même bonheur que l’on ressent fortement.
Elle y marie les deux avec une justesse et une ordonnance très pensées. D’ailleurs, avant de ce lancer dans ce projet, elle a habité ce lieu magique un bout de temps afin d’y faire habiter ses œuvres qui ne sont pas accrochées là par hasard, nous offrant des étapes, des balises sur ce chemin qu’elle a choisi de nous offrir.

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C’est un hymne à la vie, c’est beau, c’est chaleureux et c’est en quelque sorte une renaissance, dans le cheminement qui mêle sa vie de femme et d’artiste.
A la verticale ou à l’horizontale, Isabelle nous offre là une œuvre aboutie, remarquable, exceptionnelle.

Jacques Brachet

Le Beausset
Elian BACHINI expose au Moulin de la Roque

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Le Toulonnais, Elian Bachini est un photographe de talent, imaginatif, aussi passionné d’artistique que de technique et s’il a mis du temps à passer de l’argentique et des chambres noires à l’ordinateur et photoshop, il a su s’adapter à ces nouvelles méthodes qui n’ont plus de secrets pour lui, d’autant que s’il y a un secret, il fonce et arrive à le percer !
Curieux de nature, il est en éternelle recherche de styles, de supports, de thèmes…
Il a débuté à Chateauvallon où très vite, son talent reconnu l’en a fait le photographe officiel et Dieu sait si photographier des danseurs en mouvement n’est pas des plus faciles. Mais il est devenu un maître, photographiant toutes les compagnies, tous les plus grands chorégraphes et danseurs du monde.
Il en a gardé de riches archives à qui il a consacré quelques albums magnifiques, dont les deux derniers consacrés au Buto.
Béjard, Preljocaj, , Higthower, Graham et tous les autres sont passés par son objectif et il les a sublimés.
Puis il est passé au portrait et au nu et s’est trouvé des supports autres que le papier : le tissu, la toile de jute… et nous a offert, de Toulon à Marseille, de Nice à Avignon de superbes expositions et certaines de ses photos ont fait le tour du monde grâce aux compagnies qui en ont fait leurs illustrations et leurs affiches

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Elian, malgré ce grand talent, est toujours resté d’une grande simplicité, allant souvent jusqu’à douter de son travail, pourtant reconnu par tous.
Il ne cesse de créer, de chercher, de parcourir des lieux à photographier et à imaginer ce qu’il pourrait créer avec un pan de mur, une fontaine, un tronc d’arbre, des lichens. De la Corse à l’Italie il erre, appareil en bandoulière puis il s’enferme dans son studio pour créer.
Et ça donne cette magnifique exposition qu’il nous propose en ce moment au Moulin de la Roque au Beausset, où les murs de ce grand et bel espace accueille ses oeuvres infiniment belles et qui ont trouvé là un bel écrin.
Il en profite pour nous présenter ces deux albums sur le Buto. Buto que l’on retrouve dans une nouvelle collection qui sera certainement sa prochaine exposition, où il mêle les diaphanes et fantomatiques corps de ces danseurs asiatiques, à la terre, le ciel, les minéraux de toutes sortes qu’il assemble comme un puzzle, avec superpositions, imbrications, qui en font des images qui nous emmènent dans un monde onirique, symbolique…
Mais pour l’heure, ce sont ces corps et ces visages d’une pureté incroyables qui nous sont proposés dans ce lieu chaleureux et intimiste.
A ne pas manquer.

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Jacques Brachet

SANARY – Hostellerie de la Farandole
Deux artistes russes ont découvert
l’art de vivre dans notre Midi

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Yanne Rebecq, Anastasia Zakharova, Igor Vasilich, Ebgeniya Plokikh, Olesya Sudzhan,
Georges Klimoff, Sergey Molchanov

Anastasia Zakharova et Igor Vasilich sont deux beaux artistes venus de la lointaine Russie, invités par Olesya Sudzhan et Evgenia Plokikh qui possèdent la galerie Kvatiras à Moscou, pour découvrir l’art de vivre dans notre région et nous en offrant leurs œuvres.
Durant 15 jours, ils ont parcouru la région, découvrant Sanary, Bandol, partant sur les traces de Van Gogh et Cézanne et apposant leurs impressions sur la toile.
Anastasia nous propose des aquarelles tout en finesse, donnant à cette région que l’on connaît bien pour y vivre, une touche de rêve et de romantisme, dans des couleurs délicates qui représentent bien l’esprit de notre Midi lorsque le soleil sommeille un peu. Anastasia a le sens du détail et, toute russe qu’elle soit, elle a su s’imprégner de l’atmosphère de notre « pays » !
Igor, lui, on le sent pénétré de l’œuvre de Van Gogh, de son âme même, et l’on retrouve dans ses toiles, ces couleurs fulgurantes, lumineuses, ces tons qui se marient ou s’opposent dans de grands aplats, des touches jetées sur la toiles. Il a tout assimilé pour rendre une oeuvre très personnelle.

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Œuvres d’Anastasia Kakharova, Igor Vasilich, Yann Rebecq

Magnifique jeu d’ombres et de lumières, entre autres sur cette toile où un verre de vin tenu par une main diaphane est posé sur le corps lascif d’une femme… et c’est, à sa manière, une façon d’apprécier l’art de vivre chez nous !
Ce qui est incroyable c’est qu’en 15 jours, nos deux artistes ont réalisé 36 tableaux de grande qualité, ce qui n’est pas donné à tout le monde !
Et puis, il y a notre invité d’honneur, comme à chacune des expositions que nous propose la Farandole, cet invité parrainant les artistes russes, étant cette fois Yann Rebecq, artiste du monde, qui, quoique bien installé à Toulon, traverse les pays où il expose avec succès, de la Chine à la Russie. La Russie qu’il connaît bien et dont il a épousé une compatriote, pas loin de là, puisque son épouse, Inna Khimich, est ukrainienne et a ouvert une galerie d’art au Mourillon, à Toulon*.
L’idée d’ailleurs est de jumeler les deux galeries et de faire des échanges d’artistes entre les deux pays.
Yann nous offre, lui, une Provence très personnelle, intime, non pas écrasée sous le soleil mais sous des ciels étoilés, des clair-obscur, des villages ombragés où il fait bon prendre l’apéritif, la pénombre d’une chambre d’où un chat découvre, d’une fenêtre, la silhouette d’un clocher.
Ame russe, âme provençale, chacun voit le Midi à sa porte, à sa manière, avec des styles divers, qu’ils soient oniriques, chatoyants, chaleureux, audacieux… L’art de vivre dans tous ses états.
A noter qu’à ce vernissage était présent le Consul Général de la Fédération de Russie à Marseille, Sergey Molchanov, fidèle d’entre les fidèles et soutenant nos deux amies russes dans leur belle entreprise de faire découvrir un pays à travers ses artistes.

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Et, autre artiste venu en ami est étant toujours un fervent admirateur de l’art russe, Richard Martin, auteur, comédien, metteur en scène et surtout directeur du Théâtre Toursky à Marseille qui, depuis des décennies, reste un combattant de la première heure pour la culture, le théâtre, les idées, ce qui n’est pas toujours facile. Amoureux des textes de Tchékhov, Gogol, Tolstoï, Gorki et les autres, il est tout aussi amoureux de l’Art russe en général et toujours heureux de découvrir de nouveaux talents.
Et puis, si tout cela existe, n’oublions pas que c’est grâce à notre ami Georges Klimoff, le plus russe des seynois, ou le plus seynois des russes, qui, passionné comme on n’en fait plus, trouve toujours à créer un événement pour mettre en lumière un pays auquel il reste attaché, où sont ses racines, et nous faire découvrir des gens de talent , qu’ils soient chanteurs, peintres, comédiens, écrivains et même… cosmonautes !

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Richard Martin, Sergey Molchanov, Olesya Sudzhan, Georges Klimoff

Ce fut encore une belle soirée dans ce merveilleux lieu qu’est la Farandole, soirée sous le signe de l’art, de l’amitié franco-russe et surtout franco-provençale, où la frontière des langues était dépassée autour des tableaux de nos artistes qui découvraient également nos vins, qui font aussi partie intégrante de notre art de vivre !

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Jacques Brachet
*Galerie Inna Khimich – 41, rue Lamalgue – village du Mourillon – Toulon
04 94 98 10 07 – 06 80 25 87 41

Sanary – l’Art de Vivre à la Farandole
Ils en rêvaient, Olesya l’a réalisé

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De gauche à droite : Inna Khimich, Yann Rebecq, Evgeniya Plokikh, Anastasia Kakharova,
Igor Vasilich, Olesya Sudzhan, Georges Klimoff

Tous les six mois, c’est un rendez-vous artistique et culturel franco-russe qui nous est proposé à l’Hostellerie la Farandole à Sanary.
Rendez-vous amical qui nous permet de découvrir des plasticiens russes, parrainés par un artiste français et méridional.
Cela, grâce à Olesya Sudzhan, qui possède la galerie Kvartiras à Moscou et sa collaboratrice Evgeniya Plokikh, le Consulat de Russie à Marseille, le soutien de l’Hostellerie de la Farandole et le grand ordonnateur de ces rendez-vous, Georges Klimoff, aussi russe que seynois, qui nous surprend agréablement à chacune des manifestations qu’il propose autour de ses deux amours, la France et la Russie.
Le principe est sympathique et original puisque des artistes de la galerie moscovite sont invités durant quinze jours à se plonger dans notre région pendant lesquels, autour d’un thème donné, ils nous offrent leur vision de celle-ci, exposant leurs toiles en fin de parcours.
Cette fois, le thème choisi était « L’art de vivre », au soleil, face à la mer, thème on ne peut plus inspirant pour ces artistes venus de ce lointain pays.
La Farandole reçoit donc en ce moment, la belle Anastasia Zakharova et l’homme au regard d’acier Igor Vasilich, tous deux chapeautés par ce bel artiste toulonnais revenu chez lui après avoir été directeur de l’Office de Tourisme de St Rémy de Provence : Yann Rebecq.
La peinture étant sa passion, il a parcouru le monde avec ses toiles, fort apprécié aussi bien en France qu’en Italie, en Nouvelle Calédonie où il a vécu, aux Etats-Unis, en Australie, à Singapour et en Chine, où il est salué comme un grand maître français, d’où il revient d’ailleurs. Il est membre de l’Académie des Arts de Lingnan en Chine et le seul artiste occidental membre de l’Académie de peinture de Sichuan.
Il a fait ses études aux Beaux-Arts de Toulon où il avait pour professeur notre maître Eugène Baboulène. Ayant épousé une ukrainienne, Inna Khimich, ils ont ouvert une galerie à Toulon, au quartier du Mourillon et avec tout cela, il était évident qu’il soit l’invité d’honneur de cette rencontre franco-russe. D’autant qu’il est un puits de sciences intarissable sur la peinture et qu’il a créé à St Rémy, un circuit pictural des lieux peints par Van Gog.
Né au Cameroun, ayant grandi en Nouvelle Calédonie, il s’est installé à Toulon mais il est un citoyen du monde, ayant des points de chute un peu partout sur la planète, aussi curieux de découvrir sa culture que l’humain.
Georges Klimoff ne pouvait donc trouver meilleur ambassadeur pour cette manifestation.
Et puis bien sûr, Olesya et Eugenia ont « importé » pour nous deux beaux artistes tout droit venus de Moscou.

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Anastasia Kakharova.
Elle semble tout droit sortie des ballets russe avec sa silhouette gracieuse de danseuse, son regard lumineux, son teint d’opale et son profil de médaille.
Si elle utilise avec talent et délicatesse l’encre de Chine, l’aquarelle, le pastel, l’on n’est pas au bout de nos surprises lorsqu’elle nous révèle sa passion pour la mer, les bateaux, à tel point qu’elle est aussi skipper, traversant les mers pour acheminer des voiliers d’un pays à un autre.
De ses voyages, elle ramène des impressions qu’elle retranscrit sur la toile. Elle a consacré une exposition sur l’Islande et, tombée amoureuse de notre région où elle vient pour la première fois, elle a l’intention de lui consacrer une nouvelle thématique. A tel point que 15 jours ne lui semblant pas suffisant, elle a décidé d’y revenir !
Mais là ne s’arrête pas son talent car, tout aussi amoureuse des bateaux, elle s’est lancée dans le maquettisme en construisant des voiliers, y ajoutant un équipement électronique qui lui permet de les faire naviguer. Elle a d’ailleurs repris à Moscou un club qui périclitait et en a fait son domaine.
Un de ses projets également est de consacrer une exposition autour des gens de la mer, mêlant maquettes et peintures. Ce sera pour l’an prochain à Moscou.
Le thème de l’art de vivre à la française est pour elle aussi excitant que difficile :
« J’ai – nous confie-t-elle – l’habitude d’une vie russe assez trépidante et j’ai été surprise par la nonchalance de cette région, son climat et l’air du temps si différent du notre. Cela me donne une autre approche de la vie, plus romantique et c’est pour cela que je songe à y revenir car j’aime ce rythme de vie. Je me sens ici comme dans un cocon ».

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Igor Vasilich
Avec sa haute stature et son regard bleu pâle, il dégage une force tranquille, une sérénité et une certaine bienveillance. Il avoue avoir eu le coup de foudre pour notre région – ce sont ses premiers pas sur le sol français – et il a découvert avec une joie gourmande… les croissants dont il est devenu un ardent consommateur !
Le dessin, la peinture sont venus à lui par hasard. A dix ans, il a été soigné pour une grave maladie. Couché, ne pouvant aller à l’école, sa mère lui offre un livre avec des gravures qu’il commence à reproduire pour passer le temps. C’est le début de sa passion dont il a gardé tous les dessins précieusement, dont un en particulier, tiré d’une gravure représentant Pinocchio avalant des médicament, dans lequel il retrouvait un peu sa situation.
Du coup, ses parents l’inscrivent dans une école d’art en face de chez eux, il a la chance de tomber sur un enseignant qui le conforte dans ce désir de s’exprimer par cet art. C’est le déclic.
Très vite il découvre Van Gogh qu’il, nous avoue-t-il, ressent au plus profond de son âme, puis Cézanne et d’être si près de la région où il ils vécurent l’émeut beaucoup. Il va d’ailleurs découvrir ces jours-ci ces paysages tant aimés et peints par eux.
On sent dans son travail, l’influence de Van Gogh en particulier, la façon de peindre, les couleurs qu’il utilise.
« La qualité de son travail m’attire – dit-il – je me sens très proche de lui. Il a toujours travaillé comme un fou et je fais de même. »
A tel point que presque chaque jour une toile naît de son inspiration, de son imagination et de cette vie différente, loin de ce qu’il vit en Russie, influencé par la lumière, l’éclairage, le rythme de vie. »
« Ce rêve de venir ici est un rêve de longue date. Grâce à Olesya il se réalise. J’y suis, j’en suis heureux mais aussi triste à l’idée que ce rêve se termine dans quelques jours car ça, c’est la réalité ! C’est ici que sont les racines de l’impressionnisme et je suis sûr que l’avant-garde russe du XXème siècle vient de ce pays. Et… je ne suis pas loin de vouloir m’y installer ! »

Jacques Brachet
Exposition « L’art de vivre », du 27 octobre au 7 novembre
Hostellerie la Farandole – 140, chemin de la plage – Sanary – 04 94 90 30 20